Super epistolas et evangelia quadragesimalia
L. Wadding, Annales minorum, 2e édit., Rome, 1734, t. ix, p. 392 et 564; du même, Scriptores ordinis minorum, 2e édit., Rome, 1906, p. 177; J. H. Sbaralea, Supplemenlum ad scriptores trium ordinum S. Francisci, 2e édit., Rome, 1921, t. n, p. 272-273; C. Eubel, Bullurium franciscanum, Rome, 1904, t. vu, n. 1367; du même, Hierarchia eatholiea Medii Moi, Munster, 1898, t. i, p. 267; J. Cappellttti, Le Chiese d'Ilalia, Venise, 1846, t. iv, p. 421 ; P. R. Gams, Séries episcoporum Ecclesiœ catlwliciv, Ratisbonne, 1873, p. 696; Ughelli, Ilalia sacru, Fulginatenses episeopi, t. i, n. 39.
A. Teetaiîrt.
41, NICOLAS D'OCHAM, frère mineur, dixhuitième maître de son ordre à Oxford, a vécu vers la fin du xme siècle, et non vers 1320, comme le soutient L. Wadding, Scriptores ordinis minorum, 2e édit., Rome, 1906, p. 179. 11 commentait, en effet, les Sentences après 1280, à Oxford, et devint lecteur et maître régent après 1285. C'est à la première époque, c'est-à-dire au temps où il enseignait les Sentences, qu'il faut placer son commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard. Ainsi un Commentarium super quatuor libros Sententiarum, ou Quwstiones super quatuor libros Sententiarum de Nicolas d'Ocham, est conservé dans YOttob. 623 de la bibliothèque Vaticane. Un commentaire sur le Ier et le IIe livres des Sentences, intitulé : Lectura super primum Sententiarum ordinata a Fr. Nicholao de Anglia ordinis minorum, et Lectura super secundum Sententiarum ab eodem édita, est contenu dans le ms. Conv. soppr. G. 5. 858 de la bibliothèque nationale de Florence. Le premier livre débute : Veteris ac nove lecjis... Querilur de subiecto théologie et quod sit Deus videtur;tandis que le second livre commence comme suit : Utrum mundus sit elernus. Et quod sic videtur per Aristotelem. Un extrait de ce ms.,la q. n de la dist. III du 1. I : An Deum esse sit per se notum, a été publié par Daniels, Gottesbeweise, p. 82-83.
Le ms. 319 du Caius Collège de Cambridge (xinexive siècle) contient un Scriptum Nicholai super II et lll Sententiarum. Cet ouvrage doit certainement être attribué à Nicolas d'Ocham. Le 1. II débute ainsi : Creationem, etc. Circa istam distinctionem queritur
primo utrum mundus sit eternus; tandis que le 1. III commence : Cum venerit pleniludo, etc. Queritur de possibilitate incarnationis.
Un commentaire anonyme sur les Sentences est conservé dans le ms. 134 de Merton Collège à Oxford (xive siècle). Il doit sans aucun doute être considéré comme l'œuvre de Nicolas d'Ocham. Le début du 1. II concorde, en effet, parfaitement avec celui du ms. 319 du Caius Collège de Cambridge : Creationem, etc. Circa islam distinctionem queritur primo utrum mundus sit eternus. Le 1. I commence : Veteris ac nove legis, etc. Queritur de subjecto théologie et quod sit Deus videtur. La fin du 1. II et le début du 1. III font défaut. Au folio 166 r°, en effet, on sauté de la fin de la dist. XXX du 1. II à la dist. XVII du 1. III. Le 1. IV commence par les mots : Venite, ascendamus ad montem domini et ad domum dei Jacob, et docebit nos vias suas et ambulabimus in semitis eius. Via salutis parata et instructa, non restât nisi ambulare in ea. Il finit dans la dist. XLIII aux mots : Item ratione morali (incomplet). Comme tous ces incipit concordent parfaitement avec ceux des autres mss. qui attribuent ce commentaire à Nicolas d'Ocham, il faut conclure que le ms. 134 de Merton Collège contient également le texte du commentaire sur les Sentences de cet auteur. Malheureusement il est incomplet; il contient tout le 1. I, les dist. I- XXX du 1. II, les dist. XVII et sq. du 1. III et finit dans la dist. XLIII du 1. IV.
