‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 64 sur 106 · M0E III · texte numérisé non relu

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nite 3 du mot latin spina, épine. Cette inflammation peut être comme toutes les autres , aiguë ou chronique.

Symptômes. Ils présentent quelques variétés; mais en général on rencontre les suivans : si l’inflammation existe précisément dans la moëlle elle-même , et non dans le canal osseux qui la protège , on éprouve une douleur aiguë et profonde accompagnée d’un sentiment de' chaleur âcre dans l’épine du dos. Souvent elle est exaspérée par les mouvemens et surtout par le decubitus prolongé sur le dos; jamais elle n’est rendue plus aiguë par la pression. A la douleur dorsale qui ne peut exister que dans une partie de la colonne vertébrale , se joint un état de torpeur accompagné de fourmillemens incommodes dans les extrémités inférieures, et quelquefois aussi dans les supérieures. Cette torpeur est d’autant plus prononcée , que la marche de l'inflammation est plus rapide. Il n’est pas rare que les matières fécales et les urines s’échappent involontairement, ou qu’il y ait constipation et rétention d’urine.'

Dans quelques circonstances , les membres sont affectés de convulsions plus ou moins prolongées auxquelles succède la paralysie. Quelquefois ils offrent une contraction permanente, douloureuse; d’autres fois ils sont flasques, sans nulle rigidité. Lorsque la paralysie survient * elle suit tantôt une marche de bas en haut, c’est-à-dire qu’elle affecte d’abord les membres inférieurs, et qu’elle gagne successivement les parties supérieures du tronc , les bras et les muscles de la poitrine, en sorte que la respiration ne pouvant plus s’exécuter, le malade meurt asphyxié; tantôt, mais beaucoup plus rarement, la paralysie marche en sens inverse et se propage de haut en bas. Dans certains cas plus rares encore , la paralysie du mouvement existe seule, et les membres p rivés de mo u y e ment conservent leur sensibilité, où bien la Sensibilité est abolie et la faculté-locomotrice persévère. Assez souvent la paralysie se manifeste d’abord dans un seul qÔté du Corps,, puis dânV tés deux côtés à la fois. - . v ’

Lorsque llnflammatièn est parvenuè à un haut degré d’intensité, il se joint quelquefois d’autres symptômes à ceûX énoncés ; ainsi on voit des spasmes semblables1 an tétanos (V. ce met), le serrement des mâchoires., la perte de la voix* la déglutition plus où 'moins difficile, une difficulté extrême de respirer. Au milieu de cës désordres du mouvement et de la faculté séntantè, les fonctions intellectuelles conservent presque toujours leur intégrité ; cependant si l’inflammation gagne le cerveau ou ses enveloppés, les yeux deviennent très-sensibles à la lumière , l’oreille aux sons , et l’on peut avoir tout lé cortège des symptômes de l’inflammation cérébrale que uotrs

âvwis décrite' ailleurs sous le uom d^enoêphaltté (V, ce mot'). Mais , je le répète, cette coïncidence est rare.

L’inflammation de la^moelle peut avoir son siège dans toute l’étendue de cet organe ou dans une portion seulement. Ce dernier cas est incomparablement plus commun que le premier. Il est possible d’assigner très- approximativement le point où l’inflammation réside, et cette connaissance estd’unë grande importance pour la pratique. Si c’est immédiatement à l’endroît où la moelle sort du cerveau , celui* ci participera à l’inflammation , et il y aura alors trouble des sens, délire furieux, construction des mâchoires, grincement dés dents, déglutition difficile, perte de la parole, respiration haletante, pénible, voxnissemens, paralysie de tous les membres ; ce cas est très-grave. L’inflammation occupe-t-elle une des parties de la moelle situées vers la région du cou ou des épaules; la douleur correspondant à ce point est déjà un indice assez positif de son siège ; mais on observe en outre de la rigidité dans les muscles. du cou , de même que dans les bras, qui sont de tëmpscen temps agités par des mouvemens convulsifs et quelquefois, paralysés ; on ressent dans ces membres des four miilemens et même des picottemens douloureux à l’extrémité des doigts* La respiration est par fois laborieuse et très-pénible.

