‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 61 sur 106 · LUM · texte numérisé non relu

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tineqce de tous les stimulans; on fera appliquer quelques sangsues de temps à autre aux tempes'et derrière les oreilles. Si cette affection dépend du vice scrofuleux, on conseillera l’habitation de la campagne et une nourriture un peu plus substantielle. Lorsque la maladie est opiniâtre, rien n’est plus utile qu’un large vésicatoire , ou mieux encore un séton à la nuque. On entretient le vésicatoire ou le séton jusqu’à ce que l'inflammation soit entièrement dissipée. On n’emploie le séton ou le vésicatoire que quand les autres moyens ont échoué.

LOCÇIES. Ecoulement sanguinolent et séreux qui suit l’accouchement. Sa durée est variable, suivant les sujets. Les soins à donner aux femmes durant le temps des lochies ont été indiqués à l’article Accouchement. (Y. ce mot.)

LOMBRICS. Espèce- de vers assez semblables aux vers de terre, et qui se développent dans les intestins. (Y. Yers.)

LUMBAÇO; en termes vulgaires, mal cle reins. C’est, comme le mot l’indique, une maladie siégeant dans la région des lombes. Cette maladie consiste dans un rhumatisme aigu ou chronique, ou, pour parler un langage plus précis, le lumbago est une irritation ou inflammation des muscles lombaires , accompagnée d’une douleur plus ou moins aiguë, avec difficulté ou impossibilité de marcher, et surtout de se courber en devant. Le lumbago ne constitue donc pas une maladie d’une nature particulière et différente de celle des autres inflammations musculaires; car, soit que cette irritation ou inflammation soit fixée sur les muscles des bras , sur ceux des jambes ou dans ceux de toute autre partie du corps, c’est toujours une inflammation et rien de plus. Toutes les dénominations différentes qu’on lui a données ne signifient rien , si ce n’est qu’elles servent à en indiquer le siège. Le véritable nom du lumbago serait donc irritation , inflammation ou rhumatisme des muscles lombaires. .

Le traitement découle naturellement de ce que nous venons de dire. Si le lumbago, ou plutôt si l’irritation à laquelle on donne ce nom est aiguë, on doit conseiller le repos, la diète, lés boissons et les lavemens émolliens; les bains tièdes , les cataplasmes émolliens, et, par dessus tout, les saignées locales au moyen de 25 à 5o sangsues, dont on peut répéter l’application si la première ne suffit pas à apaiser l’inflammation et à calmer les douleurs. Sur la fin de la maladie, on applique avec succès quelques vésicatoires volans. Si l’irritation est chronique , on tentera d’abord l’usage des saignées locales peu abondantes, par exemple, i5 ou 20 sangsues, mais répétées pendant quelques jours; ensuite on aura recours auxmoxa.

aux vésicatoires* aux fumigations aromatiques» aux frictions sèches, aux boissons sudorifiques , si l’estomac est en bon état • aux vêtemens de laine appliqués sur la peau. La nourriture sera douce. Exclusion des boissons alcooliques et stimulantes.

LUXATION. Ce mot signifie la même chose que dislocation. On dit qu’un membre est luxé ou démis lorsque l’extrémité de l’os est sorti en tout ou en partie de la cavité qu’il dort naturellement occuper. Les luxations les plus fréquentes sont celles de l’épaule, du poignet, du pied, de la clavicule. Toutes les extrémités articulaires et mobiles des os sont néanmoins susceptibles de luxation. Le traitement des luxations consiste à remettre les extrémités luxées dans leur rapport naturel et de les y maintenir. La main d’un chirurgien habile est ici d’une nécessité indispensable. Je dis positivement d’un chirurgien habile 3 parce que beaucoup de personnes, surtout" dans les campagnes, s’imaginant que remettre un membre luxé soit chose facile, se confient bonnement à des soi-disant renxmeurs, gens ignares, mais présomptueux, qui, froissant, meurtrissant les membres, déterminent des inflammations , et, exerçant sur eux des tractions et des manœuvres dangereuses, luxent très-souvent ceux qui ne sont pas luxés , et ne remettent pas ou remettent mal en place les extrémités démises. Nous- avons cru utile de faire, en passant, cette observation.

MAL CADUC. (Y. Épilepsie.)

MAL DE COEUR.. Expression erronée employée par la plupart des personnes pour désigner l’envie de vomir. Ce dégoût, ce malaise n’est point un mal de cœur, mais bien de l’estomac, qui se soulève pour rejeter ce qui lui est nuisible. Le soi-disant mal de cœur peut être provoqué par des causes très-nombreuses , la grossesse, une irritation de l’estomac, la présence de certains médicamens , etc. On croit en général que ces dégoûts , ces nausées annoncent le besoin de prendre un vomitif; c’est une erreur dans le plus grand nombre des cas; car la cause la plus fréquente de ces soulèvemens n’est autre chose qu’une irritation même de l’estomac que les vomitifs ne feraient qu’augmenter.' Si l’on allègue que dans cet état les personnes crachent beaucoup , qu’elles rejettent des glaires , qu’elles ont la langue jaune, cela ne prouve autre chose, sinon que l’irritation a fait afîluer ces humeurs dans l’estomac, et que le véritable moyen de faire cesser ces débordemens de bile, ces crachats, ces amas de glaires, consiste le plus souvent à calmer l’état d’irritation qui les produit. On y

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parvient par un régime léger, en ne prenant qu’une très-petite quantité d’alimens chaque fois. Dans certains cas, il faut même s’astreindre à une diète absolue, boire très-peu et par cuillerées. Les boissons glacées sont quelquefois un moyen des plus efficaces que l’on puisse employer. Si l’estomac est dans un véritable état inflammatoire, si la langue est rouge, pointillée, s’il y a fièvre, on se conduira comme pour la gastrite. (Y. çe mot.)

MAL D’AVENTURE. (V. Panaris.)

MAL AUX YEUX. (V. Ophthalmie.)

MAL DE GORGE. (V, Angine.)

MAL D’ENFANT. (Y. Accouchement.)

MAL D’ESTOMAC.' (V. Gastrite, Carmalgii.)

MAL DE MER. On appelli mal de mer des envies de vomir, et même des vomissëmens opiniâtres, dont sont atteintes la plupart des personnes qui commencent à voyager sur mer. Cette incommodité dure pendant les trois ou quatre premiers Jours de la navigation, quelquefois plus, quelquefois moins; après quoi les vômissemens cessent et l’estomac reprend ses fonctions accoutumées J La cause oceasionelle du mal de mer est le balancement du navire; ce mouvement agile, remue la masse des intestins en divers sens. L’estomac n’étant pas accoutumé à ces sortes d’oscillations, se soulève et rejette les substances qu’il contient.

'Jusqu’ici on n’avait trouvé aucun moyen d’empêcher ou d’arrêter le mal de mer, mais on vient d’en proposer et d’en essayer un qui paraît être'çouronné de succès. Il consiste simplement à maintenir la masse intestinale dans une situatipn fixe et immobile, au moyen d?un large bandage ou d’une ceinture. II est facile de concevoir que, l’abdomen étant comprimé par ce bandage, les entrailles seront soustraites à l’effet des mouvemens oscillatoires du navire; en conséquence le vomissement n’aura pas lieu, ou il sera arrêté.

MAL DE DENTS. (V. Dents.)