Le ms. lat. 14 565 de la Bibl. nationale de Paris (xive siècle) contient, fol. 173 v°, un ouvrage intitulé : Fratris Nicolai minoris replicationes. Il est cependant très douteux qu'il faille considérer ces Replicationes comme une œuvre de Nicolas d'Ocham. Il semble plus probable qu'il faille l'attribuer de préférence à Nicolas de Lyre.
C'est pendant la seconde période de l'activité littéraire de Nicolas d'Ocham, c'est-à-dire après 1285, qu'il faut placer une série de Quœstiones ou de Quodlibeta, qui sont conservés dans le ms. 158 de la bibliothèque municipale d'Assise. Ces questions sont au nombre de six : n. 123 : Questio in vesperis N. de llotham; n. 161 : Questio M. Nie. de Hotham. Questio est an creatura possit diligere Deum propter se et super omnia naturali dilectione; n. 162, 163; n. 165 : Fratris N. de Ocham minor. Determinaciones an relationes realiter distinguant et sola ratione. C'est «une longue discussion de 34 feuilles; à la fin du manuscrit : Questio Hotham in vesperis Cnol, Oxon. Respondit Persel. C'est une dispute théologique entre Nicolas d'Ocham et Jean de Pershore à l'occasion des « vespéries » de Walter de Knolle, c'est-à-dire des discussions théologiques requises pour l'admission à la maîtrise en théologie.
J. Leland, Commentaria de scriptoribus Britannicis, t. ii, Oxford, 1709, p. 325, et L. Wadding, Scriptores O. M., p. 179, attribuent à Nicolas d'Ocham un traité intitulé : Opus de Verbo divino. A. G. Little pense que c'est une question du même genre que celles qui sont mentionnées ci-dessus.
Le même J. Leland, op. cit., mentionne encore un autre ouvrage qu'il faudrait attribuer à Nicolas d'Ocham : Libellus de latitudinc oppositionum, ingeniosi judicium astrologi. Ce titre a donné occasion à des auteurs postérieurs de distinguer deux ouvrages, à savoir : 1. De latitudinc oppositionum, et 2. Astrologi judicium. Le premier qui a fait cette confusion paraît être J. Baie, Scriptorum illustrium maioris Britanniœ catalogus, Bàle, 1557-1559, Ier part., p. 395, suivi ultérieurement par H. Willot, Athenx orthodoxorum sodalilii franciscani, Liège, 1598, p. 284, J. Pitseus, Relationum historicarum de rébus anglicis, t. i, Paris, 1619, p. 110, et L. Wadding. D'après d'autres auteurs, parmi
NICOLAS D'OCHAM — NICOLAS D'ORBKLLKS
lesquels A. G. Little, il serait très douteux que ce dernier ouvrage constituât une œuvre de Nicolas d'Ocham. La même restriction doit être faite pour un autre ouvrage : Scrmones Oecham, qui commencent de la façon suivante : Veritas de terra orla est... Veritas ante lapsum primi hominis, et qui sont conservés dans le ms. 74 de la hibl. du chapitre de la cathédrale de YVorcester. J. Kestcll Gloyer, Catalogue oj mss preserved in the Chapter library of Worcester cathedral, Oxford, 190G, p. 147-148.
L. Wadding, Scriplores ordinis minorum, 2e Mit., Rome, 1906, p. 179;. I. II. Sbaralea, Supplemenlum ad scriptores trium ordinum S. Francisa, 2e édit., Rome, 1921, t. n, p. 284; Th. Tanner, Bibliolheca britannico-hibernica, Londres, 1748, p. 556; A. G. Little, The grey Friars in Oxford, Oxford, 1892, p. 15S, 229; le même, The franciscan school al Oxford in the Ihirtcenth Century, dans Arehiuum franciscanum hisloricum, t. xix, 1920, p. 828, 857-858; Dictionary of national biography, Londres, 1895, t. xi.i, p. 350.
