‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 2)Chapitre 71 sur 233 · LES ŒUVRES DE LA PÉRIODE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LES ŒUVRES DE LA PÉRIODE CATHOLIQUE

1° John Keble, Fellow of Oriel, article de la Dublin review, avril 1846 ; réimprimé dans Œuvres, Essays critical and hislorical, t. n, p. 421-4 53. Cet article est censé être un compte rendu de la Lyra Innocenlium de Keble; mais il nous dit aussi quelle attitude ont prise envers les convertis au catholicisme ceux qui étaient jusque-là leurs amis, et annonce que « le mouvement » va continuer au sein de l'Église anglicane.

2° Dissertatiunculœ quatuor critico-thcologicae, 1847, dans Tracts theologicul and ecclesiastical, p. 1-91 ; traduction en latin de quatre notes tirées des Select treatises of St Athanasius (Traités choisis de saint Athanase) qui avaient paru dans la Library of the Fathers (1842-4).

3° Loss and Gain; the slory of a converl (Perte et gain; l'histoire d'un converti), publié sans nom d'auteur en 1848, traduction française par Segondy, Tournai, 1859; allemande par G. Schùndelen, Cologne, 1868, et par Mère Ignatia Brème, Mayence, 1924. ■ — ■ Le nom de l'auteur ne fut révélé qu'en 1874, date à laquelle il figura dans le titre de la 6e édition; mais il avait été deviné par le Rambler (i, 216).

Ce récit fut écrit à Rome dans les derniers mois de 1847. On avait publié contre les convertis d'Oxford un roman où leur conduite, aussi bien que le « mouvement » lui-même, étaient peints sous un faux jour, et dont Newman désirait combattre l'effet. La meilleure réponse, il le comprit bien, consistait à publier une autre histoire, « composée avec plus de souci de la vérité et de la vraisemblance, dont l'auteur eût au moins quelque connaissance personnelle d'Oxford, et quelque notion des différents aspects des phénomènes religieux. » Newman emprunte évidemment à ses propres souvenirs, mais son récit n'est pas une autobiographie, et il ne s'en fait pas le héros. Les personnages, bien que vivants et vrais, ne sont pas des portraits; ils représentent sous une forme imaginaire, mais concrète, les principales tendances de la pensée contemporaine. Cette œuvre révèle chez Newman des dons peu communs de satirique, comme aussi de peintre des caractères; il est regrettable pour la littérature qu'il n'ait pas cherché à les développer. S'il en était besoin, le récit de Newman prouverait encore que : « ceux qui se sont épris d'amour pour l'Église catholique, n'en sont pas pour cela moins capables que d'autres, d'écrire de la prose de bon sens. »

4° Discourses addressed to mixed congrégations, (Discours adressés à des auditoires mêlés), 1" édit., 1849; 2% 1850; traduction française par J. Gondon, Conférences adressées aux prolestants et aux catholiques, Paris, 1853; allemande par G. Schùndelen, Mayence, 1851.

Ces sermons sont les premiers qu'ait produits Newman prédicateur après sa conversion; ils appartiennent à ce qu'on a appelé la « lune de miel » de sa vie catholique, et contiennent bien des passages de merveilleuse prose anglaise. Par leur style orné et leur enthousiaste ferveur, ils s'opposent à la simplicité voulue, à la retenue de ses sermons protestants. Il a défini lui-même les Discourses dans les termes suivants :« Ils tiennent de la polémique, de l'exhortation, plutôt que de l'exposé dogmatique; ils s'adressent à ceux qui sont en dehors de l'Église. » Ces sermons, nous dit Hutton (Card. Newman, p. 97) ont un ton, un esprit qui leur est propre; on n'y trouve pas tout à fait à mon sens, le charme délicat que donne aux sermons d'Oxford leur réserve, et un je ne sais quoi de timide et de passionné à la fois; mais ceux-ci ne nous montrent son génie qu'en germe, alors que ceux-là en sont la fleur largement épanouie. »

5° Lectures on certain difficultés felt by Anglicans in submitting to the catholic Church (Conférences sur certaines difficultés qu'éprouvent les Anglicans à se soumettre à l'Église catholique), lrc édit., 1850; 2% 1850; 3«, 1857; 4% s. d., sous le titre de Difficulties felt by Anglicans in catholic leaching (Difficultés que rencontrent les anglicans dans l'enseignement catholique). Cette édition contient aussi la Letter to Dr. Pusey on his Eirenicon (Lettre au Dr Pusey sur son Eirenicon). — ■ L'ouvrage est réimprimé au premier volume

NEWMAN (JOHN-HENRY), ŒUVRES CATHOLIQUES

des Œuvres de Newman, sous le titre de Di/Jicullies oj Anglicans (Difficultés des Anglicans).

Ces conférences furent prononcées durant le printemps et l'été de 1850, deux fois par semaine à partir du 9 mai, à l'Oratoire de King William Street, Strand. L'occasion en fut la suivante : l'évoque d'Exeter avait refusé d' « installer » dans un bénéfice un clergyman, nommé Gorham, parce que celui-ci avait nié la doctrine de la régénération par le baptême. Le Conseil privé, consulté, donna raison à Gorham. Cette intrusion de l'État dans le domaine ecclésiastique jeta le désarroi parmi ce qui restait de tractariens; on crut qu'ils allaient se convertir en masse. Newman pensa que ces événements lui faisaient un devoir de commenter la situation, et d'en tirer la morale et, malgré sa répugnance, il obéit à sa conscience. Prenant pour accordée la vérité des principes « tractariens » et ayant prouvé que « le mouvement » (d'Oxford) était étranger à l'Église nationale, et n'en tirait pas sa vie, il entreprit de montrer que son aboutissement logique n'était ni dans l'Église nationale, ni dans un parti anglican, ni dans une « branche », ni dans une secte, mais dans l'Église catholique. Ayant mené ses auditeurs jusque-là, il s'efforçait, au cours des dernières conférences, d'écarter les obstacles qui pouvaient les arrêter encore sur le chemin de la conversion. Ces conférences soulevèrent un intérêt très vif, et l'on remarqua dans l'auditoire beaucoup de personnages considérables. C'était, à vrai dire, la première fois que le catholicisme faisait son apparition dans une tribune publique en Angleterre, et se hasardait à prendre l'offensive. La personnalité et l'histoire du conférencier étaient un attrait de plus. * Vous avez certainement ouï dire, écrivait un contemporain, que Newman fait des conférences à Londres. Il paraît qu'elles sont fort curieuses à entendre » (Extrait d'une lettre de Burgon, successeur de Newman comme ' fellow » du Collège d'Oriel, à Mrs Rose, veuve d'un ami de Newman, Hugh James Rose). Publiées en volume, les conférences trouvèrent un grand nombre de lecteurs.

