AN-FRANÇOIS
qu'il appelle la corruption de notre nature : « I n'y a point de facultés dans notre âme, ni de parties dans notre corps qui ne soient déréglées. » Préface, p. τι. « Ce monstre (la concupiscence) n'est guère moins farouche que la cause qui l’a produit... Il établit son trône dans notre âme... il abuse de toutes les parties de notre corps, il agit avec nos mains, il regarde par nos veux, il écoute par nos oreilles... Il se mêle avec tant d'adresse dans tous nos désirs que, pensant satisfaire à nos besoins, nous obéissons à sa tyrannie et, croyant faire une action raisonnable, nous en faisons une criminelle ». P. 48-49, On l’accuse généralement d'admettre comme maxime générale que les vertus des païens sont des péchés; il dit seulement et encore en citant saint Augustin, qu'en fai, pas nécessairement en droit, «la plupart des vertus des infidèles ne sont que des péchés éclatants ». Ce qui n’a pas le même sens. Il les admire au contraire : « Quoique je tienne avec saint Augustin que la plus éclatante de leurs vertus ait ses défauts, je ne laisse pas d’y trouver des beautés qui m'obligent de la révérer el, quoique je sois leur ennemi, je ne saurais m'empêcher d’être leur admirateur. » P. 246.
4. L'homme chrétien, ou la réparation de la nature par la grâce, Paris, 1648, in-49 de 856 p. Ce volume est la suite du précédent : « Après avoir fait voir les misères de la nature corrompue par le péché, je dois chercher sa guérison dans la grâce qui en est l’unique remède. » Mais on l’y sent plus à son aise puisqu'il s’agit de décrire les splendeurs de l’incarnation., Huit traités : a) De la seconde naissance du chrétien : «Celui qui avait les semences de tous les vices, reçoit les semences de toutes les vertus », p. 14. δ) De l'esprit du chrétien qui n’est autre que celui du Saint-Esprit; il nous est donné pour nous animer, nous diriger, nous faire prier. c) Du chef du chrétien qui est Jésus-Christ lequel «traite son corps mystique avec autant de charité que son corps naturel », p. 247. d) De la grâce du chrétien. Le €. 1 est très sage : Que la prédes- Üination à la grâce et à la gloire est un mystère caché : « Dieu aime toutes les créatures; pour être absolu, il n’est pas injuste et, agissant avec connaissance de ‘ause, il ne punit personne qui ne l’ait bien mérité », p. 315. Dans les questions de la grâce si débattues de son temps, il ne prend pas formellement parti pour le thomisme contre le molinisme, il s'arrête à une sorte de congruisme intermédiaire : « Rien n'établit mieux la grâce suffisante que le refus que nous faisons de lui obéir. L'expérience nous apprend qu'il y a des suavités divines qui ne sont pas toujours victcrieuses, la grâce ne triomphe pas toujours quand elle combat le péché », p. 401. e) Des vertus des chrétiens : « La vertu, pour être solide, doit être un don de Dieu qu'on ne peut acquérir sans sa grâce », p. 441. f) De la nourriture et du sacrifice du chrétien qui est, l’une la communion et l’autre la messe. g) Des qualités du chrétien : il doit être l’image de Jésus-Christ, prêtre et victime, soldat et vainqueur, roi et esclave, h) De la béatitude du chrétien : il ne peut pas la trouver, mais seulement la commencer sur terre, pour l’achever au ciel dans la connaissance et l'amour de Dieu « qui est comme l’accomplissement de leurs désirs et la perfection de leur béatitude ». p. 832.
20 Biographies. Il en a composé plusieurs : La vie du bienheureux Renault de Saint-Gilles, doyen de Saint-Aignan d'Orléans et depuis religieux de Saint- Dominique, Paris, 1645, in-18 de 84 p., écrite à la demande des carmélites du grand couvent de Paris qui possédaient son corps. La vie de la Mère Magdeleine de Saint-Joseph, religieuse carmélite déchaussée de la première règle selon la réforme de sainte Thérèse, Paris, 1645, in-49, C'est la première prieure carmélite française. Il ne faut pas confondre cette vie avec