I. Vu i i m i wi g, I oppens, Btbltotheea belgica, t. n
I). 1084; Van den Brœck, De Ruardi Tapperi vita et
teriptlt urniiti, dans Annuaire de l'UnlœrslU <lr Louvain,
1854, p 178-195; Biographie mit munir de Belgique, t. xxiv,
1929, col. 555-577 (Importante bibliographie); lubert
ii tarium ,h tcriptortbui ecclestastlctê, Hambourg)
1718, p. n;7; MotM, Le grand dicttonnaln historique, M. <lc
1759, t. x, p. 37; Ellies Du Pin, Histoire de l'Église et des auteurs ecclésiastiques du X VI' siècle, 1703, p. 92-98; Michaud, Biographie universelle, t. XL, p. 684-685; Kirchenlexikon, t. XI, col. 1215; Hurter, Nomenclator, 3" éd., t. iv, col. 1234 sq.; Revue bénédictine, t. vi, p. 268.
II. Rôle au concile de Trente et position doctrinale. — Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. x a: Les décrets du concile de Trente, par A. Michel, passim; Concilium Tridentium, éd. de la Gôrresyesellschaft, passim; Le Plat, passim; Reusch, Der Index der verbotenen Bûcher, 1. 1, 1883, passim; Dictionnaire apologétique, t. III, col. 1443; t. iv, col. 237; Mersch, Le corps mystique du Christ, t. n, 1933, passim; Capéran, Le problème du salut des infidèles, 1912, p. 275-276.
J. Mercier.
TARAISE, patriarche de Conslantinople du 25 décembre 784 au 18 février 806. — Il naquit à Conslantinople, vers 730, d'une famille patricienne. Son père, Georges, fut préfet de la ville et sa mère s'appelait Encratia. Lui-même fut le grand-oncle de Photius. On ne sait rien de sa vie séculière, sinon qu'il était proloasecretis quand l'impératrice Irène et son fils Constantin VI jetèrent les yeux sur lui pour en faire un patriarche. Quant à son action comme chef de l'Église byzantine, elle nous est connue d'abord par sa Vie qu'écrivit Ignace, métropolite de Nicée, qui fut son ami personnel. C'est trop un panégyrique. On a heureusement, pour la corriger, la Chronographie de Théophane, un contemporain, les actes du second concile de Nicée, la vie et les lettres de saint Théodore Studite, certaines lettres de Taraise lui-même, etc. On possède donc les éléments suffisants pour en juger avec impartialité.
La situation religieuse était alors assez délicate. Léon IV le Chazar, fils et successeur de Constantin V, n'avait pas mis fin à la persécution contre les iconophiles; elle avait encore fait des victimes sous son règne (775-780). Sa mort (8 septembre 780) avait cependant amené une accalmie. Un fort parti demandait le rétablissement du culte des images et l'impératrice Irène y inclinait. Mais il fallait compter avec l'opposition et la régente n'osait prendre les décisions qui auraient rétabli la paix religieuse. Le patriarche Paul IV, qui avait fait le serment, lors de son sacre (20 février 780), de ne pas rétablir le culte des images, se tenait sur la réserve. Cependant Irène songeait de plus en plus à rapporter la législation persécutrice et à. renouer avec le reste de la chrétienté les relations rompues par le schisme et l'hérésie, et cela dans un but politique autant que religieux. Le patriarche tomba malade au début d'août 784. 11 donna sa démission et se retira au monastère de Florus, où il mourut le 31 août, après avoir vivement recommandé de rétablir le culte des images. Si l'on en croit la Vie de Taraise, il aurait même désigné celui-ci comme son seul successeur possible. Vita S. Tarasii, n. G. P. G., t. xcvm, col. 1290BC; Théophane, Chronographia, éd. de Boor, p. 457-458. Quoi qu'il en soit, quelque temps après la mort du patriarche, Irène convoqua au palais de la Magnaure une grande assemblée de fonctionnaires et de notables pour leur exposer la situation. Elle demanda qu'on voulût bien lui désigner un personnage capable de prendre la place de Paul IV. On lui indiqua Taraise. A quoi elle répondit que tel était bien son désir, qu'elle le lui avait manifesté, mais qu'il refusait. Prié de s'expliquer, Taraise prononça un long discours, dont Théophane nous a conservé le thème, et posa comme condition la réunion d'un concile œcuménique pour rétablir l'unité de l'Église. Il rallia à son projet la grande majorité des suffrages et fut sacré le jour de Noël (25 décembre 784). Vita, n. 7-1 1, col. 1291-1293; Théophane, op. cit., P. 158 460.
