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NEWMAN (JOIIN-HENRY), L'ESSAI SUR LE DÉVELOPPEMENT

polémiques, des explications, des protestations. Faute d'un terrain où s'exercer, elle se tourne vers la critique biblique, ou vers la philosophie des « preuves ». Les formules s'achèvent en elles-mêmes, sans se développer, parce qu'elles ne sont que des mots. Elles sont stériles, parce qu'elles sont mortes. » Il en va de même pour les huit autres exemples de la « continuité dans les principes »; chacun d'entre eux a été dès le début et reste encore aujourd'hui un caractère distinctif du christianisme catholique. Remarquonsle en passant, si l'on a mal interprété les Universilij sermons, on a aussi mal compris, et pour les mêmes raisons, ce que nous dit Newman sur le second principe. C'est le principe de la suprématie de la foi, d'après lequel « la croyance au christianisme est moralement supérieure à l'incroyance; la foi, bien qu'elle soit un acte intellectuel, est morale dans son origine; ... quant aux raisons de croire, elles ne sont pas en général explicitement perçues, et n'ont besoin que d'être faiblement reconnues par l'esprit qui en subit l'influence, etc.. » Les critiques de Newman lui ont prêté des idées qui n'étaient pas les siennes. Nous n'avons pas a répéter ici ce qui a été dit plus haut au sujet des Sermons. Retenons seulement ceci : d'après Newman, l'Église a toujours admis que la foi, bien qu'elle fût un acte intellectuel, était à la portée d'hommes sans instruction. On ne prescrit pas aux enfants du catéchisme, avant qu'ils fassent un acte de foi, de chercher la vérité dans l'Écriture, ou d'étudier sans parti pris les preuves de la religion naturelle ou révélée. En un mot, lorsque Newman parle du « principe de la foi », il ne parle pas du « principe de la théologie ».

Il nous reste à dire un mot d'une autre question : dans quelle mesure doit-on s'attendre à ce que les décisions doctrinales de l'Église s'appuient sur des témoignages historiques? Newman nous a suffisamment fixés sur ses idées à ce sujet dans l'Essay (c. m), lorsqu'il y parle de l'ensemble des témoignages, et aussi lorsqu'il fait allusion à la « tradition prophétique »; celle-ci ne saurait jamais, du fait même de sa nature, être complètement enregistrée dans des documents morts, si complets qu'ils puissent être. Dans sa Letter to the Duke of Norfolk (voir plus bas), Newman eut à s'occuper des savants distingués qui avaient rejeté la définition du concile du Vatican pour des raisons d'ordre historique, et fut amené à faire connaître sa manière de voir d'une manière plus directe. C'est Dôllinger, sans aucun doute, qu'il avait surtout en vue :« Je n'élèverai jamais la voix contre ces hommes érudits et distingués... Qu'ils nous aient quittés, c'est un événement tragique, et pour eux, et pour nous-mêmes... Je crois qu'ils ont eu entièrement tort dans ce qu'ils ont fait et dans ce qu'ils font; et de plus, je suis aussi peu d'accord avec leur conception de l'histoire qu'avec leurs actions... Ils me semblent attendre de l'histoire plus qu'elle ne peut fournir; ils ont trop peu de confiance dans les promesses divines et dans la Providence, qui guide et détermine les déclarations des papes et des conciles... Pour ma part, j'avoue tout simplement que, dans aucun cas, des témoignages historiques ne suffisent à prouver sans doute possible une doctrine de l'Église; mais aussi que dans aucun cas ils ne suffisent à prouver le contraire. Les témoignages historiques, invoqués comme preuve des doctrines catholiques, vont plus ou moins loin, suivant les cas; souvent ils suffisent presque à eux seuls; parfois ils n'ont qu'une valeur d'indication; parfois aussi il y a simplement absence de témoignages contraires; et même il se peut que les témoignages historiques semblent contredire la doctrine en jeu, et il faut alors expliquer le désaccord. Mais, dans tous les cas, il reste une marge

où peut s'exercer la foi que nous accordons à la parole de l'Église. Croire aux dogmes de l'Église, uniquement parce qu'on les établit en raisonnant sur des preuves historiques, c'est à peine être catholique. Le vrai catholique a foi dans l'Église, lorsqu'elle fait un usage dogmatique de l'histoire; mais elle utilise aussi d'autres sources d'information, l'Écriture, la tradition, le « sens ecclésiastique » ou çpôvrjfxa, et un pouvoir subtil de déduction, qui est, dans son origine, un don de Dieu. » Diff., t. n, p. 311-313.