Si la çaqelle épinière est enflammée vers un des points correspondans à la région des lombes, on observe plus particulièrement .des .fpurmillemens , les mouvemens convulsifs, la paralysie des , membres inférieurs , une douleur profonde dans la région lombaire, quelquefois la rétention ou l’expulsion involontairg de l’urine et des excrémens. La réunion de ces symptôme est plus ou moins complète, suivant Fétëndue et l’intensité deî’inflammation .

Tels: sont ordinairement les signes auxquels on peut reconnaître, l’inflammation aigqë. de la moelle épinière. Il n’en est pasdout-àr.fait de. même quand elle est chronique ou lente. C’est à cette inflammation lente ou chronique que l’on donne les noms de consomption dorsale, de phthisie dorsale, de tabes <ïgçs.al:is. Elle ne donne alors lieu à. aucun sentiment douloujeu&?> du mpins les douleurs ne. sont pas habituelles; elles ne spot .ressenties^qûë par intervalles”, et ces intervalles sont quelquefois de plusieurs jours, de plusieurs semaines, et même de plusieurs mois. La paralysie plus ou moins complète des membres , le trouble des fonctions de,la vessie, la rétention ou Fé- .missîon' volontaire des matières fécales,- sont les accidens qui peuvent faire soupçonner cette inflammation. Cette maladie est très-obscure à son début , et les accidens précités se manifestent graduellement; on n’éprouye d’abord que des douleurs

sourdes , obscures , une faiblesse générale, une disposition à la paresse, etc. , quelquefois un sentiment de chaleur et de malaise dans l’épine du dos. De temps en temps les doùleurs s’exaspèrent et tourmentent le malade d’une manière si horrible , qu’elles lui font ardemment souhaiter la mort.

Les progrès de l’inflammation aiguë de la moelle épinière sont quelquefois si rapides, que le malade succombe au bout de très-peu de jours. Mais quand l’inflammation est chronique, ce qui est le cas le plus ordinaire, il est difficile d’en assigner le terme. Je connais actuellement une personne qui en est' atteinte depuis dix-huit ans.

Mais il arrive très-souvent que des affections chroniques que l’on attribue à la moelle épinière ne sont d’abord que des maladies des parties soit molles, soit osseuses, qui l’enveloppent de toute? parts. C’est ainsi que la carie des vertèbres produit de9 phénomènes assez semblables à ceux qui viennent d’être énumérés , et l’an conçoit en effet qu’il n’est ,pas possible que les os de la colonne vertébrale se tuméfient, se carient, s’altèrent de quelque manière que ce soit , sans que la moelle épinière qu’ils renferment ne soit ou comprimée , ou que l’inflammation qui détermine la carie de l’os n’envahisse tôt ou tard la moelle elle-même. Quand la maladie a fait ces progrès, on voit se développer les symptômes des maladies de là moelle , tantôt lentement, tantôt d’une manière brusque ; mais le plus souvent le malade a déjà ressenti dans quelques points de la colonne de la chaleur, de la douleur et d’autres signes qui annoncent un travail sourd et lent, mais qui devient plus sensible lorsqu’il a gagné la moelle; alors se manifestent dans les membres la plupart des signes dont nous avons fait mention plus haut.

Causes. Il est assez rare que l’inflammation de la moelle épinière provienne d’une cause purement interne, mais les causes externes en sont l’occasion la plus fréquente. Tels sont les efforts pour soulever un fardeau, pour tirer à soi un corps qui offre de la résistance, surtout si cet effort se fait de bas, en haut et le dos courbé, les coups, les chutes sur l’épine doiv sale , les altérations des os des vertèbres, altérations qui peuvent dépendre fd’une violence extérieure, d’une constitution scrophuteüse, rachitique (car on sait que les scrophuleux sont très-sujets à la carie des os) , en un mot toutes les causes mécaniques qui agissent sur la colonne vertébrale.