A. Teetaert.
42. NICOLAS ORANUS, frère mineur de la province de Flandre (xvnc siècle). — Né à Liège, il fut successivement lecteur de théologie, gardien des couvents d'Avesne, de Liège, de Namur, de Luxembourg, de Couvin, etc. el deux fois définiteur. Comme prédicateur, il eut de grands succès. Il mourut à Namur en 1634. Tous ses ouvrages, soit en latin, soit en français, sont autant de recueils de sermons, souvent très intéressants pour les théologiens.
1. Conciones triginta de Judœ prodiloris apostasia, sive triplici ejus defectu a fide, a gratia et ab apostolatu, per quem omnes reprobi figuranlur, Anvers, 1611, Mons, 1611. — 2. Oratio moralis et historia latine concepta, gallice pronunciata, in honorem D. Alberti S. R. E. cardinalis neenon Ecclesise Leodiensis episcopi et principis, ac tandem pro ecclesiastica libertate gloriosissimi martyris, in templo nobilium domicellarum eollegii S. Aldegondis, Malbodii, dum solemniter ejusdem martyris reliquix a Rhemis in Belgium reducerentur... postera die quam ab Avesnis adventassenl, 4 decembris a. 1612, Douai, 1613, in-4°, 22 p., panégyrique en l'honneur du bienh. Albert de Louvain, cardinal, évêque de Liège et martyr, prononcé en français, à Maubeuge, à l'occasion de la translation de ses reliques, de Reims en Belgique. — 3. Exilium gencris luimani felicissimum concionibus advenlualibus explicatum, quibus triumphas misericordise et veritatis Dei circa primos parentes illuslratur, Mons, 1615, in-8°, 515 p., sermons pour l'avent sur le triomphe de la miséricorde et de la vérité dans la conduite de Dieu à l'égard des pécheurs. — 4. Benjamin evangelicus seu conversio S. Pauli concionibus triginta quatuor..., Mons, 1624 et Cologne, 1624. — 5. Conversio Cornelii centurionis Cœsarei facta per D. Petrum apostolum et triginta concionibus explicala, Mons, 1632. — 6. Mysteria Passionis Dominicœ concione trihoraria explicala, Cologne, 1634.
L. Wadding, Scriptores ordinis minorum,2' édit., Rome, 1906, p. 179 ; J. H. Sbaralea, Supplemenlum ad scriptores trium ordinum S. Francisci, t. n, 2e édit., Rome, 1921, p. 2S5; S. Dirks, Histoire littéraire et bibliographique des Frères mineurs de l'observance de S. François en Belgique et dans les Pays-Bas, Anvers, 1885, p. 174-176.
A. Teetaert.
43. NICOLAS D'ORBELLES. frère mineur de l'observance de la province de Tours. — Originaire d'Orbelles,près d'Angers, il enseigna à Poitiers pendans la seconde moitié du xve siècle. Maître en théologie, il s'est rendu célèbre par ses disputes, son enseignement et ses écrits théologiques et philosophiques, dans lesquels il se rattache étroitement à la doctrine de Duns Scot, dont il est un des commentateurs les plus goûtés et les plus autorisés, et un des défenseurs les plus
acharnés et les plus loyaux. Il a contribué beaucoup à, étendre l'école scotiste, et à répandre les idées et les doctrines du Docteur subtil. Aussi son commentaire sur les quatre livres des Sentences fut-il hautement apprécié et vivement recherché, par tous les théologiens non seulement contemporains, mais aussi postérieurs à Nicolas d'Orbelles, comme en témoignent les nombreuses éditions de cette époque. Ce commentaire, intitulé : Commcntarii in quatuor libros Sentcntiarum, parut, en effet, successivement à Paris, 1488, ex emendatione Thoma Sylvestris, per Fel. Baligaut, in-4°; à Paris, 1498, opéra Fel. Balligault, impensis Jiarwis Riehardi, in-8° (A. Castan, Catalogue des incunables de la bibliothèque publique de Besançon, Besançon, 1893, n. 731; \V. A. Copinger, Supplément to Hain's Repertorium bibliographicum, t. I, Londres, 1895, n. 12047; R. Proctor, An index to the early prinled books in the British Muséum, part. I, Londres, 1898, n. 8261); à Rouen, sans année (vers 1499), in-8° (J. H. Sbaralea, Supplemenlum ad scriptores trium ordinum S. Francisci, t. ii, 2e édit., Rome, 1921, p. 2H(i); à lki{.'enau, 1503 (Panzer, Annales lypographici, t. vu. p. 6f, n. 15); à Lyon, 1503 (Panzer, op. cit., t. ix, p. 443, r>. 