‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 2)Chapitre 179 sur 233 · OCCAM. VIE · texte numérisé non relu

OCCAM. VIE

op. cit., p. 24G, n. 3. La « doctrine pestilentielle » dont le chancelier, poursuit en curie la condamnation, comme Jean XXII l'écrit au roi d'Angleterre, dans une lettre du 26 août 1324, ne peut guère être que l'enseignement professé à Oxford par le bachelier Guillaume d'Occam, notamment dans son explication du Maître des Sentences.

Ainsi, dates et explications, tout se rejoint. Dès qu'il commence à enseigner et à écrire, le jeune frère mineur excite, par la dialectique si nouvelle qu'il met en œuvre, par les conclusions qu'il en tire, de très vifs soupçons sur son orthodoxie, lin cahier contenant des articles extraits soit de son Commentaire, soit d'autres reportata en circulation (peut-être les sept quodlibet) est transmis à la curie. Guillaume y est convoqué vers 1324, pour y répondre des doctrines enseignées par lui. En gomme, il est aux prises avec l'inquisition pontificale, mais en jouissant d'une demi-liberté, interné qu'il est au couvent des mineurs d'Avignon. Comme d'autres causes analogues, celle de Jean de Pouilli (1321), celle d'Eckhart (1329), plus tard celle de Nicolas d'Autrecourt, la sienne traîne en longueur. En 1328, aucun jugement définitif n'a encore été rendu contre lui. On comprend les impatiences, les rancœurs du jeune moine, conscient de sa valeur et arrêté dans sa carrière. Or, à l'automne de 1327, arrive, en ce même couvent d'Avignon, le ministre général de l'ordre, Michel de Césène. Jusque-là Guillaume s'est peu intéressé aux questions de la pauvreté. Et puis il lui semble (il le dit équivalemment en 1334) que, le pape s'étant prononcé, la cause est jugée. C'est l'influence de son supérieur qui l'amène à étudier de plus près les constitutions pontificales, et aussi à le monter contre Jean XXII. On sait le reste et comment le 13 avril 1328, Occam, dans un document officiel (qui ne doit être publié qu'ultérieurement), se range du côté de Michel de Césène, n'attendant plus que l'occasion pour fausser compagnie à la curie romaine. Le 25 mai, le pas décisif est fait, Guillaume d'Occam est passé dans le camp de Louis de Bavière.

3° Au service de Louis de Bavière (1328-1349). — Le 8 juin 1328, Occam et les autres fugitifs arrivent à Pise. C'est au moment de la rencontre du frère mineur avec l'empereur que Trithème met dans la bouche de Guillaume le mot historique : 0 imperator défende me gladio et ego defendam te verbo. Prononcé ou non, ce mot résume au mieux l'activité d'Occam durant la dernière partie de sa vie. Il s'associe d'abord à tous les actes de Césène contre Jean XXII : publication de l'appel rédigé en Avignon le 13 avril, déclaration du 18 septembre qui énumère les hérésies de Jean XXII et fait appel à l'Église catholique des mesures prises par celui-ci, Baluze-Mansi, Miscell., t. in, p. 246-303, déclaration et appel du 12 décembre 1328, réitérant, sous forme plus brève, l'acte précédent, ibid., p. 303- 310, et affichés aux portes de la cathédrale de Pise en même temps que la sentence rendue par l'empereur contre le pape hérétique. Ibid., p. 310-314. Jean XXII a tout aussitôt commencé le procès de Césène, l'a fait déposer par le chapitre général, à la Pentecôte de 1329. C'est contre ces mesures que protestent Guillaume d'Occam et ses amis dans le manifeste Allegationes religiosorum vivorum, ibid., p. 315-323. Le pape, qui. le 20 avril 1329, avait solennellement excommunié Césène, Bull, franc, n. 786, lance, le 16 novembre de la même année, la bulle Quia vir reprobus où il ex ose tout au long la question de la pauvreté, s'explique sur son attitude et publie tout l'essentiel du procès de Césène. Bull, franc, n. 820. C'est Occam qui est chargé par les révoltés de répondre au texte pontifical. Il le fait dans VOpus nonaginla dierum qui date -vraisemblablement de 1330 et ne peut être, en tout cas, postérieur à 1332.