6° Lectures on Calholicism in England (Conférences sur le catholicisme en Angleterre), lre édit., 1851; réimprimées dans les Œuvres avec un nouveau titre : Présent position oj calholics in England (La position actuelle des catholiques en Angleterre); traduction allemande, Vertrage ùber die gegenwartige Slellung der Katholiken in England, sans nom d'auteur, Ratisbonne, 1853.

Ces conférences furent faites une fois par semaine à partir du 13 juin 1851 ; elles étaient censées s'adresser aux frères du « Petit Oratoire », mais elles visaient en réalité un auditoire plus large. Cependant, la presse les ignora entièrement. Le rétablissement de la hiérarchie avait déchaîné les passions antipapistes; afin de les réfréner, S. M. Calpes, le premier propriétaire et rédacteur en chef du Rambler, avait suggéré que des catholiques laïques fissent une série de conférences dans les grandes villes. Cette proposition eut comme conséquence indirecte les Lectures on Calholicism. Publiées, à mesure qu'elles étaient faites, en livraisons hebdomadaires, elles furent, avant la fin de l'année, réunies en volume. Newman y prit pour sujet la conception protestante de l'Église; il entreprit de montrer que, fondée sur des fables et entretenue seulement par la tradition, elle ne reposait ni sur la logique, ni sur aucun témoignage authentique; qu'elle était faite de préjugés et d'ignorance. Critiqué pour avoir mieux réussi à démolir qu'à construire, Newman répondit qu'il eût été prématuré d'entreprendre un travail constructif, étant donné les dispositions de son auditoire. Du point de vue littéraire, ce volume prend rang parmi le,s meilleurs de ses

ouvrages; lui-même estimait qu'il était le mieux écrit de tous. Comme exemple de satire prolongée, il n'a pas son égal dans la littérature anglaise.

7° Discourses on the scope and nature of university éducation (Discours sur renseignement dans les universités, son objet, sa nature), 1" édit., 1852; 2e (avec des coupures) 1859; dans les Œuvres, il forme la 1" partie du volume qui a pour titre Tlir idea of a university defined and illustrated.

Le 12 novembre 1851, Newman était nommé recteur de l'Université catholique que l'on se proposait de créer en Irlande; il entreprit aussitôt de faire connaître le projet au public irlandais, dans une série de cinq conférences faites à Dublin, du 10 mai au 7 juin 1852. Sa thèse était la suivante : une université, si le mot est bien compris, professe la science universelle; cette science universelle forme un tout cohérent et organisé, dont les différentes sciences sont les parties constitutives. Or, la théologie est, elle aussi, une science et une partie constitutive de l'ensemble; et si elle est retranchée des programmes d'études, d'autres sciences déborderont sur le terrain laissé libre, ce qui aura des résultats désastreux, non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour la science en général. Newman visait un but particulier; il voulait convaincre de leur erreur les partisans des universités non confessionnelles dites Queen's Collèges, alors récemment créées, et dont la théologie était impitoyablement exclue. Dans le volume imprimé, il ajouta cinq autres chapitres, qui n'avaient de conférences que le nom, puisqu'ils n'avaient jamais été lus en public. Il y soutenait que les connaissances professées dans une université avaient leur fin en elles-mêmes, et qu'elles ne devaient avoir en vue aucun objet utilitaire; puis il examinait les rapports entre ces connaissances « libérales » d'une part, et de l'autre la simple érudition, l'habileté professionnelle, la science religieuse, et l'Église en tant qu'elle exerçait une juridiction sur tout cela. L'ensemble des dix « discours » parut à la fin de l'année 1852, avec une préface de grande valeur et un assez long appendice, où des citations empruntées à d'autres auteurs aidaient à mettre en lumière les principes établis par Newman. Dans la seconde édition, ils upprima l'appendice et le cinquième discours, et fondit les deux premiers discours en un seul. Il nous a donné dans My campaign in Ireland, p. lxi, ses raisons pour laisser de côté le cinquième discours : General knowledge viewed as one philosophy (les connaissances générales envisagées comme constituant une seule philosophie). « Les conférences avaient, semblait-il, très heureusement commencé, mais on fit ensuite comprendre à l'orateur qu'il s'y prenait mal, s'il voulait entraîner le clergé derrière lui. Il en fut vivement désappointé; car, dit-il, si on l'avait laissé faire, et qu'on l'eût écouté jusqu'au bout, les membres du clergé se seraient trouvés d'accord avec lui. On ne pouvait cependant dédaigner une influence aussi grande que la leur. Il fut donc obligé de modifier ce qu'il avait préparé, et même de remanier le plan d'ensemble de la série; il dut par exemple reprendre et rapprocher des fragments séparés; de ce fait la cinquième conférence n'était plus, à son sens, ni en harmonie avec le reste, ni mise en valeur comme il l'aurait fallu : il la retira donc. Il n'entendait pas la condamner par là, car il se proposait de la faire figurer, après correction, dans un volume qu'il voulait publier sous le titre de Pamphlets and papers (Collection de petites œuvres diverses). » En fin de compte, le cinquième discours ne fut jamais réédité à part, mais on le trouve dans My campaign, p. 243-270. Dans la dernière édition des Discourses, Newman sépara de nouveau le premier discours du second, et rétablit quel-

NEWMAN (JOHN-HENRY). ŒUVRES CATHOLIQUES

ques-uns des passages précédemment omis. Il considérait lui-même ce volume comme l'un des cinq livres où il avait fait œuvre constructive. YVard, Newman, t. m, p. 262. On y voit en général le plus beau plaidoyer qui ait été écrit en anglais en faveur d'une éducation désintéressée.

8" Lectures on Ihc hislory of Ihe Turks in ils relation to christianity (Conférences sur l'histoire des Turcs dans ses rapports avec la chrétienté), titre plus tard modifié, Europe étant substitué à Christianity, \™ édit. (par l'auteur de Loss and Gain), 1853; fait partie dans les Œuvres des Hislorical skelches, t. i. Traduction allemande par G. Schùndelen, Cologne, 1854.

