‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 17 sur 457 · SCHRADER (CLÉMENT) — SCHULTE (J.-F. VON · texte numérisé non relu

SCHRADER (CLÉMENT) — SCHULTE (J.-F. VON

théologien catholique avait cet honneur. Les difficultés qu’il eut avec l'archevêque de Cologne en 1907 étaient d'ordre administratif et ne concernaient pas sa doctrine qui fut toujours correcte. L'année suivante, par des articles publiés dans la Kôlnische Volkszeilung, il fit connaître en Allemagne les conclusions de son ami l'abbé Saltet, dans l'affaire Herzog-Dupin. Au cours des trente années de son enseignement à Bonn, à part quelques articles de revue, Schrôürs ne publia qu’un petit livre Sur l’éducalion et la formation des clercs (1910). Ce n’est qu'après sa mise à la retraite en 1916, qu'il donna sa mesure comme historien.

En 1922 parut son Histoire de la faculté de théologie catholique de Bonn, qui constitue une très importante contribution à l’histoire de la restauration catholique dans les pays rhénans et donne bon nombre de précisions sur Hermès et son parti. Sa monographie sur J. Braun, Un chef oublié du catholicisme rhénan, fournit de nombreux renseignements sur les disciples d’Hermès et sur leurs efforts pour défendre la doctrine de leur maître. Son étude sur Les troubles de Cologne (Koelner Wirren), qui parut en 1927, montre que l’attitude du gouvernement prussien envers l’archevêque de Cologne, von Droste zu Vischering fut déterminée en bonne partie par l'agitation hermésienne. Ces trois publications de Schrôrs ouvrent de nouveaux horizons pour l’histoire de la restauration catholique en Allemagne dans la première moitié du x1x° siècle. Schrürs préparait encore d’autres travaux concernant cette époque quand la mort interrompit son labeur, le 6 novembre 1928.

L'autobiographie de Schrôrs se trouve dans Religionswissenschaft in Selbstdarstellungen τ. 111, p.193 sq. (les appréciations qu'elle porte sur les autorités ecclésiastiques sont souvent trop sévères, parfois même? injustes). La Kôlner Kirchenzeilung (13 novembre 1938) donne d’intéressants détails sur l’enseignement de Schrürs à Bonn. Voir aussi l’article Schrôrs du Lexikon für Thzologie und Kirche, t. αν, col. 335.

G. FRirz.

SCHULTE (Jean-Frédéric von), canoniste alle-

mand.-— Von Schulte est né le 23 avril 1827 à Winterberg, en Westphalie; il se consacra à l’étude du droit civil et canonique. A vingt-si < ans, il était Privatdozent à la faculté de droit de Bonn et, deux ans après, il obtint la chaire de droit canonique et d'histoire du droit à l’université de Prague. Quoique laïc, il fut nommé conseiller de consistoire, c’est-à-dire juge synodal à l’officialité archiépiscopale de cette ville. Plus tard, il rappelait volontiers qu'il était le dernier laïc ayant siégé dans un tribunal ecclésiastique. Après le concile du Vatican, von Schulte, qui jusqu'alors avait été un ardent défenseur des droits de l’Église catholique, se rangea parmi les adversaires intraitables de l’infaillibilité pontificale et devint l’oracle canonique du parti vieux- ‘atholique. Il est l’auteur de l’organisation synodale et paroissiale de l’Église vieille-catholique. Voir l’art. ViEuUx-CATHOLIQUES. Transféré à la faculté de droit de Bonn en 1873, il fut élu député au Reichstag en 1874 et siégea parmi les nationaux-libéraux, qui étaient les partisans les plus décidés du Kulturkampf. Il prit sa retraite en 1906 et mourut à Obermais, près de Mérano, le 19 décembre 1914.

Von Schulte ἃ publié un grand nombre d'articles concernant des questions juridiques et canoniques; on leur reproche d'être élaborés un peu hâtivement. Durant sa période catholique, il donna un Droil canonique catholique (Katholisches Kirchenrecht) qui parut de 1856 à 1860 et un Manuel de droit ecclésiastique catholique οἱ protestant (Lehrbuch des katholischen und prolestantischen Kirchenrechltes ), dont la 4° édition est de 1896. Après 1870, il attaqua vivement l'Église catholique dans ses études sur : La puissance des papes romains, 3° édit. en 1896; Le célibat obligatoire, 1876, et

1581 SCHULTE (J.-F. VON) — Le vieux catholicisme, 1887. Son Histoire des sources el de la littérature canonique (3 vol., 1875-1878) lui assure une place d'honneur parmi les historiens du droit ecclésiastique. Ses mémoires, Lebenserinnerungen, 3 vol., 1908-1909, ne sont pas sans intérêt pour l'histoire religieuse et profane de la seconde moitié du x1x° siècle.

Lexikon [τ Theologie und Kirche, t. 1X, col. 353; Marie von Schulte, Fr. von Schulte Lebznsabend.

