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DES ANIMAUX ENRAGES

La cautérisation étant achevée, on applique sur les parties engorgées et voisines de la plaie un mélange composé de deux parties d’huile et d’une d’alcali volatil, et lorsque les principaux accidens sont apaisés, on remplace ce mélange par des compresses imbibées d’huile. Enfin, quand la plaie n’offre plus rien d’alarmant, on panse avec de la charpie comme dans les cas de plaies ordinaires.

Le traitement intérieur doit avoir pour but de favoriser la transpiration^ A cet effet on fera mettre le malade au lit immédiatement après l’accident, et on lui administrera un verre de tisane tiède de sureau ou de fleurs d’oranger, avec addition de quatre ou cinq gouttes d’alcali volatil, et on renouvellera cette boisson sept ou huit fois pendant les premières vingt-quatre heures. Cependant s’il y avait de la fièvre, on devrait s’abstenir de cesboissons stimulantes et les remplacer par l’eau sucrée ou toute autre boisson émolliente. Pour la même raison le malade devra être mis à une diète absolue. Dans le cas où la piqûre n’aurait déterminé qu’une enflure peu considérable, et qù’il n’en serait résulté ni défaillances, ni envies de vomir, on Se contenterait d’écarter les bords de la plaie pour y instiller quelques gouttes d’alcali volatil. On la recouvrirait ensuite avec une compresse imbibée de ce liquide étendu de moitié d’eau , on frotterait de temps en temps le membre avec de l’huile tiède, et l’o'n administrerait la boisson indiquée plus haut.

On a beaucoup vanté l’usage de l’arsenic dans les cas où la morsure de serpent aurait donné lieu à des accidens graves , et de nombreuses observations semblent justifier l’utilité de ce

médicament en pareilles circonstances, Voici la manière de l’administrer :

P. 1 grain d’arsenic blanc,

1 grain de potasse,

Faites bouillir pendant un quart d’heure dans trois cuillerées d’eau ; laissez refroidir, et ajoutez :

i once et 1/2 d’eau de menthe poivrée, îo gouttes de teinture d’opium, j/2 onces de jus de citron.

On donne cette potion en une fois , et si la maladie est grave on la repète toutes les heures pendant trois ou quatre heures. On fait prendre un lavement, et l’on frotte les parties souffrantes avec un Uniment. composé d’une once et demie d’huile d’olives, d’une demi-once d’huile de térébenthine qt d’une demi-once d’alcali volatil.

La nature de ce médicament exige indispensablement la présence d’un homme de l’art qui connaisse parfaitement son action sur l’économie animale. Dans le cas contraire, on doit s’en abstenir.

Suivant le récit de différens naturalistes qui ont parcouru l’Amérique , on trouve dans plusieurs contrées de ce pays une plante à laquelle les habitans donnent le nom de guaco 3 et dont ils se servent pour prévenir les effets de la morsure des serpens. Cette plante paraît être un véritable préservatif; et si . elle jouit réellement des propriétés extraordinaires que les voyageurs lui assignent , il serait à désirer qcr’on cherchât à l’acclimater dans notre pays. Lorsqu’un Indien a été mordu par un serpent, il frotte la plaie avec les feuilles de cette plante, et tous les accidens disparaissent. Bien plus , on dit qu’après avoir avalé une ou deux cuillerées du suc de la même plante et s’en être inoculé quelques gouttes dans cinq ou six plaies qu’il se fait sur la poitrine et entre les doigts , il peut prendre impunément et sans autres précautions les serpens les plus venimeux. Quel que soit le merveilleux de ces récits , ils sont attestés par tant de voyageurs qu’on ne peut guère les révoquer en doute.

Le traitement de la piqûre du scorpion consiste dans les boissons indiquées pour la morsure des serpens, et à recouvrir la plaie avec un cataplasme de graine de lin ou de toute autre substance émolliente, arrosé avec dix ou douze gouttes d’ alcali volatil. Si l’on avait du chlore ou du chlorure de chaux, on devrait d’abord commencer par en bassiner la plaie , afin de décomposer le virus qui s’y trouve déposé.

Quant à la piqûre des abeilles, des guêpes, des cousins et d’autres insectes , il suffira presque toujours de frotter les en-

droits piqués avec un mélange de deux parties d’huile d’olives ou d’amandes douces et une partie d’alcali volatil. Cependant si les piqûres sont très-nombreuses, et qu’elles puissent donner lieu à des accidens graves , on administrera en outre les bois» sons indiquées dans les cas de morsure de serpens. Il est à présumer que le chlore ou les chlorures employés de bonne heure décomposeraient le virus de ces insectes , et qu’alors leur pi-, qûre serait presque sans conséquence; cependant, comme je n’en ai point fait l’expérience , je n’énonce cette opinion que comme une probabilité. Quoi qu’il en soit, avant d’appliquer aucun topique , il faut examiner si l’aiguillon de l’insecte est resté dans la plaie, afin d’en faire l’extraction soit ayec des pinces , soit de toute autre manière.

