‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 3)Chapitre 438 sur 470 · I. Texte. 1° L' fi pitre aux Romains dans le · texte numérisé non relu

I. Texte. 1° L' fi pitre aux Romains dans le

• Corpus Paulinum ». — Les épftres de saint Paul furent de très bonne heure réunies en collection ou Corfius. La II" Pétri y fait allusion sans en préciser le contenu et qualifie telle collection d' «Écriture »; 1 1 Pelr.. m. 16. Saint Ignace d'AntiOche «levait posséder ce recueil. Il écrit aux Kphésiens : « Dans chaque cpîlrc.èvTtaoTJéTT'.aTo).?), il (saint Paul) fait mémoire de

vous dans le Christ Jésus », Eph., xn, 2; voir Funk, Paires apostolici, h. L; W. Bauer, Die apostolischen Vâter, dans Handbuch zum Neuen Testament de Lietzniann, Ergànzungsband, p. 212.

Il est très vraisemblable que saint Polycarpe et ses correspondants possédaient également une collection des écrits pauliniens. Cette hypothèse est rendue encore plus vraisemblable du l'ait que l'évêque de Smyrne envoie aux Philippiens sa collection des épitres de saint Ignace. S'il ne fait point de même poulies épîtres pauliniennes auxquelles il attribuait cependant plus d'autorité cpi'à celles d'Ignace c'est parce que ses correspondants étaient déjà censés la posséder. Cf. PhiL, xm, 2; m, 2, Funk, op. cit., p. 313, 299; W. Bauer, op. cit., p. 298, 287. Ainsi les Églises pauliniennes devaient posséder une collection des lettres de l'Apôtre dès les premières années du second siècle ou même dès la fin du premier siècle.

Plus tard, en l'an 180, la réponse des martyrs Scillitains mentionne parmi les livres apportés par les chrétiens, « les lettres de Paul, homme juste ». Vers la fin du ne siècle le Canon de Muratori mentionne treize épîtres proprement pauliniennes et les divise en deux groupes. Dans le premier groupe il range celles qui sont adressées à des Églises, dans le second celles qui sont adressées à des individus, c'est-à-dire les épîtres pastorales.

L.'ànoaTo\iy.6\>... de Marcion, rédigé vers l'an 150, ne comprenait que dix épîtres de Paul et parfois mutilées. Il omettait les pastorales, dont on trouve cependant de nombreuses traces dans les Pères apostoliques. Cf. Harnack, Die Briefsammlung des Apostels Paulus. Leipzig, 1926, p. 6, 14.

On est donc fondé à admettre que la collection des épîtres de saint Paul renfermait, déjà au ne siècle au plus tard, les treize lettres proprement pauliniennes. Ces lettres formaient un tout et étaient copiées ensemble sur les manuscrits ou volumina. Cette dernière remarque vaut au moins pour les dix épîtres adressées à des Églises. Les pastorales ont-elles formé un groupe à part dans la tradition manuscrite, comme sembleraient l'indiquer VAposlolicon de Marcion, le Canon de Muratori et même les papyrus Chester Beatty ; cf. Fr. Kenyon, The Chester Beatty biblical papyri, fasc. 3, Londres, 1934, Introduction, p. vm? Ce n'est point le lieu de l'examiner ici. Notons seulement que la transmission du texte a été la même pour les épîtres, au moins pour les dix premières, auxquelles appartient l'Épître aux Romains. Aucune d'elles ne nous est parvenue dans des manuscrits spéciaux. Les fragments que l'on a trouvés dans certains papyrus ne prouvent point le contraire, car il s'agit de passages copiés pour l'usage individuel et auxquels on attribuait une vertu particulière. Tel est le cas pour le papyrus P10, du commencement du iv« siècle, contenant Rom., i, 1-7. Voir plus loin, col. 2850.

Le texte de l'Épître aux Romains a donc eu le même sort que celui des autres épîtres et son étude fait partie d'une étude d'ensemble sur la critique textuelle des épîtres pauliniennes. On en trouvera les éléments dans les ouvrages les plus récents sur la critique textuelle du Nouveau Testament, spécialement Lagrange, Critique textuelle, Paris, 1935, p 165 sq. ; K. Lake, The text of the New Testament, Londres, 1928; A. Souter, The text and canon of the New Testament, 3e éd., Londres. 1930; E. Nestle-E. Dobschûtz, EinfùJirung in dus gricchisclie Neue Testament, Gœttingue, 1923 ; II. Lietzmann, An die Rômer, 3e éd., 1928.

Nous nous bornerons ici à marquer la place del'épitre dans le Corpus paulinum, à mentionner les principaux témoins du texte et à en noter la valeur respective.

L'Épître aux Romains n'a pas toujours été placée en tête des épitres de saint Paul comme clic l'est actuellement dans nos éditions. Le Canon de Muratori, nous

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