DE BRABANT. ŒUVRES
déploraient à Paris, le pape Jean XXI demanda, le 18 janvier 1277, une enquête à l’évêque de Paris, Étienne Tempier. Celui-ci instrumenta et, dépassant sans doute la mission qui lui était confiée, porta, le 7 mars 1277, condamnation solennelle de 219 propositions, représentant l’enseignement de certains maîtres ès arts, ainsi que de divers livres de nécromancie. A la vérité, on y sent l'intention plus ou moins avouée de porter un coup au péripatétisme entier, soit dans sa forme averroïste telle qu’on la trouvait chez Siger, soit dans sa forme chrétienne, telle que l’avait pu proposer Thomas d'Aquin. Les auteurs et auditeurs de ces propositions étaient frappés d’excommunication, si dans les sept jours ils n'avaient point fait d’aveux à l’évêque ou au chancelier.
Siger de Brabant ainsi que Bernier de Nivelles quittèrent Paris. Six mois plus tard, par un acte du 23 novembre 1277, l’inquisiteur de France, Simon Du Val, les citait tous deux à son tribunal. Mais Siger, comme il en avait le droit, en appela de la juridiction de l’inquisiteur de France à l’autorité pontificale. Il se rendit à la Curie pour y présenter sa défense et y plaider sa cause. Il ne put éviter la condamnation de ses thèses comme hérétiques; mais lui-même s'étant soumis aux rétractations qu’on lui imposa, se vit condamner à une réclusion perpétuelle, sous sa forme mitigée d’internement à la Curie romaine. Il mourut à Orvieto, où la Curie s'était transportée, en 1281 ou 1282 peut-être (avant novembre 1284 certainement), assassiné par son clerc.
IT. Œuvres. — Dans l’état actuel de nos connaissances, tout classement chronologique serait prématuré, et tout classement logique bien provisoire encore. Sans vouloir préjuger des précisions ultérieures, on s’en tiendra ici à la distinction entre les œuvres éditées (1-9) et les inédites (10-20).
1° Zmpossibilia. — D'après les statuts de 1252, le bachelier doit pouvoir certifier qu’il a suivi pendant deux ans les cours d’un maître, et per idem tempus de sophismatibus in scholis requisitus responderit. Les Impossibilia de Siger ne sont autre chose qu’une série de ces exercices pratiques de sophistique : six sophismes proposés par Siger et résolus par lui dans une ou plusieurs disputes publiques. Le texte en a été édité à deux reprises : par Cl. Bäumker, Die Impossibilia des Siger von Brabant, dans les Beiträge…., t. 1, fase. 6, Munich, 1898; puis par P. Mandonnet, Siger de Brabant et l’averroïsme (nous citerons ici d’après la 2e éd., Louvain, 1911), t. 11, p. 74-94. On en connaît trois manuscrits. C’est d’après celui de Paris, Bibl. nat., lal. 16 297, que l’édition est faite. Il se peut toutefois qu'il y ait eu deux rédactions (comme on le verra pour les ouvrages suivants). Inc. : Convocatis sapientibus studii Parisiensis proposuil sophista quidam.…
20 De ælernilate mundi. — Petit traité, issu peutêtre d’une question disputée au cours et rédigée par le maître. Quatre mss l’ont conservé Paris, Bibl. nat., lat. 16 287, fol. 78 vo-80 vo, qui est un recueil scolaire composé sur place, dans les années 1270-1272, par Godefroid de Fontaines, compatriote et peut-être élève de Siger (B); puis Paris, Bibl. nat., lat. 16 222, fol. 74-76 (A); Pise, Semin. Santa Calerina 17, fol. 116 vo (C); Lisbonne, Nacion. fond. Geral 2299, fol. 140 vo-144 (D). Tout un problème littéraire se pose là, car les leçons de A, C, D, se rejoignent généralement contre celles de B; mais ce dernier semble bien présenter un texte revisé par Siger et traduisant plus exactement ses nuances. On a de cet opuscule quatre éditions : P. Mandonnet, Siger, 1τὸ éd. (1891), d’après A; 2e édit. (1908), d’après B; R. Barsotti, Sigeri de Brabantia, De æternitale mundi ad fidem manuscriptorum (Munster, 1933), d'après A, C, D; W.-J. Dwyer, L'opuscule de Siger de Brabant « De æternitate mundi »,
2045 SIGER DE Louvain, 1937, d'après B. Inc. : Quæritur primo utrum species humana, ou : Propter quamdam ralionem quæ ab aliquibus demonstratio esse credilur…
3° Traclatus de necessitate et contingentia causarum. — Mêmes remarques que pour le précédent : véritable traité dont le point de départ fut peut-être une question disputée. Il présente lui aussi deux rédactions différentes, aux variantes assez nombreuses, dans le ms. Paris, Bibl. nat., lat. 16 297, fol. 140 vo-142 vo, où il est anonyme, et Lisbonne, fond. Geral 2 293, fol. 104-109, où ilest attribué explicitement à Siger. Édité, d’après B, par P. Mandonnet, Siger, t. 11, p. 109- 128. Inc. : Consideranti et intelligenti doctrinam Arislotelis, ou Quæstio tua non immerilo dubitabilis est.