MAL DE TÊTE. Cette expression est trop vague, parce qu’il existe plusieurs genres de maux 4e tête autres que celui que l’on entend vulgairement par ce nom. Ainsi une attaque d’apoplexie, une fièvre cérébrale, une hydropisie du cerveau, la migraine, les douleurs de tête passagères produites par l’action du soleil, par une congestion légère produite par une coiffure trop étroite, etc. , qui gêne la libre circulation du sang, toutes ces affections, dis-je, sont des maux de tête. Gomme il ne serait guère possible d’envisager sous un seul point de vue toutes les

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différentes formes que peuvent revêtir les affections cérébrales, nous renvoyons aux articles Apoplexie, Hydrocéphale, Céphalalgie , Migraine, Encéphalite. Le mal de tête léger que l’on éprouve à l’occasion de la chaleur, de l’usage de chapeaux étroits, de cravates ti-op serrées , se dissipe ordinairement en peu de temps, en* éloignant les causes qui l’ont produit. Les bains de pieds tièdes, et en même temps les affusions d’eau ‘froide, ou mêmé les applications de la glace sur la tcte, sont un des meilleurs moyens que l’on puisse employer pour guérir les maux de tête. S’ils étaient par trop opiniâtres, on y joindrait les saignées locales faites au moyen de i5,‘ 20 ou 5o sangsues appliquées aux tempes et derrière les oreilles. Trèssouvent le mal de tête n’est que sympathique d’une irritation de l’estomac. Dans ce cas , il faut traiter cette irritation parles moyens convenables, et le mal £e tête se dissipera en même temps. (V. Gastrite.) Souvent le lendemain d’un bon repas on éprouve un mal de tête, joint à un malaise général ; la plupart des ivrognes et des amateurs de bonne chère sont dans ce cas presque chaque fois qu’ils se sont livrés à leur goût dépravé. II est . facile de concevoir qu’ici le mal de tête est consécutif à l’irritation de l’estomac, tourmenté, excité, embarrassé par les vins, les liqueurs, les excitans de toute espèce qu’on le force à recevoir. La langue est alors sale le .matin, couverte d’un enduit pâteux ; la tête est lourde, et toute la machine est mal disposée.

Pour dissiper cet état de malaise général, faut-il prendre des amers, des toniques, des échauffans, sous prétexte de faciliter la digestion? Nullement. De l’eau pure ou sucrée, une infusion légère de tilleul, de la limonade ou toute autre boisson aqueuse, prise froide et par verréc de temps à autre, suffit seule, avec la diète, pour £aire disparaître cette indisposition. Mais si à force d’échauffer et d’irriter l’estomac on était parvenu à déterminer une véritable gastrite , ce qui malheureusement n’est que trop ordinaire, ces moyens ne seraient plus suffisans; on devrait se conduire comme il a été dit ailleurs en parlant des fièvres et de la gastrite. ( Y. ces deux mots. )

MAL NAPOLITAIN. (V. Syphilis.)

MAL SAINT-ANTOINE.« (V. Érysipèle.)

MAL SAINT-JEAN. (V. Épilepsie.)

MAL VÉNÉRIEN. (V. Syphilis.)

MALADIE. Chacun se forme à sa manière une idée de ce qu’on appelle maladie , mais peu de personnes entendent le véritable sens de ce mot. Pendant long-temps on s’était accou*

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tumé à regarder les maladies comme quelque chose de vague, d’indéfinissable , comme des êtres malfaisans qui venaient fondre sur la pauvre humanité. Ces idées de poëte , ces figures de rhétorique doivent être bannies du langage sévère et précis de la médecine. Pourjiien concevoir ce que c’est qu’une maladie , il faut savoir en quoi consiste la santé. La santé n’est que le résultat de l’égale distribution des forces de la vie dans chaque partie du corps. Cet équilibre rompu constitue la maladie. Comme une machine compliquée de plusieurs ressorts , le corps humain , formé d’une multitude d’appareils organiques, a besoin qu’ils marchent en harmonie. Pour se conserver en santé , chaque partie du corps ne doit dépenser que sa portion naturelle de forces et d’énergie ; d’où il résulte que le sommeil, la veille, les alimens, les boissons, les plaisirs, les passions, etc. , tout doit se tenir, pour que le corps reste sain, dans les bornes d’un certain équilibre. Mais ce qui rompt cet équilibre si essentiel des fonctions du corps , ce ne sont pas seulement les excès de table , de fatigue , de veilles , etc. ; il est un autre ordre de causes ni moins fréquentes, ni moins dangereuses. Nous voulons parler de ces violentes secousses de l’âme , de ces brîsemens de cœur qui agitent le corps de mille manières, et'le font succomber par une mort prompte, ou le, conduisent au tombeau pardelongues douleurs, en minant insensiblement ses Organes. Mais, va-t-on s’écrier, comment tenir la balance toujours juste ? Cette vigilance , d’ailleurs , cette observation continuelle de soi-même est trop fatigante. Vivons bien aujourd’hui , direz-vous, et mourons demain, au lieu de prolonger nos jours dans une triste monotonie. Si c’est compte arrêté, à la bonne heure ; mais alors pourquoi vous plaindre lorsque les maladies et les infirmités que vous avez imprudemmenj provoquées viennent vous assaillir ? Ne croyez pas cependant que l’existence de l’homme qui vil , autant qu’il le peut, à l’abri des passions , soit aussi fade que vous semblez le Croire. Quelle erreur est la vôtre! Jouissant des plaisirs simples et faciles que lui offre la nature, il n’en abuse pas ; son corps reste sain ; ses sens ne sont jamais blasés , et pour lui la bienfaisante nature est toujours féconde, toujours nouvelle. Aussi l’on a dit, bien long-temps ■ avant nous , que c’était un calcul de sensualité que de savoir ménager ses jouissances.

Il est évident, dit un auteur, que la majorité du genre humain périt de maladies ou d’accident, plutôt que de vieillesse; puisque de toutes les espèces créées, elle est la plus maladive , aucun autre animal n’est si chétif à cet égard. Les tables de mortalité jes plus. exactes prouvent, que, même.hors les époques d’enfance et de vieillesse, pendant lesquelles la

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faiblesse de l’organisation doit préparer des causes fréquentes de destructiou , les trois cinquièmes de la population succombent de maladies accidentelles durant l’âge de la force.

Les maladies forment donc d’immenses déserts dans le champ de notre vie. Et qui pourrait espérer de n’pn être jamais atteint?

L’homme sage ne doit-il pas apprendre soit à se prémunir contre leurs atteintes, soit à supporter cèlles qui deviennent inévitables par suite d’aocidens ou de révolutions des saisons, des températures, des âges, des complexions, etc. ? Le navigateur se précautionne de tout ce qui doit lui être utile dans sa traversée, et l’être imprudent néglige les moyens les plus indispensables pour faire le voyage de la vie ! Le jeune homme rempli de force et de santé est pareil au Caraïbe, qui vend le matin son hamac pour un peu d’eau-de-vie, sans réfléchir qu’il lui sera nécessaire le même soir ; il achète souvent aussi les infirmités de sa vieillesse au prix de quelques vains plaisirs.

On serait moins long-temps malade si l’on savait mieux être malade , c’est-à-dire si d’on faisait tout ce qu’il faut pour se guérir. Il ne s’agit pas de se beaucoup soigner, de s’écouter, ni de se dorloter sans cesse, comme quelques personnes peuvent le croire. Ce n’est pas non plus en s’efforçant d’expulser violemment les maux par ces résolutions téméraires et désespé-. rées où plus d’un audacieux a laissé la vie.

