SIGNE "SILÉSIE (DOMINIQUE DE
vince de Bohême. B. Zimolong objecte avec raison que le nom de Dominique ne figure point dans le Liber receplionum (1580-1664) de cette province. Voir Franzisk. Studien, t. xx1, 1934, p. 152. Quant à la raison de l’appellation de Nissa (séjour à Neisse?), voir L. Pérez, dans Arch. franc. hist., t. x, 1917, p. 253- 255. Prêtre très probablement à son entrée dans l’ordre, il paraît avoir exercé, dans sa province, après son noviciat, les charges de prédicateur et de lecteur. Vers 1628, il fut envoyé au collège de langue arabe érigé au couvent de Saint-Pierre in Montorio à Rome pour familiariser les futurs missionnaires avec la langue arabe. Poussé par un vif désir d’aller en mission, Dominique quitta la province dans laquelle il avait été reçu, pour s’incorporer, le 10 avril 1630, à celle de Saint-Michel de Rome. En 1630 ou 1631, il partit pour la Palestine, où il se perfectionna dans la langue arabe. Son séjour fut de courte durée; vers la fin de 1634 ou au début de 1635, il revint à Rome, où, en septembre 1635, il demanda à la congrégation la permission tenendi et legendi Alcoranum in lingua arabica et alios libros ex professo de lege mahumetana tractantes, ut possit melius studium ὃ. Petri de Monte aureo arabicum promovere. Il fut promu lecteur à Saint-Pierre in Montorio, en automne 1636, et, le 11 novembre, il devint membre de la commission pour l’édition d’une Bible en langue arabe, à la place de son professeur Thomas Obicini. Mais, dès 1640, le P. Alexis de Todi lui succéda comme lecteur au dit collège et, le 13 mai 1641, le P. Ant. d’Aquila prit sa place dans la susdite commission. Quoi qu'il en soit des raisons pour lesquelles il fut remplacé dans ces charges, le P. Dominique semble être retourné en Palestine, où, en septembre 1641, il enseignait l’arabe à Bethléem à ses confrères.
Le 23 mars 1645, il fut désigné par la Propagande pour la mission de Samarcand en Tartarie, dont il fut nommé préfet pour la durée de trois ans. Deux confrères lui furent adjoints, le P. François de Capradosso, étudiant à Saint-Pierre in Montorio et un Polonais à désigner par ses supérieurs. Il est très probable que le P. Dominique, pendant ces négociations, était à Rome, qu'il quitta en 1645 pour gagner la Tartarie en passant par la Pologne. La mission pour laquelle le P. Dominique fut envoyé en Tartarie ne regardait cependant pas la conversion des infidèles, mais le ministère à exercer auprès des nombreux captifs chrétiens qui v résidaient. En 1647 et 1650, on le trouve à Ispahan, en Perse, et il paraît n'être jamais arrivé en Tartarie ni à Samarcand.
En 1652, le P. Dominique était de retour à Rome, où, pour des raisons ignorées, il fut mal accueilli tant de la part de la congrégation que de ses confrères à Rome, dont le gardien lui refusa la permission commissionem pro bibliis arabicis edendis adeundi, sur quoi le P. Dominique fit un recours à la congrégation. En 1652, il fut appelé par le général, Pierre Manero, alors à Madrid, en Espagne, probablement pour rendre compte de sa mission et, à partir de cette année jusqu’à sa mort, le 28 septembre 1670, il habita le couvent de Saint-Laurent à l’Escurial, très riche en manuscrits arabes. Il s’y consacra entièrement à l'étude et y travailla à la rédaction de plusieurs ouvrages.
