‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 416 sur 423 · TRÉVOUX (MÉMOIRES OU JOURNAL. DE · texte numérisé non relu

TRÉVOUX (MÉMOIRES OU JOURNAL. DE

célèbre publication périodique des jésuites du collège Louis-le-Grand (1701-1762).

I. Histoire. — En 1682, Louis XIV donna à son fils naturel, le duc du Maine, la petite principauté des Dombes comme État libre et indépendant. Désireux de favoriser les sciences, le duc créa en 1695 à Trévoux, capitale de la principauté, une imprimerie importante. Quelques années plus tard, il invita les jésuites à y faire imprimer, sous ses auspices, un journal (au sens du xvnr8 siècle) rendant compte des publications importantes et des événements intéressants dans le domaine scientifique et littéraire. C'est cette publication qu'on désigne d'ordinaire sous le nom de Mémoires ou de Journal de Trévoux. Nous en résumons brièvement l'histoire d'après les études du P. Sommervogel et du P. G. Dumas (voir la bibliographie).

1° Les Mémoires à Trévoux (1701-1731) et à Lyon (1731-1733). — Nous ignorons si le projet de la fondation du journal émanait du prince ou si la première idée vint des jésuites. On a attribué à ces derniers le dessein de faire concurrence au Journal des Savants (fondé en 1665) ou de combattre l'Académie des Inscriptions qu'ils auraient jugée trop téméraire et janséniste. Cette dernière suggestion n'est certainement pas fondée : le P. Sommervogel établit qu'au moins seize pensionnaires ou associés de l'Académie ont collaboré aux Mémoires. Si les jésuites eurent l'idée d'un nouveau journal, ce fut sans aucun doute dans le but de rendre service aux savants et de défendre les doctrines de l'Église contre le protestantisme et le jansénisme. Quoi qu'il en soit, l'initiative fut laissée au duc. Les Mémoires de Trévoux écrivent en février 1722 : « Le grand cours des journaux hérétiques fit naître à Mgr le duc du Maine l'idée d'un journal où l'on eût principalement en vue la défense de la religion. »

La rédaction du nouveau journal fut confiée au célèbre collège Louis-le-Grand à Paris, dont la vaste bibliothèque facilitait le travail. Quatre rédacteurs attitrés furent désignés. La direction fut assurée d'abord, semble-t-il, par le P. Catrou, puis, à partir de la fin de 1701, par le P. Tournemine. A côté de ces deux Pères, les PP. Hardouin, Despineul et Buffier figurent parmi les premiers collaborateurs. Les rédacteurs n'ont jamais résidé à Trévoux. La distance qui séparait la rédaction de l'imprimerie devait être dans la suite une cause, constante de retards, de fautes d'impression et d'autres ennuis.

Le journal commença à paraître en mars 1701 (numéro de janvier-février). Il avait comme titre : Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux arts. Recueillis par l'ordre de son Altesse Sérénissimc Monseigneur le Prince Souverain de Dombes. A Trévoux, de l'imprimerie de S. A. S. Et se vendent à Paris, chez Etienne Ganeau, libraire... De format petit in-12. il parut d'abord tous les deux mois, puis, à partir de 1702, tous les mois. A partir de cette même année, les armes du duc du Haine figurent sous le titre.

La Préface du premier cahier indique nettement le but de la publication. Le journal donnera des comptes rendus de tous les livres écrits en France ou à l'étranger et intéressant les sciences. Il acceptera également des mémoires nu communications sur « tout ce qui peut contribuer à satisfaire la curiosité des gens de lettrée ». Dans les premières années, les « extraits » ou comptes rendm des livres pouvaient être faits par les BUteun eux-mêmes; à partir de 1712 Cependant, on exclut les auteurs, afin d'assurer aux extraits une

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