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inégales en lôngùeur; la: colonne vertébrale se dévie, la poitrine s’élève, en pointe et se rétrécit, ce qui gêne plus ôu moins, les fonctions des organes de la respiration ; le bassin se déforme; les articulations , et principalement celles des doigts des ppignels et des genoux, deviennent volumineuses, et c’est précisément cette déformation que les gens du monde appel-, lent Mre. noué. Ces désordres de l’ossification peuvent, se rencontrer tous à la fois et envahir tout le système osseux chez, le même individu , ou bien l’on ne trouve que quelques-uns d’en- , tre eux, par exemple , la grosseur des articulations san, s courbure deTépine ou des os des membres; d’autres fois. L’épine .est courbée, et les autres membres ont toute la rectitude désirable ; dans d’autres circonstances la poitrine seule est déformée, etc.;, mais dans presque tous les cas les extrémités des os sont plus volumineuses que dans l’état naturel ; quelquefois l’ossification des os du crâne est retardée ; les différentes pièces qui le cocte! posent ne sc soudant pas, ou ne se soudant que tardivement, le cerveau acquiert un développement considérable ; mais si le rachitisme ne se manifeste qu*à une époque où les fontanelles sont complètement ossifiées , la tête n’est pas plus volumineuse que chez; les autres enfans.
Le rachitisme donne lieu à divers accidens chez les enfans qui en sont affectés j ainsi , si la cavité de la poitrine est trèsdéformée, la respiration est gênée et la circulation accélérée;; si les os qui composent la colonne vertébrale se gonflent excessivement, ou bien si la déviation de la colonne cst.jco.n-. sidérable, la moelle épinière contenue dans son canal est coru-, prirpée, et il pn jésuite une paralysie plus ou . moins complété' des membres , ét surtout ' dës 'membres inférieurs. II arrive quelquefois que le rachitisme , lorsqu’il est très-prononcé , se termine par, la ‘carie de s. os' malades, par Une 'maigreur semblable à celle dès personnél; atteintes de phthisie ; lorsque la maladie esttrès-ayâhceé, il'sûryiëht une diarrhée opiniâtré, la fièvre hectique et la mort. :
Il est rare que le rachitisme existe seul; dans le plus grand nombre des cas il est précédé, et accompagné d’autres maladies : tels son\\é carreau, maladie qui consiste dans l’engprgd-, ment des glandes du mésentère , et annoncée extérxëurehtiënt par lai tuméfaction du ventre ; les scrofules dont, pour le dire cri passant , le rachitisme n’est qu’une variété. On voit souvent' aussi le rachitisme accompagné de teigne, dé dartres, d’oph- Ihàlmies chroniques; quelquefois il se développe â la suite de là ydridiè, de la rougeole ou d’aütres maladies éruptives. Enfin ,’sx l’enfant rachitique vient â être affecté d’une autre rfidm- , die, bèUe-éi est toujours plus grpyre, toutes choses égales d’ail-^
leurs, que chez un enfant dont la constitution est saine et
robuste.
