‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 3)Chapitre 360 sur 470 · RESURRECTION. CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RESURRECTION. CONCLUSIONS

g) De même que les hommes ressusciteront avec leur taille particulière, de même ils ressusciteront avec leur sexe : la diversité des sexes importe à la perfection de l'espèce. Id., ibid., a. 3.

h) Mais toutes les opérations de la vie animale cesseront, car la perfection de la résurrection concerne la possibilité d'atteindre la fin dernière : à quoi les fonctions de la vie animale n'ont aucun rapport. Id., ibid., a. 4.

4. Remarques spéciales pour les corps des damnés (q. lxxxvi). — Saint Thomas, logique avec les principes énoncés plus haut, enseigne que les corps des damnés :

a) ressusciteront sans aucune difformité et sans aucun défaut provenant de la faiblesse de la nature humaine. « L'auteur divin qui a créé la nature réparera la nature des corps dans son intégrité à la résurrection », a. 1. Toutefois saint Thomas rapporte les opinions contraires, qu'il considère comme libres, saint Augustin ayant lui-même hésité sur ce point dans l'Enchiridion;

b) seront incorruptibles, car, s'ils étaient corruptibles, ils ne pouraient être soumis à l'action du feu éternel. Voir Feu de l'Enfer, t. v, col. 2236-2237;

c) mais ne sauraient être impassibles, puisqu'ils doivent souffrir des atteintes du feu. Voir même article, col. 2238.

5° Les circonstances de la résurrection. — 1. Le temps de la résurrection sera différé jusqu'à la fin du monde. — La sainte Écriture parlant de la résurrection in novis~ simo die, cf. Joa., vi, 55; xi, 24, les théologiens acceptent, sans doute possible, que c'est à la fin du monde qu'aura lieu la résurrection générale. Saint Thomas en apporte une raison de convenance : la matière des corps inférieurs sera soumise au mouvement tant que les corps célestes pourront exercer leur influence. Suppl., q. lxxvii, a. 1. Cette raison, tirée d'une physique périmée, est traduite par les thomistes modernes de la façon suivante : le temps de la résurrection est reculé à la fin du monde afin de maintenir la proportion entre la rénovation du monde et l'incorruption des corps. Cf. Hugon, Traclatus dogmalici, t. m, p. 812.

Mais cette assertion n'a qu'une portée générale et souffre des exceptions possibles : la résurrection de la sainte Vierge, qui est une doctrine enseignée dans l'Église catholique, voir t. i, col. 2127, peut-être celle des saints dont il est parlé dans Matth., xxvn, 52-53. Saint Thomas avait d'abord pensé que ces résurrections avaient été définitives et absolues. In /Vum Sent., dist. XLIII, q. i, a. 3 (Suppl., q. lxxvii, a. 1, ad 3um); In Malthœum, édition de Parme, t. x, p. 210. Plus tard, les raisons apportées en sens inverse par saint Augustin lui ont semblé beaucoup plus solides. Sum. ilieol., Illa, q. lui, a. 3, ad 2um. L'opinion négative semble préférée aujourd'hui parles auteurs. Voir Lagrange, Évangile selon saint Matthieu, Paris, 1923, p. 532. Toutefois, Cajétan ayant maintenu dans son commentaire de la Somme la première opinion de saint Thomas, de bons auteurs gardent encore aujourd'hui ce sentiment. Voir P. Synave, Vie de Jésus (dans l'édition de la Revue des Jeunes), t. iv, note 49, p. 320.

La question du millénarisme est également envisagée par les théologiens à propos du temps de la résurrection. Voir t. x. col. 1700.

2. Personne ne peut ni connaître ni même conjecturer l'époque de la résurrection. — On ne pourrait savoir l'étendue de l'avenir que par la raison naturelle ou par la révélation. Or, la raison naturelle est, par elle-même, incapable de fournir une indication sur ce sujet et la révélation non seulement est muette, mais nous enseigne que personne ne peut savoir le jour ni l'heure. Mal th., wiv, 36. Saint Thomas applique à l'époque de

la résurrection la réponse du Christ aux apôtres : non est vestrum nossc lempora vel momenla, quse Pater posuit in sua polestale, Act., i, 7. Suppl., q. lxxvii, a. 2. Application déjà faite par saint Augustin, De civilale Dei, 1. XVIII, c. lui, n. 1, P. L., t. xi.i, col. 616.

3. La résurrection se fera au crépuscule. — Sans doute c'est timidement que les théologiens avancent cette affirmation. Ce n'est qu'une probabilité, étayée sur le fait que le Sauveur choisira, pour venir, l'heure des voleurs. Cf. Luc, xn, 39-40. C'est l'interprétation du Maître des Sentences. S. Thomas, Suppl., q. lxxvii, a. 3.

4. La résurrection se fera instantanément. — On a vu que le ministère des anges sera requis pour colliger les cendres dont les corps doivent ressusciter. Ce travail préalable pourra admettre une certaine succession dans le temp's. Mais l'œuvre divine de la résurrection sera in inslanli. Saint Thomas, pour légitimer cette assertion, s'appuie sur I Cor., xv, 51. Id., ibid., a. 4.

5. La mort sera-l-ellc le point de départ de la résurrection à l'égard de tout le monde? — Autrement dit, les « vivants » de la fin du monde devront-ils mourir avant de ressusciter? On sait que la question est controversée. Voir Mort, t. v, col. 2492. Saint Thomas et la plupart des théologiens penchent pour l'affirmative. Suppl., q. lxxviii, a. 1. Et ils considèrent qu'en conséquence le corps — sauf exception possible par privilège de Dieu — devra être réduit en poussière avant de ressusciter. Id., ibid., a. 2. Le Docteur angélique insiste sur cette idée que les cendres qui résulteront de la désagrégation des corps ne garderont aucune inclination naturelle à l'égard de la résurrection, mais que seule la volonté divine justifiera la reprise par l'âme des éléments qui lui auront appartenu. Id., ibid., a. 3. Cette assertion n'est d'ailleurs pas en contradiction avec ce qui a été dit plus haut de la relation plus ou moins lointaine que les éléments dissociés conservent à leur individualité première, sous la forme de l'âme humaine. Voir col. 2550.

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