Il envoya au pape une synodique accompagnée de
s.i profession de foi. On n'a plus celte lettre, mais on
TAHAISE
peut facilement juger de son contenu par la réponse qu'y fit Adrien Ier. Grumel, Régestes du patriarcat de Constantinople, a. 351. Quant à la profession de foi, elle était la même que celle qu'il envoya aux patriarches orientaux et dont on a le texte. Après avoir résumé sa croyance sur la Trinité et l'incarnation, il anathématisait les hérétiques condamnés par les six conciles œcuméniques, entre autres le pape Honorius. Il se prononçait pour le culte des images, en se fondant sur le 82e canon du Quini-Sexte (qu'il dit du VIe concile) et annonçait la convocation, faite par les empereurs sur sa demande, d'un concile œcuménique. Dans sa lettre à l'impératrice Irène et à son fds Constantin, le pape, tout en rendant hommage à la profession de foi de Taraise, protestait contre son élévation, parce que de simple laïc il avait été promu à l'épiscopat, contrairement aux canons. Il déclarait ne pouvoir ratifier l'élection que si Taraise se montrait un Adèle coopérateur pour le rétablissement du culte des images. Jafîé, Reg. pont, rom., n. 2448. Ce passage de la lettre pontificale, après entente avec les légats pontificaux, ne fut pas lu au concile de Nicée, pour ne pas donner prise aux adversaires du culte des images qui étaient aussi ceux de Taraise. Le blâme d'Adrienl" se retrouve encore dans sa réponse au patriarche luimême. Ibid., n. 2449.
Rome accepta la convocation du concile œcuménique et y envoya ses représentants. Voir Nicée (IIe concile de), t. xi, col. 417 sq. Les ennemis de Taraise s'agitèrent beaucoup pour empêcher la réunion de l'assemblée et le patriarche dut prendre des mesures pour interdire leurs conciliabules. Ils eurent bientôt leur revanche. Le concile s'ouvrit, le 7 août 786, dans l'église des Saints-Apôtres. Il était à peine commencé que les soldats de la garde impériale et les évèques iconoclastes firent irruption dans le temple et protestèrent violemment contre le rétablissement du culte des images. Pour éviter des désordres graves, les souverains déclarèrent le concile dissous. Vita S. Tarasii, n. 17, col. 1397; Théophane, op. cit., p. 461. Cependant le triomphe des opposants fut de courte durée. L'impératrice changea les troupes de la garde et il fut décidé que le concile se tiendrait en dehors de la capitale, à Nicée. Il s'ouvrit en effet le 24 septembre 787. Ce fut Taraise qui conduisit les débats. Ce fut lui aussi qui demanda l'indulgence pour les évêques iconoclastes qui avaient fait opposition au concile. Il est probable qu'il n'agit ainsi que pour seconder la politique de l'impératrice qui voulait avant tout la pacification des esprits. La vme et dernière session se tint au palais de la Magnaure à Constantinople et Taraise y prononça un discours. Vita, n. 20, col. 1400-1402; Théophane, op. cit., p. 462-463. Il rendit compte au pape de ce qui s'était passé au concile, par une lettre que nous avons encore. Grumel, op. cit., n. 359; texte dans P. G., t. xcvm, col. 1436- 1441. Dans une autre lettre au pape, écrite probablement après octobre 790, il s'élève vivement contre les ordinations simoniaques. Grumel, op. cit., n. 364. C'était sans aucun doute pour justifier sa clémence à l'égard des évêques reconnus coupables de simonie et à qui il avait permis, après une pénitence d'un an, de reprendre leurs fonctions. Il l'avait fait sur les instances de l'impératrice qui pensait ainsi ramener la paix dans l'Église. Elle avait compté sans les moines qui protestèrent violemment et écrivirent à Rome. Dans sa lettre, Taraise déclare avoir interdit aux simoniaques de reprendre les fonctions ecclésiastiques. Ses adversaires prétendirent que c'était là une assertion mensongère. Le bruit se répandit même que le patriarche avait, sur l'ordre de l'empereur, célébré avec les simoniaques, sans attendre que l'année fût écoulée. Saint Théodore Studite, qui l'avait d'abord cru, re-
connut plus tard que c'était faux. Ce qui est certain, c'est que Taraise dut revenir sur sa première décision et montrer plus de fermeté contre les simoniaques. Vita, n. 22-24, col. 1401-1403; cf. Grumel, op. cit., n. 366.
