‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 79 sur 106 · POU 72I · texte numérisé non relu

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tout temps les médecins ont traité les fluxions de poitrine, c’est-à-dire les pleurésies et les pneumonies aiguës par les saignées; niais les saignées générales, quoique parfaitement indiquées dans ces maladies, ne sontutiles qu’autant qu’elles sont assez copieuses; car si l’on sé contente d’abattre le pouls par une faible saignée et de laisser à la nature le soin d'achever la guérison, le plus souvent l’inflammation se ranime ou bien les personnes chez qui les émissions sanguines ont été épargnées conservent une légère inflammation dans les poumons, qui les conduit insensiblement à la phthisie. On ne doit pas craindre que cette pratique épuise les malades ; car ils recouvrent très-promptement leurs forces dès que Finflammatiort qui les tourmente est calmée. Au reste, il y a un moyen de ménager le sang des malades , c’est d?appliquer des sangsues sur la poitrine, après avoir tiré du sang du bras. En effet, l’écoulement des piqûres des sangsues, prolongé après la chute de ces animaux, agit sur le. foyer de l’inflammation d’une manière plus directe et beaucoup plus durable que la saignée générale qui ne dure qu’uu moment, et après laquelle la maladie prend. souvent un nouvel essor. Outre cela, à l’écoulement du sang se joint la piqûre des sangsues qui détermine sur la peau une irritation révulsive dont l’avantage ne doit pas être dédaigné. D’ailleurs, on èst maître d’arrêter le sang, lorsque l’effet est produit.

Les vésicatoires, placés sur le point douloureux de lapoitrine à la suite des saignées, sont de la plus grande efficacité ; mais si on les met en usage avant d’avoir suffisamment saigné . Us augmentent Finflammation dés poumons , parce; que, ne pouvant pas opérer la révulsion, l'irritation qu’ils déterminent à l’extérieur. se répète à l’intérieur, ou bien ils dissimulent la douleur, tandis que Finflammation non arrêtée Opère la destruction de l’organe et conduit à la phthisie. Cesanoyens doivent être secondés par l’abstinence des alimens , des bouillons, et par l’usage des boissons adoucissantes qui ne contiennent aucun acide; car les acides provoquent très-facilement la toux. Les cataplasmes émoliiens appliqués sur la poitrine contribuent à calmer la douleur, soit avant soit après les vésicatoires; ét ces moyens ne conviennent pas seulement dans les fluxions de poitrine , c’est en même temps le meilleur traitement que l’on puisse opposer aux toux dites d’irritation. Seulement la diète ne doit pas être aussi sévère dans ce dernier cas, et l’on permet les alimens aqueux et peu échauffans, et principalement l’usage du lait.

Les pleurésies et les pneumonies que les auteurs ont nommées bilieuses. putrides, malignes, etc., exigent un traitement

fondé Sur les mêmes principes. Les fluxions de poitrine bilieuses en effet ne dépendent point de la bile; ce qu’on nomme ainsi n’est que la complication de l’inflammation de l’estomac avec celle des poumons, et dans ce cas, après les saignées générales, on applique les sangsues sur la poitrine et l’estomac, parce que ces deux régions sont le siège de l’inflammation , et la cure est alors aussi simple que dans les fluxions de poitrine sans complication. Quant aux pneumonies ou fluxions de poitrine putrides et malignes, elles dépendent de ce que l’inflammation aiguë, non arrêtée dans son principe, attaque en même temps les poumons , les voies digestives et le cerveau. Cette triple inflammation doit être combattue dès le principe par les saignées locales sur tous les points où elle se manifeste, avec la précaution toutefois de suspendre les émissions sanguines, lorsque les symptômes d’adynamie, de prostration des forces sont manifestes. (V. Fièvre et Gastro-entérite.)

Lorsque les pneumonies ou les pleurésies ont passé à l’état chronique , ou qu’elles sont chroniques dès le commencement sans avoir jamais été précédées de l’état aigu, les saignées ne peuvent plus être prodiguées avec la même hardiesse ; il faut même y renoncer si la désorganisation paraît très-avancée, et s’en tenir aux révulsifs, c’est-à-dire aux vésicatoires sur la poitrine , aux cataplasmes émolliens , au régime lacté , aux boissons mucilagineuses. Cependant , si la maladie est peu avancée , on doit la combattre de temps en temps par de légères saignées, soit générales, soit locales, et par une diète convenable. Les personnes qui se trouvent dans cet état doivent éviter avec grand soin le froid, l’humidité; et, si c’est en hiver , elles doivent porter de la laine sur toute la peau, soit pour la maintenir à un degré de chaleur convenable , soit pour déterminer une légère irritation propre à appeler le sang vers la surface du corps. Il faut en même temps éviter l’influence des passions vives et de tous les excitans , tels que le vin, les boissons âlcoholiques , le café, le thé, etc. IJ. est certain qu’on préviendrait très-souvent la phthisie pulmonaire, si l’on se persuadait bien que cette maladie est toujours le résultat d’une irritation qui, quoique le plus souvent légère en apparence , peut facilement être reconnue , soit qu’elle se manifeste par un rhume fréquent, ou par une toux qui se dissipe et revient, par des hémorrhagies pulmonaires, etc. Pourquoi ces irritations amènent-elles si souvent ces résultats funestes1? le voici : si vous avez une toux chronique, c’est-à-dire de longue duréé, on prescrit avec une routine invariable , malgré son inutilité , le lait d’ânesse , le lichen et un vésicatoire , comme des moyens spécifiques pour attaquer le fantôme phthisie dont oû

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vous menace, sans insister sur la saignée et sur là sévérité du régime. OnlaisseaiBsU’i»ffàmmation subsister et poursuivre sa marche , et lorsqu’elle a produit une désorganisation irféürâble, on se' retranche stir la préexistence d’un prétendu germe dont rien ne pouvait arrêter le développement. Avec cés idées de fatalisme , le même c^s se présenterait mille fois, que mille fois on lui opposerait le même traitement. Cependant, malgré ce scepticisme dé quelques medçcips , quin’est point le doute du sage , mais le fruit de ï’ignôrancè , lés familles intéressées c’està-dire celles composées d’individus qui portent une organisation qui les prédisposent aux affections de poitrine, doivent bien se pénétrer de cette vérité ,. que les tubercules et les ulcères des poupaops sont l’effet d’une inflammation prolongée qu’il eût été facile d’éteindre dans son principe en l’attaquant avec persévérance et pendant plusieurs années, s’il est nécessaire. Avec cette conviction on ne vivra pas dans unejfapsse sécurité; on s’o.cpüpera de bonne heure de traiter les irritations^ des. voies; aériennes, quelque légères qu’elles .senibienlêtie ,otrl’pn.4vi-, tera souvent la phthisie pulmonaire. C’est ici plus que dans toute autre circonstance le cas d’appliquer VaxioràeJ^grintfp^ obsta. . ....

■(De’s maladies -des. poumons en, .particulier* Pour;prpcéderf£vep méthode, dans ia description des maladies diverses qui peuvent affecter lés poumons, nous devons nous arrêter d’abord,. aux irritations ou inflammations aiguës non-seulement des pommons, mais encore des conduits de la respiration , en traitant premièrement du . coryza ou irritation de ja pqemhgane^gitt^ queuse du nez, . ensuite de l’angine, laryngée oupirritation du larynx, puis du catarrhe pulmonaire ou irritation dfià meta.-, brane muqueuse de la trachée, et des bronches. Èn eüët, la membrane muqueuse dn nez se continuant avec cpjie-des, conduits aériens, l’irritation se propage souvent de qette membrane à celle de ces conduits ; il en est de même de llangine laryngée, Quant au catarrhe pulmonaire. , on sait que cette irritation des bronches gagne fréquemmen t les poumons, et qu’elle est souvent le point de départ de la phthisie pulmonaire,. Ce serait donc parler d’une manière incomplète des affections des poumons que de passer sous silence celles dès membranes muqueuses qui n’en sont que la continuation. Ainsi, quoiqu’il ait déjà été question dans des articles spéciaux du coryza, de l'angine et de ses diverses espèces, de l’inflammation de la membrane muqueuse des voies aériennes connue sous lé nom de catarrhe pulmonaire, de rhume dé poitrine, de bf-oriehite, etc. , nous jetterons encore Un coup d’œil sur ceg ihala*» diês , sur leur» causes et le traitement qu’il convient de ]éug|

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appliquer , et nous arriverons naturellement aux. affections de la substauee même des poumons^ ^Ces affections sont la pneumonie , la pleuro-pneumonie et la pleurésie -aiguës, puis la pleurésie chronique et la pneumonieichronique ou la phthisie pulmonaire.

Coryza. On appelle coryza l’irritation de la membrane muqueuse des fosses nasales. Elle peut se présenter dans divers degrés. Elle correspond, pôür l’intensité , à: celle des causes et à la prédisposition Inflammatoire du sujet.

Il y a sentiment de pesanteur à la région frontale ; les yeux sont quelquefois larmoyans ; il y a douleur sous et sus-orbitaire, respiration du nez difficile ou impossible ; il s’écoule dès’ nanties unë mucosité âcre qui irritera peau et les lèvres ; odoirât nul ou presque nul ; éternuement ou envie d’éternuêr.

Cette irritation peut se communiquer à la membrane muqüèùse du'jiüümort et donner lieu au catarrhe pulmonaire ; ai) l’a vue â'üssi gagner le sinus maxillaire et y déterminer- un amas dé 'sécrétions muqueuses Ou purulentes.

:Le coryza peut devenir chronique, surtout si la cause est permanente/ - ? ;

Les causes les plus fréquentes sont les vicissitudes de chaud et de froid ; lë froid aux pieds ; la suppression subite de la transpiration cutanée ieë gaz et les vapeurs irritantes , îes coups y Les viôlèncé^ extérieures; l’introduction de corps irntans dans. le? fosses nasales. • • ■ ' . • -

"Lé coryza existant seul et dépendent d’une causé extérieure eSt une affection de peu d’importance; mais s’il est lié à une affectiôn pulmonaire ou cérébrale, les dangers sont en raison de la gravité de cette même affection.

Le traitement le plus important consiste à éviter le froid , surtout celui des pieds. L’usage des boissons adoucissantes suffit ensuite pour dissiper cette irritation, dans le plus grand nombre des cas.

Si lé coryza était très-violent , on pourrait mettre une ou deux sangsues aux orifices du nez, surtout si l’on craignait le catarrhe pulmonaire.

S’il y a danger d’une congestion cérébrale , outré les sangsues , on pratique une saignée générale. En un mot, la complication et l’étendue de l’irritation doivent servir de règle dans ce traitement, comme dans tous les autres.

Irritation du voile du palais , des amygdales et de la luette, ou angine tonsillaire. L’inflammation de ces parties porte le nom d’angine,. parce qu’elle gène la respiration et la déglutition. Çlie^se présente sous diverses formes ; i° fprme. aiguë et dé->

pendant alors dès causes ordinaires de l’inflammation ; 2° forme chronique; 5° forme maligne et gangreneuse.

Dans l’angine tonsillaire aiguë, il y a douleur , chaleur dans le pharynx, difficulté d’avaler,' rougeur vive du voile du palais , gonflement plus ou moins considérable d’ùne ou des deux amygdales ; soif plus ou moins vive. Si la maladie n’est pas arrêtée , des symptômes généraux se manifestent , lé pouls est fréquent; souvent il y a complication de gastrite ; dans ce cas, la langue est jaune, pâteuse , il y a un peu de fièvre, malaise général , dégoût. C’est cette angine que^ les auteurs ont appelée bilieuse , réservant le nom d?inflammatoire- à l’angine aiguë, sans complication de gastrite. Cette distinction est erronée ; car dans ces deux cas l’angine est inflammatoire , mais l’une est simple et l’autre ne l’est pas. Elle peut être phlegmoneuse et passer promptement à la suppuration ; ce qui arrive surtout quand les amygdales sont très-gonflées, douloureuses et qu’il n’y a pas de gastrite.

Aussitôt que le pus est évacué, la douleur cesse , la fièvre tombe , ce qui prouve qu’elle était ^entretenue par l’irritation locale , si d’ailleurs il n’y a pas complication d’autre pblegmasie.

Quelquefois elle coïncide avec la rougeole , là petite vérole , la: scarlatine. Dans certains cas, la tuméfaction est si considérable que le malade est menacé de suffocation , et qu’il peut èn effet mourir suffoqué, si la maladie marcherapidement et qu’elle ne soit pas arrêtée. Ilfaut dire toutefois que ce mode de terminaison est assez rare.

Dans l’angine tonsillaire chronique , le gonflement inflammatoire, la rougeur, la chaleur, la douleur, sont moindres que dans l’état aigu. Quelquefois les amygdales sont dénaturées, épaissies, squirrheuses, ulcéreuses. Ces altérations sont un effet de l’inflammation. Le plus souvent l’angine chronique est entretenue par une légère gastrite , par une caüse; syphilitique ou par une irritation purement locale. On voit des personnes porter pendant plusieurs années " cés amygdalites chroniques.

Toute inflammation des. amygdales portée à un très-haut degré peut se terminer par la gangrène. Dans ce cas, la gangrène résulte d’un excès d’inflammation qui amène, la mort des parties affectées; mais cë n’est pas. de cette dégénérescence qu’il est ici question. Il est une espèce d’angine qui affecte le caractère gangreneux dès le principe , et qui diffère beaucoup des autres ; elle a beaucoup de rapport avec la pustule maligne. Voici quels en sont les symptômes :

Horripilations fréquentes, nausées, anxiété, vomissemens; ensuite raideur du cou, scnsati(xn désagréable à la gorgç, en-

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vouement ; tels sont ordinairement le* signes précurseurs ; mais comme ils sont communs â plusieurs autres affections , on ne peut pas encore porter de jugement certain. Lé diagnostic devient moins douteux â l’apparition des signes suivans. Le voile du palais et les amygdales sont peu gonflées , mais très-rouges; la déglutition est peu difficile; bientôt il se manifeste sur les parties affectées des taches ou croûtes blanchâtres, grisâtres, serpigineuses ou confluentes. Dans vingt-quatre heures ces taches augmentent, la gangrène marche rapidement; quelquefois elle se borne, l’escarre tombe, une salivation abondante se manifeste et le malade se rétablit. D’autres fois au contraire la gangrène s’étend ; toute la bouche devient noire ; il s’établit un coryza avec sécrétion de mucosités fétides , qui corrodent le nez et les. lèvres ; les énfans sont affectés de diarrhée ; il survient des signes d’irritation gastrique et de typhus ; prostration des forces, délire, coma. Du deuxième au troisième jour la peau se couvre de taches pétéchiales, typhoïdes, d’une rougeur éclatante; cette éruption disparaît ordinairement vers Je quatrième jour, et l’épiderme tombe; la fièvre est de plus en plus intense, des symptômes de putridité surviennent, et le malade meurt ordinairement du troisième au quatrième jour.