Pour mieux comprendre ce qu’il convient de faire , il faut surtout comparer notre manière d’exister avec celle des êtres] les moins maladifs ou les plus sains.; Certes, la nature n’a pas: dû charger la race humaine de la malédiction de tant de maladies , comme d’une triste prérogative parmi celles qui nous; distinguent des autres animaux. Elle ne nous avait soumis qu’aux peinesde la .nécessité qui pèsent sur toutes les créatures’ organisées ; nous y avons ajouté celles de nos propres erreurs1 et de nos excès. En effet, la brute, au milieu de ses forêts et des solitudes, végète en paix aveG elle-même, et ne porte point dans son cœur le ferment corrupteur de toutes ces passions qui déchirent l’homme social dan s ; ses ambitions, -sesdésirs , ses chagrins et ses plaisirs désordonnés. Endurcie aux: frimas , exercée à la course, fortifiée par les rigueurs de l’atmosphère, la brute les supporte sans peine; ses membres développés dans toute leur indépendance sauvage , ont acquis , àun air pur, l’équilibre imperturbable qui constitue sa force, sa santé allègre , sa vigueur généreuse. Nuis apprêts dans les 'a'IÎmens: une pâture simple, uniforme et même fade, mais assaisonnée par le seul appétit; ne l’engagent -jamais ’à dévorer au-; delà du besoin ; car bien qu'on voie des loups affamés et déssauvages qui leur ressemblent, engloutir parfois d’énormés’

quantités de chair, ces êtres chasseurs font à proportion beaucoup d’exercice qui dissipe sans danger ce surcroît de nourriture , souvent suivi d’une longue disette. L’animal herbivore , trouvant sa pâture journalière , en prend des quantités presque constamment uniformes ; enfin une eau limpide , qui désaltère elle seule toutes ces créatures , tempère et calme sans cesse leur organisme, qui conserve son harmonie accoutumée.

Exempte ainsi de toutes causes d’agitation , la brute se livre d’ordinaire à un sommeil paisible et réparateur de ses forces ; chaque matin elle bondit avec une ardeur nouvelle sur les collines. Tout est d’accord, tout conspire en harmonie dans ses fonctions naturelles ; et quand l’instinct de l’amour s’éveille à rapproche des beaux jours, elle goûte dans de secrets asiles d’innocentes voluptés dont nulle recherche ne corrompt la simplicité. Le besoin étant satisfait, aucun excès n’épuise l’animal , et la chasteté même reprend son empire hors la saison du rut. Ainsi se perpétuent des générations vigoureuses, allaitées par le sein maternel; ainsi les races se fortifient par ce régime de simplicité native , sous les inspirations d’un instinct qui ne se dément jamais dans ses directions les plus salutaires , et qui maintient l’unité , fa régularité , la concorde dans tout l’organisme de l’animal. Aussi la brute n’a presque point de variété de tempérament; sa compîexion est partout robuste et généralement musculeuse, sèche, peu sensible, peu capable d’inflammation ô u d’irritation. La faiblesse des impressions qui parviennent au centre cérébral chez les brutes , la rareté ou l’absence des réflexions , des terreurs pour l’avenir, l’ignorance de la mort , cette sorte d’égoïsme qui les renferme sans cessé tout entières dans elles -mèmès, ce crétinisme intellectuel qui leur dérobe toute prévoyance, leur ôte aussi tous les soucis,' fait qu’elles ne se tourmentent presque jamais de leurs maux, et subissent leur destinée sâns-la redouter.

Il n’en est pas ainsi de l’animal domestique , qui déjà participe à la vie sociale; qui, s’amolisSânt sous le couvert de nos maisons, devient plus sensible aux intempéries de l’atmosphère; qui , profitant des nourritures abondantes et apprêtées , mange et s’engraisse outre mesure ; qui , se livrant à de trop fréquentes jouissances , s’énerve et abâtardit ses races; enfin qui, flétri par le joug et l'esclavage des travaux, ou devenu un triste eunuque pour nos festins, ne traîne plus qu’une existence laborieuse et infortunée sur la terre.

Mais l’homme civilisé surtout semble amasser, par son genre de vie , toutes les tempêtes des maladies sür sa tête. Qui ne voit pas , en effet, que cet être protéiforme dans ses habitudes , si sensible, et ouvert à toutes les douleurs, s'éloigne en tout séns

des voies les plus naturelles , et se croit d’autant plus parfait qu’il s’éloigne davantage de la nature? Que dis-je? Assujetti non-seulement à ses propres maux, il se charge encore de ceux d’âutrui par cette sympathie, résultat merveilleux d’une sensibilité qui se déborde autour de nous , et qui forme de la société humaine un faisceau compatissant simultanément sous la même impression.

Gomment l’homme en effet ne serait-il pas plus maladif que la brute? Jeté nu et exposé , avec sa peau délicate et irritable, à toutes les révolutions météoriques, sous tous les climats, il lui faut des vêtemens, des maisons, du feu : vains remparts contre une multitude de dérangemens , de phlegmasies et de catarrhes. Il tire ses alimens de presque toutes les créatures; mais l’art culinaire devient l’officine des plus fréquentes , des plus perhicieuses atteintés à sa santé , la source des fièvres et autres affections gastriques, l’origine de cette pléthore, de celte irritation générale, causes des apoplexies, des congestions, des hémorrhagies, soit spontanées, comme les menstrues et autres évacuations , soit excitées par mille secousses de l’organisme. La sociabilité, qui rassemble autour de nous tant de jouissances, accumule en même mesure les dangers de toute espèce. Ainsi, dans l’entassement de nos villes, dans les réunions de nos spectacles , de nos fêtes , dans les attroupemens des armées, dans les amas d’hommes pour les manufactures, les mines , les vaisseaux, etc. , on ne respire qu’un air fétide, chargé des exhalaisons corrompues de tant de corps échauffés. Là se développent, se propagent des épidémies meurtrières avec une effroyable rapidité, qui dévorent efiîime fa flamme des générations entières. Combien d’individus atrophiés , pftles , infirmes et sans vigueur sortent de ces réduits infects de l’indigence, de ces misérables repaires où la famine et la malpropreté consument , sur leurs grabats , la vieillesse et l’enfance, couvertes de haillons et rongées de vermine! Mais d’autres maux attaquent l’opulence sous les lambris dorés de ses palais : les indigestions succèdent aux crudités , au sortir d’une table où cent mets trop stimulans , où des viîrs et des liqueurs incendiaires surchargent des estomacs déjà trop délabrés par une bonne chère continuelle. L’oisiveté ennuyée n’offre pas moins de périls sur les coussins de la mollesse. Combien de voluptés , d’agacémens forcés viennent énerver une constitution toujours embrasée par tant d’excès’! Aussi des névroses, désaffections chroniques irrémédiables, résultats de ces épuisemens , appellent le funèbre cortège des maladies et d’une vieillesse prématurée.