Au mois d'août 795, l'empereur Constantin VI, qui avait répudié, six mois plus tôt, sa femme Marie d'Arménie, épousa Théodote, demoiselle d'honneur de celle-ci. Le patriarche Taraise voulut s'opposer à ce mariage, mais, devant la volonté bien arrêtée du prince, il laissa le grand économe Joseph faire la cérémonie. Vita, n. 28-34, col. 1405-1410; Théophane, op. cit., p. 469-471. Cette conduite causa une grande fermentation chez les moines. Saint Platon, parent de la nouvelle impératrice, son neveu saint Théodore Studite, d'autres encore rejetèrent la communion du patriarche et furent de ce fait emprisonnés par ordre de Constantin VI. Une fois encore Taraise revint sur sa décision, mais seulement lorsque l'empereur eut été détrôné par sa mère et qu'il eut eu les yeux crevés (19 août 797). Il prononça alors contre le grand économe Joseph la double peine de la déposition et de l'excommunication. Grumel, op. cit., n. 368; Vita S. Theodori, n. 19, 25, 43, P. G., t. xcix, col. 137 A, 141 C, 156 A. En 803, il couronna empereurs Nicéphore I" et son fils Staurace. Il mourut le 18 février 806, en pleine vieillesse et fut enterré le 25 dans le monastère qu'il avait fondé au delà du Bosphore. En mars 813, l'empereur Michel Rhangabé fit recouvrir son tombeau d'une plaque d'argent pesant 95 livres. Vita, n. 48-52, col. 1418-1420; Théophane, op. cit., p. 481, 500. Taraise est honoré comme un saint par l'Église byzantine, à la date du 25 février, qui est celle de son enterrement. L'Église romaine l'a introduit dans son martyrologe à la même date. Cependant il y aurait bien des réserves à faire sur sa conduite. S'il faut le louer de son action en faveur du rétablissement du culte des images, par contre son attitude clans l'affaire des évêques simoniaques et du second mariage de Constantin VI fut celle d'un fonctionnaire habitué à satisfaire la volonté du souverain et non d'un homme d'Église soucieux de faire respecter le droit canonique.
Taraise a laissé fort peu d'écrits. Toutes ses lettres ne nous sont point parvenues. On a seulement celle qu'il adressa aux hiérarques et prêtres des patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem pour leur annoncer son élection. Grumel, n. 352; Mansi, t. xn, col. 1119-1125; P. G., t. xcvm, col. 1460-1468; celle qu'il envoya aux empereurs Constantin et Irène sur le second concile de Nicée, Grumel, n. 358; Mansi, t. xiii, col. 400-408; P. G., t. xcvm, col. 1428-1436; celle qu'il adressa au pape sur le même sujet, Grumel, n. 359; Mansi, t. xm, col. 458-468; P. G., t. xcvm, col. 1436-1441 ; une à Jean, higoumène et solitaire, sur les évêques ordonnés par simonie, Grumel, n. 363; Mansi, t. xm, col. 471-479; P. G., t. xcvm, col. 1452- 1460; une au pape sur les ordinations simoniaques, Grumel, n. 364; Mansi, t. xm, col. 462-471; P. G., t. xcvm, col. 1441-1452; enfin une lettre canonique aux évêques de Sicile pour les féliciter de tenir régulièrement le synode annuel prescrit par le second concile de Nicée, Grumel, n. 365; Mai'. Nova Patrum bibliotheca, t. v b, p. 143-146; P. G., t. xcvm, col. 1477- 1480. Il a laissé une homélie pour la fête de la Présentation de la Sainte Vierge, P. G., t. xcvm, col. 1481- 1500, homélie dont plusieurs extraits ont passé dans l'office de l' Immaculée-Conception de l'Église latine.
