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ployer dans celle affection, suivant les causes qui peuvent y avoir donné lieu.

La cessation définitive des règles arrive, comme nous l’avons déjà dit, à un âge plus ou moins avancé , suivant que leur première apparition avait été précoce ou tardive. Dans notre climat le terme moyen est l’âge de quarante-cinq ans. Ce terme est souvent devancé, mais il est beaucoup plus rarement dépassé.

On reconnaît en général que la cessation des règles doit avoir lieu aux signes suiyans : il y a diminution progressive de la quantité du sang évacué; éloignement de plus en plus marqué des époques où il avait coutume de couler. II arrive quelquefois qu’au lieu de disparaître graduellement, les règles cessent brusquement et sont remplacées par des fleurs blanches, ou des sueurs plus ou moins abondantes. Dans certains cas il se forme des congestions ou engorgemens produits par le sang qui se porte sur d’autres organes. Lorsque cet accident a lieu, on observe que les organes qui deviennent le siège de la congestion sont constamment ceux qui ont été le plus excités, le plus irrités , le plus souvent malades durant le cours de la vie. Ainsi chez lés femmes qui auront été accoutumées à une trop bonne chère, qui se seront livrées à des excès de table, qui auront fait abus de vin et de boissons spiritueuses , les organes qui auront le plus de dangers à courir à cette époque seront l’estomac et le foie; chez celles qui auront été souvent affectées de toux, de catarrhes, de fluxions de poitrine , ce seront les poumons ; il pourra survenir des anévrismes chez célles dont le cœur était sujet aux palpitations; des affections cérébrales chez celles qui auraient eu de longs chagrins , ou dont le cerveau aurait été trop excité soit par l’étude , soit par toute autre cause; l’utérus lui-même peut devenir le siège d’un engorgement chez celles qui auraient abusé des plaisirs amoureux on qui auraient été trop strictement continentes ; et ces engorgemens, comme on sait, peuvent dégénérer en squirrhes , pûis en cancers incurables. Les femmes d’une constitution lymphatique et sanguine prennent quelquefois un embonpoint remarquable lorsqu’elles cessent d’être sujettes à l’évacuation périodique. Cela arrive ainsi parce que le sang qui trouvait tous les mois une voie de décharge se trouve reparti également sur tous les points de l’économie , et , le corps recevant de cette manière cet excédant de nutrition, il en résulte nécessairement un surcroît de volume.

Ce sont ces divers phénomènes qui accompagnent quelquefois la cessation des menstrues qui ont fait donner le nom d’âge critique à cettç époque. Hâtons-nous de dire que ces accidens

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sont rares , et que la plupart du temps les craintes des femmes â cet égard sont chimériques. Cependant , puisqu’ils peuvent arriver, il ne sera pas hors de propos d’indiquer les moyens de les prévenir. Ces moyens consistent d’abord â observerpendant la vie les lois de l’hygiène. Toutes ces lois se réduisent, en dernière analyse, à la tempérance ; mais cette tempérance doit s’étendre à tout. Ainsi on doit être sobre dans les alimens, dans les boissons , dans les exercices, dans les plaisirs , dans la veille, dans le sommeil, dans les passions. Cette sobriété est la seule condition à laquelle l’auteur de la nature ait attaché la santé , soit dans le jeune âge, soit dans les années plus avancées. Mais si ces précautions ont été négligées, si la cessation des règles a été brusque , en un mot si on redoute les accidens énoncés plus haut , il y a des règles particulières à suivre pour les éviter. Comme l’immense majorité des femmes n’a rien à redouter de l’âge critique, malgré le préjugé contraire , elles n’ont rien non plus à changer à leur régime ordinaire. Ces conseils ne s’adressent donc qu’au petit nombre de celles qui se trouvent dans les cas précités. Ces femmes doivent donc, i°diminuer la quantité de leurs alimens si leur nourriture était abondante , et remplacer ceux qui étaient trop excitans par d’autres plus doux, tels que les végétaux, afin de diminuer la quantité du sang et modérer en même temps l’énergie vitale : il en est de même des boissons , l’eau est la meilleure qu’elles puissent adopter; 2° se livrer à de fréquens exercices pour disséminer d’une manière uniforme dans le reste du corps le sang qui ne retrouve plus son débouché habituel; 3° si aux époques ordinaires de la menstruation la femme éprouve cette chaleur, cette pesanteur dans le basventre comme quand elle devait avoir ses règles, pratiquer tous les mois , pendant quelque temps et aux époques des règles , une saignée locale au moyen de sangsues appliquées aux organes sexuels , jusqu’à ce que la cessation de cette fonction ne nuise plus à celle des autres organes; et si en outre la femme était trop sanguine et qu’elle fût disposée à la pléthore, on pratiquerait quelques saignées de bras pour suppléer par ce moyen à l’évacuation naturelle ; 4° éviter toutes les causes d’excitation qui peuvent agir sur un organe enflammé ou disposé à l’être; telles sont les réunions nombreuses, où l’air échauffé peut augmenter le volume du sang et produire les accidens dus à la pléthore; les passions violentes, tant agréables que désagréables ; tout ce qui peut empêcher le mouvement du sang vers la périphérie du corps, le refouler sur les viscères et y déterminer des congestions, tels que le froid, l’usage des corsets, des ceintures trop serrées, des chaussures

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trop étroites, etc,; o" s’il existe quelque foyer d’irritation ou d’inflammation , traiter ces affections parles moyens ordinairement employés en pareils cas. (V. ce que nous avons dit ailleurs au mot Age critique, tom. I.)

Les accidens de la menstruation , comme nous l’avons déjà dit, ne consistent pas seulement dans la suppression, le retard, la cessation définitive de l’écoulement périodique, mais il peut encore survenir des désordres d’un genre opposé , c’est-à-dire que cet écoulement peut avoir lieu à des époques trop rapprochées , ou bien la quantité de sang évacuée peut être trop abondante ; ce quiconstitue une véritable hémorrhagie ou perte. Comme il en a été traité dans un autre article, nous nous contenterons d’y renvoyer le lecteur. (Y. Ménorrhagie.)

MÉPHITIQUE. Air méphitique. C’est ainsi que l’on désigne l’air atmosphérique , lorsqu’il est vicié par des exhalaisons ou des miasmes malfaisans. On sait queTair pur est composé dans des proportions déterminées de gaz azote, de gaz oxygène et d’une très-petite quantité de gaz; acide carbonique. Mais il peut arriver que cet air soit altéré par le mélange d’autres gaz et d’émanations qui Te rendent impropre à la respiration, ou capable de déterminer diverses maladies. Il serait beaucoup trop long de faire , ici l’énumération des différentes causes qui peuvent communiquer à l’air des qualités nuisibles ; nous nous contenterons d’indiquer les plus ordinaires ainsi que les moyens qu’il convient d’employer pour s’en garantir.

Le gaz hydrogène se présente en première ligne parmi ceux qui peuvent altérer les qualités de l’air. 'Ainsi , tous les lieux où ce gaz sê forme et s'e développe, sont plus ou moins dangereux à habiter, suivant qu’il se trouve en plus ou moins grande proportion avep l’air atmosphérique, et suivant ses diverses combinaisons avec d’autres corps, tels, par exemple, que le soufre, le carbone, \etc. Le gaz hydrogène est très- abondant dans les pays marécageux, dans le voisinage des eaux croupissantes, des terres limoneuses, telles que les rizières après la récolte , les bords des rivières lorsque les eaux sont très-basses , comme il arrive après une longue sécheresse, dans le voisinage des rouissages de chanvre , ëtc. Dans toutes ces circonstances, la chaleur développe le gaz hydrogène , qui est non-seulement nuisible par lui-même, mais encore par les différens miasmes que la fermentation de ces débris de plantes et d’insect s dégage en même temps.

