THUILLIER (VINCENT
4° Mariologie. — F. Morgott, Die Mariologie des h. Thomas v. A., Fribourg-en-B., 1878; C. Feckes,.Das Mysterium der gàttlichen Mutterschaft, Paderborn, 1937.
5° Doctrine sacramentaire. — C. Schazler, Die Lehre von der Wirksamkeit der Sacramente ex opère operato, Munich, 1860; F. Morgott, Der Spender der h. Sacramente nach der Lehre des h. Thomas v. A., Fribourg-en-B., 1886. — G. Reinhold, Die Lehre von der ôrtlichen Gegenwart Christi in der Eucharistie beim h. Thomas v. A., mit Berûcksichtigung einiger seiner bedeutenderen Commentatoren, Vienne, 1893; W. Gôtzmann, Dos eucharisliche Opfer nach der Lehre der àlteren Scholastik, Fribourg-en-B., 1901. — M. Buchberger, Die Wirkungen des Busssakramentes nach der Lehre des h. Thomas, mit Rùcksicht auf die Anschauungen der Scholastiker, Fribourg-en-B., 1901; R. Schultes, Reue und Busssakrament. Die Lehre des h. Thomas ûber das Verhâltnis von Reue und Busssakrament, Paderborn, 1907.
R. Garrigou-Lagrange.
THUILLIER Vincent, bénédictin français (1685- 1736). — Il naquit en 1685 à Coucy, entra chez les bénédictins de l'abbaye de Saint-Faron, au diocèse de Meaux, et y fit profession, le 28 août 1703; il fit de brillantes études de philosophie et de théologie et, encore tout jeune, il fut chargé de la formation des novices à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés; c'est à cette époque qu'il commença à publier l'Histoire de Polybe. Le P. Denys de Sainte-Marthe le chargea de continuer des Annales de l'ordre des bénédictins et, pour cela, lui confia les manuscrits de Mabillon et de Ruinart. Le rôle qu'il joua dans les querelles de la bulle Unigenitus lui attira une vive opposition parmi ses confrères : après avoir été appelant de la Rulle, comme beaucoup d'entre eux, il révoqua son appel et accepta du cardinal de Bissy, évêque de Meaux, une pension de 1 500 livres pour écrire l'histoire de la bulle Unigenitus. Il était sous-prieur de l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés, quand il mourut subitement le 12 janvier 1736, d'une mort, qui, disent les Nouvelles ecclésiastigues du 17 mars 1736, p. 43-44, fut le juste châtiment de son attitude à l'égard de la bulle Unigenitus et de ses confrères.
Les écrits de Thuillier sont très variés et fort bien rédigés : on voit, dit Moréri, « qu'il avait cultivé les belles-lettres avec soin » : Histoire de Polybe, traduite du grec en français, avec un commentaire, ou un corps de science militaire, par M. Follard, Paris, 1727-1730,
6 vol. in-4°; avec un supplément, Amsterdam, 1774,
7 vol. in-4° (voir Mémoire de Trévoux, mai 1728, p. 802- 814; août 1728, p. 1759-1772; octobre 1730, p. 1884- 1885; Journal des savants, octobre 1728, p. 226-235; juillet-août 1729, p. 611-619; décembre 1730, p. 472- 481 et janvier 1731, p. 76-85; Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants de l'Europe, janvier-mars 1730, p. 44-70). — Lettre d'un ancien professeur en théologie de la congrégation de Saint-Maur, qui a rétracté son appel, à un autre professeur de la même congrégation, qui persiste dans le sien, Paris, 1727, in-12. Le professeur auquel était adressé cette Lettre était dom Jean Gomaut, qui avait été son élève; celui-ci répliqua par un écrit intitulé : Réponse d'un professeur de théologie de la congrégation de Saint-Maur, qui persiste dans son appel, à la Lettre d'un ancien professeur de théologie de la même congrégation, qui a révoqué le sien, Paris, 1727, in-4°. Thuillier répliqua par une Seconde lettre, servant de réplique à la réponse que lui a faite un de ses confrères, qui persiste dans son appel, Paris, 1727, in-12. Cette seconde lettre fut suivie d'un écrit intitulé : Dénonciation des lettres de dom Vincent Thuillier contre l'appel de la bulle Unigenitus; en 1728, Thuillier donna une troisième édition de sa Lettre, augmentée d'une préface. Ces Lettres furent dénoncées au chapitre général des bénédictins de 1729 et dom Edme Perreau publia les Très humbles remontrances de plusieurs religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur à S. E. M. le cardinal de Bissy. — His-