Si l’on ajoute ^,ces causes de ruine le tiraillement perpétuel

et nerveux des passions , le rongement de l’ambition et des jalousies, les supplices delà crainte , des chagrins , des remords , de tant d’autres déchiremens dans le secret des cœurs , tous les soucis enfin qui sans cesse égratignent les entrailles ; comment la santé serait-elle assurée , la vie pleine et allègre , dans ces rangs que la civilisation humaine estime pourtant les plus heureux? Où sont le sommeil de paix, la médiocrité tranquille , la liberté , la joie insouciante , les plaisirs purs et sans apprêts , les repas simples et salutaires , au milieu de ce froissement universel des hommes qui se choquent et s’entreheurfent pour atteindre le faîte de la fortune , de la considération et du pouvoir, parmi nos sociétés les plus éclairées? Tout est tension, effort, travail d’esprit et de corps; jeu sérieux et fatigant qui lime continuellement la vie, qui l’agite et l’enflamme par le spectacle de tant de chances dans lesquelles la Fortune nous balance sur sa roue (1).

MALADIE DU PAYS. ( Y. Nostalgie. )

MALADIE VÉNÉRIEN NE. (V. Syphilis,)

MALIGNE , fièvre maligne . ( V. Fièvre. )

MANIE , folie furieuse. ( Y. Foiie. )

MARASME , maigreur extrême de tout le corps. Le marasme est ordinairement la suite des .irritations chroniques de l’estomac , des poumons, du foie, de la rate, des reins, de la vessie, de la matrice, de la moelle épinière, etc. Ce n’est donc pas par le moyen d’une nourriture abondante et substantielle que l’on pourrait ramener à son état primitif un corps réduit à cet état de maigreur, ce serait au contraire en éteignant le foyer inflammatoire qui le produit ; mais lorsque le corps est parvenu à ce degré de dépérissement , il ne reste malheureusement plus guère d’espoir, parce que la désorganisation est la plupart du temps trop avancée pour qu’il soit possible d’en arrêter les ravages. Il faut donc se borner à ne pas tourmenter ces malheureux malades par des remèdes désagréables et inutiles, et tâcher d’adoucir autant qu’il est possible les derniers instans de leur triste existence.

MASTURBATION ou Manustupration , habitude solitaire. 3’ai hésité d’abord de parler dans ce livre d’un vice dont les résultats sont si désastreux; mais quand un mal est devenu presque universel , il faut avoir la hardiesse de le signaler pour en indiquer le remède. En pareilles circonstances , le silence serait inpardonnable.

(*) Virey, De la Puissance vitale.

Effets de V habitude solitaire en général. Il n’est presque aucune maladie que ce vice ne puisse engendrer. Mais les affections nerveuses de toute espèce en sont néanmoins le résultat le plus ordinaire. Gomment en effet le système nerveux ne serait-il pas profondément troublé par la répétition trop fréquente de sensations qui le remuent tout entier? comment l’équilibre nécessaire à la conservation d’une santé vigoureuse serait-il maintenu au milieu de ces secousses nerveuses continuellement renouvelées ? Si l’intelligence des malheureux qui s’abandonnent aveuglément à l’ivresse de ce poison facile était inaccessible aux conseils de la sagesse , qu’ils écoutent du moins la voix de leur propre intérêt. Sans la santé , point de plaisirs réels ; les honneurs et la fortuue deviennent à charge , toutes les jouissances sont sans attraits ou même insipides , la vie est dépouillée de ses charmes et n’offre plus qu’une perspective de langueürs et de peines. D’où croit-on en effet que proviennent si souvent cette foule de maladies nerveuses qui assiègent surtout leshabitans des grandes villes ? Les médecins observateurs sont d’accord que les apoplexies , les léthargies , les assoupissemens,.les épilepsies, les tremblemens, les spasmes, les étourdissemens , la perte de la mémoire , la folie , la paresse de l’imagination, la diminution ou la perte de l’intelligence , les vapeurs hystériques, l’hypochondrie, les pâles couleurs, sont souvent le triste résultat des habitudes solitaires. Mais le système nerveux ne peut pas être long-temps troublé, altéré, sans qu’il en résulte de graves désordres dans les fonctions de la plupart des autres organes : ainsi lés yeux deviennent ternes , la vue et l’ouïe diminuent chez quelques individus ; l’oreille est quelquefois tourmentée de bourdonnemens ; les muscles s’affaiblissent, en sorte que ces personnes sont sans force , sans courage, disposées à l’inertie; les chairs sont flasques et sans consistance ; les digestions sont souvent perverties , et, comme les alimens mal digérés ne servent point à la nutrition , il en résulte quelquefois un état de maigreur effrayant. Ce n’est pas tout : les fonctions des poumons et du cœur étant fréquemment troublées par ces secousses nerveuses, il en résulte des hémorrhagies pulmonàires, des inflammations de poitrine aiguës ou chroniques , des anévrismes , et tous les genres d’affections dont ces organes peuvent être atteints. Je ne serais pas même éloigné de regarder l’habitude solitaire et les excès voluptueux de tous les genres comme une des principales causes de cesnombreuses phthisies pulmonaires qui semblent se transmettre comme un funeste héritage, et qui moissonnent d’une manière alarmante presque la moitié des générations modernes au milieu du plus bel âge de la vie.

Effets des habitudes solitaires chez tes enfanS et en général avant L’âge de puberté. Ce ne sont point les pertes séminales qui produisent les aceidens occasionés par les excès vénériens , mais bien l’ébranlement nerveux qui en résulte, tors donc que le corps n’a pas acquis le complément de ses forces, les nerfs ne sauraient supporter impunément ces secousses qui les ébranlent ; d’où il résulte que , toutes choses égales d’ailleurs , ces excès sont bien plus dangereux chez les enfans de l’un et de l’autre sexe que chez les adultes, tes enfans de quelques années livrés à la masturbation sont pâles , étiolés , maigres, quoique mangeant beaucoup; ils ont souvent la tête chaude et douloureuse, les pupilles dilatées, et les organes sexuels sont quelquefois rouges , enflammés , écorchés. Comme on ignore souvent la cause de ces désordres, on les attribue à la présence des vers, et l’on médicamente en conséquence ; ce qui aggrave les aceidens. Si l’on ne parvient pas à découvrir ou à arrêter la cause du mal , des. phénomènes nerveux , des convulsions se manifestent , l’appétit et la digestion se dérangent , et l’enfant tombe enfin dans le marasme et meurt. Vers l’âge de dix ou douze ans, et en général avant l’époque de la puberté, les enfans qui se polluent sont pâles, débiles, solitaires, peu aptes aux travaux intellectuels ; les jeunes filles ont des fleurs blanches , des douleurs d’estomac ; elles éprouvent en outre les mêmes aceidens que ceux qui viennent d’être énoncés. Un symptôme très-fréquent, et qui ne trompe jamais sur sa nature, ce sont des palpitations de coeur, accompagnées de gêne dans la respiration et de légers étouffemens. Quelquefois d’autres signes hystériques ou hypochondriaques s’adjoignent à ceux-là : le moral tourne aux affections tristes ; les pleurs viennent souvent et sans sujet ; des syncopes , des tremblemens partiels et généraux se manifestent à la moindre contrariété et souvent sans sujet. Enfin la chlorose , l’hystérie, l’épilepsie, la démence , la folie stupide, la phthisie, naissent après un temps plus ou moins long.