Outre quelques ouvrages, dictionnaires ou grammaires se rapportant à la langue arabe, Dominique de Silésie composa de nombreux ouvrages pour l'exposé et pour la réfutation des doctrines théologiques musulmanes. Parmi eux, l’Intlerprelatio Alcorani occupe sans conteste la première place. Selon M. Devic, elle constitue la première traduction du Coran vraiment digne de ce nom, qui l'emporte de loin sur toutes les autres versions faites jusque là. Voir Une traduction inédile du Coran, dans Journal asiatique, VIII série, t. 1, 1883, p. 350 et 361. Le P. Dominique ἃ accompa-
2063 SILÉSIE (DOMINIQUE gné cette traduction de notes et de commentaires, qui placent le Coran dans sa véritable lumière. Inédite, elle est conservée dans les mss X. 111. 1 et L. 1. σ. de l’Escurial et le ms. 72 de la bibliothèque de Montpellier. Cet ouvrage, d’après le premier ms. cité, comprend trois parties : 1. Prognosis interprelationis lileralis Alcorani, in qua traditur synopsis seu brevis doctrina cognoscendi quævis lethifera venena quæ propinat, proponunturque salutifera antidota necnon et pharmaca curativa (fol. 1-6), traité considéré à tort par A. Kleinhans, art. cil., p. 84, comme incomplet, composé très probablement avant l’arrivée de Dominique à l’Escurial; 2. Interpretatio Alcorani cum scholiis ad mentem authoris, ex propriis domesticis ipsius expositoribus (fol. 7-192); 3. Prodromus interpretationis lileralis Alcorani ex primæ collectionis pharmacopolio extractus, ferens quædam universalia antidota, contra quævis lethifera venena, quæ per totum propinantur (fol. 193-223), ces deux parties rédigées pendant le séjour à l’Escurial, entre 1652 et 1662. Au même genre littéraire appartient Lex Saracenorum, quam Alcoran vocant, id est collectionem præceptorum, conservée dans le ms. &. IV. 8 de l’Escurial, ouvrage commencé à Rome, après le retour de Tartarie, en 1652, mais terminé seulement à l'Escurial, de même les Selectiores sententiæ ex Arabum libris collectæ, contenues dans le ms. 2527 de la même bibliothèque d’après M. Casiri, Bibliotheca arabico-hispana Escurialensis, t. τ, Madrid, 1760, p. 544.
Le P. Dominique est encore l’auteur de Veni mecum ad christianos orientales. Comes sane omnibus viribus (viris) apostolicis inter infideles verbo Jidei laborantibus vel apprime desiderandus atque expetendus, magnum ac copiosum secum ferens apparatum, lum ex thesauro divinæ Scripluræ, Lam veteris quam novi Testamenti, lum vero ex Armamentario sacrorum conciliorum generalium ab orientalibus admissis et SS. Patrum tam occidentalium quam orientalium contra cujusvis adversarii occursum, qui commence : Latent quidem divina mystleria. 11 comprend deux traités : De articulo sanclissimæ Trinitatis, qui est conservé dans le ms. ὁ. III. 21, fol. 75 sq. de l’Escurial; Veni mecum ad Mohamædanos ex Alcorano contra Alcoranum pro defensione evangelicæ veritatis, dans le ms. &. IV. 15, fol. 280 sq. de la même bibliothèque; et Veni mecum ad Mohamædanos ex sanctis Patribus el conciliis generalibus, que Dominique de Silésie, dans une lettre adressée à la Propagande, en 1664, distingue formellement du précédent, dont il constitue une continuation.
Quant à l'identification du traité Veni mecum cum SS. Patrum tlestimoniis, conservé dans le ms. &. IV. 15 de la même bibliothèque, avec Veni mecum ad christianos orientales, identification admise par A. Kleinhans, op. cil., p. 84, M. Devic, art. cil., p. 362, et J. Zarco, La biblioteca y los bibliotecarios de San Lorenzo el real de El Escorial, dans Ciudad de Dios, t. cxLrrr, 1925, p. 193, B. Zimolong fait des objections contre son admission, parce que, selon lui, il n’est pas exclu que cet ouvrage puisse être identique au Veni mecum ad Mohamædanos ex sanclis Patribus et conciliis generalibus. Voir art. cil., p. 164. Tous les auteurs récents sont unanimes à identifier le traité Ecclesiæ græcæ orthodoxæ orientalis cum romana catholica occidentali concordia avec le Veni mecum ad christianos orientales, que Jean de Saint-Antoine distinguerait à tort; et B. Zimolong, art. cil., p. 163, pense que le premier ouvrage correspond parfaitement au second, avec cette différence cependant qu'il est imprimé et a reçu ainsi un titre différent de celui que le même traité a dans les manuscrits.
