‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 112 sur 423 · I. INTRODUCTION : LE MOT. Comme h. au · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION : LE MOT. Comme h. au

coup de mois de la langue ecclésiastique, le moi théologie est passé tel quel, par simple transposition, du grec et du latin dans les langues modernes. Avant

de s'y fixer dans son sens actuel, le mot OeoXoyta, tout comme les mots GeoXoyoç et 0eoXoyeîv, a connu des usages assez divers, qu'il n'est pas commode de ramener à quelques lignes simples. On se référera au Thésaurus de Suicer et aux excellentes études de Petau, Dogmata theologica.t. i, Proleg.,c. i; de Mattès, art. Théologie, dans le Dict. encyclopéd. de la theol. cath. de Wetzer et Welte, trad. Goschler, t. xxm, p. 310 sq.; de F. Kattenbusch, art. Théologie, dans la Realencyklopadie de Hauck, t. xxi, p. 901 sq.; de J. Stiglmayr, Mannigfache Bedeutung von « Théologie » und « Theologen », dans Théologie und Glaube, t. xi, 1919, p. 296- 309; de P. Batiffol, Theologia, Iheologi, dans Ephem. theol. lovan., t. v. 1928, p. 205-220; de F. Kattenbusch, Die Enlslehung einer christlichen Théologie. Zut Geschichte der Ausdrùcke OsoXoyîoo, GsoXoyeîv, 6eoX6yoç, dans Zeilsch. f. Theol. u. Kirche, nnuv. série, t. xi, 1930, p. 161-205.

I. Dans le paganisme. — Le mot OeoXoyîa n'a que rarement, dans l'antiquité païenne, le sens qu'il prendra dans le christianisme de doctrine sur Dieu. Les païens n'envisagent la divinité que du point de vue d'une explication des choses de ce monde; ils appellent théologiens les poètes du passé qui, comme Orphée, Homère et Hésiode, ont composé des théogonies, ou encore les prosateurs qui ont formulé des spéculations sur l'origine du monde. Aristote oppose à ces « théologiens », qui donnaient du monde une explication mythologique, les « philosophes » comme Thaïes ou Anaximandre et les « physiologues », qui cherchaient l'explication des choses dans les choses elles-mêmes et dans les éléments physiques. Platon, qui emploie lui-même une fois le mot OeoXoyia pour désigner la mythologie en sa valeur éducative profonde, Rép., 379 a, sera classé par les néoplatoniciens, et même par certains Pères de l'Église, parmi les « théologiens ». Stiglmayr, art. cité, p. 296-297; Kattenbusch, art. cité, p. 163.

Aristote, en un passage fameux. Met., VI, i, 1025 a, 19, distingue trois parties dans la philosophie « théorique » : la mathématique, la physique et la théologie; celle-ci, qui est évidemment la plus digne des trois, est identique à la < philosophie première », c'est-à-dire à la métaphysique. De fait, Aristote nous a livré, dans le livre XII de la Métaphysique, une doctrine philosophique sur Dieu qui a une réelle valeur de science. Un énoncé semblable concernant les trois sciences théoriques se trouve à Met.. XI, vin. 1064 6,2; le passage est peut-être inaul lient ique. Il est certain que, dans le reste de sou œuvre, Aristote emploie 9eoXoyf<x et les mots apparentés pour désigner la mythologie, et non pi us la métaphysique. Kattenbusch, art. cité,

L'emploi du moi au sens de doctrine concernant Dieu est donc, sinon douteux, du moins exceptionnel, avant les stoïciens. Zenon divisait la philosophie en logique, éthique et physique, et Cléanthe, son suc cesseur, subdivisant chacune de ces espèces en deux, distinguait dans la dernière la physique et la théolo gie. Vers la lin du ii' siècle avant Jésus Christ, Panétins de Rhodes distinguera trois sortes de théologie :

du moins semble t il être l'auteur de celle distinction

qu'on retrouvera chez son disciple Indirect, Varron, dans un texte auquel fait allusion Tertullien, Ado. nul.. ii, 1 et 2. ci que nous a conservé saini Augustin : Tria gênera theologia dicit esse, ni est ralionit <pm- de dus explicalur, eorumque unum mythicon appellari, altcrum physirinn. tcrtiiun étoile..., Dr cio. Dit. I. VI, c. v, /'. /... t. xi i. col. 180; cf. l. l\ . c, XXVII, ci l. \ l. c. xil. Ainsi les stoïciens oui ils connu un emploi du moi theologia comme désignant, d'après l'équivalent que donne saint Augustin, la ndm qum de dus txplicatur, l'explication qu'on donne des dieux, laquelle peut

être prise de trois points de vue : du point de vue

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