VAG
disparaître ce qui pourrait rester de disposition à contracter la petite vérole. J’ai recueilli un très-grand nombre de cas où cette précaution avait été prise ; et il n’y a pas d’exemple que jamais la variole soit ensuite- survenue.
H se présente ici une question. N’est-il pas plus avantageux délaisser la peïite-vérole se manifester que d’en prévenir le développement par le moyen de la vaccine ? Ce qui donne lieu ; à pne semblable question , c’est l’opinion des gens étrangers a là médecine, et même de quelques médecins hmhorisifeë , qui ont l’habitude de regarder toute espece d’éruption , toute suppuration comme une fonction salutaire et dépuralive du ■i^aog. Que fera dans lé corps , disent-ils , cette masse d’humeurs . que fournissentles boutons de la petite vérole, si Bôîi; sdppo'se à leur développement? Ces humeurs, restant dans le sang , doivent le corrompre ét donner lieu à une foule dé maladies dangereuses. Il vaut donc. mieux s’abandonner aux efforts hienfaièans de la nature ,, qui tend à éliminer du corps léé humeurs 7 nuisibles qu’il contient. C’est néanmoins sur d’aussi ptibÿ'ables .raisonnemens que s’appuient des ignorans encroûtés de préjugés pour combattre la plüs utile des découvertes do fit puisse se glorifier lé siècle; dernier. Peu de mots dotvèirt suffire pour i ertdémontrer l’absurdité. La suppuration que l’on vôitlshr- .7 venir chez les individus affectés de petite vérole est le “produit - de > l’inflammation don t la peau- est le siégé -, mais :ÎV ü’exis'làît pas- préalablement nnfe humeur viciée dans le ; sahgl:;Oh' sait effectivement que toute irritation , toute inflammation appelle les fluides Vers le point qui en; est le siège ;; les .fluidbs àinsîàë- : cumulés, cessant d’obéir aux ïôis ordinaires de l’ècohotnie animale /subissent différentes altérations* et ié; piti's soûvétit se -■convertissent, en pus, quoique avant rinffàmnlàftën il ri'jrlen eû.t aucune trace* ni dans le sang, ni dans aücfi'né afïtre partie du corps. Ce que produit la vanoley la rougeole, utt'îàroücle , du toute autre maladie , on peut le produire artificiellement -ebezl unepersonne douée d’une bonne constitution et jouissant ' de toute la plénitude deïsa- santé. En effet , l’application' d’im -vésicatoire sur un individu bien portant produira ü tic ampoule • au; moins aussi facilement que sur l’individu malade ; cette ampoule sera pleine de pus , et on en pourra entretenir la suppuration aussi long-temps qu’on le désirera;. Si l’on boüvrait toute la surface du corps de vésicatoires , toute là Surface du fiîdrps serait un vaste foyer de suppuration. Birâ-f-bn que le vésicatoire, a at tiré ■ les mauvaises humeurs d ù corps ? Céttë supposition serait absurde, puisque det effet est produit chez le's individus léstmieux constitués , lesplus sains , les jrffiè vigüareux; Ce que dètemiine le vésicatoire , oti Pobtièhl égïtfèUiéùt
868 VAC
par des frictions avec diverses pommades irritantes, telles que celles de tartre stibié, d’ammoniaque , de garou , ainsi que par la brûlure, une plaie d’arme à feu , etc. , etc. Dans tous ces cas , c’est l’irritation locale qui donne lieu au pus ; elle ne Y attire point, comme on a tort de le croire, puisqu’il n’existait pas précédemment ; mais elle appelle les fluides en trop grande quantité sur un même point, lesquels, ainsi que nous l’avons dit , se convertissent en pus. La même chose a lieu par rapport à la petite vérole, et le pus dont sont remplies les pustules a été produit par l’inflammation : empêcher que cette inflammation ne se développe en inoculant la vaccine , ce n’est donc pas enfermer dans le corps des humeurs malfaisantes, c’est empêcher au contraire qu’elles ne subissent d’altérations , en prévenant la cause.
Si l’on trouve que nous ayons Insisté trop long-temps sur ce point , c’est que le préjugé que nous combattons est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense. Comme ce préjugé est nuisible, qu’il peut avoir les conséquences les plus graves pour la vie, et même la santé future des enfans qui appartiennent à des parens qui en sont imbus, qu’il est même partagé dans certains pays par les. magistrats chargés de la police médicale, c’est dès lors pour nous un devoir de l’attaquer, en montrant; qu’il n’a d’autre base que l’ignorance. L’empire de la routine est si jpuissapt .sur la plupart des hommes , qu’ils rejettent presque toujours toute innovation sans vouloir l’examiner, comme s’ils craignaient de rencontrer des preuves qui les forçassent à s’amender. Cependant la vaccine a triomphé , . par l’évidence de ses succès, de la routine, de l’ignorance et des préjugés qui avaient élevé leur triple barrière contre elle , et la pratique en est devenue tellement commune aujourd’hui, que l’on pourrait compter ceux. qui s’obstinent à en récuser les bienfaits.
