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LES COMMENTAIRES, ÉVOLUTION

milieu ou vers la fin du xrve siècle. Mais que de fois auparavant on ne rencontre qu’une seule question soulevée pour plusieurs distinctions! Tel commentaire, par exemple, attribué faussement à Bernard de Trilia, mais qui se doit placer vers 1310-1315 peut-être, supprime ainsi dans son premier livre les distinctions XII, XV-XVII, XXII, XXIX, XXXI, XXXIII, XXXIV, XLI, et dans son I. II, les dist. V, XVII, XIX-XXII, XXIV, XXVII, XXXI. Vers le même temps, Richard de Bromwych montre cette évolution un peu moins accentuée; à presque toutes les distinctions correspondent quelques questions, souvent cependant une question unique; mais, à plusieurs reprises déjà, deux ou plusieurs distinctions se voient traitées per modum unius : le cas se présente sept fois dans le 1. I; trois fois dans le 1. II; une fois au 1. III; et, dans le 1. IV, pour les 37 dernières distinctions on ne trouve que cinq questions. François de Meyronnes ne comptera que 32 questions pour tout son Ier livre (que contient le Vatic. lat. 896); mais parmi elles sa xIve servira à expédier les dist. X-XVI; sa xve, les dist. XVII-XVIII; sa xxrr, les dist. XXV-XXVI: sa xxv!°, les dist. XXIX-XXXI et sa xxxn suffira à en couvrir onze : XXXVIII-XLVIIT. Il est vrai que pour compenser ceci, le nombre des articles et des subdivisions à l'intérieur de chaque question peut croître démesurément, atteindre 20, 25 ou même 100.

Il serait vain de prétendre établir des statistiques ou dresser des courbes; trop d'éléments d'appréciation font défaut. Mais il faut au moins retenir les grands traits de cette évolution : la place toujours plus considérable prise par les quæsliones qui, dès le début du xIve siècle, sont pratiquement seules à subsister, les dimensions toujours croissantes de celles-ci, qui s'étendent sur des pages et des pages, et se subdivisent en une multitude d'articles, considérations, corollaires, etc. En raison même de l’ampleur qu'elles revêtent, leur nombre se réduit au sein de chaque livre; et un commentaire ne comporte plus dans certains cas que deux ou trois questions sur le 1. II ou le ]. TIT.

C’est d’ailleurs à ce danger et à cet abus que prétendent parer les statuts universitaires parisiens de 1366-1389, par leurs articles 6 et 37 qui stipulent : Item quod legentes Sententias non tractent quæstiones aut malerias logicas vel philosophicas nisi quantum textus Sententiarum requirel, aut solutiones argumentorum exigent, sed moveant et tractent quæstiones theologicas speculalivas vel morales ad distincliones pertinentes. 37. Rursum staluimus ne sic super prologum et primum Sentenliarum insistant quin possint debile tractare malerias secundi, terlii et quarti Sententiarum ad distinctiones pertinentes.

Cet état de choses s'établit au moment où les exigences universitaires semblent diminuer, en ce qui concerne la lecture des Sentences; elle était auparavant de deux ans; elle ne dure plus qu'une année vers le milieu du xr1v* siècle. Le bachelier doit done lire les quatre livres dans l’espace d’une année scolaire. Dans quel sens se sont exercées les influences? Est-ce la réglementation officielle qui a modifié la forme des leçons; ou inversement? Il est difficile de le dire. On constate du moins la double évolution simultanée,

Il y ἃ lieu sans doute, pour expliquer en partie l'orientation imprimée aux commentaires sur les Sentences, d'invoquer l'importance toujours croissante prise dans l’enseignement par l'argumentation et la dispute sous toutes ses formes. Il y en a de nouvelles qui apparaissent au début du xrv° siècle : la sorbonnique, l’aulique; il y a les anciennes qui empiètent sur la leçon. On comprend que le bachelier soit tenté de faire comme le maître et de ne plus attacher d'im-

portance qu'à la quæstio qu'il enfle démesurément.

On le comprend d'autant mieux que, parallèlement à la lecture des Sentences, œuvre du bachelier, ont dû se développer des Quæsliones super Sententias, œuvre du maître. Leur présence est parfois diMcile à déceler, surtout en tant que distinctes du commentaire proprement dit. Elle est pourtant incontestable et remonte même assez haut. Un des premiers exemples qu'on en peut citer est contemporain de saint Thomas : ce sont les Questions proposées par Gérard d’Abbeville, suivant le plan des Sentences, mais pourtant sans aucun doute œuvre de maître. Or, le maître ne «lit » pas les Sentences, mais la Bible. Rien ne l'empêche par contre de choisir comme thème de ses disputes ordinaires des sujets suggérés par des distinctions mêmes du Lombard. Il semble bien que ce soit le cas ici, dans les questions que conserve le ms. de Paris, Bibliothèque nationale, lat. 15 906. Voir P. Glorieux, Pour une édition de Gérard d’ Abbeville, dans Recherches de théol. anc. el médiév., t. 1x, 1937, p. 74-78. Mais,

* devant des productions de ce genre, on est en droit

d’hésiter et de se demander si c’est à un authentique commentaire que l’on a affaire ou à des Questions dispulées, organisées selon son plan; ou peut-être à une forme intermédiaire, celle qui semble avoir excité la colère de Roger Bacon quand il se plaint dans son Opus minus que le texte des Sentences supplante dans l’enseignement théologique le texte sacré.

