‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 181 sur 423 · IV. I.\ mÉOPHILANTHROPIl B1 I IIO · texte numérisé non relu

IV. I.\ mÉOPHILANTHROPIl B1 I IIO

UQUB. La théophilanthropie fut-elle au service du

Directoire un instrument de guerre contre l'Église catholique? C'est bien le fait qui résulte de l'ensemble de sa politique.

La constitution votée par la Convention le 22 août 1794 et dite Constitution de l'an III déclarait sans doute (art. 354) que « Nul ne peut être empêché d'exercer en se conformant aux lois le culte qu'il a choisi ». Elle affirmait que « Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d'un culte », qu'enfin « la République n'en salarie aucun ». Ces principes qui constituaient le régime de l'État laïque, celui de la séparation de l'Église et de l'État n'avaient pas empêché la Convention de multiplier contre tous les ecclésiastiques, sans excepter les prêtres constitutionnels, des décrets de terreur et de mort. Cet esprit de malveillante intolérance à l'endroit de l'Église catholique fut également l'esprit qui inspira la conduite du Directoire. Son parti pris d'hostilité se manifesta en particulier dans une lettre, signée de trois de ses membres, La Revellière-Lepeaux, Barras et Reubell, qui fut adressée au général Bonaparte le 15 pluviôse an V (3 février 1797). Il y était dit : « Le Directoire exécutif a cru s'apercevoir que le culte romain était celui dont les ennemis de la liberté pouvaient faire d'ici longtemps le plus dangereux usage... Il est sans doute des moyens à employer dans l'intérieur pour anéantir insensiblement son influence soit par des voies législatives, soit par des institutions qui effaceraient les anciennes impressions en leur substituant des impressions nouvelles plus analogues à l'ordre de choses actuel, plus conformes à la raisonetà la saine morale...» Archives nat., AFm*20, n. 288. Un des moyens pouvant servir à cette fin, et que révèlent presque tous les actes politico-religieux du Directoire, était « de favoriser le développement de cultes nouveaux à base rationaliste de manière à ce qu'ils supplantent peu à peu les cultes anciens à base mystique ». Aulard, op. cit., p. 643. Mais, pour éliminer ainsi progressivement la religion catholique de la conscience nationale, en faisant l'éducation de cette conscience par un système laïque d'instruction publique el de fêtes civiques, quel autre culte répondait mieux aux vues sectaires du Directoire que le culte théophilanlropique? On ne saurait donc s'étonner de la protection et des faveurs que les théophilanthropes ne cessèrent de rencontrer, tantôt secrètement, tantôt publiquement, auprès de ce gouvernement. Un de leurs adeptes inavoués, le directeur La Revellière-Lepeaux reconnaît dans ses Mémoires qu'il se chargea de plaider luimême auprès de ses collègues la cause de l'Église théophilanthropique. « Le Directoire, dit-il, en jugea ainsi, el donna des ordres au ministre de la police, Sotin, pour proléger les fondateurs de cette nouvelle institution et pour leur accorder, sur les fonds de la police, les très modiques secours dont ils pouvaient avoir besoin pour la célébration d'un culte aussi simple et aussi peu dispendieux. Certes les fonds secrets des gouvernements n'ont pas toujours un emploi aussi honnête ni aussi utile. » Aux frais encore du gouvernement, les théophiianthropes purent installer leur culte à Noln Dame, concurremment avec le culte catholique, el obtenir plus tard à Paris la jouissance de quai le. puis de quinze et enfin de dix-huit églises ou Chapelles. Le ministre de l'Intérieur crut rendre enfin « un grand Service aux progrès de la morale ■ en envoyant gratuitement, sous son seing, le Manuel de Chemin dans les départements. <)n ni plus, le Jury d'instruction approuva officiellement le catéchisme des

théophiianthropes qui devint un livre classique cl

devait servir rians la pensée du gouvernement comme contre-poids à l'enseignement catholique, il y aura

même une tentative pour faire déclarer la t héophilanl luopic religion d'Etat. ■ Ce fut, dit M. Aulard,