Telles sont les conséquences funestes de l’habitude solitaire. Quels sont maintenant les moyens d’y remédier ? S’il est question des personnes capables de discernement, nous leur dirons : lisez ces pages; elles ne contiennent qu’un pâle tableau des maladies que vous allez échanger contre vos excès. Si , connaissant les dangers auxquels vous vous exposez, ces considérations ne vous arrêtent point, je vous plains, et je n’ai rien de plus à vous dire. Mais si vous préférez votre santé à ce cortège de maux dont vous venez de parcourir la longue nomenclature , et qui est bien loin d’être complété, rompez avec votre malheureuse habitude. On peut en venir à bout par une dé=?

termination forte et vigoureuse. Il faut éviter en même temps les stimulans généraux qui exercent toujours préférablement leur influence sur des organes déjà trop excités ; il faut par conséquent renoncer aux vins généreux, aux liqueurs alcoholiques, aux alimens succulens et épicés, et se borner aux mets les plus simples. Les exercices qui fatiguent les membres , tels que les travaux agricoles , la lutte , les armes , la natation , la gymnastique, etc. , sont un excellent moyen pour diminuer l’excès de vitalité qui provoque aux plaisirs vénériens. Il est important de ne se coucher que quand l’exercice et la veille auront rendu nécessaires le repos et le sommeil.

Ces moyens, propreà à diminuer l’excitation vitale et à distraire l’attention de son objet, conviennent encore pour réparer les désordres que l’habitude solitaire et tous les excès vénériens en général peuvent avoir occasionés. À cet e'gard nous devons attaquer le préjugé généralement répandu, que les personnes épuisées par ce genre d’excès doivent chercher à rétablir leurs forces par des alimens très-substantiels , par des vins généreux, par des médicamens toniques : c’est une erreur grave et dangereuse. D’où viennent la faiblesse, la maigreur, l’exténuation que l’on remarque chez les personnes que l’habitudè solitaire a réduites à cet état? Il suffit d’y réfléchir un instant pour voir que cet état dépend uniquement de l’excitation qu’a éprouvée le système nerveux, et nullement des pertes séminales, comme on pourrait le croire; car ces pertes n’ont pas lieu chez lés en fans , et c’est cependant chez eux que les effets de l’habitude solitaire sont plus prompts et plus graves. Si donc l’épuisement dépend d’une excitation qui, d’abord bornée au système nerveux, s’étend bientôt à d’autres organes , comme la chose est hors de toute contestation , il est évident que , pour rétablir le corps dans son état précédent , il faut calmer celte excitation, ce surcroît de vitalité, cette irritation. Or les bons alimens, le bon vin , les toniques ne sont pas des moyens caïmans. Il faut donc suivre un régime diamétralement opposé. Le lait, la nourriture végétale, et rarement animale; l’abstinence plus ou moins complète de vin , de liqueurs spiritueuses , de café, de thé , et,c. ; l’usage fréquent de bains à peine tièdes en hiver, et froids en été, en même temps que la volonté bien décidée de renoncer à la cause première du mal; voilà le seul traitement qui puisse être avoué par un médecin consciencieux et instruit. Une conduite opposée dénote, à moii avis, l’ignorance ou le charlatanisme.

Mais d’autres soins sont nécessaires pour réprimer ce penchant chez les enfans, qui ne sont pas capables d’en connaître le danger. C’est donc en grande partie aux parens

et aux personnes préposées à leur éducation que nos préceptes doivent s’adresser.

Au risque d’exciter des clameurs, je parlerai ici un langage sévère. La plaie est profonde ; il faut la sonder hardiment. J’ai dit plus haut que les nombreux ravages que la mort faisait dans les rangs de la jeunesse étaient en grande partie le résultat de cette déplorable habitude , soit que le corps ait été épuisé de bonne heure par ces excès, soit que des parens débilités par ces mêmes excès aient transmis à leurs enfans, comme un funeste héritage , une organisation frêle, délicate et incapable d’atteindre le terme ordinaire de l’existence de l’homme. Eh bien ! dévoilons l’origine la plus fréquente de cette habitude; d’autres trouveront peut-être le moyen d’y porter le remède convenable. Je ne crains pas de dire que les établissemens d’éducation publique de l’un et de l’autre sexe , où les enfans sont élevés sous le même toit, où ils couchent plusieurs réunis dans un même dortoir, se fréquentent enfin de mille manières; que les pensions, les collèges, les écoles élémentaires de tous les genres, les ateliers où les enfans travaillent et fourmillent ensemble, les dépôts de mendicité, etc. , etc. ; que toutes ces. agglomérations d’enfans et de jeunes gens , dis-je , sont les pépinières les plus ordinaires du désordre que je signale. Les enfans sont naturellement imitateurs, et il suffit de l’exempla d’un seul pour propager cette habitude^ comme une véritable épidémie. Toutes les personnes qui ont été à même d’examiner et d’observer conviendront de cette vérité. Et qu’on ne dise pas que la surveillance dans certaines maisons est tellement rigoureuse que tout mal de cette espèce est impossible ; malheureusement l’expérience démontre que , pour satisfaire et même inoculer ce penchant, les enfans savent mettre en défaut la surveillance la plus active. Mais, dira-t-on, quel remède opposer à ce mal ? Comme médecin, il me suffit de le signaler, parce qu’il peut avoir pour la santé les plus déplorables suites : ce mal est réel, il est connu. Après cela, c’est aux parens à savoir ce qu’ils ont à faire.

Mais l’enfant a-t-il contracté le vice de la masturbation, et veut-on le guérir de cette habitude? ici nous avons quelques conseils à donner, dont l’application ést rigoureusement nécessaire. Qu’on ne s’y méprènne pas, les leçons de morale, quelque sages qu’elles puissent être, les corrections publiques ou privées, douces ou sévères, tout cela est impuissant pour réprimer ce désordre, attrayant pour des enfans sans expérience comme sans discernement. Les plus belles prédications qu’on pourrait leur faire sont donc en pure perte. C’est d’une manière plus directe que l’on doit agir, si l’on veut le faire avec

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efficacité. Il faut faire prendre à l’enfant , plusieurs fois le jour, et sans qu’il en soupçonne le motif, des exercices qui le fatiguent, tels que celui des armes, delà gymnastique, delà lutte, de la paume, de la course organisée en jeu pour exciter son émulation, de la natation, des patins, etc., et le surveiller pendant les courts instans dé repos qu’on lui donne. La culture des lettres et des beaux-arts, les travaux intellectuels en général ne seraient certainement pas suffisans pour détourner le jeune homme de son habitude ; il pourrait même arriver qu’en excitant son cerveau , l’étude en réveillât le souvenir , et qu’il profitât du premier moment de liberté ou de repos pour s’y livrer. On devra lui refuser les alimens et les boissons excitantes , et le nourrir en général avec des alimens doux , assez substantiels néanmoins pour qu’il puisse supporter les exercices qu’on lui fait prendre. Pendant le jour on ne lui permettra jamais le repos, et le soir le sommeil qu’après beaucoup de fatigue. II ne se couchera jamais sur la plume ; le matin on le fera lever de très-bonne heure et aussitôt qu’il serai éveillé. Si l’on craint que le penchant ne soit trop prononcé* et que tous ces moyens ne puissent pas le lasser assez pour l’en détourner, la nuit on lui fera partager le lit d’une personne adulte du même sexe. A cet égard, il est important de ne pas charger les domestiques de cette surveillance, parce qu’ils ne sont que trop souvent les instituteurs de ce vicé , et qu’un plus grand nombre d’enfans que l’on ne croit sont de trèsbonne heure et pour toute leur vie les victimes dë l’immoralité des bonnes ou d’autres gardiens à qui on les avait confiés, eii apprenant d’eux la pratique d’un vice qu’ils eussent peutêtre toujours ignoré.