Les maladies qui résultent ordinairement des émanations qui vicient l’air dans ces circonstances , sont les fièvres périodiques que l’on nomme communément fièvres réglées ou in-

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termittentes. En effet ces fièvres régnent d’une manière endétfiique dans les localités où se rencontrent les inconvéniens que nous venons de signaler. C’est ainsi qu’on les observe toutes les années dans la partie des Etats Romains qui avoisinent les marais Pontins ; en Piémont, dans les provinces où il existe des rizières ; dans les pays à chanvre où l’on a la dangereuse habitude de soumettre cette plante au rouissage , et dans toutes les habitations voisines des marais. II est évident qu’il n’est guère possible d’éviter les inconvéniens attachés à ces localités, autrement qu’en changeant d’habitation, et en allant vivre sur un sol moins insalubre. L’autorité publique peut néanmoins s’interposer pour assainir ces sols , lorsque les circonstances permettent de le faire. On pourra tarir la source des émanations qui donnent lieu aux fièvres intermittentes dans les pays marécageux , en coupant le terrain par de larges fossés destinés à recevoir les eaux et à les faire écouler dans les ruisseaux ou les rivières les plus proches. Des provinces entières où les fièvres intermittentes régnaient autrefois chaque année, sont devenues aujourd’hui parfaitement salubres par la seule opération du dessèchement des marais. Quant aux rizières, il est démontré que ce ne serait qu’en renonçant à la culture du riz qu’on pourrait faire cesser le retour annuel des fièvres qui désolent les populations qui vivent soit au milieu, soit dans les voisinages de ces vastes champs à riz, recouverts , pendant une partie de la belle saison , d’une couche d’eau qui doit ensuite être évaporée par les rayons du soleil. Blais cette question est plutôt du ressort des gouvernemens que de celui de la médecine; en pareil cas, celle-ci n’est que spéculative et doit se contenter d’éclairer ceux à qui il touche de recourir aux moyens convenables. Ces observations peuvent s'appliquer au rouissage du chanvre : comme cette opération ne peut avoir, lieu qu’en faisant subir à cette plante une sorte de fermentation et de macération , opération qui donne lieu au dégagement de divers gaz nuisibles, il serait à désirer qu’on suppléât, à ce genre de préparation du chanvre par d’autres moins nuisibles à la santé. Au reste , tout fait présumer que cés moyens sont trouvés; reste ensuite à vaincre lés préjugés qui s’opiniâtrent à conserveries vieilles routines.

' Les mines et surtout celles de houille , les fosses d’aisance, lés lieux où se trouvent des corps morts ou des matières animales en putréfaction , sont autant de laboratoires à gaz hy-^. drogène. Dans ces divers cas, ce gaz ne se rencontre presque jamais seul; mais dans les mines de houille, par exemple,, c’est. du gaz hydrogène carburé; dans les fosses d’aisance , du gaz hydrogène sulfuré, etc., et ce dernier, pour le dire en pas-

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sant, devient, par cette composition, un gaz des plus dangereux et des plus promptement mortels. Les ouvriers employés dans les mines, les vidangeurs, ceux qui travaillent sur des substances animales soumises à la fermentation, à la putréfaction, tels que les tanneurs, les boyaudiers, sont donc continuellement exposés à respirer un air méphitique, dont l’action sur l’économie animale peut être des plus pernicieuses. Les médecins eux-mêmes ne sont pas toujours exempts de ces dangei's en faisant des recherches sur des corps morts, soit dans le but de leur propre instruction, soit pour éclairer la justice dans divers cas d’empoisonnement, de meurtres et de suicides. Les hôpitaux où les malades sont étroitement entassés, les chambres où se trouvent des personnes atteintes de ces fièvres que l’on nomme jaunes, typhoïdes, malignes; les vaisseaux à bord desquels régnent la peste, la fièvre jaune; le fond de cale même, où se trouvent presque toujours dés eaux croupissantes; les temples où l’on a encore la funeste habitude d’enterrer les morts, sont autant de lieux où l’air est chargé de miasmes, d’émanations toujours nuisibles, mais qui le sont plus ou moins, uivant leur quantité et leur nature particulière.

Mais l’art est parvenu à découvrir un moyen propre à paralyser l’action de ces émanations délétères. G e moyen est le chlore. L’application de cette substsypcc à la désinfection est sans doute une des plus brillantes etdes plus utiles découvertes modernes. Par cé moyen, l’ouvrier peut descendre sans crainte dans les mines, le vidangeur dans les fosses d’aisance, les égouts et les puisards, où il trouvait si souvent une mort instantanée; le tanneur, le bovaudier, et tous ceux qui préparent les peaux, les entrailles des animaux, ne seront plus exposés à ces émanations pernicieuses; les hôpitaux ne seront plus des foyers dangereux, non-seulement pour les malades, mais encore pour les personnes généreuses et charitables qui se consacrent au soulagement de leurs semblables; les lazarets ne seront plus un épouvantail, et l’homme de l’art abordera sans crainte les malheureux que l’on y force à respirer un air corrompu et pestilentiel; le fossoyeur n’aura point à redouter les miasmes qui s’élèvent des tombes ou des corps qu’il y va déposer; enfin, partout où l’air aura été vicié parla putréfaction et la fermentation des corps morts et des Végétaux, par les exhalaisons que fournissent les malades dans la fièvre jaune , le typhus, la peste, etc. , on pourra le rendre à sa pureté première et le respirer ensuite sans aucun danger.

Nous ne croyons pas devoir décrire ici les procédés qui doivent être mis en' usage pour obtenir les fumigations de chlore, non plus que la manière de se servir des chlorures de chaux ou

de soude; le lecteur pourra voir ce que nous avons dit à cel égard, tom. I, pag. i54, sous le titre de Fumigation désinfectante, etc.

Il est essentiel d’ajouter que, dans les cas où l’on voudrait employer les fumigations en grand, pour désinfecter promptement un temple, une vaste salle, une mine, un amphithéâtre de dissection , un dépôt de corps morts, etc., toutes les personnes devraient sortir du local où ces fumigations se pratiquent, et n’y rentrer que quand les vapeurs de chlore seraient en grande partie dissipées ; car cés vapeurs, étant extrêmement irritantes, pourraient déterminer la suffocation, si on respirait l’air qui en serait encore chargé en trop grande quantité.

Les aspersions et les lotions faites avec les chlorures de chaux ou de soude ne sont pas accompagnées des mêmes inconvéniens, et il est préférable de s’en servir dans tous les cas où l’on peut se procurer cette substance. Ce procédé est sans danger. Cependant, si l’on n’àvait pas de chlorure sous la main , et que l’on voulût désinfecter par les fumigations une salle d’hôpital remplie de malades , on dégagerait le chlore en petite quantité, et au lieu de l’appareil indiqué page i54, on se servirait d’une simple fiole de verre , dans laquelle on mettrait i once de sel de cuisine , i gros 172 d’oxide de manganèse pulvérisé, 172 once d’acide sulfurique pur étendu d’autant d’eau. Par ce moyen, le chlore ne peut pas être dégagé en assez grande abondance pbur nuire à la respiration , et en prolongeant l’opération, ou en la renouvelant de temps en temps, s’il est nécessaire, celte quantité sera suffisante pour désinfecter peu à peu l’air d’une chambre, d’une salle d’hôpital, etc, (Voyez en outre, pour pius amples détails, ce qui a été dit ù l’égard du chlore au mot Asphyxie des fosses d'aisance, tom. I , pag. 270. )

MERCURE. De son emploi dans les affections vénériennes* de son utilité et de ses dangers. (V. Syphilis.)

