V. Conclusions générales : Comment apprécier
LES HYPOTHÈSES ÉMISES POUR EXPLIQUER LA RÉSUR- RECTION des corps? — Dans l'exposé des explications théologiques, nous nous sommes à dessein abstenu de formuler des jugements doctrinaux sur leur valeur en regard du dogme catholique. C'est parce que, en dehors des trois affirmations dogmatiques que l'on a rapportées au début de cet article, voir col. 2501-2504, tout le reste n'est qu'hypothèses plus ou moins consistantes. Les Pères, on l'a vu, se sont toujours exprimés avec une prudence qui exclut, de leur part, l'intention de donner valeur d'enseignement officiel à tout ce qui n'appartient pas au strict domaine du dogme. Leurs affirmations réitérées de la résurrection in eadem carne quam nunc geslamus n'a pas d'autre but que d'éliminer l'explication origéniste, attribuée, à tort ou à raison, au maître alexandrin, d'une résurrection en des corps différents de ceux que les hommes auraient eus sur la terre. Aussi, a priori, semble-t-il difficile de porter un jugement sur les explications théologiques proposées, dès lors qu'elles affirment vouloir respecter les données du dogme. Tout au plus pourrait-on marquer le plus ou moins de logique avec laquelle elles entendent s'y conformer.
Mais ici encore il convient d'être d'une extrême prudence.
D'une part, en effet, les données traditionnelles relatives à l'identité du corps ressuscité et du corps vivant ne sont pas les seules auxquelles l'attention du théologien doive s'arrêter. Il y a aussi cette transformation dont parle l'Apôtre, ICor., xv, 51, transformation dont nous ignorons la nature exacte, mais qui, au point de vue de la seule raison, s'impose déjà, puisque les conditions de vie corporelle ne seront plus les mêmes après la résur-