‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 3)Chapitre 470 sur 470 · ROSMINI. PROPOSITIONS CONDAMNÉES, IX^ SECTION · texte numérisé non relu

ROSMINI. PROPOSITIONS CONDAMNÉES, IX^ SECTION

sacramenli, sub hoc sacramento continetur, quantum ad species punis, non solum caro, sed tolum corpus Christi... Il faut reconnaître que Rosmini est logique avec ses principes. Pour lui, a la transsubstantiation est une extension du principe sensitif du Christ. Mais celte extension n'a pas pour terme le corps préexistant du Christ; elle ne s'applique qu'à la partie nouvelle qui lui est ajoutée et qui correspond à ce qu'il y avait de substance matérielle dans le pain et le vin consacres. La consécration ne produit donc pas la réelle présence de tout le corps et de tout le sang, mais seulement de la partie ajoutée que nous avons dite. » J. Didiot, op. cit.. p. 420. Cf. Trutina, n. 224-228, p. 307-315. Voir ici Eucharistie, t. v, col. 13G6.

32. Se clinique ehi non mangia la caruc del Figliolo dell' uomo, e bee ilsuo sangue, non lia la oila in se slesso, e tuttavia chi inaore col battesimo d'acqua o di sangue o di desiderio è certo che acquista la vita elerna; concien dire cite quella eoaiestîone délia carne e del sangue di Cristo, che non fece nella cita présente gli verra somminislrata nella futiira al punto délia

sua morte, e cosi «i ni la uila in se stesso Xnclie ai sallti dell'.

anlico testamento quajldo Crislo discese al limbo potè Crislu communicare sr stesso sotlo la forma di pane e di vino, e cosi... renderle atti alla visione di Dio ( Tntrod. del Vangelo sec. Giovanni, lez. 74, p. 238).

Quoniam ■■ qui non manducat carnem Filii hominis et bibit ejus sanguinem », non liabet viiam in se (.loa., vi, 54), et nihilominus (/ai moriuntur cuni baptismo aqiuc.

sanguinis aut desiderii, certo consequunlnr vitam œternam, dicendum est his qui in lioe cita non coniederunt corpus et sanguinem Christi, subministrari hanc cœlestem cibum in fiitura i>ila, ipso mortis inslanti. — Hinc eliam sanctis Veteris Testamcnti i>t>tuil Christusdescendens ad in feras se ipsum communicare sub speciebus panis et oini, al optas eos redderet ad visionem Dei.

Parce que ■ celui qui ne mange pas la chair du 1 "ils de l'homme et ne boit pas son sang » n'a pas la vie en lui et que cependant ceux qui meurent avec le [seul| baptême d'eau, de sang ou de désir obtiennent la vie éternelle, il faut dire qu'à ceux-là qui.

dans la vie présente, n'ont lias mangé le corps et [bu] le sang du Christ, cette nourriture céleste est administrée dans la vie future, au moment même de la mort. — De là aussi, aux saints de l'Ancien Testament, le Christ descendant aux enfers, a pu se communiquer lui-même sous les espèces du pain et du vin, pour les rendre aptes a la vision de Dieu.

La haute fantaisie de semblables assertions est tellement évidente qu'aucun commentaire n'en est nécessaire. Les défenseurs de Rosmini ont fait valoir qu'il ne s'agissait ici que d'une nourriture spirituelle, dans le sens où le concile de Trente lui-même (sess. xm, C. vin, Denz.-Hannw., n. 882 fine) enseigne que « nous mangerons dans le ciel, sans voile aucun, le pain que nous mangeons présentement caché sous les voiles eucharistiques ». On insiste également sur ce fait que, dans le texte original italien, Rosmini a écrit : .so//o lu forma di pane e di vino, et que le Saint-OfTice a traduit o tendancieusement » : sub speciebus panis et vini. Cf. Commenli di un prelalo romano ad un opusculo polcmico, Rome, 1888, p. 102. Petites échappatoires, car il semble bien qu'il s'agisse, dans la pensée de Rosmini, d'une manducation réelle et sacramentelle . Même, s'il en était autrement, le seul fait de s'être exprimé d'une façon équivoque mériterait la condamnation. Cf. Trutina, n. 229-239, mais surtout 236, p. 315-329 [325].

vme sectiux. — Du péché originel et de V immaculée conception de lu bienheureuse vierge Marie.

