NOTKER DE LIEGE — NOUET
de Sigebert de Gembloux" (Descript. cccles., n. 137), recopié par les Gesta abbalum Lobbiensium, Mon. Germ. hisl., Script., t. xxi, p. 309, dans leur notice sur Hériger, celui-ci congessit contrit IUitbertunx multa catholiconim Patrum scripta de corpore cl sanguine Domini. Sur la foi de cette indication, où il corrigeait d'ailleurs Hadbcrt en Hutramne, Mabillon avait revendiqué pour Hériger le traité anonyme De corporc et sanguine Domini, que Fez, de son côté, a attribué à Gerbert (c'est le traité : Sicut ante nos dixit quidam sapiens, imprimé dans P. L., t. cxxxix, col. 179-188). Or l'un et l'autre, semble-t-il, avait tort. Ce traité anonyme, Hauck l'a clairement montré, Kirchengeschichte Deutschlands, 3c-4cédit., t. m, p. 319, n. 2, ne peut être ni d'Hériger, ni de Gerbert, il faut pour l'instant renoncer à en découvrir l'auteur (Corriger dès lors en ce sens ce qui est dit de façon trop absolue ici, t. x, col. 1025). Mais l'œuvre d'Hériger s'est retrouvée dans le ms. 909 de l'université de Gand. L'ancien titre (il a disparu du ms. actuel, mais a pu être reconstitué) était ainsi libellé : Herigeri abbalis exaggeralio plurimorum auctorum de corpore et sanguine Domini, vol. I. Ralranni de corpore et sanguine Domini ad Karolum regem lib. I. Ejusdem de prœdestinalione libri 11, ce qui correspond bien au contenu du ms., qui contient en effet, fol. 16-55 et fol. 56-103, les deux œuvres citées de Ratramnc, et fol. 1-15, le recueil de textes patristiques signalé par le titre sous le nom à'exaggeratio. 11 s'agit de citations plus ou moins longues d'Eusèbe (= pscudo-Eusèbe d'Émèse), de saint Hilaire, de saint Grégoire, du De mysleriis de saint Ambroise et du traité anonyme De sacramenlis, de saint Augustin, de saint Léon, de Bède le Vénérable, de saint Cyrille, de saint Basile, de saint Jean Chrysostome, rie Pascliase Radbert, et du récit, fameux au Moyen-Age, de la vision de l'abbé Daniel (cf. ici t. x, col. 988), tous textes classiques pour la démonstration de la présence réelle. Cette série se termine par un « fervorino » du collecteur. Il ne semble guère douteux que ces textes ne soient dirigés contre Ratramne (c'est donc par erreur que Sigebert de Gembloux a écrit Radbert et sur ce point Mabillon avait raison). Voir la description de ce ms. dans l'art. d'E. Dummler, Zum Heriger von Lobbes, du Neues Archiv, t. xxvi, 1901, p. 751-759, et dans l'art, de dom G. Morin, Les Dicta d'Hériger sur l'eucharistie, Revue bénédictine, t. xxv, 1908, p. 1-18 (G. Morin essaie d'ailleurs de sauver l'attribution à Hériger du traité anonyme : Sicut ante nos dixit).
Sur Notker de Liège et Hériger de Lobbes on peut encore consulter avec profit les vieilles notices de dom Rivet, Histoire littéraire de la France, t. vrr, p. 19t-216, et de dom Ceillicr, Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques, t. xx, p. 54-61 (2' édit., t. xm, p. 35-40). — Excellente mise au point de M. Manitius, Gesch. der latein. Literatur des M. A., t. il, 1923, § 24, p. 219-228. Il y a une monographie de G. Kurth, Notger de Liège et la civilisation au Xe siècle, 2 vol., Paris-Bruxellos-Liége, 1905, qui déborde d'ailleurs singulièrement la vie de Notker ; voir aussi les deux notices Hériger et Xolger rédigées par ce même autour, dans la Biographie nationale île Belgique, t. ix et t. xv.
É. Amann.
NOTTINGHAM (Guillaume de), frère*mineur.