toire de la nouvelle édition de S. Augustin, donnée par les PP. bénédictins de la congrégation de Saint- Maur, Paris, 1736, in-4°. Thuillier avait composé ce travail à l'époque où il était appelant de la bulle Unigenitus; lorsqu'il révoqua son appel, il retoucha son écrit et le confia à dom Bernard Pez, bénédictin allemand, qui l'inséra au t. xxxm de la Bibliothèque germanique, mais l'abbé Goujet, auquel Thuillier avait remis son premier manuscrit, crut devoir publier le travail original, tel qu'il l'avait reçu, et en y ajoutant quelques notes. — Dom Thuillier avait aussi publié les Ouvrages posthumes de dom Jean Mabillon et de dom Thierri Ruinart, bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, Paris, 1724, 3 vol. in-4°, avec une préface en tête de chaque volume. Dans une de ces préfaces, Thuillier raconte l'histoire des contestations au sujet de l'auteur du livre de V Imitation (Gerscn, Gerson, Thomas a Kempis) et l'histoire de la dispute entre Rancé et Mabillon au sujet des Études monastiques. Cette histoire provoqua une vive réplique de dom Gervaise, qui parut en 1724, à Paris, sous le titre : Défense de l'histoire de Suger et Apologie de M. de Rancé, abbé de la Trappe, contre les calomnies et les invectives de dom Vincent Thuillier, répandues dans son histoire des contestations sur les études monastiques. (Voir Mémoires de Trévoux de mai 1725, p. 773-807, pour l'histoire de Suger, et juin 1725, p. 1068-1101, pour la défense de Rancé.) On trouve dans l'édition de Thuillier beaucoup d'oeuvres de Mabillon déjà publiées. (Voir les Mémoires de Trévoux de juillet 1724, p. 1195-1229; août 1724, p. 1360-1398 et novembre 1724, p. 1942-1979.) — Thuillier a aussi contribué pour une large part à l'ouvrage intitulé : Vêtus disciplina monastica, seu Collectio auclorum ordinis Sancti Benedicii maximam partem ineditorum, qui ante 600 [ère annos per Italiam, Galliam atque Germaniam de monastica disciplina traclarunt. Prodiit nunc primum, opéra et studio... (Marquardi Hergott) presbyteri et monachi benedictini e congregatione S. Blasii in Sylva Nigra, Paris, 1726, in-4°. Thuillier est regardé comme l'auteur de la préface et il y contredit les règles de saint Benoît sur l'abstinence et sur quelques autres points. Deux articles des Mémoires de Trévoux, août et septembre 1726, p. 1441-1454 et 1706-1727, signés Un religieux de la Trappe, accusent Thuillier de laxisme et de morale relâchée. Trois autres lettres, ibid., février 1727, p. 246-264; mars 1727, p. 447-477, et septembre 1727, p. 1694-1718, abordent diverses autres questions. — Enfin Thuillier fut chargé par les cardinaux de Fleury, de Rohan et de Bissy de rédiger une Histoire de la bulle Unigenitus, pour laquelle il avait recueilli, avec dom Le Sueur, de nombreux matériaux. Cette Histoire est restée manuscrite et se trouve à la Bibliothèque Nationale, ms. fr., a. 11 731- 17 737 (original) et 17 738-17 743 (copie); les n. 17 744- 17 747 sont des minutes d'une partie de l'ouvrage. Sur les trente-six livres que contient l'ouvrage, le P. Ingold a publié les livres VI-XIII, Paris, 1901, in-8°. Cette Histoire, très détaillée, contient de nombreux documents que Thuillier avait pu se procurer, alors qu'il était appelant de la bulle et elle mériterait d'être publiée malgré sa longueur, car elle est beaucoup plus impartiale et plus complète que celles de Dorsanne, de Lafitau ou des Nouvelles ecclésiastiques. — Thuillier est l'auteur de la traduction latine des huit livres d'Origène contre Celse que dom Charles de la Rue a utilisée dans son édition d'Origène, publiée en 1733.
Michaud, Biographie universelle, t. xi.i, p. 481-482; Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xlv, col. 312-313; Feller, Biographie nouvelle, t. vm, p. 142-143; Glaire, Dictionnaire des auteurs ecclésiastiques, t. n, p. 2284; Tassin, Histoire de la congrégation de Saint-Maur, p. 525-531 ; François, Bibliothèque des écrivains de l'ordre de Saint-Benott,t. m.