35); à Venise, 1507, avec le texte des Sentences de Pierre Lombard; à Paris, 1509 (Panzer, op. cit., t. vu, p. 538, n. 329), 1511, 1515, 1517, 1520. Plusieurs auteurs identifient le Super Scntentias Compendium singulare eleganliora Docloris Sublilis dicta summatim comprehendens, avec les Commentarii in quatuor libros Sentcntiarum. J. H. Sbarelea, op. cit., p. 285, écrit : Commentarii in quatuor libros Sententiarum idem sunt alque Compendium super Sententias, qui débute par les mots : Post brevem compilationem logicœ, physicœ et ethiese secundum opinionem Doctoris subtilis. D'autres (J. Jeiler, dans Kirchenlexikon, t. ix, col. 971), distinguent cependant ces deux ouvrages, et disent que le Compendium super Sententias a été publié à Lyon, en 1503, et à Paris, en 1517. Nous pensons, avec les éditeurs de Sbaralea, qu'il faut identifier les deux ouvrages, parce qu'ils concordent parfaitement entre eux.
De plus, ce commentaire sur les Sentences que quelques écrivains dénomment : Opus insignissimvm et prope divinum, doit avoir été terminé après 1465. En effet, l'auteur cite, In IV. Sent., dist. XLV, q. m, un privilège accordé, en 1465, par le pape Paul, et comme le souverain pontife Paul II (1464-1471) est appelé modernus, il faut en conclure qu'il gouvernait encore l'Église au moment où Nicolas écrivait. Il résulte de ces constatations que les auteurs se trompent, qui font mourir Nicolas d'Orbelles en 1455.
Le frère Thomas Sylvestri, O. M., a ajouté une table au commentaire sur les Sentences de Nicolas d'Orbelles qui se trouve dans l'édition de Paris de 1498, publiée par les soins de frère Jean Alexandre, O. M., avec une préface par Lodoicus Honnonius Nervius. Enfin, vers 1500, le frère mineur Jean le Picard a composé des Resolutiones aurese sur le commentaire de^ Nicolas d'Orbelles.
Nicolas aurait composé encore un traité intitulé : Declarationes quorumdam terminorum theologalium, secundum doctrinam illuminali doctoris (c'est-à-dire François Mayron, O. M.), que l'on trouve à la fin d'à peu près toutes les éditions des Commentarii in quatuor libros Sententiarum, ou du Compendium super Sententias. L'édition de Venise, de 1507, attribue ce traité explicitement à Nicolas d'Orbelles, qui y donne des explications et des déclarations sur les noms et les attributs divins. Ce traité débute par les mots : Ut noviter ad facultatem...
Nicolas d'Orbelles a composé aussi de nombreux ouvrages philosophiques, qui ne furent pas moins célèbres que ses œuvres théologiques. Ainsi son ouvrage Super summulas Pétri Hispani ad menlem Scoti ou
NICOLAS D'ORBELLES
NICOLAS D'OSIMO
Logicse summula cum Pétri Hispani textu, qui ne constitue qu'un seul et même ouvrage et est un commentaire sur la Summula logicœ de Pierre d'Espagne, •a eu plusieurs éditions. Il en existe d'abord une sans date ni lieu, qui, outre cet ouvrage de Nicolas, donne aussi le Passas saper universalia de François Mayron, les Quœstiones de tribus prineipiis rerum naturatiam d'Antoine André. O. M., et les Formalilates secundum viam doctoris subtilis de Nicolas Bonet, O. M. Le traité de Nicolas y est intitulé: Excellentissimi viri artium ac sacre théologie professoris eximii magislri Sir ilai de Orbellis de Francia, ordinis minorum, secundum doctrinam doctoris subtilis Scoti logice brevis, sed admndum utilis super textum magistri Pétri Hispani cxpositio incipit. Il débute par les mots : Quoniam teste sapiente, provcrbiorum 22°, adolescens juxta viam suam etiam cum senueril non recedet ab ea, utile est volentibus studere doctrinam doctoris subtilis Scoti. Autres éditions : Parme, 1482, revue par Pierre de Parme, O. M. ; Venise, 1489, 1500 et 1516, dont la dernière a été corrigée par Lazare de Soardis et illustrée de notes marginales par Jérôme Crybellus, O. M.; Bàle, 1494 et 1503. L'auteur y applique les règles de Pierre d'Espagne aux différents livres logiques d'Aristote.
