‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 226 sur 457 · RICHARD · texte numérisé non relu

RICHARD

fourtk of late in the name of Thomas [Cranmer] Archebysshope of Canterburye (1550), in-8°; — 6. Defensio sacri episcoporum et sacerdotum cœlibatus contra impias.… Petri Martyris Vermelii nugas.…. per Ricardum Smylhæum anglum...Ejusdem de votis monasticis contra eumdem Marlyrem, Paris, 1550, in-8°; — 7. Diatriba de hominis justificatione... adversus Petrum Martyrem, Louvain, in-8°; — 8. À bouclier of the catholyke fayth of Christes Church, Londres, 1555-1556, 2 vol. in-8°; — 9. De missæ sacrificio succincla quædam enarratio, ac brevis repulsio præcipuorum argumentorum quæ Philippus Melanchthon et alii sectarii objecerunt adversus illud et purgatorium, Louvain, 1562, in-8°; Paris, même année, in-16; — 10. De infantium baptismo contra Joannem Calvinum ac de operibus supererogalionis et merilo mortis Christi adversus eumdem Calvinum el ejus discipulos, Louvain, 1562, in-8°; Cologne, 1563, in-8°; — 11. Refulatio luculenta crassæ et exitiosæ hæresis Johannis Calvini et Christophori Carlili angli qua astruunt Christum non descendisse ad inferos alios quam ad infernum infimum, 1562; — 12. Refulatio Johannis Calvini erroris de Christi merilo et hominis redemplione, Louvain, 1562, in-8°; — 13. Confutalio eorum quæ Philippus Melanchthon objicit contra missæ sacrificium propitialorium, Louvain, 1562, in-8°; — 14. Religionis et regis adversus exitiosas Calvini, Bezæ et Oltomani conjuratorum facliones defensio prima, Cologne, 1562, in-8°; — 15. Refulalio locorum communium theologicorum Philippi Melanchthonis, Douai, 1563, in-8°; — 16. De libero arbitrio adversus Joannem Calvinum el quotquot impie illud Lutherum imitati, Louvain, 1563, in-8°.

Dictionary of national biography, t. ναι, Londres, 1909, p. 509-510; Bale, Index Britanniæ scriptorum, Oxford, 1902, p. 359; The catholic encyclopedia, t. XIV, New-York, 1912, p. 59-60 (bonne bibliographie); Schulte, Die Geschichte der Quellen und Literatur des canonischen Reckts, t. 111, Stuttgart, 1880, p. 781; Ellies Du Pin, Table des auteurs ecclésiastiques du X Vresiècle, col.1130-1131 ; Richard, Dictionn. universel des sciences ecclésiastiques, t. V, p. 116; The first and second diaries of the English college, Douay (Records of the English catholics under the penal laws, t. τὴ, Londres, 1878, passim; Roskovâäny, Cæœlibatus et Breviarium, t. IV, Budapest, 1861, p. 82-83; Hurter, Nomenclator, 3° éd. t. 11, col. 1464.

J. MERCIER

2. SMITH Richard, vicaire apostolique d’Angleterre (1566-1655). — Né en 1560 dans le Lincolnshire, Smith devint professeur de théologie au collège de Douai. puis fut fait (29 novembre 1624) évêque de Chalcédoine et vicaire apostolique d'Angleterre. Smith exerça peu de temps son apostolat dans sa patrie : il commit en effet la maladresse de ne vouloir tenir aucun compte des privilèges (en particulier celui de l’exemption) des religieux missionnaires anglais; une dispute regrettable s’éleva même entre le vicaire apostolique et les jésuites Knot et Floïd. Finalement Smith dut se retirer en France en 1628. Il mourut à Paris en

Œuvres. — 1. An answer lo T. Bel's lale Challenge named by him Downfal of Popery, 1605, in-8°; — 2. The prudential ballance of religion, 1609, in-16; — 3. Vita Dominæ Magdalenæ Montis-Aculi, Rome, 1609, in-8° (il s’agit de la vicomtesse Montaigu); trad. allemande à Augsbourg, 1611; anglaise, 1627; — 4, De auctore el essentia protestanticæ religionis libri 11, Paris, 1619, in-8° ; trad. anglaise, 1621, in-8°; — 5. Collatio doctrinæ catholicorum et protestantium cum expressis S. Scripluræ, Paris, 1622, in-4°; trad. anglaise (avec des suppléments), Douai, 1631, in-49; 6. Of the distinction οἱ fundamental and not fundamental points of faith, 1645, in-8°; — 7. Monila quædam ulilia pro sacerdotibus, seminarislis, missionariis Angliæ, una cum methodo agendi cum hæreticis, schismalicis et catholicis anglis, authore Richardo Smitheo, episcopo Chalcedonensi.….,