Vita S. Tarasii, P. G., t. xcvm, col. 1385-1424, et Acta SS., t. ni febr., col. 581-595; Théophane, Chronographia, éd. de Boor, p. 457-461, 463, 469-471, 481, 500; J. Hcrgenrôther, Photius, t. i, p. 246-252, 255-258; Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. m, p. 741-802, passim;
TARGNY (LOUIS DE!
TARTARET (PIERRE1
V. Grumel, Regestes des actes du patriarcat de Constantinople, fasc. 2, p. 12-22, n. 350-373.
R. Janin.
TARGNY (Louis de), ecclésiastique français (t 1737). — Né à Noyon, il fit des études ecclésiastiques très sérieuses et acquit la réputation d'un savant théologien. Il fut très souvent consulté par les évêques opposés au jansénisme et rédigea de nombreux mémoires dont plusieurs furent publiés par des évêques, en particulier, par le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg. Il fut, avec Tournely, un des douze commissaires, nommés à la demande du syndic de Romigny, le 8 novembre 1729, pour examiner les moyens à prendre afin d'arriver à la paix par la soumission des opposants, après la mort du cardinal de Noailles, le 4 mai 1729. Targny mourut le 8 mai 1737.
Targny a publié un Mémoire sur l'état présent des réfugiés en Hollande, au sujet de la religion et un autre Mémoire sur les projets des jansénistes, en date du 19 janvier 1729. C'est contre ces deux Mémoires que Petitpied publia une lettre à un de ses amis : Lettre à l'auteur des Mémoires sur les projets des jansénistes, 1729. Lorsque Amelot fut envoyé à Rome, où il arriva le 9 février 1715, pour négocier la convocation d'un concile national au sujet de la bulle Unigenitus, l'abbé Targny alla lui aussi à Rome pour l'assister et il rédigea un Journal curieux, qui relate les événements du 15 janvier au 23 septembre 1715. Ce Journal forme le tome 555 des Archives des Affaires Étrangères, Correspondance politique. Targny rédigea, par ordre du clergé, les Acta cleri gallicani, t. vi et y ajouta des notes. C'est Targny qui composa probablement l'Instruction des quarante évêques pour l'acceptation de la nulle Unigenitus, après l'assemblée du clergé de 1714- 1715. Sur tout ceci voir l'art. Unigenitus (Bulle).
La Bibliothèque nationale possède de nombreux manuscrits de Targny; ce sont des copies, des notes, des remarques, qui, pour la plupart, se rapportent plus ou moins directement à la question janséniste et à la bulle Unigenitus. Ce sont : Mss fr. n. 7039-7042 : recueil de pièces sur le jansénisme; le ms. 7041 renferme des explications sur la bulle Unigenitus; ms. 7043: Mémoire sur l'état présent de la religion et les projets des jansénistes (publié en partie); ms. 9591 : minutes de lettres écrites au cardinal de Fleury au sujet de V Explication littérale... des prières et des cérémonies de la sainte messe du P. Lebrun; ms. 9594 : notes sur les Conciles du P. Hardouin, avec quelques lettres de celui-ci (1725); ms. 10 503 : notes sur l'appel au futur concile (1717); ms. 10504: remarques sur un écril Intitulé : La paix de Clément IX, suivi d'un Mémoire du garde des sceaux, envoyé en 1725 à l'abbé de Targny: ms. 10 503 ; notes relatives aux jugements de la faculté de théologie de Paris aux xvii* et xvm* siècles, sur l'infaillibilité de l'Église, les droits du pouvoir temporel et la justice chrétienne (1663 I7.'il): ms. 10 577 : pièces sur le jansénisme et divers mandements ri'évcques; ms. 10 000, 10 601 et 10 003 : recueil de pièces relatives à la bulle Unigenitus (1720-1725): ms. 10 005 ; remarques sur la lettre pastorale du cardinal tic Noailles du 31 octobre 1727;
m, ioooo. io oos io on : pièces relatives à la bulle Unigenitus; ms. 10 830 : recueil de pièces sur l'autorité de l'Église; 10 031 : mémoires et notes relatives ■m confesseur du roi: ms. 13 920 : recueil rie pièces sur l<s affaires du jansénisme et sur le P. Quesnel.