METASTASE. On donne en médecine le nom de métastase au changement d’une maladie en une autre maladie. Pour qu’il y ait métastase, il ne suffit pas que l’affection primitive change d’intensité ni qu’elle passe de l’état aigu à l’état chronique, et vice, versa; mais il n’y a réellement métastase que lorsque la maladie change de place.

La métastase, ou transport d’irritation de son siège primitif sur un autre organe, peut être quelquefois très-avantageuse. Yoici dans quelles circonstances :

Si l’organe primitivement affecté est très-important , et si l’intégrité de se§ fonctiqns est nécessaire au maintien de la vie.

il est évident que si l’irritation se fixp sur un antre point, ce transport ne peut qu’être d’une grande utilité. Un exemple éclaircira celte proposition. Une inflammation aiguë de l’estomac est une maladie naturellement dangereuse. Mais s’il arrive que tout à coup il se manifeste des boutons à la peau, et que cette nouvelle irritation remplace la précédente , le.malade est hors de danger, parce que la peau peut supporter cette inflammation plus impunément que l’estomac. Mais si l’inverse avait lieu, et que l’irritation, d’abord existant à la surface du corps, fût remplacée par une irritation de l’estomac, on conçoit alors que la métastase serait nuisible au lieu d’être utile au malade. Cet exemple peut être facilement appliqué à une infinité d’autres cas où la métastase, ou, en d’autres termes, le transport de l’affection d’une partie à une autre, peut être utile ou désavantageuse. La métastase n’est pas même constamment avantageuse dans lescas où le déplacement a lieu d’un organe important à un autre qui l’est moins. Eft effet, pour me servir encore de l’exemple cité, si l’éruption cutanée qui se manifeste à la suite d’une gastrite était accompagnée d’une inflammation très-vive , cette inflammation externe , au lieu de servir de révulsion et de déplacer la première, réagirait au contraire sur l’estomac, et augmenterait le danger en augmentant l’irritation dont elle est le siège.

Çes observations peuvent s’appliquer à la révulsion artificielle ,'qui est un si puissant moyen de guérison lorsqu’elle est dirigée convenablement. Opérer une révulsion , c’est, comme le mot l’indique (revellere) , enlever de vive force l’inflammation qui.est fixée sur un point, en déterminant une autre inflammation sur un autre point. Ce mode de traitement est fondé sur un axiome du père de la médecine : Ex duobus doloribus simul oborlis , non in eodem loco, major obscurcit alterum. Quand j’applique un vésicatoire sur le cou d’un individu atteint d’ophthalmie, je cherche à opérer une révulsion, c’està-dire à faire cesser l’inflammation des yeux, en en déterminant une autre qui déplace la première. Je cherche encore à opérer une révulsion, lorsque j’applique des synapismes aux pieds, aux mollets, chez un apoplectique, afin de reporter vers ces points l’inflammation du cerveau. Dans une inflammation des poumons , on cherche à opérer une révulsion , en plaçant un vésicatoire sur la poitrine, pour déterminer à l’extérieur une inflammation qui déplace celle de l’intérieur, beaucoup plus dangereuse. Dans ces différens cas où l’art imite la nature, Jes tentatives de révulsion sont très-souvent couronnées de succès. Mais si l’on agit sur des individus très-maigres, nerveux, sentant facilement les impressions , il n’est pas rare que l’irritatiQU artificielle, au lieu de déplacer celle qui constitue

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la maladie, soitrépétée sur l’organe malade et qu’elle augmenté l’intensité de l’affection primitive. Chez ces personnes, la révulsion doit donc être tentée avecplus deréserve, etlesmoyens révulsifs doivent toujours être moins énergiques et appliqués sur des surfaces moins étendues que chez les sujets gras, doués d’un tempérament mou, lymphatique; car chez ces derniers, naturellement peu sensibles, les irritations artificielles pratiquées au moyen des révulsifs se répètent rarement sur les organes affectés. Il en est à peu près de ces tempérament comme de ces hommes des contrées hyperboréennes , dont Montesquieu dit qu'il faut leur enfoncer des clous dans ta plante des pieds pour les chatouiller.

Puisque les métastases peuvent devenir dangereuses par leur violence ou leur étendue , et qu’elles ont cela de commun avec la révulsion artificielle ; puisqu’elles doivent être considérées comme un moyen de guérison que la nature fournit elle-même, il s’ensuit que Ton doit chercher à maintenir ces déplacemens d’irritation dans de justes bornes, lorsqu’on a sujet de craindre que par leur violence ces nouvelles irritations ne s’ajoutent à la précédente, au lieu de la déplacer, et que l’on doit aider la nature dans son travail, lorsque la métastase se fait difficilement, ou qu’elle n’est pas suffisante pour produire l’effet que l’on espérait. Si la nouvelle irritation est trop violente , on cherchera à la calmer en la traitant, comme dans toute autre circonstance, par les moyens émolliens, par les saignées locales , s’il y a lieu de le faire. Si la métastase se fait sur un organe qu’il est important de ménager ; si , par exemple, une gastrite remplace la goutte ou un rhumatisme; si elle remplace une irritation de la peau, il faut traiter celtë gastrite comme si l’on n’avait affairé qu’à cette maladie {V. Gastrite ) , et tâcher en outre de rappeler l’affection à son siège primitif par des applications irritantes, etc. Enfin, s’il se manifeste une disposition à une métastase de bon augure , mais que celle-ci se fasse difficilement, on emploiera les, moyens propres à la favoriser; par exemple, s’il est question d’une éruption à la peau , d’qne transpiration, on aura soin que le malade ne soit point exposé au froid de peur d’arrêter cet effort salutaire de la nature , et, dans certains cas , on favorisera même ce travail par des frictions sèches ou irritantes, par des bains tièdes, des bains de vapeur, destboissons légèrement sudorifiques , etc. Mais lorsque le déplacement de l’affection s’opère avec modération, lorsque ce déplacement n’a pas lieu au bénéfice d’un organe plus important que le siège primitif de la maladie , on n’a rien de mieux à faire que de ne pas contrarier la nature dans sa direction salutaire. I.’

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MÉTRITE. Inflammation de la matrice. L’utérus ou matrice est un des organes les plus exposés aux affections de diverses espèces. Le nombre et l’importance de ses fonctions démontrent qu’il en doit être ainsi. En effet, cet organe est destiné à renfermer pendant neuf mois le produit de la conception; il est le siège d’une évacuation sanguine qui , dans l’état de santé et à un certain âge de la vie, doit avoir lieu régulièrement tous les mois. L’époque de l'accouchement arrivé, l’utérus se contracte et développe des forces extraordinaires pour expulser le foetus. Les douleurs que la femme éprouve durant ce travail, forcent le diaphragme et les muscles de l’abdomen à s’aider à l’accomplir. Toute l’économie animale en est ébranlée. L’acr couchement terminé , il faut que le sang , qui était appelé en abondance vers l’utérus pour fournir au foetus les matériaux de la nutrition, soit détourné sur d’autres points, et que l’équilibre se rétablisse.

L’utérus est en relation avec la plupart des autres viscères ; ainsi . outre les causes qui agissent directement sur lui et qui peuvent l’enflammer, il peut encore recevoir l’excitation ou l’irritation par la voie de l’estomac, du cerveau, des seins, c’est-à-dire que l’affection de l’estomac, du cerveau, des seins, peut déranger les fonctions de l’utérus et en déterminer l’inflammation , et vice versa.

