‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 2)Chapitre 10 sur 233 · ORIGINELLE · texte numérisé non relu

ORIGINELLE

2° État de nature déchue. — S. Thomas, Sum. Iheol., Ia-II», q. lxxv, et les commentateurs. Sur la question controversée, il suffira de citer les théologiens qui ont pris parti pour l'une ou l'autre des opinions signalées; on trouvera chez eux une documentation bibliographique abondante. Mazella, De Deo créante, p. 769 sq.; Palmier, De Deo créante et élevante, th. lxxviu; Chr. Pesch, Prœlectiones dogmaticee, t. m, p. 141-143; Le Bachelet, Le péché originel dans Adam et ses descendants, p. 30 sq. ; Kors, La justice primitive cl le péché originel, p. 162; Tanquerey, Sgn. theol. dogm.,edit. xia, t. i, p. 393, Hervé, Man. Iheol. doym., t. n, p. 348 sq. (edit. na). — • Billuart, De gratia, diss. II", a. 3; Goudin, Tract, theol., t. h. De gratia Dei, q. n, a 4. concl. 1; Hugon,7"racf. dogm., t. n, p. 223 sq.; Pègues, Comment, de la Somme théologique, t. vm, p. 722 sq.; Garrigou-Lagrange, dans La vie spirituelle, t. xu, p. 24 sq.

3° État de nature réparée. — ■ Se reporter aux différents traités de la grâce et de la rédemption. Parmi les rares théologiens qui traitent spécialement de cet état, on peut citer : Goudin, Tract, theol., t. H, De gralia Dei, q. H, a. 5; Gonet, tract. De hnmine, disp. V; Hugon, Tract, dogm., t. n, p. 221.

Y.-E. Masson.

NAU Michel, célèbre missionnaire de la Compagnie de Jésus (1633-1683). — Né à Paris (?) ou peut-être dans le diocèse de Tours, il entra dans la Compagnie le 24 juillet 1659. Dès 1665 il part pour les missions du Levant et exerce son mini>tère en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie, en Perse, en Arménie. Il travailla très activement à la réunion des Eglises chrétiennes dissidentes, et fit souscrire un certain nombre de dignitaires ecclésiastiques tant aux décrets du concile de Trente qu'à la primauté romaine. Le zèle déployé par le missionnaire lui valut d'être mis en prison à Mardin, en Mésopotamie, en 1681 (cf. la relation qu'il donne lui-même publiée par les Études religieuses, 1877, Ve série., t. xu, p. 582-600, et une lettre publiée par le Mercure galant, avril 1688, p. 65-80). Rentré en France en 1682, il mourut à Paris le 8 mars 1683.

Les quelques ouvrages qui restent de lui sont les témoins de son activité missionnaire : 1° Vogage nouveau à la Terre sainte enrichi de plusieurs remarques servant à l'intelligence de la sainte Écriture, Paris. 1679; il y a eu plusieurs éditions posthumes, 1702. 1726, 1714, 1757. — 2° Ecclesite romanœ grœcasque vera effigies exvariis lum recentibus lum antiquis monumenlis singulari fide e.vpressa : quo intelligant admirabilern utriusque consensionem... Accessit Keligi-j chrisliana contra Alcoranum per Alcoranum pacifiée de/ensu ac probala, Paris, 1680. — 3° La seconde partie de l'étude précédente a été amplifiée et mise en français dans L'état présent de la religion mahométane, 2 vol., in-12, Paris, 1684; autres éditions, 1685, 1687. — 4° Antérieurement avait paru : De puraac perpétua Maronilarum fide quant egregia dissertatione probabil D. Faustus Naironus, Rome, 1673. — Outre ces ouvrages, le zélé missionnaire en avait commencé et déjà fort avancé cinq autres sur l'état de la religion catholique cl celui des principales sectes chrétiennes répandues dans tout l'Orient. Sa mort prématurée l'a empêché d'y mettre la dernière main.

Moréri, Le grand dictionnaire, édit. de 1759, t. vn, p. 938: Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xxxvn, col. 510; Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. V, col. 1595-1596, et t. ix, col. 714.

NAUCLÉRUS (JEAN) — NAUSÉA (FRÉDÉRIC)

NAUCLÉRUS Jean, chroniqueur allemand, xve siècle. — C'est le nom gréco-latin qu'adopta Jean Vergcnhans, né d'une noble famille de Souabe dans la première moitié du xv» siècle. Prévôt, de l'Église de Stuttgart en 1400, il est mêlé, un peu plus tard, à la fondation de l'université de Tubingue, dont il est le premier recteur en 1477-1478; il en fut aussi le deuxième chancelier et fut encore prévôt de la collégiale; il mourut vers 1510. — Docteur en décret et professeur de droit canonique, Nauclérus a laissé un petit traité se rapportant à cette matière : Tractatus de symonia, petit in-4°, Tubingue, 1500 (voir Hain, Repertorium, n. 11 681).

