VAR
calme et la maladie se termine au bout de douze à quinze jours; mais si elle est abondante, ou, comme ou l’appelle, confluente, il peut survenir des symptômes beaucoup plus graves , une inflammation violente du cerveau , en un mot tout l’ensemble des accidens qui caractérisent la gastro-entérite au plus haut degré, et auxquelles on donne le nom de fièvres ataxique, adynamique, putride , maligne. (V. Fièvbe.)
La variole a été divisée , i° en raison de la manière dont se fait l’éruption, en discrète et en confluente ; 2° en raison de la gravité des symptômes, en bénigne et en maligne. Mais la nature de cette maladie est toujours identique. L’inflammation peut être légère ou intense , prédominer dans certains viscères, développer divers symptômes sympathiques en raison de son intensité et de l’irritabilité de chaque individu ; mais tout cela ne constitue qu’une variété de formes. Nous nous contenterons donc de décrire les deux formes les plus saillantes , dont toutes les autres ne diffèrent qu’en plus ou en moins , savoir : la variole discrète ou bénigne , et la variole confluente ou maligne.
Symptômes de la variole discrète ou bénigne. Malaise , lassitude , horripilatations , chaleur âcre de la peau , fièvre , douleur à l’épigastre , rendue plus sensible par la pression, douleur dans la région des lombes, nausées ou vomissement, somnolence ; quelquefois convulsions, surtout chez les enfans : tels sont les prodromes qui constituent la fièvre d’incubation des auteurs , et qui sont de même nature que ceux de la scarlatine et de la rougeole. (V. ces mots.) Vers le troisième ou quatrième jour, éruption de petits points rouges, d’abord peu élevés , séparés par des interstices plus ou moins considérables, apparaissant d’abord à la face , sur la poitrine et successivement, mais quelquefois simultanément sur les autres parties du corps. Diminution de tous les symptômes fébriles pendant l’éruption, apyrexie complète lorsqu’elle est achevée, ce qui a lieu dans l’espace de vingt-quatre heures. Les pustules augmentent ensuite de volume de jour en jour, s’élèvent en cône; leur pointe, d’abord blanchâtre , puis jaunissante, s’élargit ensuite et présente une dépression ; la face et les paupières se tuméfient au point que souvent le malade ne peut ouvrir les yeux.
Vers le onzième jour, les pustules ont atteint le maximum de leur volume; elles suppurent, se crevassent et se dessèchent; la tuméfaction du visage disparaît, et elle est souvent remplacée par celle des pieds et des mains. Si l’éruption est tant soit peu abondante, il y a vers le sixième ou septième jour, difficulté de la déglutition , voix rauque , ptyalisme , et la fièvre reparaît ordinairement du huitième au dixième jour;