La vaccine ne réussit pas toujours , soit que l’inoculation du virus ait été mal pratiquée , soit que le vaccin ait été .recueilli trop tôt ou trop tard, ou qu’il ait perdu son efficacitéen le transportant dans des tubes de verre , et en le délayant ensuite avec de l’eau, soit enfin que le sujet ne se trouve pas dans des conditions favorables à son développement. Mais pouravoiréchoué une ou plusieurs fois, l’on ne doit pas se décourager, car, après quelques tentatives , on réussit constamment à obtenir l’effet qu’on en désire.
Dans certains cas, l’inoculation du vaccin développe bien des pustules sur les points où les piqûres ont été pratiquées , mais ces pustules ne préservent pas de la petite vérole : c’est ce que l’on nomme une fausse vaccine. .11 est essentiel de la repoqpaître, pour qe pas s'abandonner à nne trompeuse sécurité
VÂC 869
sur sa propriété préservatrice. La fausse vaccine se développe plus tôt, suppure plus vite que la vraie, et la croûte qui succède à la pustule se détache au bout de sept à huit jours au plus, ce qui a lieu beaucoup plus tard dans la vraie vaccine, ainsi qu’on a pu le voir plus haut.
L’âge auquel on doit vacciner est à peu près indifférent ; et l’on peut établir en thèse générale que l’on doit vacciner tous les individus qui ne l’ont pas été, ou qui n’ont pas été atteints de petite vérole , quel que soit d’ailleurs leur âge , jeune ou vieux. C’est en effet une erreur de croire que la variole n’attaque pas la vieillesse ; on compte un grand nombre de personnes qui , s’abusant sur cette fausse croyance, ont été attaquées de petite vérole , et presque toujours emportées par cette maladie dans un âge fort avancé; car l’observation démontre qu’elle sévit toujours avec plus de fureur et de danger chéz lès hommes faits et chez les vieillards que chez les enfans et les jeunes gens. On choisit généralement l’âge de cinq ou six mois, celui qui précède l’éruption des premières dents, p|our vacciner les enfans; on peut néanmoins attendre jusqu:^ un ou deux ans, s’il n’existe aucune personne atteinte de variole dans le pays qu’ils habitent; mais s’il régnait une épidémie de petite vérole , on devrait les vacciner immédiatement, quelque tendre ou quelque avancé que fût leur âge. .
La seconde vaccination , sur la pratique de laquelle nous croyons devoir insister , d’autant plus que cette légère opération est entièrement exempte de douleur, doit être pratiquée trois ou quatre ans après la première, sans qu’il soit nécessaire de soumettre les sujets à aucun régime préparatoire.
Avant la découverte de la vaccine , on pratiquait l’inoculation de la variole elle-même sur les individus qui n’en avaient pas été affectés. Celte inoculation se faisait de la même manière que celle du vaccin, c’est-à-dire en portant le pus recueilli avec la lancette sur les pustules varioliques , sur le bras de l’individu qu’on voulait inoculer. On a renoncé avec raison à cette pratique, parce que beaucoup de sujets périssaient par la variole développée par cette inoculation, d’autres perdaient la vue , l’ouïe, en un mot étaient exposés aux mêmes accidens que ceux produits par la variole non inoculée , et que nous indiquons plus bas. ( V. Yakiojue. )
VACCINATION. C’est ainsi que l’on nomme l’opération qui consiste à inoculer le virus vaccin dont il a été fait mention dans le précédent article. Comme cette opération est d’une extrême facilité, et qu’elle n’exige pas d’autre talent que celui de savbir faire une égratignure ou une piqûre , nous croyons
ë'jpujj VAj?' y
dey, air indiquer la manière dont on l’exécute, afin que chacun * médecin pu non, puisse la pratiquer.