Nicolas composa encore un traité : De scienlia mathematica et physica, qui aurait été publié à Bologne, en 1473 (?) et 1485 (Sbaralea, op. cit., p. 285) sous le titre : Compcndium dignissimum et utilissimum considerationis matematice quoad aritmelicam et geomelriam secundum ea quœ sunt necessaria naluralibus et supernaturaiibus scientiis, et un autre, intitulé : Expositio in Xlllibros metaphysicœ secundum viam Scoti, Bologne 1485. D'après les éditeurs et commentateurs de Sbaralea, op. cit., p. 28G, les traités De scientia mathematica et physica et Expositio in XII libros metaphysicce, appartiendraient à un même ouvrage comprenant originairement trois parties, qui pouvait s'intituler : Compcndium malhematicœ, physicœ et metaphysicœ. Cet ouvrage aurait paru pour la première fois à Bologne, en 1485, et aucune partie n'aurait été publiée séparément avant cette date. Dans cette édition, la deuxième partie contient : Compendium librorum physicorum, de cœlo et mundo, de generatione et corruplione, et de anima; mais elle ne donne pas le Compendium librorum metheororum. ni Yethica. Ces derniers traités sont contenus, avec les précédents, dans l'édition de Bâle. de 1494, qui porte comme titre : De scientia mathematica, physica, de anima, de cœlo et mundo, de metheoris, de metaphysica ac ethica. L'édition de Bâle, de 1503, ajoute à tous ces traités celui de la Logica.
Les éditeurs de Sbaralea, op. cit., p. 286, citent encore un Commentarium in libros Arislotelis de anima, qui aurait été publié à Bâle, en 1542, et nullement en 1492, comme l'a corrigé à tort Sbarelea, op. cit., p. 285. L. Wadding, Scriptores ordinis minorum, 2e édit., Rome, 1906, p. 180, ne parle donc pas correctement, quand il attribue à Nicolas d'Orbelles un Compendium tripartitum in mathemalicam,ethicam et theologiam. Sbaralea, op. cit., p. 286, attribue encore à Nicolas d'Orbelles un Tractatus de successione et un Liber de casibus conscientise. Nous n'avons pu trouver aucun vestige de ces deux derniers ouvrages, et nous doutons fortement qu'il faille les attribuer à Nicolas d'Orbelles.
Quant aux Sermones in omnes epislolas quadragesimales que I. Jeiler, dans le Kirchenlcxikon, t.ix.col. 971, attribue à Nicolas d'Orbelles, et que L. Wadding, op. cit., p. 179 et 191, attribue à Nicolas et à Pierre d'Orbelles, ils doivent être considérés comme l'œuvre de ce dernier. Nous en connaissons deux éditions avec deux litres différents; celle de Lyon, 1191, intitulée : Sermones in omnes epislolas quadragesimales, et celle
de Paris, 1508 : Sermones hortuli conscientise. Or le texte de ces éditionsconcorde complètementetl'édition de Paris, 1508, attribue ces sermons explicitement à Pierre d'Orbelles. Nous y lisons, en effet, au début : Sermones hortuli conscientiœ Fratris Pétri Dorbelli, et fol. 228 : Fratris Pétri Dorbelli Andegavcnsis in sua theologia ordinis minorum predierdoris egregii. Ensuite, au fol. 2, les deux titres sont condensés en un seul : Incipit registrum hortuli conscientiœ super epistolas quadragesimales. 11 faut donc considérer ces sermons comme l'œuvre, non de Nicolas, mais de Pierre d'Orbelles.