THU1LLIER (VINCENT) — TIÉDEUR
p. 136-140; Le Cerf, Bibliothèque historique et critique des auteurs de la congrégation de Sainl-Maur, p. 473-477 ; Vanel, Nécrologe des religieux de la congrégation de Saint-Maur, décèdes à l'abbage de Sainl-Germain-des-Prés, p. 178-181; Hurter, Nomenclator, t. iv, col. 1084-1085; D. Paul Denis, Le cardinal de Fleury, dom Alagdon et dom Vincent Thuillier, documentation sur l'histoire du jansénisme dans la congrégation de Saint-Maur (1729-1730), dans Revue bénédictine, t. xxvi, 1909, p. 325-370; Nouveau supplément à l'Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, notes de Henry Wilhelm, t. il, 1931, in-8», p. 239-242.
J. Carreyre.
1. THYRÉE Hermann, jésuite allemand (xvi« s.). — De son véritable nom Hermann Dorken (ou Dorkens), il naquit vers 1532 à Neuss, près Cologne ; il est, en 1552, envoyé à Borne pour y être un des premiers élèves du Collège germanique, où il passe quatre ans. Reçu au noviciat par Ignace de Loyola en mai 1556, il est, deux mois plus tard, ordonné prêtre, reçu docteur en théologie et envoyé à Ingolstadt dans l'équipe qui va y fonder un collège. Il y enseigne trois ans la philosophie, un an les controverses. Envoyé à Trêves en 1560, il commente les Épîtres pastorales et prêche, avec succès, à la cathédrale. Profès en 1560, recteur de Trêves en 1565, il est nommé, en 1571, provincial de la nouvelle province rhénane, détachée par saint François de Borgia de la Germanie supérieure. Recteur à Mayence en 1578, il le reste jusqu'en 1587 et y meurt d'apoplexie le 26 octobre 1591.
Pendant son provincialat parut à Cologne une brochure intitulée : Von der hochberûmpter Religions Freislellung, ein kurlzer Bericht..., autore (sic) D. Andréa (sic) Dorkenio..., 1576, le texte allemand est suivi d'un appendice en latin, p. 29-39. Elle traitait « de la liberté de la religion », autrement dit, s'opposait aux prétentions récemment émises par les seigneurs protestants désireux d'accéder aux bénéfices ecclésiastiques et demandait que l'épiscopat cessât d'être réservé à la noblesse. C'était le fruit d'une collaboration entre le P. Thyraeus (qui, pour n'être pas reconnu, la signa de son patronyme, oublié de presque tous), le r. François Coster, et peut-être le conseiller impérial An tiré Erstenberger (ce qui rendrait compte du prénom d'André substitué à celui d'Hermann). Dénoncé au général de la Compagnie, Éverard Mercurian, par les recteurs de \Y urtzbourg et de Spire comme inopportun et de ton trop agressif, ce libelle fut bientôt retiré de la circulation. Voir la lettre du P. A. Possevin à saint Pierre Canislus, Rome, le 30 juin 1576, dans Braunsberger, Pétri Canisii epistulm et acta, t. vu, )). 347. — Du P. Thyraeus, on a encore, signée de son nom gréco-latin d'humaniste, une Confessio Augustana cum notis, Dillingcn, 1567, en deux éditions, in-4° et ln-fol., et, dans VHisloria conlroversite de auxiliis du P. L. de Meyère (Anvers, 1705, p. 36-37), une lettre adressée à Henri Cuyckius, docteur de Louvain, avec ri tte souscription : Ex commissione facultatis throlngiete, subscrifisi Hermannus Thyrœus, pro lempore efusdem facultatis decanus, et datée du 1er décembre 1588. Le I'. Thyraeus préparait encore, au témoignage de Rlbadeneira, un ouvrage de polémique : Sex millia dubiorum de Confessione Augustana, et duo millia irrefularUalum, contre les prédicants luthériens. La mort le surprit avant qu'il eut fini son travail qui ne fut pas édité.