Ces conférences furent faites à Liverpool en octobre 1853. Dans la préface, Newman se défend de vouloir présenter son étude comme le résultat de recherches originales, et dit n'avoir utilisé d'autres matériaux « que ceux que l'on trouve dans une bibliothèque de richesse moyenne ». Cependant ses lectures durent être très étendues, et le résultat porte la marque de son génie. Les historiens scientifiques d'aujourd'hui pourront trouver à redire à un ouvrage composé dans de telles conditions; mais on peut dire, en faveur de Newman, qu'il égala, et même qu'il dépassa, les historiens de la vieille école dans leur propre métier; il savait voir toute la portée lointaine des événements, donner de la vie à son récit, et surtout comprendre que c'est un devoir pour l'écrivain que de tenir le lecteur en haleine. Il préconisait l'expulsion des Turcs hors d'Europe; mais, disait-!l. « les questions politiques sont généralement réglées selon des motus de convenance politique. » et la guerre de Crimée alors sur le point d'éclater devait se charger de fournir à ces paroles le commentaire qui convenait.

9° Who's lo blâme? (A qui la faute?). Cette brochure politique rassemble une série de lettres adressées, au cours du printemps de 1855, par Newman sous le pseudonyme de Catholicus (cf. ci-dessus, col. 370), au Catholic Standard, alors dirigé par H. W. Wilberforce. Dans les Œuvres, elle figure parmi les Discussions and arguments, p. 306-362. La manière déplorable dont était menée la guerre de Crimée avait profondément indigné l'opinion publique, et l'on réclamait le châtiment des responsables. Newman représenta qu'à son avis la constitution britannique était bien adaptée au temps de paix, mais non pas au temps de guerre, et saisit l'occasion qui se présentait d'examiner le sens de termes politiques, tels que gouvernement, État, exécutif, puis aussi l'attitude des Anglais envers l'État, et celle de l'État envers l'aimée et l'Église.

10° Callista, a sketch of the third century (Callista, esquisse du troisième siècle), lre édit., sans nom d'auteur, 1856; plusieurs traductions françaises : A. Goemare, Bruxelles, 1857; anon., Tournai, 1850; Marie Guerrier de Haupt, Limoges, 1874; plusieurs traductions allemandes. — ■ Ce récit a pour scène l'Afrique du Nord, et se place au temps de saint Cyprien. Newman le commença en 1848, au début du printemps, et l'acheva à la fin de 1855. Il fut écrit « en général au crayon, dans des wagons de chemin de fer, au cours d'un voyage sur le continent. » (De Vere, Réminiscences, p. 272). L'auteur nous dit lui-même qu'il a « tâché d'imaginer et d'exprimer, du point de vue catholique, les sentiments réciproques et les relations des chrétiens et des païens à la période envisagée. » Il met l'accent sur le récit luimême plutôt que sur les personnages; il se sert de ces derniers pour leur faire exprimer les tendances de leur époque, et parfois place dans leur bouche ses propres raisonnements apologétiques. Callista n'avait pas la prétention d'être autre chose qu'un roman, aussi Newman prit-il pour principe que « l'imagina-

tion de l'auteur pouvait se donner libre cours dans les détails, et que ses opinions personnelles pouvaient s'y manifester », tant qu'il ne « portait aucune atteinte à la vérité historique. » Selon R. H. Hutton, « ce livre est le plus caractéristique de tous ceux de Newman »; il révèle mieux qu'aucun autre « la profondeur de sa passion spirituelle, et cette unité, cette fixité, cette concentration de la volonté vers un but unique, qui liaient entre elles toutes ses pensées, toutes ses paroles, toutes ses actions. » Manning, cependant, ne trouva pour juger le livre que ces deux mots : « froidement intellectuel. »

11° The office and work of universities (La fonction et l'œuvre des universités), lre édit., 1856; dans les Œuvres, ce traité fait partie des Hislorical sketches, t. m. sous le nouveau titre de Rise and progress of universities (Les universités, leur commencement, leur développement). — Les articles, dont est composé ce volume, parurent tout d'abord dans la Catholic universily gazette au cours de l'année 1854. L'objet en est suffisamment indiqué par le sous-titre : L'enseignement des universités envisagé en une série d'esquisses historiques. Mais, d'autre part, il faut le retenir, ces articles, bien que fragmentaires et incomplets, ne sauraient être négligés par aucun de ceux qui s'intéressent à l'idéal de Newman en matière d'éducation; plusieurs d'entre eux ont été directement inspirés par ses expériences personnelles, par exemple le c. vi, Discipline and influence. Le c. xv, qui est d'une grande valeur, compare les mérites relatifs de l'enseignement ex cathedra et de l'enseignement dit « tutorial », et les c. xvni-xix traitent du système des collèges, qui est propre, ou peu s'en faut, aux deux vieilles universités d'Oxford et Cambridge.

12° Sermons preached on various occasions (Sermons prêches à diverses occasions), lcs édit., 1857; 2% 1858; 3e, augmentée de deux sermons, 1870; 4°, augmentée encore d'un sermon, 1874. Traduction française, Tournai, 1860.

Les huit premiers furent prêches devant l'université catholique de Dublin au cours de l'année 1856-1857, et sont l'application des principes posés par Newman dans son chapitre sur la prédication dans une université (Idea, p. 405-427). Le cinquième, Les dispositions favorables à la foi, insiste, en le définissant plus clairement, sur un point où Newman avait déjà mis l'accent dans ses Universily sermons. Le dixième, intitulé The second spring (le second printemps), et prêché à Oscott à l'occasion du premier synode provincial de "Westminster en 1852, est pour les lecteurs anglais le mieux connu des sermons de Newman ; Macaulay, dit-on, le savait par cœur. Le quinzième The Pope and Ihe Révolution (Le pape et la révolution) fut l'objet de critiques acerbes; il ne témoignait, disait-on, que d'un loyalisme assez tiède envers le Saint-Siège, au moment même où la question du pouvoir temporel se posait d'une 'minière aiguë. Une traduction française parut en 1867 sous le titre de Le pape et la révolution, avec un appendice, Quelques considérations sur l'auteur.