On a inventé et conseillé, divers bandages pour empêcher les enfans de se livrer à leur penchant; il est rare qu’ils atteignent le but que l’on se propose. Cependant s’ils étaient assez bien faits pour ne point frotter contre les organes qu’ils sont chargés de protéger, et pour les défendre de toute espèce de contact , on devrait en adopter l’usage , si d’ailleurs la surveillance ne pouvait pas être perpétuelle.

Ce que nous venons de dire est également applicable aux jeunes filles, sauf quelques modifications dans les exercices.

Si la santé de l’enfant avait déjà souffert, il est bien entendu qu’on ne chercherait pas à la rétablir aux moyens des toniques , des alimens substantiels, du bon vin. Le premier pas, le pas le plus important vers le rétablissement de la santé est fait quand on est parvenu à réprimer l’habitude qui l’avait altérée. Le reste est peu de chose. Avec un régime doux et modéré, les forces et l’embonpointreviendront insensiblement. Comme

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nous avons donné plus haut les raisons sur lesquelles est fondé un pareil traitement , nous nous abstiendrons de les répéter.

MATRICE. Les maladies de cet organe sont de plusieurs espèces. La matrice est sujette aux inflammations, ce qui constitue la métrite (Y. ce mot ) ; aux hémorrhagies ou pertes, ce qui constitue la ménorrhagie ou métrorrhagie (Y. ce mot) ; là matrice est encore susceptible d’être affectée de squirrhe , de cancer, vulgairemeut connu sous le nom d’ulcère de la matrice (V. Cancer) ; elle peut être affectée d’hydropisie, d’hydatides, de polypes ou excroissances fongueuses ; elle peut être renversée par l’effet de l’accouchement ou par d’autres causes. Cet organe est le siège de l’évacuation menstruelle , et il sert de réceptacle au foetus pendant tout le temps de la gestation , etc. Il est un de ceux qui exercent le plus d’influence sur la santé de la femme , et il est rare que ses fonctions soient troublées sans que l’économie entière ne se ressente des maladies dont il peut être atteint. (V. aussi les articles Accouchement et Menstrués. )

MÉDECINE et MÉDICAMENT. Voyez tom. I , pag. 4, sous le titre : Considérations générales et essentielles sur ce qu’on appelle médicamens), remèdes , drogues > etc. ; notre opinion sur les médicamens, leurs dangers, etc.

MÉLOENA ou Maladie noire. C’est ainsi que l’on appelle très-improprement une affection des organes digestifs qui se manifeste par les symptômes suivans : les malades rendent par le vomissement plusieurs livres d’un liquide noir ; ce phénomène est précédé ou accompagné de cardialgie , d’anxiété extrême, de pâleur, de faiblesse ou de syncope , quelquefois de constipation et de refroidissement des extrémités ; souvent il y a cessation plus ou moins complète de ces symptômes , qui reparaissent dans certains cas d’une manière périodique.

Il est évident, pour quiconque a la plus petite notion de médecine, que le vomissement noir ne constitue pas et ne saurait Constituer une maladie par iui-même. On ne vomit des matières noires que parce qu’il existe quelque part un organe malade qui fournit ces matières. Cet organe malade, c’est l’estomac lui-même. La maladie dont ce viscère est atteint est une inflammation le plus souvent chronique, laquelle inflammation a altéré le tissu de l’organe , d’où il estrésulté des cancers , des ulcères et diverses autres dégénérescences , en sorte que les sécrétions habituelles sont changées, la bile est attirée avec abondance vers les parties enflammées ; il y a écoulement de sang, qui se mêle aux alimens et leur donne la couleur noire. N’est-il pas évident qu’en pareil cas les moyens curatifs con-

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sistent à calmer l'inflammation, et que s’il existe quelque es* poir de salut , ce ne peut cire que dans un traitement émollient et antiphlogistique ? Au lieu de tous ces toniques , des antivomitifs prodigués par le charlatanisme , il ne faut administrer : que des boissons émollientes, froides et même à la glace, quelquefois légèrement acidulées avec le citron ou un autre acide faible. On entretiendra les extrémités dans un état de chaleur, et l’on appliquera en même temps des compresses froides ou tout autre moyen réfrigérant sur le creux de l’estomac. Quelques sangsues appliquées à l’anus peuvent être d’un très-bon effet, ainsi que des lavemens rendus légèrement laxatifs, pour vaincre la constipation.

Mais tous ces moyens, comme on peut facilement s’en convaincre, ne parviendraient point à détruire entièrement la cause de la maladie, c’est-à-dire l’inflammation et ses ravages, si l’on n’y avait recours que pendant quelques heures. Il est évident que ce n’est que par un régime doux, léger, tel que les bouillons de poulet , de veau , le lait , les potages au maigre , en très-petite quantité et pendant fort long-temps, que l’on peut espérer de rétablir l’estomac dans son état primitif de santé.

Comme la maladie qui nousx occupe est essentiellement dé la même nature que celle que nous avons décrite ailleurs sous le nom de Gastrite 3 nous renvoyons à cet article.

MENINGITE, inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et qu’on nomme les méninges. Le traitement de la méningite étant absolument le même que celui de l’inflammation du cerveau lui-même , décrite sous le nom d 'Encéphalite , il est inutile de répéter ici ce que nous en avons dit ailleurs. ( V. Encéphalite. )

MÉNORRHAGIE ou MÉTRORRHAGÏE. Hémorrhagie utérine 5 perte. Avant Je lire cet article, il est bon de consulter celui Hémorrhagie en générât. Pendant un certain âge de la vie , et à des époques fixes, la femme est sujette à un écoulement sanguin par les organes sexuels. Ce phénomène rentre dans Tordre de la nature et ne constitue point une maladie. Mais il peut arriver que cet écoulement survienne à des époques où il n’avait pas coutume de paraître, ou qu’il soit trop abondant, soit à la suite d’un accouchement, soit sous l’influence de toute autre cause. Dans cès cas, il constitue une véritable maladie, dont nous allons nous occuper.

Des signes de la ménorrhagie ou perte sont les suivans : elle est ordinairement précédée de tension et de gonflement dans le bas-ventre; de douleurs dans le dos, dans les lombes,

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dans l’abdomen j assez semblables à celles qui se manifestent avant l’accouchement; de froid des extrémités, surtout des pieds ; de pâleur de la face , de fréquence de pouls , de chaleur vers le siège , etc. Après ces phénomènes précurseurs il se manifeste un écoulement plus ou moins abondant , continuel ou interrompu , de sang liquide ou coagulé. Si l’hémorrhagie se prolonge, il survient des défaillances et tous les accidens qui suivent ordinairement les grandes pertes de sang. L’hémorrhagie utérine est quelquefois tellement abondante qu’elle met les jours de la malade en péril en très-peu de temps ; le sang coule par flots comme à la suite d’une large blessure : c’est ce qu’on appelle perte foudroyante. Dans d’autres circonstances le sang est retenu dans la cavité de l’organe qui le fournit, sans s’écouler au-dehors : c’est ce qu’on appelle hémorrhagie interne. Les dangers , quelle que soit la cause de l’hémorrhagie , sont en raison de la quantité du sang perdu.

