L. BRIGUÉ
1. SIGER DE BRABANT. Siger de Brabant n’est pas un théologien au sens strict du mot. Toute sa carrière enseignante s’est écoulée au sein de la faculté des arts; et il ne semble pas qu’il ait jamais entrepris le cycle des études théologiques. Il a pourtant agité des problèmes si étroitement liés au dogme, suscité des réactions si vigoureuses de la part des théologiens les plus en vue à son époque et provoqué enfin ce fameux Syllabus parisien de 1277, qui pesa si lourdement sur le développement de la pensée théologique pendant un siècle et plus, qu’on ne peut à aucun de ces titres l’ignorer ici. On verra donc : I. Sa vie. II. Ses œuvres (col. 2044). III. Sa doctrine et son influence (col. 2048).
I. Vre. — Les travaux de déblaiement ont été faits une fois pour toutes par P. Mandonnet dans son étude qui fait autorité en ces problèmes : Siger de Brabant et l’averroïsme latin au XIIIe siècle, 2° éd., t. τ, Louvain, 1911, c. r11 : le pseudo-Siger de Brabant, p. 64-79. Son nom, le bénéfice ecclésiastique qu’on lui voit attribué dans un acte de novembre 1277 (il est qualifié alors de chanoine de Saint-Martin de Liége) le montrent originaire du Brabant et peut-être de cette ville de Liége. Quand il sera inscrit à la faculté des arts, à Paris, il appartiendra tout naturellement à la nation des Picards. Les dates auxquelles on le voit apparaître dans cette faculté permettent de placer sa naissance vraisemblablement vers 1235.
C’est en 1266 qu’il est mentionné officiellement pour la première fois. Il est alors maître ès arts, enseignant à Paris et chef de parti, sinon tout à fait fauteur de schisme universitaire. Les maîtres et étudiants ès arts, au sein de la faculté, étaient répartis en quatre « na-