On en trouve un autre exemple, très net également, un peu plus tard. Il est fourni par Pierre-Jean Olieu qui, en plus du commentaire authentique qu’il lut en tant que bachelier, retient à son actif une série considérable de questions, si bien groupées suivant les distinctions du Lombard, qu’on a pu les considérer comme constituant par exemple son commentaire sur le 1. II des Sentences. V. Doucet a démontré que c’est en réalité une œuvre distincte dont la rédaction produit en effet cette impression, mais qui est plus exactement une série de Questions disputées sur les Sentences.

L'étude de ce genre littéraire n’a pu encore être entreprise méthodiquement. Elle réserve sans doute plus d’une surprise. Qui sait par exemple si ce n’est pas à ces catégories que se ramèneront des Quæsliones speculativæ super Sentlentias, comme celles qu’on découvre chez Jean Baconthorp en marge de son commentaire sur les Sentences? Il est probable en tout cas qu'on y verrait l'influence exercée par ces Quæstiones sur la lecture même des Sentlences, et qu'on les trouverait plus ou moins à certaines étapes de l’évolution dont les grandes lignes ont été suggérées ici : texte glosé; texte commenté; questions émergeant du texte en nombre toujours plus grand; distinctions réduites aux seules questions; distinctions supprimées au profit de quelques questions hypertrophiées.

111. IMPORTANCE DOCTRINALE ET UTILISATION. — Il faut évidemment tenir compte de cette évolution pour apprécier à leur juste valeur soit l’ensemble de cette production théologique dont les nombreux

À témoins sont une de nos meilleures sources d’infor-

mation sur la pensée médiévale, soit l’œuvre particulière d’un auteur donné. Pendant un siècle surtout, depuis que la lecture des Sentences se vit élevée à la hauteur d’une institution officiellement reconnue par l'Université, cet exercice scolaire avec les formes rédactionnelles qui nous le transmettent, présente un intérêt de tout premier ordre. Ensuite, et cela dès le milieu du xive siècle, parce qu'il se réduisit trop exclusivement à quelques questions choisies, le commentaire manque à son but premier; son utilité, tout en demeurant réelle, se rapproche davantage de celle qu'on peut tirer par exemple des Queslions dispulées. C'est donc surtout aux commentaires sur les Sentences

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IMPORTANCE 18578 dans la première partie de leur histoire que s’appliquent les remarques suivantes.

L'intérêt qu'ils présentent est double : pour l’étude des positions doctrinales d’un auteur; pour l'étude plus générale de la pensée théologique et de son progrès au Moyen Age.

1° Pour l’élude doctrinale d’un auteur. Les commentaires sur les Sentences sont des plus précieux, tout d’abord, pour connaître la pensée théologique d’un auteur, pour suivre son évolution, pour apprécier son originalité. Connaître sa pensée théologique tandis que les autres œuvres seront le plus souvent ou des études partielles ou des écrits de circonstance, le commentaire a l’avantage de livrer la pensée de son auteur sur tout l’ensemble des problèmes théologiques. On ἃ vu plus haut comment c'était là précisément le but visé par cette lecture imposée au bachelier entre la prise de contact, encore élémentaire, du bachelier biblique avec les Livres saints et l’exposé autorisé de ces mêmes livres par le maître régent. Les Sentlences de Pierre Lombard furent choisies parce qu’elles permettaient, qu’elles obligeaient même à prendre contact avec tous les problèmes que pose l’enseignement théologique. Il n’est aucune des questions importantes et même brûlantes qu’elles n’abordent et que le bachelier ne doive par le fait aborder au cours de ses deux années d’enseignement. Pour peu qu’il soit personnel et qu’il ait la volonté de prendre position dans les questions controversées, on a dans son commentaire le reflet, la manifestation authentique de toute sa pensée. D’une pensée organique; car non seulement les problèmes s’appellent et se commandent objectivement, mais le plan même des Sentences oblige à prendre conscience de ces interdépendances ; et leur lecture suivie, relativement rapide, puisqu'elle ne dure que deux ans, réclame la cohérence dans les idées. Or, on l’a vu également, ce travail du bachelier n’est pas improvisé. Il est le résultat de réflexions personnelles, provoquées par les leçons auxquelles l’étudiant a assisté pendant de longues années déjà. C’est bien une synthèse, mûrement préparée et mise au point, qu’on trouve là. On peut donc la considérer comme telle; et il n’y a point de document comparable à celui-là pour connaître exactement la pensée d’un futur maître en théologie sur l’ensemble des problèmes dogmatiques, ou moraux, ou philosophiques, ou canoniques que comporte la science sacrée.