Lettres (;iii nombre de trois) de l'abbé*** (le P, Vigier, de l'( >ratoire) à un de ses amis, en réponse aux
libelle'; qui ont puni contre le nouveau bréviaire de Paris (revu par l'abbé de Targny), Paris, ln-4°, 1736 et 1737.
i ■'■ lier, Biographie universelle, t. vin, p, 8t; Glaire, Dlcttonnalre -ir* sciences rrrl., t. n, p. 2231 ; Barrai, Dictionnaire historique et critique, t. iv, p, 104-405; Feret, La faculté
de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres, t. vi, p. 75, 96-97 et t. vu, p. 242.
J. Carreyre.
TARQUINI Camille, jésuite italien et cardinal (1810-1874). — Né à Marta, diocèse de Montefiascone, il fut reçu dans la Compagnie en 1837, et enseigna pendant de longues années le droit canonique au Collège romain. Pour récompenser ses services, Pie IX l'éleva au cardinalat en décembre 1873, mais, moins de deux mois plus tard, le nouveau cardinal mourait, 15 février 1874. En marge de ses occupations professionnelles le P. Tarquini s'était vivement intéressé à l'archéologie. Un certain nombre de dissertations furent même consacrées par lui à l'étude de la civilisation et de la langue étrusque. Mais son œuvre principale est sans contredit le traité de droit ecclésiastique public qu'il fit paraître à Rome en 1862, Juris ecclcsiastici publici instilutiones. Accueillies avec faveur et vite devenues classiques, ces Instilutiones parvenaient en 1892 à leur 14e édition. Dès la 8e édition, le P. Angelini y avait joint, par manière de supplément, une traduction latine de la dissertation sur le Placet royal, publiée en 1851 dans les Annali délia scienza religiosa. D'autre part, une traduction française donnée en 1868 par l'abbé Onclair, sous le titre Les principes du Droit public de l'Église, atteignait en 1891 sa 4e édition. Si depuis lors l'ouvrage a perdu de sa notoriété, distancé et quelque peu mis dans l'ombre par de nouvelles publications, il n'en reste pas moins représentatif rie l'enseignement romain du droit ecclésiastique public sous le pontificat rie Pie IX.
La question ries droits de l'Eglise par rapport à la société civile ou politique y occupe, on le pense bien, une place centrale. Elle est traitée avec beaucoup de fermeté, en déduction de cette thèse que la fin propre de l'Église est la plus éminente rie toutes les fins que peut poursuivre une société parfaite. Or, à la hiérarchie des fins correspond rie droit la subordination ries pouvoirs. Notons que l'auteur a surtout en vue d'exclure les prétentions régaliennes, et que l'État auquel il songe est l'État chrétien homogène (catholique ou hétérodoxe), non l'État divisé rie croyances. Bien que l'ouvrage ait précédé de peu l'article où la Civillà callolica devait répondre au discours de Matines par la distinction rie la thèse cl rie l'hypothèse, voir l'art. Libéralisme, t. ix. col. 584 sq., il n'y est pas fait appel à cette distinction. Tarquini est d'une autre trempe.
Sommcrvogel, Dibl. de la Camp, de Jésus, t. vu, col. 1878- 1881; A. Angelini, Notice biographique, en tète ries Instilutiones a partir rie la 8" éd., 1882.
J. DE BlIC.
TARTARET Pierre, philosophe et théologien scotisle du x\ si; :le. 1 raii( us ri angine, d iluriii à l'université rie Paris, dont il fut recteur eu 1 190. Il était de la famille franciscaine, mais seulement, parait- Il, comme membre du tiers-ordre séculier. Son œuvre théologique principale est un commentaire sur les Sentences, ad menlem Dortoris sublilis Sroli : le 1. IV publié à Paris. 1520. Venise, 1580; les quatre livres, à Venise, 1583, 2 vol. ln-fol., réédit. Naples, 1607; il a donné aussi un commentaire sur les Quodiibelti île Scut. Paris. 1519, in fol., réédit. Venise, 1580 el 1583;
et avec les commentaires sur les Sentences, ibid.. 1 •'»( 17.
Mais Tartaret est surtout un logicien et un philosophe : Expositio in libros logiese Porphyrit el Arislotelis ad mentent Docioris subiilis, neenon expositio in totam philosophiam naturalem el metaphysicam Aristotelis
usque ad VI. Iibrurn iu.rla menlem Doctoris sublilis.
