TAVERNE (JEAN-BAPTISTE) TÉMOIGNAGE (FAUX
estant un très grand mal... on ne doit pas dire qu'il ait esté commis, à moins qu'il ne soit parfaitement volontaire et il ne peut être parfaitement volontaire s'il n'y a pas une parfaite advertance à sa malice »; celle sur l'ivresse, la 4e : « L'ivresse est un péché mortel, si on y tombe pour la volupté seule; que si ç'estoit pour une autre fin honneste, par exemple par ordonnance de son médecin pour recouvrer sa santé... elle ne serait pas criminelle »; et la 10e, sans nul doute la plus étonnante de toutes, qui reproduit une conclusion, assez commune chez les casuistes du temps, trop logiquement déduite d'une doctrine admise par beaucoup sur les contrats déshonnêtes : « Un juge est obligé de restituer l'argent qu'il a reçu pour porter une sentence, s'il l'a reçu pour une sentence juste et qu'il estait obligé de rendre... Mais, s'il a reçu de l'argent pour une sentence injuste, il est probable qu'il peut le retenir. » Les autres propositions portent sur la fornication, la dispense des fêtes et des jeûnes, la collation des jours de jeûne, les pensionnaires des bénéfices, la défense de la vie et des biens, les actes voluptueux dans le mariage, le témoignage et le serment en justice, et la monitio non profutura, dans le cas d'ignorance invincible.
Contre cette censure divers écrits défendirent le P. Taverne. A Douai parut la censure de l'évêquc avec, pour chaque proposition, la justification du moraliste et une liste des théologiens, qui avaient enseigné la même doctrine. Était ajoutée une « liste des saints canonisez, des papes, des cardinaux, archevêques, évêques, docteurs, théologiens et jurisconsultes, séculiers et réguliers, dont les propositions sont condamnées par Mgr d'Arras ».
Deux lettres parurent aussi, adressées par un théologien au R. P. Barat, supérieur de l'Oratoire et curé de Saint-Jacques à Douai à l'occasion d'une censure de la théologie morale du P. Taverne; cf. Sommervogel, t. vu, col. 1900-1901. L'auteur de toutes ces réponses à Mgr d'Arras est, d'après le P. Rivière, le même P. Robert Philippe, dont nous avons parlé plus haut. Voir Sommervogel, Supplément, col. 655, art. Philippe.
Mgr de Rochechouart chercha à obtenir une condamnation plus étendue du P. Taverne, si nous en jugeons par deux lettres que Fénelon, son métropolitain, écrivait en 1703 à son propre neveu l'abbé de l'.aumont, cf. Œuvres complètes de Fénelon, 1852, t. vu, p. 12 l : il trouve lui-même les propositions « raboteuses et il ajoute: « M. d'Arras... me parle d'union de li province contre la morale relâchée, .le vois bien qu'il faudrait tenir un concile provincial contre les jésuites; mais je ne puis le faire sans en demander la permission au Roi. »
L'affaire en resta là. La censure d'Arras eut sans doute pour effet d'empêcher la réédition à Douai de la Synopsis; en tout cas nous n'en connaissons pas de nouvelle édition française après la première. Mais elle fut, comme l'on a dit, réimprimée sans changement — les jansénistes s'en plaignirent dans les Nouvelles ecclésiastiques — en Allemagne et en Italie.
Sommervogel, Bibl. tic ta Camp, de Jésus, t. vu, col. 1898- 1901 (Taverne); t. vi, col. nsn-nsi (Platel); Supplément
■ lu r. Rivière, col. 655 (Philippe); Hurler, Nomenelaior,
■ i i , t. rv, col. 599; chanoine J. Depotter, Guy de Sein ■/< Rochechouart, évique d'Arras, Arr.is, 1893; Recueil de» ordonnances, mandemenlt et censure* ■!/■ l'éoiqut d'Arras, ITlo; Journal de* tapants, 1708, p. 537-540.
H. Brouillard.
TAVERNIER Jean, ecclésiastique du xvr si.de, mort en 1558, auteur d'une dissertation De purga torto animarum ci d'un écrli De oeritate corpori» cl tangutnts Chritti m Bueharistia, Paris, 1651.
Hurter, Nomenclator literarius, t. iv, 1899, col. 1227, en note.
J. Mercier.
TEDESCH! Nicolas-Marie, bénédictin italien (1671-1741), qu'il ne faut pas confondre avec un autre Nicolas Tedeschi, surnommé Panormilanus. Nicolas- Marie naquit à Catane en 1671 et embrassa tout d'abord la carrière des armes. S'étant fait moine dans l'ordre de saint Benoît, il devint professeur de théologie au Collège Saint-Paul à Rome. Dans son enseignement il suivit fidèlement la doctrine de saint Anselme, comme on en peut juger par ses deux ouvrages : Scholœ divi Anselmi doctrina, Rome, 1705, in-4°, recueil d'un millier de thèses ad mentem sancti Anselmi, et Doctrinœ synopsis, Rome, 1708, in-4°. Nommé évèque de Lipari par Clément XI, en 1710, archevêque d'Apamée, consulteur du Saint-Office et secrétaire de la Congrégation des Rites, en 1722, Tedeschi renonça à ces dignités sous Clément XII et se retira au monastère de Subiaco. Rappelé à Rome par Benoît XIV, il mourut le 29 septembre 1741.
Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. iv, col. 1358-1359.
J. Mercier.
TÉLESPHORE (SAINT), pape vers les années 125-136. — Dans la liste dressée par Irénée, Cont. hser., III, m, 3, P. G., t. vu, col. 851, il figure comme le septième évêque de Rome, après Xyste et avant Hygin. Irénée ajouta à son nom cette brève mention : ôç xoci èvSôÇwç è[i.apTÙp7;aev : » qui, lui aussi rendit témoignage (c'est-à-dire fut martyrisé) glorieusement ». Eusèbe qui relève cette donnée de l'évêque de Lyon précise que la mort de Télesphore arriva la première année d'Antonin le Pieux (139). Mais il n'est pas impossible que ce renseignement repose sur des calculs peu sûrs. Il vaudrait mieux ne pas y insister. En tout état de cause il faut retenir plutôt la durée du pontificat : onze années, qui est fournie par le Catalogue libérien et par Kusèhe, loc. cil. L'Église célèbre la mémoire de Télesphore le 5 janvier. De son pontificat nous ne savons rien. La décrétale que lui attribue Isidore Mcrcator est, de toute évidence, apocryphe. Quant à la condamnation de Théodote le corroyeur dont parle le Libellussynodicus dans Voell et Juslcl, Hibliolheca juris can. vet., t. m, p. 1167, c'est un évident anachronisme. S'il faut en croire Eusèbe, loc. cit., c'est seulement sous le successeur de Télesphore, Hygin, que la communauté romaine fut troublée par l'apparition des doctrines de Valentin et de Cerdon, en qui Eusèbe voit le père du marcionisme.
L. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. i; .JalTé, Keyesta pontifleum romanorum, t. i, p. (i; Lipsius, Chronologie der roniischcn liischofe, Kiel, 1869.
É. Amann.
TÉMOIGNAGE (FAUX). 1. Nature «lu faux témoignage. II. Malice du [aux témoignage (col. 85). III. Ouest ions secondaires (col. 88).