Voici quels sont le s signes auxquels on reconnaîtra cette inflammation. La malade éprouve d’abord un sentiment de chaleur, de douleur obtuse et de pesanteur dans le bas-ventre; cette douleur devient atroce , et se propage bientôt aux aînés, au périnée , .et quelquefois aux organes sexuels. Elle augmente par la pression sur le bas-ventre , par la respiration, l’action de se moucher, de cracher, ejt par le toucher. Il y a pesanteur vei’s le rectum, quelquefois ténesme ou envie d’aller à la garderobe. Il est rare que cette inflammation se borne à l’utérus ; souvent elle gagne le péritoine : il survient une dureté , une tension qui gagne quelquefois tout le ventre, et produit ce qu’on est convenu d’appeler météorisme ou ballonnement du ventre. Les urines sont rares, chargées; il y a constipation; mais ces symptômes sont communs à d’autres inflammations, et ne peuvent servir à indiquer celle qui nous occupe qu’en étant accompagnés d’autres plus caractéristiques. Parmi ces derniers , la douleur locale augmentée par la pression est sans contredit l’indice le plus certain.

Les règles et les lochies , si elles existaient lorsque l’inflammation s’est déclarée, sont supprimées. Les douleurs sympathiques produites par la métrite sont beaucoup plus vives que celles oocasionées par l’inflammation de la vessie , qui est la

seule maladie avec laquelle celle de la matrice pût être confondue.

D’autres signes se joignent ordinairement à ceux précités : tels sont une altération profonde du visage , agitation , effroi, découragement, affaissement et douleurs de seins, pouls dur, fréquent, concentré; constipation, épreintes, nausées, rots \ hoquets, vomissemens, quelquefois délire ou rêvasseries; sueurs froides et partielles, engourdissement des membres inférieurs. /

Si l’inflammation n’est pas arrêtée, elle peut, comme on l’a déjà vu, se compliquer de péritonite (inflammation du péritoine), et devenir promptement mortelle,. ou prendre le caractère de chronicité, ou se fixer sur le col de îa matrice, et donner lieu à l’induration, au squirrhe , au cancer de cette partie. Le terme de la métrite aiguë n’est pas long; il peut amener la mort au bout de trois ou quatre jours ; mais, le plus ordinairement, la maladie se termine au bout de onze à quatorze jours, ou par la mort ou par l’état chronique. Elle se termine aussi quelquefois par une entière guérison annoncée par le rétablissement des règles ou des lochies et de la sécrétion du lait.

Les symptômes dont on vient de lire l’énumération sont ceux de l’inflammation aiguë de la matrice ; voici maintenant ceux de V inflammation chronique. D’abord il est aisé de s’assurer si elle succède à l’état aigu; dans ce cas, il ne saurait y avoir de doute ni sur le siège ni sur la nature de la maladie; mais soit qu’elle soit primitive ou secondaire à la métrite ai guë, on trouve tuméfaction vers la région de la matrice (bas rentre) , douleur obtuse, permanente ou intermittente, tantôt faible, tantôt forte ; cette douleur est accompagnée de tiraillemens incommodes dans les lombes, les aines et les cuisses, surtout pendant la marche; elle augmente par le toucher ou par la compression sur le bas-ventre ; l’évacuation menstruelle est dérangée ou supprimée; il y a ordinairement écoulement blanchâtre, muqueux ou sanguinolent; le col de l’utérus est d’uné grande sensibilité et ordinairement tuméfié.

Des causes de la métrite. Ce qui a été dit plus haut à l’égard des fonctions de la matrice, doit servir à faire comprendre la nature des causes qui peuvent en amener l’inflammation. Parmi ces causes , on doit ranger tout ce qui trouble ou empêche l’évacuation de tous les mois, la grossesse, l’accouchement, surtout s’il est laborieux, la suppression des vidanges par le froid ou une autre cause , les manœuvres longues ou mal dirigées pour extraire l’arrière-faix, l’avortemenl naturel ou sollicité par des manœuvres toujours dangereuses, le refroidisse-

mënt subit, les injections astringentes, le libertinage ou l’excessive chasteté, les emménagogues violens, les coups, les chutes sur le bas-ventre, les plaies, les déchirures , le renversement de la matrice, quelquefois la présence d’un pessaire , l’extirpation d’un polype, ou toute autre opération pratiquée sur le col de la matrice.

Outre ces eauses, l’utérus est encore enflammé par l’irritation de l’estomac , car l’affection de celui-ci ne peut durer long-temps chez la femme, sans s’étendre à la matrice. Les affections du cerveau peuvent aussi déterminer celle de l’utérus; car on connaît combien est puissante l’imagination sur les. organes sexuels. L’inflammation du péritoine peut aussi s’étendre à l’utérus ù cause de son voisinage, comme nous a vons vu celle de l’utérus envahir le péritoine.

La maladie que l’on désigne communément sous le nom de fièvre puerpérale , et qui se manifeste à la suite des couches , est une véritable métrite compliquée d’inflammation du péritoine.

Les causes de la métrite chronique sont les mêmes que celles de l’aiguë, elle plus souvent la première n’est qu’une conséquence de la seconde.

Traitement de la métrite à l’état aigu. Il doit être des plus actifs, sans quoi la maladie arrive promptement à une terminaison funeste. 11 faut d’abord pratiquer des saignées générales, parce que si les sangsues ne produisent pas une hémorrhagie abondante, l’inflammation n’est point arrêtée. Après une, deux ou même trois saignées de bras ou de pied, suivant la constitution du malade et la violence de l’inflammation , on appliquera sur le bas-ventre, au périnée, aux organes sexuels, des sangsues au nombre de 40, 5o, 60. Et qu’on ne se récrie pas sur cette quantité de sang répandu, car il n’y a pas d’autres moyens de salut; et, je le répète, ces moyens doivent être prompts , largement administrés et souvent répétés. Toute hésitation, toute demi-mesure compromettrait ici la vie de la malade. On secondera l’effet des sangsues par des fomentations émollientes, ou , ce qui serait mieux encore, par un bain tiède malin et soir. La plupart du temps , les malades ne peuvent pas supporter les cataplasmes émolliens à cause de la compression qu’ils exercent; car lorsqu’il y a complication de péritonite, les couvertures du lit sont même un poids trop lourd. On' donnera des lavemens de guimauve ou de graine de lin, s’ils ne déterminent pas de douleur; car s’ils l’augmentent, il faut y' renoncer : c’est une. preuve qu’il y a péritonite , et dans cette inflammation , l’usage des lavemens est impossible et même' dangereux. Boissons émollientes, diète absolue , élob gnement du bruit et de toute cause d’excitation morale.

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Lorsque l’inflammation est passée à Y état chronique, ou qu’elle se montre indolente dès le principe, le traitement ne doit être ni aussi actif ni aussi vigoureux que celui de la mé~ frite aiguë. En parlant du catarrhe utérin chronique, ou fleurs blanches, nous avons dit que celte affection dépendait d’une irritation chronique de la matrice; or, puisque ces affections sont identiques, le traitement ne saurait être différent, et, pour ne pas nous répéter, nous renvoyons le lecteur à l’article Catharrhe utérin.

La fièvre puerpérale , qui , comme nous l’avons déjà dit, n’est autre chose que l’inflammation de la matrice compliquée de péritonite, doit être traitée comme la métrite ordinaire. Mais l’on ne doit pas confondre cette maladie avec la fièvre appelée fièvre de lait, qui se manifeste presque chez toutes les femmes trois ou quatre jours après les couches. Il est d’ailleurs très-facile de distinguer ces deux affections , dont l’une n’est qu’une indisposition de peu d’importance , et l’autre constitue au contraire une maladie des plus graves. La métrite, ou fièvre puerpérale, est accompagnée non-seulement de la suppression des lochies, mais encore de douleurs atroces et de tout le cortège des symptômes décrits plus haut. Quant à la fièvre de lait, c’est une indisposition trop connue pour nous y arrêter plus long-temps; d’ailleurs, on peut lire ce qui en a été dit au mot Accouchement.