2261 SMITH (RICHARD) cui adjectum est legatum Antonii Champnei, doctoris Sorbonici, fratribus suis cleri anglicani sacerdotibus testamento relictum, Paris, 1647, in-12; — 8. A trealise of the best kinde of confessors by which preist in England may see how they may be and lay catholics see how they may chuse the best kinde of confessors, Londres, 1651, in-12; — 9. An historical epistle of the great amitie and good offices betwat the popes of Rome and kings of Great Britain, written to king James soone after his coming in to England by Richard Smith now bishop of Chalcedon, 1652, in-8°; trad. latine : Epistola hislorica de muluis officiis inter Sedem apostolicam et Magnæ Britanniæ reges christianos anglice olim scripta ad Seren. M. Brilanniæ regem per Jacobum Smithæum nunc episcopum Chalcedonensem, latine versa per Richardum Lascelles, Cologne, 1687, in-12; — 10. Of the all sufficient eternal proposers of matters of faith, 1653, in-8°; — 11. Florum historiæ ecclesiasticæ gentis Anglorum libri VII, Paris, 1654, in-fol.

The catholic encyclopedia. t. χιν, New-York, 1912, p. 59 (bonne bibliographie); Dictionary of national biography, t. xvin, Londres, 1909, p. 510-511 ; Moréri, Le grand dictionnaire historique, éd. de 1759, 1. 1x, p. 467; Bayle, Dictionn. hist. et critique, éd. d'Amsterdam, t. 111, p.,550; Michaud, Biogr. universelle, t. XXXIX, p. 452-454; The first and second diaries of the English college, Douay, (Records of the English catholics under the penal laws, 1), Londres, 1878, passim; Eubel, Hierarchia catholica, t. τν, Munster, 1935, p. 197.

J. MERCIER

SOANEN Jean, prêtre de l’Oratoire et évêque de Senez (1647-1740). — Né à Riom le 6 janvier 1647, il était fils du procureur présidial de cette ville et, par sa mère, Gilberte Sirmond, petit-neveu du P. J. Sirmond, S. J., confesseur de Louis XIII. I. Le prédicateur. II. L’évêque (col. 2262). III. Le gallican janséniste (col. 2263).

I. LE PRÉDICATEUR. — Après ses études faites dans sa ville natale, il entra très jeune (24 novembre 1661) à la maison d'institution de l’Oratoire à Paris, où il eut pour premier directeur le P. Quesnel qui exerça une grande influence sur sa conduite et ses idées. Il étudie la philosophie au collège de Troyes, enseigne ensuite les humanités et la rhétorique dans plusieurs villes de province : à Notre-Dame de Grâce en Forez, à Troyes, Beaune, Dieppe où il est ordonné prêtre, à Riom. Il revient ensuite faire la théologie à Saint-Magloire où il retrouve Quesnel qui prépare son édition de saint Léon; il aide le P. Cocquery dans l'établissement du séminaire de Vienne.

Les supérieurs le laissent ensuite suivre son goût pour la prédication, 1676; il prêche en province d’abord, à Lyon en 1681, à Orléans en 1682, où il rencontre encore une fois Quesnel; il donne le carême à Paris à Saint-Benoît en 1683; la même année, il fait l’oraison funèbre de la reine Marie-Thérèse à la chapelle de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré; en 1684, il prêche le carême à Saint-André-des-Arcs, en 1685 à Notre-Dame, en 1686 et 1688 à la cour; par la faveur du cardinal de Bouillon il est nommé prédicateur ordinaire du roi; entre deux, le 8 février 1687, l’Académie de peinture le choisit pour célébrer à la chapelle Saint- Honoré ses actions de grâces après la guérison du roi. Ce qu’il prêche, ce n’est ni une morale trop facile, ni un rigorisme outré, mais la vraie doctrine chrétienne. Cependant. après un sermon sur les spectacles. le maréchal de La Feuillade, poussé par quelques princesses, se plaignit au roi qui répondit : « Le prédicateur a fait son devoir; tâchons de faire le nôtre. » En 1687, il prêéchait à Saint-Merry, en 1689 à Saint-Germain-l’Auxerrois, puis à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, à Saint-Paul, à Saint-Nicolas-des-Champs, à Saint-Eustache. Il était un de ceux qu’on appelait à l’Oratoire «les quatre évangélistes » de la congrégation,