Mais il est surtout fameux par une énorme Chronique qui va des origines du monde à l'an 1500. Elle a paru à Tubingue après sa mort, en 1516, complétée par N. Basellius, O. S. B. : Memorabilium omnis selatis et omnium gentium chronici commentarii a Joannc Nauclero LU. doctore, Tubing. prœposito et universilatis cancellario, digesli in annum salulis M.D... Complevit opus F. Nicolaus Basellius Hirsaugiensis, annis XIII ad M.D. addids, .deux vol. in-fol. de 191 et 317 folios. Il y a une édition in-4°, Cologne, 1544, complétée jusqu'à cette année par Conrad Figemann et Barthélémy Laurent; une autre corrigée, mais sans continuation, à Cologne, 1579, 1614, 1675. Bien qu'il ait conservé la forme annalistique dont les érudits auront tant de mal à se dégager, Nauclérus peut compter comme un véritable historien ayant déjà quelque sens de la critique. Son œuvre est précieuse pour l'étude du xv» siècle, surtout en Allemagne. Elle a été continuée par Surius de 1500 à 1561.

Outre les vieilles notices de Bellarmin, De scriptoribus ecclesiasticis, et de Possevin, Apparatus sacer, il y a une dissertation de dom Guill. Moller, Disputatio circularis de Joanne Nauclero, Altdorf, 1697, et une étude plus récente, Erich Joachim, Joh. Nauclérus und seine Chronik. Ein Beitrag iiim Kenntniss der Historiographie der Humanistenzeit (thèse), Gœttingue, 1874. Toutes les histoires de l'université de Tubingue font également une place plus ou moins grande à notre auteur : A. F. Boks, Geschichie der Universitàt zu Tiibingen, Tubingue, 1774; K. Klupfel, Gesch. und Beschreibung der Universitàt Tiibingen, Tubingue, 1849; H. Hermelinck, Die theologische Fakullàt in Tiibingen vor der Reformation, Tubingue, 1906; du même, Die Matrikeln der Universitàt Tiibingen, t. i, Stuttgart, 1906. Voir aussi Hurter, Nomenclutor, 3e édit., t. h, col. 1146.

É. AMANN.

NAUSÉA Frédéric, évêque de Vienne en Autriche (1480-1552). — I. Vie. II. Œuvres.

I. Vie. — Né vers 1480 dans la petite ville de Waischenfeld (Haute-Franconie) dont il prendra le surnom de Blancicampianus, Frédéric Graw, qui latinisera son nom de famille en celui de Nauséa, était de condition fort modeste. On sait peu de choses sur ses débuts; il étudia à Nuremberg sous Jean Cochléus entre 1511 et. 1514. Sa fortune commence en 1514 où il est chargé d'accompagner, à Leipzig d'abord, puis à Pavie et à Padoue en 1518, un jeune homme de haute naissance, Paul de Schwarzenberg. C'est ainsi que Nauséa fut appelé lui-même à faire des études supérieures. L'Italie le retint assez longtemps. En 1521, on le trouve encore à Padoue enseignant la poétique et la rhétorique, mais étudiant en même temps le droit, faculté dans laquelle il était reçu docteur, en mars 1523.

Il s'était dès longtemps destiné à l'état ecclésiastique et avait reçu les ordres mineurs en 1514; mais il ne recevra les ordres sacrés que beaucoup plus tard. En décembre 1523, le cardinal Campegi envoyé comme légat en Allemagne pour combattre l'hérésie, le prend comme secrétaire. C'est ainsi que Nauséa parcourt l'Allemagne du Sud, secondant activement le légat dans la rédaction de la fameuse Conslitutio

ad removendos abusus et ordinatio ad cleri vilam re/ormandam du 7 juillet. Cf. Schannat-Harzheim, Concilia Germanim, t. vi, p. 196 sq. En récompense de ses services, Nauséa, le 12 septembre, est créé Cornes palutii Lalcranensis et notaire du Siège apostolique. Rentré en Italie avec son maître en 1525, il a le choix entre trois bénéfices allemands; il opte finalement pour la cure de Saint -Barthélémy de Francfort; c'est alors qu'il reçoit le sous-diaconat à Bologne, le diaconat à Padoue, sans pousser encore jusqu'à la prêtrise.