5° Two essays on miracles (Deux essais sur les miracles). • — ■ 1. The miracles of Scripture compared wilh those reported elsewhere as regards their nature, credibilily, and évidence (Les miracles de l'Écriture comparés avec ceux qui sont rapportés ailleurs, en ce qui concerne la nature, la crédibilité, et les preuves). Article écrit en 1825-1826 pour V Encyclopedia melropolitana, où il faisait suite à un autre article de Newman sur Apollonius de Tyane (réimprimé dans Hisiorical skelches, t. i) et commençait par ces mots : « La vie d'Apollonius nous a amenés à un sujet, dont il nous faut maintenant poursuivre l'étude dans toute son étendue, en comparant les miracles de l'Écriture avec ceux dont nous trouvons ailleurs le récit, etc.. »

Newman avait principalement pour but d'établir que les miracles de l'Écriture étaient a priori croyables, en arguant de leur caractère et de leur objet. Il relève le défi de Hume. « Puisque la Divinité, nous dit celui-ci, se découvre à nous par ses œuvres, nous n'avons aucun motif rationnel pour lui prêter des attributs ou des actions qui ne s'accordent pas avec ce que nous révèlent ses œuvres. » P. 16. Cette objection, réplique Newman, n'est valable que si l'on admet que Dieu se découvre à nous uniquement dans l'univers physique; mais elle s'évanouit du moment où l'on admet l'univers moral, car on y trouve bien des choses, qui rendent une révélation probable, et une révélation ne peut se manifester que par le miracle. L'objection de Hume, pour qui les miracles sont improbables a priori, se trouve ainsi écartée; il n'y a plus qu'à peser des témoignages; or ceux-ci, dans le cas des miracles chrétiens, ont assez de poids pour ne laisser place à aucun doute. Le P. Pesch adopte la manière de voir de Newman et cite sa réponse à Hume, dans son Glaubenspflichl und Glaubensschwierigkeiten, Theolog. Zeiifrag., n. 5, Fribourgen-B., 1908.

2. The miracles of ecclesiastical hisiory compared wilh those of Scripture, as regards their nature, credibilily and évidence (Les miracles de l'histoire ecclésiastique comparés avec ceux de l'Écriture, en ce qui concerne la nature, la crédibilité et les preuves). Essai écrit en 1842-1843, comme préface d'une traduction partielle de l'Histoire ecclésiastique de Fleury.

L'objet de cet essai se trouve décrit en détail au premier chapitre de Y Apologia, auquel nous renvoyons le lecteur. Newman y écarte d'abord l'argument qui veut rendre les miracles improbables a priori; puis il examine les témoignages relatifs à neuf des miracles les plus fameux, parmi ceux que rapporte l'histoire des premiers siècles de l'Église. Certains critiques, de ceux-là pour qui « les miracles ne peuvent arriver», ont pris prétexte de cet ouvrage pour porter de folles accusations de crédulité contre la mémoire de Newman. Celui-ci ne partage pas leurs idées préconçues, mais se guide d'après les preuves historiques. Si les témoignages, sans être concluants, semblent indiquer nettement qu'il s'est passé un événement miraculeux, il penche à croire plutôt qu'à ne pas croire, sans toutefois prétendre qu'il y ait certitude. Cet essai est, dans une certaine mesure, la rétractation du précédent, où Newman tendait à jeter le discré-

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dit sur les miracles narrés par les Pères, sous prétexte qu'ils étaient à la fois futiles et sans dignité.

6° The arians of the fourlli Century (Les ariens du quatrième siècle). Ouvrage achevéavantla fin de 1832, publié seulement à la fin de 1833; la seconde édition, réimpression exacte de la première, fut publiée par un clergyman écossais, G. H. Forbes, en 1854. Newman publia en 1878 une troisième édition, souvent réimprimée.