TU KOPHIl.A NTH R0P1 E

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l'objet du discours sur l'existence et l'utilité d'une religion civile en France, prononcé par Lcclercq de Maineet-Loire à la tribune des Cinq-Cents, le 9 fructidor an V (26 août 1797). Mais la tentative n'aboutit pas. »

La théophilanthropie compléta finalement la faillite de toutes ces entreprises de déchristianisation que l'on vit se succéder sous la Révolution. Elle fut éphémère comme les persécutions elles-mêmes. A la fin du Directoire, près de 40 000 églises avaient déjà été rendues au clergé. Le Concordat devait achever le rétablissement officiel du culte catholique et permettre à la religion héréditaire de conduire, dans la splendeur de ses autels relevés et plus que jamais aimés, les funérailles de tous ces cultes rationalistes imposés de force à la France et destinés à détruire des croyances ancrées au tréfonds de l'âme nationale.

A. Aulard, Histoire politique de la Révolution française (1789-1804), Paris, 1903; Grégoire, Histoire des sectes religieuses, depuis le commencement du siècle dernier jusqu'à l'époque actuelle, 1810-1818, 5 vol. in-8°; Hipp. Carnot, Mémoires de Grégoire (écrits en 1808, publiés en 1940), 2 vol. in-8°; La Kevellière-Lepeaux, Mémoires (écrits pendant la Restauration, encore manuscrits en 1883); Chemin, Manuel des théophilanthropes, l'Année religieuse des théophilanthropes, 4 vol. in-18; Dupin, Pcu-is peiuùuit la réaction, 5 vol. in-8°; Ludovic Sciout, Le Directoire à Paris pendant la réaction, 4 vol. in-8"; Annales de la religion, du 6 messidor an VI; Annales catholiques, du 1er décembre 1797; Abbé Delarc, L'Église de Paris pendant la Révolution, t. m. Sur les personnalités ayant adhéré au mouvement théophilanthropique et citées dans cet article, voir le catalogue d'une importante collection, Paris, Charavay, 1862, in-8°, n° 192 à 194; voir encore V Inventaire des autographes de M. Benjamin Fillon, Paris, Charavay, 1878, n. 647.

.1. Brugerette.

1. THÉOPHILE D'ALEXANDRIE, pa triarche de cette ville (385-412). — I. Vie. IL Écrits. III. Doctrine.

I. Vie. — Successeur du patriarche Timothée, Théophile d'Alexandrie s'est distingué dès les débuts de son pontificat par son ardeur à poursuivre le paganisme et à détruire ses temples : cette politique lui rapportait de nombreux deniers, qu'il dépensait volontiers en pieuses constructions. Il a joué un rôle considérable dans les affaires religieuses de son temps. Il apparut d'abord à l'Église comme l'ange de la réconciliation : arbitre du schisme d'Antioche en vertu d'une décision du concile de Capoue (392), juge de l'affaire de Bostra au synode de Ru fin (394), il remplit son office avec une louable modération ; de 395 à 397 il s'efforça d'apaiser les différends qui opposaient saint Jérôme à Jean de Jérusalem et à Rufîn. Mais, vers ce temps, le démon de l'intrigue s'empare de lui. En 398 il cherche en vain à placer une de ses créatures sur le siège de Constantinople et ce n'est pas de bon cœur qu'il consacre saint Jean Chrysostome. En 399, il s'attaque à l'hérésie anthropomorphite; mais l'attitude décidée des moines égyptiens le fait reculer. Vers la fin de la même année ou au début de l'année suivante, il s'en prend à l'origénisme; et c'est le début d'une lamentable histoire, qui se dénouera en 403 par la condamnation de saint Jean Chrysostome et par son exil en 404. Excommunié par le pape Innocent, Théophile vivra dans le schisme ses dernières années. Le prestige de son successeur et neveu saint Cyrille lui vaudra une sorte de réhabilitation : au ve et au vie siècle son nom est cité avec respect en Orient comme en Occident. Mais, par la suite la piété toujours croissante des fidèles envers saint Jean Chrysostome nuira fort à sa mémoire dans le monde byzantin comme chez les Latins. En revanche, dans les Églises monophysites il sera toujours vénéré comme un grand bâtisseur de sanctuaires, un homme de Dieu favorisé de visions surnaturelles et un ami des saints moines du désert.