En février 1526, il est à Francfort-sur-le-Main; ce n'est pas pour longtemps. La situation dans la ville est fort troublée, bien des esprits sont gagnés à la Béforme. Le 26 février un tumulte populaire contraint Nauséa à s'enfuir à Aschalïenbourg, d'où peu après il gagnera Mayence; il y séjournera pendant huit ans, jusqu'en 1533. Simple diacre, il est prédicateur de la cathédrale où son éloquence paraît avoir eu un immens( succès. La renommée de l'orateur arrive jusqu'à Vienne, où le roi des Romains, Ferdinand, fait venir Nauséa, qui prend pour se rendre en Autriche le chemin des écoliers, passant par Rome et Sienne où il reçoit le doctorat en théologie le 9 janvier 1534. Ses succès de prédicateur furent aussi éclatants à Vienne qu'à Mayence; c'est à la cour qu'il prêche l'avent et le carême pendant les années qui suivent. En 1538, l'évêque Jean Faber songe à se le donner comme coadjuteur avec future succession; et l'affaire est réglée en mars 1539. Nauséa est d'ailleurs mêlé au grandes affaires religieuses de l'époque. On le voit en 1540 à la diète de Spire, transférée à Haguenau. puis à Worms; il y essaie des négociations avec Mélanchthon et Bucer.

La mort de Jean Faber, 21 mai 1541, fait Nauséa évêque de Vienne; c'est alors seulement qu'il reçoit la prêtrise en même temps que la consécration épiscopale. 11 prend en main avec énergie le gouvernement de ce diocèse difficile, où il y a beaucoup à faire pour la réforme des mœurs et le relèvement du clergé. Cela ne l'empêche pas de continuer ses prédications, non seulement à Vienne, mais en d'autres villes d'Allemagne. Cependant il n'était plus question que du concile qui devait porter remède aux maux de l'Église. Nauséa s'était déjà exprimé sur les devoirs de la future assemblée dans un ouvrage paru en 1538, mais composé assez longtemps auparavant : Iîerum conciliarium libri quinque. Appelé à Rome en 1542 pour donner ses avis, il dédie au pape Paul III son Catechismus calholicus, et d'autre travaux relatifs au concile. Voir col. 49. Rien d'étonnant donc que, dès 1542, Ferdinand eût décidé de l'envoyer à Trente comme son représentant. Sa nomination est faite en 1545. Voir Massarelli, Diarium, i, 1» sept. 1545, Concil. Trident., t. i, p. 254-255. Mais l'évêque de Vienne ne se pressa pas de rejoindre son poste. S'il était persuadé de la nécessité d'un concile, il avait aussi, sur la façon dont celui-ci devait procéder, sur le lieu où il devait se tenir, des idées notablement différentes de celles de la curie. Il les exprima en octobre de cette année dans un livre imprimé à Vienne et dédié au cardinal Otto Truchsess, évêque d'Augsbourg : Frid. Nauseas... super deligendo in Germania synodi loco calacrisis una cum Colonise el Ralisbonœ civitalum lopothesia. Le pape, estimait-il, devait se rendre personnellement au concile, qui ne pouvait se tenir qu'en Allemagne, à Cologne ou à Ratisbonne. Voir A. von Druffel, Kaiser Karl V. und die rômische Curie, 1544-1546, t. m, p. 199-200 (dans Abhandl. der hist. Classe der k. bayer. Akademie der Wiss., t. xvi, Munich, 1883).

C'est seulement lors de la reprise du concile sous Jules III, en 1551, que Nauséa prendra effectivement

NAUSÉA (FRÉDÉRIC)

le chemin de Trente, et sur un ordre formel du roi ) Ferdinand, le déléguant comme son mandataire et commissaire. Le 1er septembre, Nauséa faisait son entrée en séance, et de suite il prenait une part importante aux discussions. Le concile s'occupait pt 'ir lors du sacrement de l'eucharistie. L'évèque de Vienne intervint énergiquement dans la congrégation générale du 21 septembre en faveur de la communion sous les deux espèces; il fallait, pensait-il, consulerc conscientiis piorum mullorum qui calholici eam expelunl 11 ne voyait pas seulement ici une question de rite : la grâce sacramentelle était donnée plus abondamment dans la communion sub utraque. Résumé dans Tlieiner, Acta concilii Tridentini, t. i, 1). 504, en attendant la publication des actes euxmêmes Le 6 octobre, dans la discussion des canons, il proposait qu'on laissât de côté le mot de transsubstantiation; le mot, dit-il, n'est pas ancien, ibid., p. 522. Voir aussi, p. 563, 593, 637. Toutes ces interventions témoignent chez l'évèque de Vienne d'un sens très aigu des difficultés soulevées par les novateurs.