SOANEN (JEAN) 2262 Le P. de La Chaise et le P. Bourdaloue, qui se faisaient un plaisir d'assister à ses prédications, disaient de lui que « la noble simplicité le mettait au-dessus de tous les orateurs les plus brillants et les plus pompeux ». La Bruyère pense à lui quand il écrit dans ses Caractères : « Un meilleur esprit néglige ces ornements étrangers, indignes de servir à l'Évangile; il prêche simplement, fortement, chrétiennement. » Fénelon le proposait avec Massillon comme un modèle : « Le P. Soanen, disait-il, me plaît d'autant mieux qu'il prêche comme chacun croirait pouvoir prêcher. » « Louis XIV l’entendit avec beaucoup de satisfaction et il fut surtout frappé de son sermon contre les spectacles, ainsi que de ceux qui roulent sur l’orgueil et sur la mort;il les appelait la Trompette du ciel. » Préface des Sermons. Soanen n’est pas janséniste alors; il est lié d’amitié avec les PP. Bourdaloue, La Rue, Giron, Gaillard, de La Chaise, tous jésuites. Il affirme la nécessité d’un commencement d’amour de Dieu pour être justifié, la volonté de Dieu de sauver tous les hommes, la possibilité de pratiquer ses commandements, la liberté que nous avons de n'être ni contraints, ni nécessités, la possibilité où nous sommes de résister à la grâce, etc. Il est un des premiers à dénoncer le danger du quiétisme. Nommé député du roi à l’assemblée générale de sa congrégation en 1690, il concourt à paralyser le pouvoir du P. Abel de Sainte-Marthe, accusé, faussement d’ailleurs, de favoriser le jansénisme. Voir Batte- ΓΟ], Mémoires domestiques, t. τν, p. 41. On a publié de cette époque, Sermons sur différents sujets prêchés devant le roi, Lyon, 1767, 1769, 1771, 2 vol.in-12; Sermons choisis dans le t. xix de la Bibliothèque des orateurs sacrés, 1830, Salmon, in-12, p. 157. Quelques-uns cependant doutent qu’ils soient de lui.

II. L'ÉVÊQUE. — Pour le récompenser de ses prédications, le roi le nomma à l’évêché de Senez, dans les Basses-Alpes actuelles, 8 septembre 1695; cela ne l’'empêcha pas de continuer à prêcher, en particulier l’avent à la cour cette année : ce qu’il fit en costume de prêtre de l’Oratoire sans aucune marque distinctive. Il signa le Formulaire, fut consacré le 1®7 juillet suivant à Saint-Honoré par M. de Noaiïlles et ne partit que trois mois après. Il travaille de suite à la réforme de son diocèse et en particulier de son clergé, tient régulièrement les synodes, indique des conférences ecclésiastiques auxquelles il assiste autant qu’il le peut, visite souvent les paroisses en s’attachant à n'être pas à charge à ses curés. Son prédécesseur aimait le faste, il s'habille très simplement, diminue le plus possible son train de maison, mène une vie exemplaire, se lève tous les jours à quatre heures du matin. Avec un revenu très modique, 7 à 8 000 livres, il fait beaucoup d’aumônes, donnant même ses propres couvertures et son repas, son anneau épiscopal un jour qu'il est tout à fait dépourvu; il refuse malgré cela le revenu d’une riche abbaye.

Le diocèse ne comptait que 56 paroisses : il peut encore donner deux carêmes à Aix, 1698, 1708; un à Toulouse dans l’église de la Dalbade, 1700; à Montpellier, 1701, où il se lie avec M. de Colbert qui devait jouer un rôle dans les affaires jansénistes.

