SE NAIL
celle. augmentée de beaucoup, composée en 1670 par le P. Talon, lui aussi de l’Oratoire. — La vie du Révérendissime Jean-Baptiste Gault de la congrégation de l'Oratoire de N.-S.J.-C., évêque de Marseille, Paris, 164$. in-18, plus intéressante et plus simplement écrite qu? la précédente. — La vie de Madame Catherine
de Montholon.… fondatrice des ursulines de Dijon, Paris, 1653, in-4°.
3° Panégyriques el autres publications. — Prédi-
cateur en renom, le P. Senault a prononcé d'assez nombreuses oraisons funèbres : Harangues funèbres de Louis le Juste, roi de France et de Navarre, et de la reine sa mère Marie de Médicis, prononcées dans l'église cathédrale de Sainte-Croix d'Orléans, Paris, 1644, in-4°: la première est une histoire des événements du règne: celle de Marie de Médicis est plus simple et ne vaut pas l’autre. — L'oraison funèbre de Charlotte-Marguerite de Gondy, marquise de Maignelay. Paris, 1650. in-4°, a été prononcée dans l’église des prêtres de l'Oratoire, à Paris : la défunte était proprement la mère de la congrégation et la principale fondatrice de la maison de Paris. Senault prononça encore et publia les oraisons funèbres d'Anne d’Autriche, 1666; de Loménie de Brienne, 1667; de Marie- Françoise Lescuyer, abbesse du Lys, 1669; de Henriette-Marie de France, reine de Grande-Bretagne, 25 novembre 1670, à Notre-Dame: de Madeleine de La Porte, abbesse de Chelles, 1671.
Le P. Senault ne fit imprimer aucun de ses sermons de morale, mais publia : 1. Panégyriques des saints, Paris, 1656-1658, 3 vol. in-4°. Il y en a quatre-vingts; il n'ignore pas que les faits racontés de saint Denis, saint Alexis, sainte Ursule, etc., sont assez légendaires ; il s'en sert cependant parce que, parlant au peuple. il n'a pas cru devoir les critiquer car ils entretiennent sa dévotion. Il les a publiés pour servir de modèle aux jeunes prédicateurs qu'il avait auprès de lui à Saint-Magloire et qui sont devenus célèbres, comme les PP. Leboux, Mascaron, Hubert, La Roche, de La Tour. On y voudrait plus de mouvement, d’élévation; mais pour les juger sainement, il faut les comparer à ceux qui ont été prononcés avant lui et l'on reconnaîtra qu'il ἃ réalisé un très grand progrès dans l’éloquence de la chaire. — 2. Discours de la paix, prononcé dans l'église de Saint-Paul le 11 mars 1660, Paris, 1661, in-4°. Mazarin, à qui il avait dédié ce discours, lui demanda ce qu’il pouvait désirer, la reine mère lui offrit l'évêché de Laon, il refusa toute faveur. — 3. Le monarque ou les devoirs du souverain, Paris. 1661, in-4°, rappelle ce que les rois de France ont fait pour l’Église, dit ce qu'ils doivent continuer de faire, les met en garde contre la chasse, le jeu, leur interdit la danse; la guerre n’est juste que si elle est nécessaire. — 4. L'horoscope de Mgr le dauphin, discours prononcé dans l’église des prêtres de l'Oratoire, Paris, 1661, in-4°. Le dauphin était né le 1% novembre 1661; avant la fin de l’année, le P. Senault avait composé, prononcé, publié ce discours pour marquer la part que l’Oratoire prenait à la joie publique.