Celte assiduité de Nauséa aux séances conciliaires ne doit pas donner le change sur son état de santé. Il était franchement mauvais dès l'arrivée, il ne fit qu'empirer dans les premières semaines de 1552; l'évèque de Vienne mourut le 6 février, Theiner, toc. cit., p. 652 : Die sabbati 6. ejusdem mensis februarii obiit Fridericus Nauséa, ep. Vienn., oralor régis Romanorum in concilio, vir optimœ vilse et spectatissimorum morum, ac scientiw omnis generis admirabilis : qui multa pro fide cathotica contra hsereticos hujus temporis scripsit. Son corps, comme il l'avait demandé, fut. transporté à Vienne et enterré dans la cathédrale.

IL Œuvres. — Comme le fait remarquer la notice des Actes conciliaires, Nauséa a beaucoup écrit, et ce n'est pas seulement contre les hérétiques. En mars 1547, pour couper court à diverses publications que l'on faisait circuler sous son nom, il composa un catalogue exact des écrits rédigés par lui, en distinguant ceux qui étaient publiés et ceux qui étaient encore inédits. Il donnait aussi des indications pour le cas où, après sa mort, on voudrait réunir l'ensemble de ses ouvrages : F. Nauséa; lucubrationum ab ipso diversis rerum diversorum argumcnlis conscriptarum catalogus. On le trouvera imprimé à la fin d'un volume où Nauséa avait rassemblé les lettres reçues par lui : Epistolarum miscellanearum ad Frid. Nauseam Blancicampianum... singularium personarum libri X, Râle, 1550. Ce catalogue n'est malheureusement pas très explicite sur les dates de parution des divers ouvrages; et comme l'on n'a jamais eu l'idée de grouper en des Œuvres complètes les travaux de l'évèque de Vienne, comme son histoire littéraire semble encore à faire, il y a un peu de flottement sur certaines dates et certains titres. Les mss qui sont conservés à Vienne, à Munich, ne sont pas non plus classés suffisamment, ni suffisamment décrits.

Nauséa dans son Catalogus proposait de ses œuvres la répartition suivante : 1. Grammaire et poésie. — 2. Dialectique, rhétorique, histoire. — 3. Sciences de la nature. — 4. Jurisprudence. — 5. Théologie. Nous en adopterons une un peu différente.

1° Sciences profanes. — Ce n'est pas le lieu d'insister ici sur les nombreux travaux que Nauséa leur a consacrés; il a touché à bien des choses qui ne se rapportent que de très loin à la science sacrée. Mais il faut mentionner ses Libri mirabilium septem, petit in-4°, Cologne, 1532, fort caractéristiques de l'état d'esprit qui régnait à l'époque, même dans les milieux cultivés. On y trouvera, au 1. V, toute une collection de prodiges arrivés en l'an 1531, et dont

l'auteur cherche à tirer des présages: apparitions dans le ciel d'hommes armés, de citadelles en flammes, pluies de pains et, naturellement, comètes et astres merveilleux. L'auteur ne doute pas que tout ceci n'annonce à brève échéance de terribles cataclysmes et sans doute la fin du monde.

Dans un genre tout différent et qu'il conviendrait de rattacher à l'hagiographie, signalons le Liber annotulionum instar scholiorum in cujusdam anonymi Philaleti Euscbiani rapsodias vilarum, miraculorum passionumque XII aposlolorum, Cologne, 1541, première publication de la série de textes relatifs aux Apôtres qu'on appellera plus tard le Pseudo-Abdias. Voir Supplément au Diction, de. la Bible, 1. 1, p. 512 sq.

2" Prédication et piété. — Nauséa, nous l'avons dit, a été un infatigable orateur de la chaire. Il a publié lui-même, en latin, les esquisses de ses sermons.

Signalons au moins : In septem gloriosiss. Deiparœ virginis Mariée jerias heptalogus, Cologne, 1530. — Evangelicœ verilatis homiliarum centuriœ quatuor, Cologne, 1530, 1532, 1534 (cette dernière est un petit in-fol. de 445 fol. d'un texte compact); il y a une édition allemande : Predigt euangelischer Warheit ùber aile Evangelien des Jahrcs, Mayence, 1535. — Sermones quadragesimales super evangeliis per sacrum quadragesimœ tempus occurrentibus, Cologne, 1544. — Scrmonum adventualium liber unus; sermonum priorum quadragesim. liber unus; posteriorum liber unus; sacrarum homiliarum jragmentorum liber unus, in fol., Cologne 1536. — Homiliatica pro salutatione angelica adv. schismalicos apologia, Vienne, 1537, précieux pour l'histoire de la dévotion à Marie. — Catholicarum postillarum et homiliarum in tolius anni... euangelia, in-8°, Cologne, 1550. — On en rapprochera le suivant: Christlich Beltbiïchlein, in-8°, Leipzig, 1538, qui monnaie en prières et en courtes réflexions à l'usage du public les pensées des gros livres de sermons. — Il faut dire un mot aussi de sermons prenant pour thème: le ps. lxxviii, Vienne, 1539; le ch. i°" de saint Jean, Vienne, 1540; Tobie (paru après sa mort, Cologne, 1552). — 11 faudrait ajouter un nombre assez considérable d'oraisons funèbres (mentionnons au moins celle d'Érasme, Cologne, 1536 : Ad universos pietalis christianie pro/essores in magnum illum... Erasmium Roterod. nuper viia junclum monodia), de discours de circonstances (ex. : Homilia ad milites in bello contra hostes infidèles, Vienne, 1542). Nauséa avait composé une théorie de la prédication : Libri III melhodi de rationc concionandi, mentionnée par le Catalogue, mais qui n'était pas encore imprimée en 1547.