Quelle est la nature du rachitisme et quelles sont les causes qui peuvent le produire? Tous les auteurs s’accordent à regarder le rachitisme comme une maladie qui affecte spécialement le système osseux. En effet, les os sont alors privés en grande partie d’un sel qu’on- appelle phosphate de chaux; ce sel calcaire étant destiné a donner aux os la compacité et la solidité qui leur est nécessaire , ils deviennent mous, spongieux quand ils ne le reçoivêntpas en proportion convenable. Mais ce défaut de nutrition est-il particulier aux os? Les autres Tissus ne sont-ils pas également amoindris , molasses , gorgés de liquides ?:Xa couleur blafarde de la peau , sa décoloration ., la flacciditédès muscles , cet. état d’inertïè et, d’aversion pour le mouvement que l’on remarque généralement chez les enfans rachitiques, n’annoncent-ils pas une mauvaise élaboration, une: assimilation, videuse , dans toutes, les parties; du- çprp.s ? Certes, si les os sont privés de phosphate calcaire, c’est évidemment parcë.que les; forces assimilatrices destinées à préparer ce sel et. à le déposes- dans le tissu osseux n’exécutent pas régulièrement leurs fonctions. Mais pourquoi ces fonctions sont elles dérangées ? Répondre à cette question, c’est entrer dans l’explication des causes oceasionelles capables de donner, lieu à ces désordres. ' . ,
Tout le monde sait que les plantes qui croissent dans un lieu obscur, dans une cave, par exemple, sont décolorées , molles, amoindries, en un mot étiolées. Est-ce par défaut de chaleur suffisante ? Mais le même phénomène arrive lors même, que l’on maintient constamment la température à un .degré .convenable .par. des moyens artificiels; les, fruits qui naissenteù plein air .se colorent du côté qu’ils reçoivent les rayons du soleil ; ils restent pâles ou moins fortement colorés du côté opposé. Les fruits et les plantes qui croissent à l’ombre sont aqueux , moins charnus , moins savoureux et moins nutritifs que ceux qui.mftrrissent en plein air, et surtout sous l’influence de la lumière solaire. . Ce qui arrive aux plantes a lieu également à l’égard des animaux , et particulièrement à l’égard de l’homme. L’habitation dans les pays humides, dans les vallées sombres où pénètre rarement la lumière du soleil paraît favoriser le développement du rachitisme et des scrofules. En effet, on observe fréquemment ces maladies en Hollande , en Angleterre , dans les gorges resserrées des Alpes et des Pyrénées , dans le voisinage des marais; rien n’est plus commun, que ces maladies dans les villes très-populeuses telles que Londres e,t Paris ; les enfans des classes pauvres qui en habitent toujours, Jes|quar-
tiers les plus malsains , qui vivent pêle-mêle ait milieu <ieja malpropreté dans les arrière-boutiques, dans les loges de p0r tiers, au coin d’un grenier, au milieu d’un air corrompu et rarement renouvelé , qui sont généralement mal nourris!, mal vêtus et exposés à toutes les intempéries des saisons, y sont beaucoup plus sujets que les enfans des classes plus aisées dont l’alimentation est saine et abondante, l’habitatiou plus salubre, et qui peuvent jouir plus souvent de l’air pur de la campagne, etc. Cependant ces enfans n’èn sont pas toujours exempts ; parce que , malgré toutes leS* précautions, il existe dans les grandes villes et dans les pays que nous avons désignés, et dans d’autres encore qu’il serait trop long de passer en revue, des causes dépendant des localités et auxquelles il est impossible de se soustraire entièrement. Le rachitismé se développe donc sous l’influence de causes assez semblables à celles qui produisent l’étiolement des plantes , savoir : la privation ou l’insuffisance de la lumière solaire , l'humidité; auxquelles il faut ajouter, pour l’homme, le défaut d’exercice, la mauvaise nourriture , la malpropreté , la misère:
Le rachitisme et les scrofules semblent donc être l’effet d’un drrêt de la nutrition; les systèmes musculaires , nerveux, sanguins sont languissans, tandis qu’au contraire le système cellulaire ou lymphatique se développe outre mesure et prédomine sur tous les autres ; ce qui ne doit pas surprendre, si l’on vient à réfléchir que le tissu cellulaire constitue l’élément primitif de l’organisation , et qu’il sert pour ainsi dire de moule dans lequel viennent se déposer successivement les autres élémens, par le travail merveilleux de la nutrition, ou, mieux, de l’assimilation. En conséquence, si l’assimilation est ar~ rêtêe , troublée, ee qui arrive lorsque le corps croît dans l’ombre, dans l’humidité, privé d’exercice ou ne recevant que des alimens de mauvaise qualité, lè tissu cellulaire, qui n’est qu’une espèce de végétation très-simple , continue à se développer ; mais au lieu de chairs solides , de phosphate calcaire , il ne reçoit dans ses mailles que des liquides mal élaborés, absolument comme nous l’avons vu pour les plantes et les fruits qui croissent dans les caves.