IT. LE GÉNÉRALAT. — Le P. Bourgoing étant mort au mois d'octobre 1662, le P. Senault, qui exerçait déjà les fonctions depuis la maladie du supérieur général, fut élu à l’assemblée suivante, 17 avril 1663. Non seulement il fit signer aussitôt, pour barrer la porte au jansénisme, + le formulaire dressé pour ce sujet par l'assemblée du clergé de France », mais il rédigea un acte par lequel les députés « déclarent d’un commun consentement et au nom du corps qu'ils représentent. que toute la congrégation de l’Oratoire se soumet sincèrement et de cœur aux constitutions de nos SS. PP. les papes Innocent X et Alexandre VIL, et à tout ce qu'elles contiennent... Il défendit ensuite expressément à tous ceux de la congrégation de dire,
ENDIN. CALDERON 1858 écrire, prêcher ou enseigner aucune chose contraire aux dites constitutions, sous peine d'exclusion... Il ordonna que tous ceux qui seraient convaincus de jansénisme, ainsi que ceux qui en auraient accusé faussement quelqu'un, seraient exclus de la congré-
gation ». Dans l'assemblée suivante, 1666, «il fit ordonner que les professeurs en théologie... ensei-
gneraient la doctrine de saint Augustin touchant les questions de la grâce... mais conformément à celle de saint Thomas, du concile de Trente et des constitutions des papes ». Cloyseault, Vies de quelques Pères, t. τι, p. 185-186. À peine élu, il commença la visite de toutes les maisons; son caractère conciliant et son talent véritable pour l’administration firent de son généralat une des périodes les plus florissantes de l’histoire de l'Oratoire; il fonda quatre maisons nouvelles : le collège de Provins, les séminaires de Montpellier, Avignon, Pézenas, transféré bientôt à Agde. Il mourut à Paris le 3 août 1672. L’abbé de Fromentières, son disciple, a pu le louer dans son panégyrique « de n’avoir jamais rien entrepris qui n’eût réussi». «Il fut, écrit Batterel. les délices de la congrégation. »
Batterel, Mémoires domestiques, t. 111, p. 1; Cloyseault, Vies de quelques Pères, €. 11, p. 172 sq.; Dumont, L'Oraltoire et le cartésianisme en Anjou, p. 50; Dupin, Table des auteurs ecclésiastiques du XVIIe siècle, 2317-2318; Freppel, Bossuet et l’éloquence sacrée au XVIIe siècle, τ. 1, Paris, 1893, 2 vol. in-S°, p. 257-258; Fromentières, Oraison funèbre de Senaull; A. George, L'Oraltoire, Paris, 1928, in-12; Ingold, Essai de bibliographie oratorienne; Jacquinet, Des prédicateurs du XVIIe siècle avant Bossuet, Paris, 1863, p. 183-200; Joly Romain, Histoire de la prédication, 1767, Amsterdam, in-8°, P. 468; Leherpeur, L'’Oraloire de France, Paris, 1926, p. 60-78; Lelong, Bibliothèque sacrée; Adolphe Perraud, L'Oratoire de France au XVIIe et au XIX® siècle, p. 213; Charles Perrault, Hommes illustres, t.1, p. 13-14; Tabaraud, Histoire du cardinal de Bérulle, t. 11, p. 246; Dictionnaire pralique des prédicateurs français, Lyon, 1757, in-8°, p. 244.
A. MOLIEN.
SENDIN CALDERON Jean, frère mineur observant espagnol (xvri siècle). — Né vers 1629, à Yepes, dans l’archidiocèse de Tolède, il fut, après ses premières études, envoyé à l’université d’Alcala de Hénares, où il entra, en 1644, dans l’ordre des frères mineurs de l’Observance de la province de Castille, au célèbre couvent de Saint-Jacques de cette ville. Ayant fait profession en 1645, il étudia la philosophie aux couvents de Ocaña et de Ciudad Real, et la théologie au couvent d’Alcala à partir de 1648. Il fut désigné, vers 1651, pour enseigner les arts pendant trois ans aux couvents de Torrijos et de Pastrana. Il passa ensuite au couvent de Saint-Diégo à Alcala comme lecteur de théologie. Après avoir exercé cette charge pendant douze ans, il reçut le titre de lecteur jubilaire en 1667 et fut nommé, le 30 octobre 1671, gardien du collège majeur de Saint-Pierre et Saint- Paul à Alcala. Pendant son gardiénat, il rédigea de nouvelles constitutions pour le collège mentionné. Élu provincial en 1673, il se distingua par son ardeur pour l’observance, ce qui lui attira nombre de difficultés non seulement de la part de ses sujets, mais aussi de ses supérieurs. Il mourut le 3 janvier 1676 au couvent de Madrid.