Pour plus de détails voir les art. Jean Chrysostome (Saint), Jérôme (Saint), Origénisme et Synésius.

IL Ses écrits. — Il n'existe actuellement aucune édition satisfaisante des œuvres de Théophile. Celle de Gallandi, Bibliothcca veterum Palrum, t. vu, p. 601- 652, reproduite dans P. G., t. lxv, col. 33-68 est absolument insuffisante. Une telle édition sera d'ailleurs fort difficile à réaliser en raison du mauvais état de la tradition manuscrite. Du texte original grec ou copte — car Théophile écrivait les deux langues — peu de chose s'est conservé et sous une forme très fragmentaire. Dans la plupart des cas il faut se contenter de traductions syriaques, arabes ou arméniennes. Ajoutons qu'une bonne part de ces traductions sont encore inédites, que l'apocryphe n'y manque pas et l'on comprendra pourquoi il est difficile de porter actuellement un jugement d'ensemble sur l'activité littéraire du patriarche. Cependant on peut souligner dès maintenant le caractère exclusivement pastoral de cette activité : orateur facile, épistolier abondant, pamphlétaire à l'occasion, Théophile n'a jamais composé de traités proprement dits. Mais, comme les exigences de son ministère, tel qu'il le comprenait, l'amenèrent souvent à traiter dans ses lettres et ses sermons certains peints de doctrine, l'historien de la théologie aurait tort de le négliger. Nous verrons : 1° les lettres pascales; 2° les autres lettres; 3° les sermons; 4° les autres œuvres.

1° Lettres pascales. — 1. Des vingt-sept lettres pascales de Théophile, aucune ne nous est parvenue entière dans le texte grec. Mais nous en trouvons trois, traduites en latin par saint Jérôme, dans les éditions de sa correspondance. Ce sont, la 16e lettre (an. 401), Hier., Epist. xevi, édit. Hilberg du Corpus script, eccl., de Vienne, t. lv, p. 159-181; la 17e (an. 402), Hier., Epist. xcvm, édit. cit., p. 185-211; la 19e (an. 404), Hier. Epist. c, p. 213-232. — 2. En outre les florilèges dogmatiques grecs nous ont conservé certains fragments des lre (an. 386), 5e (an. 390), 6e (an. 391), 16e et 17e lettres. Ils sont rassemblés dans P. G., t. lxv, col. 53-60, à part quatre passages de la 16e lettre, que l'on trouvera dans la Doctrina Patrum de incarnatione Verbi, édit. Diekamp, Munster-cn-W., 1907, p. 180-183. — 3. On en trouve d'autres dans certains florilèges orientaux. Signalons seulement ceux dont le texte original est perdu : un fragment de la 3e lettre (an. 388) dans Timothée Élure, Widerlegung der auf der Synode ru Chalcedon feslgesetzten Lehre, édit. K. Ter-Mekerrtschian et E. Ter-Minassiantz, Leipzig, 1908 (en arménien), p. 161; deux fragments de la 18e lettre (an. 403) dans Sévère d'Antioche, Contra Grammaticum Oratio ta, pars altéra, édit. J. Lebon dans le Corpus script, christ, orient., Script, syri, ser. IV a, t. vi, Paris-Louvain, 1933, p. 317 (syr.), et p. 234 (trad.) (cf. Revue biblique, 1938, p. 393); trois fragments de la 21e lettre (an. 406) dans Timothée Élure, Widerlegung, édit. cit., p. 30, 160 et 195 : le dernier se retrouve dans Sévère d'Antioche, Anlijulianistica, édit. Sanda, Beyrouth, 1934, p. 170 (syr.) et p. 202 (trad.), et ailleurs encore; deux fragments de la 22e lettre (an. 407) dans Timothée Élure, édit. cit., p. 160 et 195 : le second figure également dans la lettre de celui-ci contre les eutychiens Isaïe et Théophile reproduite par Zacharie le Rhéteur, if. E., 1. IV, c. xii, édit. Brooks, dans le Corpus script, christ, orient., Script, syri, ser. III a, t. v, Paris, 1919 (texte), Louvain, 1924 (trad.), p. 198 (syr.) et p. 137 (trad.); un fragment de la 24e lettre (an. 409) dans Sévère d'Antioche, Antijulianistica, p. 170 (syr.) et p. 202 (trad.), et ailleurs encore.