4° Quæstiones naturales. — Deux questions soulevées et ordinatæ a magistro Sigero de Brabantia. La première sur l’unité de la forme substantielle dans les êtres matériels; l’autre sur ce principe de la Physique d’Aristote que rien ne se meut soi-même. Édit. P. Mandonnet, Siger, t. 11, p. 95-107, d’après l’unique ms. Paris, Bibl. nat., lat. 16 133, fol. 53 a-54 d. Inc. : Dubitant nonnulli utrum forma speciei sit composita…
5° Quæstiones de anima intellectiva. — Au nombre de dix; des plus importantes pour déterminer la position de Siger dans le domaine psychologique, particulièrement concernant la nature de l’âme intellective dans l’homme. C’est là que se trouve abordé le problème de l’unité de l’intellect pour toutes les âmes, avec les conséquences qui s’y rattachent. Édit. P. Mandonnet, Siger, t. 11, p. 143-171. On en connaît trois manuscrits. Inc. : Cum anima sit aliorum cognosciliva…
6° Quæstiones logicales. — D’après les quelques lignes d'introduction, il y avait primitivement trois questions se rattachant au problème de l’universel, mais envisagé sous son aspect logique : est-ce que le terme commun signifie universeliement le concept de l'esprit? Est-ce qu’il signifie universellement la forme, comme l’a enseigné Platon, ou le composé lui-même? La matière peut-elle être signifiée par un terme commun? Seule la première de ces trois questions se trouve conservée et traitée ici. Édit. P. Mandonnet, Siger, t. 11, p. 53-61, d’après Paris, Bibl. nat., lat. 16 133, fol. 57 d-58 c. Inc. : Tria disculienda per ordinem proponimus.…
7° Quæstio : utrum hæc sit vera : homo est animal nullo homine existente. — Ce n’est pas un sophisme, mais une vraie question de logique, qui se rattacherait au livre de l’Interprétation d’Aristote, et qui met en cause toute la théorie de l’universel. C’est avec les singuliers que l'esprit, par abstraction, constitue l’universel. Mais les singuliers ne peuvent pas ne pas exister; toute espèce est toujours réalisée dans un certain nombre d'individus. Le problème tel qu’il est formulé suppose donc, pour Siger, une condition impossible. Édit. P. Mandonnet, Siger, t. 11, p. 63-70, d’après Vienne, Dominic. 120. Inc. : Quæritur utrum hæc sit vera : homo est animal.