Le traitement de l’inflammation aiguë doit être des plus énergiques, à cause de la gravité et des progrès rapides dé cette maladie. On pratiquera donc hardiment des saignées générales, et l’on appliquera les sangsues en grand nombre sur le trajet

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de l’épine et particulièrement sur le point douloureux. A ces deux moyens , dont l’usage devra être plus ou moins répété , on joindra l’emploi des bains tièdes long-temps prolongés, et disposés de manière à pouvoir y placer le malade sans imprimer de mouvemens au tronc ; une diète sévère et des boissons délayantes, telles que les limonades de citron, d’orange, de groseilles, etc., etc. On peut aussi employer avec succès les ventouses scarifiées le long de l’épine , et surtout dans le voisinage du siège de la maladie.

Si les voies digestives sont en bon état, on pourra donner quelques purgatifs.

Après les déplétions sanguines , on pourra obtenir de bons effets de l’usage des vésicatoires sur le trajet de l’épine.

Si après avoir employé ces différens moyens, il reste encore un peu de douleur locale , on devra retourner de temps en temps ù l’application des sangsues sur le siège de l’affection.

Les douleurs que les malades ressentent dans les membres ne doivent pas être prises en considération dans le traitement; Car cès douleurs dépendent essentiellement de l'inflammation, de la moelle, d’où naissent les nerfs qui së distribuent aux membres , et qui en sont pour ainsi dire le véhicule. Rien n’est aussi absurde, en pareils cas, que de faire des frictions de quinquina, de baumes de toute espèce, d’alcali volatil, etc., sur lés bras et les jambes pour apaiser ces douleurs. Il faut s’occuper d’éteindre le foyer inflammatoire dont le siège est dans là moelle épinière, et quand on aura atteint es but, la guérison sera complète sur tous les points.

; Les moyens précédées sont ceux dont l’usage est avantageux quand la maladie est à l’état aigu ; mais ils doivent sabir quelques modifications lorsqu’eîleiest à l’état chronique, soit qu’elle soit survenue d’une manière lente , lourde et presque insensible, soit qu’elle ait succédé à l’inflammation aigue.

Cet état de chronicité est très-souvent accompagné de diverses espèces de désorganisations qui sont autant de résultats de l’inflammation qui les a précédées. Ces désordres organiques sont principalement l’atrophie des parties affectées ; le gonflement et ensuite la carie dès vertèbres, qui entraîne quelquefois avec elle les déviations' de la colonne , soit la gibbosité, puis les résultats de ces diverses altérations , quand elles interessent profondément le tissu de la moelle épinière, soit la paralysie plus ou moins complète et plus ou moins générale des membres , la maigreur universelle et tous les caractères de ce qu’on nomme consomption ou phthisie dorsale. Si ces a tératiôns n’ont pas encore intéressé profondément les tissus de la moelle ? ces phénomènes sont moins prononcés, et ils

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ne se manifestent qu’à la longue et à mesure que la maladie fait des progrès,

