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THÉOLOGIE. L'HABITUS DE THÉOLOGIE

l'Église, mais une tentative semblable inspirée de la philosophie leibnizienne ne l'a pas été. La philosophie thomiste de la matière et de la forme diffère radicalement de celle de saint Bonaventnre; la philosophie suarézienne du composé diffère profondément de celle de saint Thomas et toutes ces différences ont leurs répercussions immédiates dans la construction théologique. On pourra't multiplier le-; exemples.

Ayant ainsi marqué et justifié la possibilité de plusieurs systèmes théologiques, il est juste d'affirmer non moins fortement que cela n'autorise pas, en cette matière, un pur et simple relativisme. D'une part, en effet, il y a des zones où l'interprétation rationnelle est tellement liée aux certitudes philosophiques communes, qu'on se trouve atteindre à une connaissance scientifique et nécessaire, telle qu'elle ne laisse plus de place à une systématisation plus particulière. Ce serait le cas, par exemple, de la doctrine selon laquelle celui qui nie délibérément un article de foi perd l'habitus total de la foi; de la théologie de la science bienheureuse du Christ; d'un certain nombre de conclusions relatives à la sainte Vierge, aux fins dernières, à certains points de morale sociale ou internationale... L'ensemble de ces thèses dessinerait l'aire de ce qu'on peut appeler, par opposition aux systèmes, la science théologique.

D'autre part, tous les systèmes sont loin de se valoir au point de vue de l'expression du donné révélé avec ses virtualités, de même qu'au point de vue des éléments rationnels assumés. Un système qui, comme celui de saint Thomas, s'avère capable d'assumer et d'ordonner une multitude d'aspects particuliers qu'on trouve mis en valeur ailleurs, mais en un état dispersé et d'une façon fragmentaire, tient évidemment, de son point de vue supérieur, une valeur autrement « catholique » qu'un système particulier, fait pour répondre à une antinomie de détail. Voir, sur toute cette question de la science et des systèmes théologiques, A. Gardeil, Le donné révélé, p. 252-284.

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