En finissant cet article , je ne dois pas passer sous silence l’usage où l’on est dans certains pays d’administrer l’ipécaeuanha dans la métrite des femmes en couche , ou , ce qui est la même chose, dans la fièvre puerpérale. Cette pratique est absurde ; et si ceux qui l’emploient s’autorisent de quelques rares succès, je dis hardiment que c’est la constitution des malades qui a triomphé du remède, et non le remède de la maladie. Comment, à moins d’être enfoncé dans la plus crasse ignorance, oser administrer des vomitifs chez des femmes dont l’utérus et l’abdomen sont travaillés d’une inflammation violente et redoutable? Les efforts de vomissement ne doiventils pas activer cette inflammation dans des organes qui ont besoin du repos le plus absolu ? En agir ainsi , c’est se jouer de la vie de son semblable, c’est plus que frapper à l’aventure et vaincre par hasard.

MÉTROMANIE. Maladie qui affecte les organes sexuels chez la femme. C’est la même chose que la nymphomanie. (V. ce mot.)

MÉTRORRHAGIE. Hémorrhagie utérine ou perte. (Y, Mi** norrhagïe. )

MIA 5yt

MEURTRISSURE. C’est le résultat d’un -coup, d’une chute, d’une compression, d’un froissement ou d’autres violences extérieures, avec épanchement de sang dans les tissus qui ont été meurtris. Lorsque la meurtrissure est superficielle, on aperçoitmne tache d’un rouge foncé, souvent noire, plus ou moins étendue, suivant la nature de la violence qui l’a produite. Souvent il existe à l’intérieur des meurtrissures plus dangereuses que celles que l’on aperçoit à l’extérieur. C’est ce qui arrive presque constamment à la suite de coups ou de chutes graves sur la tête , la poitrine , l’abdomen , etc.

Quand la meurtrissure n’est que superficielle, c’est un accident peu grave ; quelques sangsues appliquées sur les points meurtris suffisent ordinairement pour opérer la guérison ; il n’est même pas toujours nécessaire d’y avoir recours, et l’on peut faire disparaître l’épanchement sous-cutané par l’emploi de quelque topique astringent, comme dans une simple ecchymose. (V. ce mot.)

Mais quand la meurtrissure est profonde , comme on doit toujours le soupçonner, lorsque la violence externe a été grave, on a à craindre un épanchement de sang dans le cerveau , dans le poumon, le foie, les entrailles , etc. Dans ces eas, il faut avoir recours aux saignées générales plus ou moins copieuses, puis appliquer les sangsues, ou mieux encore des ventouses , sur les points qui correspondent à la douleur. Le repos est indispensable. Quoique nous soyons loin d’avoir autant de confiance que le vuîgaire aux boissons astringentes , nous ne les croyons cependant pas toujours inutiles dans les cas où l’on peut avoir à craindre des hémorrhagies internes ; mais il ne faut y avoir recours qu’ après les saignées. On pourra donc, dans certains càs qu’il n’est pas facile de préciser. ici, employer avec modération Y ime des potions astringentes indiquées tom.I, pag. 187 et sùiv. Cependant on devrait se gar^der d’en faire usage , s’il se manifestait chez le malade quelques symptômes de fièvre.

MIASMES. L’air est quelquefois imprégné d’émanations qui le rendent délétère. Ces émanations portent le nom de miasmes. On ne sait pas au juste quelle en est la composition intime ; mais tout porte à croire qu’ils sont formés des mêmes principes que les substances végétales et animales, c’est-àdire d’hydrogène , d’oxygène , de carbone et d’azote. Le meilleur moyen connu jusqu’à ce jour pour les détruire est de les mettre en contact avec le chlore. En effet , ce corps s’empare de l’hydrogène qui entre dans leur composition , et ils se trouvent ainsi transformés en une substance qui n’exerce plus d’action nuisible sur l’économie animale.

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Nous ne croyons pas devoir entrer ici dans aucun détail sur la manière dont l’air est altéré par les émanations miasmatiques, non plus que sur les procédés à mettre en usage pour le désinfecter, parce que nous en avons parlé très au long dans un autre article. (V. le mot Méphitique.)

MIGRAINE. Quoique l’on donne généralement le nom de migraine à une douleur qui occupe l’une ou l’autre moitié de la tête, nous comprendrons sous cette dénomination, non-seulement celte espèce particulière, mais encore toutes les douleurs cérébrales occupant ou non la totalité de la tête, et connues sous le nom de céphalalgie (douleur de tête). En effet, la nature de ces douleurs n’est pas différente , parce qu’elles siègent dans toute la tête en même temps, ou seulement dans quelquesuns de ses points. Une division basée sur cette diversité de siège ne saurait avoir le moindre fondement.

Symptômes de la céphalalgie , vulgairement appelée mal de tête, migraine. Si la douleur est légère, elle influe peu sur les autres fonctions ; et elle se dissipe ordinairement- sans faire beaucoup souffrir le malade. Dans le cas contraire, les personnes qui en sont atteintes se plaignent de maux de tête, qu’elles expriment par les mots de pesanteur, de chaleur, de tension, de serrement des tempes, de picotemens, d’élancemens, de déchiremens;, de pulsations, de bouillonnemens ; il semble à quelques-uns que leur tête se fende, qu’on la leur casse à coups de marteau, qu’on leur enfonce des pointes dans le cerveau , ou qu’on le perce avde une vrille : on dit alors que la douleur est térébrante. Quelques-uns entendent des sifflemens, des bourdonnemens , un bruit insupportable J d’autres croient avoir la tête comprimée, serrée comme dans un étau. Le cuir chevelu acquiert dans certains cas une grande sensibilité , en sorte qu’il est impossible de toucher la tête sans augmenter la douleur. Celle-ci, comme nous l’avons déjà dit, occupe quelquefois toute la masse cérébrale et la surface entière de la tête ; le plus souvent néanmoins elle n’en occupe qu’une partie plus ou moins circonscrite. On l’appelle migraine ou hémicranie , lorsqu’elle ne siège que sur une seule moitié de la tête; œuf , c/on, lorsqu’elle se manifeste sur un point très-circonscrit , èt dans ce cas la douleur est toujours atroce; et céphalalgie frontale , lorsqu’elle paraît n’occuper que le front et la région des sourcils.

Une attaque violente de migraine soit de céphalalgie, survient ordinairement de la manière suivante : tristesse, abattement, dégoût des alimens, douleur subite augmentant progressivëment pendant plusieurs heures, rendue plus vive par le mouvement et par la vue de la lumière; elle est accompa*

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goéc du trouble de la vue et de l'ouïe, et quelquefois de nausées et de vomissemens ; les jeux, ou uu seul œil, dans la migraine, sont pesaris, douloureux, rouges, larmoyans. Dans cet état, le malade est incapable de s’occuper d’aucun travail d’esprit; il recherche le repos, le silence, la solitude, l’obscurité. Ces phénomènes se dissipent ensuite par degrés, et l’attaque se termine par le sommeil, par des sueurs, par une hémorrhagie, par des vomissemens, etc.

La céphalalgie peut être intermittente ou continue; la céphalalgie continue porte particulièrement le nom de céphalée, et c’est vulgairement à celle qui vient à des époques plus ou moins réglées que l’on donne celui de migraine.

Dans la céphalalgie intermittente, les accès viennent à des époques fixes ou irrégulières^ ils sont fréquens ou rares. On voit des malades qui en sont affectés tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, ou seulement toutes les années.

