SCHOTT andré, jésuite belge
Né à Anvers, il fit ses études, d’abord dans sa ville na tale, puis à Louvain, où il se lia avec les grands huma nistes belges d’alors, en particulier avec Juste Lipse. Il enseignait déjà la rhétorique dans un des collèges de la célèbre Université, lorsqu’en 1576 les troubles politico-religieux qui secouèrent si fort les Pays-Bas lui firent quitter sa patrie. Il s’arrèta quelques mois à Douai, séjourna près de deux ans à Paris, se plaisant dans la société des savants philologues de l’époque, Pithou, Passerat, Casaubon, Scaliger, et, en 1579, se décida à pousser jusqu'en Espagne. Il devait y rester
1575 SCHOTT (ANDRE) — plus longtemps qu'il n'avait prévu. C'est en Espagne, qu'après avoir successivement promené sa curiosité à Madrid, Alcala, Tolède, Salamanque, Saragosse, et enseigné dans ces trois dernières villes la rhétorique et la langue grecque, il entra enfin dans la Compagnie de Jésus en septembre 1587 (non en 1586, comme portent plusieurs de ses notices), âgé de trente-quatre ans et prêtre depuis 1584. Il avait déjà à son actif plusieurs ouvrages consacrés aux auteurs de l’antiquité; entre autres, une édition de Pomponius Mela. Mais bien plus importants étaient les matériaux qu'il avait accumulés au cours de ses pérégrinations. Car, à une connaissance peu commune des classiques latins et grecs, il joignait la passion d'améliorer le texte reçu de leurs œuvres, en recourant aux bons manuscrits qu’il pouvait se procurer. Son noviciat achevé, et ses études théologiques complétées à Valence, Schott passa au collège de Gandie, où il demeura trois ans. Ce furent les dernières années de son séjour dans la péninsule. En 1594, il quittait l'Espagne et se rendait au Collège romain. Là, on lui confia la chaire de rhétorique. On lui donna en outre toute facilité pour poursuivre ses travaux d’érudition. Mais le climat ne lui convenait pas. Peut-être aussi aspirait-il à revoir son pays qu’il avait quitté depuis plus de vingt ans. Après trois années de vie romaine, il venait s’établir au collège d'Anvers, où il partagea désormais son temps entre le professorat, la publication de divers ouvrages et un échange assidu de lettres avec tout ce qu’il y avait alors d’humanistes en Europe, sans distinction de nationalité ni de croyance.
Parmi les œuvres de cet infatigable travailleur, la plus grosse part intéresse surtout les belles-lettres, la philologie, la numismatique, la bibliographie ou l’histoire profane. Il n’y a pas à en faire état dans ce Dictionnaire. Voir Sommervogel. Mais le P. Schott a bien mérité aussi de la patristique. On lui doit notamment en ce genre : B. Hieronymi epistolarum selectarum libri tres, Tournai, 1610; S. Cyrilli Alexandrini Glaphyra in Pentateuchum... græce et latine, Anvers 1618 (la traduction latine, utilisée par J. Aubert dans son édition de Paris 1638, se retrouve dans P. G., t. LXX); 5. Isidori Pelusiotæ epislolæ hactenus ineditæ, Anvers, 1623. A signaler également diverses contributions à la Bibliotheca Patrum de Paris, 1614, et à la Bibliotheca magna Patrum de Cologne, 1618 : détail dans Sommervogel, col. 888 et 894; une édition de l’Itinéraire du pèlerin de Bordeaux : Itinerarium Antonini Augusti et Burdigalense, Cologne, 1600; et une édition d’un traité ascétique du Moyen Age : Philothei Rogerii, Ep. Londinensis, de contemptu mundi, sive de bono paupertalis, Cologne, 1619 (traité qui n’est d’ailleurs pas de Roger de Londres, ainsi que l’a établi Mgr Malou. Cf. Sommervogel, col. 895). Enfin le P. Schott, qui avait publié en 1598 une traduction latine de la Vie de S. François de Borgia par Ribadeneira, donna encore un petit opuscule moral, composé par lui à temps perdu et plein de saveur : De bono silentii, Anvers, 1619.
Nicéron, Mémoires pour servir à l’histoire des hommes illustres, t. XXV1, 1734, p. 61-83; Foppens, Bibliotheca belgica, t. 1, 1739, p. 56; Baguet, Notice biographique et littéraire sur André Schott, dans Mémoires de l'académie royale de Belgique, t. XXu1, n. 1848; Sommervogel, Bibl. de ἴα Comp. de Jésus, t. vir, 1896, col. 864-904; Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. 111, col. 803-807; Biogr. nat. de Belgique, t. ΧΧΤῚΙ, 1914, p. 1-14; H.-A. Poncelet, Hist. de La Comp. de Jésus dans les anciens Pays-Bas, t. 11, 1927, p. 498-500 et 527.
J' DE BLIC.
2. SCHOTT Pierre (1458-1490), chanoine à Strasbourg. — Originaire d’une des familles les plus considérées de Strasbourg, Pierre Schott apprit les rudiments de la grammaire latine et de la dialectique à l’école de Sélestat, où régnait encore l'esprit et la méthode scolastiques. I1 passa trois ans à Paris (1473-