Nicolas d'Orbelles mourut entre 1472 et 1475. Au chapitre général de Saint-Omer, en 1475, dans le recensement des frères morts depuis le dernier chapitre célébré à Bâle, en 1472, on fit une mention spéciale de Nicolas d'Orbelles, Virdoctissimus in provincia Turoniœ. Nous ne pouvons mieux terminer cette courte étude qu'en reprenant l'éloge que Trithème, De scriploribus ecclesiasticis, 1531, p. 146, fit de Nicolas d'Orbelles : Nicolaus Dorbellus, ord. fr. min. S. Francisci, Provincial Thuronensis, vir in divinis scripturis eruditissimus et in philosophia scolastica nulli secundus, ingenio clarus et ad disputandas enodendasque qusestiones scriplurarum satis idoneus. Scripsit quœdam prœclara volumina... et in gymnasio Pictaviensi tum dispulando, tum docendo, tumscribendo magnam eruditionis suœ laudem commeruit.
L. Wadding, Annales minorum, t. xni, Rome, 1735. p. 166, t. xiv, p. 6 et 125; du même, Scriptores ordinis minorum, 2« édit., Rome, 1906, p. 179-180; G. H. Sbaralea, Siipplementum ad scriptores trium ordinum S. Francisci, t. il, 2» édit., Rome, 1921, p. 285-286; I. Jeiler, Nicolaus de Orbeillis, dans Kirchenlexikon, t. ix, 1895, col. 970-971 ; Calholic eneyelopedia, t. xi, p. 275; H. Hurter, Nomenclator lilterarius, 3e édit., t. Il, 1906, col. 870; G. W. Panzer, Annales typographie!, t. vu, p. 535; W. A. Copinger, Supplément lo Flain's Répertoriant bibliographicum, t. i, Londres, 1895, n° 13 627; L. Hain, Reperlorium bibliographicum, n» 12 045-12 052.
A. Teetaert,
44. NICOLAS D'OSIMO, frère mineur de l'observance, contemporain et disciple de saint Bernardin de Sienne, s'est illustré, pendant la première moitié du xve siècle par sa science et sa sainteté. Originaire d'Osimo, dans la marche d'Ancône, il étudia le droit à l'université de Bologne et y conquit le grade de docteur. Il s'était à peine lancé dans la pratique de la jurisprudence et il était sur le point de faire sa première grande plaidoirie, quand, arrêté et bouleversé par une vision qu'il eut la nuit, il se détourna de la jurisprudence et entra dans l'ordre des frères mineurs de l'observance. Après l'achèvement de ses études théologiques, il devint un des collaborateurs les plus fermes de saint Bernardin de Sienne, dans la réforme de l'ordre et dans le renouvellement religieux et moral du peuple italien. Il parcourut l'Italie entière et prêcha partout avec grand succès. Comme lecteur de théologie, il s'efforça de faire des jeunes religieux qui lui étaient confiés de bons prédicateurs qui, plus tard, pourraient travailler au renouvellement religieux et moral de leur patrie. En 1438, il fut nommé par Eugène IV, sur les instances d'Albert de Sarthiano, supérieur de Jérusalem et custode de la Terre sainte, et confirmé, dans ces fonctions, par le général de l'ordre. Calomnié par les amis de l'ancien supérieur, Nicolas renonça à la dignité dont on l'avait chargé et Jacques Delfinas fut con (inné dans ses fonctions de supérieur. Albert de Sarthiano prit cependant la défense de l'illustre religieux et écrivit deux longues lettres, l'une au pape et l'autre au général, pour laver Nicolas des ignobles calomnies, dont des confrères jaloux l'avaient chargé. On peut lire ces lettres dans L. Wadding, Annales minorum, t. xi, Rome, 1734, p. 40-46. Il fut aussi, pendant
NICOLAS D'OSIMO
quelque temps, à la tête de la province de Saint- Ange.