— Un ancien catalogue des provinciaux d'Angleterre, reproduit dans L. Wadding, Annales minorum, t. ix, p. 210-241, cite deux frères mineurs du même nom et du même prénom, qui ont été provinciaux d'Angleterre. L'un aurait succédé à Haymon, qui, en 1239, fut élu ministre général de l'ordre; atteint rie la peste à Gênes, il serait mort à Marseille. L'autre, le plus important, a vécu pendant la première moitié du xivc siècle. Originaire d'Angleterre, il fut chanoine d'York, avant rie s'enrôler dans l'ordre- des frères mineurs. Promu docteur en théologie à l'université
d'Oxford, il y devint ensuite professeur vers 1312. L. Wadding, Annales minorum, t. vu, p. 115, nous apprend qu'en 1330, il était ministre provincial d'Angleterre et, à la p. 169, qu'il exerça cette charge pendant quatorze ans et céda, ensuite, la place à Richard Conington. Il faut identifier probablement ce dernier Guillaume Nottingham avec Guillaume d'Angleterre, qui, d'après Wadding, oj>. cit., t. vi, p. 396- 401, prit part au chapitre général rie Pérouse, en 1322, dans lequel de vives discussions furent engagées entre les capitulaires sur la pauvreté du Christ et des apôtres et sur le sens à attribuer a la bulle ExiitcXc Nicolas III, relative à la pratique de la pauvreté franciscaine. Le nom rie Guillaume d'Angleterre figure parmi les rédacteurs ries deux lettres, que l'on adressa aux fidèles de l'univers entier, pour leur communiquer les conclusions et les déclarations admises par le chapitre général. Le même Wadding, op. cit., t. vu, p. 169, fait savoir qu'après avoir renoncé au provincialat, Guillaume fit un voyage en Italie. Surpris par la peste à Gènes, il en guérit et s'en retourna en Angleterre. Il mourut à Leicester, en 1336, et fut enterré dans le couvent des frères mineurs.
Un grand nombre d'ouvrages portent le nom rie Guillaume de Nottingham. Mais comme il y a deux frères mineurs qui portent ce nom, il est difficile de déterminer lesquels de ces ouvrages doivent être attribués au plus ancien, et quels autres, au plus jeune. Nous croyons toutefois que la plupart doivent être considérés comme l'œuvre du plus jeune, qui a fait preuve ri'une activité professorale et littéraire bien plus grande que le premier. L. Wadding, Scriptores, et J. H. Sbaralea, Supplementum, attribuent à Guillaume Nottingham les ouvrages suivants : 1. Libri quatuor super Magislnm Scnlcntiarum contenus dans le ms. 300 de Caius Collège à Cambridge; — 2. Distinctiones theologicœ, qui commencent : Acedia adversatur hominis; — 3. Contra errores Pelagii; — ■ 4. Régula Vivendi; — 5. De obedienlia; — 6. Pro lege christianorum, dont le début est : Numquid Deus possit revelare; — 7. Qusestiones ordinariœ; — ■ 8. Qusestiones in oralione dominica; — 9. Lecturœ Scripturarum; — 10. Exposilio evangeliorum ou commentaria evangeliorum, dont Jean Viccamusa fait un résumé ou un compendium; — ■ 11. Qusestiones in evangelia, qui portent comme titre : Istte sunl qusestiones, quas movet Notingam in scripto suo super Evangelia extradée secundum ordinem alphabeticum, et qui débutent : Abel. Quserilur super Mo dicto Math., 23, ut veniat super vos omnis sanguis jus tus, qui efjusus est, a sanguine Abel justi usque ad sunguinem Zacharise; — 12. C.oncordenlia quatuor Evangeliorum, dont le début est le suivant : Da mihi inlelleclum et scrulabor; — - 13. Sermones, qui commencent par le texte : Cum appropinquasset Jésus Jerosolymis et venisset Bethphage. 11 faut noter, cependant, que Antoine de Parme, O. P., qui a vécu vers 1410, a composé des sermons qui commencent par le même texte.
L. Wadding, Annales minorum, t. vi, Rome, 1733. p. 396-401 ; t. vu, p. 115 et 169; t. ix, Rome, 1734, p. 240- 241 ; du même, Scriptores ordinis minorum, 2e édit., Rome, 1906, p. 106; .1. II. Sbaralea, Supplementum ad scriptores trium ordinum S. Francisci, t. i, 2e édit., Rome, 1908, p. 343-344; Pli. Labbe, De scriptoribus ecclesiasticis, t. i, Paris, 1660; A. Posscvin, Apparatus sucer, t. i, Cologne, 1608; Oudin, De scriptoribus ecclesiasticis, t. m, ad ami. 1320, Leipzig, 1722 ; E Longpré, O. M., Le commentaire sur les Sentences de Guillaume de Nottingham, O. F. M., dans Arch. franc, histor., t. xxn, 1929, p. 232-233.
A. Teetaert.
NOUET Jacques, (1605-1680), naquit à
Mayenne, le 25 mars 1605; il entra au noviciat des
jésuites de Rouen, le 1er septembre 1623. Après
avoir achevé ses études, il professa les humanités et