Je ne vois pas que l'on ait étudié sérieusement la prédication de Nauséa. Il y aurait là beaucoup de renseignements à recueillir aussi bien sur la théologie de l'époque que sur l'état des mœurs. Évidemment les canevas latins que nous conservent les livres imprimés, ne peuvent nous donner qu'une faible idée d'une éloquence que tous les témoignages s'accordent à caractériser comme extrêmement prenante.

3° Théologie proprement dite. — Sous cette rubrique nous pouvons faire rentrer divers ouvrages soit de morale, soit de pastorale, soit de dogmalique.

1. Miscellanearum libri duo, quorum prior est pro horis canonicis, aller vero pro sacrosancla missa apologelicus, les deux ouvrages ont paru d'abord séparément, Mayence, 1527, puis réunis en un seul volume, avec en appendice une homélie in commendationem primitiarum missa: (messe de prémices = première messe), in-4", Cologne, 1531. — 2. Cathotica in XII arliculos fidei christianœ sijmboli apostolici, in-4°, Mayence, 1529. — 3. De patienlia, in-8°, Mayence, 1530. — 4. Catliolicus calechismus, in-fol., Cologne, 1513. C'est une œuvre considérable, dédiée au pape

NAUSÉA (FRÉDÉRIC)

Paul III, après la visite que Nauséa fil. à Home. Le 1. I, In prœludia catholici cate.chismi est une longue introduction; le l. II traite des douze articles du symbole; le 1. III, des sacrements; le 1. IV, du décalogue; le 1. V, De catlwlicœ Ecclesia: precationibus et orationibus; le 1. VI, du culte catholique et des cérémonies ecclésiastiques des diverses fêtes soit du temps, soit des saints. — 5. De Jcsu Clirisli et novissima omnium morluorum resurrectione libri III, in-4°, Vienne, 1551. — 6. De Antichristo libri III, composé avant 1517, a paru à Vienne, en 1551. — ■ 7. De consammutione sœculi, pour lequel Nauséa cherchait un éditeur lors de son séjour à Trente et qui n'a paru qu'après sa mort, in-8", Cologne, 1555. — 8. Je ne vois pas qu'ait paru le Liber censuras, una cum solutione Irium quœstionum Zwingliana dogmala concerncnlium, mentionné par le Catalogue, p. 483 au bas, et qui, d'après la place qu'il occupe, doit être des débuts de l'activité de Nauséa à Mayence.

4» La réforme ecclésiastique. ■ — ■ Secrétaire du cardinal Campegi, Nauséa avait eu l'occasion de discuter à plusieurs reprises avec les représentants de la Réforme les griefs vrais ou faux que ceux-ci présentaient comme la raison d'être du mouvement novateur. 11 fut ainsi amené à mettre par écrit nombre de rétlexions sur ces sujets brûlants. Tout cela malheureusement ne s'est pas conservé en entier. Par prudence l'auteur ajourna la publication de travaux qui semblent actuellement perdus.

C'est le cas du Liber decisionum et declarationum in XII Christianœ religionis arliculos; de la Crisis de divinis in Ecclesiœ o/ficiis in vernacula lingua agendis, écrits l'un et l'autre lors du passage à Nuremberg, en 1525; de Y Interlocutorium in XXXIII arliculos cujusdam novœ re/ormalionis et ordinationis Ecclesiœ, qui doit dater de l'arrivée à Mayence en 1526. Plus intéressant encore serait le Liber consiliorum super negolio conjugii sacerdolum, votorum monasiicorum, jurisdictionis ecclesiasticœ, magistratuumque prophanorum, dont le Catalogue ajoute : « Nous l'avons composé sur les instances du cardinal-archevêque de Mayence, Albert de Brandebourg, en vue des négociations religieuses, qui devaient avoir lieu à la diète d'Augsbourg en 1530; ce livre n'a pas été publié et il ne peut guère l'être que dans un concile œcuménique. » Calai., p. 490. Une partie en a été remployée dans les Syluœ synodales, voir ci-dessous.