Entre temps, d'ailleurs, l'Italie a échappé à Louis; en décembre 1329, l'empereur est rentré en Bavière. C'est à Munich, désormais, qu'il faut chercher le clan des théologiens et des religieux à ses gages, et c'est au couvent des mineurs de cette ville que l'on trouve Césène et ses dévoués partisans. Occam, semble-t-il, ne quittera plus guère cette maison. C'est là qu'il a dû recevoir communication de la sentence rendue par le chapitre général, réuni à Perpignan, à la Pentecôte de 1331, contre Césène et ses adhérents, Henri de Talheim, François d'Ascoli, Guillaume d'Occam, Bonagratia de Bergame et leurs complices : ils étaient chassés de l'ordre et condamnés à la prison perpétuelle. Texte dans Bzovius, Annales eccl., ad an. 1331, n. 2. Vainement les révoltés avaient tenté de conjurer le coup par un mémoire adressé au chapitre, le 25 avril 1331, où ils discutaient les allégations de la bulle Quia vir reprobus. Texte imprimé en appendice de VOpus xc dierum, dans Goldast, Monarchia, t. n, p. 1236-1238.

Les réfugiés de Munich entendaient bien continuer la lutte. Pendant que Césène répliquait au chapitre général, Occam trouvait un nouveau grief à alléguer contre Jean XXII. Dans des sermons prêches en 1331 et 1332, le pape avait exposé sur le délai de la vision béatifique des opinions au moins aventureuses; cf. ici, t. vm, col. 639. Occam en eut connaissance en janvier 1333 et procéda aussitôt à la réfutation en deux traités qui furent plus tard annexés au Dialogus, bien qu'ils n'aient nullement la forme de dialogue. Sur les erreurs de Jean XXII il reviendra encore, et longuement, dans la lettre au chapitre général rassemblé à Assise, à la Pentecôte de 1334, voir ci-dessus, col. 866. Avec quelque emphase il se glorifie de l'énorme quantité de papier qu'il a déjà noirci à ce sujet : Ad qum probanda (les hérésies de Jean XXII) plura volumina sunt édita et ego de hœresibus et erroribus memoralis et eis annexis de tenuitate jugeri mei scripsi manu mea quinquaginta sexlernos (cahiers de 6 feuilles) de communi forma papiri et adhuc habeo scribere quadraginta et amplius. Zeilschr. fur Kirchengesch., t. vi, p. 111. Il n'était pas du tout disposé à renoncer à la lutte.

Cependant Jean XXII était mort le 4 décembre 1334. C'est peu après cet événement qu'Occam rédige son Contra Johannem XXII, qui débute par les mots Non invenit locum psenitentise Jolannes. Le successeur de Jean, Benoît XII, s'annonçait comme un pontife pacifique et désireux démettre un terme à la querelle entre Louis de Bavière et la papauté. Mais, si l'empereur prêtait l'oreille aux insinuations pacificatrices de la curie, les franciscains révoltés n'entendaient pas renoncer aussi facilement à la lutte. Ils prétendaient que le premier devoir du nouveau pape était de condamner les hérésies de son prédécesseur. Et comme Benoît XII faisait au contraire l'impossible pour sauver la mémoire de Jean XXII, la lutte continua avec la même acuité. C'est ainsi qu'Occam écrit entre 1335 et 1338, un Compendium errorum papœ, où il énumère soixante-dix erreurs et sept hérésies attribuables à Jean XXII, et avant les événements dont il va être immédiatement question un Tractatus ostendens quod Benediclus XII nonnullas Johannis XXII hœreses amplexus est et défendit.

Cependant les princes allemands, au courant des négociations de l'empereur avec la curie, crurent le moment venu d'émettre, sur les limites du droit de l'Église en matière politique, une déclaration de principe. Ce fut l'objet de la fameuse « union électorale de Rense », 16 juillet 1338, affirmant que « celui qui est élu par la majorité des électeurs est roi par le fait, sans qu'il soit besoin de la confirmation du pape». Quelques jours plus tard (8 août), la diète de Francfort déclarait contraire au droit la conduite de la curie romaine dans rafîaire de Louis de Bavière et nulle l'excommu

UCCAM. ŒUVRES

nication portée contre celui-ci. On a attribué, non sans vraisemblance, à François d'Ascoli et à Occam la rédaction de l'appel au concile qui fut alors renouvelé. En tout état de cause, c'est peu après ces événements qu'Occam compose les Allegation.es de potestate imperiali.