2° Autres lettres. — 1. Nous trouvons dans la correspondance de saint Jérôme quatre autres lettres de Théophile : deux lettres à saint Jérôme (an. 400),

THÉOPHILE D'ALEXANDRIE

Hier., Epist. lxxxvii et lxxxix, édit. cit., p. 140 et 142 sq.; une lettre à saint Épiphane, Hier., Epist. xc, p. 143 sq.; une lettre synodale aux évêques de Palestine et de Chypre (an. 400), Hier., Epist. xcn, p. 147- 155. — 2. Ici encore les florilèges dogmatiques grecs apportent leur contribution de fragments. Justinien, Liber adversus Origenem, P. G., t. lxxxvi, col. 967- 971, cite une lettre à certains moines origénistes, une lettre aux saints de Scété et une lettre synodale. Le florilège du Cod. Vat. gr. 1431, édit. Ed. Schwartz, Abhandlungen d. bayer. Akad. d. Wiss., Philos. -phil. und hist. KL, t. xxxn, fasc. vi, Munich, 1927, p. 36, donne un fragment d'une lettre aux moines (an. 401). Le Ve concile œcuménique, Mari si, t. ix, col. 251 sq., cite deux fragments d'une lettre à Porphyre évoque d'Antioche (après 404). Ajoutons un court fragment d'une lettre aux évêques de Palestine (an. 400) et un autre d'une lettre à saint Jean Chrysostome (an. 402), P. G., t. lxv, col. 61, d'après Palladius. — 3. L'apport des florilèges orientaux est moins riche : il se réduit à deux passages d'une lettre à Flavien, évêque d'Antioche (vers 400), que nous devons à Sévère d'Antioche, édit. E.-W. Brooks, The sixth book of the sélect letters of Severus palriarch of Anlioch, Londres, 1904, t. i (syr. ), p. 342 et 347 ; t. n (trad.), p. 303 et 307. — 4. Ces lettres qui, sauf la dernière, ont été toutes provoquées par la querelle origéniste, sont des lettres d'affaire. Dans la littérature hagiographique on en trouve quelques autres d'un caractère assez différent : une lettre à l'évêque Ammon, P. G., t. lxv, col. 61, et Fr. Halkin, Sancti Pachomi vilse grœcœ, Subsidia hagiographica, t. xix, Bruxelles, 1922, p. 121 (cf. Analeclu bollandiana, t. lui, 1935, p. 400); une lettre au monastère de Pachôme (syriaque), édit. Bcdjan, Acta marlijrum et sanctorum syriace, t. v, p. 340, trad. Nau, Une lettre de Théophile, patriarche d'Alexandrie, dans la Revue de l'Orient chrétien, IIe sér., t. ix, 1914, p. 103 sq.; une lettre à l'archimandrite Horsisius et une autre aux moines de Pboou (copte). W.-E. Crum, Der Papiruscodex sxc. Vi-vu der Philippsbibliothek in Cheltenham, Koplische theologische Schriften, dans Schriften der wiueruchaftlichen Gesellschafl in Strassbwg, t. xvm, Strasbourg, 1915, p. 12 et 16 (texte), p. 65 et 70 (trad.). 3° Sermons. — 1. Le plus important semble être le sermon In mysticam cenam (29 mars 400), édité à tort miun le nom de Cyrille d'Alexandrie, P. G., t. lxxvii, col. 1016-1029 (cf. Revue d'histoire eçcl., t. xxxiii, 1937, p. 46-54). — 2. I.e bref sermon sur la mort et le jugement, P. G., t. lxv, col. 200, dont une traduction syriaque a été éditée par M. Prière dans la Revue de l'Orient chrétien, IIe sér., t. vin. 1913. p. 164 sq.,a été utilise par l'auteur de l'homélie De exitu animi et de secundo adventu. P. G., t. lxxvii, col. 1072-1089, attribuée faussement à Cyrille d'Alexandrie. — 3. De trois autres nous n'avons plus que des fragments : il s'agit d'un sermon sur la Providence, Mai, Nova Patrum bibl., t. vi, p. 164; d'une homélie eîç tyjv ■Ipopoo ioav citée par le florilège du concile du Latran de • > 19, M an si, t . x. col. 1 092 ; d'un sermon sur Matth., iv, 23, cité par Sévère d'Antioche, Antijulianislica, édit. Sanda, p. 211 (syr.) et p. 240 (trad. 1 : le texte grec de ee derniei fragment s'est conservé dans les chaînes sur le psautier, Revue biblique, 1938, p. 391. 1. Une homélie sut la eroix el le bon larron (copte 1 a été éditée et traduite en italien par F. Hossi. Memorie délia R. Academia délie scienze, IL sér., t. xxxv, Turin, \HH\. p. '2 11 250, ei lie nouveau. / papirt coptict del miueo Egizio <U Torino, t. 1, Turin. 1887. p. 64 90. 1 ne traduction latine partielle de v Peyron, faite d'après le m* me papyrus, avait été éditée auparavant pal Tlschendorf, Anecdota tacra et profana, Leipzig, 1861, p. 121 12t. ', 1 ne homélie sur le repentir el la