13° Lectures and essays on university subjecls (Conférences et essais sur des sujets relatifs à la vie universitaire), 1™ édit., 1858; fait partie dans les Œuvres de V Idea of a universily, sous un nouve&u titre, L'niversity subjecls, discussed in occasional lectures and essays (Questions universitaires, examinées dans des conférences et des essais composés à diverses occasions).

Ce volume se compose pour partie de conférences faites par Newman, en sa qualité de recteur de l'université catholique, et pour partie d'articles écrits par lui pour V l'niversity (iazelte. Cette collection, il le souligne dans son avertissement, s'est, comme la

NEWMAN (JOIIN-HENRY), ŒUVRES CAT HOL [O UES

plupart de ses œuvres, « constituée peu à peu d'ellemême, en général à l'occasion des devoirs de sa charge, ou des circonstances du moment. » Mais le lecteur, dont cet aveu sollicite l'indulgence, aurait tort de sous-estimer l'ouvrage. Quelques-uns des écrits qu'il rassemble traitent de questions littéraires, d'autres de questions scientifiques. Les premiers constituent, pour qui fait des études littéraires, une précieuse introduction à l'art d'écrire; mais les derniers sont indispensables, si l'on veut se faire de Newman une idée complète. Composés en vue d'événements particuliers, ils sont nécessairement limités dans leur objet, mais ils montrent dans quel sens se mouvait son esprit, et éclairent certaines directions de pensée qui lui étaient toujours présentes. Il voulait avant tout sauvegarder la foi de ses auditeurs, au moment où ils abordaient le domaine des spéculations scientifiques, en leur montrant que la religion n'avait rien à craindre des progrès de l'esprit humain. La conférence intitulée Christianity and scientific investi galion (le christianisme et la recherche scientifique) ne fut jamais prononcée; c'est en réalité une simple conférence destinée aux étudiants de la faculté des sciences (Ward, Newman, tA, p. 408-409); courageux plaidoyer en faveur de la liberté des recherches dans les universités catholiques. L'essai qui a pour titre A formol in fidelity of Ihc Daij (Une forme de l'incroyance contemporaine) décrit par avance, avec une sûreté remarquable, l'attitude que les incroyants devaient adopter par la suite à l'égard de la théologie.

14° Articles publiés dans VAilanlis. — ■ 1. The mission of St. Benedict (La mission de saint Benoît), janvier 1858. Réimpression dans Œuvres parmi les Historical sketches, t. ii, p. 363-430; traduction française, par Mme L. B., Paris, 1908, allemande par H. Schwarz, Mayence, 1926.

2. St. Cyriis Formula of the jjioc tpûatç asaapxcojiivr) (La formule du — dans saint Cyrille), juillet 1858. Réimprimé dans Œuvres parmi les Tracts thcologiccd and ecclesiastical, p. 329-382. Extraits dans The arians of the fourth centurg, note iv, p. 432-444.

3. The bénédictine centuries (Les siècles bénédictins), janvier, 1859 Dans Œuvres, fait partie des Historical skelches, t. n, p. 431-487, sous le titre de The bénédictine schools (Les écoles bénédictines).

4. The Ordo de Tempore in the roman breviarg (Le temporal dans le bréviaire romain). Réimprimé dans Œuvres, Tracts theological and ecclesiastical, p. 383-402.

La revue Atlantis devait avoir, selon les intentions de Newman, un double but : faire connaître au grand public les travaux d'érudition entrepris par l'université, et servir de lien avec les corps savants d'autres pays. Les deux essais sur les bénédictins ne sont pas des études approfondies, mais ils contribuent, pour leur part à fixer l'histoire de l'enseignement entre la chute de, l'empire romain et l'institution des universités du Moyen Age. Ils donnent la poésie comme étant le propre des bénédictins, de même que la science est le propre des dominicains, et le sens pratique celui des jésuites. Newman voulait ajouter à ces deux premiers articles un essai sur les dominicains de manière à compléter le tableau; mais la publication de la revue fut temporairement suspendue, et ses pensées prirent une autre direction. Quant à l'article sur la formule de saint Cyrille, nous citerons simplement les paroles de Lord Acton dans le Rambler : ce travail prouvait, disait-il, « que nous avons encore un théologien parmi nous. » Le même auteur, écrivant à Simpson, expliquait ainsi son jugement « traitant d'un minuscule point de détail, l'article est original et fait preuve d'un esprit éclairé. » Rambler, août 1858, p. 138, et Lord Acton and his circle, p. 56. Dom John Chapman,

dont le témoignage fait autorité sur les questions patristiques, dit que l'essai sur saint Cyrille est « d'une érudition stupéfiante et d'une clarté parfaite. •

15° Articles parus dans le Rambler. — ■ 1. The mission of the Isles of the Norlh (La mission des îles du Nord), mai 1859, p. 1-22; juillet 1859, p. 170-185. Cette série d'articles resta inachevée, Newman ayant entre temps quitté le poste de rédacteur en chef du Rambler. On les retrouve dans les Œuvres parmi les Historical sketches, t. ni, p. 255-312, sous le titre de Northmen and Normans in England and Ireland (Norvégiens et Normands en Angleterre et en Irlande).

2. The lext of the Rheims and Douay version of Holy Scripture (Le texte de la version catholique de la Bible dite de Reims-Douai), juillet 1859, p. 145- 169. Réimprimé dans les Œuvres, parmi les Tracts theological and ecclesiastical, p. 403-445.

3. On consulling the failh/ul in matters of doctrine (S'il faut consulter les fidèles en matière de doctrine), juillet 1859, p. 198-230. Cet écrit n'a jamais été réimprimé; mais on en trouvera une partie dans la troisième édition de The arians (p. 445-468). Elle y constitue la note v, et elle est accompagnée de la réponse aux objections auxquelles l'article avait donné lieu. Voir ci-dessus, col. 339.

4. The ancienl saints (Les saints des premiers âges de l'Église), mai 1859, p. 90-98; novembre 1859, p. 41- 62; juillet 1860, p. 189-203; septembre 1860, p. 338- 357. Réimprimé dans les Œuvres parmi les Historical skelches, t. n, p. 211-302, sous le titre de Saint John Chrysoslom. Traduction française : Saints d'autrefois, par Mme L. B., Paris, 1908.