Les mêmes raisons de prudence engagèrent Nauséa à retarder jusqu'en 1538 la publication d'un ouvrage composé dès 1525 : Responsa una cum eorundem declarationibus et moderaminibus sacrosanctse Sedis apostolicœ ad aliquot inclytœ germanicœ nalionis adi'ersus illam gravamina, in-fol., Cologne, 1538, dont le pape Clément VII avait accepté la dédicace, ce qui coupa court à diverses chicanes que l'on voulait chercher à l'auteur. La même année 1538 vit paraître les Rerum conciliarium libri quinque, dédiés au pape Paul III.

Les diverses négociations auxquelles Nauséa prit part un peu après lui firent publier, à Mayence, 1540, Vtlortatio ad ineundam in chrisliana religione concordiam ; puis, en 1541 : Colloquia privala super publico colloquio pro concordandis nonnullis in chrisliana religione controversiis, nuper Vuormatiœ cœpto, Ralisbonte vero... in comiliis imper, consumando inier D. Fr. Nauseam, M. Ph. Melanehlhonem et M. Bucerum habita.

La nécessité de réformer le diocèse de Vienne l'amena;) publier, en 1546 : Quœstionum et solulionum super bonis demorluorum clericorum derelictis liber unus, in-4", Vienne; l'année suivante : Pastoralium inquisitionum elenchi 1res, in-8", Vienne; en 1548 : De clericis in Ecclesia ordinandis in V libros partitum isa-

gogicon, in-4°. Ces deux derniers écrits furent réunis en 1551, avec un Decrelum ecclesiasticœ ordinationis du 6 avril 1551, sous le titre : De clericis in Ecclesia ordinandis isagoges libri V.

Le Catalogue signale, p. 495 au bas, un travail intitulé : Libri octo sijlvarum synodalium. Il s'est conservé en ms. à Munich, Cod. lat. mon., 11096 : Frid. Nauseœ... miscellanearum pro Tridentina synodo conciliarium libri octo (en fait le ms. ne compte que sept livres). Dédié à Paul III a la date de 1513, cet ouvrage se réfère à l'œuvre déjà imprimée eu 1538, et représente les vues soumises au pape lors du voyage de 1542. Voici, un peu résumés, les titres des différents livres. — - 1. De censura et série synodi Tr. de controversis arliculis inibi disserendis. — 2. De prœparaloriis in ipsa synodo per calholicos scruandis. De pelendis et stipulandis per calholicos a schismaticis. — • 3. De ordine progrediendi in synodo in negolio religionis et fidei. — • 4. Chrisliana calholicorum confessio adversus auguslanam con/essionem. — ■ 5. De prœcipuis abusibus pro rejormanda Ecclesia tollendis. — ■ 6. De modo lollendorum vel moderandorum sallem abusuum. — 7. De légitima procedendi ratione adversus induralos et contumaces Ecclesiœ adversarios. Texte complet dans J. Metzner, p. 78. Ce grand travail est demeuré inédit, sauf toutefois les livres V et VI qui ont été publiés en 1865 par Theod. Wiedmann, d'après le ms. 11 877 de Vienne, dans Œsterreichische Vierleljahresschrift fur katholische Théologie, p. 556-610. C'est au 1. IV, c. xx, que Nauséa se prononce en faveur de la communion sub ulraque, et au c. xxi, sur les restrictions qu'il serait opportun de mettre à la loi du célibat ecclésiastique. — Le 1. VIII du même ouvrage, signalé par le Catalogue, se trouve dans le ms. 11 095 de Munich, fol. 63-69, sous le titre : Methodus concordiœ ecclesiasticœ (détail des chapitres dans Metzner, p. 81-82); les feuillets qui suivent dans le même ms. contiennent également des textes de Nauséa se rapportant au même sujet : Prœmonitorium pro christiana religione conservanda, fol. 69-71; De original! causa lot lantorumque per Germanium hœreseonelschismatonet horum invalescenliœ, fol. 71-80; Summula celerioris progressus et ordinis celebrandi concilii, fol. 81-86; Alla summula eorum quœ necessario fieri oportet si debeat indicta synodus suum habere progressum, fol. 86-89.

Ces derniers feuillets ont été imprimés en appendice, à l'ouvrage publié à Vienne en 1515 (cf. ci-dessus col. 46) et qui a pour titre : Super deligendo in Gcrmania synodi loco calacrisis. Il se conserve aux Archives vaticanes, Concil., t. 106, des Acta Rmi Francisci Nauseœ, que Theiner appelle à tort un diaire (Acla conc. Trid., t. i, p. vin, note); c'est la copie, entrés au Vatican en 1768, d'actes conservés au monastère de Rheinau (canton de Zurich). Ces pièces et leur importance n'ont pas échappé aux nouveaux éditeurs du Concile de Trente, qui en feront état un jour ou l'autre.