Mbriété (copte) a été éditée et traduite en anglais par

E. Budge, Coplic homilies in the dialecl of Upper Egypt, Londres, 1910, p. 65 (copte) et p. 212 (trad.). — 6. Il faut bien distinguer de ces sermons, dont l'authenticité est soit certaine, soit très vraisemblable, une série, de compositions légendaires manifestement apocryphes. Tels sont : le sermon pour la fête de l'Assomption (copte), édit. W.-H. Worell, The coptic mss in the Freer collection, Univ. of Michigan sludies, Human. ser., t. x, 1923, p. 249 (texte) et p. 358 (trad.); le sermon pour la dédicace de l'église des Trois-Enfants à Alexandrie (copte), édit. H. de Vis, Homélies coptes de la Vaticane, t. 11, Copenhague, 1929, p. 121-157; le sermon pour la dédicace de l'église Saint-Baphaël (copte), inédit à part quelques phrases dans Zoega, Catalogus cod. copt. Borgian., Rome, 1810, p. 612; un sermon sur le séjour de la sainte Famille au mont Coscam (en Egypte), fort répandu dans les littératures orientales. Plusieurs versions ont été éditées et traduites : une version éthiopienne par Conti Rossini. Rendiconti delta R. Academia dei Lincei, t. xxi, 1912, p. 395-471; deux versions arabes par M. Guidi, Rendiconti, t. xxvi, 1917, p. 441-469 et t. xxx, 1921, p. 218-237; une version syriaque par G. Guidi, Rendiconti, t. xxvi, 1917, p. 391-440 (texte); t. xxx, 1921, p. 274-309 (trad.) et de nouveau par A. Mingana, Woodbrooke studies, t. m, p. 1-92 (= Bulletin of the John Rylands library, t. m, 1929, p. 383 sq.). Le texte original copte semble perdu. Sur tous ces documents, cf. W.-E. Crum, Der Papiruscodex, p. xvi-xvm. - 7. Les collections de manuscrits arabes contiennent plusieurs sermons inédits, dont l'authenticité restera sujette à caution tant qu'ils n'auront pas fait l'objet d'un examen sérieux. Signalons une homélie sur l'archange saint Michel dans le cod. Paris, arab. 48SH (cf. Crum, op. cit., p. xvi); un sermon sur les saints Pierre et Paul, sur le retour à Dieu et sur saint Athanase dans le cod. Paris, arab. 4771; le début d'une homélie sur l'aveugle de naissance dans le cod. Monac. arab. 1066; un sermon sur l'assistance à la messe dans le cod. 34') des mss décrits par G. Graf, Catalogue de mss arabes chrétiens conservés au Caire, Studi e testi, t. lxiii, Vatican, 1934, p. 127; un sermon sans litre dans le cod. 438 de la même collection, op. cit., p. 166. — 8. G. Zarbhanalean, Catalogue des anciennes traductions arméniennes (siècles iv-xm ), Venise, 1889 (en arménien), p. 474 sq.. signale deux discours de Théophile d'Alexandrie pour le milieu du carême, deux panégyriques des quarante martyrs de Sébaste et un discours sur le récit évangélique de la femme prostituée qui fut justifiée pat son onction, l 'eux discours de Théophile sur les larmes et la confession des péchés (en arménien) existent inédits dans le cod. Mechitar. Yindob. 364, fol. 150 V-159 v"; cf. J. Dashian. Katalog der armenischen llandschriflcn in dcr Mechitharisten Bibliothekzu Wien, Vienne, 1895 (en arménien), p. 816. I.e cod. Mechitar. Yindob. il •'»', fol. 93 v"-96. offre une autre reeension du premier discours. Dashian, op. cit., p. 745. Ull troisième discours, sur le repentir et les larmes, est contenu dans le cod. Mechitar. Yindob. 524, fol. 104 V-108 Dashian, op. cit., p. 995. M. F. Mac 1er a signalé un extrait du discours de Théophile sur le figuier dans un manuscrit arménien de M. Siméon Mirzayantz, Revue des études arméniennes, t. n, 1922,