U est bien évident que la médecine doit offrir bien peu de ressources lorsque les désorganisations que je viens de signaler existent. Cependant plusieurs exemples prouvent que ces désorganisations se sont quelquefois bornées soit d’elles-mêmes, soit sous l’influence d’un traitement méthodique. Ce traitement consiste principalement dans les douches d’eau salée , sulfureuse, ou même d’eau pure , à la température de 5o° à 4o0 de Réaumur. Oh en continue l’emploi tous les fours ou tous les deux jours , pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois. L’usage des ventouses scarifiées ou des sangsues peut beaucoup seconder les effets salutaires des douches; leur nombre ét la fréquence de leur usage doit être proportionnée â la constitution des malades. Après cés moyens ôn recommandera les frictions irritantes sur Tépîne du dos, capables de déterminer la rubéfaction et la vésication dé la peau , afin d’opérer par ce moyen une révulsion favorable , c’est-à-dire de déplacer l’irritation qui a soh siège sur la moelle épinière ou sur les Vertèbres;, et de Ta trahsjmrter sur la peau. A cet effet nous conseillons comme moyen commode et 'sou^ébt efficace rusage de là- pommadé faite avec la graissé de porc et l’ammoniaquê, dont la préparation estindiquée tom . î, pàg. i85 ci suiv. Il suffit d’en étendre une légère- couché sûr une bande de linge de la largeur de trois ou 'quatre pouces , que l’on place sur l’épine du dos; on renouvelle la pommade jusqu’à ce que là vésication soit produite, ensuite on entretient cetteirritâtion externe par une moindre quantité de la même pommade , que l’on incorpore avec un peu de bebrrc frais ou de cérat , si elle est trop irritante. II importe dé l’entretenir fort longtemps, car ce n’est qu’à la longue , après plusieurs mois et même -des années , qu’on peut espéi’ér d’obtenir des suécès; On peut empêcher que le linge ne s’attache a eette espèce de plaie, en adaptant le long de l’épine fine pièce de taffetas gommé. Enfin on tentera l’usage des moxa; mais plus particulièrement celui de quelque? cautères sur l’épine du dos ; et nous devons dire que ce dernier moyen , quelque désagréable qu’il puisse être, est un de ceux sur l’action desquels on doit le plus compter , surtout s’il y a gonflement , carie des vertébrés, disposition à la gibbosité. Je ne pense pas devoir décrire ici la manière d’employer les moxa, les' cautères, les veiitouses, les vésicatoires et les autres irritans extérieurs ; j’èn ai parlé ailleurs, et j’engage le lecteur à consulter ce qui a été dit soit sur leur action , soit sur la manière de s’en servir. (V. tom. J , pag. 91 et suiv. )

L’équitatioiiyle saut, la danse, en un mot tous les exercices Tiolens qui peurent secouer la colonne vertébrale ou lui faire faire trop de mouvemens ne sauraient convenir aux personnes affectées du genre de maladie dont nous nous occupons ici. Au reste le malade est assez averti de la nécessité de ce précepte par les douleurs qui sont presque toujours exaspérées par le mouvement.

Quand, après ayoir tenté tous les moyens indiqués par l’ex/ périence et dirigés par une maiu judicieuse , la maladie n’a point, été arrêtée dans samarche, quand elle dure depuis un grand nombre d’années et qu’il est évident qu’il existe des altérations irrémédiables , si le malade ne sent que peu de douleurs, il ne faut plus le fatiguer ni le faire souffrir par une médicatipn^dont l’inutilité est démontrée. Il se contentera alors d’éviter les mouvemens qui pourraient exaspérer son mal , et de suivre un régime modéré. Mais s’il est en proie à des douleurs vives , quelquefois. atroces , il est de l’humanité de; chercher à vendre ces. douleurs plus supportables par l’usage de quelques narcotiques., et surtout de l’opium. Je m’empresse de dire que je ne regarde point l’opium comme propre à amender l’état de ces, malades , mais je suppose : le cas trop fréquent, où tout a été essayé pendant long-temps, où, la guérison est démontrée impossible; alors , je le repète , l’humanité permet^ commande de chercher à endormir la douleur, en administrant de temps en temps avec prudence, quelque préparation opiacée. (Voyez, pour ce qui concerne l’emploi de l’opium , tom. I, pag. 5*a. ) . ;

MORSURE DÉS ÂNIMAUX, ENRAGÉS. Lorsqu’une personne a été mordue par un animal enragé , il faut la secourir immédiatement après l’accident, car si l’on attendait trop longtemps, le vicus, aurait été entraîné dans la circulation du sang, et les-jsecours de Fart .pourraient devenir inutiles; à plus forte raison si l’on attendait que les phénomènes de la rage se fussent développés.

. Quoiqu’il soit bien démontré que certains animaux, particulièrement . les. ; chiens ,, les loups, les renards, et même l’homme , peuvent devenir enragés spontanément et sans avoir été mordus , cependant il faut convenir que ces cas sont trèsrares, , et que presque toujours la rage est communiquée par la morsure d’un animal qui en est affecté. Elle peut encore être déterminée par l’application de la salive ou de la bave d’un animal enragé sur une surface muqueuse ou sur une plaie.