G. Frirz.

SCHULTING Corneille, liturgiste et controversiste hollandais, né vers 1540 à Zteinwyk, chanoine de Saint-André à Cologne, doyen de la faculté de théologie, mort à Cologne le 24 avril 1604.

PRINCIPAUX OUVRAGES : 1. Confessio Hieronymiana ex omnibus germanis B. Hieronymi operibus, Cologne, 1585, 4 vol. in-fol. — 2. Ecclesiasticæ disciplinæ libri VI de canonica et monastica disciplina collapsa restauranda pristinoque nitori reslituenda, Cologne, 1598, in-So, — 3. Bibliotheca ecclesiastica, seu commentaria sacra de expositione et illustratione missalis et breviartii. Cologne, 1599-1602, 4 vol. in-fol. Cet ouvrage est un essai de bibliothèque liturgique auquel il a manqué d'être mieux composé et plus ordonné pour mériter de prendre place à côté des grandes collections de Melchior Hittorp, de Pamélius, etc. Néanmoins on y trouve des documents qui ne sont pas dépourvus de valeur, particulièrement au t. IV, consacré aux liturgies protestantes. — 4. Bibliothecæ catholicæ et orthodoxæ contra summam totius theologiæ calvinianisltæ in Institutionibus Joannis Calvini et Locis communibus Petri Martyris, breviter comprehensa : vel potius variarum lectionum et contra 1 (11) librum Institutionum Joannis Calvini tomus 1 (11), Cologne, 1602, 2 vol. in-40, — 5. Thesaurus antiquitatum ecclesiasticarum e VII prioribus Annalium Baronii lomis contra centuriatores Magdeburgenses ac calvinistas, Cologne, 1599 sq., 7 vol. in-12 (le titre varie d’un tome à l’autre). — 6. Hierarchica anacrisis animadversionum el variarum lectionum libri 11, quibus varit de politia ecclesiastica calvinistarum libri... convelluntur, Cologne 1604, in-fol., liste raisonnée des colloques des difrérentes sectes protestantes; l’intention de Schulting est de montrer combien ces colloques sont différents des synodes catholiques. — 7. De horis ofjicii B. M. V.,

Allgemeine deutsche Biographie, t. xxx11, Leipzig, 1891, p. 701; Nouvelle bibliothèque germanique (protestante), Amsterdam, 1746-1760, τ. xx11, p. 194; Bayle, Dictionnaire historique et critique, t. αν, 1730, p. 170-172; Moréri, Grand dictionnaire historique, édit. de 1759, t. νι, p. 283; Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des Pays-Bas, t. xvu, Louvain, 1770; R. Simon, Bibliothèque critique, ἃ. τι, p. 263-283; les biographies de Feller, Michaud, Hoefer, au mat Schulting; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. τν, col. 598- 599; Roskoväany, Romanus pontifez Primas, Nitra, t. 11, 1867, p. 508-511; t. vi, 1873, p. 551; le même, B. Maria virgo in suo conceplu immaculata ex monumentis omnium sæculorum demonstrata, Budapest, 1873, t. 1, p. 382-383; t. ut, Ὁ. 15; le même, Cælibatus et Breviarium, t. v, Budapest, 1861, p. 1118.

J. MERCIER

SCHUNCK Ignace, jésuite bavarois. — Né en 1719, entré dans la Compagnie en 1737, il professa l’exégèse, la théologie dogmatique et polémique au collège d’Amberg et mourut en 1795. Il écrivit De religione legis naturæ et posilivæ divinæ, Litteris Salemitanis, 1766; Notio dogmalica 5. Scripluræ, Landshut, 1772, comprenant, pour les deux Testaments, l’étude des auteurs, des sujets, du canon, des idiomes, des versions, de la vérité, de la divinité, de l’authenticité, de l’interprétation, du sens et de la lecture.

Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vx, col. 956; Hurter, Nomenclator, 3° éd.,t, v, col. 87.

A. RAYEZ

SCHWALM (SALVADOR) 1582

SCHWAAN Pierre, jésuite rhénan. —— Né en 1728, il entra au noviciat en 1744, enseigna la philosophie à Wurtzbourg et le droit canonique à Bamberg; il devint curé après la suppression de la Compagnie. Il publia Efhica slylo scholastico concinnala οἱ nolis variis illustrata, Wurtzbourg, 1755; 4° édit., revisée et augmentée, Francfort, 1771; manuel destiné à de jeunes élèves de philosophie à qui les grandes lignes suffisent, dit Schwaan dans ses prænoliones, parce que l’usage de la vie complétera heureusement ces premières notions. L’allure générale et l’exposé ne sont point sensiblement différents des manuels modernes : écrit avec clarté, l’auteur donne une grande place à la casuistique et cite abondamment les écrivains ecclésiastiques et hétérodoxes. Schwaan édita encore en 1773 une Dissertalio de bonæ fidei possessore.

Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vit, col. 938;

t. 1x, col. 817; Hurter, Nomenclalor, 3° 6d., t. v, col. 210. A. ΒΑΥΕΖ.

SCHWALM Salvador, né à Nancy le 15 octobre 1860, mort à Pass-Prest, près de Nice, le 7 novembre 1908. — Il avait fait profession dans l’ordre des frères prêcheurs le 15 septembre 1879, sous le nom de frère Marie-Benoît. Sa santé ne lui permit pas de produire une œuvre théologique considérable par l'étendue : il Jaissa à sa mort, publiés ou prêts à l'impression, la matière de plusieurs volumes et de nombreux articles.

Le P. Schwalm est surtout connu pour avoir apporté la philosophie morale de saint Thomas à la Science sociale de Le Play. Il s'était lié avec l’abbé de Tourville. Plus tard, sans jamais se séparer de ses amis de la Science sociale, il suivit une voie personnelle plus théologique. Le fond de sa pensée se trouve dans les deux volumes intitulés : Leçons de philosophie sociale (t. x : La philosophie sociale : la famille; t. 11 : Le patronat el les associations. La société politique), Paris, 1911, in-12, réédition partielle en 1938 sous le titre L'Église et l'État. Des études approfondies ont été données icimême par le P. Schwalm : COMMUNISME, t. 111, 00]. 574- 595; CORPORATIONS, col. 1867-1879, et surtout DÉMo- CRATIE, t. IV, col. 271-321.

I1 semble que la pensée du P. Schwalm ait été plus vigoureuse encore lorsqu'il s’est donné pour tâche, spécialement en divers articles de la Revue thomiste, de préciser les bases métaphysiques d’une théologie qui veut être rigoureusement orthodoxe. Son étude L’acte de foi est-il raisonnable ? parue dans la Revue thomiste en 1896, rééditée en brochure en 1911, mérite de devenir classique. Non seulement elle a eu un rôle historique pour accentuer la réprobation des théologiens contre certains modernismes, mais elle rendrait les plus grands services à qui voudrait utiliser les textes de saint Thomas pour situer dans les cadres du plus solide intellectualisme les remarquables intuitions du cardinal Newman concernant 1᾿ « assentiment ».

De même, dans un autre article intitulé Les illusions de l’idéalisme et leurs dangers pour la foi, dans Revue thomiste, 1896, le P. Schwalm signalait, par une analyse irréfutable, le caractère imparfait de la philosophie blondélienne. Le P. Schwalm renonça plus tard à la polémique qu’il avait engagée. Il n’avait pas changé d'opinion, mais il voulait ménager des esprits sincères et qu’il espérait capables de revenir à l’orthodoxie thomiste. Il est probable qu’il demeurerait dans les mêmes dispositions s’il assistait aux controverses de l'heure présente.

Le P. Schwalm a laissé aussi divers ouvrages de vul garisation élevée : La vie privée des juifs à l’époque de Jésus-Christ, 1910; Le Christ d’après saint Thomas d'Aquin, 1910, etc.

A. Gardeil, Le Père Scluvalm, Paris, 1911.

Μ.-Μ. GORCE.

1583 SCHWANE (JOSEPH)

SCHWANE Joseph, théologien allemand (1824- 1892). — Né à Dorsten en Westphalie le 2 avril 1824, il fut ordonné prêtre en 1849. Privatdozent à la faculté de théologie de Munster-en-Westphalie en 1853, il obtint la chaire de morale et d'histoire des dogmes à cette même faculté en 1859. En 1881, il opta pour la chaire de théologie dogmatique qu'il conserva jusqu’à sa mort laquelle survint le 6 juin 1892.

Schwane est le premier théologien catholique allemand qui ait publié une Histoire des dogmes, 4 vol., 1862-1890; 2e édit., 1892-1895. A vrai dire, le travail de Schwane ne donne pas une véritable histoire des dogmes, mais une théologie dogmatique conçue pour ainsi dire sub specie historiæ. Les différents traités dogmatiques y sont présentés dans l’ordre habituel des manuels de cette époque. Ils exposent les conceptions théologiques des écrivains ecclésiastiques ainsi que les décisions du magistère depuis les apôtres jusqu’à nos jours. Le t. 1 est consacré aux temps antérieurs au concile de Nicée, le t. 11 à l’époque patristique proprement dite, qui va du concile de Nicée à saint Jean Damascène; le t. ΠῚ s'attache à la théologie du Moyen Age et le t. 1v à celle des temps modernes. La documentation de Schwane est sérieuse à notre avis elle doit beaucoup à Petau — et son Hisloire des dogmes est encore susceptible de rendre de sérieux services. L’histoire des dogmes a été traduite en français, t. 1 (période anténicéenne), par l’abbé P. Belet; les cinq autres volumes (t. 11 et 111, période patristique; t. 1v et v, Moyen Age; t. νι, Temps modernes), par l’abbé A. Degert, Paris, 1886, 1903-1904. De plus Schwane a publié une monographie sur Les contrats, 1871; une Morale spéciale, 3 vol., 1873-1878 et une Morale générale, 1885, ainsi qu’une étude sur Le sacrifice eucharistique,

Lexikon für Theologie und Kirche, t. 1x, col. 364. G. FRirz.