Le P, Dominique de Silésie a composé encore Annolationes de Deo uno el trino, conservées dans le ms. b. 111. 21, fol. 1-74, de l'Escurial, dont le prologue
SILVAGGI MATTHIEU 2064 commence : Supremus ille rex omnium Deus et le texte : Communissimum est Alcorano. — Tractatus de divinis processionibus et incarnatione Verbi Dei, qui serait le même ouvrage que De præcipuis religionis fundamenlis, videlicet de Deo uno et trino, necnon de sacrosancto Verbi divini incorporati mysterio : quæsliones a Mohamelanis proponi solitis respondelur. — Tractatus:theologico-dogmaticus, persice et latine conscriptus, qui serait à identifier avec Doctrina christiana persice ‘et latine, mentionnée par M. Casiri, op. cit., p. 544; cf. B. Zimolong, art. cit., p. 164-166. —- De processione Spiritus Sancti ex sententiis Scripturæ et SS. Patrum, conservé dans le ms. Z. IV. 22, fol. 326 sq. de l’'Escurial. — Anlitheses fidei ou Antitheses de directione syncera ad ullimum hominis finem consequendum, mediante fide in unum D. N. Jesum Christum, Deum verum, Rome, 1638, in-4°, v-43 p., dans lequel les difficultés tirées du Coran contre la religion chrétienne sont réfutées dans quatre antithèses : De directione supernaturali; De actibus religionis, qui sunt devolio et oratio; De Deo creatore et attributis ejus essentialibus; De Deo salvatore et ejus attributis extrinsecis. — De divinis nominibus, conservé dans le ms. &. IV. 15 de l’Escurial.
Il faut mentionner encore la Logica Solana ex arabico latine data, latino ordine arabice concinnata, congesla ex variis Arabum præcipuorum doclorum scriplis, aucla declarationibus et illustrata diversis atque curiosis figuris emblematicis, contenue dans le ms. K. II. 24 de l’Escurial. — Textura nova Logicæ Solanæ…., dans le ms. &. IV. 15, fol. 148 sq., de la même bibliothèque, qui constitue une rédaction ultérieure de la Logica Solana, avec des corrections de l’auteur. — De secundis intentionibus, dans le ms. P. 111. 20, fol. 50-54 et 63 vo, de la même bibliothèque. — Brevis introductio in logicam, dans le même ms., fol. 71 sq.
Plusieurs ouvrages ont été attribués à tort à Dominique de Silésie : Seplem psalmi pænilentiales, qui sont du mineur Alexis de Todi et ont été imprimés à la suite de sa Dottrina crisliana ad uso de’ fedeli orientali…., Rome, 1642 et 1668; Disputaliones exegelicae et Epigrammala et versus, qu’il faut attribuer probablement au mineur Gabriel de Saint-Jérôme, comme l’a fait remarquer ἃ. Antolin, Catälogo de los codices latinos de la real biblioteca del Escorial, t. 111, Madrid, 1916, p. 6-8 et 127-128; Doctrina arabico-italica, qui serait identique avec la Dottrina crisliania d’Alexis de Todi, citée plus haut.
L. Wadding, Scriptores O. M., 3° 6d., Rome, 1906, p. 72; J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. 1, Rome, 1908, p. 236; Jean de Saint-Antoine, Bibliotheca universa franciscana, t. 1, Madrid, 1732, p. 315; V. Greiderer, Germania franciscana, t. 1, Inspruck, 1777, p. 750-751, n.309; p. 771- 772, n. 340; p. 774, n. 345; p. 857, n. 95; M. Devic, Une traduction inédite du Coran, par le P. Dominique de Silesia, dans Journal asiatique, VITE série, t.1, Paris, 1883, la préface a été reproduite dans Orbis seraphicus de missionibus, τ. 11, Quaracchi, 1887, Appendice bibliografica, p. 854-868; R. Streit, Un’ antica pubblicazione della tipografia poliglotta di Propaganda Fide, dans Osservalore romano, 1925, n. 2; B. Zimolong, Dominicus Germanus de Silesia. Ein biographischer Versuch, Breslau, 1928; le même, Neues zu dem Leben und zu den Werken des P. Dominicus Germanus de Silesia, Ο. F. M., dans Franzisk. Studien, t. xXxt1, 1934, p. 151-170; A. Kleinhans, Historia studii linguæ arabicæ et collegii missionum ord. fr. min. in conventu ad S. Petrum in Monte aureo Romæ erecti, dans Biblioteca bio-bibliografica d. Terra santa, nouv. série, Documenti, t. XII, Quaracchi, 1930, p. 75-87.