Les causes de la ménorrhagie sont en général toutes celles des hémorrhagies ( Y. Hémorrhagie en général) j mais il en est quelques-unes qui déterminent particulièrement l’espèce d’hémorrhagie dont nous nous occupons ici. D’abord l’utérus étant le siège d’un flux régulier de sang, il doit être plus sujet à des hémorrhagies non naturelles que tout autre organe. Ces hémorrhagies seront produites par toutes les causes stimulantes , excitantes , irritantes qui agissent directement ou indirectement sur la matrice. Ces causes sontles mêmes que celles de l'inflammation. Dans tous les cas, le sang est attiré vers le point irrité, et il en résulte tantôt une inflammation, tantôt une hémorrhagie, suivant que le sang trouve ou ne trouve pas une issue, ainsi que nous l’avons expliqué à l’article Hémorrhagie en général. Ces causes particulières, c’est-à-dire dont l’action s’exerce spécialement sur l’utérus , sont lés coups sur l’abdomen, les accès de colère, les efforts, les exercices violens, surtout pendant le temps de l’écoulement menstruel , l’avortement, l’accouchement, les altérations organiques de i’utérqs, une sensibilité excessive de cet organe, quiy fait affluer le sang avec plus d’abondance. A cet égard, on serait dans l’erreur, si l’on pensait que cette sensibilité, cette irritabilité fût plus grande chez les femmes robustes que chez celles qui sont maigres et nerveuses. Celles-ci sont en effet , toutes choses égales d’ailleurs , beaucoup plus sujettes au % pertes que les premières , parce que l’impression des causes est mieux sentie chez les femmes maigres que chez celles qui ont beaucoup d’embonpoint, et que les organes offrent dans ce cas moins de résistance à leur action. C’est un fait prouvé par l’expérience.

Traitement. Si l’hémorrb'agie est modérée, il ne faut pas se

hâter del’arrêter, car elle est quelquefois salutaire et peut prévenir l’inflammation de la matrice. Mais si elle dure long-temps ou qu’elle soit tellement abondante qu’elle fasse concevoir des craintes pour la vie de la malade, il faut se hâter d’y mettre un terme. Pour cela , on fera coucher la malade horizontalement sur un lit peu mollet et à l’air frais. On lui appliquera sur le bas-ventre des compresses imbibées d’eau très-froide , souvent renouvelées, ou, mieux encore, de la glace pilée enfermée dans une vessie; on administrera des boissons froides acidiilées ou légèrement astringentes, telles que la limonade, une décoction de racine de rathania, de chêne , de tormentille , de roses, etc. (V. Astringens, tom. I, p. i22étsuiv.) Si l’hémorrhagie est excessive, comme cela arrive quelquefois à la suite d’un accouchement, et même dans beaucoup d’autres circons tances, outre les boissons astringentes et les applications dont il vient d’être fait mention , on aura recours aux injections froides, astringentes , au tamponnement avec de la charpie imbibée d’une liqueur astringente de la nature de Celles indiquées plus haut. Quelquefois on introduit avec succès dans le vagin un. citron dépouillé de son écorce.

Mais il peut arriver que l’hémorrhagie soit tellement abondante que, lors même que l’on parviendrait à l’arrêter, il ne restât plus assez de sang pour soutenir la vie. Dans ces cas désespérés on avait essayé , le siècle dernier , de faire passer dans les Veines des malades une certaine quantité de sang pris sur une personne saine. Cette opération s’appelle transfusion. La transfusion eut d’abord peu de succès, et fut abandonnée presque dès le principe , et même défendue sous des peines sévères. De nos jours , on a fait divers essais pour réhabiliter ce genre de traitement , et le succès a souvent répondu aux espérances. On a vu des femmes qui auraient infailliblement succombé par l’effet de l’hémorrhagie survenue à la suite des couches, si l’on n’avait rallumé le feu de la vie prêt à s’éteindré , eh transvasant dans leurs veinés vides quelques onces de sang soit de leur mari, soit d’une autre personne. Nous nous abstiendrons de décrire ici cette opération, trop négligée peutêtre; car on sent que pour la pratiquer il faut nécessairement avoir recours au ministère d’un homme de l’art qui puisse juger s’il y a lieu à l’employer.

MENSTRUES. Règles , époques » flux menstruel» maladies. Tels sont les divers noms par lesquels on désigne un écoulement sanguin qui arrive chez les femmes à des époques déterminées. Dans les pays chauds, où la puberté est précoce, Ie flux menstruel par oit de meilleure heure que dans lés pairg

froids. Dans nos climats, c’est ordinairement vers l’âge de douze à quatorze ans qu’il se manifeste. Il est suspendu pendant la grossesse : chez les femmes qui allaitent , il est nul ou peu abondant. Cette fonction, suivant qu’elle s’eiécute plus ou moins régulièrement , exerce une grande influence sur la santé. Il est donc important de connaître la cause qui donne lieu à cette évacuation sanguine , pourquoi elle a lieu à l’âge de puberté plutôt que dans l’enfance ; pourquoi elle reparaît tous les mois; pourquoi elle est suspendue pendant la grossesse, pendant l’allaitement; quelles sont les causes morbides qui en déterminent la suppression , la suspension , la trop grande abondance. Nous allons examiner successivement ces diverses questions.

Tant que l’appareil génital doit rester inactif chez la femme, il ne reçoit; que la dose d’action vitale et de fluides qui est indispensable à sa nùtrition ; mais lorsqu’il a atteint le terme de son développement ou à peu prés, cette action vitale, ce sang, qui ne peuvent plus servir à l’accroissement , ont alors une autre destination. Ils doivent servir à la formation d’un nouvel être ; sinon , ce qui était destiné à l’alimenter est rejeté comme superflu jusqu’au moment où le vœu de la nature sera rempli. Ainsi tous lés mois l’utérus devient un centre d’irritation ; cette irritation y appelle plus de sang qü’il n’en peut contenir , et ce sang s’épanche au-dehors. Il s’en suit que l’aptitude à la génération doit cesser dès que la femme n’est plus sujette à cette évacuation périodique, et c’est ce qui a lieu. La menstruation cesse ordinairement vers l’âge de quarante-cinq ans dans nos climats , quelquefois plus tôt , quelquefois plus tard, suivant que la première apparition a été plus ou moins précoce.

L’imminence de l’écoulement menstruel est annoncée par des douleurs dans les lombes, par des lassitudes dans les jambes chez quelques femmes, par des coliques fréquentes, plus ou moins vives , par la sensation d’un poids vers le bas- ventre. Quelquefois des taches rouges paraissent au visage , dont l’ensemble présente une physionomie particulière facile à reconnaître par une personne exercée. Bientôt commence à couler Un sang pur et vermeil, tantôt limpide, tantôt , mais rarement , pris en caillot. Dans l’état de santé parfaite, l’écoulement dure de trois à huit jours; il est généralement accompagné d’une sorte de langueur de toute l’économie.

Ces symptômes qui dans l’état sain se renouvellent tous les mois lunaires , lorsque la menstruation est bien établie , sont à peu de chose près les mêmes quand les règles se manifestent pour la première fois chez les jeunes filles. Cette époque

est accompagnée chez elles de changemens remarquables. Les traits du visage, les formes du corps se dessinent avec grâce, les seins commencent â se développer, les joues se colorent du rouge de la pudeur , et les yeux se couvrent tantôt d’une douce langueur, et tantôt étincèlent de feux jusqu’alors inconnus. En même temps de nouveaux goûts , de nouveaux désirs se manifestent; peu à peu les jeux de l’enfance sont oubliés et remplacés par ces désirs vagues et obscurs , cette inquiétude , cet amour de la solitude , ces soupirs , cette rêverie, cette tristeste, ces mouvemens d’impatience, enfin par tout ce qui annonce que la jeune fille entre dans une vie nouvelle.