Les années suivantes virent paraître les Octo quœstiones super potestate ac dignitate papali, entre 1339 et 1342; la maladroite intervention de Louis dans la question du mariage de l'héritière du Tyrol, Marguerite Maultasche, donne l'occasion à Occam d'écrire le Tractatus de jurisdictione imperaloris in causis matrimonialibus. Depuis longtemps, d'ailleurs, il travaillait à la composition d'une œuvre de plus longue haleine, le Dialogus, où il entendait reprendre d'ensemble toutes ses idées sur les erreurs de la papauté, et sur les droits respectifs du pape et de l'empereur. Ce livre, au moins à l'état inachevé, existait déjà en 1343; à cette date l'empereur Louis l'envoyait au duc Albert d'Autriche pour le convaincre de la nullité de certains actes pontificaux: Quem Ludovicus [ad id indvxit] miti quodarn dialogo, quem Wilhelmus Okkam, O. M., anglicse nationis, de diuersis materiis et sententiis sub forma discipuli quœrentis et magistri respondcntis edidit. Chronique de Jean de Victring, VI, xn, dans J.-F. Bœhmer, Fontes rerum gcrmanicarum, t. I, p. 447.

Dès cette époque, Clément VI (1342-1352) avait remplacé Benoît XII; les chances de réconciliation entre Louis et la papauté semblaient s'être évanouies. Vainement l'empereur s'était-il abandonné à la discrétion du pape. Le 13 avril 1346, l'excommunication avait été solennellement renouvelée contre lui; le 10 juillet de la même année, dociles aux suggestions de la curie, les électeurs choisissaient pour le remplacer Charles de Bohême (ou de Luxembourg) qui devait être l'empereur Charles IV. Un an après, Louis mourait subitement le 11 octobre 1347. Ce sont les événements qui ont amené Occam à composer, en 1348, son Tractatus de electione Caroll I V.

Mais, dès ce moment, Occam avait dû comprendre que la cause du schisme était désespérée. Le parti qui s'était formé autour de Michel de Césène s'était dissous peu à peu; Bonagratia était mort en 1340; Césène, deux ans plus tard, l'avait suivi dans la tombe; Henri de Talheim et François d'Ascoli avaient fait leur soumission ; la situation d'Occam devenait périlleuse. C'est de ses préoccupations que témoigne l'écrit .De imperatorum et ponlificum potestate, dans la préface duquel Occam fait appel à l'opinion publique et s'efforce de justifier son attitude. Bien que cet écrit ne témoigne d'aucune velléité de soumission, il semble avoir précédé d'assez peu un geste qui allait être d'importance. A la mort de Césène, Occam avait conservé le sceau de l'ordre, se considérant, pendant quelque temps, comme vicaire en l'absence d'un ministre général régulièrement élu. A quel moment renvoya-t-il cet insigne au nouveau général, Guillaume Farinerius, on ne saurait le dire; mais le fait est qu'il le renvoya. C'est ce qui ressort d'une lettre de Clément VI adressée le 8 juin 1349 au général des franciscains. Eubel, Bull, franc, t. vi, n. 508 a. Cette lettre est une réponse du pape à une supplique du chapitre général de l'ordre demandant la grâce de Guillaume d'Occam et d'autres frères en résidence à Munich. D'après cette supplique, Guillaume avait renvoyé « l'antique sceau de l'ordre », en même temps il avait demandé, tant en son nom personnel qu'au nom des frères demeurés avec lui, d'être relevé des sentences d'excommunication, de suspense et d'interdit et des autres peines portées contre lui, se déclarant prêt à obéir aux ordres du pape et de l'Église. Dans ces conditions, le chapitre avait demandé au pape de le dispenser, lui et ses adhérents, de se présenter en curie (qui ad romanam curiam, sicul asserunt

commode venire non possunt) et de leur accorder leur pardon. Clément VI se ralliait à ce parti miséricordieux et accordait au général le pouvoir de réconcilier avec l'ordre et avec l'Église Guillaume et ses frères, moyennant la souscription d'un formulaire qu'il joignait à sa lettre. Voici les passages essentiels de cette rétractation imposée à Occam :