33. (1 demonii) impossessatisi di an jrulto pensarono che entrerebbero nell' uomo, quand 'egli spiccalolo dall' albero, ne mangiasse; giacchè il cibo conoerlendosi nel corpo animato dell' aomo, essi potevuno entrure a mon saloa nell' animalità, ossia nella vita soggettioa. di qaestn essere,e famé quel governo che si proponeuann (Intrad. delVangelo ">.c. Giovanni, lez. 63, p. i<)i).

Cuin dmmones fruclum pos- Comme les démons avaient sederent, putaruni se ingres- pris possession du fruit (désaros in nomment, si de illo fendu), ils pensèrent pouvoir ederet; converso eniai cibo in entrer dans l'homme, si cecorpus hominis animatum, lui-ci venait à en manger. I. a ipsi paieront libère ingredi nourriture [le rruit | étant animalitatem, id est in uitam changée au corps animé de subjectiuam hujus entis, alque l'homme, ils pouvaient libreita de en disponere sicut pro- ment prendre possession de posuerant. l'animalité, de la vie subjec-

tive de eel et le | l'homme] et disposer ainsi de lui, comme

ils se l'étaient proposé.

Cette proposition pourrait être l'objet d'un long commentaire, car elle touche aux aspects les plus divers du problème théologique du péché originel. Rornons-nous à l'essentiel : 1° Jamais les Pères et les théologiens n'ont envisagé que l'interdiction portée par 1 )ieu à Adam de manger le fruit défendu, pouvait avoir comme raison, la possession de ce fruit par le démon, qui, par le fruit mangé, entrerait dans le corps d'Adam et en deviendrait le maître. 2° Celte proposition recouvre une théorie singulière sur l'essence du péché originel: le péché originel n'étant qu'une infection physique de la chair de l'homme. Si cette infection physique est dans le corps, comment peut-elle souiller l'âme et surtout comment peut-elle être enlevée par la purification spirituelle du baptême? D'ailleurs toutes les instances qu'on peut faire en faveur d'une conception physique du péché originel reçoivent une satisfaction convenable dans la doctrine thomiste qui considère le péché originel comme consistant matériellement dans la concupiscence, formellement dans la privation de la justice originelle. Inutile d'insister. Voir Trutina, n. 241-251, p. 332-353.

34. Préserva (Iddio) dal peccaio originale una donzella. . alla liante preservazione dall' infezione originale bastava che rimanesse ineorrolto un menomo semé dell' uomo. trascurato forse dal demonio stesso, dal quitte semé incorrotto passato di gencrazione in generazione uscisse e sao tempo I" Vergine (ibid., lez. 64, p. 1113.1

. 1</ proeservandiun li. \'.

Mariant a lobe originis, salis crut ut incorrnptam maneret minimum semen in homine, neglcclum forte ab ipso dœmonc: e quo incorriipto semine.

de generatione in generationem transfuso, sud tempore oriretur virgo Maria.

Pour présen er la bienheureuse vierge Marie de la tache originelle, il suffisait qu'en Adam une toute pet il e parcelle de semence, négligée peut-être par le démon, restât intacte, et que de cette parcelle intacte, transmise de génération en génération,

sortit en son temps la vierge

Marie.