Venise, 1503; Paris, 1509; ouvrage complété en 1513,
ibid.. par une Expositio in scr prions Arislotelis libms Moraliuni. el publié aussi sous cette forme à Venise
la même année, souvenl réimprimé. In libros totius logtem Arislotelis, Paris, 1494, (520, etc. In $um-
TARTARET (PIERRE) — TATIEN
mulas Pétri Hispani, en 7 traités, sans lieu, ni date; et aussi en 1501, 1503, 1509 (cette édit. à Paris), 1514 (Bâle). — Les Opéra plulosophica ont été réunis, Venise, 1614, 1621, 1623. Comme logicien, Tartaret a fait autorité. Quand il fonda l'université de Wittenberg, l'électeur Frédéric III de Saxe voulut que les commentaires de notre auteur sur Aristote et Pierre d'Espagne y fussent utilisés comme livres classiques.
Wadding, Scriptores O. M.; Sbaralea, Supplementum ad Scriptores O. M.; Kirchenlexikon, t. xi, col. 1227; Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. n, col. 995; Buchberger, Lexikon fur Théologie, t. ix.
É. Amann.
TASSIN René-Prosper, mauriste (1697-1777). — Né à Lonlay, dans l'actuel département de l'Orne, le 17 novembre 1697, René Tassin embrassa la vie monastique à l'abbaye de Jumièges, où il fit profession le 3 août 1718. Au noviciat, il se lia d'une étroite amitié avec dom Charles-François Toustain dont il devint le collaborateur fidèle et constant. Après avoir travaillé d'abord à l'édition de Théodore Studite, dom Tassin et dom Toustain publièrent de nombreux ouvrages dont on trouvera les titres et l'analyse succinte dans l'Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, que dom Tassin lui-même a écrite; parmi ces ouvrages, il convient de citer le Nouveau traité de diplomatique, justement célèbre et dont l'intérêt n'a pas tant vieilli qu'on pourrait le croire. Un travail de dom Tassin et de dom Toustain, longtemps demeuré manuscrit, l'Histoire de l'abbaïe de Saint-Vandrille depuis l'an 1604 jusqu'en 1734, a été récemment édité par dom Laporte, Saint- Wandrille, 1936, in-4°. Dom Tassin intéresse l'histoire de la théologie par sa Lettre d'un appelant aux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, qui ont donné des marques publiques de leur opposition à la bulle Unigenitus, 1733, in-4°. On a aussi de lui une dissertation latine sur les hymnographes des grecs. Il mourut au monastère des Blancs-Manteaux, à Paris, le 10 septembre
Matricule de la congrégation de Saint-Maur, ms. de la bibliothèque de l'abbaye Sainte-Marie de Paris; Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, Bruxelles-Paris, 1770, p. 704-721, passim; Berlière-Dubourg, Nouveau supplément à l'histoire littéraire de la congrégation de Saint- Maur, t. n, Maredsous-Gembloux, 1931, p. 228-231; Ulysse Bobert, Documents inédits concernant la congrégation de Saint-Maur, Paris, 1875, p. 56; Hauréau, Histoire littéraire du Maine, t. x, p. 82-88; dom Paul Denis, Les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur de l'ancien diocèse de Séez, Alençon, 1912, p. 35-36; Kirchenlexikon, t. xi, 1899, col. 1229-1231; Feller, Biographie universelle, t. vu, 1850, p. 87; Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xliv, 1866, col. 900-901; et la bibliographie donnée par Berlière-Dubourg, op. cit., p. 231.
J. Mercier.
TASSOIMI Alexandre-Marie, auditeur de Rote, né à Collalto, en Sabine, le 24 octobre 1749, mort le 31 mai 1818. On a de lui : La religione dimostrata e difesa, Rome, 1800-1805, 3 vol. in-8°; nombreuses éditions postérieures; traduction française, Valence, 1838, in-4°.
Biondi, Vita di A.-M. Tassoni, Pise, 1822, in-8°; Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. v, col. 630; Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xxxiv, 1865, col. 923-924.
J. Mercier.
TATIEN, apologiste du ne siècle. I. Vie et œuvres. II. Le Diatessaron (col. 61). III. La doctrine (col. 63). IV. Son hérésie (col. 65).