Comme le chien est l’animal chez lequel on observe le plus souvent cette affreuse maladie, oous aRons indiquer les signes

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auxquels on peut reconnaître qu’il est enragé, afin que l’on puisse se mettre en garde contre cet animal. Le chien qui commence à être enragé est malade , languissant , plus triste qu’à l’ordinaire; il aime l’obscurité ; il n’aboie plus , mais il grogne sans cesse contre les étrangers et sans cause apparente; il refuse les alimens et les boissons; sa démarche est vacillante et semblable à celle d’un homme ivre. Au bout de deux ou trois jours il fuit de tous côtés; son poil est hérissé, ses yeux sont hagards, fixes, brillans; la tête est basse, la gueule béante et pleine d’une bave écumeuse, la langue pendante, la queue serrée; il a horreur de l’eau; la vue de ce liquide semble même redoubler ses maux; il éprouve de temps à autre des accès de fureur, et il cherche à mordre tous les êtres animés qui se présentent , sans en excepter son maître. La lumière, les couleurs vives, la vue d’une glace ou d’un autre corps poli et brillant augmentent également sa fureur. Lorsque la rage est arrivée à ce degré, l’animal ne vit plus que deux ou trois jours au plûs , et meurt dans les convulsions.

On doitse hâter de l’enterrer, de peur que son cadavre ne soit mangé par des animaux qui pourraient devenir eux-mèmes enragés.

Une personne mordue par un animal enragé n’éprouve guère les symptômes de la rage avant le trentième ou le quarantième jour ; mais c’est immédiatement après l’accident qu’il faut la secourir. Il serait à désirer à cet égard que tout le monde eût une connaissance parfaite des moyens à mettre en usage aussitôt après la morsure, parce que si leur emploi était assez prompt , et que chacun pût y avoir recours instantanément, il est certain que l’on préviendrait toujours le développement de la rage.

Lors donc qu’une personne aura été mordue par un animal enragé ou soupçonné tel, on doit lui faire quitter l’habillement qui aurait été traversé par les dents de l’animal enragé, et par conséquent empreint de sa bave ; appliquer promptement une ligature médiocrement serrée au-dessus de la plaie (si toutefois elle a été faite sur un bras ou une jambe) , élargir celle-ci pour la faire saigner, et la bassiner ensuite avec de l’eau salée, ou même avec sa propre urine. Mais si l’on pouvait se procurer du chlore ou du chlorure , soit de chaux, soit dj soude, on serait eneore bien plus assuré d’un résultat satisfaisant. Cette substance jouit, comme on sait, de la propriété de désinfecter l’air chargé de miasmes délétères , ainsi que les matières animales et végétales en putréfaction. Elle possède la propriété de déeomposep sur-le-champ la plupart des virus qui peuvent in fedter Péconoipie animal*. Ainsi, en l’appliquant

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de bonne heure sur les plaies faites par les animaux venimeux et enragés avant que ce virus ait été absorbé , il est hors de doute que ce virus sera détruit. Le chlorure de chaux et de soude s’emploie en dissolution dans l’eau ; et, dans le cas qui nous occupe, on ne doit pas craindre de rendre cette dissolution trop concentrée. J’ai déjà écrit quelque part, mais je le répète encore ici , que l’autorité publique devrait faire en sorte que l’on pût trouver constamment cette préparation dans toutes les communes chez MM. les maires, les pasteurs , les pharmaciens et dans toutes les hôtelleries qui se trouvent placées sur les routes. Le chlorure de chaux se vend à très-bas prix ; et , dans toutes les hypothèses possibles , cette dépense n’excéderait pas trois francs par année pour chaque commune , et l’on aurait toujours sous la main un secours efficace contre la morsure et la piqûre des animaux venimeux et enragés. Ajoutez à cela que les chlorures servent à désinfecter les fosses d’aisance, les égouts, les, chambres des malades^ les cadavres , lés tombeaux , etc. , et à prévenir en conséquence les maladies qui résultent des émanations produites dans Ces circonstances. A défaut de chlorure^, on pourrait employer l’eau de javelle. Quand la plaie aura été bien bassinée et . lavée avec un des liquides ci-dessus, désignés, onia cautérisera profôndémént avec un fer chaud, ou avec la pierre infernale, ou avéc un acide caustique tels que l’huile de vitriol (acide sulfurique), l’eau forte ( acide nitrique) , ou , mieux encore , avéc le beurre d’antimoine. Ce dernier caustique , qui doit être préféré à tous les autres, s’applique de la manière suivante : on attache un pinceau de charpie à l’extrémité d’un petit morceau dé bois ; on le trempe ensuite dans le beurré d’antimoine, et on l’applique à plusieurs reprises sur toute la surface de la plaie, en faisant ett sorte que la cautérisation atteigne jusqu’à son fond. On recouvre ensuite l’escàrre avec un tampon de charpie , que l’on soutient au moyen d’un bandage.