Les causes de {'angine aiguë sont généralement toutes celles de l’inflammation , et en particulier le tempérament sanguin , la jeunesse, les vicissitudes de chaud et de froid, les boissons froides lorsque le corps est échauffé, le froid aux pieds, les cris, le chant, la déclamation, les substances irritantes et stimulantes ; une inflammation voisine s’étendant aux amygdales, etc.

Les causes de V angine ehronique sont le plus souvent une angine aiguë précédente ; ou bien elle est chronique , c’est-àdire , lente dès son début ; souvent elle est entretenue par une gastrite chronique, ou l’action permanente des causes qui l’ont produite.

Les causes de l’ angine maligne ou gangreneuse sont les mêmes que celles de la pustule maligne, car on la voit se développer chez les individus qui ont mangé ou manié la chair ou la peau d’animaux affectés de charbon; elle est donc éminemment contagieuse.

L’angine aiguë peut facilement être enlevée , si on l’attaque franchement à son début. Quand elle a récidivé plusieurs fois, la guérison est difficile. Si l’inflammation se borne à une amygdale, et que celle-ci soit chaude, gonflée, il y a tendance à la suppuration ; mais quand elle occupe les deux amygdales , que la tuméfaction est considérable et qu’elle marche rapidement, le malade peut être suffoqué avant la formation du pus.

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Quand l’angine est accompagnée de gastro- entérite , il est à présumer qu’elle ne guérira qu’avec elle.

Dans l’angine gangreneuse, la lividité des ulcères, la fétidité des sécrétions muqueuses, une grande anxiété, les symptômes de typhus sont des signes très-alarmans : la diminution de la fièvre lors de l’éruption, des sueurs légères, le retour du sommeil , le désir des alimens , la couleur rosée dès ulcères, sont des signes de bon augure. En deux mots, cette maladie est peu de chose si elle n’est que locale ; la complication de gastrite , de pneumonie, d’encéphalite ne laisse presque aueun espoir.

Traitement. Celui de V angine aiguë est des plus simples. Saignées locales abondantes au moyen de 20 à 5o sangsues sous la mâchoire inférieure; en agissant ainsi , on enlève quelquefois l’inflammation en un jour. S’il y a pléthore, saignée générale avant l’application des sangsues ; peu de boissons , parce que la déglutition fatigue le voile du palais et les amygdales. Si les sangsues ne font pas toujours avorter l’irritation, elles l’empêchent du moins de faire des progrès ultérieurs. Bains ^îe pieds sinapisés, lavemens. Si le gonflement augmente rapidement au point de faire craindre la suffocation, il faut répéter l’application des sangsues en grand nombre, pratiquer la scarification des amygdales. Si l’angine se termine par la suppuration, on fait gargarismes avec l’eau de guimauve, le miel rosat, plus tard avec une décoction légèrement astringente. Quand le malade devient livide, que l’haleiue est fétide, le pouls petit, que les parties malades sont noires, et qu’il y a en même temps danger de suffocation , il n’y a plus de ressource que dans la trachéotomie, opération qui consiste à donner à l’air une voix artificielle.

Si l’angine est chronique , et qu’elle soit entretenue par une cause permanente, par exemple, le froid, le chant, les eris, il faut éloigner ces causés ; si c’est par une gastrite chronique , combattre cette complication. (Y. Gastrite chronique.) Si elle est purement locale , on doit employer des gargarismes astringens et toniques; et enfin si ces moÿens ne réussissent pas^t que les amygdales deviennent dures , squirrheuses , ulcéreuses, ou en pratique l’extirpation.

Quand l’angine inflammatoire ordinaire se termine par la gangrène, il faut continuer l’usage des anti-phlogistiques, puis administrer les gargarismes acidulés. Mais quand l’angine est réellementmaligne et gangreneuse dès le principe , on emploie les excitans locaux et généraux ; les gargarismes faits avec des substances astringentes, Palcohol, le quinquina; pour boisson, limonade vineuse. Mais lorsque les escarres sont tombées, il

faut suspendre l’emploi des stimulans et les remplacer par les gargarismes et les boissons émollientes.

Irritations de la membrane muqueuse du conduit aérien '3 c’est-àdire du larynx , de la trachée artère, des divisions bronchiques . La membrane muqueuse qui tapisse le larynx, la trachée artère et les bronches, est très-souvent le siège d’une irritation ; de là au tissu des poumons le passage est fréquent et facile. L’histoire de ces inflammations est donc intéressante au plus haut degré.

Lorsque l’irritation occupe toute la muqueuse des bronches et de la trachée, ou même du larynx, elle porte le nom de catarrhe; son véritable nom serait celui de bronchite ou trachéobronchite. Bornée à la muqueuse du larynx , on l’appelle angine laryngée ; et si elle occupe en même temps celle de la trachée, c’est une angine laryngée-trachéale. Chez les enfans,

Y angine laryngée porte le nom de croup. Le catarrhe avec convulsions s’appelle coqueluche. (Voyez tous ces mots.) Lorsque

Y angine laryngée passe à l’état chronique, avec altération organique des parties malades, on l’appelle phthisie laryngée.

Catarrhe pulmonaire ou irritation bronchique ; rhume. C’est le mode d’inflammation le plus simple. II peut régner à difl'érens degrés dans la muqueuse trachéo-bronchique : il ne faut donc pas en chercher un modèle unique ; il suffit de bien s’assurer de l’irritation qui se présente sous divers aspects, mais sans changer de nature, suivant son degré, le tempérament du malade, les complications et les sympathies qu’elle peut développer. Comme il faut pourtant tracer une de ces formes, nous allons décrire celle qui se présente le plus souvent.

Le catarrhe bronchique ou pulmonaire débute ordinairement pàr le coryza ; le deuxième ou le troisième jour l’irritation a déjà filé dans le larynx. D’autres fois il commence par un chatouillement dans la gorge qui se propage vers la muqueuse trachéo-bronchique ; dans d’autres circonstances, c’est par les bronches qu’il débute ; il y a alors sensation de froid vers le haut de la poitrine, chatouillement qui provoque une toux profonde. S’il y a coryza, outre les symptômes ordinaires de cette affection, -on trouve ceux qui annoncent que l’irritation a gagné la muqueuse trachéo-bronchique. Sentiment de plénitude dans la poitrine ; lassitude , malaise général ; toux d’abord sèche; incommode, sifflante; expectorations de mucosités d’abord irritantes ; quelquefois secousses de toux très-violentes, douloureuses, convulsives; quelques malades, croient avoir un déchirement dans la poitrine. Souvent il survient des symptômes qui annoncent que l’irritation s’est communiquée à la muqueuse gastrique; fièvre légère, pouls fréquent, rougeur de la langue, douleurs frontales , etc.

Ces, symptômes ayant persévéré pendant quelques jours, l’irritation diminue , la toux est moins pénible; les expectorations sont abondantes, épaisses, d’un aspect purulent; la respiration est moins difficile, l’appétit revient , l’expectoration dure encore quelques jours; le rhume est mûr, comme on dit, ce qui arrive ordinairement beaucoup plutôt en été qu’en hiver, parce qu’en hiver la peau étant exposée au froid , l’action vitale est augmentée à l’intérieur et entretient l’irritation. Il peut dégénérer en catarrhe chronique.

Les causes sont les mêmes que celles du coryza et de l’angine ; lés plus fréquentes sont les vicissitudes dé chaud et de froid , et surtout le froid subit lorsque le corps est échauffé , comme au sortir d’un bal, d’un spectacle, etc., etc., soit qu’on respire un air froid, soit que l’air agisse sur la peau et en arrête subitement l’action qui se reporte ou sur les poumons ou ‘sur la muqueuse pulmonaire. Le froid peut encore produire- cette affection de mille autres manières; mais , c’est toujours en déterminant l’irritation de la membrane muqueuse ; et c’est cette irritation seule que le médecin doit prendre en considération.

Le catarrhe simple n’est pas une maladie grave; il ne devient tel que lorsque rinflammation envahit le tissu du poumon, ce qui n’arrive que trop souvent, à cause de l’habitude où l’on est de regarder un catarrhe comme peu de chose et d’en négliger le traitement. Quelquefois l’inflammation passe tout à coup dans le poumon, et l’on a une pneumonie aiguë. Chez d’autres individus le catarrhe diminue pendant quelque temps, puis se renouvelle, disparaît, et revient ainsi plusieurs fois. L’irritation muqueuse peut durer de cette manière pendant quelques mois , et donner lieu insensiblement aux tubercules, à la phthisie pulmonaire, ou, en termes plus exacts , à la pneumonie chronique.

Le traitement consiste à soustraire le malade à l’influence des causes , et à employer le traitement anti-phlogistique dans toute son énergie , pour éviterla pneumonie, qu’un médecin sàgedoit toujours redouter. Si le catarrhe est aigu, on appliquera des sangsues au cou, sur le trajet de la trachée-artère ; leur nombre est en raison de l’acuité de l’inflammation et de la vigueur du malade; 20, 5o, 4o> 5o, et plus ; cataplasmes émolliens sur le cou et la poitrine , diète, séjour au lit, boissons émollientes tièdes, et le catarrhe disparaît promptement. S’il est moins violent, on s’abstiendra de saignées locales; mais , si le catarrhe est très-intense , s’il y a respiration sifflante ; si la toux est très-douloureuse, et que l’individu soit fort, on fera précéder les sangsues d’une saignée de bras.

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Qu# dirons-nou» de l’usage du vin chaud, du punch, des boissons sudorifiques, du thé alcoholisé , et d’autres substances excitantes conseillées par quelques médecins contre le catarrhe? Que ces médicamens, en réveillant l’action de la peau , diminuent celle de la muqueuse et opèrent quelquefois la guérison ; mais , qu’au lieu d’opérer ce transport d’action , ils augmentent souvent l’irritation déjà existante, et la fixent de plus en plus sur les membranes qu’elle occupe ; s’il y a complication de gastrite , ce qui n’est pas rare, les excitans doivent nécessairement l’augmenter. Ce sont donc des quittes ou doubles que n’emploiera jamais le médecin qui ne veut pas se jouer de la vie de ses malades.

Il sera parlé plus loin du catarrhe chronique , à cause de son rapport avec la pneumonie chronique.

Angine laryngéè ou laryngée-trachéale chez les adultes. C’est un catarrhe ou irritation prédominante dans le larynx ou dans la trachée et le larynx, au lieu d’être étendue sur toute la muqueuse des voies aériennes. Cette irritation est aiguë ou chronique.

Il y a douleur, chaleur ardente au larynx, sensibilité augmentée par le toucher, voix voilée , toux. Si le malade est d’une constitution irritable, il peut y avoir fièvre , respiration difficile , accompagnée d’une espèce de râlement ou de sifflement; les quintes de toux sont très-douloureuses, quelquefois accompagnées de convulsions ; les malades redoutent la déglm tion surtout des liquides , à cause des douleurs qu’elle réveille ; on en a vus que cette crainte rendait complètement hydrophobes. Les symptômes augmentant d’intensité, il -se forme dans le conduit aérien des concrétions albumineuses que le malade rend après plusieurs efforts de toux. Ces concrétions ne se forment pas cependant toujours chez les adultes, parce que la membrane muqueuse est plus sèche, et secrète moins que chez les enfans.

Lorsqu’il se forme de fausses membranes (résultat de la secrétion augmentée par l’irritation ) , cette angine ne diffère en rien du croup ordinaire des enfans.

Les causes sont les mêmes que celles du catarrhe pulmonaire déerit ci-dessus.

Cette irritation, quand elle est seule, produit rarement la mort chez lés adultes. Si elle est très-intense , elle peut s’étendre aux poumons, et faire périr le malade. Si elle n’est pas bien traitée, elle peut devenir chronique et dégénérer en phthisie laryngée. Sa durée, soit à l’état aigu, soit à l’état chronique , n’a rien de constant.

Au début de la maladie , le traitement doit être franchement

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anti-phlogistique. Il faut attaquer l’irritation , sans différer*, par l’application de sangsues à plusieurs reprises sur le larynx et la trachée ; cataplasmes émolliens , peu de boissons à cause des douleurs qu’elles déterminent et qui peuvent augmenter l’irritatipn ; il serait préférable d’administrer de temps en temps des demi-lavemens. Lorsque les concrétions albumineuses sont formées (s’ils s’en forment) , on ne doit plus employer les saignées , mais chercher à expulser ces mucosités. Les auteurs ont vanté le sulfure de potasse et le carbonate de potasse comme propres à produire cet effet ; mais l’ipécacuanha à doses réfractées, l’émétique même, si l’estomac est en bon état , sont les moyens qui paraissent le mieux réussir. Lorsque les fausses membranes sont expulsées, s’il y a encore de l’inflammation , il faut continuer le traitement adoucissant, et même revenir à l’application des sangsues, si l’inflammation conserve de l’acuité; mais en général les révulsifs |i l’extérieur , et les adoucissons à l’intérieur sont préférables, après les premiers dégrés de l’inflammation. Ainsi, règle générale : calmer l’irritation à son début par les saignées locales et les émolliens ; s’il y a formation de fausse membrane , en favoriser l’expectoration par i’ipécacoanha ou l’émétique ; employer ensuite la révulsion à l’extérieur et les adoucissans à l’intérieur; traiter les complications qui pourraient exister par les moyens convenables ; s’il y a gastrite, employer les sangsues sur l’épigastre, ou seulement le traitement émollient, suivant l’intensité.

Angine laryngée des enfans ou croup , Le croup est une inflammation de la membrane muqueuse du larynx. Quelquefois ce n’est qu’un catarrhe qui s’exaspère au point de produire l’angine. D’autres fois cette inflammation débute brusquement; on voit alors les enfans pris tout à coup de douleur, de chaleur au larynx , de gonflement , de fièvre , de suffocation. Dans tous les cas, c’est toujours une inflammation; cette inflammation est de même nature que chez les adultes; mais, comme chez les enfans, la membrane muqueuse est plus humide, que le canal dè la respiration est plus étroit, la sécrétion albumineuse qui se concrète en fausse membrane est plus abondante, et le danger de la suffocation plus imminent.