Cet examen des causes et de la nature du rachitisme n’est pas une affaire de pure curiosité , car il nous met directement sur la voie du traitement qu’il convient d’employer soit pour le prévenir, soit pour en obtenir la guérison.
Le rachitisme esf-il héréditaire? Ce qui peut donner lieu à cette question , c’ést qu’on voit souvent tous les enfans d’une même famille devenir rachitiques y et que cette disposition s’affaiblit soit par le croisement des races, soit par le changement
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de régime et d’habitation. Mais cen’est pas à dire pour cela qu’il existe un virus ou germe qui se transmette de père en fils, et qui doive à une époque déterminée donner lien à cette maladie. Si plusieurs individus d’une même famille s’en trouvent atteints , c’est qu’ordinairement tous vivent sous l’influence des mêmes causes ; d’ailleurs , sans admettre des virus ou des germes , on doit reconnaître que nous recevons de nos parens une constitution organique , une trempe de chair, si je puis m’exprimer ainsi , plus ou moins semblable à la leur, et qui nous dispose plus ou moins à recevoir Pimpression des causes capables de produire telle ou telle autre maladie. C’est ainsi que les parens dont la poitrine est étroite engendrent des enfans qui ont une poitrine étroite et qui les dispose à, contracter la phthisie pulmonaire , .qu’ils peuvent néanmoins prévenir en évitant avec soin les causes qui peuvent la faire naître; par la -même raison des parens d’un tempérament lymphatique donnent le jour à des enfans doués de ce tempérament ; or les individus qui deviennent rachitiques , scrofuleux , sont doués d’un tempérament éminemment lymphatique, ou, ce qui est la même chose, chez eux prédomine le tissu cellulaire qui dispose à ees: maladies , surtout s’ils vivent au milieu des causes propres ù les déterminer. Le rachitisme ne se transmet donc point par hérédité, mais ce qui est transmis, c’est la disposition à le contracter, circonstance bien différente et qu’il est essentiel- de noter, parce qu’en admettant la transmission d’un virus, d’un mauvais sang, on regarde comme dévoués inévitablement à cette maladie ceux qui naissent de parens qui en sont Ou qui en 'Ont été atteints ; tandis qu’en n’admettant qu’une, disposition innée, et ce n’est point une simple hypothèse; on peut éviter la maladie en combattant cette disposition, et en se soustrayant à l’action des causes qui en favorisent le développement. Mais, pour contracter le rachitisme, il n’est pas, nécessaire d’être né de parens rachitiques ou d’avoir apporté une disposition à eette maladie; il suffit pour cela d’être exposé long-temps à l’action des causes que nous avons indiquées plus haut ^cependant, toutes choses égales d’ailleurs , les individus prédisposés subiront bien plus facilement l’influence de ces causes que ceux qui ne le sont pas. Tl y a plus : il arrivera trèssouvent que les enfans robustes; nés de parens bien constitués, et dont tous les organes seront parfaitement développés , se porteront bien et résisteront, par le seul fait de leur bonne constitution, à ^influence dès causes qui agissent si puissamment sur un individu prédisposé ; mais , à la longue , les familles les plus robustes dégénèrent, ainsi que les plantes, si elles vivent pendant plusieurs générations sur un terroir humide , bas ,
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sombre, dans une grande ville où les nies sont étroites* peu éclairées parle soleil. Des médecins ont constaté qu’il est peu de familles des classes non aisées qui arrivent à la quatrième génération' dans Paris ou dans Londres, sans contracter la prédisposition scrofuleuse, raohitique ou phthisique; et même dans les classes où l’on jouit de l’aisance , cette détérioration est beaucoup plus sensible dans ces grandes villes que dans les campagnes, les bourgs ou les villes de médiocre grandeur; ce qui porterait à croire que la nature, en faisant l’homme pour vivre en- société , y a cependant mis un terme, et qu’elle répugne il ces entassemens immenses d’individus où les. races s’abâtardissent par les vices , les privations et les excès de tout genre. Tout; ce qui dépasse une certaine mesure est en effet contraire au vœu de la nature, et ce n’est jamais impunément que. L’homme abuse de. sa liberté pour franchir *> de quelque manière que ce soit, cette voie moyenne seule conservatrice de la santé. ,