L’huile de vitriol et l’eau forte s’emploient de la même manière.

Si la plaie se trouvait sur une partie commode pour recevoir une ventouse, on en ferait l’application avant dp cautériser, afin de la faire saigner plus abondamment, et d’entraîner ainsi le virus au dehors. On bassiné ensuite, comme nous: l’avons indiqué , et l’on cautérise.

Lorsque l’escarre est tombée , on entretient la suppuration pendant quarante ou cinquante jours, A cet effet on met dans la plaie un pois ou une fève ou un morceau d’iris , et l’on panse de teinps en temps avec la pommade épispastique indiquée tom. ï , pag. i86. Quand la morsure est 4 .1a tête ou sur tout

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àutre partie couverte de poils, il faut les raser d’abord * puis se conduire pour tout le reste comme on vient de l’indiquer précédemment.

Si ce sont les lèvres ou les joues qui aient été mordues , la plaie doit être brûlée profondément , et l’on doit entretenir long-temps la suppuration. Il est inutile de répéter que, quel que soit le siège de la plaie, on doit toujours faire précéder la cautérisation par leslotions convenables; cardans un très-grand nombre de cas ces lotions , et surtout celles de chlore ou de ses préparations, suffiront pour décomposer le virus et prévenir, le développement de la rage, si elles ont été employés de bonne heure, et la cautérisation n’est conseillée dans ces cas que comme surcroît de sûreté. Mais comme il est ici question de prévenir une maladie des plus horribles, ce surcroît de prudence ne doit jamais être négligé.

Aprèsr avoir pris toutes Cés précautions , on conseille encore aux personnes qui ont été mordues de se soumettre à- un traitement interne qui a principalement pour but de favoriser la transpiration. A cet effet on fera prendre à la personne qui aura été mordue un Verre d’eau de sureau ou de fleurs d’oranger, dans lequel on versera six^ou huit gouttes d’alcali volatil. La personne sera placée dans un lit bien couvert, et on renouvellera la boisson cinq ou six fois dans la journée. Dans le nord de l’Europe on vante beaucoup les bons effets dû genêt comme traitement préservatif de la rage. Comme ce moyen nous paraît être exempt d’inconvénienS , nous n’én voyons pas non plus à en conseiller l’usage. On prépare une décoction avec la seconde écorce et les sommités de cette plante , et on l’administre en gargarismes et en tisanes pendant dix ou quinze jours. Mais il ne faut pas donner à ces moyens accessoires une confiance assez aveugle pour faire négliger les premiers que nous avons indiqués, ët qui sontles seuls essentiels. Comme il importe de les avoir bien présens à la mémoire, afin d’y avoir recours sur-le-champ lorsque la circonstance l’exige , noüs allons les remettre en peu de mots sous lés yeux du lecteur. Il faut donc, aussitôt qu’il sera possible ,

i° Faire saigner la plaie après la morsure, et même appliquer à cet effet une ligature àu-dessus du point mordu ;

2° La bassiner avec de l’eau salée, de l’eau de javelle , de l’urine , et de préférence avec de l’eau de chlore ou "une dissolution de chlorure soit de chaux, soit de soude. On doit regarder ce dernier moyen comme un véritable préservatif;

3° Cautériser la plaie avec le fer rouge, la pierre infernale, un acide caustique, et de préférence avec le beurre d’antimoine si l’on peut s’en procurer assez promptement.