Quand Bernardin de Sienne devint vicaire général de l'ordre, il choisit Nicolas comme commissaire et vicaire, et trouva en lui un collaborateur fidèle et un appui précieux. Pendant qu'il était vicaire de la province de Saint-Ange, Nicolas composa de doctescommentaires sur la règle, que Guillaume de Casale, sur le conseil d'un grand nombre de religieux, approuva le 11 décembre 1439 et recommanda à tous les frères. Le même commentaire fut approuvé par le cardinal protecteur Jourdain et saint Bernardin l'envoya, en 1440, avec une lettre, à toute» les provinces des frères mineurs de l'observance, ('/est pourquoi on a souvent considéré ce commentaire comme l'œuvre de saint Bernardin de Sienne. Cf. L. Wadding, op. cit, p. 102-103.
La même année, Nicolas profita de l'absence du ministre général Guillaume, qui s'était rendu en France, pour solliciter d'Kugène IV l'exemption complète des frères mineurs de l'observance de la juridiction des conventuels. Cette grâce lui fut concédée mais, au retour du général, elle fut aussitôt retirée. Il assista aussi au quatrième chapitre général des observants, en 1449.
Nicolas d'Osimo fut aussi vicaire de la province des frères mineurs de l'observance des Marches, et il défendit la réforme contre les attaques répétées des conventuels, principalement de Robert Liciencis, qui s'insurgeaient continuellement contra la bulle l't sacra ordinis minorum religio de 1446, par laquelle Eugène IV avait séparé les observants des conventuels, et avait permis aux premiers d'avoir un vicaire général que devait approuver le ministre général de l'ordre. Nicolas fit partie de la commission que le pape Nicolas V avait convoquée, en 1453, pour examiner la bulle d'Eugène IV et régler les relations et les rapports entre les observants et les conventuels.
Il mourut, à Rome, dans le couvent d'Ara cœli, en odeur de sainteté, après 1453 et nullement avant 1 145, comme plusieurs auteurs le soutiennent. A côté des preuves alléguées ci-dessus, à savoir, qu'en 1449 il assista encore au chapitre général et qu'en 1453 il prit part à la discussion, organisée à Rome par le pape Nicolas V, nous savons que le couvent d'Ara cœli, dans lequel Nicolas d'Osimo est mort, n'a été donné aux frères mineurs de l'observance, par le pape Eugène IV, qu'à la lin de 1444 ou au début de 1445. Il est cependent difficile de déterminer la date exacte de la mort •de Nicolas.
Religieux exemplaire, Nicolas d'Osimo fut aussi un prédicateur célèbre et un théologien éminent, qui nous a laissé de nombreux ouvrages théologiques, ascétiques et homilétiques.
1° Ouvrages théologiques. — L'ouvrage le plus important de Nicolas est sans conteste le Supplemcntum Summœ. Magislrutiœ seu Pisanellœ, ou la Summa casuum conscientiœ. C'est un supplément alphabétique à la Summa de casibus conscientiœ du dominicain Barthélémy de Pise ou de Santo Concordio (t 1347), dans lequel il complète et corrige les matériaux traités dans l'ordre alphabétique par le prêcheur, d'après les Actes et les décrets des souverains pontifes, parus depuis la composition de la Summa Pisanella. Ce Supplementum ou cette Summa casuum conscientiœ, que L. Wadding, Scriptores ordinis minorum, 2e édit., Rome, 190(3, p. 176, considère à tort comme deux ouvrages différents, a été édité plusieurs fois: à Gênes, en 1473 et 1474; à Venise, en 1473, 1474, 1476, 1477, 1479, 1482, 1483, 1485 et 1489; à Milan, en 1479; à Cologne, en 1479 et 1483; à Reutlingen. en 1482; à Verceil, en 1485; à Nuremberg, en 1475, en 1478 et en 1488. D'après cette dernière édition, le Supplementum aurait été terminé dans le couyent de Sainte- Marie-des-Anges ou de Saint-Ange, près de Milan, le
28 novembre 1111. Nous y lisons, en^efïet, à la fin : Explelum apud locum noslrum prope Mediolanum S. Marias de Angelis, et vulgariter S. Angeli M.CCCC- XLIIII. novembris 28, die sabbati proximt antt adventum Iwru quasi sexla. Après cet expliclt, on a le texte suivant : Sacra docens populos oracula presbite aime fil tibi,ne dubiles,utilis iste liber. Denique cognasces, friterie dum clave superna solvere, conj 'essor, quidve ligure potes. Hœc alias multo tibi sunt scrutanda labore; sed cito, sed breviter do Pisanella tibi. Incola Nurembergœ Anlonius Koburger ut illam imprimerel, Georgio Sluchs dédit œris opem. Edidil hanc Sullzbach, docuit Nuremberga polite imprimat ut libros : nunc decus artis habel. Anno Chrisli M.CCCC.LXXX.VII1., m. junii, d. XX.