1. SCHWARZ Ignace, jésuite et historien bavarois. — Né en 1690, entré dans la Compagnie en 1707, il enseigna la philosophie. En 1727, l’électeur Charles- Albert le nomma premier professeur d’histoire universelle à l’université d’Ingolstadt ; il y connut de grands succès et mena ferme la lutte contre les protestants; à partir de 1740, il gouverna les collèges de Fribourgen-Brisgau, Soleure, Lucerne et Elwangen; il mourut en 1763.

De son œuvre philosophique, il faut retenir son Peripalelicus nostri lemporis, seu philosophus discursivus, per discursus symbolo-physicos, ad discursum, juxla sanclorum philosophorum exempla, pie curiosum instruclus, pars ] seu microcosmus, pars 11 seu macrocosmus, Fribourg-en-Brisgau, 1724; 3° éd., illustrée, Ingolstadt, 1755. Sous forme de dialogue entre Nelander et Leucotheus, Schwarz traite notamment : De principiis et principibus philosophiæ, de Deo rerum omnium principio, de anima, de corpore, de aure οἱ oculo, de somno el somnio, de principiis physiognomiæ, de lempore el æternilate, de mundo cælesti, de magia (astrologica, diabolica, physica, arlificiali), de brutorum discursu, de monstris, de liberlalte indifferentiæ eliam in statu naturæ lapsæ (attaque contre l’« hydre » janséniste).

Les plus appréciées de ses œuvres historiques sont les Collegia historica, seu quæstiones historiæ criticæ, Ingolstadt, 1734-1737, en 9 vol. Cet ouvrage se présente comme le manuel de l’étudiant catholique au xvine siècle. Il a en effet l'intention de fournir les arguments nécessaires et adéquats qui permettront de répondre victorieusement à la science historique des protestants. Toutes les questions politiques, polémiques, juridiques, canoniques, dogmatiques ont été abordées par eux; bien mieux, ils passent pour histo-

riens classiques. Il est grand temps de faire de l’histoire, non pas de s’attarder aux nomenclatures, aux statistiques, aux faits pour eux-mêmes; il s’agit — et Schwarz a bien en ce domaine l'impression d’être un précurseur — de faire de la crilique historique. Tout au long de ses neuf tomes, il ne poursuivra pas d'autre but que de donner à ses étudiants une méthode de travail et des éléments de recherche; méthode et recherche qu'il applique lui-même à toutes les difficultés chronologiques que présentent les deux Testaments; puis, successivement, après un savoureux traité de géographie générale, il expose l’histoire des royaumes de Gaule, d’Alsace, de Lotharingie et de Germanie (les prétentions impériales des historiens allemands sont confrontées avec les revendications françaises). Mais tout l'intérêt, on le sent, est concentré sur le drame protestant; la polémique protestante aflleure à tout instant : influence de la Réforme sur les destinées de l'Empire romain germanique, rapports du spirituel et du politique sous la monarchie chrétienne et sous la monarchie protestante, décadence de Rome, doctrines des jésuites sur le tyrannicide et la soumission aux pouvoirs établis. Schwarz composa encore des Znstituliones juris publici universalis naturæ οἱ gentium, 1741, 3 vol. in-8° (résumé en un volume en 1743), réimprimées en 1760, ouvrage non moins apprécié que les Collegia.

On voit assez le trésor de connaissances accumulées dans les livres de Schwarz : tout ce qu’on pouvait savoir, au xvire siècle, en fait de géographie, d'histoire profane et ecclésiastique, de controverses protestantes, de droit public, bref, les principales questions difficiles de l’époque ont été réunies là, discutées, leurs documents critiqués, leur interprétation donnée, les faux et les interpolations découverts; mine inépuisable dont ne pourront plus se passer les exégètes, les historiens, les juristes et les controversistes.

SCHWARZ (MEINRAD)

Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vix, col. 946- 949; t. ΧΙ, col. 1791; E.-M. Rivière, Additions et corrections à la Bibl. de la Comp. de Jésus, Toulouse, 1911-1930, col. 1218; de Guilhermy, Ménologe de la Comp. de Jésus, Germanie, [τὸ série, t. 11, p. 340; Huürter, Nomenclator, 3° éd., t.1v, col. 1510-1511; B. Dühr, Geschichte der Jesuiten in den Ländern deutscher Zunge, t. αν b, p. 38 et passim; Ch. Verdière, Histoire de l’université d’Ingolstadt, τ. 11, Paris, 1887, p. 602.