Malgré l'éloignement, il fait trois fois le voyage à Paris; en 1701, pour des affaires indispensables. Il sollicite la générosité du roi en faveur de son diocèse devenu hôpital « de dix lieues de long sur huit de large »; en 1705, comme député de la province d’Embrun à l’assemblée générale du clergé. Il y fait le discours d'ouverture et prononce le panégyrique de saint Augustin. L'affaire principale fut celle de la réception de la bulle Vineam Domini dans laquelle le pape Clément XI avait décidé que le silence respectueux ne satisfaisait point aux décisions des souverains pontifes mais qu’il fallait donner aux faits décidés par l'Église

une créance intérieure. Voir art. QUESNEL, t. XII, col. 1500 sq. Soanen, pas plus que l’évêque de Montpellier ne paraît avoir protesté. Procès-verbaux des assemblées générales du clergé, t. νι, p. 838 sq. Il y fut question aussi d’une plus juste répartition des décimes. Soanen insista auprès de M. de Noailles pour que certains diocèses trop chargés, celui de Senez en particulier, fussent exonérés. Il revint encore en 1711 à Paris où l’archevêché de Vienne lui fut offert : il le refusa par désintéressement et aussi pour n’avoir pas à condamner le livre des Réflexions morales de Quesnel comme on le lui demandait.

Resté très attaché à sa congrégation dont il continue de suivre la règle et les usages autant que les circonstances le permettent, il s'étonne et se plaint de n’avoir pas été mis sur la liste des députations à l’assemblée générale de 1696; pour celle de 1699, il écrit une lettre fort édifiante pour témoigner de sa tendresse et de sa vénération pour l’Oratoire. Lettre 1v, 9 septembre 1699, p. 5.

III. LE GALLICAN JANSÉNISTE. — Rien jusqu'ici n'apparaissait de l'influence qu’exerçait sur lui le P. Quesnel et des idées qu’il lui avait suggérées ; elles se manifestent à la publication de la bulle Unigenitus (8-10 septembre 1713); peut-être est-il vrai de dire que c’est le gallicanisme qui régnait alors qui l’a fait janséniste.

1° Comment il juge la bulle UNIGENITUS. — Il l’avait connue un des premiers par la voie d'Avignon; aussitôt il la déclare un décret monstrueux. Sur la rédaction et la publication de cette bulle, voir art. QUESNEL, t. ΧΙΠῚ, 00]. 1528 sq. « Quelle étonnante pièce, s’écriaitil, quel sujet d’aflliction pour les forts! Quel scandale pour les faibles ! Quel jugement de Dieu sur nous tous! » Vie de M. Jean Soanen, p. 37. Le 25 octobre, il donne au cardinal de Noaiïlles les raisons de son appréciation : « Elle est débitée dans notre province contre toutes les règles du royaume, puisque c’est avant l’acceptation du clergé et l’enregistrement du Parlement. » Voilà pour le gouvernement ; autre chose maintenant : l’autorité des évêques, de la morale de saint Augustin est en jeu : « En faisant semblant de n’en vouloir qu’à un auteur particulier, on tire à boulets rouges contre les trois remparts de la religion; je veux dire contre l’épiscopat, qu’on veut asservir pour gagner le pape, en rendant les évêques simples exécuteurs de ses brefs; contre la morale évangélique dont on s’efforce de justifier les relâchements, en flétrissant par des condamnations ceux qui la prêchent tant soit peu exacte; et contre la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas sur la grâce efficace de Jésus-Christ qu'on tâche d’anéantir, en substituant peu à peu celle de Molina pour dogme de foi. Si on nous ôte le droit important d'examiner les décrets de Rome, malgré la possession de l’Église gallicane dans tous les temps, il pourra venir de cette cour étrangère, sous des monarques plus faibles, des bulles aussi injustes que l’ont été celles des Bonifaces, des Jules, des Sixtes, des Grégoires contre l’aulorilé de nos rois.» Lettre x11, éd. 1750, t. 1, p. 12. Il supplie le cardinal de Rohan, grand aumônier de France, de travailler à faire supprimer la bulle : « Soutenez la cause de Dieu en prévenant les dangers d’un schisme ; et faites agréer à Sa Majesté, qui vous écoute comme l’oracle du cœur, que cet ouvrage d'intrigue, qui combat ses droits comme les nôtres, soit supprimé pour la paix de l’Église et de l'État. » Décembre 1713, p. 15. Apprenant que l'assemblée devait se tenir, il arrive à Paris vers le 9 janvier et, dès la première session, 15 janvier 1714, il proteste contre la condamnation des Réflexions morales prononcée sans même que l’auteur ait été entendu, Procèsverbaux, t. VI, p. 1300, Au cardinal de Rohan qui lui répond : « Le P, Quesnel est déjà jugé par le pape,