L’angine laryngée avec forme fcroupale se manifeste ordinairement chez les enfans après que le temps de l’allaitement est passé, beaucoup plus rarement que chez les adultes. Il y a douleur à la partie supérieure de la trachée , le plus souvent sans tumeur apparente à l’extérieur ; son croppal accompagnant la toux ou les cris; ce son que l’on a comparé au chant du coq, semble sortir d’un tuyau métallique ; respiration difficile et sifflante ; toux convulsive et sèche dans le

principe ; menace de suffocation ; quelquefois expectoration de concrétions membraneuses, face livide ou rouge, surtout pendant les efforts de toux; souvent il y a fièvre, pouls fréquent et faible, et le malade peut périr tout coup suffoqué.

Les causes sont le froid, les vicissitudes de chaud et de froid , l’humidité de l’atmosphère, l’inspiration de vapeurs ou de gaz irritans, une disposition particulière.

Les dangers que cette maladie fait courir sont en raison de l’intensité de l’inflammation et plus encore de la quantité de la sécrétion albumineuse, parce qu’elle peut produire la suffocation. La respiration sifflante et stertoreuse, une grande anxiété, la fièvre violente, sont de mauvais augure : l’expectoration de la fausse membrane, la respiration libre, la voix à peu près naturelle, sont des signes de bon augure.

En donnant l’émétique dès le début de cette maladie, on peut opérer sur l’estomac une révulsion salutaire ; mais est-on sûr d’opérer cette révulsion? Ne peut-on pas échanger une gastrite grave contre une irritation du larynx; d’ailleurs l’irritation gastrique ne peut-elle pas s’ajouter à l’irritation laryngée et augmenter par conséquent le danger? Malheureusement l’expérience ne prouve que trop dombien ces craintes sont fondées , et quelques succès, de loin en loin, ne sauraient autoriser une pratique si contraire à toutes les lois de la physiologie.

De quoi s’agit-il ? Le nom de croup ne signifie rien ; il faut arrêter les progrès de l’irritation , car il s’agit ici d’une irritation de la muqueuse du larynx et de la trachée. Donc , si on est appelé dès le début, on fera des saignées locales plus ou moins répétées, au moyen de 4> 5, 6 sangsues sur la partie malade, s’il s’agit d’un enfant, et d’un bien plus grand nombre s’il s’agit d’un adulte. Cataplasmes émolliens , boissons douces, bains de pieds. Lorsque la membrane est formée , on en favorisera l’expectoràtion par l’usage de l’ipécacuanha, à doses réfractées; quand l’inflammation est diminuée d’intensité, on peut employer les révulsifs avec précaution sur le canal intestinal, par exemple , quelques grains de calomel ; mais c’est à condition qu’il n’existe aucune irritation intestinale. II n’est pas rare que la gastrite accompagne le croup : dans ce cas , on applique quelques sangsues sur l’épigastre. On ne doit plus saigner dès que la fausse membrane existe ; quand elle est expulsée , on ne doit employer que les adouoissans.

Irritation convulsive des voies aériennes ou coqueluche. La \çoqueluche est un catarrhe où irritation de la muqueuse trachéobronchique , avec toux convulsive. On l’observe principalement chez les enfans et les femmes nèrveuses.

Les premiers jours , les symptômes sont ceux du catarrhe pul-

monaire ou de l’àngiùe laryngée , ensuite il y a toüx convulsive , dont les secousses se répètent quelquefois jusqu’à 5o, 60 , 80 fois sans interruption. La quinte se termine ordinairement par uu vomissement de mucosités , et le malade se trouve dans un état d’accablement extrême. Rougeur des yeux, du visage, gonflement des veines et battement des artères de la face et du cou ; quelquefois les excrémens et les urines s’échappent involontairement ; inspiration difficile, son particulier de la voix pendant la toux (on l’a comparé aux cris du loup). Les attaques sont irrégulières.

Le catarrhe convulsif dure suivant les circonstances, l’âge et le tempérament; quelquefois il persiste pendant des saisons entières; souvent il se termine par le vomissement. Il peut dégénérer en pneumonie ou en phthisie laryngée; le sang peut s’accumuler dans le cerveau sous l’influence des attaques de toux, les malades éprouvent alors des convulsions et même des accidens d’épilepsie; le cœur et les gros vaisseaux peuvent éprouver des dilatations considérables , à cause de la stagnation du sang dans les poumons, etc.

La nature de cette maladie consiste dans une irritation des voies aériennes associée (probablement) à une irritation nerveuse. Les causes occasipnelles sont, par conséquent, celles du catarrhe ordinaire. Les enfans y sont plus disposés que les adultes. Elle règne quelquefois épidémiquement sous une influence atmosphérique particulière. C’est à tort que l’on a placé le siège de cette affection dans l’estomac, parce que la toux convulsive se termine souvent par le vomissement. Mais l’autopsie cadavérique tranche la difficulté; en effet, on ne trouve que des traces d’inflammation et des altérations organiques semblables à celles que l’on observe à la suite du catarrhe ordinaire , de la pneumonie, de la phthisie laryngée , quelquefois des signes dé gastrite, un engorgement du cerveau , un anévrisme du cœur.

Cette maladie est presque constamment mortelle chez les, enfans avant l’âge de dix-huit mois à deux ans. Quand elle dure long-temps , il est à craindre qu’elle ne dégénère en pneumonie chronique ou en phthisie laryngée , et si elle est violente , elle peut produire les accidens que nous avons indiqués plus haut.

Au début de la maladie, ee traitement doit être le même que celui du catarrhe ordinaire ; saignées au larynx et à la trachée plus ou moins abondantes , plus ou moins répétées, suivant l’âge et la force du malade, et surtout suivant l’intensité de l’irritation; On recouvre les piqûres de sangsues avec cataçlqgmes çtpoljjen?, Poissons émollientes, bains

de pieds sinapisès , régime lacté et végétal. S’il y a menace de pneumonie, de pleurésie, de congestion cérébrale, de dilatation du coeur, saignées générales , puis saignées locales sur les points menacés..

Lorsque l’inflammation est apaisée par un assez long usage* des saignées et des émolliens , il faut combattre la disposition convulsive par les anti-spasmodiques. L’expérience semble prouver que la belladone mérite ici la préférence sur lés àu^ très. On l’administre d’abord à la dose d’un huitième, puis d’un sixième , d’un quart de grain cinq ou- Six fois dans la journée; mais c’est à condition que l’on aura fait précéder le traitement antiphlogistique, et que les voies digestives seront en bon état. Si les quintes de toux arrivaient périodiquement , on pourrait administrer le sulfate de quinine après les antiphlogistiques, et sous les mêmes réserves que la belladone où autres anti-spasmodiques.

Inflammations chroniques du larynx et de la trachée, ou phthisie laryngée èt trachéale. L’inflammation de la muqueuse du conduit aérien devient très-souvent chronique ; il en résulte quelquefois des ulcérations ou d’autres altérations organiques locales. On l’appelle alors phthisie laryngée ou trachéale.

Les signes dé cette maladie sont : douleur au larynx, à la trachée , à l’origine des bronches, derrière le sternum , suivant les points malades. Altération de la voix plus ou moins voilée , suivant le siège de la maladie*. Elle l’est moins si l’irritation prédomine dans les bronches; elle l’est beaucoup plus si c’est dans lé larynx. Outre cela, la douleur devient sensible à la pression si c’est au larynx; mais sü’mflammation est plus forte à là bifurcation des bronches , le malade peut éprouver dès accès d’asthme y dé suffocation ; voix sifflante ; la respiration se fait avec effort ; elle est accompagnée d’une espèce de râlé , expectoration de fausses membranes , de petits flocons de mucus épais , blanchâtre , quelquefois ressemblant à des fragméns de fromage ; de petits calculs au milieu d’üne matièré caséifôrmè,' été* ; le malaise augmente quand l’atmosphère est humides

Dans les premiers temps il n’y a pas de fièvre; mais si lé mal persévère, la fièvre survient avec redoublement le soir, il y a rougeur des pommettes, chaleur de la peau , sueurs nocturnes , le matin diminution de tous les symptômes de la pnéuîhôhie chronique (phthisie pulnrionàire). Cés symptômes annoncent que l’inflammation a en vahi lè parenchyme du poumon.

Lés causes sont ordinairement une inflammation aiguë telle que le catarrhe trachéo-bronchique ou i’anginé laryngée qui a précédé ; quelquefois la fièvre chronique se développe dès ié principe et sans être précédée de la forme aiguë , soüs l’in-

fluence de causes mécaniques , chaut , déclamation , du autres efforts de voix ; coups au larynx , etc.

Tant qu’il n’y a pas altération organique dans le larynx ou la trachée ; tant que l’inflammation n’a pas gagné le parenchyme même du poumon , il y a de l’espoir ; mais il y en a peu dans le premier cas, surtout si la maladie persiste malgré le traitement que nous allons indiquer; dans le second cas, ce que l’on reconnaît à la manifestation de la fièvre hectique et aux autres symptômes de la pneumonie chronique, le malade est perdu sans ressources.

A l’autopsie on trouve rougeur de la muqueuse du conduit aérien, quelquefois carie des cartilages du larynx, ulcérations tapissées par de fausses membranes ; quelquefois, tubercules résultant du gonflement des ganglions bronchiques , et bien d’autres désorganisations, très-souvent des désordres organiques dans le tissu des poumons qui sont les mêmes que ceux ' de la pneumonie chronique ; très-souvent aussi des traces profondes de gastro-entérite.

Les anciens médecins disaient : s’il y a des tubercules, il n’y a rien à faire; s’il n’y en a pas, le malade peut guérir. Aujourd’hui les médecins physiologistes disent : lès tubercules n’étant qu’un des produits de l’irritation , prévenons* les, en attaquant de bonne heure et avec persévérance cette irritation. Donc, s’il y a catarrhe aigu, il faut le traiter comme il â été dit plus haut; S’il y a état chronique, soit primitif,' soit consécutif à l’état aigu , il ne faut pas donner le temps aux ulcérations de se former, ni aux tubercules de se développer. En conséquence, ôn insistera sur les saignées locales ; on fera des applications de sangsues sur le larynx, la trachée, en petit nombre, mais très-souvent répétées, ét cela pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois ; on aura recours aux fomentations , aux cataplasmes émolliens ; ensuite moxas au nombre de a , 3 , 4 de chaque côté du larynx. Après les saignées locales, ce genre de révulsion a produit quelquefois des -merveilles dans des cas qui paraissaient désespérés. Il convient surtout d’insister sür ce moyen, quand il y a dyspnée, sifflement. Quand il y â constriction, convulsion du larynx, et que le traitrâitement anti-phlogistique et révulsif a été employé assez long-temps , on peut donner quelques anti-spasmodiques, tél que l’opium dans un véhicule approprié, les émulsions légèrement camphrées ; mais ôn né devra pas insister trop longtemps sür leur usage.

Si la maladie résiste aux saignées locales, aux moïâs , lé danger est extrême.

La nourriture doit être des plus douces, Le lait, ri le ma-

ladc le digère bien , les potages des substances féculentes préparés au lait ou au beurre frais, les fruits cuits, les légumes frais sont les seuls alimens convenables.

Si l’irritation du larynx avait succédé à une affection goutteuse ou rhumatismale, à la suppression d’une évacuation habituelle y telles que les hémorrhoïdes , on pratiquerait la révulsion sur les points précédemment affectés, afin de rappeler l’irritation à son siège primitif.

Angine œdémateuse. C'est une inflammation du corps du la-, rynx, qui ne doit pas être confondue avec l’irritation de sa membrane muqueuse.

II y a des symptômes positifs qui indiquent le siège de cette inflammation ; il y en a de négatifs qui indiquent que ce. siège, n’est pas la membrane muqueuse. Les premiers sont : difficulté de respirer, sentiment de strangulation, gonflement, sensibilité du larynx développée par le toucher; les seconds sont Fabsence dé la toux , du râle , la non-altération de la voix. Cette inflammation paraît débuter par les tissus placés entre les cartilages. Peu à peu la tuméfaction du larynx a lieu, le.tis.su cellulaire environnant devient œdémateux, gêne la respiration; il s’établit des abcès qui obstruent le conduit aérien , et le malade meurt suffoqué; ce qui peut encore arriver par le seul effet de la tuméfaction et avant le terme.de la suppuration. Quelquefois cette inflammation marche rapidement ; d’autres fois elle est longue et chronique , et peut durer plusieurs années.

Les causes sont en général celles de l’inflammation ; en particulier, les violences extérieures, les cravates trop serrées , le froid , le chant, les cris. Cette maladie paraît se manifester de préférence chez les individus lymphatiques , de constitution scrofuleuse.

Cette maladie e9t grave si elle n’est pas attaquée avec énergie dès le début, parce que l’inflammation peut amener promptement la désorganisation. L’état chronique est plus dangereux, parce qu’il détermine souvent la carie des cartilages. La formation des abcès à l’intérieur peut produire promptement la suffocation ; s’ils s’ouvrent à l’extérieur, le malade peut guérir.

Il est évident que le traitement doit être dés plus prompts et des plus énergiques , à cause de l’imminence du danger. Ainsi , application répétée eoup sur coup de sangsues au larynx et à son pourtour, au nombre de 20, 3o, 4<>> 5o; cataplasmes émolliens, diète, pédiluves sinapisés. L’inflammation est-elle très-aiguë, on fait une saignée de bras avant l’application des sangsues. Si la maladie est trop avancée et qu’il y ait désorganisation, les saignées et la diète ne feraient qu’épuiser inutilenîeqt je malqde; alors on a recours au* révulsifs ? moxa, ven-

touses sèches* vésicatoires, et à quelques palliatifs. S’il s’est formé un abcès à l’intérieur qui menace de suffocation, on tâche de donner une issue au pus, en pratiquant à l’intérieur ou à l’extérieur du larynx, suivant le cas, une opération convenable. Enfin , on pratique la trachéotomie, s’il n’existe pas d’autre moyen d’empêcher la suffocation ; mais on n’y a recours que lorsqu’il existe quelque espoir de guérison.

Inflammations aiguës des organes de la respiration. Jusqu’ici il n’a été question que des irritations limitées à la membrane muqueuse des voies aériennes; nous allons parler de- celles du parenchyme même des poumons et de celles de leurs enveloppes (plèvres). L’inflammation du tissu des poumons s’appelle, comme nous l’avons déjà dit, pneumonie, ou, plus vulgairement , fluxion de poitrine; quand elle occupe en même temps les poumons et la plèvre, on lui donne le nom de p leur o- pneumonie ; bornée à la plèvre (ce qui est extrêmement rare) , elle prend celui de pleurésie ou de péripneumonie. Lorsque la pneumonie existe à l’état chronique , on l’appelle phthisie pulmonaire; celui de pneumonie chronique est préférable, parce qu’if indique mieux la nature de l’affection. Quels que soient au reste les noms par lesquels on désigne ces maladies , il suffit de savoir qu’en dernière analyse on a toujours affaire à une irritation dont la nature est constamment identique, et qu’il ne s’agit que d’en reconnaître le siège et l’intensité, ainsi que les désordres organiques qu’elle a produits ou qu’elle peut produire. Le fatras des nomenclatures basées sur des symptômes fugaces, et non sur Y état des organes, ne sert qu’à obscurcir la science et à nuire à la simplicité, du traitement.