Traitement du rachitisme. L’observation prouve que le rachitisme se guérit de lui-même par les seuls efforts de la nature, lorsque la constitution de l’enfant se fortifie à : mesure que le développement dù corps a lieu, et que le redressement des os est d’autant plus prompt et plus complet que la santé de l’enfant, sous d’autres rapports , est plus florissante. Dès qu’on aperçoit qu’un enfant s’étiole, qu’il commence à s’établir chez lui des symptômes de rachitisme, ou qu’il; est né de parens rachitiques eux-mêmes; ou scrofuleux , il faut le faire élever à la campagne, dans un air vif, sec , chaud bien exposé au soleiL dette précaution est, sans aucun doute , la. plus importante à suivre. Si on le laisse croupir. dans des rues : étroites, au fond d’une vallée sombre , dans un pays humide , soustrait à l’influence bienfaisante de la lumière solaire , sa constitution ne se réparera point, et, malgré tous les, soins , il ne pourra pas lutter contre tous ces désavantages. Les enfpns rachitiques doivent généralement éviter l’usage du lait, des fruits aqueux, des alimens farineux; il leur faut de bonne héure une nourriture plus substantielle et plus , annualisée, telle que le bouillon soit pur, soit coupé avec le lait, les œufs et les gelées de .viande. Plus tard, et dès qu’ils pourront marcher, leur régime deviendra de plus en plus nourrissant, et leurs alimens consisteront principalement en viandes rôties .ou bouillies, auxquelles; on joindra l’usage journalier de quelques cuillerées de vieux vin rouge à chaque repas , en ayant soin, d’observer l’état des organes digestifs. A vep ces moyens internes. <on fera concourir l’administration des.bains sulfureux, des; bains aromatiques., des bains de quinquina, des .^fr jetions
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sèches aromatiques ou alcoholiques sur la peau j uue ou deux fois par jour; il sera bon aussi , et surtout en hiver, de les exposer de temps en temps à un feu 'flamboyant.
On ne doit pas trop se presser de faire marcher les enfané rachitiques, ou qui sont disposés à le devenir, parce que, lorsque la maladie est récente, les os sont très-mous, et qu’en conséquence le poids du corps en augmenférâit naturellement la courbure. Il est très-bon , ainsi que cela se pratique ordinairement, de lés faire coucher sur la fougère ou d’autres plantés aromatiques sèches , de lés laisser jouer, se rouler au solèit et en plein air sur des tapis , ou de les proniener dans de petits chariots. A une époque plus avancée, lorsque les os commencent à prendre de là consistance, on les laissera se livrer, à toutes sortes d’ë'xercices ,: à la- gymnastique, à la course, à la natation, s’ils sont assez âgés pour pouvoir le faireycar. généralement les os reprennent d’autant plus promptement leur direction naturelle que les malades' font plus d’exercices. G èpendantl, si lés dévia tioris; sont considérables , on attendrait én vain un redressement' complet des moyens hygiéniques dont il vient d’être fait mention. De nos jours on a inventé diverses machines propres à obtenir cet effet, et la branche de l’art qui tend spécialement à dé bu t s’appelle orthopédie. A Paris et dans la : plupart des grandes villes il existe" des établissemèns d’orthopédie , où l’on s’occupe de corriger les difformités de::Ia taille , les pieds bots , etc. , par des procédés plus ou moins ingénieux, et dont la description ne saurait ici trouver: sa place. u- «>