A. RAYEZ

2. SCHWARZ Meinrad, frère mineur conventuel suisse (xvine siècle). — Né en 1690, à Giffers en Suisse, il fit profession en 1710, et fut lecteur de droit canonique à Fribourg en Suisse. Il est très douteux qu’il ait professé le droit canonique à l’université de Fribourg-en-Brisgau, comme le soutient D. Sparacio, Frammenti bio-bibliografici, Assise, 1931, p. 173. Ce serait donc aussi à Fribourg en Suisse qu’il faudrait placer en 1728, les deux fameuses disputes sur les matières controversées par rapport aux cinq livres des Décrélales de Grégoire IX. L’exposé de ces disputes avec leurs conclusions fut publié dans Sacra jurisprudentia, sive asserliones principaliores el magis controversæ secundum quinque libros Decrelalium Gregorii IX, per rationes et auctorilales utriusque juris, ac doctorum primi, medii el nostri ævi responsa strictim elucidatæ, Fribourg, 1728, in-8°, xvi-176 p.-— Meinrad Schwarz mourut à Wurzbourg le 14 mars 1745.

On doit à Meinrad Schwarz cinq écrits polémiques : Theses ex universa philosophia; De angelis; De Deo uno et trino; De crealione angelorum ou Angelus crealus; De una et magna deitate. Ses principaux ouvrages se rapportent toutefois au droit canonique : Sacra jurisprudentia déjà citée; Prolegomena jurium ac controversiæ principaliores seleclæ ex quinque libris Lecrelalium, Fribourg, 1729; Commentarium in regulas

juris in Sexto, ibid., 1730; Collegium universi juris canonici du bénédictin L. Engel, rédigé en manuel, ibid., 1738, ou 1728, d’après D. Sparacio, op. cil., p. 174 et H. Hurter, Nomenclator lilerarius, 3° éd., t. 1v, col. 1603, ἢ. 2.

K. Eubel, Geschichte der oberdeutschen Minorilen-Provinz, Wurzbourg, 1886, p. 129; B. Fleury, dans Archives de la Soc. d’hist. du canton de Fribourg, t. vart, 1907, p. 344; D. Sparacio, Frammenti bio-bibliografici di scrittori ed autori minori conventuali dagli ultimi anni del 600 al 1930, Assise, 1931, p. 173-174 et dans Miscellanea francescana, t. XXX, 1930, p. 59-60; V. Schwarzwälder, Schwarz Meinrad, dans Lexikon f. Theol. u. Kirche, 2° éd., τ. 1X, Fribourg-en-Br., 1937, col. 367; K. Eubel, Die 700 jährige Niederlassung der Franziskaner-Minoriten zu Würzburg, dans Franzisk. Studien, t. vIxt, 1921, p. 37.

SCHWARZ (MEINRAD) —

A. TEETAERT.

SCHWEDERICH Jacques, appelé aussi Suederick, Schnederich, Schnederick, Swegerich, Swederich, frère mineur allemand du xvr siècle, qui s’est distingué par son opposition à Luther. — Originaire de Torgau, il entra dans l’ordre des mineurs de la province monastique de Saxe, probablement au couvent de cette ville. Voir F. Doelle, O. F. M., Der Klostersturm von Torgau, Munster-en-W., 1931, p. 56, n. 4. Ordonné prêtre en décembre 1502, il fit un court séjour à l’université de Wittenberg puis à celle d’Erfurt, où il prit le doctorat le 14 février 1519. Voir Motschmann, Er/ordia literata, t. τι, Erfurt, 1733, p. 25.

Il exerça ensuite la charge de lecteur en théologie et combattit avec énergie par la parole et par la plume Luther et sa réforme. Ainsi il défendit au chapitre provincial de Wittenberg, en 1519, contre Luther, l’authenticité des stigmates de saint François. Cette dispute porte le titre de Quæstio disputata de S. Francisci stigmalibus contra Lutherum, et Luther en fait mention d’une façon très défavorable dans une lettre qu'il écrivit à Jean Staupitzle 3 octobre 1519. Cf. E.-L. Enders, Dr. Martins Luthers Briefwechsel, t. 11, 1887, p. 282. En 1523, quand il était déjà custode de la custodie de Meissen, Jacques Schwederich fut attaqué par écrit par le franciscain Jean Briesmann, contre lequel il avait dû sévir à cause de ses propensions marquées vers la Réforme, à laquelle il passa d’ailleurs vers la fin de 1522. Voir F. Doelle, Das Wittenberger Franziskanerkloster, dans Franzisk. Studien, t. x, 1923, p. 284-285.