Pneumoîiie ou fluxion de poitrine 3 pleurésie et pleuro- pneumonie aiguë. La pneumonie est quelquefois précédée du catarrhe bronchique. L’inflammation passe alors des bronches au tissu du poumon, ou bien elle y arrive par la plèvre; d’autres fois elle se déclare d’emblée dans le poumon même.

Symptômes de la pneumonie a'ifguë Quelle que soit la voie que l’irritation ait suivie, voici à quels symptômes l’on reconnaît qu’elle siège dans le tissu même du poumon.

Frisson , oppression forte; le frisson n’a pas lieu si le catarrhe a précédé la pneumonie; dyspnée, sentiment de suffocation, toux profonde ,’ douleur de côté ordinairement fixe, poignante, quelquefois obtuse, avec sentiment de pesanteur, perçue le plus souvent sous la sixième ou la septième côte s quelquefois sous les omoplates, les clavicules, le sternum; Cette douleur augmente considérablement si le malade essaie de faire une inspiration profonde ; décubitus douloureux sur le «ôté opposé à celui qui est malade; plus commode sur le dos

si les deux côtés sont affectés ; toux plus ou moins forte dès le principe : d’abord expectoration presque nulle , ensuite plus ou moins abondante, visqueuse, mêlée de stries de sang; espèce de râle ou de cliquetis rendu sensible au moyen du cylindre ; son mal produit par la percussion sur le siège de Finflammation. Ce siège est à la partie supérieure des poumons, lorsque le catarrhe précède la pneumonie; il est ordinairement àla partie moyenne ou inférieure, quand il arrive subitement. Le pouls est plein, large, dur; mais la plénitude cesse, si la maladie fait des progrès ; rougeur foncée de la face , et surtout de la pommette du côté malade; souvent il y a complication de gastrite (avec les formes dites bilieuse, inflammatoire, etc.).

Quand la pneumonie marche rapidement, le son devient de plus en plus mat, la respiration est plus accélérée, lé pouls plus rapide , la coloration des joues devient livide ; quelquefois la pommette est entourée d’un cercle jaunâtre; une sueur abondante découle de la face, du cou, de la poitrine; yeux Iarpaoyans, regard triste et inquiet, expectoration peu abondante et souvent sanguinolente ; le bouillonnement de la poitrine augmente , le pouls devient petit , serré ,- précipité ; bientôt le malade ne peut plus rester assis dans son lit; quelquefois le besoin de respirer est extrême, et cependant il ne peut plus respirer, ni parler, ni boire, à cause de la douleur qu’il en éprouve; il ne parle plus que syllabe par syllabe ; il étouffe; les extrémités deviennent froides; une sueur visqueuse se ré-" pand sur tout le corps , et la mort arrive quelquefois au bout de deux, trois ou quatre jours ; d’autres fois la maladie.se prolonge plus long-temps; le plus souvent elle se termine par la guérison. Alors tous les symptômes diminuent peu à peu d’intensité, la respiration devien t plus libre , il y a moiteur légère , expectoration abondante et facile, le pouls devient moins fréquent, la douleur diminue, etc. On a vu l’hémoptysie survenir et enlever la pneumonie: cette hémorragie peut être considérée dans plusieurs cas comme le remède naturel de la pneumonie.

Symptômes de la plmro-pneumonie et de la pleurésie aiguës » L’inflammation du poumon ou la pneumonie est souvent accompagnée de celle de la plèvre; celle-ci peut aussi exister seule, surtout dans le principe. La pleuro-pneutnonie •peut n’exister que d’un seul côté, ou bien la pleurésie d’un côté, et la pneumonie de l’autre. Dans ce cas, il y a une vive douleur du côté pleurétique , laquelle est augmentée par la pression ou la percussion; le malade ose à peiue respirer ou tousser, parce que le mouyement des côtes détermina Bécessairemeat celui de la plèvre ? ce qui read la douiéar plus

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insupportable; quelquefois le malade ne peut ni boire, ni parler, ni changer de position. Le son est ordinairement clair vers le point pleurétique , et mat dans l’endroit où le poumon est enflammé; mais, comme l’inflammation passe ordinairement de la plèvrè au point correspondant du poumon , le son ne tarde pas à y devenir mat, de clair qu’il était. Tant que l’inflammation est bornée à la plèvre, le pouls est fréquent, vif, moins plein , moins large que dans la pneumonie ; la potrt*= mette correspondante est moins rouge, le visage moins gonflé, le faciès moins sinistre. Dans la pleurésie simple , le cylindre n’indique pas de changement dans la respiration; mais si deux ou trois jours plus tard On entend un cliquetis, une espèce de râle, de bouillonnement, l’inflammation a gagné le tissu du poumon , car ce bruit est oceasioné par le passage de l’air qui bat les mucosités, dont la sécrétion est augmentée par l’effet de l’inflammation. Si la maladie continue , il peut survenir des altérations organiques, telles que l’hépatisation, des tubercules , la gangrène , un empyème , des adhérences de la plèvre , l’hydrothorax , etc. Gës parties ne sont plus aptes à la respiration, et le cylindre ne transmet plus aucun bruit. Ainsi , quand un malade est dans un état de dyspnée, s’il y a son mat dans un endroit anciennement affecté , et douleur aiguë sensible au toucher, soit dans ce même endroit, soit dans un autré, on a affaire à une pleuro-pneumonie. Dans la pleurésie simple, il f à douleur vive, augmentée par le toucher, inflammation des deux surfaces pleurétiques qui sont en regard; les côtes restent alors immobiles à cause de la douleur.

L’irritation pulmonaire peut donc n’atteindre que iê paren— chyme du poumon, c’est la pneumonie, ou la plèvre, c’est la pieu* résie , ou plus souvent l’un et l’autre, c’est la pleuro-pneumonie. Quelquefois ily a en même temps catarrhe, pneumonie et pleurésie'.

La gastro-entérite se rencontre très-souvent avec les irritations du poumon. Alors, aux symptômes précédens se joignent ceux qui indiquent cette complication, rougeur de la langue, amertume de la bouche , fuliginosité , chaleur âcre de la peau | soif, etc. , suivant les nuances de la gastro-entérite. Lespneum o nies et les pleurésies bilieuses ou gastriques , malignes , putrides àdynamiques , etc. , des auteurs ne sont que des pneumonies ou des pleurésies ordinaires compliquées de gastro-entérite, dont la forme varie suivant l’intepsîté de l’inflammation et la constitution du sujet; l’autopsié cadavérique ne laisse aucun doute à cet égard. (V. Gastrite et Gastro-entérite. )

La pneumonie ou la pleuro-pneumonie aiguë peut se terminer par la résolution , la suppuration , la gangrène, l’hydrothorax? la pneumonie chronique ou phthisie pulmonaire, v

Causes de lu pneumonie et de la pleurésie aiguës. La pneumonie peut reconnaître pour cause première l’irritation de la muqueuse bronchique, filant dans le tissu du poumon. Les causes les plus ordinaires sont le froid qui agit à l’extérieur et diminue l’action de la peau , arrête la transpiration pulmonaire, et, à l’intérieur, au moyen des boissons froides, ou de l’inspiration de l’air froid , lorsque les poumons sont très-échauffés , comme au sortir d’un bal, d’une assemblée nombreuse , après un exercice violent; tout ce qui porte ou refoule le sang dans les poumons, comme les affections vives qui déterminent le refroidissement à l’extérieur et concentrent la chaleur à l’intérieur; le frisson qui survient au début des fièvres intermittentes, les vicissitudes de chaud et de froid, les gaz irritans, le chant* la déclamation, les cris. Ces différentes causes peuvent produire le catarrhe , la pneumonie ou la pleurésie. Ajoutez à cela les violences extérieures, telles que les coups, les chutes sur la poitrine. Les altérations organiques que l’on trouve constamment à la suite de ces maladies sont l’effet, et jamais la cause de l’irritation.

Lorsque cette affection est très-aiguë, elle peut être mortelle dans trois ou quatre jours. La respiration très-difficile, la toux fréquente et très-douloureuse, l’anxiété profonde, le délire, la respiration devenant tout à coup accélérée et courte, le bouillonnement de la poitrine, le froid des pieds sont des signes qui indiquent la violence de l’inflammation et l’imminence du danger. L’expectoration facile de matières jaunâtres, épaisses, quelquefois teintes de sang, sans toux violente; une épistaxis , ou une hémorragie par les vaisseaux hémorroïdaux , l’éruption d’une irritation externe annoncent que l’inflammation n’est pas très-intense, ou qu’il se fait un transport d’irritation (métastase), ordinairement favorable.

On peut craindre la suppuration lorsque les symptômes persistent pendant douze , treize, quatorze jours avec la même intensité. On peut présumer qu’elle existe, si la douleur diminuant, la dyspnée continue; s’il y a des frissons, fièvre hectique, décubitus plus facile sur le côté malade. On peut juger qu’il y a épanchement, si la respiration devient tout à coup gênée , accélérée , et que le malade soit obligé d’avoir le tronc élevé pour l’exécuter.

Traitement. Il doit être franchement antiphlogistique. Il importe de ne pas perdre de temps, à cause de la marche rapide de cette maladie. La saignée générale, abondante , réité*» rée, convient spécialement à la pneumonie, et la locale à la pleurésie ; mais on peut faire succéder la saignée locale à la générale quand il y a chaleur au haut du sternum ( c’çst un ça-

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tarrhe bronchique ) ; les sangsues doivent alors être appliquées au bas du cou , sur le trajet de la trachée.

Dans la pleurésie violente, la saignée générale peut précéder la locale; cette dernière se pratique au moyen dés sangsues , au nombre de 3o , 4 o , 5o et plus , ou des ventouses , et c’est même un des cas où les ventouses peuvent indifféremment être substituées aux sangsues. On revient avec confiance et à plusieurs reprises aux saignées locales , si les symptômes persistent. . . : ,

Il est assez difficile de déterminer jusqu’à quelle époque de la: maladie. il, faut avoir recours à. la saignée;? c’est la violence de l’inflammation qui doit servir de guide à cet égard ; ainsi on doit généralement en faire. usage quand la douleur est vive , peu étendue, quelle que soit la durée de là maladie , fût-elle de trente ou quarante jours. C’est une absurdité de dire que dans cette maladie on ne doit plus saigner passé le quatrième jour. Xes saignées ne. doivent plus avoir lieu, quand la prostration survient, fût-ce au troisième jour. Il en est de même quand le son mat- est très-étendu. La saignée faite dans ces circonstances hâte toujours la mort. .

S’il y a complication de gastrite ou de gastro-entérite , les auteurs conseillent les purgatifs, les vomitifs., surtout quand c’est la nuance bilieuse. On cite -plusieurs cas de guérison; mais comme on opère par ces moyens une révulsion y l’on n’est jamais sûr si on ne produira pas plus:d’irritation qu’il n’en existe déjà. G’est ce qui ne manque jamais ;d’arriver, si l’inflammation gastro-intestinale est tant soit peu. intense. Ainsi, dans les cas appelés pleurésie bilieuse 3 catarrhe bilieux 3 avec fièvre inflammatoire, angioténique, et e. , il est plus rationnel et plus sûr d’appliquer dans le principe des . sangsues sur l’épigastre. Si les évacuans pouvaient être indiqués , ce serait plutôt dans les cas où il n’y a aucune complication de gastrite ; mais la chance est toujours incertaine.

Après les saignées tant générales que locales, on emploie les révulsifs ; mais il est essentiel que l’inflammation soit apaisée , ou du moins très-ralentie ; car les vésicatoires appliqués pendant l’acuité agissent presque constamment au bénéfice de l’inflammation. Les vésicatoires doivent être appliqués sur la poitrine même, et non aux cuisses ou aux bras, où la révulsion est impossible.

La diète doit être sévère , absolue , si l’inflammation est violente et s’il y a complication de gastrite; boissons émollientes, point d’acides, parce qu’ils augmentent la toux, laquelle augmente l’irritation.

Si , après tous ces moyens , la toux persévère ? on peut don-

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ner au malade quelque émulsion ou une infusion de fleurs d’oranger légèrement opiacée, â condition pourtant qu’il n’y ait pas la moindre complication de gastrite , ce que l’on reconnaît à la netteté de la langue et à l’absence des autres symptômes. Dans la convalescence , on se conduit comme dans celle de la gastrite.

Fermes chroniques de if irritation des organes de ta respiration . Toutes le9 irritations des viscères pectoraux dont il a été question jusqu’ici sont susceptibles de revêtir la forme chronique, Ges irritations chroniques succèdent le plus souvent à la forme aiguë; mais elles peuvent être lentes dès le principe, sans avoir été précédées de l’état aigu.

Catarrhe pulmonaire chronique. ïi arrive souvent que l’irritation prolongée de la muqueuse bronchique aboutit à la pneumonie chronique. On juge qu’elle va intéresser le poumon lorsque la fièvre survient, ou que le léger mouvement fébrile déjà existant ne cesse pas* qu’il y a des redoublëméns nocturnes , accélération du pouls , rougeur des pommettes , son mat au-dessous des clavicules. Dans ce cas ia maladie est grave : c’est la pneumonie chronique ou phthisie pulmonaire, dont nous parlerons plus loin. Il est donc nécessaire de bien caractériser le catarrhe pulmonaire , pour l’empêcher d’arriver à cette fin

Symptômes du catarrhe pulmonaire chronique. Tant que la phlegmasie n’existe encore que dans la muqueuse bronchique, il y a toux habituelle , expectoration de mucosités claires oa opaques, glaireuses , blanchâtres , quelquefois peu abondantes , d’autres fois en quantité énorme. Ges symptômes augmentent d’intensité par le froid des pieds, par le passage d’une température chaude à une plus froide, après un repas, un exercice violent. Au réveil, le malade éprouve -le' besoin d’expectorer, ou même il est réveillé par ce besoin produit par l’accumulation des mucosités dans les bronches pendant le sommeil ; mais, ce qu’il est essentiel de noter j il n’y a pas de fièvre, pas de son mat, le cylindre transmet un bruissement, ou plutôt uae agitation profonde de mucosités : l’apparition de ces symptômes est le signal que le poumon est envahi. Plusieurs individus portent long-temps cette irritation bronchique sans en être incommodés ; elle peut persister plusieurs mois , et même plusieurs années; elle peut très-facilement repasser à l’état aigu, sous l’influence des plus petites causes , et emporter le malade.