Ego confiteor me tenuisse et tenere... quod crédit, tenet et docet sancta mater Ecclesia romana, ac credidisse et adhuc credere quod non spectat ad imperatorem papam seu summum pontificem deponere et alium eligere vel creare, sed hoc hïereticum reputo et hseresim damnatam per Ecclesiam supradictam. Insuper juro quod stabo et parebo mandatis Ecclesiae et domini nostri papae super illatis injuriis et contumaciis, fautoriis et aliis, implicite vel explicite per me confessatis et non confessatis ac ceteris pœnis et sententiis quas incurri ab homine vel a jure propter praemissa et ea tangentia; et quod domino papse... fidelis ero d« cetero eique debitam obedientiam et reverentiam exhibebo, nec hseresibus, erroribus, opinionibus seu rebellionibus contra dictam Ecclesiam Ludovici quondam de Bavaria et Michaelis de Caesena... adhaerebo aut cum eorum sequacibui per dictam Ecclesiam denotatis deinceps ero.

Cette réconciliation d'Occam avec l'Église s'est-elle accomplie? Eubel le conjecture, Bull, franc, t. vi, p. 231, n. 1, et Trithème l'avait déjà affirmé dans sa notice De scriptoribus eccles. (ail leurs il est moins résolu). Au jugement de J. Hofer, c'est peut-être une conclusion qui dépasse les prémisses. La soumission d'un personnage tel qu'Occam ne serait pas passée inaperçue dans le monde franciscain. Or, il est bien remarquable qu'on n'en trouve aucune trace dans les documents contemporains, dans ceux-là mêmes qui signalent la conversion d'autres révoltés de marque. Il n'est pas impossible qu'Occam soit mort avant d'avoir eu connaissance des conditions que Clément VI mettait à sa réconciliation. Peut-être a-t-il été victime de la peste noire qui, en 1349, ravagea l'Allemagne du Sud. En tout cas, il ne subsiste plus actuellement aucune trace de lui après cette date de 1349.

II. Œuvres. — L'héritage littéraire d'Occam se répartit, à peu près également, entre des ouvrages philosophico-théologiques, qui sont de première importance pour l 'étude de la pensée médiévale, et des ouvrages de politique ecclésiastique, inspirés par les circonstances.

1° Œuvres philosophico-théologiques. — Nous ne possédons pas d'édition ni d'étude critique complètes de l'œuvre philosophico-théologique d'Occam. Nous devons nous borner à des indications très sommaires sur les œuvres imprimées, les œuvres manuscrites, les questions d'authenticité et de chronologie.

1. Œuvres imprimées. — Sont imprimées sous le nom d'Occam les œuvres suivantes :

Un commentaire sur les Sentences, Guilhelmi de Ockam anglici super quatuor libros sententiarum subtilissimœ quœstiones earumque decisiones, Lyon, 1495. Il existe une édition séparée du livre I, à Strasbourg, 1483; — le Cenliloquium theologicum, imprimé à la suite du Commentaire dans l'édition de Lyon, 1495; — Quodlibeta septem, Paris, 1487; Strasbourg, 1491; - — un traité De sacramenlo altaris et de corpore Chrisli, Paris, 1495; Venise. 1516; on le trouve également à la suite des Quodlibet dans l'édition de 1491 ; ■ — deux logiques : Expositio aurea et admodum ulilis super arlem veterem..., Bologne, 1496, et Tractatus logicœ ou Summa totius logicœ, Paris, 1498; Bologne, 1498; Venise, 1508, 1522, 1591, et Oxford, 1675 ;— deux physiques : Quœstiones in octo libros Pliysicorum, Strasbourg, 1491, 1506; Venise, 1506; Rome, 1637; Summulœ in libros physicorum ou Philosophia naturalis, Bologne, 1494; Venise, 1506; Rome, 1637.

2. Œuvres manuscrites. — Nous ne possédons pas même un essai de classification d'ensemble des ouvrages encore inédits.