Par le très sec énoncé qu'on vient de lire, on peut juger de l'importance qu'aurait l'étude approfondie d'une œuvre aussi diverse, aussi touffue. Il ne saurait guère être question de publier aujourd'hui l'édition complète dont rêvait l'auteur. Du moins conviendrait-il que l'Allemagne catholique s'intéressât à un homme qui joua, à l'époque de la Réforme, un rôle si considérable, et montra, au fort de la lutte, une modération, un souci de comprendre l'adversaire et de se faire comprendre par lui, rares à toute époque, mais principalement à celle-là.

Tout l'essentiel de la vie et de l'histoire littéraire de Nauséa est dans J. Metzner, Friedrich Nauséa aus Waischenfeld, Ratisbonne, 1884; c'est de là que dérive la notice du Kirchenlexicon, t. ix (1895), col. 50-57. Kawerau, l'auteur de celle de la Prot. Realenzyclopàdie, a ajouté

NAUSÉA (FRÉDÉRIC)

NAVARRUS

quelques données biographiques extraites de Kopallik, Regesten zur Ceschichte der Erzdiozese Wien, t. il, 1898.

Toutes les histoires de la Réforme et de la Contre-Réforme font une place à Nauséa. Sur les tentatives de réunion avec les protestants auxquels celui-ci fut mêlé, voir L. Pastor, Die kirchlichen Reunionsbestrebiingen wàhrend der Regierung Karls V., Fribourg-en-B., 1873, qui donne en appendice, p. 495 sq., le texte de la Consultatif) signalée par le Calalogus, p. 49(3: Liber unus consullationis super reconciliandis in religione eliristiana dissensionibus. Sur la présence de Nauséa au concile de Trente, J. G. Mayer, Bischof Fried. Nauséa von Wien auf dem Konzil von Trient, dans Historisches Jahrbueh, 1887, t. vin, p. 1-27.

É. Amann.

1i NAVARRETTE (Le bienheureux Alphonse), dit aussi De Navanele, dominicain espagnol martyrisé au Japon le 1" juin 1017. A la fin de la Congrégation De auxiliis, il était entré en conflit avec les jésuites du Japon qui prétendaient avoir dans ce pays le monopole de la prédication et qui voulaient y introduire le seul molinisme. 11 ne faut pas confondre le 13. Alphonse Navarrette avec son compatriote et contemporain, missionnaire dominicain comme lui, Dominique Navarrette, théologien et historien des missions de la Chine.

Archives généralices dominicaines, Reg. Galamini, iv, 55, n. 66, cité par Mortier, Histoire des Maîtres généraux de l'Ordre des Frères prêcheurs, t. vi, p. 268-271.

M. -M. Gorge.

2. NAVARRETE ou NAVARRETTE Dominique-Ferdinand, missionnaire et théologien dominicain. Né à Pcnnafiel, dans la vieille Castille, il prit l'habit des Frères prêcheurs vers 1630 et professa très jeune au célèbre collège de Saint-Grégoire de Valladolid, l'un des foyers de la science théologique en Espagne. Répondant à l'appel de son confrère Jean-Baptiste de Moralez, qui revenait d'Extrême- Orient chercher des missionnaires, il partit pour les îles Philippines, en 1646. D'abord professeur de théologie à Manille, il partit ensuite pour cooopérer à la conversion de la Chine et il devint vers 1660 un lettré chinois remarquable, qualité qui donna beaucoup d'originalité et de portée à son action dans le Fo-Kien et le Tché-Kiang. Succédant à son maître Moralez, il devint en 1664, préfet apostolique des missions dominicaines en Chine. C'est alors qu'il composa divers écrits en langue chinoise. 1. Une explication des vérités catholiques avec une réfutation des erreurs les plus communes ; 2. Un catéchisme ou instruction sur les noms admirables de Dieu; 3. Une apologie de la religion chrétienne contre le chinois Jang-Kuang-Sien qui venait de publier en 1659 un écrit contre les missionnaires; 4. Des morceaux choisis des meilleurs écrivains chinois. A ce moment-là, en 1665, au cours d'iine persécution, il se trouva relégué avec vingt-six autres religieux jésuites et franciscains dans le même lieu de la province de Canton. Ces religieux mirent à profit leur captivité pour s'entretenir longuement de la méthode à suivre pour introduire le catholicisme en Chine, et des concessions qu'on pouvait faire aux usages des Chinois. Au cours de son apostolat personnel, Navarrele avait toujours préféré admettre au baptême un moins grand nombre d'indigènes, sauf à être plus assuré de la pureté de leur foi. Navarrete montra dans les discussions de Canton une attitude conciliante. Mais dans le fond de son cœur, il conservait la plus vive répugnance pour les facilités accordés par les jésuites au culte de Confucius et au culte des ancêtres. Tandis qu'aux conférences de Canton, le porteparole des franciscains, le Père Antoine de Sainte- Marie, protestait contre ces pratiques de laxisme dogmatique, Navarrete résolut de s'opposer efficacement à ce qu'il croyait être une conversion impar-