On pique d’abord légèrement la pustule dont on veut extraire le virus ,.à l’époque que nous avons indiquée précédemment. (V. Vaccin.) Ensuite, après avoir recueilli sur la pointe d’une lancette ou d’une aiguille une portiondè fluide vaccin* on saisit avec la main gauche le bras du sujet , dont on fait tendre la peuu de la main droite on fait une incision longitudinale, oii ho>- . rizontale , longue de deux ou trois lignes,, sur la face antérieure de la partie supérieure du bras , et d’une profondeur telle que l’instrument lasse à peine paraîtra le sang ; le mieux serait même de n’ effleurer que l’épiderme. On passe ensuite à plat l’extrémité de la lancette sur l’endroit où la peau a été effleurée, pour y déposer la partie du fluide vaccin qui y serait encore adhérente. On peut faire sur chaque, bras jusqu’à deux ou trois incisions * à la distance d’environ un pouce lies unes des autres^ One aiguille à coudre ordinaire , trempée dans le vaccin:, etavec ^quelle on fait une simple ponction entre l’épiderme et la en lui imprimant un léger mouvement de rofcatao»
pour y déposer le fluide, suffirait au besoin pour cette opération. Plusieurs médecins vaccinent d’une autre:. manière > la lancette étant chargée de vaccin , on en introduit obliquement la pointé sous l’épiderme, puis on l’essuie sur l’endroit où la. petite plaie a été faite , afin que Je virus y soit déposé.; Cette dernière méthode est presque généralement. suivie.
Il y a plusieurs antres manières de vacciner, qui consistent toutes, en dernière analyse,, à introduire Je virus entreJapeau et l’épiderme.
Le fluide vaccin dont onr se sert pour l’inoculation est frais ou desséché : il est frais , quand on l’inoGule , comme on dit , de bras à braa; il est desséché, quand il a été conservé dans un tube capillaire ou entre deux plaques de verre. Quand on veut se servir du, vaccin ainsi, conservé , on le délaie dans une trèspetite goutte d’eau sur un morceau de. verre. A cet effet on humecte la pointe de la lancette ou de l’aiguille , et la gouttelette d?eau dont elle se charge est suffisante pour délayer le vaccin. Si la quantité d’eau était plus considérable , «il est douteux que l’inoculation pût réussir.
Après avoir pratiqué la vaccination., il ne faut pas se hâter trop de recouvrir les bras, de crainte que le linge n’enlève le vaccin : on doit au conlraire le laisser nu pendant quatre ou cinq; minutes , afin que l’air en opère le dessèchement.
VACCIN. (V. Vaccine.)
VAPEURS. Nom donné par un. médecin courtisan à l’bys-
VAK %{
térie et aux autres maladies nêftëtrs#s engeûdwéé'S paMa iïîblesse et la galanterie chez les femmes de la cour de Loüis XIV. Cette e -pression ridicule paraît avoir été imaginée- â causé -dë la sensation de vapeurs qui , chez beaucoup de malades affectés d’hystérie ou d’hypochondrie, semblent s’élever du ventre ou de quelque autre point du corps vers le cou ou la tête. Aujourd’hui cette dénomination est entièrement abandonnée par les médecins , parce qu’elle fait concevoir une idée faussé de la nature de Ces maladies. (V. Hystérie, Hypochondriè, et surtout Névroses. )
VARICELLE. (V. Varioloïde. )
VARIOLE ou PETITE VÉROLE. Cette maladie, connue de tout lé monde, est caractérisée par une éruption plus où moins abondante de pustules déprimées à leur centre , remplies d’un liquide d’abord transparent , puis trouble et purulent / qui sé dessèchent au bout d’un Certain temps et forment dés croûtes qui tombent en laissant une légère cicatrice. On ignore sa première origine; l’opinion la plus commune ést qu’elle nous a été communiquée par lès Arabes ; mais il suffît dé savoir que/ dans l’état actuel des Choses, elle s'e communique parle contact , et que c’est une maladie contagieuse dans toute la force du terme , dont' les ravages sont quelquefois effrayâns.
La prédisposition à contracter la variole se trouve dans la jeunesse /quoiqu’elle puisse se manifester à tout âge , et surtout dans la circonstance dë n’en avoir jamais été affecté ni préservé par là Vaccine. L’époque de Tannée où on l’observe le plus souvent est celle où l’on éprouve les vicissitudes atmosphériques de chaud, de froid, d’humidité, et particulièrement en hiver et au printemps. Il est très-peu de personnes' qui en soient exemptes dans le cours de leur vie, si elles n’ont pas été vaccinées. Souvent la Variole règne épidémiquement sur tous les enfans et les jeunes gens d’une commune, d’une ville, d’une contrée ; mais Ces épidémies , pour le moins aussi meurtrières que la peste , ne s’observent plus que dans lés pays où les préjugés, l’ignorancè , êt peut-être la superstition s’op- . posent à la propagation de la vacciné.
Il est de l’essence de la variole de produire d’abord une irritation gastrique plus ou moins forte, ainsi qu’on peut s’en convaincre par les symptômes précurseurs qu’on nomme prodromes; quelquefois il S’y joint un catarrhe pulmonaire, une inflammation de la gorge , de la muqueuse du nez, dès yeux,'* du cerveau. Cette gastrite est semblable à deRë que l'on nommé fièvre inflammatoire (V. Fièvre et Gastrite ). Il y a ensuite éruption à là peau. Si l’éruption est légère ,- la fièvre se