16° Mr. Kingsley and DT Newman; a correspondence on the Question, whether Dr Newman leaches thaï Trulh is no virtue (M. Kingsley7 et le Dr Newman; lettres échangées sur la question suivante : le Dr Newman enseigne-t-il que la sincérité n'est pas une vertu?) 1864. Voir ci-dessus, col. 345.

17° Apologiaprovilasua : being a reply lo a pamphlet, cntitled : Whal, then, does D' Newman mean? (Apologia pro vita sua : réponse à une brochure intitulée : Que veut donc dire le Dr Newman?). Newman avait d'abord répondu à Kingsley en huit brochures publiées séparément, et la première édition de l'Apologia comprenait simplement ces huit brochures reliées ensemble, avec le titre que nous donnons ci-dessus. La seconde édition (1865) avait pour titre : History of mij religious vpinions (Histoire de mes opinions religieuses); mais dans les éditions suivantes Newman en revint au titre primitif, Apologia pro vita sua. Dans la seconde édition, il omit tout ce qui, à ses yeux, n'avait qu'un intérêt éphémère, c'esl-à-dire à peu près tout ce qui portait sur sa controverse avec Kingsley; il ajouta aussi une préface, dans laquelle il expliquait les circonstances de la publication, et signalait les différences entre la seconde édition et la première; enfin il ajouta certains passages, en particulier un importante note sur le Libéralisme. Il existe une édition critique, qui combine les deux textes de 1864 et 1865, en indiquant les variantes; elle est due a M. Wilfrid Ward et a été publiée par VOxford universily press. Les éditions suivantes sont conformes à la seconde, si ce n'est qu'un passage supplémentaire a été emprunté à la première (p. xn-xxv) « afin de montrer au lecteur — • nous citons les paroles de Newman — ■ où je voulais en venir en écrivant ce volume. » Une traduction française de la seconde édition parut en 1866 (Histoire de mes opinions religieuses), elle était accompagnée de notes sur l'Église d'Angleterre et sur l'université d'Oxford, écrites tout exprès par Newman, et d'une « table alphabétique des mots à expliquer » dressée également par lui. Autre traduction française, De l'anglicanisme au catholicisme

NEW'MAN (JOHN-HENRY), ŒUVRES CATHOLIQUES

ou Histoire de ma vie, s. a., Tournai, 1865; trad. allemande, M. Laros, Die Geschichte meiner religiôsen Psyché, Sarrelouis, 1913; M. Knôpfler, Mayence, 1928. 18° Articles publiés dans The Month. — 1. Saints of the Désert (Les saints du désert), 1864-1866. Ce travail n'a jamais été réédité. — 2. The dream of Gerontius (Le songe de Gérontius), mai-juin 1865. Ce poème fut publié séparément en 1866, et figura ensuite dans les Verses on various occasions (1868). — 3. An internai argument for christianity (Un argument d'ordre intrinsèque en faveur du christianisme), juin 1866. Réimprimé dans les Œuvres parmi Discussions and arguments, p. 363-398. Cet essai est un compte rendu de l'Ecce Homo de Seeley, qui avait fait grand bruit j lors de sa publication. Newman critique l'éclectisme de l'auteur, et lui reproche de ne pas mener ses principes jusqu'à leur conclusion logique.

19° P. Terenlii Phormio, expurgalus in usum puerorum, 1864. — ■ Newman prépara cette petite édition du Phormio, afin de faire jouer la pièce par le~. élèves de l'école de l'Oratoire. Il fit de même en 1866 pour YEunuchus, auquel il donna le nouveau nom de Pincerna, et en 1870 pour YAndria. Chacun des trois volumes comprend le texte sous forme abrégée, un prologue en latin écrit par Newman lui-même, et un récit de l'action encadrant certains passages traduits. Newman avait voulu satisfaire à des requêtes venues de différents côtés. On trouvera les prologues dans les Verses on various occasions.

20° A lelter lo the Rev. E. B. Pusey on his récent Eirenicon (Lettre au Rev. E. R. Pusey sur son Eirenicon récemment paru), 1866; 2e édit. la même année; dans les Œuvres, se trouve dans le t. n des Difficulties of Anglicans. Traduction française sous ce titre : Du culte de la sainte Vierge dans l'Église, Paris, 1866, et une autre, Paris, 1908; trad. allemande, de G. Schûndelen, Die heilige Maria, Cologne, 1866; de H. Riesch, Eine Apologie des Marienkulls, Ratisbonne, 1911.

Dans cette réponse à Pusey — ■ et c'est ce qui en fait l'importance — Newman se hasarda à déclarer qu'il se séparait du parti extrémiste, dont il nommait les représentants, Faber et Ward. Pusey avait stigmatisé leurs exagérations, les donnant comme un obstacle à la réunion de l'anglicanisme au catholicisme. Commentant ces paroles, Newman s'exprimait ainsi : a Dans bien des cas où théologien et théologien, où pays et pays, sont en désaccord, il est bien certain que j'ai mon jugement à moi; je puis le dire sans offenser personne, puisque la nature même des choses m'empêche de m'entendre avec tous à la fois. En matière de croyance et de dévotion, je préfère les habitudes anglaises, et cela pour les mêmes raisons, et du même droit, qu'ont les étrangers de préférer les leurs » (p. 20). Mais, s'il désapprouvait les extrémistes catholiques, il ne pouvait cependant accepter YEirenicon sans réserves; et il était important qu'il précisât sa pensée. « Il n'y a du côté catholique, écrivit le doyen de Saint-Paul, dans le Times du 31 mars 1866, qu'un seul homme dont des lecteurs anglais se soucient de connaître les réflexions. N'importe qui vous dira d'avance quel sera l'avis de l'archevêque Planning ; mais quel sera celui de Newman, nul n'oserait l'affirmer. » Les paroles de Church témoignent de l'effet produit par V Apologia en Angleterre.

Newman insistait sur les points suivants :

1. C'étaient les Pères qui avaient fait de lui un catholique; or il considérait comme suffisant l'enseignement des Pères au sujet de la vierge Marie, puisqu'il embrassait ces deux vérités : qu'elle est la seconde Eve, et qu'elle est Théotokos ; vérités dont la doctrine catholique moderne est un développement légitime. —

2. La dévotion dépasse la théologie; et par conséquent « on peut toujours dire de la relig:on populaire qu'elle

est une religion corrompue. » — • 3. Les extravagances mentionnées par Pusey, peuvent être désavouées par n'importe quel catholique, il n'est donc pas légitime d'en parler comme si elles appartenaient à l'enseignement du magistère ecclésiastique.