faite et viciée des Chinois. Incapable de faire sur place œuvre en ce sens, il revint en Europe intéresser les autorités de l'Église. Il était à Madrid en mai 1672 et à Rome en janvier suivant. Il y fit une relation détaillée de ce qui se passait en Extrême-Orient, non seulement au général de son ordre, mais au pape Clément X et à la Sacrée Congrégation de la Propagande. Des facilités de rendre hommage à Confucius et aux ancêtres avaient été accordées aux convertis chinois par le pape Alexandre VII en 1656, après avoir été interdites par Innocent X en 1645. Néanmoins Navarrete fui très écouté, et on lui proposa de devenir évêque et de prendre en main la direction générale des missions de tous les ordres en Chine. Il refusa une situation qui l'eût mis en conflit perpétuel avec des collaborateurs jésuites, et préféra dénoncer dans leurs derniers détails les abus des rites chinois à la Congrégation du Saint-Office. L'une des principales pièces de son accusation fut le doute soulevé en 1610 par le second supérieur des missions jésuites, Longobardi, à propos de l'orthodoxie du syncrétisme prêché par son prédécesseur Ricci. Ce travail de Longobardi était demeuré jusque-là manuscrit et inconnu. Par les soins de Navarrete, l'ouvrage fut traduit en espagnol en 1676. Il devait être traduit en français en 1701 par les adversaires des jésuites. Cette publication de Navarrete faisait partie d'un immense travail d'ensemble édité à Madrid, en 1676 et 1679, deux in-folios, en langue espagnole : Tratados historicos, politicos, elhicos y religiosos de lu monarchia de China. Descripcion brève de aquel imperio y exemplos raros de emperadores y magistrados del, con narracion difusa de varias sucessos, y cosas singulares de olros reynos y diferentes navegaciones. Anadense los decretos ponli/icius y proposiliones califieadas en Rama para la mission Chinica, y una bulla de Clémente X en favor de los missionarios: t. i, 518 p. : six traités de documentation sur la Chine et un traité d'affaires missionnaires; t. n, Que trala de las controversias anligas y modernas de la mission de la gran China y Japon, 669 p. L'auteur se proposait de revenir à la charge dans un troisième volume contre « les procédés employés par les religieux de la Compagnie pour la conversion de la Chine. » Ce volume resta manuscrit. Dans son t. n,p. 30, Navarrete vantail fort un chinois, « le Père Grégoire Lopez, religieux de notre ordre qui est présentement évêque de Basilée et chargé par le Saint-Siège du soin de l'Église de la Chine. Il a été disciple de Don Jean Lopez qui esl mort archevêque de Manille et qui m'a dit souvenl beaucoup de choses à son avantage dont je pourrais parler s'il ne vivait pas encore. C'est à Dieu qu'il faut rendre gloire de tout cela. » Lopez, le premier évêque qui ait été de race chinoise avait accepté la charge que Navarrete avait refusée. Il ne lui fut pas reconnaissant du compliment. Le 18 août 1686, Lopez adressait à Rome un mémoire favorable à l'attitude, des jésuites dans la querelle des rites chinois. Il esl vrai qu'à ce moment-là, Dominique Navarrete, devenu en 1678 archevêque de Saint-Domingue, dans les Antilles, s'appliquait à y fixer les jésuites et à leur y créer un collège florissant. La dispute sur les rites de Chine ne devait se clore par leur interdiction qu'en 1742. Dès la fin de l'année 1689, Navarrete était mort, bien loin de cette discussion qui lui survivait.

Quélif-Échard, Scriptores ordinis prcdicalorum, t. n, p. 720-723; Touron, Histoire des lionunes illustres de l'ordre de saint Dominique, t. V, p. 627-638; C.ordier, Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers, 1920, t. m, p. 321, 323.

M. -M. GORCE.

NAVARRUS, voir Aspilcueta, t. i, col. 2119.

NAVASES (MAIUANUS) - NAZAHIUS (JKAN-PAUL;

NAVASES Marianus, frère prêcheur espagnol (1697-1752). On publia, en 1754, après sa mort, à Valence, où il avait enseigné, les deux premiers volumes in-4° de son Moralis théologies cursus, thomiste et en défiance contre les nouveautés probabilisles.

Hurtcr, Nomenclalor, 3° 6d.it., t. iv, col. 1(5:58.

M. -M. Gohce.

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