Celle proposition fait corps avec la précédente. Le démon aurait oublié de prendre possession d'une petite parcelle de semence humaine et c'est par la transmission de cette parcelle que s'expliquerait l'immaculée conception de Marie! Voir ici Immaculée conception, t. vu, col. 1215. Sans doute, il est possible de trouver, dans le Moyen Age des précurseurs de Rosmini (sauf en ce qui concerne Voubli du démon) quant à la purticula sana. Mais cette doctrine, qui s'inspire du traducianisme augustinien, a depuis longtemps été rejetée. Elle repose d'ailleurs sur une impossibilité matérielle signalée par saint Thomas, D, q. exix, a. 4 : elle paraît difficilement conciliable avec l'enseignement de la bulle Ineffabilis attribuant au Christ lui-même, par un mode de rédemption particulier, la préservation tic sa sainte Mère en ce qui concerne le péché originel : fuisse singuluri... privilégie), inluilu merilorum Christi... ab omni originalis culpee labe pneservalam immunem. Denz.- Hannw., n. 1641. Il ne s'agit pas d'inadvertance du démon. Trutina, n. 255-261, p. 353-364.

IXe SECTION. — ■ De la justification.

35. Più che altri considéra questo online délia giustificazione dell' uomo, piii troverà accouda Z« maniera scrittarah di

ROSMINI. l' lit) POSITION S CONDAMNÉES, X K SECTION

dire che Dio cuopre certi peccati o non gV imputa. Infutti <•<>/ batlesimo non si distrugge la main oolonlà naturale, ma le se n'aggiunge una sopranaturale, che cuopre per eosi dire. In naturale, c impedisce che quella perdu l'uomo. Onde il Salmista dice : Beaii quelli, le iniquité dei quali furono rlmesse, e i peccati de' quali furono coperti; dove si fa lu differenzu fra le iniquité cite si rimetlono, e i peccati che si cuoprono, e sembra che lier quelle si vogliano inlendere le cidpc attuali e libère, e per questi i peccati non liberi di quelli elle uppurlengono al popolo di Dio, e che prrn non ne rieevono più donna alcuno. TrattatO dellu coscienza morale, 1. I, c. VI, a. 1.

Quo magis attenditur ordo Plus on prend garde à l'or-

justi/icationis in Inimitié, eo die de la justification dans

aptior apparel modus dieendi l'homme, et plus apparaît

scripturalis, (piod Deus pec- justelelangagedel'Écriture,

cala queedam tegil uni non d'après lequel Dieu couvre

imputât. — Juxla Psalmis- ou n'impute pas certains pé-

tam (XXXI, 1) discrimen est chés. — D'après le Psalmiste

inler iniquilates quœ remit- il y a une dillérence entre les

tuntur, et peeeata qu;v tequn- iniquités qui sont remises et

tur: illm, ni videtur, sunt cul- les péchés qui sont couverts.

pœ actuales et libères, hœc ocra Celles-là, semble-t-il, sont les

sunt peccata non libéra eorum fautes actuelles et libres,

qui pertinent ad populum Dei, ceux-ci les péchés non libres

quibus propterea nullani affe- de ceux qui appartiennent au

runl nocumentum. peuple de Dieu et qui n'en reçoivent de ce chef aucun dommage.

Voir l'observation faite au sujet de cette proposition à Justification, t. vm, col 2208. Le langage de Rosmini rappellerait assez celui du protestantisme, qu'a réprouvé le concile de Trente, sess. v, c. v, Denz.-Bannw. . n. 792; sess. vi, c. vu et can. 10, 11, n. 799, 720, .S21 : sess. xiv,c. n,n.895.La seule différence d'ailleurs, entre Rosmini et les protestants, c'est que ceux-ci faisaient consister la remission des péchés dans l'imputation qui est faite au pécheur de la justice du Christ. Rosmini y ajoute une volonté surnaturelle, qui couvre en nous le mal de la volonté naturelle. La difïérence paraît de nulle importance pour le fond même de la question.

Xe SECTION. — ■ De l'ordre surnaturel.