Quant au second obstacle à la réunion de l'anglicanisme et du catholicisme c'était, Pusey y insistait, l'infaillibilité papale. Newman n'y fit pas allusion. Les raisons pour lesquelles il préféra agir ainsi sont exposées dans les Difficulties of Anglicans, t. n, p. 17- 117 ; cf. Ward, Newman, t. n,p. 107. C'est seulement lors de la controverse avec Gladstone, en 1874, que Newman fit connaître publiquement dans un de ses ouvrages sa manière de voir sur la question. Cf. cidessus, col. 350.

21° Verses on various occasions (Poèmes écrits à diverses occasions), lre édit., 1868. Newman nous apprend lui-même pourquoi il a rassemblé ses poèmes en un volume. « Je me suis aperçu, dit-il, en lisant les publications du jour, de ce que je n'avais jamais soupçonné : certains critiques, bien qu'ils ne me connaissent pas personnellement, pensent du bien de mes poèmes, et de mon talent de poète. » Il avait publié son premier volume de vers à Oxford en 1832, sous le titre de Memorials of the Pasl (En mémoire du passé). Ce volume comprenait trente poèmes; il estima que vingt et un d'entre eux valaient la peine d'être conservés pour les Verses on various occasions. Le reste de ce recueil représente pour plus de moite la part de Newman, dans une collection de poèmes intitulée Lyra apostolica, qui avait paru dans le British Magazine, et fut publiée en volume en 1836. Les auteurs de ces poèmes exprimaient ainsi leur espoir : « Grâce à nous, le lecteur se rappellera peutêtre ou appréciera mieux d'importantes vérités chrétiennes qui sont aujourd'hui en passe d'être oubliées. » Enfin les poèmes autres que les précédents étaient empruntés à de petits volumes de vers, surtout religieux, que Newman avait publiés de temps à autre; il y ajouta le Dream of Gérontius, le plus long de ses poèmes et aussi le mieux connu, grâce à la musique de Sir Edward Elgar. Plusieurs traductions françaises : F. G. Tributien, Caen, 1869; Am. Leblanc, Paris, 1882; V. Lebourg, Paris, 1912; plusieurs traductions allemandes.

Newman faisait assez peu de cas de ses dons poétiques. « Je ne suis pas poète comme Keble •, écrivait-il en 1879. Dans une lettre à R. H. Hutton, que les Verses avaient enthousiasmé, il fait connaître ses idées sur « l'art des vers »; il faut en tenir compte pour juger son œuvre à sa juste valeur : « Si je pouvais faire à ma guise, je me donnerais tout entier à l'art des vers; c'est presque le seul travail de composition qui ne me soit pas pénible, mais je n'ai jamais eu assez de temps... je n'ai jamais eu assez de pratique pour me rendre maître des mots et des rythmes. De plus, j'avais jadis une théorie, l'une des théories extrêmes du mouvement d'Oxford à ses débuts; j'estimais que agere poctam, ce n'était pas agir selon mon rôle, et que je devais seulement ecclesiasticum agere, qu'un seul devoir s'imposait à moi, celui de mettre des idées en lumière, que le plus rude serait le meilleur, comme quand on porte un cilice, pourvu qu'il fût bien évident que je ne me livrais pas à un simple àywvia(xa. »

22° An essay in aid of a grammar of Assenl (Essai pour aider à l'établissement d'une grammaire de l'assentiment), lre édition, 1870; souvent réimprimé. Traduction française par Mme Gaston Paris, Paris, 1907; trad. allemande, Th. Haecker, Philosophie des Glaubens, Munich, 1921. — Sur cet' ouvrage capital, voir ci-dessous, col. 385.

23° On the texl of the seven epislles of St. Ignalius.

NKWMAN (JOHN-HENRY), ŒUVRES CATHOLIQUES

(Sur le texte des sept épîtres de saint Ignace), 1870. Réimprimé dans Œuvres, Tracts theological and ecclesiaslical, p. 93-135. Les notes qui servirent à la composition de cette étude, remontent pour la plus grande partie à 1828; d'autres s'y étaient ajoutées par la suite. Newman défend ici l'authenticité des sept Épîtres contre Cureton, qui avait découvert la version syriaque, et d'après lequel, seules les lettres qui figuraient dans la version syriaque étaient authentiques (Eph., Rom., Polyc); le texte syriaque de ces trois lettres représentait l'original, tout le reste n'étant qu'interpolation.

24° Notes to Essays critical and hislorical (Notes à ajouter aux « Essais critiques et historiques»), 1871. La plus importante de ces notes est celle qui complète l'essai n. x, et traite de la question des ordinations anglicanes.

25° Causes of the rise and successes of arianism. (Les causes de la naissance et des succès de l'arianisme), 1872. Réimprimé dans Œuvres, Tracts theological and ecclesiastical, p. 137-299. Cette étude fut écrite pour servir d'appendice à l'ouvrage intitulé The arians, etc.; elle examine une question qui n'y avait pas été traitée, à savoir « comment l'hérésie arienne prit naissance aussi soudainement et se répandit aussi rapidement » à travers une Église « éprouvée par la persécution depuis si longtemps et de tant de manières. » Newman fournit également ici une introduction aux traités de saint Athanase contre les Ariens.

26° The trials of Theodoret (Les épreuves de Théodoret), 1873. Réimprimé dans Œuvres, Hislorical skelches, t. ii, p. 303-3C2. Cette étude, comme celle sur saint Jean Chrysostome qui la précède, devait faire partie d'un volume intitulé Ancient saints (Saints des premiers siècles); mais Newman dut à regret renoncer à terminer cet ouvrage, et se borna à en publier les deux fragments ci-dessus dans les Hislorical skelches.

27° The heresy of Apollinaris (L'hérésie d'Apollinaire), 1874. Réimprimé dans Œuvres, Tracts theological and ecclesiastical, p. 301-327. Cette étude fut rédigée à l'aide de notes préparées en 1835; elle examine les relations entre les hérésise d'Arius et d'Apollinaire, et les arguments sur lesquels se fondait la seconde.