Sommervogol, Biblloth. des écrivains de la Comp. de Jésus, t. vin. Bol. 10-11 ; K.-M. Rivière, ComeUom rt artditions à la Hihl. ilr lu Comp. <lr Jésus, col. 34; Allgemeine deutsche Biographie, t. xxxviii, p. 237-238; Morèxi, l.r Grand dfe> tlorwairt historique, 1740, t. vin, p- 125; I^natiux Agrteola, Htstoria provinclœ Soc. Jetu (ifrmanier Suprrioris, AugSbourg, 1777, p. .").">; IXilir, GftChtcttU dir JeSUttai in den l.'mrlrrn drulsrhtr Zunge, \<M)~ , \. i, pnsxim; Monumrnln \gtuuiana, t. xi. i>. 523; BraUO«berg£f, l'rlri Canisii rpistlll/r ni nrlri, t . l :i vin, passlm, surtout t. Il, p. fi. II. •">, it
DICT. DR THEOI.. CATIIOL
t. vu, p. 347-349; Ribadeneira, Illustrium scriptorum religionis Soc. Jesu catalogus, Anvers, 1608, p. 90.
H. Jalabert.
2. THYRÉE Pierre, jésuite allemand (1546- 1601). — Entré dans la Compagnie de Jésus en 1563, il enseigna la théologie à Trêves, Mayence et Wurzbourg, et se consacra ensuite au ministère de la prédication. Son œuvre révèle un attrait particulier pour l'étude du merveilleux : De variis tam spirituum quam vivorum hominum apparitionibus et noclurnis infestationibus libri très, Cologne, 1594, in-4°; De dsemoniacis liber unus, Cologne, 1594, in-4°; Loca infesta, Cologne, 1598, in-4°; De apparitionibus spirituum Iraclaius duo, Cologne, 1600, in-4°; Divinarum Novi Testamenti sive Christi Filii Dei... apparitionum libri très, Cologne, 1603, in-4».
Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vin, col. 11- 17; Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. ni, col. 426.
J. de Blic.
TIÉDEUR. — La doctrine de la tiédeur relève de la théologie de la charité. Il convient donc de l'exposer brièvement ici. I. Notion. IL Genèse de la tiédeur. III. Moyens de l'éviter ou d'en sortir.
I. Notion. — C'est une disposition de l'âme opposée à la vertu sanctifiante de la charité, au dynamisme de la charité. La charité est une force qui tend sans cesse à faire monter l'âme chrétienne de plus en plus haut dans la vie spirituelle. La tiédeur paralyse cette force et en neutralise les effets. Pour mettre cette doctrine davantage en lumière, rappelons ce qu'est le dynamisme de la charité et nous verrons comment la tiédeur l'annihile.
Le dynamisme de la charité est exprimé dans le texte célèbre du Deutéronome, vi, 5, rappelé par Notre- Seigneur au docteur de la loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. • C'est bien la charité qui pénètre le cœur, l'âme et l'esprit de l'homme pour lui faire aimer Dieu intensément. La charité met le chrétien qui suit ses inspirations dans la pratique de la perfection. Elle est, en effet, constitutive de la perfection spirituelle que l'on peut définir ainsi : la ferveur croissante de la charité, qui fait éviter le péché grave et le péché véniel délibéré et porte à observer les conseils compatibles avec la condition de chacun. Cette formule exprime les trois caractères du dynamisme de la charité, que neutralise complètement la tiédeur, comme nous Talions voir.
De sa nature la charité tend à être fervente. C'est le premier caractère de son dynamisme. Si on la compare au feu, on doit dire que sa tendance essentielle est de jaillir en flamme, c'est-à-dire de mettre l'âme dans la perfection. «La charité et la dévotion, dit saint François de Sales, Vie dévote, c. i, ne sont non plus différentes l'une de l'autre que la flamme l'est du feu..., la dévotion n'ajoute rien au feu de la charité, sinon la flamme qui rend la charité prompte, active et diligente. » C'est pour exprimer cette activité de la charité, son dynamisme, dans la définition de la perfection que Louis de Grenade, Traité de l'oraison et de la méditation, I'e partie, c. i, et saint François de Sales, dans la Vie dénote, y ont incorporé la notion que saint Thomas, II»- II", q. lxxxii, a. 1 et 2, donne de Ifl dévotion. Celle-ci se caractérise pal la promptitude et par l'ardeur avec lesquelles on se porte à servir Dieu en toutes choses.
La tiédeur neutralise complètement cette tendance de la charité à être fervente, à jaillir en flamme, a être active, prompte et diligente an Servi» < 1 « Dieu. Dans l'Ame tiède, la charité est languissante, sans activité a cause du manque de générosité qu'elle y trouve. La comparaison de l'eau t iède de l'Apncalv |> ( . III, 16, est très juste : « Tu n'es ni froid ni chaud, dit .lésus :\ l'ange