36. L'essere (essenziale) si communica a noi nella sola forma idéale per nalura, e queslo costiluisce Vordine naturale; l'essere slesso si manifesta a noi allresi nella pienezza délia sua forma realc per grazia, c quesla è communicazione e percezione nera ili Dio, e costiluisce Vordine soprannaturale... L'effetlo délia communicazione soprannaturale è un sentimento deiforme, di cui non abbiamo a principio coscienza, corne non l'abbiamo di ogni sentimento nnstro sostanziale e fondamentale. Or poi il sentimento deiforme, di cui parliamo, c incipiente in quesla vita, nella quale costiluisce il lume delta fide e délia grazia; compiulo nell' altra, nella quale costiluisce il lume délia gloria (Filosofia (Ici Diritlo, part. II, n. 67 1, 676, f>77>.

Ordo supematuralis consti- L'ordre surnaturel est cons-

tuitur manifestatione esse in titué par la manifestation de

plenitudlne sues forma' rcalis : l'être dans la plénitude de sa

cujus communications scu forme réelle. De cette corn-

manifestationis effectus est munication ou manifesta-

sensus (sentimento ) deiformis tion l'effet est un sentiment

qui inchoalus in hac vita con- deiforme, qui, commencé en

Stituit lumen fidei et graliir, cette vie. constitue la lumière

completus in altéra vita con- de la foi et de la grâce et qui,

stituit lumen gloria'. achevé dans l'autre vie, constitue la lumière de la gloire.

37. Il primo lume clic rende l'anima intelligente è l'essere idéale ed imletcrminalo; l'allro primo lumecuncora l'essere, ma non puramente idéale, ma ben anche sussistcnlc e vivente... l.'idea adunque è l'essere intuito dall' uomo, ma non è il Ycrbo; che non quella ma questû è sussistenza: quello è l'essere elle occulta la sua sussistenza e lascia solo traspurire lu sua oqqettinità indetermiiiata ed inipersonule; nella mente che intuisce l'idea non eade la personalità delV essere... mu chi vede il Yerbo uncorclic per ispeccbio ed in enimma, vede Iddio (In- Iroduz. alla l-'itosofiit, n. 83).

l'rimuni lumen reddens oui- l'ue première lumière ren-

maiu Intelligentem est esse dant l'âme intelligente esl

idéale; alternai prinium lu- l'être idéal; une autre premen esl cliam esse, non lamen niiérc lumière esl encore

mère idéale sed subsistais ac vivais : itlud abscondens suam personalitatem ostendit solum suam objectivitatem; ut qui Oidet alternai (quod est \'erbum ) etiumsi per spéculum et in mnigmale (1 Cor., nn, 12),

videt Ikum.

l'être, non plus seulement idéal, mais subsistant et vivant : celui-là, cachant sa personnalité, montre seulement son objectivité; mais qui voit l'autre (qui est le Verbe), même s'il le voit » comme dans un miroir et en énigme », voit Dieu.

Ces deux propositions devaient être rattachées l'une à l'autre, car elles ne sont qu'une application de la théorie générale de la connaissance, selon Rosmini, à l'ordre naturel et à l'ordre surnaturel ou plus exactement au double contact que notre intelligence peut avoir avec l'être indéterminé idéal et réel, ce qui constitue en fait l'ordre naturel et l'ordre surnaturel. Le contact avec l'être réel, qui est le Verbe, produit le sentiment déiforme, foi et grâce en cette vie, lumière de gloire dans l'autre.

En réalité tout en conservant les expressions consacrées par le dogme et la théologie catholiques, Rosmini introduit une conception qui aboutit à la pleine et entière confusion de l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel, de la connaissance rationnelle et de la foi. Cf. Trutina, n. 273-283, p. 381-401.

X/e SECTION. — De l'objet de la vision béati figue.