8° Quæsliones naturales. — Distinctes du ἢ. 4. Elles ont été découvertes par F. Stegmüller dans le ms. de Lisbonne, fond. Geral 2 299, fol. 87-89, et éditées par lui dans les Recherches de théol. anc. el médiév., 1931, p. 177-182. Elles sont au nombre de six; fort brèves. La troisième est particulièrement importante : Utrum scientia sit perfectio essentialis intellectus possibilis. Inc. : Tunc quærebantur quædam quæstiones naturales…
9° Quæsliones morales. — Au nombre de cinq, contenues dans le même ms., fol. 85-87, et éditées par le même auteur, loc. cit., p. 172-177. Elles sont un des très rares documents sur les positions d'ordre moral prises par les averroïstes latins et par Siger. Elles traitent respectivement : de l'humilité; de la génération des habitus; de l'intensité relative de l’amour
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paternel et maternel; de la convenance de la virginité pour les philosophes; et de l’amour désintéressé. Inc. : Quærilur de quibusdam quæstionibus moralibus.…
100 Quæstiones in libros 1-11] De anima. — Cet ouvrage, comme les six suivants, a été découvert par Mgr Grabmann en juillet 1923, et signalé par lui dans une communication à l’Académie des sciences de Bavière : Neuaufgefundene Werke des Siger von Brabant... (1924) et dans un article des Miscellanea F. Ekhrle, t. 1, p. 103-147 : Neuaufgefundene « Quæstionen » Sigers von Brabant zu den Werken des Aristoteles. Ce ne sont plus des Questions disputées, des rédactions littéraires d'exercices scolaires touchant à des thèses aristotéliciennes ou averroïstes, mais des commentaires suivis sur les livres mêmes d’Aristote. Cependant, au lieu du procédé du commentaire littéral, qu'utilise par exemple saint Thomas, à la suite d’Averroës, d’ailleurs, Siger emploie de préférence la forme de la quæstio. Ce qui ne l'empêche pas pourtant de recourir de temps à autre au système du commentaire et d'insérer parfois un commentum dans la suite des quæsliones. Seul de ces divers ouvrages, le commentaire sur le De anima a été édité par F. van Steenberghen, Siger de Brabant d’après ses œuvres inédites, Louvain, 1931, p. 20-56. Ici encore, un problème littéraire se pose, car les deux manuscrits, Munich, Cod. lat. 9 559 et Oxford, Merton Coll, 275, qui contiennent ce traité, tout en étant substantiellement identiques comme texte, ont de nombreuses variantes qui impliquent sans doute un remaniement ; l’un pourrait représenter une reportalio prise au cours (Munich), l’autre un travail rédactionnel revu par le maître lui-même, c’est-à-dire par Siger. L'attribution à celui-ci a été mise en doute par B. Nardi, 171 preteso tomismo di Sigeri di Brabante, dans Giorn. crit. filos. ilal., 1936, p. 26-35, ainsi d’ailleurs que des autres commentaires du manuscrit de Munich, à l’exception des questions sur la métaphysique qui portent le nom de Siger dans le ms. Inc. : Bonorum honorabilium... In omnibus artibus et doctrinis necesse est.
11° Quæstiones in libros I-IV, VIII Physicorum. — Ces questions et toutes celles qui suivent désormais, sont encore inédites. Toutefois F. van Steenberghen en a donné une description très détaillée qui, en attendant les éditions promises, forme déjà un inestimable instrument de travail. — Ce commentaire se trouve dans le ms. de Munich, Cod. lat. 9 559, fol. 18-44 a. Entre le IVe livre et le VIII, deux folios ont été coupés dans le ms. On trouvera la description dans van Steenberghen, p. 177-223. Une question (1. II, q. xx) a été éditée par M. Grabmann, Miscellan. Ehrle. Inc. : Quoniam quidem intelligere.. Utrum de rebus naturalibus sit scientia.
12° Quæstiones in librum De somno el vigilia. — I] se trouve dans le même ms., fol. 47 a-51 b. Description dans van Steenberghen, p. 223-233. Inc. : De somno autem et vigilia. Circa istum librum quærilur primo.
13° Quæstiones in libros I-I1, IV Meteororum. — On ne sait pourquoi le 1. III fait défaut. Contenu dans le ms. de Munich, fol. 51 d-71 d. Description, loc. cit., p. 233-263. Inc. : De primis quidem igilur causis…. Quærilur primo circa librum istum.…
14° Quæstiones in librum De juventute el senectulte, vila οἱ morte. — Même ms., fol. 71 d-74 a. Description, ibid., p. 263-267. Inc. : De juventute autem et senectute… Quærilur utrum anima sil corpus.