Il peut arriver que l’insecte ait sucé des cadavres d’animaux morts de charbon ou de quelque autre affection contagieuse , et alors tes accidens peuvent être des plus graves. On cite même des exemples qui prouvent que des mouches ordinaires ont communiqué de celte manière la peste où le charbon. En pareilles circonstances on’ doit cautériser profondément la plaie et se conduire ensuite comme pour le charbon, (Y. ce mot.)

MUGUET. C’est le nom assez impropre que l’on ..avait donné à une maladie des enfans accompagnée d’aphthes ou de petits ulcères dans la bouche, et ordinairement sur une grande partie de la membrane muqueuse du canal intestinal. C’est la fièvre muqueuse des auteurs. Mais peur fixer tout de suite les idées du lecteur, nous dirons que cette maladie est une gastro-entérite , c’est-à-dire une inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse l’estomac et lès intestins ; que cette inflammation ne change pas de nature quand elle gagne la membrane qui tapisse l’intérieur de la bouche , comme cela arrive dans l’espèce dont il est ici question. Comme cette affection ainsi réduite à ses élé» mens est une véritable gastrite ou gastro-entérite , affection que l’on connaissait autrefois sous le nom vague et générique de fièvre, nous engageons le lecteur, avant dé passer outre, à lire les articles fièvre et gastrite , afin d’avoir des idées nettes et précises sur lajnaladie àlaquelle, pour nous conformer à l’usage, nous donnons encore le nom de muguet,

Xes symptômes de cette affection sont les suivans : ainsi que dans toutes les irritations de l’estomac le muguet est ordinairement précédé de dérangement de la digestion , de nausées, de vomissemens, de chaleur, de fièvre, de mouvemens convulsifs dé la face, d’assoupissement ou d’insomnie. Après çes symptômes précurseurs , on observe une éruption de boutons blancs plus ou moins nombreux, et dont les interstices sont enflammés,

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sur les gencives, les lèvres, la face interne des joues, la langue et le voile dq palais ; au bout de quelques jours cés boutons jaunissent, se dessèchent et disparaissent. Cette éruption est quelquefois accompagnée d’un peu de diarrhée. Lorsque la maladie se borne à ces signes peu sérieux , on lui donne le nom de muguet bénin ; mais les choses ne se passent pas toujours ainsi, et la maladie prend quelquefois un caractère beaucoup plus grave : on l’appelle alors muguet malin. Il y a difficulté d’avaler, gène de la respiration , ardeur de poitrine , sécheresse de la bouche, voix rauque , puis éruption de petits boutons très-rapprochés les uns des autres et se confondant bientôt au point de ne former qu’une seule couche épaisse, blanchâtre, qui ne tarde pas à devenir jaune ', brune , qui se détache ensuite ettombe pour faire place à des ulcères sànguinolens. La déglutition devient de plus en plus difficile ; souvent l’enfant rend par les selles et quelquefois par le vomissement, des matières sanieuses mêlées de lambeaux de membranes détachées. L’anus devient rouge, s’excorie, et il n’est pas rare qu’il s’y forme des escarres gangréneuses. II. y a des coliques violentes ou asr soupissement de plus en plus profond, agitation convulsive, et la mort vient enfin terminer cette scène de souffrances , surtout s’il survient une nouvelle éruption après la chute des premières pustules.

De ta nature et des causes du muguet. Les enfans d’une constitution lymphatique sont principalement sujets à cette forme de la gastro-entérite; et lorsque cette disposition naturelle existe, la moindre cause qui affecte désagréablement le canal intestinal peut faire naître la maladie. Parmi cés causes on peut citer l’habitation dans les lieux humides et froids , les saisons pluvieuses', un air stagnant, l’encombrement de plusieurs enfans dans un même lieu , comme dans les hôpitaux; la malpropreté , le défâut d’allaitement, une nourriture trop ou trop peu abondante ou de mauvaise qualité. Quant à la nature même de là maladie, personne ne saurait révoquer en doute ce que nous en avons dit plus haut; c’est une inflammation de la membrane muqueuse du tube digestif, inflammation qui occupe quelquefois toute cette membrane depuis la bouche jusqu’à l’anus. L’éruption étant un effet de cette inflammation, c’est à tort qu’on l’a considérée pour cemotif comme étant une maladie d’une nature particulière. On sait que l’inflammation détermine différens désordres sur les parties qu’elle affecte , suivant sa violence et suivant la constitution de chaque individu. Il est bien vrai que lorsqu’elle a déterminé des altérations profondes dans les organes, les dangers deviennent plus grands , mais il ne s’ensuit nullement que la nature ou , si l’on

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