38. Sebbene Iddio senzu mezzo alcuno sia oggelto délia visione beati ficalriee e forma dell' inlelletto dei Beati; tUttavia egli c laie in quanto è anlore délie opère ad extra, le quali in un modo inefjabilc sono in lui (Teodicea, n. 672).

Deus est objeclum visionis Dieu est l'objet de la vibenliflciv, in quantum est sion béatifique, en tant qu'il auctor operum ad extra. est auteur des œuvres ad

extra.

Cette proposition se relie étroitement aux deux suivantes. Il est cependant nécessaire de la considérer séparément en raison de son opposition formelle à renseignement de l'Église sur l'objet de la vision béatifique. Voir ici Intuitive (Vision), t. vu, col. 2380 sq.

L'Écriture nous apprend que nous verrons Dieu sicuti est. I Joa., m, 2. Le magistère a précisé que dans la vision intuitive et faciale (cf. I, Cor., xm, 12), l'essence divine se montrerait à l'élu immédiatement, clairement, ouvertement. Cf. Benoît XII, bulle Benediclus Deus, Denz.-Bannw., n. 530 et ici t. n, col. 658 sq. Ht le concile de Florence ajoute expressément que Dieu sera vu clairement, un et trine, comme il est. Décret Pro Grœcis, Dsnz.-Bannw., n. 093. Or, si Dieu était objet de la vision béatifique seulement en tant qu'auteur des oeuvres ad extra, il ne serait pas vu tel qu'il est dans la trinité des personnes, mais uniquement selon son être absolu. Trutina, n. 285-288, p. 405-

39. / oestigit delta sapienza e délia bontà dei Creatore, lunqi dal devenire loro (ai comprensori ) inulili, anzi rtescono necessarii; perocchî questi oestigii lulti raccolli nell' esemplare eterno sono appunto quella parte di esso che è loro accessibile, onde sono luttuviu quelli elle danno argomento aile lodi che a Dio elernamente tribulano (ibid., n. 674).

Vestigia sapientiie et boni- Les vestiges de la sagesse

lotis, quw inercaturis ciment, et de la bonté [du Créateur]

sunl ctunprcliensoribus neecs- qui resplendissent dans les

saria; ipsu enim in ivterno créatures sont nécessaires

exemplari collecta sunt eu aux compréhenseurs; car.

Ipsius pars quw ab illis videri rassemblés dans l'éternel

possit (clic e loro accessibile ), exemplaire [divin], ils en

ipsaqiic arqumenlum pnvbenl forment la partie qui peut

laudibus, (puis in mtemum être vue des élus (qui leur esl

llco beati euncinunt. accessible) et is fournissent

le sujet des louanges éternelles que les bienheureux chantent à Dieu.

Nous trouvons ici l'explication rosminienne delà précédente proposition. Rosmini affirme ici trois choses :

ROSMINI. INFLUENCE

1° les vestiges des divines perfections qui resplendissent dans les créatures sont nécessaires aux bienheureux : 2° ces mêmes vestiges rassemblés dans l'exemplaire divin sont la partie même de cet exemplaire accessible aux bienheureux; 3° ces vestiges sont le sujet des louanges que les bienheureux rendent à Dieu. La première assertion revient à nier le caractère même de la gloire essentielle des élus. Voir ici Gloire, t. vi, col. 1393. La seconde assertion nie l'existence même de la gloire essentielle, telle que la conçoit l'Église. La troisième assertion, prise en son sens affirmatif, est pleinement catholique; mais, pour autant qu'elle exclurait le sujet de louanges éternelles que les perfections divines présentent elles-mêmes aux élus, qui trouvent dans leur connaissance immédiate la source de leur béatitude essentielle, elle serait hérétique et condamnée d'avance par la bulle Benedictus Deus et le Décret Pro Grœcis, cités plus haut. Cf. Trutina, n. 289-292, p. 410-410.

