‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 180 sur 423 · THÉOPHILANTHROPIE · texte numérisé non relu

THÉOPHILANTHROPIE

l'avons vu, dans quinze églises de Paris. C'était trop pour leur nombre, ils ne purent fournir à chacun de leurs temples qu'un petit groupe d'adhérents. Leurs exercices qui, à l'origine, avaient attiré beaucoup de curieux ne furent plus suivis bientôt que par les véritables fidèles qui à chaque réunion devenaient plus rares. En frimaire an VII (décembre 1798), le commissaire du Directoire, Dupin, déclare qu'ils « semblent disparaître ». Il en donne cette raison : « Ceux qui suivaient leurs assemblées par civisme semblent préférer les fêtes décadaires et ceux qui y allaient par curiosité n'éprouvent plus d'attrait. » En nivôse an Vil, le même commissaire relate : « Les théophilanthropes existent encore, mais leur nombre ne s'accroît pas et leur existence est sans éclat. » La réduction résultant de cet abandon finit cependant par se fixer et, en germinal an VII, Dupin peut encore écrire sur le même sujet : « Sans accroissement ni diminution », Paris pendant la réaction, t. v, p. 96, 172, 237, 273, 327, 479.

Ce prétendu culte n'eut d'ailleurs quelque consistance qu'à Paris. Après moins de cinq ans d'existence il ne comptait plus qu'un pet't noyau de fidèles. Il faut reconnaître cependant, qu'à défaut du nombre, la théophilanthropie réussit à grouper une élite assez variée dans sa composition. On y vit, rapporte M. Aulard (Histoire politique de la Révolution, p. 648), d'anciens constituants, d'anciens conventionnels, d'anciens ministres, des membres de l'Institut entre autres Creuzé, Latouche, Goupil, de Prefelne, Dupont (de Nemours), Bernardin de Saint-Pierre qui fut parrain à Saint-Thomas d'Aquin, Marie-Joseph Chénier, Andrieux, le peintre David, Servan, Rossignol, Santerre, Lamberty, Ulrich, l'ex-abbé Parent, l'ex-abbé Danjou, la citoyenne Augereau, mère du général, etc. Mais la masse de la nation resta indifférente à cette tentative d'organisation de la religion naturelle. Les railleries de la foule ne manquèrent pas d'ailleurs aux adeptes de la secte. L'aversion qu'elle lui inspirait se traduisit même quelquefois par des actes regrettables. C'est ainsi que. le 20 nivôse an IX (10 janvier 1801), des perturbateurs entrèrent à Saint-Gervais « temple de la jeunesse », y démolirent l'autel des théophilanthropes et arrachèrent leurs décorations. Mais les jours du culte théophilanthropique étaient comptés comme ceux du culte décadaire, aux cérémonies duquel, lors de la mise en activité du Concordat, les fonctionnaires publics étaient presque seuls à assister. Cf. Sciout, Le Directoire, t. iv, p. 414. La participation que plusieurs sectateurs de « la religion naturelle » crurent devoir apporter au coup d'État du 18 brumaire, comme l'approbation de l'acte de Bonaparte ne sauvèrent pas le culte t héophilanl hropique. La secte perdit d'abord la protection du gouvernement, lors de la réaction qui suivit la victoire de Marengo. Puis, sans attendre la publication du Concordat, le premier Consul, ennemi de tous les idéologues, supprima le Culte par son arrêté du 12 vendémiaire an X (4 octobre 1801), lequel enlevait aux théophilanthropes la Jouissance des édifices nationaux, lui vain sollicitèrent ils l'autorisation de louer un local pour la bratlon de leur culte. Leur pétition resta sans réponse. Selon Grégoire, Histoire dessertes, t. i, p. 454, Chemin, le fondateur d<- la iecte mirait cont Inué secri ti ment le culte dans une éi oie où il donnai) des Ici uns de lat In. La théophilanthropie aurait gardé encore quelques lui i les en maintenant sa doctrine, à défaut de ses i il es, dans certaines familles. Mais on peut dire, qu'à partir de l'arrêté du 12 vendémiaire an X. elle perdit toute existence légale el partant toute Importance historique,

Page 1