Nous emprunterons à la préface mise par Forbes en tète de la seconde édition quelques mots qui fixeront pour nous les traits principaux de cet ouvrage : « L'auteur nous présente un tableau saisissant des caractères, jette une vive lumière sur les motifs des événements des m* et ivc siècles, et défend de main de maître l'orthodoxie de la grande école des théologiens alexandrins; tout cela, on peut l'espérer, agira à la manière d'un antidote contre bien des choses que l'on écrit aujourd'hui pour jeter le discrédit sur les premiers Ages de l'Église. » Newman adopta une manière de voir toute nouvelle à cette époque : les origines de l'arianisme se trouvaient, selon lui, à Antioche et non pas à Alexandrie; la philosophie qui l'inspirait était plutôt aristotélicienne que platonicienne. La troisième édition et les suivantes furent enrichies d'appendices, empruntés d'ordinaire à d'autres écrits du même auteur, mais postérieurs en date; tel est celui qui a pour titre : The early doctrine of the Divine Genesis (La doctrine primitive de la génération divine). Abstraction faite du sujet, l'ouvrage de Newman présente encore un autre intérêt; il nous éclaire sur les opinions que professait l'auteur lorsqu'il l'écrivit, aussi bien en théologie qu'en philosophie.

7" The Church of the Falhers (l'Église des Pères). Série d'esquisses biographiques et historiques. — ■ Ces esquisses parurent d'abord dans le British Magazine (1833-1836); mais elles ne furent publiées que sous la rubrique « Correspondance ». Le rédacteur en chef les y reléguait, sous prétexte « qu'il n'était pas responsable » des opinions de ses correspondants; dans ce cas particulier, il ne voulait pas qu'on lui fît endosser les louanges que Newman prodiguait au christianisme primitif, par opposition au christianisme moderne. En 1840, ces esquisses furent réunies en un seul volume. Si l'on en croit des témoignages contemporains, elles contribuèrent puissamment à répandre les idées des tractariens. En 1857, parut une édition catholique (aujourd'hui comprise dans le t. n des Historical sketches). On en retrancha de longs passages d'un caractère polémique, dont quatre chapitres tout entiers qui ne « présentaient pas d'intérêt pour des lecteurs catholiques. » Les quatre chapitres omis furent plus tard réimprimés au 1. 1 des Historical sketches, sous le titre de Primitive chrislianity (Le christianisme primitif). Si l'on veut étudier le mouvement « tractarien » on aura évidemment avantage à se reporter à l'édition de 1840, qui a été réimprimée en 1900 (Londres, John Lane.)

8° Lectures on the doctrine of justification (Conférences sur le dogme de la justification), dont Dôllinger déclare que « c'est le plus beau chef-d'œuvre théologique que l'Angleterre ait produite depuis cent ans. » 1" édit., 1838; 2% 1840; 3% 1874, souvent réimprimé depuis.

L'importance historique de ce volume lui vient de ce qu'il est une déclaration du chef des tractariens contre la doctrine de la justification par la foi seule, doctrine que le parti « évangélique » d'alors regardait comme l'essence de l'Évangile. Ceux qui faisaient étalage de cette doctrine s'habituaient à être regardés comme des fanatiques ou des enthousiastes, ce qui ne les troublait guère. Ce n'était là, pensaient-ils,

que le témoignage du monde contre leur spiritualité supérieure. Ici, au contraire, on leur reprochait de rabaisser le niveau de l'Évangile en emprisonnant l'homme en lui-même, en lui enseignant à analyser sans cesse ses sentiments et ses émotions, au lieu de regarder au delà de lui-même vers Dieu et le Christ. La 13° conférence, [.a prédication de l'Évangile, mérite une attention particulière, à cause des protestations qu'elle élève contre le subjectivisme religieux, l'esprit de contemplation de soi-même introduit par Luther. En réimprimant ces conférences, Newman, catholique, y trouva relativement peu à corriger. Elles furent analysées dans les Annali délie scienze religiose, publiées à Rome, I" sér., t. vm, p. 312. Elles semblent aussi avoir vivement attiré l'attention des catholiques des États-L'nis, par la rupture dont elles témoignaient avec ce qui était alors la doctrine centrale du protestantisme. Cf. Mgr Kenrick, The catholic doctrine of justification, Philadelphie, 1841 ; et An inquiry inlo the merits of the reformed doctrine of imputation, New- York, 1843, par Vanbrugh Livingstone, un converti. Ceci soit dit pour leur importance historique. Les questions théologiques agitées par l'auteur, dans l'intention de montrer l'accord substantiel entre catholiques et protestants des diverses écoles (à l'exception, bien entendu du parti extrême ici visé), soulèveraient divers problèmes qui ont perdu aujourd'hui de leur importance et qu'il n'est pas nécessaire d'examiner.