En qualité de custode de Meissen, J. Schwederich eut sans cesse des difficultés avec les protestants, qui, non seulement attaquaient continuellement les religieux des couvents de sa custodie, mais les persécutaient jusque dans leurs couvents et les obligeaient à les quitter. Cependant un des soucis les plus graves du custode était l’abandon de l’ordre et l’apostasie de quelques-uns de ses sujets. Aussi, pour réfuter toutes les accusations portées par les protestants contre la vie religieuse et engager ses confrères à rester fidèles à leurs vœux. il écrivit, sur la demande de l’évêque de Meissen, le Collectaniolum de religiosorum origine et eorundem per mundum mulliplicatione ac a celeris vulgaribus per habilus, signa et ritus discrimine, de apostatarum quoque el eis cooperantium piaculo simul ac punilione ex diversis hinc inde comportalum, 5. 1. (probablement à Dresde), mars 1525. Cet ouvrage, comporte onze articles, dont on peut voir les titres dans J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriplores O. M., 2e éd.,t. τι, Rome, 1921, p. 20. Sur ces luttes voir F. Doelle, Der Klostersturm von Torgau im Jahre 1525, dans Franzisk. Studien, fasc. suppl. 14, Muns eren-W., 1931; et Drei ausgetrelene Franziskaner, dans Reformgeschicht. Studien und Texte, fasc. 21-22, Munster-en-W., 1912.

En 1539, mourut le duc Georges de Saxe, le protecteur des ordres religieux, et de la sorte les derniers

DICT. DE THÉOL. CATHOL

SCHWENCKFELD

(GASPARD) 1586 couvents de sa custodie, Meissen, Dresde, Oschatz et Freiberg furent complètement livrés à la merci des protestants. Cf. F. Doelle, Aus den letzlen Tagen der Franziskaner zu Meissen, dans Franzisk. Studien, t. 1, 1914, p. 65-76.

En 1551, le P. Schwederich apparaît revêtu de la dignité de vice-provincial de Saxe. Après celte date ii disparaît de l’histoire.

Outre les deux ouvrages déjà cités : la Quæstio disputata de δ. Francisci stigmatibus et le Collectaniolum, Jacques Schwederich est encore l’auteur de nombreuses lettres, intéressant l’histoire de la réforme protestante. On lui attribue aussi un Commenlarius in Sententias.

Outre les études déjà citées, voir L. Wadding, Scriptores O0. M., 3° éd., Rome, 1906, p. 126; J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. 11, Rome,1921, p. 20; ἃ. Haselbeck, Zum Jubelfest der Thüringischen Ordensprovinz (1523-1923), dans Franzisk. Studien, t. X, 1923, p. 118; H. Schwesinger, Das Franziskanerkloster in Saaljeld a. S., ibid., t. x, 1923, p. 262; L. Lemmens, Die Franziskanerkustodie Livland und Preussen, Düsseldorf, 1912, p. 609; le même, Die Provinzialvikare der Sächsischen Observanten, Düsseldorf, 1910, Ῥ. 12; Allgemeine deutsche Biographie, τ. XXxX111, p. 325; L. Meier, De schola Erfordiensi sæculi XV, dans Antonianum, t. v, 1930, p. 348; Ε΄ Doele, Reformationsgeschichtliches aus Kursachsen. Vertreibung der Franziskaner aus Altenburg und Zwickau, dans Franzisk. Studien, fase. suppl. 15, Munsteren-W., 1933, p. 185-186, 188, 197-198; H. Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 11, col. 1253; F. Gess, Akten und Briefe zur Kirchenpolitik Herzog Georgs von Sachsen, t. 11, 1525- 1527, Leipzig-Berlin, 1917, p. 756; P. Marcus, Das Franzis- Fanerkloster in Meissen, dans Mitteilungen des Vereins f. Gesch. d. Stadt Meissen, t. 11, Meissen, 1889, p. 342-346; G. Buchwald, Die Franziskaner der Matricula ordinatorum des Hochstifts Merseburg, dans Franzisk. Studien, t. ναι, 1920, p. 144 et 215; C.-E. Foerster, Album Academiæ Vitebergensis ab anno Christi 1502 usque ad annum 1560, Leipzig, 1841; A. Weissenhorn, Akten der Erfurter Universität, t. τι, Halle, 1881, p. 288; O. Clemen, Reste der Bibliothek des Franziskanerklosters in Zwickau, dans Franzisk. Studien, τ. xvI1, 1930, p. 226; F. Doelle, Die Observanzbewegung in der Sächsischen Franziskanerprovinz bis zum Generalkapitel von Parma (1529), Munster-en-W., 1918, p. 130-131.

À. TEETAERT.