I. Vie et œuvres. — Tatien naquit en Assyrie, c'est-à-dire vraisemblablement dans la Syrie Euphratésienne, aux environs de l'an 120. Il reçut dans son enfance et sa jeunesse une éducation grecque assez soignée. Il étudia les sciences encyclopédiques, comme
on le faisait alors; il s'intéressa surtout aux philosophes, sans approfondir d'ailleurs leurs doctrines; puis, pendant un temps, il exerça, paraît-il, la profession de sophiste, de colporteur de discours, allant de ville en ville pour y faire admirer son talent. Il était alors païen, mais les problèmes religieux l'intéressaient assez pour qu'il se fît initier à plusieurs mystères, dans l'espoir d'y découvrir la vérité. Il eut, on ne sait quand, l'occasion de lire les livres saints des Juifs et des chrétiens et il admira fort la sagesse qu'il y découvrit.
Ce fut à Rome, à ce qu'on peut croire, qu'il se convertit au christianisme. En tout cas, il y rencontra saint Justin, qui y tenait alors école et l'apologiste exerça sur lui une influence profonde. Chaque lois qu'il parle de lui, il le cite avec une admiration émue et reconnaissante. Aussi longtemps que vécut Justin, Tatien demeura son disciple : comme lui, il fut en butte aux dénonciations de Crescens, Orat., xix. Mais, après le martyre de saint Justin, il fut, selon l'expression de saint Irénée, exalté et enflé par la réputation de son maître; il se crut alors supérieur aux autres, fonda une espèce de didascalée et finit par abandonner l'Église, Cont. hœr., I, xxvm, 1.
Il ne paraît pas d'ailleurs que la défection de Tatien ait immédiatement suivi la mort de saint Justin : le maître rendit son témoignage entre 163 et 167; la Chronique d'Eusèbe rapporte la chute de Tatien à la douzième année de Marc-Aurèle, c'est-à-dire à l'année 172-173. Entre temps, Tatien tint école à Rome et, comme l'avait fait Justin, il y enseigna le christianisme à ceux qui voulaient bien venir l'écouter. De ses auditeurs, le plus connu est Rhodon, dont Eusèbe, Hist. eccles., V, xm, nous fait connaître l'activité théologique et les polémiques contre Marcion.
Tombé dans l'hérésie, Tatien quitta Rome pour retourner en Orient. Nous ignorons pendant combien de temps il y vécut encore; mais il dut y exercer son activité d'une manière assez prolongée, car son hérésie se répandit largement et son influence demeura très forte longtemps après sa mort, dont la date est inconnue.
Tatien écrivit de nombreux ouvrages, dont les titres ne sont pas rapportés par Eusèbe, à l'exception du premier :
1° Discours aux Grecs, Aôyoç Trpôç "EaXt)vo«;, le plus beau et le plus utile de ses livres, au témoignage d'Eusèbe. Hist. eccles., IV, xxix. C'est une apologie du christianisme, bien différente d'ailleurs par son esprit et son allure générale de celles de saint Justin. Tatien est un combattant, qui ne trouve rien de bon dans la culture gréco-romaine et qui accable de ses railleries la philosophie tout autant que les religions païennes : l'art des Grecs est immoral, leur littérature est puérile, leur philosophie mensongère, leur langue même laisse à désirer, car elle n'est ni pure, ni uniforme. Il démontre, de son mieux, la supériorité des chrétiens sur les païens, tant au point de vue doctrinal qu'au point de vue chronologique : la doctrine chrétienne est plus belle et plus exacte que tous les enseignements des philosophes; elle est aussi plus ancienne et les livres de Moïse en particulier sont bien antérieurs à ceux des païens. On note, en particulier, le catalogue des statues que Tatien a rencontrées à Rome. Orat., xxxmxxxiv : l'auteur tire argument de ces statues pour prouver l'immoralité foncière du paganisme; nous nous intéressons davantage à la liste, qui est curieuse en elle-même. La date du Discours est controversée tandis que Harnack suppose l'ouvrage composé à Rome du vivant de Justin et y voit en quelque sorte l'hommage rendu par Tatien au christianisme tout de suite après sa conversion, Kukula regarde le Discours comme la leçon d'ouverture du didascalée hérétique de Tatien après son retour en Orient. La vérité doit être