Le Père Jean Sendin est l’auteur de quelques ouvrages, dont le principal est Opus posthumum, aliquot tractatus theologicos in via Docloris sublilis Scoti publicam lucem diu et merilo flagitantes exhibens, préparé déjà pour l'impression par le P. Sendin luimême, avant de mourir, mais édité par son disciple, le P. Jean Bernique, du même ordre, à Alcala, en 1699, 2 vol. in-4°, 456 et 187 p. Les traités théologiques publiés dans ce volume sont : 1. Apologelicus el Scoti doctrina vindex; 2. De prædicalis quidditativis Dei: 3. De sanctilalte divina et virtulibus moralibus,
prout ad Deum pertinentibus; 4. De libero arbitrio et de scientia media; 5. De gratia actuali; 6. Quodlibeticus de allissimo incarnationis mysterio; 7. De fide divina actuali. Le ms. 156 de la bibliothèque nationale de Madrid contient quelques fragments de ces traités : Dispulalio de causa finali seu motivo incarnationis (fol. 1 r°-36 vo), qui correspond à la première controverse du traité VI de l’ouvrage imprimé (p. 354- 387); Tractalus de satisfactione Chrisli (fol. 40 r°- 94 ro), correspondant à la deuxième controverse du même traité (p. 388-402); Traclatus theologicus de fide divina actuali (fol. 131 r°-374 το), qui constitue le traité VII mentionné ci-dessus. Ce sont des copies faites par des élèves du père Sendin.
Il publia encore ÆEpitome sacro. Explicacion del breve, que a inslancias del rey nuestro Señor expedio N. S. Padre Alexandro VII en relaciôn del cullo con que la Iglesia universal celebra la preservacion de N. Señora, su-concepciôn inmaculada en el primer istante.., Madrid, 1663, où il prend position dans la fameuse controverse agitée à cette époque entre les franciscains et les dominicains, au sujet de l’obligation, imposée à tous les prédicateurs par le roi d’Espagne, Philippe IV, le 10 avril 1662, de commencer leurs sermons par l’invocation à Marie immaculée : Alabado el santissimo Sacramento y la Virgen concebida sin pecado original, en el primer istante de su ser, à la suite de Ja bulle Sollicitudo d'Alexandre VII du 8 décembre 1661. Comme Jean Martinez del Prado, alors provincial des dominicains d’Espagne, s’appuyant sur la bulle d'Alexandre VII déclarant qu'il est licite de défendre l’opinion contraire à l’immaculée conception, ainsi que sur la déclaration de Grégoire XV donnant la permission de tenir et d’enseigner en privé la thèse opposée, enfin sur le.serment fait par les dominicains de suivre en tout la doctrine de saint Thomas, qui niait l’immaculée conception, avait défendu dans un Memorial, présenté au roi, que les dominicains n'étaient point liés par le décret royal, plusieurs franciscains répondirent à ce Memorial et s’efforcèrent de prouver que les dominicains, aussi bien que n’importe qui, étaient tenus de faire l’invocation mentionnée avant leurs sermons. Entre les mineurs, qui attaquèrent le Memorial cité, se distingua le P. Jean Sendin, qui, dans son ÆEpitome sacro, tâcha de prouver, par la bulle Sollicitudo d'Alexandre VII, que les dominicains étaient liés par le décret royal et étaient obligés de l’observer. Il y défend énergiquement le privilège de l’immaculée conception etsoutient que, si la négation de l’immaculée conception n’implique pas une hérésie, du moins elle doit être taxée de téméraire et de proche de l'erreur.
Outre quelques sermons Sermon del mandalo, publié dans Laurea Complutense, Alcala, 1666, p. 32- 51; Sermén de 5. Clara, Alcala, 1667; Sermon de n. p. 5. Francisco, ibid., 1667, le P. Sendin aurait encore composé quelques traités sur l’immaculée conception, restés inédits. Après la promotion de Joseph Jiménez Samaniego à la dignité de commissaire général, le P. Sendin fut chargé de continuer l’annotation du texte de la Mistica ciudad de Dios de la clarisse Marie d’Agréda. Il en pourvut donc la première et la deuxième partie de notes et de commenlaires que l’on retrouve dans de nombreuses éditions de cet ouvrage, par exemple, dans celle de Lisbonne, 1684. Voir ici l’article SAMANIEGO.
Une biographie de Jean Sendin a été publiée par J. Bernique, dans le Prologus de l'édition qu'il fit des Aliquot tractalus theologici, Alcala, 1699; E. Gonzälez de Torres, Chronica serafica, Madrid, 1725, p. 497; D. Alvarez, Memorial ilustre de los famosos hijos del real, grave y religioso convento de δ. Maria de Jesus (vulgo S. Diego de Alcala), Alcala, 1793, p. 207-520; N.-A, Alcolea, Seminario de nobles, Taller de