Causes. Le plus souvent le catarrhe chronique est consécutif au catarrhe aigu ; il est produit et entretenu par les mêmes causes. Le catarrhe peut exister avec la pneumonie, la pleurésie, l’anévrisme du cœur, la gastrite.

Si le catarrhe pulmonaire n’est pas arrêté , il peut arriver

deux choses : t4 qu’il passe à l’état aigu ; 2? qu’il détermine !a pneumonie chronique avec toutes ses formes; 5° qu’il donne lieu à des engorgement lymphatiques ( tubercules } autour des bronches , de la même manière que la gaslro -entérite produit l’inflammation des glandes du mésentère ;.cela arrive surtout chez les individus lymphatiques. 11 y a de l’espoir tant que l’irritation est bornée à la muqueuse; mais, dès que le poumon est profondément atteint, surtout si le. catarrhe existait depuis long-temps , il n’y a plus de guérison à espérer. Onpeut regarderie catarrhe chronique comme la cause la plus fréquente de la pneumonie chronique ( phthisie pulmonaire), parce que, sous prétexte que ce n’est qu’un rhume, comme on le dit, on donne le temps à l’irritation de s’étendre au tissu du poumon.

Traitement. Chez les sujets forts, sanguins, pléthoriques, le traitement doit être antiphlogistique; de temps en temps saM gnées locales, 10, 12, i5 sangsues sur le bas de la trachée; éloigner les causes qui peuvent entretenir la maladie. Chez les sujets faibles, lymphatiques , mal nourris, mal vêtus , le catarrhe pulmonaire peutdurer pendant toute la mauvaise saison, et ne cesser qu’au retour des chaleurs; il convient alors de nourrir ces malades, de les faire vêtir chaudement , de leur permettre l’usage d’un peu de vin, de leur administrer quelques toniques, tels que le lichen, dé légères décoctions de quinquina , quelques boissons sudorifiques , la scilie dans une potion tnucilagineuse, etc. Un vésicatoire sur la poitrine opère quelquefois des merveilles ; mais l’emploi desstiinuians exige beaucoup de prudence. Si on agit comme les routiniers, et que l’on ne sache pas s’arrêter à propos, onpeut produire la gastrite, la pneumonie chronique. Il faut donc savoir s’arrêter dès que l’on aperçoit des symptômes de gastrite /O» de pneumonie. , .

S’il survient des complications de gastrite , de pneumonie, de pleurésie j d’anévrisme du cœur , on traite ces complications par les moyens accoutumés. ( Voyez ces mets.) Si le Catarrhe passe à l’état aigu, on emploie les saignées locales et un traitement franchement antiphlogistique.

Pleurésie chronique. Les anciens auteurs ont souvent confondu cette affection avec l’hydropisie de poitrine et l’anévrisme du cœur , ou plutôt ils ont appelé de ce nom ce qui était véritablement une pleurésie chronique. La pleurésie chronique est une irritation de la plèvre. Sous l’influence de celte irritation , les sécrétions peuvent être changées et donner lieu à une collection séreuse ou. purulente ; cette collection peut comprimer lç poumen et faire croire à son atrophie ; il peut J avoir des adhérences de la plèvre, et une infinité d’autres aï*

térations organiques qui ne sont que {^ résultats ou les synip - Wmes de l’irritation pleurétique. C’est donc cette irritation qui doit fixer l’attention du médecin; les symptômes ne doivent servir qu’à l’indiquer, au lieu d’être regardés comme la maladie principale.

Symptômes . Quand la forme aiguë a précédé, il est très-facile de reconnaître la chronique. La fièvre cesse, le malade reprènd un, peu de forces, l’appétit revient ; mais il est essoufflé après la marche et après le repas , il tousse un peu , il y a dyspnée; le son devient mat au lieu où était la douleur, et même il s’étend à une grande partie du poumon, ce qui est un indice certain , ou que la pneumonie s’est jointe à la pleurésie, ou qu’il y a un épanchement. Quand la pleurésie n’a pas débuté par l’état aigu , et qu’elle a commencé d’une manière lente, occulte, presque insidieuse, on la néglige ordinairement, parce que les symptômes en sont d’abord peu apparens, et on n’y fait attention que lorsqu’elle est arrivée au .point de donner lieu aux phénomènes précités. A mesure que la maladie avance, elle aboutit d’une manière de plus en plus tranchée à la pneumonie ou à l’hydrothorax, ou à ces deux affections simultanément.

Quand il y a hydropisie et que la collection est considérable, le poumon du côté malade est comprimé, réduit à un petit volume, ne livrant plus passage au sang; il y a son mat , dyspnée; mais le malade conserve son appétit, et il n’y a pas de fièvre. Si , au contraire, il y a pneumonie , outre le son mat il y. a -fièvre et rougeur des pommettes. Si un seul poumon est comprimé par la collection séreuse ou purulente, l’autre acquiert un surcroît d’énergie qui le dispose à l’inflammation , en raison de la plus grande quantité. de sang qu’il est obligé de recevoir. Le malade éprouve du malaise, et même de la douleur de ce côté, tandis que le côté vraiment malade est souvent insensible. D’autres fois la pneumonie survient dm côté qui était resté sain, et ce cas est presque toujours mortel. Chez quelques malades, la phlegmasie aiguë se greffe sur la chronique, et malheur alors si le son mat existait avant ce nouvel accident. Chez d’autres, il y a hydropisie de poitrine bien caractérisée ; cette hydropisie peut devenir générale; on trouve alors bouffissure de la face, des paupières, infiltration des pieds , des jambes, et souvent de tout le tissu cellulaire. Quelquefois le bas du côté malade éprouve des douleurs produites par la compression du plexus bracchial. Très-souvent la gastrite survient, surtout quand la pleurésie existait depuis longtemps. II peut aussi y avoir complication d’hypertrophie du Cœur.

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* Causes. La pleurésie chronique débule souvent par l’aiguë; celle-ci doit alors être regardée comme cause de la première; mais la pleurésie peut débuter d’une manière occulte , et doit être alors considérée comme chronique dès le principe; car c’est le degré de l’irritation , et non le temps qui constitue son caractère réel. Les douleurs rhumatismales et articulaires ambulantes, ou plutôt l’irritation qui les produit, se fixe quelquefois sur la plèvre, et donne lieu tantôt à une pleurésie aiguë, tantôt à une pleurésie chronique. Les coups, les chutes sur la poitrine laissent souvent une légère douleur qui finit par déterminer une phlegmasie de la plèvre. Les accès de fièvres intermittentes laissent quelquefois un point d’irritation dans la plèvre, qui souvent disparaît, mais qui reste quelquefois, et amène la pleurésie chronique.

Quand il y a induration du poumon , hépatisation , le mal est plus grave que quand il y a simple compression produite par l’épanchement; car, dans ce dernier cas, la résorption peut avoir lieu , et Le poumon revenir insensiblement à son état primitif, conservant néanmoins un certain degré d’atrophie. Le plus souvent les malades succombent ou par la pneumonie qui s’ajoute à la pleurésie, ou par la gastrite, ou par la compression des poumons , du cœur et des gros vaisseaux. Lorsque le son mat est peu étendu, le malade peut encore exister un grand nombre d’années : quelquefois l’inflammation se termine par l’adhérence de la plèvre pulmonaire avec la plèvre costale, et le malade peut être regardé comme guéri , sauf un peu de gêne de la respiration; mais cette terminaison est extrêmement rare.

Traitement. Il est plus aisé de prévenir la pleurésie chronique que de la guérir; aussi est-il de la dernière importance d’arrêter de bonne heure la pleurésie aiguë pour empêcher ce résultat. Les moyens thérapeutiques peuvent cependant être couronnés de succès quand la maladie est peu ancienne , que le son mat est peu étendu , qu’il n’y a pas de fièvre, pas de rougeur dés pommettes , parce que ce son dépend alors d’une collection dont l’absorption n’est pas impossible. Le repos le plus absolu , un régime léger, doux, et l’abstinence de toute espèce de boissons excitantes sont de rigueur; mais ce sont surtout les révulsifs qui doivent être regardés comme le moyen le plus efficace , dans les cas où il reste quelque espoh\ On déterminera donc la résorption ou la révulsion , surtout chez les jeunes sujets, par l’emploi des vésicatoires, des moxa, des sétons placés sur l’endroit où le son mat existe, et non pas toujours sur l’endroit douloureux; car il peut arriver que le poumon sain soit le plus douloureux , par la seule raison qu’il reçoit en é*cès le sang qui ne peut traverser facilement celui qui estcom-

ÿfê POU

primé par la collection séreuse ou purulente. Dans ce cas, l’ap. plication du vésicatoire sur le côté sain et douloureux ne ferait qu’y développer la tendance à l’inflammation et accélérer la mort de l’individu. Il est donc essentiel de bien reconnaître cet état, pour ne pas commettre dans le traitement une pareille erreur. Quand le pus tend à se faire jour à l’extérieur, on pratique l’opération del’empyème; mais cette opération est contreindiquée, si la pneumonie coïncide avec la pleurésie, si le poumon est hépatisé , tuberculeux , ce que l’on reconnaît quand il. y a fièvre avec redoublement, rougeur des pommettes, etc. ; elle est encore contre-indiquée quand il y a hydropisie , hypertrophie du cœur, couleur violette des lèvres. Le seul cas où. l’expérience en ait démontré l’avantage, c’est celui où le son mat est très- circonscrit.

On tâchera d’empêcher l’infiltration qui se manifesterait aux paupières, aux pieds, etc. ; pour cela on joindra aux moyens indiqués les diurétiques , tels que le nitrate de potasse , le genièvre, la scille , les purgatifs légers; mais il faut toujours surveiller l’état des voies digestives.

Si l’état aigu se greffe sur le chronique , on emploie les antiphlogistiques, comme dans la pleurésie aiguë.

Les complications de gastrite exigent des précautions dans l’usage des alimens et de tous les médicamens internes.

La pneunaonie à laquelle la pleurésie n’aboutit que trop souvent ne fait qu’aggraver l’état du malade , mais n’exige pas de traitement particulier.

S’il y a hypertrophie du cœur, elle sera traitée par les saignées, le repos absolu, la diète plus ou moins sévère , et la digitale , s’il n’y a pas de gastrite.

Phthisie pulmonaire ou pneumonie chronique. Après avoir parlé du catarrhe pulmonaire et de la pleurésie soit aiguë , soit chronique, nous sommes en état de mieux comprendre la pneumonie chronique. On a vu que l’irritation de la muqueuse bronchique et de la plèvre s’étendait très-souvent au tissu du poumon; on a vu aussi que la pneumonie aiguë pouvait passer à l’état chronique , comme toutes les autres inflammations. La connaissance de ces diverses inflammations est donc un grand pas de fait vei’s celle de la maladie dont il est question.

Quel qu’ait été le début de cette maladie, l’ouverture des cadavres présente constamment des traces nombreuses de désorganisation , des tubercules, des granulations, des cavernes, des abcès, des mélanoses, l’hépatisatioiï, des masses eneéphaloïdes, quelquefois la destruction presque complète du poumon

par la suppuration.

Les auteurs n’avaient jamais bien connu la pneumonie efaro-

nique ? si on en juge par les théories qu’ils en donnent et les nombreuses classifications qu’ils établissent. Cette affection était pour eus une maladie spécifique, qu’ils appelaient phthisie, et dont. ils avaient fait plusieurs espèces, sans autre fondement que la prédominance de tels ou tels symptômes, ou les lésions organiques observées après la mort. C’est ainsi qu’il y avait des phthisies tuberculeuses, rhumatismales, catarrhales; nlcéreuses, méîanoïdes, granuleuses, etc. Mais le médecin physiologiste qui sait que ces diverses désorganisations sont constamment le produit de l’irritation ; que celle-ci détermine tantôt des tubercules, tantôt l’hépatisation, tantôt des mélanoses, etc. , suivant la disposition individuelle, le siège précis de l 'irritation, son intensité etc. , se gardera bien de prendre l’effet pour la cause, et de croire à la spécificité de cette .maladie. Soit qu’elle marche rapidement vers la désorganisation ou qu’elle ne parcoure ses périodes qu’avec lenteur et d’une manière presque imperceptible ; quelle que soit la formequ’elle revête, sa nature est touiours la même ; c’est une irritation , une phlegmasie du tissu pulmonaire. Le nom de pneumonie chronique est donc préférable à celui de phthisie pulmonaire , parce qu’il exprime mieux la nature de la maladie.

Là pneumonie chronique peut sé présenter sous des formes extrêmement variées , qui pourraient en rendre le diagnostic difficile ; mais comme elles se rattachent à certains symptômes qui se rencontrent toujours, et qui sont pour ainsi dire pathognomoniques , on ne sera jamais induit en erreur.

I! y a des pneumonies chroniques primitives et des pneumonies consécutives. Les premières sont celles qui n’auraient été précédées ni de catarrhe, ni de pleurésie, ni de pneumonie aiguë; les autres sont celles qui ont été précédées de l’état aigu ; mais il est rare que la pneumonie chronique' surfienne , sansqu’il y ait eu auparavant un peu de toux de temps én temps , un catarrhe pulmonaire auquel on ne faisait pas attention. Insénsiblement cette irritation des bronches gagné le poumon , donné lieu à 'la formation des tubercules , et l’on dit que les tubercules existaient sans inflammation préalable et que la phthisie est essentielle. Comme il serait trop long èt même inutile de décrire ici les nombreuses formes de la pheumotiiè chrofliqué , nous nous arrêterons aux plus communes, eornme pouvant servir de type pour reconnaître toutes les autres. Nous parlerons de la pneumonie primitive , dite phthisie essentielle > et de la pneumonie chroniique , succédant îî une phlegmasie aiguë.