p. 243. Ces traductions arméniennes sont toutes inédiles, on ne remarquera pas sans Inquiétude que ces sermons semblent tous inconnus des traditions

que, syriaque, copie et arabe.

I" Œuvre» diverses. I . I )u Canon pascal pour les années 380 179 seul le prologue nous reste; encore n'est il complet que dans une traduction latine, qui nous a conserve également la lettre d'envoi adressée

a l'empereur Théodose. 1. 'édition de Migne, /'. G., 1 iw, coL 48-52, est Insuffisante; il faut consulter

THÉOPHILE D'ALEXANDRIE

celle de Br. Krusch, Studien zur chrisllichrnittelalterl. Chronologie, Leipzig, 1 880, p. 220-226. — 2. Les réponses de Théophile au synode de Rufin (an. 394) sont citées en latin par le diacre Pelage, In dejensione trium capitulorum, édit. R. Devreesse, Studi e lesti, t. lvii, Vatican, 1932, p. 9-10; cf. P. G., t. cxxxvm, col. 452 CD.

— 3. De son pamphlet contre saint Jean Chrysostome, écrit vers 404, le texte original est complètement perdu. Facundus d'Hermiane, Pro dejensione trium capitulorum, 1. VI, c. v, P. L., t.*LXVii, col. 676-678, et le diacre Pelage, op. cit., p. 70, citent quelques passages de la version latine de saint Jérôme. D'après dom Baur, la prétendue lettre cxm de ce saint, édit. cit., p. 393 sq., serait en réalité le début de cette version (cf. Revue bénédictine, t. xxm, 1906, p. 430 sq.).

— 4. Décisions canoniques : les collections canoniques byzantines attribuent à Théophile quatorze canons tirés de cinq écrits, édit. J.-B. Pitra, Juris ecclesiastici grœcorum hist. et monum., t. i, Rome, 1864, p. 646- 649; P. G., t. lxv, col. 64 C et 33-45. Un texte inédit sur l'usage du fromage et des œufs en carême n'est pas authentique. — 5. Apophtegmes : texte grec, P. G., t. lxv, col. 197-201 ; traduction latine, P. L., t. lxxiii, col. 771, 801, 858 sq., 861, 872, 957 et 961. Il faut noter que les deux traditions ne coïncident pas exactement. —

6. Les chaînes exégétiques grecques ont conservé quelques fragments de Théophile, extraits, semble-t-il, de lettres et de sermons, édit. M. Richard, Les fragments exégétiques de Théophile d'Alexandrie et de Théophile d'Antioche dans la Revue biblique, 1938, p. 387-397.—

7. Le Tractatus contra Origenem de visione Isaiee, édité par Dom Amelli, Mont-Cassin, 1911, sous le nom de saint Jérôme, semble être la traduction d'un ouvrage grec. Théophile, parmi d'autres, pourrait en être l'auteur; cf. Fr. Diekamp dans Literar. Rundschau fur d. kathol. Deutschland, t. xxvn, 1901, p. 293 sq.