On a vu que la nourriture tonique et excitante formait, la •base du traitement du : rachitisme , ; soit qu’on se ; propose de prévenir cétte maladie , soit qu’on veuille en opérer la guévison , lorsqu’elle s’est développée ; mais si le rachitisme est compliqué de quelques maladies aiguës ou chroniques-,; ce qui n’est pas rare , on s’occupera d’abord de combattre ces maladies par les moyens qui leur sont propres. Si donc l’enfant est affecté de carreau, qui est la complication la plus ordinaire, -on emploiera, le traitement qui a été indiqué pouneette maladie (V. Carueatj); il en sera de même s’ilest affecté de coqueluphe, de catarrhe, de teigne, de dartres; d’ophthalmie, de rougeole , etc.. (Voy. ces mots.) Mais tout en s’occupant de ces complications , on ne doi t jamais perdre de vue le rachitisme ; et si l’état de l’enfant ne permet pas radministration^des toniques à l’intérieur , du moins on ne doit pas oublier qu’il lui faut, avant tout, Voir sec de La campagne, la chaleur et La tfimièpe du soleils Dans tous les cas, il est rare qu’on soit obligé, de renoncer aux bains et aux frictions sur lapeaujndiquéesplps haut. RAGE. ( V. Morsure des animaux imagés. )
fr/o RÉG
RÉGIME, Ce mof , pris dans toute son extension , veut dires manière de flrênî.,.Le Jrégime comprend donc, outre les alimens et les boissons, l’ensemble de tous les agens hygiéniques dontl’horôme peut faire usage; tels sont les excrétions , le sommeil et la'v,eille, le travail et le repos , les exercices , les vêtemens , les, bains , l’air, le feu , la lumière , l’électricité , etc., etc. Ce serait donc faire mj traité complet d’hygiène que d’examiner en détail l’action de ces divers modificateurs sur l’économie animale , et ce n’est point notre intention, il est néanmoins convenu de;borner la signification du mot régime aux alimens et aux boissons dont les qualités et la quantité doivent différer suivant l’état de santé ou de maladie. Dans l’état de santé , le régime doit encore varier suivant l’âge , le tempérament, constitution et les habitudes des individus; il. doit varier suivant les saisons , les climats; en sorte que l’alimentation, ne doit pas être la même dans l’enfance que dans l’âge adulte,, ni la même dans celuirci. que dans la vieillesse. L’habitant çJèS pays froids et humides ne se nourrira pas de fruits aqueux. et de végétaux comme celui des tropiques :; l’homme doué d’un tempérament lymphatique pourra plus impunément faire usage d’une nourriture animale. et substantielle, et mémo de boissons alcoholiques que celui dont le tempérament est bilieux ou nerveux. (Voyez au reste ce qui a été dit de la nourriture au mot ÂriMENS. ) Quant au régime que l’on doit observer dans l’état de maladie, il fait partie du traitement delà maladie elle-même, et ce serait par conséquent nous répéter que d’exposer ici celui qui convient à chacune dés affections décrites dans Cet ouvrage. Je me contenterai de rapporter les observations suivantes de M. Rostan , qui' sont pleines de justesse. ;
• Les anciens faisaient consister le traitement des maladies dans le régime qu’ils prescrivaient à leurs malades ; les médicamens, proprement dits, étaient peu nombreux et rarement mis en usage. Ce ne fut que dans les temps de préjugés et d’erreurs , sous le règne de l’astrologie judiciaire et de Lalchimie , qu’on s’imagina avoir découvert dans une multitude de substances des propriétés merveilleuses contre les maladies. Çe fut alors qu’on inventa cés formules bizarres, assemblages monstrueux dé substances inertes , dégoûtantes ou nuisibles , auxquelles on attribua des vertus infaillibles contre la plupart des affections. Cet héritage est précieusement conservé par ces esprits étroits , pour qui la crédulité et l’amour du merveilleux sont les premiers besoins, et qui croiraient commettre un attentat s’ils se permettaient d’examiner ce que leurs prédécesseurs leur ont transmis. Ce sont ces formules que les médicastres, les charlatans, les ignorans, les esprits faibles con-