Symptômes de la pneumonie chronique -primitive, appelée vulgairement phthisie pulmonaire. Elle est précédée d’un plus ou moins grand nombre des signes que nous allons énumérer : fièvre lé-

gère , augmentée par le plus petit exercice ; ardeur / sécheresse de la paume des mains, surtout vers le déclin du jour; humidité des yeux après le sommeil; urines abondantes; rougeur des pommettes; enrouement; douleurs légères ou aiguës dans le dos , dans la poitrine ; quelquefois point sourd ou lancinant d’un ou des deux côtés; céphalalgie; défaillances fréquentes; lassitude et inaptitude générale à l’exercice ou au mouvement. Bientôt il survient des symptômes qui ne laissentplus dedoutesurla nature de la maladie , savoir : une irritation légère du larynx, toux sèche plus ou moins violente , voix voilée, sentiment de pesanteur et de contriction dans la poitrine , surtout après le mouvement; quelquefois hémoptysie, décubitus difficile sur l’un des côtés, respiration courte , accélérée, accompagnée d’étouffement après la marche, en montant l’escalier ; la; toux augmente vers la fin du jour; pendant la nuit elle est déchirante, et suivie d’expectorations muqueuses ou puriformes. Ces signes sont accompagnés de douleurs errantes dans la cavité thoracique , de lassitude considérable; le caractère du malade devient aigre, l’appétit diminue de plus en plus, et il n?est pas rare que le vomissement survienne après les repas ; le corps maigrit considérablement ; l’expectoration devient plus abondante , et les matières expectorées sont purulentes , jaunâtres , verdâtres , grisâtres , quelquefois mêlées de stries de sang. La fièvre, hectique survient avec redoublement le soir, de cette manière : ordinairement sentiment de langueur et de froid avant l’exacerbation fébrile , qui augmente pendant quelques heures ; le pouls est très-accéléré , la peau est brûlante , la toux sèche et fréquente ; cette ardeur fébrile est remplacée par des suears nocturnes abondantes ; l’urine dépose un sédiment briqueté. Tous les symptômes diminuent ensuite d’intensité. Là percussion donne un son mat dans une étendue plus ou moins considérable; le cylindre ne fait plus entendre la respiration sur les mêmes points où le son est mat, parce que le poumon

étant tuberculeux, hépatisé, abscédé, est devenu imperméable

à l’air ; la langue et toute la muqueuse de la bouche est rouge ou se couvre d’aphtes; une pâleur cadavéreuse se répand sur tout le visage, excepté un espace très-circonscrit des pommettes. A mesure que la maladie marche vers sa fin; la maigreur devient effrayante, les yeux prennent un éclat perle ; une diarrhée colliquative se déclare, ce qui annonce que l’irritation a gagné non-seulement l’estomac , mais même le colon ; quelquefois il y a infiltration des pieds , chute des cheveux; les ongles se recourbent, chaque effort de toux est une menace de suffocation , et enfin la mort termine cette longue scène de douleurs.

Dans cette nomenclature , les symptômes vraiment pathognomoniques sont les douleurs dans la poitrine, la rougeur des pommettes, la fièvre hectique, le son mat, l’absence de respiration dans les points affectés, perçue au moyen. du cylindre, la toux et la nature de l’expectoration. Dans certaines nuances plus obscures, on ne trouve qu’une toux simple , peu ou pas de fièvre ; le teint est jaunâtre , mais le malade maigrit , dçpérit; il y a presque toujours lésion des organes digestifs.' Pour découvrir alors l’affection pulmonaire, il faut percuter la poitrine avec beaucoup de soin et employer le cylindre. On finit par découvrir un son mat, on n’entend pas le passage de l’air, les côtes correspondantes sont immobiles ; on peut alors prononcer que la pneumonie existe, quoiqu’il nJy ait pas de crachats purulens , ni fièvre, ni coloration des pommettes,, ni les autres signes sympathiques mais ces symptômes se déclarent bientôt par les progrès de la maladie.

Symptômes de la pneumonie chronique consécutive à l’état aigu. Dans un très-grand nombre de cas la pneumonie chronique a été précédée ou de catarrhe aigu , ou de pleurésie aiguë, ou de pneumonie aiguë. On peut même dire que ces trois sortes d’irritation aboutissent presque constamment à la pneumonie chronique lorsqu’elles se prolongent pendant quelque temps. Ces symptômes commémoratifs rendent donc le diagnostic de cette maladie très-facile. On est assuré que l’irritation bronchique ou celle de la plèvre a envahi lé poumon , que la pneumonie aiguë est devenue chronique , quand les douleurs persistant ou se déclarant dans la poitrine , il y a rougeur des pommettes, petite fièvre continue ( hectique) , son mat et absence de respiration reconnue au moyen du cylindre dans une étendue plus ou moins grande, immobilité et dépression des côtes sur l’endroit affecté, toux avec expectoration purulente.

Quand le catarrhe a précédé la pneumonie chronique, c’est la partie supérieure du poumon qui est d’abord atteinte ; quand elle succède à la pleurésie, c’est la partie correspondante au point pleurétique. Ces signes, qu’on peut appeler infaillibles , sont accompagnés des mêmes symptômes sympathiques que ceux qui se manifestent dans le cours de la pneumonie chronique primitive à un degré avancé. Lorsque la désorganisation est arrivée, qu’il y a des tubercules, hépatisation, cavernes , suppuration, etc., les symptômes sont absolument les. mêmes et se confondent entièrement, quel qu’ait été le début de la maladie.

Dans le cours de la pneumonie , il n’est pas rare de voir se manifester différentes affections cutanées, telles que des érysipèles, dés furoncles, des éruptions miliaires, des fistules â

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l’anus , etc. ; mais ces éruptions n’arrêtent pas les progrès de la maladie lorsque la désorganisation est commencée.

La gastrite et la gastro-entérite viennent presque toujours s’ajouter à la pneumonie chronique lorsque la désorganisation est très-avancée ; il y a alors ou dégoût ou avidité des alimens , et tous les symptômes de la gastrite, mais toujours douleurs d’estoinac après les repas ; il y a aussi constipation ; mais cette irritation des intestins file plus tard dans le colon , ce qui amène la diarrhée, que la mort suit ordinairement de près.

La pneumonie chronique peut être exaspérée par différentes causes , surtout par le froid , revêtir la forme aiguë et entraîner promptement le malade ou redevenir chronique , et ensuite aiguë à plusieurs reprises.

Entre ces deux nuances bien tranchées de la pneumonie chronique, il en existe un grand nombre de plus ou moins obscures, mais qui peuvent facilement être saisies, en les com« 'parant aux tableaux que nous venons de tracer.

Causes de la pneumonie chronique consécutive et de la phthisie pulmonaire primitive. La pneumonie chronique consécutive reconnaît pour cause la phlegmasie aiguë qui l’a précédée. La pneumonie chronique primitive 3 essentielle' des auteurs , peut être déterminée par toutes le? causes irritantes, stimulantes, qui agissent sur les poumons. Mais , quoi qu’on en dise , la phthisie n’arrive jamais ex abrupto , et, si l’on y prend bien garde , on trouvera toujours qu’elle a été précédée de catarrhe plus ou moins léger, paraissant et disparaissant par intervalles, de toux, de maux de gorge, de douleurs légères dans le dos, etc.; mais , comme on ne fait pas attention à ces symptômes lorsqu’ils sont légers , on dit que les tubercules , que' les granulations ou tubercules miliaires existaient dans le poumon avant l’inflammation pulmonaire , que celle-ci est un résultat de ees altérations organiques, et que la phthisie est par conséquent une maladie sui generis que l’on ne peut ni prévoir, ni arrêter dans sa marche. Heureusement que cette théorie décourageante est erronée. Les altérations organiques, quelles qu’elle^soîent , sont toujours l’effet d’une irritation qui les a précédées; mais les tubercules , les granulations , le pus , etc. , une fois formés , deviennent autant de corps étrangers qui irritent les parties voisines, augmentent l’irritation dont elles sont déjà travaillées et accélèrent la désorganisation. Qu’il suffise de noter ceci eomme un fait, parce que les limites de cet ouvrage ne permettent pas d’entrer dans le détail des preuves qui le rendent incontestable.

Oütre les causes occasionelles de la pneumofliô chronique, qui sont tous les agens qui irritent, stimulent, excitent les organes de la respiration , par conséquent les mêmes que celles

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de la pneumonie aiguë, il y en a de prédisposantes. La prédisposition consiste dans une irritabilité particulière du poumon qui le rend plus sensible à l’impression des agens-irritans et par conséquent plus apte à contracter l’irritation. Il n’est aucun âge , aucun sexe , aucun tempérament qui ne puisse être affecté de pneumonie; mais l’expérience a démontré que la prédisposition, l’irritabilité particulière dont nous parlons , se rencontre principalement chez les individus qui ont l 'habitus que l’on a nommé phthisique , et dont les caractères sont les suivans : poitrine étroite, cou long et mince, membres grêles, stature élancée, peau fine, couleurs rosées et circonscrites des joues, tempérament lymphatico-sanguin. La constitution scrofuleuse donne aussi la disposition à la formation des tubercules, et par conséquent à la pneumonie chronique. Comme la structure organique se transmet par hérédité , il en résulte que dans les mêmes familles on doit rencontrer souvent la même irritabilité qui en dépend, ou, ce qui est la même chose, la prédisposition aux mêmes maladies. Il ne s’ensuit pas néanmoins que ces individus soient irrévocablement condamnés à contracter des maladies de leurs pères ; maïs , pour en être exempts, ils ont besoin d’éviter plus soigneusement l’influence des causes occasionelles que les individus non prédisposés. Malheureusement là prédisposition, ou, pour parler avec plus d’exactitude , l’irritabilité peut être telle que l’influence seule des agens nécessaires à la vie peut déterminer l’inflammation. Le chant , la déclamation , l’habitation dans les climats froids, etc. , peuvent n’être pas nuisibles à une poitrine peu irritable ; les mêmes causes seront mortelles pour des poumons doués d’une grande irritabilité, tels qu’on les rencontre chez les individus à habitus phthisique.

Nous avons dit que la gastro-entérite se développait souvent durant le cours de la pneumonie; mais il n’est pas rare aussi que la gastrite préexiste à l’affection pulmonaire; elle doit être alors regardée comme la cause de la pneumonie chronique. II est essentiel de ne pas perdre de vue que ces deux irritations existent très-souvent simultanément depuis le commencement jusqu’à la fin de la maladie.

Cette maladie est très-grave dès que Je son mat, et par conséquent la désorganisation existent dans une grande étendue du poumon. On peut au reste juger en général de sa gravité d’après la violence de la fièvre hectique , par la nature des crachats, la violence et la persévérance de la toux , et la maigreur toujours croissante du malade. 7

Traitement. C’est ici le lieu par excellence d’appliquer, la maxime principes obm.< Le point essentiel est d'arrêter l’in-

ySà ' POU

flammation , parce que c’est le seul moyeu d’empêcher la désorganisation.

La pneumonie chronique étant le plus souvent le résultat du catarrhe , de la pleurésie ou de la pneumonie aiguë , on aura soin de taire avorter de bonne heure ces inflammations, en les traitant convenablement par les moyens indiqués. (Voy. ces articles.)

Comme la pneumonie chronique primitive arrive d’une manière plus ou moins insidieuse, il importe d’être de bonneheure en garde contre ces petits rhumes , ces petites toux passagères qui annoncent un commencement d’irritation, et qui ne dégénéreraient pas si souvent en pneumonie chronique , même chez les sujets prédisposés , si on négligeait moins de leur opposer un traitement convenable. L’éloignement des causes occasionelles doit être ici placé en première ligne; ainsi, les sujets à habitus phthisique , ceux qui ont une grande irritabilité pulmonaire, doivent se résoudre à un grand nombre d’abstinences. Elles doivent éviter les vicissitudes de chaud et de froid, le chant , les cris , la déclamation , les alimens et les boissons stimulantes, etc. Outre cela, si ces individus sont porteurs de toux, de cafarrhe quelque léger qu’il soit , de douleurs dans le dos, derrière le sternum, quoique bien portans d’ailleurs, ils doivent être soumis à une diète sévère, et il faut attaquer ces irritations de temps en temps par de petites saignées locales et générales, pendant qu’ils ont assez de force pour les supporter. Ces mêmes moyens sont applicables à ceux qui viennent d’avoir une attaque d’hémoptysie , et qui conservent de la chaleur, de la rougeur aux pommettes , et une toux avec pincement ou bouillonnement dans la poitrine. Dans tous ces cas, avant que la fièvre soit continue et que le son mat existe , il faut commencer par une saignée générale , appliquer des sangsues, quelquefois à plusieurs reprises , vis-à-vis le point d’inflammation, puis des cataplasmes émolliens; régime doux, lacté, si l’estomac le supporte bien, sinon on donne des panades à l’eau, de la bouillie, trois ou quatre onces de bouillon, deux ou trois fois par jour; l’inflammation étant entièrement dissipée par ce traitement , il faut en prévenir le retour. Ici encore, le seul moyen consiste dans l’éloignement de toutes les causes occasionellcs; s’il y a tendance à la rechute , on doit employer les révulsifs qui consistent dans les moxa, les sétons, les vésicatoires ou les pommades épispastiques; il est essentiel de continùer le régime émollient avec persévérance, d’éviter l’impression du froid pendant l’hiver, d« ne jamais s’exposer au froid, quand la peau est eu moiteur? et <le vivre dans une atmosphère tempérée.

POU Jâî

Le son mat,, la fièvre continue surviennent^ils ou persistent-ils malgré ces moyens? il faudra renoncer- aux saignées; et si le malade a de l’appétit, on lui permettra un peu plus de nourriture, parce que si on insistait pendant plusieurs mois sur les saignées et sur une diète trop sévère, la débilité serait trop grande et la maladie serait ensuite sans ressources. Mais il faut être modéré sur la quantité et la qualité des alimens; si on en donne trop et qu’ils soient trop excitans , on voit aussitôt tous les symptômes, et surtout la fièvre, redoubler d’intensité.

Si les révulsifs placés sur la poitrine donnent de la toux,, cauf; sent de l’insomnie, etc. , on les panse avec des applications émollientes.

. Quand la maladie est très-avancée , que la toux est violente, et que l’expectoration est trop abondante, au. point d’empêcher le malade de dormir, on supprime le repas du soir, on donne une boisson gommeuse avec addition d’opium, de. laudanpnr ou d’acétate de morphine.

Si l’estomac est en bon état,, on peut donner le lichen en gelée , en infusion, et même de petites doses de sulfate de quinine; mais il faut supprimer ces médicameqs à,Ia plus petite apparition d’irritation gastrique.