A. TEETAERT.
SILVAGGI Matthieu, frère mineur conventuel italien (xvit s.). — On sait seulement qu’il était originaire de Catane et qu'il appartint à la province de Sicile des mineurs conventuels. Il doit avoir résidé aussi au couvent de Saint-François della Vigna à Venise,
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d’après le prologue de sa Lectura brevis super octo libros Physicorum Aristotelis, Venise, 1542.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Liber de tribus peregrinis seu colloquia trium peregrinorum, Venise, 1542, in-$°, dans lequel il traite : de divinis perfectionibus, de philosophia sanctorum, de partibus mundi, de linguis, populis et civitatibus, de excellentiis Romæ et Hierusalem, et dont quelques traités auraient été édités à part, tel le Chronicon rerum Sicularum usque ad adventum Caroli V imp. in Siciliam (ou plus exactement depuis 624 jusqu'à 1537), Venise, 1542, dans Liber de tribus peregrinis, p. 46 νο- 79 vo, telle aussi Expositio priorum XIV versuum capilis 1 evangelii S. Joannis, Venise, 1542, dans le même ouvrage, p. 142 vo-147 vo. — Opus præclarum et saltis utilissimum in quatuor libris divisum, dans lequel il y a difrérents traités : De nupliis animæ cum sponso ejus Christo; De conviviis spiritualibus omnique apparatu; De persuasionibus falsis Sathanæ per epistolas diversisque lentationibus; De casu animæ in peccatum; De lamentationibus Hieremiæ cum declarationibus earumdem et oratione pro spoliatione bonorum ipsius; De fletu animæ et sua conversione; De gratia et remediis a Deo datis et de indumentis novis restitutis; De regimine post conversionem el præparatione ad mortem; De electione Dei et hominum et prædestinatione sanctorum, cum Dyalogo inter rempublicam et philosophum, Venise, 1542. — Labyrinthi duo de mundano et divino amore cum suis exordiis, differentiis et fructibus, cumque suis semilis rile ordinalis usque ad centrales, ut vocant, lerminos vel inferni, vel felicitatis ælernæ et Apotheca divini amoris, sive de apotheca veridiarii labyrinthi, quæ est sanctissima crux, ubi vendilur amor Dei, Venise, 1542, 2 vol. in-8°. — Modo di vivere secondo la divina volontà, ovvero disciplina salutis, Palerme, 1536, in-8°. — Tractatus de navigio mundi, qui est seulement connu par la citation qu'il en fait dans le Liber de tribus peregrinis. — Lectura seu exposilio brevis memoriæ mandanda philosophiæ studiis incumbentibus super octo libros Physicorum Aristotelis, cum aliquibus adnotationibus de mente Doctoris subtilis, nec non et illuminati Francisci Mayronis, Venise, 1542, où le P. Silvagi se rallie étroitement aux doctrines philosophiques et théologiques de Duns Scot et de son disciple François de Meyronnes, et dans lequel leurs théories sur le mouvement, l’espace, la matière et la forme, avec leurs nombreuses applications, sont mises dans une vive lumière et défendues contre les adversaires.
Il résulte de ces différentes éditions, dont presque toutes furent faites à Venise, en 1542, que Matthieu Silvaggi doit avoir résidé vers cette époque dans cette ville et que son activité littéraire et scientifique doit se placer vers le milieu du xvi* siècle, et non pas en 1490, comme le fait L. Wadding.
L. Wadding, Scriptores O. M., 3° éd., Rome, 1906, p. 170- 171; J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. τι, Rome, 1921, p. 232-233; H. Hurter, Nomenclator, 3° 6d., t. 11, Inspruck, 1906, col. 1360-1361; G.-M. Mira, Bibliografia siciliana, t. 11, Palerme, 1881, col. 367-368; Pierre Raoul de Tossignano, Historia seraphicæ religionis, Venise, 1586, p. 329; D. Scaramuzzi, 11] pensiero di Giovanni Duns Scoto nel Mezzogiorno d'Italia, Rome, 1927, p. 123-125.
A. TEETAERT.
SILVÈRE (SAINT), pape de juin 536 au 11 novembre 537. — Au début de 536, le pape Agapet Ier avait reçu du roi des Austrogoths, Théodahat, mission de se rendre à Constantinople pour tenter de conjurer la menace que Justinien, déjà maître de l'Afrique, faisait peser sur l’Italie. Le pape mourut dans la capitale de l'empire le 22 avril, sans pouvoir jouir du triomphe que sa politique religieuse avait remporté sur le patriarche Anthime. Cette mort fut bientôt connue à Rome, où le roi Théodahat s’empressa de faire élire
DICT, DE THÉOL. CATHOL