Ces changemens s’opèrent assez ordinairement sans danger pour la santé de la femme; mais il peut arriver que les règles' s’établissent avec difficulté, et dans ce cas la santé est plus ou moins troublée. Les moyens que l’on doit alors mettre en usage sont ceux qui sont propres à diriger le sang vers l’utérus. Tels sont l’entretien de la chaleur des cuisses et du bassin , à l’aide de vêtemens de laine, les frictions sur les cuisses , l’exposition des organes sexuels à la vapeur d’eau chaude; les fomentations^ sur le bas-ventre , les bains de siège chauds , les exercices corporels , et surtout l’équitation et la danse. L’action du fluide électrique sur les organes sexuels est peut-être le meilleur moyen pour déterminer l’évacuation menstruelle; du moins je l’ai employé très-souvent , et presque toujours avec un plein succès.

Lorsque la menstruation est ensuite bien établie, la femme doit, pendant les jours où l’écoulement existe, éviter tout ce. qui pourrait tendre à le supprimer, comme le froid , l’immersion des pieds dans l’eau, les impressions morales tant agréables que désagréables, parce que ces causes reportent presque toujours l’excitation vitale sur d’autres organes , et que cette excitation y appelle le sang, le détourne en conséquence de son siège naturel, et la suppression des menstrues a lieu.

Ce que nous venons de dire rela ti vement aux moyens à mettre en usage pour déterminer la première menstruation lorsqu’elle est difficile, est également applicable à toutes les époques de la vie de la femme où cette fonction éprouverait des retards , des diminutions ou des suppressions. Attirer le sang vers les organes sexuels par lés moyens qui viennent d’être indiqués, traiter en même temps la maladie qui donne lieu à la suppression , tel est le principe qui doit servir de direction. A cet égard il est bon d’être prévenu contre une erreur généralement répandue. Les femmes croient presque toutes que quand leurs règles sont supprimées ou retardées il n’y a qu’à prendre cer*

tains médicamens connus sous le nom d ’emménagogues , qui passent pour jouir de la propriété de les rappeler. Mais quand on sait que dans le plus grand nombre des cas les menstrues ne s’arrêtent que parce qu’il existe ailleurs un foyer d’irritation , soit dans les poumons , soit dans l’estomac , le foie , etc. , il est évident que pour rétablir les choses dans leur état naturel, il faut d’abord calmer cette irritation ou cette inflammation. Ainsi quand une femme est atteinte de gastrite , d’inflammation de poitrine, de péritonite, etc., ordinairement ses règles se suppriment. Il faut alors traiter la gastrite , l’inflammation de poitrine comme dans les cas ordinaires , en cherchant néanmoins à rappeler le sang vers l’utérus, non par des moyens violens et excitans, mais par les saignées locales, les bains de siège , etc.

On n’a donc pas mal à la tête, à la poitrine, aux reins, à l’estomac, etc. , parce que les règles n’ont pas paru comme elles avaient coutume de le faire; mais l’écoulement périodique a été supprimé, diminué ou retardé, parce que le sang a été appelé vers un autre point; or il n’a été appelé vers un autre point que parce que l’irritation ou l’inflammation l’y ont attiré : la véritable maladie n’est donc pas la suppression elle-même , mais elle est le signe de l’existence d’une autre affection. Rendons cette théorie sensible par un exemple.

Une femme va au bat pendant la saison froide ; la danse et la température de l’appartement activent chez elle la circulation du sang, la respiration , la transpiration cutanée. Si elle se retire avant que ce surcroît de chaleur et de vitalité ne se soit dissipé par le repos et le calme , l’air froid qu’elle respire tout à coup entre dans ses poumons échauffés, y développe une irritation qui peut être assez violente pour déterminer une suppression', si elle se trouve à l’époque des règles. Eh bien ! dans ce cas pris entre- mille , la suppression du flux menstruel est-elle cause du rhume, du catarrhe , ou peut-être même de lafluxion de poitrine survenue dans ces circonstances? Il est évident au contraire que cette suppression n’a eu lieu que parce que le sang a été détourné de son cours naturel sous l’influence de l’irritation dont les poumons sont devenus le siège. Ce que nous disons'relativement. aux poumons* doit s’appliquer à tous les autres organes, en sorte que quand une femme est mal réglée , on doit toujours soupçonner qu’il existe un point d’irritation v quelque part, et il faut s’assurer du siège de cette irritation pour la combattre. Puisqu’il en est ainsi , je le demande, quelle.confiance pourrait-on accorder a ces médicamens dont nous avons déjà parlé, je veux dire les emménagogues ? Toutes les substances connues sous ce nom

étant prises dans la classe des plus forts stimulons , elles doivent échauffer , stimuler, exciter , irriter des organes qui le sont déjà trop , et surtout si , comme c’est le cas le plus fréquent , le canal intestinal est lui-même le siège de l’irritation. Que peuvent faire ces médicamens incendiaires autre chose que fixer sur ces parties l’inflammation , qu’un régime doux végétal, lacté, et des boissons émollientes auraient infailliblement apaisée après un temps plus ou moins long. Ces idées sont simples et faciles à comprendre. Mais non : le vulgaire (et j’entends ici tous ceux qui sont étrangers à la médecine) ne voit jamais que les symptômes des maladies sans pénétrer jusques aux causes, et c’est toujours contre ces symptômes qu’il s’imagine que le traitement curatif doive être dirigé. Dans le cas qui nous occupe , voici comment on pose ordinairement la question : La suppression du flux menstruel étant donnée , quels sont les médicamens propres à rappeler le sang ? Ainsi établie, la question est non-seulement absurde, mais les conséquences que l’on en déduit sont extrêmement dangereuses. En effet, comme on ne voit que la suppression, en se figure qu’il existe dans les pharmacies des remèdes propres à la faire cesser, et vite on se gorge de safran, de fer, de sabine et de mille autres prétendus emménagogues ou remèdes pour les règles. Qu’en résulte-t-il ? Que l’on a ajouté irritation à irritation , et que dans la plupart des cas , non-seulement les règles ne reparaissent pas, mais encore que l’on a considérablement aidé au développement de l’état inflammatoire, qui est la véritable cause de la suppression.

J’insiste à dessein sur ce point, parce que je le regarde comme essentiel ; parce, que rien n’est plus répandu chez les femmes que les erreurs de ce genre; parce que les médecins eux-mêmes ne les ont que trop souvent propagées.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur l’abus des emménagogues , mais je renvoie le lecteur à l’article où il en est parlé spécialement. (V. tom. I, pag. et suiv.)

Le flux menstruel n’est pas seulement sujet à être supprimé , retardé ou diminué sous l’influence des causes dont nous avons parlé précédemment, mais il peût encore n’être pas renfermé dans ses bornes naturelles, et constituer une hémorrhagie plus ou moins dangereuse, suivant la quantité de sang qui est répandu, C’est cette hémorrhagie qu’on appe)lf vulgairement perte ou ménorr/iagie. Comme cette maladie a été traitée dans un autre article , nous y renvoyons le lecteur. (V. Ménorrhagie. ) Nous renvoyons aussi à l’article AmenorànÉE pour de plus amples détails sur la suppression ou interruption des règles , et sur le traitement qu’il convient d’em-

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