L’accès se manifeste brusquement, ou bien il est précédé de malaises, de frissons, de nausées ; il dure plusieurs heures et quelquefois plusieurs jours. Entre les accès, le calme est ordinairement parfait, surtout s’ils reviennent à des époques, éloignées. Si les époques sont t rès -rapprochées , la céphalalgie intermittente finit quelquefois par se convertir en continue. La douleur change quelquefois de côté d’un accès à l’autre. Tout se passe en général, soit au début, soit pendant l’intervalle , soit à la fin de l’accès, comme on vient de le voir dans la description précédente.

La céphalalgie continue est d’une nature plus dangereuse que l’intermittente, et les conséquences en sont ordinairement plus fâcheuses. Ce n’est pas qu’il y ait réellement des maux de tête qui tourmentent toujours le malade avec une égale persévérance; cardans toute maladie de longue durée, il y a des momens, des jours, des semaines où la douleur est plus supportable; mais comme elle ne cesse jamais entièi'ement, on î’appeiie continue. Dans la céphalitc intermittente, au contraire, dans la migraine, les intervalles d’un accès à un autre sont absolument exempts de souffrance. Les céphalalgies continues et opiniâtres , surtout si les causes qui les produisent ne sont pas éloignées, sont un des phénomènes précurseurs les plus constans des lésions cérébrales. Les aliénations mentales, qui, pour le dire en passant, sont toujours le résultat d’une affection du cerveau ou de ses enveloppes , l’inflammation du cerveau dite fièvre cérébrale , l’apoplexie, l’amaurose, la surdité, sout souvent précédées plusieurs. mois et même plusieurs années d’avance de maux de têle opiniâtres, généraux ou. circonscrits, de chagrios violens , d’insomnies. Il y a surtout me-

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riace cl’apoplexie, quand, avec le mal de tête fixe, circonscrit, il existe des malaises, des fourmilletnens , des douleurs une faiblesse dans les membres droits ou gauches, correspondait ou non au côté malade.

Les femmes sont beaucoup plus sujettes que les hommes aux céphalalgies tant intermittentes que continues. Douées en général d’un système nerveux beaucoup plus mobile, plus irritable que celui de l’homme ; exposées par leur position sociale à des contrariétés et des chagrins qu’elles sont obligées de dévorer en secret, il n’est pas étonnant que le centre sensitif, le cerveau , soit plus souvent malade chez elles que chez le sexe plus fort.

Les femmes affectées de maux de tête continuels se plaignent presque toutes d’insomnie, de douleurs d’estomac, de fleurs blanches , et il est même très-rare que ces divers phénomènes ne se rencontrent pas simultanément, à tel point que l’existence connue de l’un d’eux est le plus souvent un indice assuré des autres.

Les causes de la céphalalgie sont tout ce qui, agissant directement ou indirectement sur le cerveau , tend à irriter cet organe. Les unes sont passagères , les autres permanentes. Le mal de tête produit par les premières disparaît ordinairement en même temps que ces causes. Tels sont un état pléthorique considérable, l’évacuation menstruelle , les hémorrhoïdes , l’étude, les passions vives. L’époque des règles chez les femmes est certainement une des causes les plus fréquentes de migraine; il en est un assez grand nombre d’entre elles chez qui la migraine revient périodiquement chaque mois, tantôt au commencement, tantôt et beaucoup plus souvent à la fin de l’écoulement. Dans un âge plus avancé, lorsque les règles sont tout à fait supprimées, il n’est pas très-rare que les femmes soient prises de migraine, précisément aux époques habituelles de la menstruation.

On observe encore la même chose chez certains individus de l’un et de l’autre sexe, qui sont sujets à des flux hémorroïdaux; plusieurs d’entre eux éprouvent des maux de tête à chaque évacuation sanguine, et lorsque cette habitude fluxionnâire cesse entièrement, il arrive souvent qu’elle soit remplacée par une céphalalgie, une migraine qui paraît à des époques plus ou moins régulières. Dans ces différens cas, les douleurs de tête dépendent certainement du mouvement du sang, qui, ne trouvant plus son issue habituelle, se reporte tantôt sur un organe, tantôt sur un autre, et le plus souvent vers la tête.

Cès causes passagères, comme nous l’avons dit, ne sont pas dangereuses, parce que la douleur disparaît avec elles;

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mais si elles sont trop souvent répétées, le cèrvèâu, à force d’être irrité , finit par garder l’irritation ; cette irritation amène à la longue des altérations dans sa structure , et les douleurs deviennent permanentes, de passagères qu’elles étaient. Les auteurs de médecine qui ont assigné pour causes à la céphalalgie des abcès , des ulcérations , des épanchemens dans l’intérieur du cerveau, des concrétions polypeuses , pierreuses, des gonflemens osseux des parois du crâne , etc. , etc., ont évidemment pris l’effet pour la cause ; car ils auraient dû voir que ce n’étaient là que les effets de la maladie ou les résultats d’une irritation long-temps fixée sur unpoint. Il est bien certain néanmoins que quand une fois ces diverses altérations existent, elles deviennent à leur tour des causes de douleurs, et même descauses telles , qu’elles sont la plupart du temps un obstacle invincible à la guérison. Mais ces altérations n’existaient nullement de prime abord, et avant que les douleurs de tête ne fussent devenues permanentes, opiniâtres, il est hors de doute que lès individus en avaient ressenti d’une autre espèce, plus légères, passagères, réglées ou non réglées. Alors ces maux n’étaient dus qu’à une irritation du cerveau ou de ses enveloppes; alors, si on en avait empêché le retour lorsqu’il en était temps encore, si on avait calmé cette irritation ou qu’on l’eût portée sur d’autres points, on aurait bien souvent prévenu ces altérations contre lesquelles échouent et doivent échouer plus tard tous les efforts de la science, qui, après tout, n’est pas douée du pouvoir dé création.

Les coups, les chutes, l’exposition de la tête au soleil, les affections morales tristes , les veilles prolongées, sont du nombre des causes qui peuvent donner lieu à la céphalalgie. On a vu quelquefois cette maladie produite et entretenue par une ou plusieurs dents cariées.

Outre les causes qui viennent d’être énoncées , et que l’on peut Considérer comme agissant directement sur le cerveau, il eii est d’autres qui ne sont pas moins fréquentes, et qu’il est important de ne pas passer sous silence ; ce sont les affections d’autres organes qui agissent sympathiquement sur le du cerveau. Dans ce cas, on dit que le mal de tête est symptomatique, c’ès't-â-dire produit ou entretenu par la maladie d’un autre organe. Parmi les affections éloignées qui peuvent ainsi donner lieu aux maux de tête , celles de l’estomac sont les plus ordinaires. On sait en effet qu’il existe des rapports trèsétroits entre l’éstomàc et le cerveau , de sorte que îa maladie de l’un détermine presque toujours celle de l’autre , et réciproquement. II est rare que les personnes qui se plaignent de douleurs, de tiraillemens d’estomac, de désordre des foncr

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tiens digestives, ne se plaignent pas en même temps de maux de tête. II est rare aussi que les personnes qui souffrent des maux de lêle n’aient pas aussi à se plaindre de digestions pénibles, de nausées et d’autres affections stomacales. Les hypocondriaques, par exemple, souffrent presque continuellement de la tête ; mais il ne faut pas croire que chez eux ce mal soit primitif; il est au contraire consécutif à l’affection des voies digestives; aussi ce mal est-il augmenté par la cause la plus légère qui agisse sur l'estomac, par la présence de certains alimens échauffans , par l’acte seul de la digestion , par l’état de plénitude comme par celui de vacuité de l’estomac. Il en est de même des femmes hystériques, chez qui l’irritation de la matrice marche presque constamment de pair avec celle de l’estomac, et celle-ci avec l’irritation du cerveau : aussi trouve-t-on tous les signes qui annoncent que l’irritation existe en même temps dans ces trois points principaux. Les douleurs de bas-ventre el les fleurs blanches indiquent qu’elle est fixée sur Futcrus ; les indigestions, les nausées, les vents, la boule hystérique , qu’elle l’est sur le canal intestinal; elles maux de tête, que le cerveau y participe. II est donc extrêmement important de distinguer les douleurs symptomatiques de la tête, de celles qui dépendraient d’une cause locale et n’agissent primitivement que sur le cerveau ; car si nous supposons que le mal de tête soit déterminé par le mauvais état de l’estomac, et cette supposition est loin d’être gratuite, il est évident que le traitement curatif devra s’adresser à l’estomac, parce qu’en faisant cesser l’irritation , maladie dont ce viscère est le siège, on aura éloigné la cause des maux de tête, et ceux-ci disparaîtront infailliblement.