SOANEN

(JEAN) 2264 nous ne sommes pas ici pour juger du décret du pape», il réplique : « Nous en sommes les examinateurs pour voir s’il n’y a rien de contraire à nos libertés, à la doctrine du clergé de France. » Vie, p. 42. Il se plaint du mauvais sens que l’on donnait à des propositions qui, dans leur sens naturel et dans le livre de Quesnel, étaient « pures et irréprochables ». Ils étaient neuf opposans contre quarante acceplans. Les opposants se réunissent chez le cardinal de Noailles qui mettait toujours un peu de faiblesse dans son attitude; ils signent un procès-verbal, arrêtent le projet d’une lettre au pape et écrivent au roi. Soanen est choqué de ce que, dans la lettre au roi, les opposants écrivent : « Nous commençons par nous unir au chef de l’Église en proscrivant le livre des Réflexions», et de ce que dans le procès-verbal, ils défendent de lire, retenir ou débiter ce livre : il signe cependant, de crainte d'attirer des persécutions sur l’Oratoire. Le 9 février, le roi lui envoie par Pontchartrain l’ordre de rentrer dans son diocèse ; il répond qu’il n’a agi dans la dernière assemblée « que par un pur motif de religion ».

29 En exil à Senez. — M. de Noaiïlles formait le projet d'une lettre pastorale, qui serait un recul, Soanen lui écrit : « Après tout. un appel au futur concile général serait-il un moyen si extraordinaire et si criminel, puisque la France l’a souvent employé légitimement pour arrêter Rome? » Vie, p. 47. Là-dessus arrive le bref du pape, 17 mars 1714. aux quarante évêques acceptants contre les opposants; il écrit à l’archevêque de Paris, 26 avril 1714 : « J’y vois avec confusion pour l’épiscopat l’injure qu’on y fait aux quarante, sous une belle apparence de remerciement, puisqu'on ne leur donne que la qualité de simples exécuteurs des décrets. » Lettre xv, p. 15. Comment ont-ils fait imprimer avec tant d'éclat un bref qui les humilie en faisant semblant de les honorer? « Les appelans, qui n’ont fait que suivre les plus saints évêques de tous les pays et de la France en particulier, sont traités de prévaricateurs, de gens qui cherchent à chicaner sans fin. »

A Paris, l’orage grossissait; tous les jours on aigrissait le roi contre le cardinal de Noailles et contre les évêques opposants, il était question de réunir un concile national pour les déposer : « Je m’estimerai heureux si, sans lâcheté ni prévarication, je suis déchargé du fardeau qui m'accable », écrit l'évêque de Senez à “Pontchartrain. Mais le roi meurt le 12 septembre, le cardinal de Noailles envoie à Soanen la révocation de l’ordre qui le reléguait dans son diocèse; là-dessus, Soanen écrit : « Ce qui augmente extrêmement ma douleur, c’est de voir qu’on ait eu la dureté de laisser mourir un monarque si bien intentionné, sans éclairer autant qu'il fallait ses bonnes intentions. » Mais il ajoute : «Jamais miracle de la Providence ne s’est mieux fait sentir... C’est visiblement la droite du Seigneur qui a employé sa puissance souveraine pour.opérer ces heureux changements. » Vie, p. 49-50. Quand il a reçu du cardinal « les projets dressés pour accepter la constitution, les Mémoires raisonnés pour la persuader et son instruction pastorale pour l'expliquer », il répond de Senez, octobre 1714, que mentionner l’acceptation des quarante évêques et s’unir à eux « ferait tort à notre conscience et à notre honneur ». On nous dit «que sixvingts prélats de France ont accepté : c’est la bonne cause qui fait le poids et le nombre ne fait rien contre la vérité... que l’amour de la paix doit prévaloir, comme si l'Église ne devait pas toujours commencer par s'attacher à la vérité avant que de songer à l'unité ». Il rappelle alors l’histoire des papes Libère, Zosime, etc. On nous menace d’excommunication, de déposition : « les maux sont extrêmes, sont redoutables, j'en tombe d’accord. Saint Athanase les a tous vus et même éprouvés.. On veut aussi nous épouvanter en prétendant que le roi a dit qu'il ferait céder les

maximes du royaume à celles de la foi. Cela serait croyable.. si nos maximes n'étaient que de simples privilèges; mais ce sont purement les anciens canons, dictés dans les conciles généraux par l'esprit de Dieu; ce sont les fondements de la monarchie et de l’Église gallicane. » Lettre XvInm, p. 19.