9° The Via média of the Anglican Church, illustrated in lectures and tracts, with préface and notes, 2 vol., 1877. — • Le 1. 1 est la 3e édition, souvent réimprimée, des Lectures on the prophelical office of the Church viewed relalively to Iîomanism and popular Proleslantism (Conférences sur la fonction prophétique de l'Église, envisagée par rapport à l'Église romaine et au protestantisme populaire), lre édit., 1837, 2e édit.,

Ces conférences étaient une tentative de préciser, du point de vue déjà décrit de la Via média, la théorie de la fonction enseignante de l'Église. « Une moitié au moins du volume, à mon avis, est consacrée à une défense plus ou moins pertinente des principes et des doctrines catholiques. » Préface de l'édition de 1877, p. xix : Ce qu'il peut y avoir d'anticatholique est discuté dans près de 140 notes et dans la préface. Cette préface elle-même qui a les dimensions d'un petit traité sera étudiée parmi les œuvres catholiques. Inutile de recommander davantage les notes à qui veut étudier Newman. Faisons remarquer en passant qu'il est difficile d'imaginer, à la lecture, que leur auteur critique sa pensée primitive, son ancien moi, tant il y met de détachement et tant paraît large l'abîme qui sépare Newman catholique, de Newman anglican sur les points discutés.

Pour ce qui est du t. n, nous nous limiterons à un simple énuméré des documents qui y sont réimprimés :

1. Suggestions on behalf of the Church Missionary Society, 1830; l'auteur souhaitait que cette société fût placée sous le contrôle de l'autorité ecclésiastique.

2. Via média, réimpression de deux tracts (38 et 40) de 1834, portant ce titre, où l'idéal tractarien est exposé en forme de dialogue. Noter qu'à ce moment Newman ne trouvait rien à blâmer dans les réformateurs anglais.

3. Resloralion of suffragan bishops, 1834, intéressant à cause des vues exprimées sur les rapports de l'Église et de l'État.

4. On the mode of conducling the controversy with Rome (Sur la manière de mener la controverse avec Rome), réimpression du tract 71 de 1836. — Noter au moins cette idée : Il ne faut pas juger l'Église romaine exclusivement sur les documents officiels ,

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mais sur sa façon actuelle d'agir; par exemple la Profession de foi de Pie IV ne dit rien des souffrances du purgatoire. Par ailleurs, à la suite de Wake, Newman fait grand état de la différence entre Bossuet et Crasset sur la question de la dévotion à la sainte Vierge.

5. Lelter to a magazine on bchalf of D' Pusey's tract on II. Baptism and of olher tracts for the times (Lettre à une revue au sujet d'un tract de Pusey sur le baptême et au sujet d'autres tracts). Lettre écrite en 1837 et publiée la même année connue tract 82.

6. Lelter addressed lu the Margaret professor of Livinily on Mr Hurrel Froude's Slalemcnls concerning the re<d Présence, and olher malle rs theological and ecclesiastical (Lettre à un professeur de théologie sur les assertions de ?!. Hurrel Froude relatives à la présence réelle, et sur d'autres questions théologiques et ecclésiastiques), 1838. Dans VApol., p. 73, Newman parle de cette brochure comme « d'une tentative pour fonder sur une base intellectuelle Le dogme de la présence réelle. L'idée essentielle est d'accord avec ce à quoi j'ai si longtemps tenu : la négation de l'existence réelle de l'espace qui ne serait qu'une forme subjective de notre esprit. »

7. Eemarks on certain passages of the thirty nine articles, being n. 90 of the tracts for the Unies (Remarques sur certains passages des 39 articles = tract n. 90), 1841. Newman, tant dans l'Apof., que dans V. AL, t. il, a défendu l'exégèse qu'il y avait donnée de la confession de foi de l'Église établie. Mais dans une édition postérieure de la Via média (1883) il écrit, en parlant de l'interprétation fournie de l'art. 31 (sur les messes) : « Le tract dans l'ensemble peut se défendre mais non cette partie. » Il reconnaît que l'article 31 est bien une attaque directe contre la doctrine catholique. L'examen attentif des théologiens anglicans, y compris les non-jurors et le Dr Pusey, montre leur opposition absolue à la doctrine de l'Église catholique sur le caractère sacrificiel de la messe.