Traitement. Les personnes qui éprouvent des douleurs de tête entretenues par l’irritation de l’estomac, doivent donc bannir de leur régime toutes les boissons stimulantes , tous les aîimens de haut goût, tous les prétendus toniques, qui né font qu’augmenter l’irritation des voies digestives; enfin elles doivent se conduire eu pareil cas, absolument comme dans les gastrites chroniques. (V. Gastrite.)

Une douleur légère de tête cède assez souvent aux bains de pieds tièdes. Le succès est encore plus assuré, si en même temps que les pieds plongent dans l’eau tiède on recouvre la tête de compresses imbibées d’eau froide ou glacée. L’éther répandu sur le front détermine , en se vaporisant, un degré de froid très-considérable, et il peut aisément être substitué à la glace ou à l’eau froide; mais il est des personnes à qui l’odeur de l’éther est nuisible ou insupportable.

S’il est seulement question de traiter un accès de migraine.

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on conseillera au malade de garder le repos , d’éviter soigneusement le bruit, la lumière , et toute espèce d’occupation; il ne prendra que des alimens légers et en très-petite quantité. Il est même beaucoup de malades qui refusent toute espèce de nourriture : dans ces cas, on administrera quelques tasses d’une légère tisane de tilleul, de feuilles d’oranger ou d’eau sucrée. Les pieds doivent être tenus chaudement et la tête découverte, exposée à l’air frais , ou même recouverte de compresses froides souvent renouvelées ; ce qui se trouve en opposition avec la pratique de la plupart des personnes qui souffrent des maux de tête et qui ont l’habitude de se la couvrir exactement, comme si elles craignaient de laisser échapper cét excédant de chaleur qui ne contribue pas peu à augmenter les douleurs.

Lorsque la migraine survient à chaque époque menstruelle chez les femmes, ou à chaque évacuation hémorrhoïdale chez les personnes sujettes aux hémorrhoïdes , il est évident qu’elle dépend du mouvement du sang, q.ui, après s’être porté vers les organes sexuels, se trouve ensuite appelé vers la tête en sens opposé. Ces oscillations du mouvement circulatoire du sang durent ordinairement jusqu’à la suppression définitive , soit des menstrues, soit du flux hémorrhoïdaî. On ne peut donc, guère espérer d’en délivrer entièrement les personnes qui ÿ sont sujettes ; mais on peut toujours obtenir du soulagement en se conduisant, durant. l’accès, comme on vient de l’indiquer.

Si, après la suppression définitive des menstrues ou des hémorrhoïdes, la migraine continue à se manifester à des époques fixes , ou bien si elle prend la place des règles lorsque liage. critique est arrivé, quoique la femme n’en ait pas souffert habituellement avant cette époque, il faut faire tous $es èfforts pour empêcher que le cerveau ne devienne un foyer d’irritation ; car cette irritation pourrait devenir continue d'intermittente qu’elle était d’abord ; et , comme nous l’avons déjà dit, côttê irritation long-temps' fixée sur le même organe finirait par produire dés altérations incurables. Il est donc très-important dans cette circonstance , i° d’établir un vésiéàîdirè dans le voisinage de la tête pour former un point de contre-irritation, parce que , suivant l’axiome déjà tant de fois cite f de deux irritations ou. douleurs existant en même temps -, mais - sur différehs points , la plus forte anéantit l’autre. Le bras ne doit pas être choisi dans cette circonstance pour y placer Je vésicatoire -3- ce point est trop éloigné de la tête pour que-la ré vu 1 si o n puisse avoir lieu ; . J’ expérience prouve que la partie postérieure dit cou est l’endroit le plus convenable, a" Il importe aussi de diriger le mouvement du sang sur un autre poirit , et autant

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qu’il se peut vers celui où il avait coutume de se porter naturellement; ainsi, chaque mois, aux époques habituelles des menstrues ou des hémorrhoïdes, si elles sont supprimées, on fera à l’anus ou aux organes sexuels une application de 10, i5, 20, 5o sangsues , suivant la constitution de chaque individu ; et si la personne était forte, sanguine, pléthorique, on devrait en outre pratiquer de temps en temps une saignée générale. Il est bien entendu que l’on doit observer un régime léger et peu échauffant, plutôt végétal qu’animal; car il est certain que si l’on ne veut pas renoncer à la bonne chère , aux boissons stimulantes , non-seulement il n’y a pas de guérison possible, mais on ajoutera infailliblement l’irritation des organes' digestifs à celle du cerveau, si toutefois elle n’existait pas encore , et on ne fera que l'entretenir, l’augmenter, si elle existait déjà, comme c’est le cas le plus ordinaire. Au reste , le régime simple , la modération dans le travail, dans les passions, les plaisirs, etc., sont une condition sine qaù. non de guérison dans la plupart des maladies qui affectent les grands viscères.

Dans tous les cas de céphalalgie opiniâtre, continue ou intermittente, on doit craindre les désordres organiques et les accidens fâcheux dont sont menacées les personnes qui en sont atteintes. Il ne faut donc pas autant négliger ces maladies qu’on a coutume de le faire. Il est ipdispensabîe d’avoir recours de très-bonne heure aux saignées locales et générales , et de revenir à l’emploi de ces moyens aussi, souvent et aussi long-temps que les circonstances l’exigent. L’établissement d’un vésicatoire sur le cou , un régime et un genre de vie modérés, comme dans lé cas précédent, compléteront le traitement.

On a quelquefois employé le sulfate de quinine dans les cas de migraine périodique; ce moyen peut certainement réussir dans quelques circonstances; mais il faut .avoir soin que l’estomac soit en bon état; car s’il était malade, ce que l’on peut aisément reconnaître à la saleté de la langue et à la rougeur de son pourtour, à la difficulté de digérer, etc. , ce médicament ne pourrait être que nuisible. Dans le cas où l’on croirait pouvoir l’administrer, ce ne serait jamais durant l’accès même de migraine. Il semble démontré par l’expérience que le moment le plus favorable est de le donner à la fin de l’accès, apres qu’il est tellement terminé , qu’il ne reste pas le moindre ressentiment de douleur de tête. La quantité de ce sel est de 6 à 10 grains, divisée en trois ou quatre doses, que l’on prend à la distance d’une demi-heure ou une heure l’une de l’autre. Si, après avoir employé ce moyen dans les intervalles de quatre ou cinq accès, il n’y a pas d’amélioration, on aura acquis la preuve qu’il est inutile d’insister plus long-temps sur son usage.

Ôn peut aussi éssaÿer 1’émploi de l’électricité ; mais on né doit pas trop compter sur l’efficacité de ce moyen. Quant aux bagues et aux plaques de fér aimanté , c’est du vrai charlatanisme. 11 existe aussi certains ffiédicamens appelés céphaliques , Ce qui veut dire contré les maux de tête ; ce sont surtout des odeurs fortes telles que l’ammoniaque, l’acide de vinaigre concentré, l’éther, etc. Ces substances, qui sont toutes trèsstimulantes, peuvent bien calmer et même dissiper quelquefois entièrement, et d’uné manière très-prompte , un accès de migraine ou de mal de tête ; mais leur usage continué pendant trop long-temps aurait le grave inconvénient d’augmenter la maladie.