3° Appel au futur concile. — De plus en plus, il s’arrête à l’idée de porter l'affaire devant un concile général et vient à Paris. Une réunion a lieu chez l’archevêque, l’appel est jugé le moyen le meilleur, le plus court, le plus eflicace « pour renverser jusqu’aux fondements cet édifice d’iniquité ». Vie, p. 51. Ilrevient sur cette idée un an après en écrivant à l’évêque de Montpellier. Le 1° mars 1717,l’acte d’appelest signé par MM. de Mirepoix, de Senez, de Montpellier et de Boulogne, lu par Soanen en Sorbonne le 5, et cent docteurs de la Faculté y donnent leur adhésion : « M. de Senez ne se rappelait jamais le souvenir de ce grand jour sans bénir Dieu de tout ce qu’il avait vu et entendu. » Vie,

᾿ Les quatre appelants reçoivent de la Cour l’ordre de quitter Paris dans les vingt-quatre heures; Soanen se retire à Aubervilliers, à Notre-Dame des Vertus; mais bientôt, pour empêcher les visites d'adhésion qu'ils reçoivent, les appelants sont renvoyés dans leurs diocèses. Rentré à Senez, l’évêque voit son chapitre et la plupart des curés s’unir à lui; d’autres évêques, Pamiers, Verdun, les facultés de Reims, Nantes adhèrent. « Le temps de Dieu est enfin venu », écrit-il.

Les actes vont se précipiter : la Cour lui refuse l’autorisation de faire imprimer les usages de son diocèse; il ordonne en 1718-1719 les sujets de l’Église schismatique d’Utrecht. Le pape, consterné de l’appel, condamne ses auteurs; Soanen réunit un synode où il dit à ses prêtres : « Je suis forcé de vous découvrir... l’injure que l’Inquisition de Rome vient de me faire, par un décret du 16 février dernier, en m’accusant, de même que d’autres prélats orthodoxes, d’être suspect dans ma foi. » Il dénonce le défaut de juridiction du tribunal dont émane cet acte. Tous ses prêtres, sauf un, signent le procès-verbal. En mai 1718, la bulle Pastoralis ofjicii fulmine l’excommunication contre les appelants; la Cour, les parlements, l’Université les soutiennent; il écrit à M. de Noaiïlles, toujours hésitant, qu’un faux amour de la paix lui fait illusion : « Ce serait introduire dans l’Église une méthode qui n’a jamais été pratiquée et qui ouvrirait une porte funeste pour accepter, dans la suite des temps, les plus violentes et les plus fausses bulles de la cour de Rome. » Vie, p. 64. Il va jusqu’à écrire à un de ses confrères de l’Oratoire, le P. Marrot : « Par rapport aux circonstances présentes et aux besoins de l’Église, les laïques qui l’aiment et qui sont un peu instruits sont obligés de se déclarer pour la défendre-et d'appeler de la constitution et des mandements violents. » Lettre Lx1, 7 juin 1719, p. 77. Il ne veut d'aucun accommodement « si les vérités de la religion ne sont exprimées qu’à demibouche et avec mille détours... On y confessera magnifiquement le besoin de la grâce efficace, mais on laissera croire à qui le voudra, comme un dogme certain, que l'efficacité ne vient pas d’elle, mais de la volonté. Pour nous accommoder avec les Turcs, nous pourrons être mahométans et chrétiens, comme dans l’île de Chio; pour éviter les persécutions, nous pourrons être bons idolâtres et bons catholiques, comme à la Chine, pourvu que nous soyons assez habiles pour imaginer quelques bons sens, ou pour nous bien accommoder au temps. » Il vise sans doute ici l’affaire des rites chinois. Lettre Lxvi, à M. de Mirepoix, 3 avril 1720, p. 81. Au commencement de septembre, il présente une requête au Parlement, requête admise par celui-ci, par l’Université, la Faculté de Paris, plusieurs curés de Paris.

Les Quatre confirment leur appel, fin 1720, et sont

- SOANEN

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