sidèrentÆncorç comme des richesses médicales, faute de pouvoir ou de ne vouloir pas s’élever à quelques considérations philosophiques. Ils s’imaginent que le traitement des malades consiste dans une longue série de médigamens qu’on peut tour à tour mettre en usage contre elles ; ils ne croiraient pas pouvoir traiter une maladie s’ils ne voyaient à la suite de eette maladie l’énumération de tous les moyens préconisés pour la guérir. Ils ne peuvent concevoir que la véritable thérapeutique ne peut être fpndée que sur la connaissance exacte et précise de toutes les circonstances des maladies; qu’uo petit nombre d’agens dirigés d’après .ces indications suffisent au médecin habile pour traiter et guérir toutes les maladies ; que le succès du traitement ne dépend pas du nombre des moyens, mais de leur opportunité, et que cette opportunité ne peut être déduite que de la juste appréciation des phénomènes morbides. Ils ne peu-r yent concevoir qu’un conseil d’hygiène est souvent bien plus efficace qu’une drogue savamment préparée ; qu’il est souvent bien plus efficace de rassurer le malade sur son état que de lui faire avaler des potions antispasmodiques ; qu’il vaut mieux enfin le soustraire à la cause qui a dérangé sa santé que de le gorger de drogues,
Mais en blâmant l’excès, nous ne prétendons pas proscrire l’usage. Il est sans doute des substances, et même en assez grand nombre ,, dont, une saine expérience- a démontré l’efficacité ; ü serait aussi antiphilosophique , aussi absurde de rejeter ces ressources précieuses que d’admettre comme des moyens héroïques toutes les formules vermoulues du moyen âge. Certes, les nombreux moyens antiphlogistiques, les révulsifs, les toniques, les excitans , les narcotiques , les purgatifs , les émétiques , quelques moyens spécifiques; sont loin de devoir être rejetés , et constituent véritablement nos ressources thérapeutiques. Le plus habile médecin est celui qui les met en usage avec le plus'de discernement, c’est-à-diré qui saisit mieux les indications qui les exigent.....
Mais ces moyens resteraient sans succès, et pourraient même, devenir une arme dangereuse et meurtrière, s'ils n’étaient secondés par un régime convenable. Le régime doit varier suivant une foule de circonstances. Quoi qu’en ait dit Hippocrate , de la nécessité de nourrir les malades dans te commencement des maladies , afin de leur donner la force de les supporter, nous ne saurions partager l’avis de ce grand homme. L’abstinènce doit être prescrite dans le commencement des maladies aiguës , et avec d’autant plus de rigueur qu’on ignore encore quel degré de violence doit revêtir la maladie qui. débute. Lorsque cette maladie s’annonce par des symptômes
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ti’ès-intenses , il ne saurait y avoir la moindre excuse pour le médecin qui permettrait la plus légère substance nutritive. On éviterait bien des maladies graves si, dès le principe des maladies, bn s’abstenait de toute espèce de substance réparatrice ; il est très-vraisemblable que la plupart des maladies rie revêtent un caractère fâcheux et souvent n’bccasionént la mort que par oubli de ce précepte (x).
Dans les maladies chroniques, de même que dans la convalescence, la diète ne devi’a pas être aussi sévère; mais les alimens seront moins abondans, plus légers et d’une digestion plus facile que dans l’état de parfaite santél La diète trop sévère et trop pi-olongée finirait par faire perdre à l’estomac la faculté de supporter les alimens, et s’ils étaient trop abondans , trop substantiels , trop stimulans , ils ne seraient pas en proportion avec les fox-ces des organes digestifs ; ils ne retarderaient pas seulement la convalescence, mais ils feraient promptement repasser plus ou moins promptement à l’état aigu une maladie qui était sur son déclin, et l’on sait combien les rechutes sont dangereuses. Il est donc essentiel , après une longue diète, de ne revenir que peu à peu à l’usage des alimens ; il faut en fractionner les doses jusqu’à ce que l’estomac puisse remplir ses fonctions comme il le faisait avant la maladie.Nbüs ne nous étendrons pas davantage sur ce point, parce qu’il en est question très en détail dans d’autres parties de cet ouvrage. (Voyez Convalescence ; voyez aussi:, tom. I , pag. 4, Considérations générales et essentielles sur ce qu’on ' appelle médicamens, remèdes .)