15° Quæstiones in librum De generatione el corruplione. — Même ms., fol. 83 a-92 d. Description, tbid., p. 268-291. Inc. : De generatione autem et corruptione. Quædam sunt entia quorum cognitio.….
16° Quæstiones in libros 11-V Metaphysicæ A la différence des précédentes, ces questions sont enchâssées dans un commentaire littéral du texte d’Aristote;
2047 STIGERUDE mais ces paraphrases ne présentent guère de développements originaux; elles ne font que reproduire la pensée d’Aristote. L'intérêt se concentre donc dans les questions elles-mêmes. Elles sont contenues dans le même ms., fol. 93-118; mais ici il y a en outre l'attribution explicite à Siger. Description dans van Steenberghen, p. 294-332. Deux questions ont été éditées par M. Grabmann, 1. IE, q. ὙΠ} 1. IV, q. xx, Neuaufgefundene Quæstionen.…., Ὁ. 140-145. Inc. : Cum in omni scientia debeat esse aliquid suppositum.….
17° Quæsliones in librum 111 De anima. — Elles se distinguent et des questions De anima intellectiva (n. 5) et de l’autre commentaire /n libros De anima (n. 10). Siger s’écarte ici, davantage encore que dans ce dernier traité de Munich, du commentaire littéral d’Aristote. 11 y introduit une division en chapitres, étrangère au texte original, et il donne en fait à son écrit l’allure d’un petit traité de l’intellect. On le trouve dans un seul manuscrit : Oxford, Merton coll. 292, fol. 357 νο- 364. Son édition est en préparation par A. Pelzer. Description dans van Steenberghen, p. 164-177. Inc. : De parte autem animæ qua cognoscit... Circa istum tertium librum contingit…
18° Compendium super librum De generatione et corruplione.— Le texte conservé dans le ms. de Lilienfeld 206, fol. 139 b-141, est malheureusement très fragmentaire : 16 colonnes sur 24 ont disparu. C’est un bref commentaire littéral du traité d’Aristote, où Siger souligne surtout l’enchaînement des idées, résume l’argumentation du Philosophe et ajoute parfois quelques remarques personnelles. Description dans van Steenberghen, p. 292-294. Inc. : De generalione autem et corruptione. In hoc primo libro dat Aristoteles.
190 Sophisma : Omnis homo de necessitate est animal. — Exercice scolaire analogue à celui des Zmpossibilia. Jadis aux archives Vaticanes, il est passé maintenant à la bibliothèque Vaticane (f. 6); description dans van Steenberghen, p. 333.
20° Rescriplum (de universalibus ?). — Cet ouvrage dont on ne connaît aucun exemplaire est mentionné par Siger dans ses Quæsliones logicales, éd. Mandonnet, t. 11, p. 57. Inc. : Significatum est nobis nonnullos doctores.
21° Commentarium in libros Politicorum. — Aucun ms. n’en est connu. C’est Pierre Dubois qui l’attribue à Siger dans son De recuperatione Terræ sanclæ, éd. Langlois, p. 121-122.
Il est impossible, dans l’état de nos connaissances, d'établir de façon précise la chronologie de toutes ces œuvres, non seulement d’assigner à chacune sa date, mais même de déterminer leur ordre de succession. Il n’y ἃ que très peu de renvois de l’une à l’autre. Quant à la critique interne, si elle témoigne d’une évolution dans la pensée de Siger, en particulier dans les divers écrits qui traitent de l’intellect, agent ou possible, et du problème de son unité, elle ne peut à elle seule indiquer dans quel sens s’est effectuée cette évolution. Le nœud du problème réside dans les relations que présentent ces écrits de Siger avec les traités correspondants de saint Thomas pris comme termes de comparaison sûrs et datés; particulièrement son De unilale intellectus, qui est très certainement une réponse à Siger et qui provoqua à son tour de nouvelles répliques. L’on peut pourtant, en se basant sur divers indices, tenir pour assuré que les Quæstiones in III De anima (n. 17) précèdent dans le temps les Quæsliones de anima intellectiva (n. 5) et celles-ci à leur tour les Quæst. in libros I-I11 De anima (n. 10). De même les Quæst. in libros Metaphysicæ (n. 16) sont non seulement postérieures à la traduction de l’£lementatio theologica de Proclus (1268) mais aussi au Commentaire sur la Mélaphysique de saint Thomas (sept. 1270-janv. 1272) et à ses Questions disputées De anima. Les Quæst. in libros
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Physicorum (n. 11) doivent être, elles aussi, de la seconde partie de la carrière de Siger. Ces conclusions rejoignent celles auxquelles aboutit F. van Steenberghen, Les œuvres et la doctrine de Siger de Brabant, 1938, où l’on trouvera, p. 62-82, les arguments qui justifient les dates proposées et un tableau chronologique des ouvrages.