40. Se dunque non polea (Dio) eomunicare si slesso tolalinenle ad esseri finili, neppure medianle il lume di gloria; riinune a cercare in che modo egli poteva rivelnre loro e eomunicare la propria essenza. C.erlo in quel modo che alla naturel délie intelligenze create è conforme; e queslo modo è quello pel quale Iddio ha con esso loro relazione, cioè corne cret.lore loro, corne provisore, corne redentore, corne santificalore. Ibid., n. 677.

Cnm Deus non passif, née per lumen gloria', total iler se communicare entibus flnilis, non potuil essenliam suam comprehensoribus reuelare et communicare nisi eo modo, qui finilis intelligentiis sit accommodatus : scilicet Deus se illis manifestât quatenus cum ipsis relationem habet, ut eorum crcalor, provisor, redemptor, sanctificaior.

Comme Dieu ne peut, même par la lumière de gloire,

se communiquer totalement aux êtres finis, il n'a pu révéler et communiquer aux conipréhenseurs son essence que de la seule façon qui soit accommodée aux intelligences finies : Dieu se manifeste a elles en tant qu'il a avec elles des relations, comme leur créateur, leur providence, leur rédempteur, leur sanctificateur.

On sait comment la théologie résout la difficulté qui arrête ici Rosmini. Dieu, incompréhensible, est vu entier par les bienheureux, mais n'est pas vu totalement, lotus non lotaliter. S. Thomas, In IIIum Sent. , dist . X IV, q. i, a. 2, qu. 1, ad 2"™; cf. Sum. theol., Ia, q. xn, a. 7, ad2um; Conl. genl., 1. III, c. lv. Voir ici Intuitive ("Vision;, t. vu, col. 2380 sq. Mais est-ce bien l'incompréhensibilité divine qui arrête ici le théologien italien? N'est-ce pas plutôt la logique de son système qui l'induit en erreur? « Confondant à tort la vision béatifique avec une communication entière et adéquate de l'infini au fini, et considérant à bon droit celle-ci comme impossible, Rosmini en conclut que le seul mode possible de révélation et de communication de l'essence divine à l'intelligence créée est la manifestation intuitive que Dieu nous fait, par la lumière de gloire, de ses relations avec nous comme créateur, providence, rédempteur et sanctificateur. En quoi Rosmini ne semble pas plus d'accord avec son système général qu'avec la doctrine catholique. N'a-t-il pas craint, en se montrant jusqu'au bout conséquent avec lui-même, d'aboutir à des conclusions trop clairement et trop audacieusement panthéistiques? Ou bien, ayant déjà concédé à l'homme, dans l'état de nature et de grâce, toutes les intuitions imaginables, n'en a-t-il plus trouvé d'autre à lui donner dans l'état de gloire? Je ne sais, mais en tout cas sa vision béatifique est d'une extrême médiocrité. » J. Didiot, op. cit., p. 438. Cf. Trutina, n. 293-298, p. 416-423.

3° Les annexes du décret. — LTne lettre du cardinal Monaco, secrétaire du Saint-Oifice, communiquait le décret et les 40 propositions condamnées à l'épiscopat catholique. Elle se terminait ainsi : Prœcipue vero eni-