RÉGLÉE , fièvre réglée. (VI Fièvre d’accès.)
RÈGLES. (V. Menstrues.)
REINS, maladies des reins. (V. Néphrite.) Outre les affectiens des reins proprement dites , on appelle encore vulgairement maux des reins des douleurs rhumatismales qui occupent la région des lombes, et qui n’ont aucun rapport avec la néphrite , puisque celle-ci consiste dans une inflammation aiguë ou chronique des reins , et que ces douleurs au contraire occupent les muscles situés dans la région précite’e ; c’est à cette affection rhumatismale qu’on donne le nom de lumbago. (V. ce mot.)
RÉMITTENTE , fièvre rémittente. (V. Fièvre d’accès.)
RÉTENTION DES RÈGLES. (V. Menstrues et Aménorrhée.)
RÉTENTION D’URINES. Les personnes habituées âme voir dans les maladies que leurs ‘symptômes les plus saillans
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ne s’imaginent guère que la rétention de l’urine dans la vessie puisse être déterminée par un nombre considérable de causes qui souvent n’ont aucun rapport entre elles , et qui exigent par conséquent un traitement entièrement différent, Tous les jours on entend dire dans le monde : quel remède faut-il employer contre les rétentions d’urine ? Ainsi posée , celte question est une véritable absurdité, car il n’y a pas un traitement spécifique qui puisse s’appliquer à tous les cas de rétention d’urines, c’est ce qu’il est facile de voir par l’énumération de quelques-unes de ses causes."
Cette maladie en effet peut dépendre d’une inflammation ou d’une altération organique des reins, de la présence de graviers dans ces organes ou dans les uretèrés qui sont les canaux destinés à conduire l’urine dans la vessie; elle peut déoendre de l’inflammation , et surtout de la paralysie de la vessie, d’une constriclion spasmodique du sphincter de -son col,, de la présence d’un calcul , d’un caillot de sang qui s’oppose au passage de l’urine, de l’accumulation trop prolongée de ce liquide dans la vessie ; elle peut dépendre , et c’est le cas le plus fréquent , d’un rétrécissement du canal de Turètre résultant le plus souvent d’une inflammation de sa membrane muqueuse, de là, blennorrhagie et de l’emploi iritempéstif des injections astringentes, ou bien encore de la présence d’un corps étranger dans le canal de l’urètre ; enfim elle peut être occasioriée par des causes toüt-à-fait extérieures et qui agissent en comprimant le col de la vessie ou l’urètre. Chez l’homme, cette compression peut être le résultat de la distension énorme du rectum, due à la présence de matières fécales endurcies ; de la présence dans les bourses ou dans l’épaissèur du périnée de tumeurs différentes par leur nature, tels qu’un sarcocèle, une hydrocèle, une hernie volumineuse, des abcès, des épancheméhs, etc. Nous pourrions encore augmenter la nomenclature des causes’ de la rétention d’urine, mais ce que nous venons de dire suffit pour démontrer combien il serait absurde de chercher un remède spécifique contre cette affection.
Au lieu donc de demander, comme on-Ie fait souvent, d’une manière générale, ce qu’il faut faire contre les rétentions d’ urine, la question à résoudre doit être ainsi posée : la difficulté ou l’impossibilité d'uriner existant, quelle en est la cause ? Il est en effet évident que le traitement ne Saurait être le même lorsque la difficulté d’uriner dépend de la présence d’un calcul dans la véssie , de graviers dans les reins , d’un rétrécissement du canal de l’urètre, de la paralysie de la vessie, tes obstacles qui dépendent de causes purement mécaniques ne peu vent pas être détruits par les mêmes moyens que ceux produits par