III. DOCTRINE ET INFLUENCE. — Jusqu'à Siger ἃ Brabant, l'influence d’Averroës au sein de la faculté des arts de Paris est incontestable. Il est déjà « le Commentateur », de préférence à Alexandre ou Avicenne. Son influence toutefois n’est pas exclusive; elle demeure comme noyée dans tout un ensemble d’autres influences doctrinales assez confuses et les thèses qu’on lui emprunte ne sont pas encore reliées entre elles. C’est l’œuvre propre de Siger, précisément, d’avoir érigé en système cohérent, logiquement agencé et complet, cet enseignement d’Averroës; d’avoir construit cette synthèse à laquelle on peut donner le nom d’averroïsme latin : application du système péripatéticien à tous les grands problèmes agités dans le monde latin, mais suivant les vues et les solutions du Commentateur.
La métaphysique de Siger pose, au sommet, Dieu, distinct substantiellement du monde, premier moteur et cause première. Dieu existe, il est nécessaire; cette vérité est même évidente pour les philosophes. Zmpossibilia, éd. Mandonnet, t. 11, p. 74. D'’elle-même, immédiatement et nécessairement, cette cause première produit la première intelligence. Mais, comme d’une nature simple un seul être peut procéder immédiatement, cette intelligence coéternelle à Dieu est son seul effet immédiat. C’est elle qui, à son tour, et par une série d’intermédiaires, produira les intelligences séparées, les sphères célestes et leurs mouvements, et tout ce qui est soustrait à la génération.
Les intelligences séparées, nécessaires en soi ainsi que le rapport qui les lie à la cause première, ne peuvent pas ne pas être. De necessilale, éd. Mandonnet, t. 11, p. 77. Si l’on peut cependant parler de contingence, c’est que les causalités intermédiaires qui président ainsi à la réalisation des êtres inférieurs peuvent entrer elles-mêmes en conflit et se contrarier, c’est qu’elles se heurtent aussi à l’indisposition de la ma- Lière. De necessilate, t. 11, p. 115-119. Le monde corporel toutefois, étant soustrait à l’influx immédiat de Dieu, ne se trouve donc pas soumis à sa providence. D'’ailleurs, Dieu ne peut avoir la connaissance de ces futurs contingents; car une connaissance de ce genre rendrait ces futurs nécessaires.
Les espèces corruptibles qui constituent le monde inférieur, tout comme les substances spirituelles, sont éternelles. Il n’y ἃ pas de raison, en effet, d’après le Philosophe, pour que le monde commence à être s’il n’a pas toujours existé. De anima intell., t. 11, p. 159. Cette affirmation est vraie de l’âme qui est éternelle pour le passé comme pour l’avenir. Elle l’est également des diverses espèces à individus transitoires, car il est impossible de placer en tête de la série un premier générateur qui n’ait été aussi engendré. Il s’ensuit que la matière première, elle aussi, le mouvement et le temps sont éternels; seuls les individus sont instables et passagers. De ælernitale, τ. 11, p. 139-141. Combinée avec la thèse de l'influence des corps célestes et de leurs conjonctions diverses, cette doctrine aboutit logiquement à la loi du retour éternel des choses, à la théorie cyclique, qui commande aussi bien les arts et les sciences qui naissent et périssent pour renaître encore (De ælernit., loc. cil.), que les idées, les lois et même les religions.
In’y ἃ dans la nature que des singuliers. L'universel est seulement dans l'intelligence, et est postérieur à l'existence des singuliers. De ælernil., t. 11, p. 135-
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