Lorsque les sueurs abondantes épuisent le malade , on a proposé d’en modérer la sécrétion par l’usage interne de l’acétate de plomb à la dose progressive de 6 à. 1 2 grains dans les vingtquatre heures ; on a même ;été jusqu’à proposer ce médicament comme moyen de guérison de la pneumonie chronique ; mais il n’agit que comme astringent , comme palliatif ; et. si l’on peut citer des exemples de guérison , ce.n’est que lorsqu’il y avait seulement catarrhe chronique, que fou avait/pris, pour la pneumonie. Dans les cas où il y a tubercules, hépatisation, etc. , qu’attendre de ces remèdes , et même dereinèdes quelconques? - '

Que dirons-nous de l’émétique si vanté par les, uns , si dér criê.pas les autres? Dans le principe de la maladie., lorsqu’il n’y a. pas, encore désorganisation , il paraît à peu près démapfcré que lé tartre stibié peut diminuer .l’état inflammatoire^ en ralentissant.la circulation du sang , et par conséquent retarder ou empêcher la désorganisation qui en est la; suite ; mais deuxcpn,- . dirions sont nécessaires ri" que l’estomac n’ait pas le moindre degré d’irritation, 20 que le tartre stibié ne soit. Mopnc- qu’à très-petites doses , par exemple à celle d’un grain , et au plus de deux grains dans un véhicule pris en plusieurs lois cjuus. les vingt-quatre heures , de manière à ne pas produire ïejvomissemcpt. S.’il y a disposition à l’hy pei^trophifi. da.ÿpÿfo

socié avantageusement la digitale avec ce médicament. On en supprime l’üsage à la -moindre apparition de symptômes de gastrite/ Quant à! l’emploi intérieur du tartre stibié à hautes doses , à des doses que l’on peut dire effroyables, comme on l’a vu administrer de nos jours, la raison en avait déjàfait justice avant que l’expérience en eût démontré les dangers. Je n’hésite pas à dire que dans plusieurs cas la mort qui s’en est suivie doit être regardée comme un véritable empoisonnement.

Arrivée à un degré très-avancé, la pneumonie chronique, et surtout la phthisie pulmonaire primitive, est une maladie audessus de toutes les ressources de l’art, et n’exige plus qu’un traitement palliatif.

Des moyens de prévenir la phthisie pulmonaire . Frappés des ravages vraiment effrayans que fait la phthisie pulmonaire , surtout dans les rangs de la jeunesse , convaincus en même temps du peu d’efficacité des secours de l’art pour la guérir lorsqu’elle est bien développée, les médecins ont cherché quels pourraient être les moyens de la prévenir. Je crois devoir . citer a cet égard les observations pleines de 'sens de mon ami M. Mongeïlaz. « L’ancienne manière d’envisager certaines maladies, d’en faire des êtres particuliers, mystérieux, qu’on plaçait vaguement dans l’économie, sans les rattacher à des organes malades , sans préciser leur nature et leur siège, ne pouvait que favoriser la naissance des théories abstraites, bizarres et des préjugés qui s’attachent toujours à ce qu’on ne comprend pas. Imbus de ces préjugés, des médecins, pour se rendre compte dés prétendus vices ou virus qui doivent, selon eux, préluder au développement de certaines maladies, ont voulu regarder comme primitives les altérations qu’on trouve après la mort dans les organes qui en ont été le siège; c’est ainsique, pour expliquer l’hérédité de la phthisie pulmonaire , ils ont regardé1 les altérations du poumon, tels que abcès, ulcères, tubercules, etc., que l’inflammation y a produits et qu’on ÿ rencontre après la mort, comme étant la cause et non le résultat de la phthisie..... Mais aujourd’hui il n’est presque plus de médecins qui tiennent à cette opinion, parce qu’il est démontré que la maladie dont il s’agit n’est qu’une inflammationchronique du poumon, dont l’irjtensité et la durée plus oü moirts grandes peuvent produire toute espèce de désordres dans côt Organe.

» Cétfe manière plus claire, plus précise d’envisager laphthisie pulmonaire, éloignera sans doute tout ce qu’elle avait dé mystérieux et d’effrayant; je dis effrayant, Car voyez le mathéüreiix fils de parens atteints de cette maladie : quelque bien constitué, quelque sain qu’il puisse être d’ailleurs, il entre à peine

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dans la vie qu’il en est dégoûté, quand des propos indiscrets lui rappellent le genre de mort de ses parens, quand des préjugés lui font croire qu’il doit aussi devenir la proie de cette maladie I Sans cesse poursuivi par l’idée qu’il mourra phthisique, cette idée n’empoisonne-t-elle pas sa vie et ses jouissances? Ne peut-elle pas porter atteinte à sa santé, en le faisant tomber dans un état de langueur, d’inquiétude et de faiblesse, qui peut effectivement lui frayer le chemin de la phthisie, s’il né parvient assez tôt à trouver quelque énergie, à remonter et son moral et son physique ? On a vu des personnes tourmentées par la croyance ridicule qu’elles succomberont à une affection de poitrine vers la même époque que leurs parens, et entretenues dans cette croyance paries préjugés du monde , ne reprendre du courage, des forces , et ne commencer à vivre véritablement qu’après avoir passé sans danger cette terrible époque.

» Il n’est pas besoin d’être médecin pour reconnaître rinfluencè très-grande du moral sur le physique. Si le médecin l’apprécie mieux, b?est qu’il est plus souvent à portée d’en faire l’observation; c’est qu’il est quelquefois obligé de s’assurer de cette influence, soit pour découvrir la cause de certaines maladies, soit. pour indiquer les 'moyens de s’en préserver. En effet, il est un grand nombre de maladies au développement desquelles les affections morales contribuent puissamment, et il n’en est presque point dont l’intensité ei la durée ne soient plus ou moins augmentées nu diminuées par les affections morales tristes ou. gaies des malades.

» Nous poumons signaler dès inConvéniens- funestes dans la société qui tous résultent de la croyance ridicule et du préjugé déplorable dont il s’agit. En effet, voyez quel triste rôle joue dans le monde, surtout dans certains pays, la malheureuse fille dont la mère est morte de phthisie , ou dont les parens passent pour être, comme on dit vulgairement, poitrinaires^ Quelque intéressante qu’elle soit d’ailleurs , cette personne trouvera difficilement à s’établir, et plus d’une famille sé fera un scrupule de la recevoir dans son sein. Ainsi l’inclination la plus naturelle sera contrariée ; le mariage le mieux assorti sera rompu , parce qu’on aura appris qu’elle porte le germe de cette prétendue maladie héréditaire!

» Voici d’autres conséquences non moins funestes : du moment que la phthisie pulmonaire tiendrait à un vice Susceptible d’être transmis par voie de génération, il n’y aurait pas de raison pour qu’elle ne pût également se transmettre par - voie d’absorption , par une communication directe , soit en couchant avec le malade y soit en prenant de la nourriture dans les mêmes vases, soit en touchant sa salive , etc. Il n’est pas

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• étonnant que cette opinion. soit celle d’un public toujours avide du merveilleux et toujours prêt à sanctionner ce qu’il ne comprend pas; mais que cette opinion soit partagée par des médecins, c’est ce qu’on a de la peine à concevoir. Quelques observations mal suivies, incomplètes , quelques récits embellis par des imaginations exaltées, ou tronqués par l’ignorance et la .mauvaise foi , le désir d’intéresser et d’imposer par un fait particulier plus ou moins extraordinaire , voilà tout le fondement d’une opinion- aussi erronée que pernicieuse : erronée ,

» i° Parce qu’il n’existe aucun fait détaillé et authentique qui en établisse la vérité;

»2° Parce que ceux qu’on dit avoir gagné la phthisie en soignant les malades qui en étaient atteints, ou en communiquant evec eux de quelque manière que ce soit , se sont exposés à des causes qui , abstraction faite de la circonstance à laquelle on a voulu donner tant d’importance , ont pu seules déterminer la maladie dont il s’agit ;

»3° Parce qu’il est pro'uvé que, dans une infinité de circonstances , des personnes portées par affection, par dévouement ou par oubli d’elles-mêmes , à rester sans cesse auprès des malades attaqués de phthisie, à coucher avec eux, à boire, à manger après eux, à porter leurs vêtemens ,'etcr , n’ont jamais ressenti la moindre atteinte de cette maladie. »

A ces raisons et à bien d’autres encore qu’on pourrait alléguer, qu’il me soit permis d’ajouter ma propre expérience. L’hymen venait à peine de m’unir à une jeune personne brillante de grâces, de jeunesse, de vertus et detalens , lorsque j’eusla douleur de la voir frappée de phthisie pulmonaire. Pendant Onze mois que dura cette maladie , j’abandonnai mes travaux , .mes études, le soin de mes propres affaires, pour me dévouer entièrement à;celle que la mort devait bientôt m’arracher. Jour et nuit; assis à ses côtés, cachant mes larmes et mon affreux tourment, je lui prodiguais à chaque heure, à chaque minute, ces soins et ces consolations qu’on attendrait en vain d’une main •étrangère. Pendant toute cette longue scène de douleur, je n’ai :pas respiré .d’autre air que celui que tu avais respiré,, ô mon amie ! ma main ne t’a jamais manqué pour soutenir ta tête défaillante ; j’ai vu les fleurs de tes joues se flétrir et se dessécher .insensiblement ; tantôt je suivais dans tes artères brûlantes les . progrès de la fièvre dont tu étais dévorée^ tantôt j’essuyais ton .front que couvrait une sueur froide avant-coureur de la mort; mille fois je couvris de baisers ce visage qui n’était plys que l’ombre du lien; j’ai bu les larmes. qui coulaient de tes yeux prêts à se fermer pour toujours; ma bouche a recueilli ton dernier soupir ! Ah! pourquoi la maladie qui t’a enlevée à un

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époux qui t’adorait ne. l’a-t-elle pjoiht frappé pour, le réunir avec toi; dans un tombeau commun ! J’ai invoqué la mort comme un bienfait; j’ai souhaité' qu’un, germe destructeur émané de toi vînt éteindre le flambeau d’ une vie désormais insipide et amère ; mais vain espoir, la science, funeste dans cette circonstance, qui m’avait fait connaître toute la gravité de ton mal dès: son origine, m’apprend aussi que. ce mal ne.saurait se transmettre, . et que j’espère en vain:p,omme un bien ce que d?autres redou-i tent comme un malheur.

. La phthisie pulmonaire n’est .(donc ni contagieuse,; ni héréditaire; iln’y, a pour elIe,'comme pour la plupai?t;dcs autres maladies, que des dispositions! acquises, ;des dispositions innées que Hou a nommées héréditaires dans les cas où les parens avaient présenté ces mêmes dispositions;.

« Maintenant nous allons indiquer quels sont les moyens à employer, quelles sont lès précautions à prendre poùrisôùstraire à la phthisie pulmonaire ceux qui apportent en naissant des dispositions à cette maladie. -Ces .dispo^itipnS ÿjçbmméfî nousd’ ayons dit, tiennent a l’organisation j elles se manifestent souvent par quelques signes matériels , comme une conforma- ' tion vicieuse de la poitrine, qui , au lieu de présenterune lâi’geur et une ampleur convenables , est trop étroite, trop arrondie et resserrée vers la base du cou; ce qui fait paraître lesclayipules , les épaules plusaélevées qu’à l’ordi naire; et le s omo- . plate^ plus saillans. Quelquefois il y a une déviation de la colonne épinière, qui raccourcitlalongueur de la poitrine et la porte en arrière , comme chez certains bossus. D’autres fois la poitrine est aplatie, et le, sternum est trop rapproché de la ; par'tie postérieure du tronc ; ou bien l’on remarque une espèce de dépression , d’enfoncement assez marqué vers la partie antérieure, moyenne et inférieure de la poitrine. Chez les individus. ainsi conformés, les inspirations sont en général courtes,, et là respiration n’est jamais parfaitement libre. Les palpitations du coeur sont très-sensibles à l’extérieur, souvent fort irrégulières et tumultueuses-. La figure est tantôt' pâle ,1 tantôt colorée; cette coloration est rarement.très-étendue; elle est au contraire partielle et bornée aux pommettes. *

« Ces dispositions s’observent dès la .naissance , ët les enfans quiMes présentent sont sujets à là toux, à l’enrouement, au hoquet; ils sont facilement essoufflés ; leur respiration est parfois bruyante durant le sommeil.,

» Pour conserver un enfant quivientau monde avec quelques- * unes de ces prédispositions à la phthisie ( que'" ses parens aient été ou non atteints de cette maladie), si la mère neqouitpas d’ùne foi'te sauté , ôjex doit le copfier à une npurrjcç bien por-

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tante et bien entendue, qui lui , consacrerait tout soü temps et lui donnerait tous les soins' que* nous avons précédemment indiqués, en faisant surtout attention de lui laisser la poitrine parfaitement libre, ainsi que les- bras, dont les mOuVeittens favorisent le développement oud’ expansion de cette cavité importante. On se gardera bien ;de le plonger dans des bains froids ; mais on lui fera prendre, fous les deux fours, un bain d’eau tiède ou dont la température soit assez douce, suivant la Saison > pour ne jamais le saisir ni lui occasioner des frissons. Chaque matin on lui pratiquera dés frictions sur toute la surface du corps avec’ de l’eaù tiède, animée avec du vin oudeTeiaiu-de^ vie; pendant la journée, quelques frictâons;sèebes , stimulantes et aromatiques autour de la poitrine seront encore très-âvamtageuses. On aura grand soin de le préserver de toute variation, brusquent considérable de chaud et de froid, dé Fui favoriser 1 a liberté du ventre par quelques d oux minoratifs ’,. de lui tenir les pieds constamment chauds, et surtout de le faire jouir d?un air toujours pür et d’une chaleur modérée.

ri 11 faut à cet enfant du; linge propre , des vêteméns chauds ; il lui faut surtout l’air de la campagne , les rayons du soleil,' et dans la maison l’exposèr quelquefois à la chaleur d’ Un feu flamboyant. Il faut redouter pour Fui les retours fréquëns’ du coryza, de la toux, de l’enrouement, detoute espèce de dérangement dans- les fonctions dé la respiration ,: . et 'se rappeler qu’une toûix prolongée , que le.momidrë catarrhe bro.nchiqaè ét pulmonaire négligé peut le conduire à- la phthisie. 1