teris ut mentes adolescenlium, eorum pnrserlim qui in spem Ecclesiœ in seminariis alunlur, germana catholic;c Ecclesise doctrina e puris fontibus sanctorum Patrum, Ecelesiœ doctorum, probalorum auttorum, ae prœcipue angelici docloris S. Thom.se Aquinatis hausta imbuantur. Bon avertissement à ceux qui prétendaient trouver en Rosmini un interprète autorisé de saint Thomas . A ce document, il faut ajouter une lettre de Léon XIII, en date du 1er juin 1889, à l'archevêque de .Milan, complétant et précisant le sens et la portée de la lettre du 25 janvier 1882, dont nous avons parlé plus haut. Voir col. 2928. Le pape explique qu'il a demandé alors de faire le silence, afin de calmer les ardeurs et de peur que le zèle pour trouver la vérité ne soit une occasion de manquer à la charité et à la justice. .Mais il s'était proposé, pour répondre aux vœux réitérés de nombreux théologiens et même d'évêques, de soumettre à un examen attentif les écrits de Rosmini. Cet examen a abouti à la censure promulguée dans le décret Posl obitum, qu'il a confirmé de son autorité souveraine. D'aucuns ont voulu opposera l'autorité du Saint - Office l'autorité du pape : malgré son désir d'extrême bienveillance, le pape se sent obligé de réprouver avec force pareille attitude injurieuse à lui-même et au Saint-Siège; et il demande à l'archevêque de veillera obtenir de son clergé et de ses fidèles une entière obéissance. Voir le texte de la lettre Lilleris ad te, dans Trutina p. 448-450.

Enfin le Père général de la congrégation de la Charité. Luigi Lanzoni, en date du 2 février 1890, publia une protestation de pleine et filiale soumission, en son nom et au nom de sa congrégation, au décret Postobilum, « net senso appunto che fu dichiarato dal Santo-Padre nella sua lettera ail' arcivescovo di Miluno del l giugno 18X9 ». Le texte de cette déclaration dans Trutina,

IV. Conclusion : l'influence du rosminianis.me. — En dehors de l'Italie, l'influence de Rosmini et de ses idées philosophiques fut à peu près nulle. Mais, en Italie, cette influence fut considérable sur une quantité de prêtres et de laïcs, philosophes, savants, hommes de lettres et hommes politiques. Citons pour mémoire Manzoni, Tommaseo, A. Ravneri, Minghetti, Peyretti, (iustavo Cavour (Frammenli filosofici, Turin, 1841), A. Pestalozza, Tardilti, P. Paganini, V. Garelli, R. Bonghi, Rulgarini. Aug. Moglia, etc. Plusieurs de ses admirateurs théologiens ont voulu défendre l'orthodoxie de Rosmini et montrer son accord avec saint Thomas. Nous avons déjà cité W. Lockhart, dans sa Vie d'Antonio Rosmini-Scrbali, trad. Segond, et surtout A. Trullet, Examen des doctrines de Rosmini, trad. de Sacy; mais l'œuvre la plus considérable qui ait été tentée en ce sens fut celle de Mgr Maria Ferré, évêque de Casale, Degli uniuersali seconde la teoria Rosminiana confronta colla dottrinu di san Tommaso d'Aquino, 9 volumes, Casale, 1880-1888. Pour défendre Rosmini contre les attaques dont il était l'objet, se fondèrent en Italie un certain nombre de revues (qui d'ailleurs ne durèrent pas) : La Sapienza, rivista di filoso/ia e di lettere, Turin, 1879; Il Rosmini, enciclopedia di scienze e lettere, Milan, 1887-1889; // nuovo Rosmini, periodico scieniifico et letterario, Milan, 1889-1890; Il nuovo Risorgimento, rivista di filosofla, scienze, lettere, educazione e studii sociali, Milan, 1892; Rivista rosminiana. depuis 1906.

« La condamnation à Rome des quarante propositions de Rosmini, en 1888, mit apparemment fin aux débats... Le caractère trop aprioriste de cette spéculation, I'innéisme qu'elle place à son point de départ, le discrédit qui s'est attaché à l'ontologisme en général, le succès toujours grandissant de la philosophie positive, la reconnaissance plus éclairée de la part qui revient à l'expérience dans le développement même de

l'esprit, le peu de bruit que lit, en général, à l'étranger la philosophie italienne et peut-être, enfin, l'effroi qu'inspirent à première vue les énormes volumes de huit cents pages, telles sont, croyons-nous, avec quelques autres, sans doute, les principales causes de l'insuccès de la philosophie de Rosmini et de l'obscurité où elle est généralement restée. «PaJhoTiès, Rosmini, p. 386.