III. Sa doctrine. — Théophile n'est pas un grand théologien : ses volte-face dans l'affaire origéniste, ses complaisances à l'égard des apollinaristes le prouvent suffisamment. Toutefois il est intéressant comme témoin de l'enseignement doctrinal à Alexandrie au début du ve siècle. Son témoignage est particulièrement précieux en ce qui concerne : 1° la christ ologie; 2° l'eucharistie.

1° Christologie. — Les erreurs des apollinaristes et celles d'Origène ont donné à Théophile l'occasion d'exposer à plusieurs reprises, avec une clarté suffisante, sa pensée sur ce mystère. C'est pour notre salut, pour nous faire participer à la nature divine, que le Verbe vivant de Dieu est venu sur terre, que le Sauveur s'est fait homme. Epist. pasch., 17, § 4-5, Hilberg, p. 187 sq. Sans que sa divinité subisse la moindre offense, il s'est fait entièrement semblable à nous : mirum in modum ccepit esse, quod nos sumus, et non desivit esse, quod fuerat, sic adsumens naturam nostram, ut quod erat ipse non perderet. Ibid., p. 188. L'humanité assumée ne s'est pas changée en divinité, ni la divinité en humanité : OUTE T7)Ç TJfXSTSpaÇ Ô[i.O(.WCT£CùÇ, 7TpOÇ Y]V XSXOl-

vcovtjxev, stç Oeottjtoç cpôcLV jjLETaêaXXojjifvyjç, oote

T7)Ç OeÔTTJTOÇ aÙTOÙ TpE7rOfJ.Évr)Ç elç T7JV YJfJlETSpaV

ôy.oi(ùaiv. MÉvst yàp ô vjv an àpx'îjç 6s6ç- [jivsi xal ttjv ï)[iûv Iv eau-roi TCapaaxeuâÇajv ûraep^tv. Epist. pasch. 16, § 4, P. G., t. lxv, col. 56 D. Théophile revient souvent sur ces vérités essentielles; il s'en prend à ceux qui veulent que le Verbe se soit transformé en chair ou en quoi que ce soit d'autre, Epist. pasch., 16, § 5; 17, § 4, Hilberg, p. 162 et 182, comme à ceux qui nient la consubstantialité du Père et du Christ à cause de l'incarnation. In myslicam cenam, P. G., t. lxxvii, col. 1028 C. Mais il insiste beaucoup plus encore sur la perfection de la nature assumée : Unde sciendum est quod... perfectam similitudinem nostrœ condicionis adsumpseril. nec carnem tantum, nec animam inrationa-

lem et sine sensu, sed tolum corpus, tolamque animam sibi socians perjeclum in se hominem demonstrarit. Epist. pasch., 17, § 8, Hilberg, p. 191. Un long passage de cette même lettre, § 4-8, s'attache à démontrer la présence dans le Christ d'une âme humaine. Cette âme, il ne l'a pas amenée du ciel; elle a été créée et assumée au moment de l'incarnation : in adsumptione enim hominis et anima eius adsumpta est. Ibid., p. 193. Le Christ nous est donc parfaitement semblable, hormis le péché. P. G., t. lxv, col. 56 B. Pour que rien ne lui manque de cette ressemblance, il a voulu naître d'une femme; Théophile revient à plusieurs reprises sur la possibilité et la haute convenance de la maternité virginale, par exemple Epist. pasch., 5-6, ibid., col. 60.