28" Memoir prefixed to H. W. Wilberforce's Church and the Empires (Biographie pour servir de préface à l'ouvrage de H. W. Wilberforce, L'Église et les Empires), 1874.

29° A leller addressed to His Grâce the Duke of Norfolk on occasion of Mr Gladstone's récent Exposlulation (Lettre adressée à Sa Grâce le duc de Norfolk à l'occasion de la récente Expostulation de M. Gladstone). lre édit., 1875; plusieurs éditions au cours de cette même année, avec un post-scriptum sur le Vaticanism de Gladstone; dans Œuvres, réimprimée avec la lettre à Pusey (n. 20) elle forme le t. n des Difficullies of Anglicans, p. 171-378. Des nombreuses répliques — - il y en eut au moins vingt — que fit surgir la brochure de Gladstone intutilée The Vatican Decrees in their bearing on Civil Allegiance. A political Expostulation (Les décrets du Vatican et le loyalisme civique; remontrance politique), celle de Newman est la seule qui ait survécu. Dans sa Lelter to DT Pusey, il n'avait pas touché à cette théorie excessive de l'infaillibilité à laquelle W. G. Ward avait attaché son nom, parce qu'il sentait que l'atmosphère était alors trop chargée. Par la suite, la controverse entre Ward et Ryder l'avait dispensé d'y revenir. Or Gladstone affirmait sans examen que, par la définition du Vatican, l'Église prenait à son compte les opinions extrêmes, professées par Veuillot en France, par Ward et Manning en Angleterre ;, et Newman vit

là une admirable occasion de faire savoir publiquement que, s'il condamnait d'une manière générale la ligne de conduite suivie par ces hommes, il n'en pouvait et n'en voulait pas moins accepter de tout son cœur la définition du Vatican, et qu'il ne lui paraissait pas logiquement impossible d'être « à la fois bon catholique et bon Anglais. » Dans ce qu'il nous dit de la portée de la définition, Newman ne fait guère que devancer la théologie dans la marche qu'elle a suivie depuis. Cependant il est quelques points sur lesquels il ne sera pas universellement approuvé. On peut estimer, en particulier, qu'il va trop loin en ne faisant du Syllabus qu' « un aide-mémoire ». Ward lui-même, dans les pages de la Dublin review, accueillit avec sympathie la lettre de Newman bien que, de son propre aveu, certains passages lui fussent pénibles.

30° Préface to the third édition of the Via média (Préface de la troisième édition de la Via média), 1877. Dans Œuvres: Via média, t. i, p. xv-xciv. — Dans son Prophetical office of //ieC/mrc/i(1837)Newman s'était efforcé de justifier la théorie de la Via média; il était ainsi indirectement « entré en collision avec la théologie romaine. > En effet, d'une part, traitant de l'essence même de l'Église, il était forcé de donner ses raisons pour rester séparé d'avec Rome; et d'autre part attaquer Rome, c'était le moyen le plus commode de mettre en lumière sa propre manière de voir. Bientôt d'ailleurs — ■ sa conversion en est la preuve — la théorie de la Via média cessa de satisfaire son jugement. Quand il se mit à préparer l'édition d'ensemble de ses œuvres, il aima mieux y faire figurer le Prophetical office suivi d'une réfutation, que de le laisser aller son chemin sans en relever les erreurs (cf. aussi Œuvres, Essays, 1. 1, p. vu-vin). Cette réfutation, bien qu'elle se présente si modestement, est parmi ses œuvres polémiques une de celles qui éclairent le mieux leur sujet; elle présente d'autant plus d'intérêt qu'il y prend pour adversaire le Newman de jadis. Il commence par distinguer entre trois procédés de controverse : 1. Les hypothèses largement prodiguées; 2. Une rhétorique vulgaire, faite d'injures et d'accusations tranchantes; 3. La mise en œuvre de vérités et de faits, d'où se déduisent des conclusions. Seuls demandent réponse les écrits qui s'inspirent de ce dernier procédé. Les faits sur lesquels Newman avait autrefois fondé son argumentation, il les retrouvait principalement dans les conférences 2, 3 et 4; il n'en contestait pas la vérité, mais niait maintenant qu'ils pussent justifier ses accusations contre Rome, empruntées d'ordinaire aux théologiens anglicans. Il ne pouvait désormais les laisser passer sans les contredire, et les deux propositions suivantes surtout, lui paraissaient exiger une réfutation : 1. Qu'on peut mettre en opposition le catholicisme moderne et la religion primitive; 2. Qu'il y a une différence entre l'enseignement formel de l'Église et son activité politique d'une part, et la religion populaire de l'autre. Il s'était expliqué sur le premier point dans son Essay on development ; et maintenant il allait s'occuper du second dans sa Préface. On saisirait, pensait-il, la fausseté de l'accusation portée contre l'Église, si l'on réfléchissait sur le principe énoncé par Newman dans quelques-unes de ses plus belles pages. Le Christ, en quittant la terre, a laissé l'Église comme son représentant : « l'Église est le Christ lui-même. » Or, le Christ est prophète, prêtre et roi. L'Église doit donc s'acquitter d'une triple charge : enseignement, ministère sacré et gouvernement. En d'autres termes, le christianisme est à la fois une philosophie, une puissance politique et un ensemble de rites; et dans ses trois fonctions, l'Église est guidée par trois principes indépendants, ceux de vérité, de conve-

NEWMAN (JOHN-HENRY), ŒUVRES CATHOLIQUES

nance et de piété. Or dans telles ou telles circonstances, l'exercice de chacun des trois principes peut être poussé trop loin. Il est presque impossible de trouver une ligne de conduite qui s'accorde à la fois avec la vérité, la convenance et le souci d'édifier: les intérêts opposés entrent en conflit, et on relève par conséquent des contrastes. Ainsi le progrès de la théologie se trouve souvent entravé, du fait que la nouveauté est fréquemment l'erreur pour ceux dont elle frappe l'esprit sous un certain angle, parce qu'ils y sont mal préparés. Se défier de ce qui est original, c'est obéir à la fois à l'instinct de la piété et aux commandements de la charité, puisque toute science n'est pas bonne pour tout esprit. Le grand principe du moindre mal reste vrai ici, puisque la vérité et l'erreur sont mêlées si intimement, qu'on ne peut toujours les séparer. Le culte s'efforce de rompre les liens que lui impose la théologie: de là un nouveau contraste dans l'Église, précise dans renonciation de sa doctrine, libérale et tolérante à l'égard de la dévotion. Parfois l'office politique et l'office pastoral de l'Église sont ligués contre l'office théologique; et parfois des raisons de convenance politique font passer à l'arrière-plan la théologie et la dévotion. La conclusion générale est que « tout ce qui est grand refuse de se plier à des règles humaines, de se laisser sous ses multiples aspects, mettre d'accord avec soi-même... La sainte Église elle-même, création surnaturelle de Dieu, est un exemple de la même loi: elle est admirablement d'accord, avec elle-même en paroles et en actions, et c'est là en général son caractère; mais cet accord est parfois contrarié, et l'Église se voit discréditée, par d'apparentes anomalies qui demandent, qui exigent de notre part l'exercice de la foi. »