SCHWEITZER (ScuWEETZER Où SCHWECT- ZER) Jean, augustin allemand, né en 1623, professeur, puis doyen de la faculté de théologie de Cologne, provincial à trois reprises des augustins de Cologne, mort le 23 janvier 1708. Il ἃ laissé entre autres :

1. Disserlatio de sufjicientia et necessitate pæœnitentiæ, Cologne, 1678. — 2. Disserlalio de radice intolerabilium scandalosarum propositionum ab Alexandro VII et Innocentio XI damnatarum, ad mentem ὃ. P. Auqustini, Cologne, 1679, in-8°, — 3. De essentia et effectibus prædestinalionis et reprobalionis adultorum el infantium sine baplismi sacramento morientium ad mentem 5. Augustini, Cologne, 1681. — 4. De incertiludine sententiæ probabilisticæ οἱ periculo dictaminis praclici, Cologne, 1682, in-8°, contre le probabilisme, — 5. De statu innocentiæ, Cologne, 1682, in-8. — 6. Juslæ querelæ de responsione benigna, Cologne, 1682, in-8°.

Hurter, Nomenclator literarius, 3° éd., τι αν, col. 646; Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée, t. XX11, p. 119; Ellies Dupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, Xvr1° siècle (table).

J. MERCIER

SCHWENCKFELD Gaspard, théologien et mystique protestant, fondateur de Ja secte schwenckfeldiens (1489-1561)+ 1. Vie. II. Doctrine. III. Les schwenckfeldiens.

ΤΕ: Gaspard Schwenckfeld était né en novembre ou décembre 1489, au duché de Liegnitz, en Silésie. Il signait : Schwenckfeld von Ossig, parce qu’il était originaire d’une famille noble, dont le fief héréditaire portait le nom d’Ossig. De quelques années

des

1587 SCHWENCKFE

plus jeune que Luther, il grandit dans une atmosphère encore pleinement catholique et semble avoir eu du penchant à la piété. Il fréquenta d’abord l’école de Liegnitz, puis passa à l’université de Cologne, en 1505, mais en qualité d'étudiant libre. On le trouve, en 1507, à Francfort-sur-le-Mein, puis plus tard, à Erfurt. Il étudiait les « arts libéraux », la théologie scolastique, le droit canonique, un peu en amateur, et sans songer à entrer dans les ordres, car il ne fut jamais prêtre. Vers 1510-1511, il entra au service du duc de Münsterberg, à Oels; puis du duc de Brieg; enfin à celui du duc Frédéric II de Liegnitz, vécut de la vie de courtisan, tout en dirigeant l’exploitation de son domaine d’Ossig. C'était une nature idéaliste, un caractère libre et indépendant, un esprit élevé et délicat. Les premiers écrits de Luther le séduisirent, dès 1519, par la condamnation qu’il y trouvait d’une religion tout extérieure et par l’appel à une vie plus profonde fondée sur le contact assidu avec la parole de Dieu. Il semble avoir été imbu des doctrines mystiques de maître Eckart, de Jean Tauler et de l’auteur anonyme de la Théologie allemande. Et c'était l'écho de ces doctrines qu’il croyait entendre dans les œuvres de Luther. Il ne quitta pourtant la vie de cour qu’en 1522 ou 1523, pour se donner tout entier à ce qu’il regardait comme sa vocation divine. En 1519, il s'était mis à lire la Bible, à raison de quatre chapitres par jour. Il aida puissamment le duc de Liegnitz, son maître, à opérer la « réforme » de ses États, en prêchant lui-même, en agissant sur les membres du clergé et notamment sur l’évêque Jean de Salza. Il trouva un auxiliaire précieux en Valentin Krautwald, Domlektor, c’est-à-dire chanoine-directeur de la maîtrise de la collégiale Saint-Jean, à Liegnitz. Ce fut Krautwald qui lui apprit le grec. Schwenckfeld avait fait le voyage de Wittenberg, en décembre 1521 ou au début de 1522. Il y avait pris contact avec Mélanchthon, Bugenhagen, Justus Jonas, Karlstadt, les prophètes de Zwickau, mais n’avait pas vu Luther, alors enfermé au château de la Wartbourg. Il est assez probable qu’il fut déjà choqué par le mélange trop visible d'éléments bons et mauvais, dans le mouvement de la Réforme. Ce qui est sûr, c’est que, dès 1523, il se plaint que l’on remarque peu de progrès moral, parmi les soi-disant « réformés », et que ceux qui se font gloire de l'Évangile n’en mènent pas moins une vie scandaleuse. L'année même où le duc de Liegnitz établissait officiellement la Réforme dans ses États, en 1524, il lui dédia un livre intitulé : Avertissement de l'abus qui est fait de plusieurs articles importants de l'Évangile, dont l'inintelligence conduit l’homme commun à la liberté charnelle et à l'erreur. Ge livre est considéré, par les historiens, comme une source très précieuse d'informations sur l’état religieux et moral, au sein de la Réforme naissante. Luther, de son côté, avait été écœuré de la vulgarité des motifs qui lui avaient amené un trop grand nombre de ses adhérents. Il avait même songé à constituer des groupes séparés de «vrais chrétiens ». La même idée poursuivait Schwenckfeld, Vers la fin de 1525, ce dernier revint à Wittenberg. Entre lui et Luther se déroulèrent, en présence de Bugenhagen et Justus Jonas, de longues conversations, sur le sujet brûlant de l’organisation de l’Église. On sait que Calvin devait affronter, plus tard, le même problème, et faire un usage sévère de l’excommunication, pour expurger la communauté chrétienne des membres pourris. Schwenkfeld l’avait précédé dans cette voie. Il proposa à Luther de faire marcher l’'excommunication «de pair avec l'Évangile». Il insista sur la nécessité de revenir à l’Église apostolique. Luther concéda que beaucoup de chrétiens étaient indignes de l'Évangile, qu'il y aurait lieu de grouper à part les bons, d’en faire un registre soigneux,