8. Documents relatifs au tract 90. — a) Lettre de quatre Tu tors de collège au rédacteur des Tracts. Ce rédacteur, on le savait, était Newman; la lettre ouvrait la campagne contre le tract 90. — ■ b) Réponse de Newman. — ■ c) Condamnation formelle du tract signée par le vice-chancelier de l'université. — ■ d) Lettre de Newman à ce dernier reconnaissant qu'il est l'auteur du tract. ■ — Les deux premiers documents sont du 8 mars 1841; les deux derniers du 16 mars.

9. Lettre au D' Jelf, en réponse à la lettre des quatre Tutors, montrant que ceux-ci ont mal compris le sens et le but du tract 90. Le tract avait été publié le 27 février. C'était bien peu de huit jours pour l'examen impartial d'un travail aussi complexe; et même les seize jours qui s'étaient écoulés entre l'apparition et la condamnation ne permettaient pas un jugement suffisamment fondé. Sans doute aucun de ceux qui avaient condamné le tract, n'aurait pu subir un examen sur son contenu. La Lettre au D' Jelf parut le jour même de la condamnation; on savait bien qu'elle était sous presse, mais le conseil qui condamna le tract, ne voulut pas attendre la défense de l'auteur.

10. Lettre à l'évêque d'Oxford à l'occasion du tract 90, datée du 21 mars 1841 et écrite à la demande instante de l'évêque.

11. Rétractation d'énoncés anticatholiques. Article emprunté à l'avertissement de l'Essai sur le développement, où était incluse une rétractation publiée en 1843 de quelques violentes attaques contre Rome. En faisant usage de cette rétractation, comme document historique, on notera que plusieurs assertions n'ont pas

été retirées ici, qui se trouvent dans les deux lettres à Jelf et à l'évêque d'Oxford.

10° Essays critical and historical (Essais critiques et historiques), deux volumes, lrc éclit., 1871; réédition de 1G articles, tous anglicans, à l'exception d'un seul.

1. Poetry wilh référence to Arislotle's Poetics (la poésie avec renvoi à la Poétique d'Aristote), 1825: jette un jour intéressant sur les goûts littéraires de Newman.

2. The introduction of ralionalislic principles into revealed religion (L'introduction des principes rationalistes dans la religion révélée), 1835 = tract 73. — ■ Le rationalisme que l'on y dénonce est l'application de la raison humaine au contenu de la Révélation pour y discerner ce qui a ou ce qui n'a pas valeur religieuse, et écarter ce qui nous paraîtrait sans intérêt à ce point de vue. L'origine de cette erreur doit être recherchée « dans la théologie populaire du jour », tout infectée de l'idée luthérienne de justification. Si la rédemption uniquement considérée « dans les effets que notre esprit expérimente » est l'essence de l'Évangile, tout ce qui n'est pas utile à cet aspect de la rédemption n'a aucun intérêt; peu importe donc que l'on soit orthodoxe dans la croyance à la Trinité, ou que l'on soit sabellien ou même socinien. Ce tract soigneusement étudié fera connaître les débuts de l'erreur qu'on a appelée depuis le «pragmatisme »

3. Aposlolical tradition, 1836. — Compte rendu d'un livre qui donne à Newman l'occasion d'exposer la doctrine de la tradition.

4. Fall of de Lamennais (La chute de Lamennais), 1837. — Compte rendu des Affaires de Rome. Il est bien à craindre que Lamennais n'en arrive à rejeter l'autorité de la religion.

5. Palmer on Failh and Unily (Les idées de Palmer sur la foi et l'unité), 1838. — • Compte rendu du Traité de l'Église de Palmer. Cf. Apol., p. 112. La note ajoutée en 1871 a quelque importance.

6. The theology of the seven epislles of St. Ignalius (La théologie des sept épîtres ignaciennes), 1839.

7. Prospects of the Anglican Church (Coup d'œil sur l'Église anglicane), 1839. — Le titre original était : La situation des partis religieux, c'est ainsi que l'article est cité, Apol., p. 94 sq. D'importance capitale pour étudier les idées de Newman au début du mouvement tractarien.

8. The Anglo- American Church (L'Église angloaméricaine), 1833. — Le réveil de l'Église épiscopalienne d'Amérique est une preuve de la vitalité de l'anglicanisme.

9. Selina, counless of Huntingdon, 1840. — Compte rendu de la Vie de cette femme célèbre, qui avait patronné Whitefield et les premiers clergymen « évangéliques ».