Son tempérament intellectuel, d’ailleurs, s’y révèle assez rapidement, en raison précisément de cette variété de questions auxquelles il doit fournir réponse. Le 1. Ier, avecses considérations sur Dieu, sa nature, la Trinité, s'ouvre aux spéculations théologiques les plus hardies et aux considérations métaphysiques aussi; le 1. II, par son étude de l’œuvre des six jours, et de l’homme qui la couronne, se prête davantage peut-être aux problèmes de cosmologie et de psychologie surtout ; le 1. III, en étudiant le Christ et sa venue dans les âmes, le traité des vertus et celui des commandements, touche à de graves problèmes dogmatiques ou moraux; quant au 1. IV, il est, avec son traité des sacrements, la terre d’élection des canonistes. Chacun aborde donc cette lecture des Sentences avec ses préoccupations et ses préférences et s’épanouit, à son insu peut-être, dans le livre ou les distinctions qui répondent davantage à ses goûts. Tel est le sens de l’appréciation portée par Ange de Camerino dans sa préface au commentaire de Gilles de Rome Zn 1155 Sententiarum (éd. 1581) : in primum excellit Scotus; in secundum Egidius; in lertium Bonaventura; in quarlum Richardus de Mediavilla. L'étude attentive des Sentences permettrait même de retrouver, outre la pensée explicite, le tempérament peut-être moins affiché, mais présent cependant, de l’auteur.

Elle fournit aussi le meilleur point de repère pour déterminer l’évolution de sa pensée théologique. On trouve là le point de départ certain, le {erminus a quo incontestable. Souvent le commentaire peut être daté avec la dernière des précisions. Par ailleurs on a en lui une base de départ très étendue, puisque l’auteur ἃ dû y toucher à tous les problèmes et que ses silences eux-mêmes sont significatifs. Comme il est œuvre de bachelier, il s'inscrit tout au début de la production littéraire, antérieur aux Questions disputées, aux travaux d’exégèse et aux œuvres de plus longue haleine. C’est donc de lui qu’il faut partir pour apprécier les changements que l’auteur apportera dans son enseignement, les nuances qu’il y mettra, les aperçus nouveaux peut-être qu'il insérera. Il est le terme de comparaison permettant de mesurer les progrès et les acquisitions, parfois aussi les régressions et les abandons, quand des audaces de jeunesse ou des positions hasardées sont,-après réflexion et confrontation, jugées moins sûres. Le vrai travail de l’historien consisterait alors à rechercher les raisons qui ont amené ces progrès ou cette évolution, et les influences qui se sont exercées sur le maître en théologie. Ou bien encore, parce qu'il n’y ἃ pas toujours changement, à souligner la fidélité que, d’un bout à l’autre de sa carrière, le maitre ἃ gardée à ses positions de bachelier. Ce serait alors implicitement vanter la vigueur de pensée et l'originalité de ce dernier.

D'ailleurs cette originalité de la pensée est le troisième et non le moindre des renseignements que fournit l’étude des commentaires sur les Sentences. Elle suppose cependant qu’on l’ait menée par comparaison avec les autres productions contemporaines ou antérieures. Sans doute, dans certains cas l’originalité éclate d’elle-même; les réactions que provoque l'apparition d’un commentaire donné, les dénonciations ou les attaques dont il est l’objet, les polémiques qui s'engagent à son sujet attirent suffisamment l’attention; ce sera le cas d’un Gilles de Rome, d’un P.-J. Olieu, d’un Durand de Saint-Pourçain, d’un Jean de Mirecourt, etc. Mais il n’en est pas toujours ainsi. Pourtant les commentaires ne sont pas tous semblables et, dans le cadre général qui leur est imposé à tous, l'initiative personnelle demeure très large. C’est elle qu’il faut rechercher et découvrir. On ne le peut qu’en confrontant un ouvrage avec ceux qui l’ont précédé ou qui lui sont contemporains.