LD 1588 | de les réunir au « Couvent noir », où il habitait luimême, et de laisser la masse à la paroisse, où un chapelain prêcherait. Il se lamentait sur le manque de charité envers les pauvres, Il n’avait pas pu trouver même la moitié d’un florin pour les indigents! Mais comme Schwenckfeld insistait sur l’établissement de l’excommunication, Luther lui répondit : « Oui, cher Gaspard, mais les vrais chrétiens ne sont pas encore assez nombreux; je voudrais bien en voir seulement une paire ensemble, mais je n’en connais pas un seul! » Et la discussion en resta là. A partir de ce moment, Luther évolua vers une Église de masse retenue par une forte discipline d’État. Calvin, du reste, ne se ferait pas faute non plus de faire appel à la police, | pourle maintien des mœurs et de la pratique religieuse. Schwenckfeld, au contraire, resta fidèle à son idéal | désespéré de retour à l’Église apostolique. Entre lui et Luther, la brouille devint complète, quand éclata la querelle sacramentaire, Voir SACRAMENTAIRE (controverse). Dès le 4 janvier 1526, Luther, après avoir dénoncé, dans une lettre aux chrétiens de Reutlingen, les erreurs de Karlstadt et de Zwingli-Oecolampade, sur la présence réelle, dénonçait Schwenckfeld et son ami Krautwald, sans les nommer «comme la troisième tête de la détestable secte sacramentaire ». Luthers Werke, éd. de Weimar, t. xIX, p. 123. A partir de ce moment, Schwenckfeld fut classé par les luthériens parmi les « fanatiques de gauche », les illuminés, les suppôts de Satan. Pour ne-pas créer de difficultés à son due, il s’exila volontairement en 1529. Rien ne pouvait l’arracher à son rêve d’Église de parfaits chrétiens et il avait écrit en 1528 : Voici qu’un monde nouveau se lève, l’ancien meurt! Il poursuivit donc son apostolat, au long d’une vie désormais errante et fugitive, à Strasbourg, Esslingen, Augsbourg, Spire, Ulm et en de nombreuses autres villes, critiquant toujours le relâchement des Églises luthériennes, gagnant des individualités énergiques à ses idées, formant de petits groupes partout où il passait, écrivant des lettres, des opuscules, et développant incessamment la doctrine mystique qui va être analysée ci-après. Il essaya, à maintes reprises, de regagner Luther, mais se vit toujours repoussé avec le dernier mépris. La dernière tentative se place en 1543. Voir la lettre très humble et très respectueuse de Schwenckfeld à Luther, dans Luthers Briefwechsel, éd. Enders, t. xv, p. 244-250. Luther repoussa durement les avances du théologien dissident. Il répliqua au messager qui lui apportait la lettre de Schwenckfeld : « Cher homme, tu diras à ton maître, Gaspard Schwenckfeld, que j'ai reçu de toi son libelle et sa lettre. Plaise à Dieu qu'il cesse! Car, il a allumé, en Silésie, un incendie contre le Saint-Sacrement, qui n’est pas encore éteint et qui brûlera éternellement sur lui, et voici qu’il y ajoute sa doctrine eutychienne, trompe les Églises, alors que Dieu ne l’a pas envoyé, et ce dément (unsinnig Narr), possédé du démon, ne sait pas ce qu’il bafouille. S'il ne veut pas cesser, qu’il me laisse la paix avec son bouquin, par lequel le diable crache et 6Π1Π|... par son intermédiaire. Et voici mon dernier jugement sur lui : « Que le Seigneur frappe en toi Satan et que « l'Esprit (mauvais) qui t’a appelé, et la course que tu « accomplis, et tous ceux qui sont d’accord avec toi, «les sacramentaires et les eutychiens, avec tous vos « blasphèmes, soient en perdition, selon ce qui est « écrit : « Ils couraient et je ne les envoyais pas, ils « parlaient et je ne leur mandais rien. » (Jérémie, XXI, 21), » Et à sa table, Luther, répétant les mêmes propos, s’exprima en termes si vulgaires, que dame Catherine lui cria « Oh! cher maître, c’est trop grossier! » A quoi, Luther répliqua : « Ce sont eux qui m'apprennent à être grossier, C’est ainsi qu'on doit parler avec le diable! » Voir Luthers Tischreden in der

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