10. The calholicily of the Anglican Church, 1840. — Écrit aussitôt après l'inquiétude qu'avaient causée à Newman l'étude de la controverse monophysite et l'article de Wiseman. « Je me recueillis et écrivis contre cet article... Ce travail me calma pour près de deux ans. » (A'., p. 18). Dans Tassez longue note où Newman catholique réfute Newman anglican, il donne son opinion sur les ordinations anglicanes: elle est défavorable. Il réfute également l'opinion courante, selon laquelle il serait devenu catholique « par le désir de fonder davantage sa certitude religieuse, et de trouver dans le catholicisme une vue plus claire de la vérité révélée que celle que lui donnait l'Église d'Angleterre. » Cette idée et d'autres semblables sont encore courantes aujourd'hui. Bien des gens sont attirés par Newman et cherchent à le comprendre; mais il semble y avoir une infranchis-

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sable barrière entre leur esprit et le sien. Ils ne peuvent comprendre ce qu'étaient pour lui les Pères de l'Église. Ce sont eux, il l'a toujours aflirmé, qui l'ont fait catholique.

11. The protestant idea of Antichrist, 1840. — Dans cet article, Newman continue l'attaque menée par Todd (un clergyman irlandais allié des tractariens) contre l'idée monstrueuse qui fait de la Rome papale le représentant de l'Antéchrist. Il le fait avec humour. Incidemment l'article dénonce avec violence les méthodes des catholiques anglais de l'époque; cela montre que Newman n'a pas été conduit au catholicisme par ce qu'il savait (en fait c'était fort peu) des catholiques anglais ou irlandais.

12. Milmun's view of cliristianity (Les vues de Milman sur le christianisme), 1841. — Compte rendu de l'Histoire du christianisme de cet auteur. Newman combat la tentative de ceux qui, sans nier peut-être le caractère surnaturel du christianisme, en font abstraction quand ils racontent son histoire; c'est là ouvrir la porte au rationalisme.

13. Reformation of the lllh cenlury (La réforme du xie siècle), 1841. ■ — ■ Article historique, d'après la Vie de Grégoire VII de Bowdeiî.

14. Privait judgment (Jugement privé), 1842. — Cet important article peut se diviser en deux parties. La première a pour objet la critique de l'idée bien protestante sur l'exercice du jugement privé, et aboutit à cette conclusion que le seul exercice de ce jugement approuvé par l'Ecriture est de découvrir le maître divinement autorisé; ainsi s'introduit la seconde partie : en Angleterre le maître autorisé estil l'Église anglicane ou l'Église romaine? La conclusion c'est que. pour un individu né en Angleterre, le plus sur est de rester là où la Providence l'a placé. Cet article mérite une étude attentive. Ce fut le dernier effort de Newman pour se rassurer lui-même contre « les trois coups qui l'avaient brisé ». Apol., p. 139. Il cherchait à souligner certaines difficultés qui semblaient lui interdire d'aller à l'Église romaine: le culte de la sainte Vierge et des saints qui tendait à l'idolâtrie. Cette difficulté dura jusqu'en 1844; c'est en grande partie grâce au Dr Russel de Maynooth qu'il s'en débarassa. Cf. Apol., p. 195 sq. ; Devel., p. 430 sq.

15. John Davison, Fellow of Oriel, 1842. — Davison, comme Coplestone, était le champion de l'idéal d'éducation d'Oxford, idéal que Newman fait sien dans son Idea of a university, à rencontre de l'Edinburgh review.

11° Discussions and arguments, 1872, contenant huit publications antérieures, quatre anglicanes, quatre catholiques.

1. Hoiv lo accomplish it? (Comment y arriver?), publié d'abord dans le British Magazine en 1830, sous le titre : Home Thoughts abroad. — Dialogue entre trois Anglais séjournant à Rome, qui discutent les chance de succès d'un anglo-catholicisme au xixe siècle. Le difficultés de l'entreprise sont clairement perçues, bien que la discussion se termine sur une note d'espérance.

2. The palristical idea of Antichrist, 1838. — Reproduction du tract 82, intitulé Advent sermons on Antichrist. L'auteur prétend que l'empire romain (cf. II Thess., ii, 0) n'a point disparu, mais qu'il est contenu dans les États de la moderne Europe. Il s'efforce d'expliquer les prophéties relatives à l'Antéchrist, en les montrant partiellement accomplies dans les figures de celui-ci.