«Par dès soins convenables;' renfantaihsiebnstrtuéattreih;dra' facilement l’époque de la puberté, et c’est alors qu’il faut.'ré-' doubler de soins pmur le conserver , parce qu^kïôrsiés brganés* de là respiration , de là voix et de la reproduction reçoivent la plus grande impulsion ; parce qu’alors les fonctions pulmonaires prennent un développement , une àctiyité qui lés fendçn't plus propres à contracter des malàdies. Xes prOpriétésyitàres,. qui jusqu’à cette époque s’étaient Concentrées dans les organes' digestifs, cérébraux et cutanés, semblenTconverger à lé'urVoîijr' vers Ies-organes génitaux et pulmonaires. Ce qui fait que tertaines prédispositions à la phthisie , compatibles ayèc ünéËonne" conformation de la poitrine, e? qui ne s’étaient point fait remarquer jusqu’alors , se-manifestent1 par une extrême, sensibilité , une irritabilité nerveuse très-grande , des palpitations. fréquentes du cœur, un exercice parfois irrégulier, précipité et, facilement dérangé des fonctions pulmonaires. De là l’indication expresse d’éviter certaines imprudences dont on fait trop peu de cas, comme de se vêtir trop légèrement, suivant la saisoq, de s’exposer aux intempéries de l’air et aux variations brusques

dé la température , d’avoir les pieds souvent froids et humides , de boire froid après une course rapide où un exercice fatigant, de s’exposer à certains courans d’air, lorsqu’on est en sueur , de ■ s’asseoir- sur des corps froids et de se coucher sur la , terre humide ; d’éyiter les longues courses , la fatigué du corps et de l’esprit; de fuir lés excès en tout genre, et surtout la ;déplôrabîe habitude dé la masturbation et les jouissances, immodérées dans les plaisirs de Hamoor. C’ëst à une époque; si; brnportante que les parens doivent surveiller attentivementr;la conduite et le genre de vie d’un enfant qui a -la poitrine mal conformée et très-délicate; ; . car ; s’il franchit cette époqtie et arrive à l’âge de vingt-cinq ans sans éprouver aucune: atteinte funeste, sans ressentir quelques symptômes de la phthisie , if est à peu près certain qu’il en sera exempt le reste de sa vie/; mais « pendant cet intervalle, il ne faut pas négliger lamoindre affection qui puisse favoriser le développement de .ccltè terrible maladie; il né faudra pas négliger des rhumes, 'dès quintes de; toux , des difficultés de respirer,, des points de côté ; en un mot tout ce qui peut occasioner le trouble, le dérangement des fonçüons pulmonaires. 11 faudra*,- d’autre p art ^ entretenir la peau dans un état d’acti vité et de souplesseiparfaiti, à l’aide.des /exercices modérés en plein air, des bamstièdjea, des frictions, sèches , stimulantes et aromatiques; et inêoaéÿisi la peaq,étai£ habituellement très-sèche , par rusagëd’unieüéhe? misetté de flanelle appliquée immédiatement à la surface;: du corps. S’il s’agissait d’une jeune fille , il faudrait de plns-siupveiller tout ce qui se passe du côté de la matrice , ét favoriser, par des moyens convenables y révolution ou le r retour "dès règles si ■elles étaient retardées dü suspendues. Cetle indication est d’une -grande importance, parce qu’il serait à craindre que le sang surabondant ne se portât sur les organes pulmonaires et n’y causât des désordres plus ou moins grands. : (Y>. 'Menstrues 1) Dans tons les cas ; l’on éloignera avec soin les affections inorâles vivès;, dont l’influence peut alors si facilement deveiiir funeste. ;

»Ce n’est point assez de faire soigner son enfant lorsqu’il a une toux opiniâtre , Un point de côté avec difficulté dè respirer, ou toute autre affection dé poitrine; il faut encore prévenir âveé ^èln là récidive de ces affections ; et , si l’on voyait que toutes les précautions Convenables ne pussent 1- eh préserver, il faudrait nécessairement, et le plus tôt possible, lui faire cHàngër 4’hâbitation , d’air, aë manière de vivre, et choisir, suivant les cas, un climat plus doux, plus tempéré ou plus chaud , un genre de vie plus tranquille , des occupations moins pénibles ou moins assidues ; il faudrait lui éviter toute espèce

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de côntraiâété' et d’affections morales tristes, lui procurer des alimens doux , succulens V en petite quantité, mais toujours de bonne- qualité ; lui faire prendre, chaque jour, des exercices modérés à pied , et plus souvent à cheval; ce dernier exercice convient parfaitement, parce que le mouvement du elieval dilate et remue favorablement les organes de la poitrine sans fatiguer le corps et sans augmenter . comme l’exercice i\ pied , l’activité de Ja circulation du sang et la force des batteméns du cœur (i); » .

Depuis long-temps on a .fait- la remarque' que les facultés intellectucHdsciétâient préèoces chez les enfans doués d’une constitution qui les dispose aux maladies pulmonaires. Il n’est jpas-raré! qiieola 'vanité? des parens: cherche a donner de- bonne heureâ ces-faonltés tout le développement dont elles sont suscejptibles ; mais c’est toujours iaux. dépens de là santé.? Çesienfâns?, naturellement spirituels, vifs et gais, ont plutôt besoin d3être?modèrés qu’exeités à la culture des lettres et desoàrts; il iaütquéleur cerveau ne soitpas occupé.de tropbonné béure, afin quelecôrps puisse se développeren tou te liberté . On ne devrait jamaisles appliquer àdes études sérieuses avant que l’âge n’eût donné àleurphy sique assez de forces pourqu’ils pussent s’ylivrer impunément; et, si l’on veut absolument qu’ils s’instruisent-, l’instruction ne doit leur être donnée que par manière de jeux et Üe-divertissemens. Ii.esiâussi,d’une très-grande irnpqptancej auxapproches de l’âge de puberté , d’éloigner d’eux tout ce quLpourrait éveiller dés idées érotiques etles porteraux japissauces de l’amour. S’ils s’y livrent trop tôt , il en résulte des éb'ranlemens nerveux , des congestions sanguines vers les poumons ; et , comme ces organes sont très-irritables, très-dis-î posés à l’inflammation, ils résistent difficilement à ceseauses-, et finissent par être "attaqués d’hémoptysie et de phthisie, pulmonaire. Les distractions sont dpnc. nécessaires à cet, âge plus qu’à tout i autre pour poïter l’attention -sur: d’autres objets; les paréos doivent alors redoubler d'activité et de'prudene,eî, sans laisser deviner leur intention, autrement il en; résulterait .précisément l’opposé de ce qu’üs voudraient prévenir.

-Les sujets prédisposés à la phthisie pulmonaire soüjt a'gsqz souvent affectés d’hémoptysie,,. c’est-à-dire d’hémorragie pulmonaire , vers l’âge de la puberté, Ces hémorragies, qui sont toujours l’indice d’une grande irritabilité ou sensibilité des organes de la respiration , se manifestent sous l'influence de -toute espèce: de causes excitantes , des émotions morales , des

(r) Mougeltaz ,'V/trt.de conserve?; sa muté et '(le prévenir les maladies hér réditairesi, .182?.

« frf*

confentitos d’esprit, des éxeçciees.yiolens, etc. Gomme ij^ep a été question dans un: autre article , il serait superflu.d’enfrer ici dans d’autres details. ( V. Hémoptysie. )

En terminant cet article sur les maladies des poumons , je dois dire deux mots sur l’usage où l’orrest encore dans certains pays de . brûler les hardes qui ont appartenu aux personnes mortes.; dft phthisie pulmonaire , de. crainte de communiquer cette: affection à ceux qui en, feraient usage. En prouvant, <jue la phthisie; pulmonaire n’est pas une .maladie :plusçqqtagjeus.e qu’un- mal de tête , qu’une gastrite ou toute autre inflammation , c’est avoir fait justice de cette habitude ridicule; H est bon, sans dcute, il est salutaire de ne pas se servir des habits de ces persohÜésj, ^sHls Sont malpropres, imprégnés de4êür4ranspiration, sans les avoir blanchis s’ilr-s*àigîi^e-Tîrigéà^J4t[ éàfoSPtëS avorrVexp'osésbau grand air s’il egt. question de y.êtenagoF; de laine, de soie, des matelas du Ht sur lequel le malade a succombé ; mais ces moyens doivent aussi et dans tout

autre cas, non que l’on ait à craindre la contagion, ce qui’ est absurde , mais parce que la. propreté est toujours un excellent moyen de santé. Condamner aux flammes non- seulement les draps , les couvertures elles matelas de ces malades, mais leur lit, leurs meubles et jusqu’à leurs bijoux, s’ils eu ont se croire obligé de recrépir les murailles, de détruire et de renouveler les tentures des appartenons qu’ils occupaient , est une barbarie du moyêâïlige qu’il ;est honteax;Üë voir sùrvifce ^é!^ôsfjbïïts dans certains pays restés 'statiomiaîiôs il estVrâijaar bôté^ê’s progrès des lumières et de la civilisation chez d’^utr.es-pqaplps.

POURPRE. Affection de: la peau qui se^p^iyfpsbPÿ^açades éruptions miliaires. (Y. Fièvre miliaire.)

;■ PRIAPISME,; Qq .appelle . ,ajnsi orne -jl ojxloAr-,

reu se , continuelle du membre vi ril , accompagn ée tfgpgg ment d’ardeur brûlante dans celte partie. Cette malqdje pept avoir des résultats graves si. elle dure trop long-temps ^çnl’â vue donner lieü âunë inflammation violente du pé&ïsvpà' fegângrène et à la destruction complète de cet organe. Le priapisme reconnaît pour causes l’abus des plaisirs vénériens , et surtout la masturbation , les vésicatoires placés dans le voisinage des organes sexuels, l’ usage des cantharides prises iptérieurçiqept; il peut être déterminé par la présence d’un calcul dans la vessie quelquefois il est l’effe t d’une irritation du.canàjL dç Pùçë^pe et surtout de là blennorrhagie.. ■ ■ x ......

Le traitement doit pécessipreflcyîpt varier suivaqi la,qai,yr£ des causes qui viennent d’être .énuméré.e.s., Ainsi l’on supprimera les, yéÿiealû^çs , , l’qsagq de.s cgnùi^rides., sjL la . ipa$d’ie

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dêpènd de l’une de ces càüsëS', et l’on fera prendre abündatn* mènt au inalâde dés boissoné ÜdoObisëaütes y inucilagineuses , des lavemens de même nature , des baihs plutôt froids que chauds ; On fèfa des applications de saiîgSbéS au périnée en plus du moins' grahde quantité, et plus ou moins répétéés, suivant l’üfgehcé au Cas. Xè malade évitera tout ce; qui pourrait ré- Vèiller en lui des idées êrbtiqüës; sa nourrïtüfè Serdi presque nulle , et ne isë composera qiië d’àliinëns végétaui etf mêtne fades , et il s’abstiendra de ttiütë ëspècé dë boissons ét d’alidiens stühulaiïé.; Ü5i là maladie dépend d’une blennorrhagië, on erapîôiéra le traitement ùàitê en pareil càé. (V. BiENNûÊRëAGiÉ.)

PUXMO$IE. Ge mot est quelquefois employé pour désigner la phthisie pulmonaire ( V. Poumoks.)

PüXMONIQUE. Terme vulgaire synonyme de phthisique ; .PURGATIF. On donn e le nom de purgatifs à certain s . "ïïiédicamens qui déterminent des évacuations par le bas. X’ ancienne "médepîne faisait un grand usage'des purgatifs , et dë nos jours les .charlatans les admiriisfrent encore a fout prppOs^ parce que le vulgaire ne voyant dans presque toutes les ibàladies qu’humeur à chasser, c’est entrer. dans ses vues que de purger ou de faire vomir dans presque toutes les maladies. Comme nous. avons fait voir ailleurs combien ces préjugés étaientfauxet dangereux, nous y renvoyons le lecteur. (Voy., tom.I, pqg. yo et suiv. , l’art. Evacuais. ) j .

PUSTUXE MÀXIGNE. (V. Ghakbos.) ■ , , ;

T?VTRlWÊ/:fâféré putride. ( Y; Fièvre^) . ;

PYLORE ^maladie du.]. Terme vulgaire employé pour dé-, signer le squirrhë et le cancer de l’estomac ^ et du pylore qui calait partië; ( V. Gancér et SqmÜRHE bk t’3ÈÏSïdStAe:; tom.-Xj

mm.)

PÏROSÏS ou FER CHÂUD. ( V. Çardialgie. j .

QUARANTAINE. Les voÿageürs qui reviennent dé l’Egypte , de» Echelles du Levant Ou règne la peste, des Antilles ôti dés côtes de l’Amérlqiie où régné la fièvre jaune , sont soumis ^ leur arrivée dans un port d’Europe à séjourner pen- ,

dant un temps plus Ou moins long dans un lazaret sans communiquer en aucune façon avec les autres bSlimëns et les habitans ali paft voisin. X’ütilîtê ‘fié* céé' régietiiéns dé policé dst âüjdür”

d’hui fortement contestée , surtout à l’égard-des bâtimens qui' arrivent des pays où régnait à leur départ la fièvre jaune i et même dont l’équipage serait atteint de. cette maladie, En effet,* il est prouvé de toutes les manières et jusqu’à l’évidence que la fièvre jaune n’est pas contagieuse, ainsi qu’on l’avait crri pendant long^teiUps , et qu’il est par conséquent barbare j humain, et qui plus est, inutile de parquer des malheureux pour les forcer à vivre dans un loyer d’infection j tandis qu’il n’y a aucun danger de les disséminer dans lés campagnes pour y respirérün âir: pur et libre. (Voyez, pour plus amples détails, les mots Fièvre jaune et Peste. )

QUARTE. Fièvre dont les accès sont séparés par deux jours d’intermittence. ( Ÿ. Fièvre d’accès. .,. pag. 434* ) . ■ ■ ; , '

QUOTIDIENNE. Fièvre dont des; accès re viennent tous les jours. (V. Fièvre d’accès. )

RACHE. Mot vuîgâirenaefft employépoür désigner la: teigne,) ( V. ce dernier mot. J ;

RACHITIS o’d RACHITISME , enfdns nodés. Maladie dotit le caractère ‘principal est le gonflement, le ramollissement et la déviation des’ os de leur direction naturelle. Comme dans fâ plupart des cas les articulations sont volumineuses et qü’ellës présentent des bourrelets ou renflemens qu’on a comparés à des nœuds , les personnes étrangères à la médecine regardent les enfans qui sont affectes de celte “maladie" comme* noues ; ît est donc bon de savqir quedorsqn’oudît dé" quelqu’un qu’il est’

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Le rachitisme est une maladie particulière "aux enfans, .qui commence à' se manifester depuis l’âge' de huit à neuf mois jusqu’à celui de deux ou trois ans, et quelquefois*, mais rarement, plus tard. Quelques enfans en sont affectés en venant au monde, mais ces exemples sont extrêmement rares. Toici lejs symptômes auxquels on peut reconnaître cette maladie.

Les enfans ont ordinairement la tête volumineuse , le visage pâle et bouffi, les chairs flasques , Tes muscles grêles , d’où résulte une faiblesse- générale ; mais les phénomènes lés plus remarquables, ceux qui constituent véritablement le rachitisme, sont ceux. qui oiit rapport au système osseux. Le trayaiLde l’ossification se fait avec beaucoup de lenteur; lès os -restent long-temps mous, spongieux, flexibles , en sorte qu’ils se courbent en diffèrens seins; Jes jambes deviennent arquées’,

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