I. ÉDITIONS. Les n-u\ ics de Rosmini ont été rassemblées à plusieurs reprises; l'édition Pogliani, 30 vol.. Milan. 1X37, est le recueil le plus considérable; mais il n'existe aucune édition complète, et un certain nombre d'ouvrages sont encore manuscrits. Les œuvres posthumes ont été éditées séparément. L'Epistolario complète, 13 vol. a \ u le jour en 1905, à Casale Monferato. La Società ftlosofica italiana a annoncé en 1031, non sans quelque tapage, la publication intégrale des inédits. In volume a paru a Rome, 1934, Scritti autobiograflei inediti. L'Encgclopedia italiana, t. \x\, 1936, p. 123, ajoute à ce sujet : gli inizi non lasciano mullo sperare.

II. Ouvrages généraux. M. Debrit, Histoire des doctrines philosophiques dans l'Italie contemporaine, Paris, 185!); IL Mariano, La philosophie contemporaine en Italie, Paris, 1867; L. Ferri, Essai sur l'histoire delà i>hilosophie en Italie au XIX* siècle, t. i, Paris. 1869, Gioja, Romagnosi, Galluppi, Rosmini, Gioberti; K. Werner, Die italienische Philosophie desXIX.Jahrhunderts, 5 vol., Vienne, 1884-1880, voir t. i, Rosmini und seine Schule; R. Falckenberg, Geschichte der neneren Phi'osophic, Leipzig, 1902.

III. Ouvrages particuliers. — G. Cavour, Les ouvrages philosophiques de Rosmini, bibliotb. univ., 1837-1838; F. Labis, Examen de la doctrine philosophique de l'abbé Rosmini sur l'origine des idées, Louvam, 1845; A. Trullet, Parère inlorno aile dottrine ed aile opère delï abbale Rosmini, Rome, 1854, trad. S. deSacy, Paris, 1893; Calza et Pères, Esposlzlone raglonala délia ftlosofia di Antonio Rosmini.... 2 vol., Intra, 1878; Fr. Paoli, Memorie délia vita di Ant. Rosmint-Serbati, t. i, Turin, 1880; t. n, Kovereto, 1881 (on trouvera au t. n une bibliographie immense, 611 publications); Davidson. The philosophical si/stcm oj A. Rosmini. Londres, 1882; G.-M. Cornoldi, /( Rosmintanismo, sintesi dell' ontologlsmo e del pantetsmo, Rome, 1881; G. Mozzera, Rtsposta cd libro del G.-M. Cornoldi. Il Rosminianismo, etc.. Milan, 18X3; Karl Werner, Antonio Rosmints Slellung in iler Geschichte der neneren Philosophie, Vienne, 1881; F. de Sarlo, Lu logica di A. Rosmini, e i prablemi délie logica modema, Rome, 1802; Le base délia biologia e délia psi'co logiasecondo il Rosmini constderate in rapporlo ai risultati délia scienza modema, Rome, 1893; ('.. Guastalla, Dotirlna ili Rosmini neW essenza délia materta, Palerme, 1001 ;

F. X. Kraus ,Essags, L iv, Antonio Rosmini, Berlin, 1896; G..Genti'", Rosmini e Gioberti, Pis'', 1808; Morando, Esame critico délie XL proposizioni rosmlniane, Lodi, 1906; A. DyrofF, Rosmini, Mayence, 1906; F. Orestano, Rosmini, Rome. 1908; F. Palhoriès, Rosmini, Paris, 1908; G. Capone Braga. Saggio su Rosmini, il mondo délie idée. Milan, 1914;

G. Schwalg r, Die I.ehre vom Sentimenlo fondamentale Lei Rosmini nach ihrer Anlage, Fulda, 1914.

A. MlCIIKL.

Imprimé en France

LETOUZEY et Ani:, 87, Boulevard R isp iil, Paris-VI. — 1937.

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