31° Préface to A. W. Hulton's Anglican Ministry (Préface au « Ministère anglican » de A. W. Hutton),

32° Two sermons preached in the church of St. Aloysius, Oxford, on Trinily Sunday, 1880, and prinled for private circulation from a report (Deux sermons prêches dans l'église de Saint-Aloysius d'Oxford, le dimanche de la Trinité, 1880; publiés d'après un compte rendu; cette édition n'a pas été mise dans le commerce).

33° Select trealises of St. Athanasius in controversy with the arians (Traités choisis de saint Athanase, dans sa controverse avec les ariens), 1881. — Dans la Library of the Falhers (Bibliothèque des Pères) d'Oxford, Newman avait, avant sa conversion, publié une traduction annotée de certains traités de saint Athanase (Première partie, 1842; seconde partie, 1844), traduction qui fut fort louée par divers érudits. Il réédita ce travail dans l'édition d'ensemble de ses Œuvres, en lui faisant subir les changements suivants : 1. Il supprima le quatrième discours qui n'avait pas été écrit spécialement contre les ariens. — 2. Il laissa également de côté cinq dissertations assez longues, qui figurent, traduites en latin, parmi les Tracts theological and ecclesiastical. ■ — ■ 3. Sa traduction primitive était littérale, pour les raisons qu'il nous donne lui-même, p. vi; ces raisons ne s'imposant plus, il ne se crut pas obligé désormais de rester tout près du texte. — - 4. Les notes sont placées à la fin, et classées par ordre alphabétique en deux sections : a. matières théologiques; b. termes théologiques.

34" Notes of avisit to the Russian Church in the Years 1840-1841, by William Palmer, selected and arranged by cardinal Newman (Notes sur un voyage d'études auprès de l'Église russe, fait dans les années 1840-1841 ; choisies et remaniées par le cardinal Newman), 1882.

35° On the inspiration of Scripture (Sur l'inspiration de l'Écriture). Article du Nineleenlh Century,

février 1884, reproduit dans Stray essays (voir ci-dessous), p. 1-36. — Dans cet écrit Newman discute la question : Est-il « hors de doute », comme on l'affirme dans un récent article sur Renan, que «l'Eglise catholique ordonne à ses enfants d'accepter comme vrais certains faits enseignés par l'Écriture, bien que la critique et l'histoire arrivent à des conclusions contraires? » Newman répond que l'Écriture est inspirée, non seulement quand elle traite de la foi et de la morale, mais aussi dans tout ce qui a trait à la foi, et notamment lorsqu'elle cite des faits qui s'y rapportent, parce que l'histoire qu'elle retrace est une manifestation de la Providence divine. Il passe de là à une autre question. Jusqu'où la critique peut-elle se permettre (le tenir compte de l'élément humain? Il présente à cette occasion une théorie plus ou moins heureuse, qui remonte à Origène, d'après laquelle l'Écriture contiendrait des obiler dicta, dont il ne voyait aucune « difficulté sérieuse » à admettre l'existence. Il fut pour cette raison pris à partie dans l'Irish ecclesiastical record (mars 1884) par un « professeur catholique de grand renom », nommé Healy, « écrivain qui ne brillait ni par la courtoisie, ni par l'exactitude >•: et Newman répondit à son tour en traitant plus au large la théorie des obiler dicta, dans une brochure intitulée : What is of obligation for a Catholic to believe concerning the inspiration of the ■Canonical Scriptures? (Qu'cst-il obligatoire de croire pour un catholique sur l'inspiration des Écritures canoniques?) On trouvera cette étude dans Stray essays, p. 37-65.

36° The development of religious error (Le développement de l'erreur en matière religieuse). Conlemporary review, octobre 1885. Dans la Conlemporary revient de mai 1885, le Dr Fairbairn, théologien non conformiste, accusa Newman de « témoigner à l'intelligence une défiance profonde. » Parlant de la (irammar of Assenl, il dit que ce livre était « imprégné du plus intense scepticisme philosophique. » Newman répondit à l'accusation dans la même revue, en octobre 1 885. Il expliqua d'abord que, dans ses écrits, le mot « raison » signifiait « la faculté de raisonner entendue d'une manière large »; puis il maintint qu'ainsi comprise, elle n'était qu'un instrument, et servait, partant de certaines prémisses, à en tirer les conclusions; depuis la chute, elle était un instrument du inonde dans sa guerre contre Dieu: les partisans du monde admettaient leurs prémisses sans démonstration, si bien que la raison, définie comme ci-dessus, se trouvait devenir la servante de l'erreur. Fairbairn répondit dans le numéro de décembre, et répéta ion accusation; Newman, disait-il, faisait porter à la raison, la faute qui incombe aux affirmations « priori. Newman écrivit une réponse, dans laquelle il définissait'' plus clairement encore la raison telle qu'il l'entendait, et examinait ses rapports avec la « faculté noétique », qui consiste à saisir les premiers principes. Mais cette réponse ne fut pas publié sur le moment, pour les raisons données dans Ward, Newman, t. n, p. 508-511. On la trouvera cependant, ainsi que le premier article de Newman, dans Stray essays, p. 67-107.

37° Les écrits suivants ont été publiés après la mort de Newman :

1. Stray essays (Essais divers), 1890. Contiennent les deux articles sur l'inspiration, et les deux réponses au Dr Fairbairn. N'ont pas été mis dans le commerce.

2. Méditations and dévotions, 1893; traduction française par Marie Agnès Pératé, Méditations et prières, Paris, 1906; allemande par M. Laros, Goll und die Seele, Mayence, 1919.

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