OCCA.M. ŒUVRES

Il faut citer d'abord un De motu, loco, tempore, relatione, prœdestinaiione et priescienlia Dei, Ueberweg- Geycr, Die patristische und scholastiche Philosophie, 11* éd., 1928, p. 573, dont les trois premières parties forment un tractalus de successivis et les deux dernières un tractalus de prœdestinaiione et prsescientia Dei, imprimé dans V Hxpositio aurea. Hochstetter, Studien zur Metaphysik und Erkennlnislehre Wilhelrm von Okham, Berlin, 1927, p. 3.

Aux œuvres logiques, il faut joindre un commentaire sur le traité Elenchorum. Michalski, Les courants critiques et sceptiques dans la philosophie du XI V* siècle, Cracovle, 1927, p. 6.

Aux œuvres physiques, des Quœstiones super physicam. Sur les manuscrits physiques on consultera A. G. Little, The grey (riars in Ox/ord, Oxford, 1892, p. 225 sq. ; L. Baur, Die philosophischen Werke des Robert Grosse/este, dans les Beilriige zur Geschichle der Philosophie des M. A., t. xi, p. 124*, n. 1, et Michalski, Les courants, etc. p. 6 sq., et Le criticisme et le scepticisme dans la philosophie du XIV siècle, Cracovie, 1920, p. 4-5.

D'après Michalski, Les courants, etc., p. 6, Occam ayant annoncé la publication de commentaires sur le De anima et sur la Métaphysique ne les a probablement jamais écrits.

3. Questions d'authenticité. — Sur l'authenticité des œuvres imprimées, voici les données principales que nous possédons: Pour le commentaire des Sentences, Michalski a montré que le texte du premier livre est une ordinatio, revue par l'auteur; les livres II, III, et IV ne sont que des reportationes. Le criticisme et le scepticisme, etc., p. 2 sq. «En ce qui concerne le premier livre, les éditions imprimées ne diffèrent en rien du texte des manuscrits ». Michalski, Les courants, etc. p. 8.

Hochstetter note des différences importantes entre les deux éditions des Quodlibet et tient celle de Paris pour la meilleure, loc. cit., p. 2.

D'après Frantl, ni VExpositio aurea, ni la Summa totius logicœ ne remonteraient à Occam lui-même dans tout leur texte. Geschichte der Logik im Abendlande, t. m, p. 329, note 739 et 740. Michalski admet au contraire l'authenticité des deux logiques. Les courants philosophiques à Oxford et à Paris pendant le xi Y* siècle, Cracovie, 1921, p. 7. Hochstetter fait encore des réserves pour VExpositio aurea, loc. cit., p. 11.

4. Questions de chronologie. — Nous n'entrerons pas dans les discussions encore confuses sur la chronologie des œuvres. Notons seulement que Hochstetter propose l'ordre suivant : le Commentaire, le De sacramento altaris, les Quodlibet, la Summa totius logicœ, loc. cit., p. 11.

Michalski qui soutient l'authenticité de VExpositio aurea la considère comme antérieure au commentaire. Les sources du criticisme et du scepticisme dans la philosophie du xive siècle, Cracovie, 1924, p. 20.

2° Ouvrages relatifs à la politique ecclésiastique. — Nous avons indiqué dans la biographie d'Occam, col. 869 sq., les dates de composition des principaux ouvrages et les circonstances qui les ont fait naître. La majeure partie de ces traités a été imprimée (ou réimprimée) par Melchior Goldast dans la Monarchia romani imperii (3 in-fol., éd. d'Amsterdam, 1631 ; reproduite à Francfort, 1668). A l'ordre arbitraire de Goldast il convient de sutttituer l'ordre chronologique; nous insérerons à leur place les ouvrages publiés ailleurs ou demeurés inédits. Nous nous appuierons sur l'art de P>. L. Pool dans le Diction, of national biography, t. xli, 1895, p. 357 sq.,et sur le travail de S. Riezler, Die literarischen W idersacher der Pâpste zur Zeit Ludwlg des Balers, Leipzig, 1874, surtout p. 243-278, dont Pool s'est lui-même inspiré. Nous tiendrons

compte aussi des travaux plus récents de H. Scholz, Unbekannte kirchenpolitische Streitschriften, 2 vol.,

Home, 1911 cl 1914, et de YY. \liildcr, dans Arch. franc, hist.. t. xvi. 1923, p. 469 sq.