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Quand ces trois moyens ont été employés, on doit être tranquille sur les résultats; et je dois ajouter qu’on devrait encore être sans inquiétude lors même que l’on n’aurait pu y avoir recours que vingt-quatre ou quarante-huit heures après l’accident; mais il serait plus que téméraire de différer jusqu’à eette époque quand on n’y serait pas forcé par la nécessité.

Au moment où je termine cet article , je lis dans un recueil de médecine qu’en Angleterre on vient de se servir avec succès de la poudre à canon pour cautériser la plaie. Après les préparatifs convenables, on met sur la plaie autant de poudre qu’il en faudrait pour amorcer un fusil, et l’on y met le feu; je pense que ce moyen n’est pas à dédaigner, vu qu’il doit avoir l’avantage d’opérer la cautérisation avec une grande promptitude et jusqu’au fond de la plaie.

MORSURE ET PIQURE DES ANIMAUX VENIMEUX. Il est plusieurs espèces d’animaux dont la morsure ou la piqûre peuvent donner lieu à des accidens plus ou moins graves. Parmi ces animaux on cite principalement la vipère, le serpent à sonnettes, quelques autres espèces de serpens, tels que le rodroo parti et le gedi pavagoodoo des Indiens, le scorpion, la guêpe, l’abeille, le cousin, certaines araignées et quelques autres insectes.

De toutes ces morsures ou piqûres , celle de la vipère et des serpens que nous avons nommés est sans contredit la plus dangereuse. La piqûre du scorpion est rarement dangereuse en Europe, et n’occasione d’accidens graves que dans les pays méridionaux, où durent les fortes chaleurs de l’été. En général la piqûre des guêpes , des abeilles , des araignées , des cousins, etc., n’ocasione dans nos climats qu’un^édouleur plus ou moins vive, du gonflement et quelquefois un‘.peu defièvre. Cependant , si ces piqûres étaient très-nombreuses , les accidens pourraient être plus graves, et l’on a même yu la mort en être la suite.

Quand une personne a, été mordue par une vipère ou par un autre serpent venimeux, si elle n’est pas secourue promptement, elle éprouve, en général . les effets suiyans : douleur aigue dans la partie, blessée , qui se propage bientôt à tout le membre; enflure pâle, puis rougeâtre, puis livide, bornée d’abord , mais s’étendant ensuite et gagnant peu à peu les parties voisines; défaillances, nausées, vomissemqus opiniâtres, mouvemens convulsifs, respiration difficile, sueui’s froides , pouls petit, irrégulier, trouble des facultés intellectuelles; Quand ces différens symptômes sont parvenus à leur dernier degré d’intensité, la suppuration s’établit dans la partie blessee.

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tout rentre ensuite peu à peu dans l’état naturel , et le malade est sauvé; mais si les symptômes sont très-violens , et surtout si l’enflure et l’abcès qui en résultent sont considérables , la

mort est presque certaine.

Traitement. Il doit être prompt et.instantanè s’il est possible. Il est préservatif et curatif. Le traitement préservatif , celui qui a pour but de prévenir les effets de la morsure, est à peu près le même que celui que nous avons indiqué pour la morsure des animaux enragés. Il consiste donc :

i° A placer unè ligature médiocrement serrée au-dessus de la plaie , pour la faire saigner et empêcher ainsi l’introduction du virus dans la circulation du sang ;

a° A bassiner avec de l’eau ordinaire , mais de préférence avec le chlore étendu d’eau. ou une dissolution de chlorure ^oit de chaux , soit de soude ;

3° A cautériser la plaie. (Voyez , pour la manière d’employer ces moyens , ce qui a été dit dans l’article précédent, Morsure

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