Quelquefois, ainsi que nous l’avons dit plus haut en parlant des causes de la céphalalgie , le mal de tête est produit par la présence d’une ou de plusieurs dents cariées; il faut les faire arracher.

Quant aux lésions organiques telles que les tumeurs osseuses , les épanchemens aqueux ou sanguins , les foyers purulens qui se forment dans le cerveau , il est bien rare que l’art puisse y remédier ; c’est pourquoi je crois devoir insister sur ce que fai déjà dit plus haut, savoir : qu’il ne faut pas négliger les maux de tête dans le principe. Ce ne sont d’abord que des irritations que l’on peut calmer ou déplacer; mais si on leur laisse le temps d’altérer les organes, d’en dénaturer la structure, il est à craindre que tous lès efforts que l’on pourrait tenter ne deviennent plus tard , sinon t o ut-à-faiî i n u ti les , du moins très? peu efficaces. C’est ici le cas, comme dans la plupart des maladies , d’appliquer le vieil adage : Prlncipüs obsta,

MILIAIRE. (V. Fièvre simaire.) ■

MILLET. C’est une maladie caractérisée par une éruption de petits boutons ou de vésicules qui ressemblent à ides, grains de millet séparés les uns des autres , très-nombreux sur toute la peau, excepté sur le visage. Cette affection’ est, la même que la fièvre miliaire. (V. ce mot.)

MOELLE EPJNIÈRE ( maladies de la ) , maladies de l’épine du dos, spinite3 myélite, consomption ou phthisie .dorsale^ On appelle épine dorsale, ou mieux encore ct>John.e vertébrale, cette colonne osseuse qui s’étend depuis la tête jusqu’au siège. Elle est composée de vingt-quatre os nommés vertèbres, empilés les uns sur les autres , à peu; près comme des pièces de monnaie. Cette pile est perforée d’un e extrémité à l’autre pour servir comme de gaine à la moelle épinière. La moelle épinière est une des portions les plus considérables du système ner- Veux, et en même temps l’une des plus importantes du corps

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humain. Pour bien comprendre le rôle qu’elle joue dans l ’économie animale, il esl nécessaire d’entrer dans quelques détails sur ce qu’on nommé le système nerveux.

Que l’on se représente donc la masse entière des nerfs comme un arbre dont le cerveau est la souche , la moelle épinière le tronc, et les nerfs qui en partent pour se distribuer au reste du corps les branches. la moelle épinière comprend toute la longueur du canal osseux, que npus avons dit être formée par la colonne vertébrale. A la réunion de chacune des vertèbres qui composent la colonne vertébrale se trouve, à droite et ù gauche, une petite ouverture par chacune desquelles la moelle épinière, le tronc de l’arbre nerveux, envoie des ramifications à toutes les parties du corps. Ainsi , les nerfs des bras, des côtes, du bassin et des jambes, etc. , sont tous fournis par la moelle épinière, ou plutôt ce ne sont que des ramifications, des expansions de ce tronc.

Le système nerveux préside aux sensations et aux mouvemens du corps.

Les sensations , comme tout le monde le sait , ne sont autre chose que des impressions transmises au centre nerveux par l’intermédiaire des nerfs. Quand je me pique le bout du doigt, c’est qu’une impression a été déterminée sur l’extrémité du nerf qui aboutit à mon doigt, et le centre nerveux, le cerveau, a été averti de cette impression par le cordon nerveux qui s’étend de mon doigt à la moelle épinière, et de la moelle épinière au cerveau. ïî en est de même des mouvemens que nous exécutons, seulement la chosé se passe en sens inverse. Les sensations ont lieu des extrémités nerveuses au centre ; les mouvemens , au contraire , ont lieu du centre aux extrémités. Quand je remue la jambe, mon cerveau, siège de la volonté, transmet ses ordres aux muscles de ma jambe par l’intermédiaire de la moelle épinière , puis dés nerfs qui se rendent au point qui doit être mis en mouvement; mais tous ces effets ont lieu avec la rapidité de la pensée.

Les cordons nerveux se divisent et se subdivisent à l’infini, en sorte que tous les points du corps en sont fournis; Il ÿ auraitinsensibilité et immobilité complète dans les parties qui en seraient dépourvues. Le lecteur conçoit maintenant que quand je me pique le doigt, je ne ressentirais nullement la piqûre, si la communication étaitinterrompue entre les nerfs demondoigtet la moelle épinière , parce que l’impression ne pourrait plus être transmise au cerveau. Ppur la même raison, ce doigt serait frappé de paralysie, parce que l’influence de la volonté ne pourrait plus lui être transmise par l’intermédiaire du cordon nerveux que noua supposons coupé, comprimé, brûlé ou dé-

trüit d’une manière quelconque. Mais si ce cordon nerveux, qui sert d’intermédiaire pour conduire les impressions au cerveau , n’était que malade , ou qu’il plongeât dans un foyer malade, la sensibilité ne serait plus détruite, elle pourrait même être augmentée, et il y aurait alors sensation de souffrance, et la faculté de mouvoir le membre où se rend le nerf malade, serait tantôt augmentée , tantôt diminuée , et toujours plus ou moins irrégulière.

Supposons maintenant que les centres nerveux soient affectés, et non les extrémités. D’abord, isi le cerveau est détruit ou qu’il soit réduit à l’inaction complète par une canse quelconque , il est évident qu’il n’y aura plus de sensations possibles puisque c’est lui qui les perçoit, et qu’il n’y aura plus de mouvëmens dans aucune, partie du corps, puisque c’est sous son influence qu’ils; s’exécutent. Il y aura paralysie complète et insensibilité complète ; cet état sera donc la mort. Mais si le cerveau n’est que malade , il y aura irrégularité, diminution ou augmentation de Insensibilité et desmouvemens musculaires.

L’autre centre nerveux, la moelle épinière, est-il détruit dans quelque point de la colonne vertébrale, que doit-il en résulter? Le lecteur a déjà répondu à cette question. Puisque là moelle épinière est le tronc de l’arbre, toutes les branches nerveuses qui se trouvent au-dessous du point détruit, cessant dé communiquer avec le cerveau, doivent être frappées de paralysie et d’insensibilité. C’est ce qui a constamment lieu. Si la communication n’élait pas interrompue et que la moelle épinière ne fût que malade, qu’arriverait-il ? D’abord il y aurait douleur vers le point malade, et les membres dont les nerfs proviennent soit de ce point , soit des points situés au-dessous du siège de là maladie , éprouveraient des désordres dé la faculté sentante et de la faculté locomotrice. Citons quelques exemples pour rendre la raison de ces phénomènes plus intelligible. Une personne est atteinte d’une affection de la moelle épinière, vers la portion de l’épine qui correspond à la région des lombes; voyons ce qui doit en résulter. Si cette affection est tellement grave , que la partie qui en est le siège soit détruite ou désorganisée au point que la communication cesse d’avoir lieu avec la partie supérieure du tronc nerveux, les cuisses et les jambes seront frappées de paralysie, parce que les nerfs qui s’y rendent prennent leur origine au-dessous du point altéré, et que par conséquent il ne peut plus y avoir de communication avec le cerveau. Si le siège de la maladie était situé versdes épaules, il y aurait paralysie des bras et des jambes. Dans ces cas, les nerfs des bras et des jambes se rendent, il est vrai, à la moelle épinière; mais comme celle-ci est désorganisée, que le tronc

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