1. Opus nonaginta dierum, Goldast, t. Il, p. 993- 1236, écrit en réfutation de la bulle de Jean XXII, Quia vir reprobus, qui condamnait Michel de Césène. Pour défendre le général, Occam discute point par point les trois constitutions, ou comme il les appelle ironiquement, les trois destitutiones du pape : Ad conditorem canonum, Cum inler et Quia quorumdarn, toute l'affaire en somme du débat sur la pauvreté. Badius a donné de cet ouvrage très volumineux un sommaire qui permet de s'y orienter. Ibid., p. 977-992.

2. De dogmatibus papœ Johannis XXII, Goldast, t. n, p. 740-770, écrit après qu'Occam eut été informé (janvier 1333) des opinions exprimées par le pape sur le délai de la vision béatifique : divisé en deux traités, le premier exposant les erreurs du pape, le second réfutant les preuves alléguées par les « johannites » pour montrer que les âmes purifiées de leurs péchés ne voient pas Dieu face à face dans le ciel. Cet ouvrage assez court est devenu ultérieurement la seconde partie du Dialogue (voir ci-dessous).

3. Contra Johannem XXII, Scholz, t. n, p. 396-408 (extraits reliés par des analyses), rédige au lendemain de la mort de Jean XXII (4 décembre 1334) : la rétractaction faite par le pape à son lit de mort de ses erreurs relatives au délai de la vision béatifique a été insuflisante et, dès lors, inopérante.

4. Compendium errorum papœ, Goldast, t. n, p. 957- 976, a été certainement rédigé après la mort de Jean XXII (4 décembre 1334) et probablement avant 1338 : Jean XXII a commis deux erreurs essentielles, il a tenté de se soumettre l'empire romain et il a déclaré erronée et illicite la profession que font de la pauvreté les frères mineurs.

|4' De/ensorium contra Johannem papam, publié par Brown, dans Fasciculus rerum expetendarum et fugiendarum, Londres, 1690, t. n, p. 439-465, et déjà auparavant, en 1512 et 1513, puis repris dans Baluze-Mansi, Misccllanea, t. ni, p. 341-345. C'est un appel adressé par les franciscains à l'ensemble du peuple chrétien et reprenant contre Jean XXII les griefs ressassés par VOpus XC dierum. L. Oliger a démontré que ce traité ne provenait ni d'Occam, ni de son entourage, mais des milieux fraticelles italiens de la seconde moitié du xive siècle. Arch. franc, hist., t. iv, 1911, p. 16-23; t. vi, 1913, p. 742-745.|

5. Tractalus ostendens quod Benedictus papa XII nonnullas Johannis XXII hœreses amplexus est et défendit, en 6 livres, contenu dans le Paris, lat. 3387, fol. 214 v-262 r°, où il figure avec d'autres œuvres d'Occam de même inspiration ; extraits et analyse dans Scholz, t. n, p. 403-417.

6. Allegationes de poteslate impcriali, contenu dans le Vatic. palat. lat. 679, pars I, fol. 177 v°-156 v°, pulilio de la même manière dans Scholz, t. n, p. 417-432. .)u>ti fixation des décisions prises à Rensc et à Francfort (ci-dessus, col. 870-1). Occam, qui jusque-là, s'était cantonné dans les récriminations contre les erreurs de Jean XXII, s'attaque maintenant au problème plus général des rapports entre l'Eglise et l'Empire, et tout spécialement à l'origine de la juridiction impériale. ("est la question qu'il va étudier dans les ouvrages suivants.

l.Octo quœstiones super potestate ac dignitate papali, Goldast, t. n, p. 314-391, qui date de 1339-1312. Tout en se défendant de prendre position et en faisant valoir avec une grande virtuosité dialectique le pour et le contre de chaque opinion, l'auteur u'arrive pas à dissimuler son attachement à la thèse impérialiste. S. Riezler, loc. cit., p. 250, a attiré l'attention sur le fait que le

Page 1