Le Christ est donc à la fois Dieu et homme, #fi<pw Tuy^âvcov ©eciç te xal avOpcoTtoç, SoùXoç ôpo)|i.svoç xal xûpioç yvcopiÇôu-Evoç. Ibid., col. 56 C. Seule son humanité se voyait; mais ses œuvres prouvaient qu'il était Dieu : Ov6p<07roç p.sv çaivôjjLEvoç, wç Tjfieîç, xorïà ttjv toù SoûXou (i.op<pr;v, Èx 8s tcov spycov à7io8sixvù[i.£voç, 8ti TÛv àroxvTcov STjfztoupyôç xal xupioç soti 7TpaTTtov spya 0eou. Ibid., col. 60 B. Théophile prend encore argument de l'eucharistie pour prouver que le Christ n'est ni un homme seul, àvôptûTioç <\/ù.6ç, ni Dieu nu, Qsôç yiifAvoç, mais le Dieu Verbe incarné. In mijsticam cenam, P. G., t. lxxvii, col. 1028 sq. Il ne craint pas cependant de l'appeler simplement Dieu, Fils du Dieu vivant, et surtout, à la suite de l'Apôtre (I Cor., n, 8), Seigneur de gloire : c'est Dieu qui pendait au haut de la croix, Hom. de cruce et latrone, Tischendorf, Anecdota sacra et profana, p. 122 sq.; c'est le créateur qui, le soir de la cène, lavait les pieds des apôtres. In myslicam cenam, P. G., t. lxxvii, col. 1024 sq. Cette application si franche de la communication des idiomes montre bien la foi de Théophile en l'unité du Christ : il ne veut pas que l'on divise l'union : ...{itj StaipoùvTSç elç 8ùo npéaoïTcot. ttjv ôeîav xai àSiâoTracrrov xal 7rp6ç ys toÔtco àcûyxuTov evcùctw [tou evoç] ttjç TravTÎfxoo TpiâSoç, In mysticam cenam, col. 1029 B; il ne connaît pas deux sauveurs, P. G., t. lxv, col. 56 B.

Il sait cependant distinguer ce qu'il faut distinguer : que l'on ne dise pas que l'âme du Christ et Dieu sont d'une même nature, Epist. pasch., 17, § 14, Hilberg, p. 198; ni que cette âme et le Fils sont un comme le Père et le Fils : 7) 8s ^i^/jl xatî ô uîôç ÉTÉpa irpôç ÉTÉpav ècttIv oùcrîa te xal cpùaiç... "O yàp ulôç xal ô 7ya-rr,p

£V, ETCiSy) (i.7) SlâcpOpOl 7TOi6t7)TEÇ- T) 8È ^V/Ji xa>l °

uîôç, xal T'Tj cpôcjËi. xal ttj oûcàa ETSpov. P. G., t. lxv, col. 57 B. Aussi ne doit-on pas attribuer à la divinité les souffrances de la chair : Dominus glorise in ipsa passione monstratus est, impassibilis permanens majeslate et carne passibilis. Epist. pasch., 19, § 11, Hilberg, p. 224. La faim, la soif, la fatigue ne sont pas le fait de la divinité, mais bien de l'humanité, oùx Ï8ia ttjç Gsôttjtoç yjv, àXXà cwfxaTixà yvcjpta(i.aTa; de même la parole du Christ sur la croix : « Pourquoi m'as-tu abandonné? ». Cependant c'est au Sauveur qu'on l'attribue avec raison, parce que le Sauveur a fait sienne la faiblesse de son corps : coxeioùto toù ccôjxaToç tt(v àa6évsiav, [lévcùv Sùvafxiç xal 0091a 0eoû, ôti (it; àXXou

TIVÔÇ àv0pO)7TOU, àXX' aÙTOÙ TOÙ OCOTTJpOÇ TjV, ÔTCEp ÈX

Maplaç â>xo86ji.T)(T£v ÉauTw awLxa. Hom. in aliiopooôoav, Mansi, t.' x, col. 1092.

Une légère ombre à ce tableau : il semble que Théophile ait partagé l'opinion, courante au ive siècle, qui écartait de l'union hypostatique le corps du Christ pendant son séjour au tombeau; cf. P. G., t. lxv, col. 65 A. A ce point près, la christologie du patriarche nous apparaît remarquablement juste sinon très évoluée. Elle coïncide presque exactement avec celle de Didyme; cf. G. Bardy, Didyme l'aveugle, Paris, 1910, p. 110-129. On pourrait la comparer à un sauvageon,

THÉOPHILE D'ALEXANDRIE

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