3. Holy Scripture in ils relation to the calholic Creed (La sainte Écriture dans ses rapports avec le Credo catholique), 1835. — Reproduction du tract 85, intitulé Lectures on the scriptural proof. of the doctrine

of the Church. Cet important article est une réponse aux protestants orthodoxes, qui, appuyés sur le principe : « la liible et la Bible seule», défiaient les tractariens de produire à l'appui des doctrines catholiques d'irréfutables arguments scripturaires. Les dogmes que les protestants reçoivent, réplique Newman, ne reposent pas plus sur l'Écriture que ceux qu'ils rejettent. Les arguments dont ils usent contre la tradition catholique se retournent en réalité contre le Canon des Écritures qui est une partie de la Tradition. Pour être d'accord avec eux-mêmes, les protestants orthodoxes doivent abandonner l'orthodoxie et devenir latitudinaristes; c'est là unerec/uc/io ad absurdum, car cela implique que l'on croit à une révélation qui ne révèle rien de défini. — Ce qui frappe dans cet article, c'est la façon dont l'auteur prévoit l'orientation qu'allait bientôt prendre la critique biblique.

4. The Tamworth reading room (La salle de lecture de Tamworth), 1841. — Une salle de lecture et une bibliothèque populaire venaient d'être créées dans la petite ville de Tamworth. Sir Robert Peel, chef du parti tory, dans son discours d'inauguration, usa et abusa des lieux communs de l'époque sur les bienfaits inestimables d'ordre moral et social que l'on pouvait attendre du progrès de l'instruction. Le Times fit appel à la plume de Newman pour critiquer ce discours, ce qui fut fait en une série de lettres signées : Catholicus, qui parurent ultérieurement en brochure. D'après Catholicus l'instruction profane n'était ni le principe, ni le moyen de la réforme morale. Elle ne pouvait être un principe d'unité sociale et d'action; et ne pouvait amener, sans une religion personnelle, que des tentations d'incroyance

12° Historical sketches, 3 vol., 1872. — Ces esquisses contiennent outre L'Église des Pères déjà décrite, les études suivantes : The personal and literary character of Cicero, publié d'abord dans Y Encyclopedia metropolitana en 1824; Apollonius of Tyana, publié dans le même recueil en 1826; Mediseval Oxford, publié d'abord dans le British Critic, en 1838, charmante description de l'esprit d'Oxford; The convocation of the province of Canterbury (L'assemblée de la province ecclésiastique de Cantorbéry), provenant du British Magazine de 1824-1825.

Voici les plus importants des écrits de la période anglicane qui n'ont pas été reproduits dans l'édition des Œuvres complètes.

1° Contribution à la Bibliothèque des Pères (Library of the Fathers), commencée en 1833, sous la direction de Pusey, Keble et Newman. Ce dernier traduisit et annota les deux vol. des Select treatises of S. Athanasius in controverse with the tartans, publiés en 1842 et 1844. Il écrivit aussi les préfaces des volumes suivants : Les catéchèses de S. Cyrille, 1838; Si Cyprien, 1839; Les commentaires de S. Jean Chrysoslome sur les Épîtres aux Gâtâtes et aux Épliésiens, 1840; Les traités historiques de S. Atlianase, 1843. En 1881, Newman publia, mais en dehors de la Bibliothèque, une 3e édit.des Select treatises of S. Ath. against the arians, qui diffère notablement de la lre édit., la traduction est plus libre, l'Oral, iv est supprimée, les notes sont groupées à la lin du t. ii, dans l'ordre alphabétique, formant ainsi un petit dictionnaire thêologique pour l'étude d'Athanase.

2° Contribution à la Lara apostolica, recueil de poésies ecclésiastiques dont Newman et Froude avaient donné l'idée en 1832. Ce recueil commença à paraître dans le British Magazine dans le n° de juin 1832 et continua jusqu'en septembre 1836. Le tout fut publié à part cette même année 1836 : 179 poèmes, dont 109 de Newman; une bonne partie se retrouve dans les Verses on veu-ious occasions.

3° Contribution aux Vies des saints anglais (Lives of english saints), 1843-1845 : S. Bettelin, S. Edilward, S. Gundleas. Pour l'histoire de cette série, voir Apologia, p. 211 sq.,323 sq.

4° Contribulionau British Magazine : l'art. IIomeThouglits

NEWMAN (JOHN-HENRY), ŒUVRES CATHOLIQUES

abroad ; 1" part. : janvier et lévrier 1834, le 1er art. décrit surtout les première impressions de Newman à Home; le 2e contient quelques-unes de affirmations anticatholiques rétractées dans Via média, t. n, p. 429 sq; IIe part., mars et avril 1836, reproduites dans Discussions and arguments (cf. col. 369.)