Cette étude comparative pourra être poussée assez loin, et ne devrait négliger ni la forme ni le fond. Ce sera parfois dans la présentation que le bachelier innovera, dans la répartition différemment ordonnée des trois éléments de la leçon, dans ses formules aussi. Ce sera surtout dans le choix même des questions qu'il pose à l’intérieur de chaque distinction : des problèmes apparaissent brusquement que personne n'avait encoré songé à soulever, ou du moins n’avait osé ni voulu toucher; d’autres, par contre, qui étaient communément abordés dans les écoles voisines, sont volontairement passés sous silence ou traités négligemment. C’est dans ces détails déjà que s’aflirme une pensée personnelle, que se trahissent aussi des préoccupations ou des curiosités nouvelles, et que se manifeste le désir d'échapper à certaines tutelles ou à certains cadres. Tout cela est significatif. L'introduction parfois d’une simple question, ou le rattachement d'un problème à une place où nul n'était habitué à le traiter peut constituer une véritable révolution et indiquer toute une façon neuve de penser la théologie.

Il y faut ajouter enfin, à l’intérieur même de chaque question, cette fois, les positions doctrinales prises par le bachelier, les solutions auxquelles il s'arrête et celles qu'il rejette; les arguments dont il fait état et les réponses qu'il apporte aux objections articulées contre

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IMPORTANCE 1880 sa thèse. C’est là que se découvre le vrai jeu des influences qui s’exercent, comme aussi des émancipations qui s’aflichent, des emprunts faits à bon escient et des apports personnels plus ou moins prononcés. Cela suppose évidemment qu'on connaisse bien l’état de la pensée théologique et des principaux débats en cours au moment où se forme l’auteur que l’on étudie. Toute monographie sérieuse pourtant devrait se livrer à ce travail avant de prononcer un jugement sur la personnalité ou l'originalité de celui qui en est l’objet. Qui ne voit comment pour ce travail fort délicat sans aucun doute, le commentaire sur les Sentences, à cause de l’ampleur des problèmes qu'il aborde, est la plus précieuse et la plus riche source d’information”?

20 Pour l’élude du mouvement théologique. — Ce qui est vrai d’un auteur particulier, l’est également et plus encore peut-être de la pensée théologique en général, de son progrès et de son évolution. Dans cette étude encore les commentaires sur les Sentences sont appelés à rendre des services inappréciables. à

Ne serait-ce d’abord qu'en raison de leur structure uniforme, qui permet immédiatement les rapprochements et comparaisons désirables, et de leur répartition régulière à travers toutes les périodes que l’on souhaite étudier. Veut-on par exemple suivre le développement d’une doctrine comme celle des dons du Saint-Esprit et de leur classification, il suffit d'interroger les commentaires sur le 1. III, à la distinction XXXIV surtout. Désire-t-on connaître l’enseignement des scolastiques sur le sujet d’inhésion de la grâce et des vertus, on trouvera une documentation abondante dans le même livre, à la distinction précédente, ou à la dist. II. Voir sa parfaite utilisation par Th. Graf, De subjecto physico graliæ et virtutum, dans Studia Anselmiana, Rome, 1935. Et il suffit de se reporter au gros ouvrage de M. Schmaus, Der Liber Propugnatorius des Thomas Anglicus und die Lehrunterschiede zwischen Thomas von Aquin und Duns Scotus, Munster, 1930, pour voir combien les distinctions VI, XII, XXVI, XXVII et d’autres encore du 1. Ier, lorsqu'elles sont étudiées à travers toute une série d’auteurs, fournissent de précisions sur l’idée de relation, sur la distinction entre les attributs divins, etc. Pour peu que ces documents soient classés chronologiquement et leurs influences réciproques établies, il devient possible de prendre sur le vif les progrès ou les fluctuations de la pensée théologique sur un point donné.

Or, c’est sur tous les points qu'on pourrait ainsi retracer l’histoire de son développement; puisque tous sont traités chez tous. On n’a pas qu'une documentation fragmentaire, comme serait celle par exemple qui ne s’appuierait que sur les Questions disputées. 11 y 2, à pied d'œuvre, de vraies richesses à exploiter. Des monographies savantes multipliées à propos des principales doctrines, rendront possible une large étude d’ensemble.

Mais déjà avant d'entrer dans les détails des doctrines théologiques, il est une première orientation plus immédiate que les commentaires fournissent. La théologie s’y rend témoignage à elle-même; elle s'y définit; elle y dit ses ambitions, ses méthodes, son objet. A mesure qu’elle prend conscience de ses possibilités ou de ses devoirs, elle en fait l’aveu explicite. Il s’agit, on le devine, des toutes premières questions par lesquelles s'ouvre le premier livre des Sentences : soit à l’occasion du principium, destiné à faire l’éloge de la science sacrée et à indiquer ses prétentions, soit à l’occasion du prologue de Pierre Lombard. Le bachelier s’y applique doublement : car c’est sa prise de contact avec l’enseignement et en même temps sa profession de foi en cette discipline à laquelle il se

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