Il aurait composé encore un Interrogalorium confessorum qu'il cite dans son Supplementum Summœ Pisanellœ, au mot Absolulio. Cet Interrogalorium aurait été publié à Venise, en 1489.
2° Prédication. — A la suite de Marc de Barcelone, J. H. Sbaralea, Supplementum, t. n, 2e édit., Rome, 1921, p. 261-268, attribue à Nicolas d'Osimo : 1. un Liber sermonum latinorum ; 2. un Liber sermonum vulgarium; 3. un Quadragesimale. D'après le même témoignage, ces ouvrages seraient cités dans la Summa angelica et dans la Summa rosella.
3° Ouvrages ascétiques. — 1. L'ouvrage le plus important dans ce genre de littérature est le traité intitulé : Quadriga spirituale. Cet ouvrage, écrit en italien et qui débute par les mots : Dice l'ùpostolo, quello, el quale non sa cioè le cose necessarie alla salute, non è sapulo da Dio, cioè corne estraneo è reputato, porte comme titre : Quadriga spirituale, parce qu'il traite des quatre choses, les plus nécessaires au salut, à savoir : 1) la foi; 2) les œuvres de charité, les préceptes et les péchés; 3) la confession, et 4) la prière. D'après un ms. du couvent Saint -François d'Assise, allégué par Sbaralea, op. cit., p. 267, ce traité aurait été terminé le 5 décembre 1442. On y lit, en effet, Vexplicit suivant : Explicit spirilualis Quadriga édita per venerabilem virum fr. Nicolaum de Auximo, ordinis fralrum minorum de observantia regulari M.CCCC.XXXXII, die V decembris. Ce traité a été imprimé plusieurs fois. A côté de l'édition faite à Esii ou Aesii, en 1475, les éditeurs de Sbaralea (op. cit., p. 268), citent encore deux autres éditions, dont l'une doit être antérieure à 1475, l'autre, des environs de 1480. Le traité proprement dit du Quadriga spirituale est précédé, dans la dernière édition, d'un opuscule, en langue italienne, sur la confession, commençant par les mots : Renovamini in novitate sensus vestri... El glorioso apostolo, Il contient une brève exhortation à confesser les péchés et cinq considérations pour inviter à faire la confession de ses fautes. Cet opuscule n'est très probablement pas l'œuvre de Nicolas d'Osimo, mais de saint Bernardin de Sienne, auquel il est d'ailleurs attribué explicitement dans une édition, faite à Venise, en 1494, où il est imprimé, séparément du Quadriga spirituale, avec le titre : Sanclo Bernardino délia confessione. Le texte commence de la façon suivante : Incomincia una doctrina di Sancto Bernardino utile del modo, che se debba lo homo conjessare : e prima de la cagione, che hanno da inducere l'anima a la confessione. Renovamini in novitate sensus vestri et probetis quœ sit voluntas Dei beneplacens et perfecta. El glorioso Apostolo Messer San Paulo net sopradicto parlare ci dà una maravigliosa doctrina... Il existe encore une édition anonyme de ce traité sur la confession, faite à Naples, en 1481, et intitulée : Forma recognoscendi et con/itendi peccata. Ce dernier opuscule sur la confession doit donc être attribué à saint Bernardin de Sienne, et ne fait pas partie du Quadriga spirituale proprement dit.