5° Contribution au Britisii Critic, dont Newman prit la direction en juillet 1838, pour l'abandonner en juillet 1842. Voici la liste complète des articles qui y ont paru. Ceux qui sont marqués d'une astérisque n'ont pas été réimprimés dans les Œuvres; les autres le sont dans Essays crit. and hist., sauf Mediieiml Oxford (dans Hist. sketches, t. m) : avril 1836, Le Bas' Life of Laud* ; juillet 1836, The brothers controversy, réimprimé sous le titre Aposlolical tradition ; juillet 1836, Burlon's Church hislory* ; oct. 1836, Wiseman's lectures*; juillet 1837, The lifeof Franke*; oct. 1837, Lamennais, Affaires de Rome, réimprimé sous le titre The Fall of Lamennais; juillet 1838, graldine a taie of Conscience*; juillet 1838, Ingram's memorials of Oxford = Mediœval Oxford ; juillet 1838, Exetcr Hall*; oct. 1838, Palmer's treatise on the Church = Palmer's view of Faith and Unity; janv. 1839, Jacobsons' Aposlolical Fathers réimprimé avec suppression du début sous le titre The theology of St. Ignatius; avril 1839, Elliott's travels* ; avril 1839, State of religious parties = Prospects of the Anglican Church; oct. 1839, The American Church = The Anglo- American Church; oct. 1839, Mr Taylor versus Nicolas Ferrar* ; janv. 1810, Brever, Court of James I* ; janv. 1840, Catholicity of the English Church; oct. 1840, Selina, counless of Huntingdon; oct. 1810, Todd's discourses on Anlichrist = The protestant idea of Antichrist ; janv. 1841, Milman's hist. of christianity; Bowden's life of Oregorg Vil = Reformation in the lllh Century. . t ~i

6° Contribution à d'autres périodiques. — The British review, mai 1824, Duncans travels; The theologicul review, juin 1825, Cooper's crisis and Robinson's Acts ; The London Review, 1829, l'art, reproduit au t. i, des Essays crit. and hist., sous le titre Poelry wilh référence to Aristolle's Poetics; The Record, 1833, Fiue lelters on Church Rïform.

7° Contribution aux Tracts for the Times. — Voici les tracts qui sont de Xewman d'après la Vie de Pusey par Liddon, t. m : n. 1, 2, 3, 6, 7, 8, 10, 11, 15 (est de W. Palmer, revu et complété par J. H. N.), 19, 20, 21, 31, 33, 34, 38, 41, 45, 47, 71, 73, 74, 75, 76, 79, 82, 83, 85, 88, 90. Ont été réimprimés : dans la Via média, t. n, les n. 38, 40, 71, 82, 90; dans Essays crit. and hist., le n. 73; dans Discussions and argument;, les n. 83, 85. ,

8° Autres productions littéraires. — Newman édita, en les préfaçant, de courts traités d'anciens théologiens anglicans, qui parurent avec d'autres publications similaires chez Parker, à Oxford : Sulton (1679), Godly méditations, 1838; Wilson (1751), Sacra Rivatn, 1838; Sparrow (1685), Rationale, 1839, Wells (1727), The rich man's duty, 1840; Nelson, (1709) Life of Bull, 1840.

Newman rassembla aussi en deux petits volumes, llgmni Ecclesiœ, Oxford, 1838, des hymnes latines empruntées, aux bréviaires romain, d'York, de Sarum (t. i,) et au bréviaire de Paris (t. n).

Mentionnons enfin ses premières productions littéraires: un petit périodique qu'il publia en 1819 avec son ami Bowden, à l'imitation du Spectator d'Addison; un poème, SI. Bartholometv'sEue,ataleofthel6th Century in two contos, publié en collaboration avec le même Bowden, 1818-1819; un petit volume de vers, Memorials of the Past, Oxford, 1832. — D'une date plus tardive : Letter to Parishoners on laying the /îr.sl stone of the Church at Liltlemore, 1835, reproduite dans Miss Mozley, t. Il, p. 435 ; Elucidations of D' Hampden's theologicul slatements, Oxford, 1836; Letter to Rev. G. Fausset on certain Points of Faith and Practice, 1838, ne pas confondre cette lettre avec un autre adressée au même correspondant et publiée dans Via Media, t. m.

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