‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 243 sur 457 · Proudhon. --- Né à Besançon en 1809, il mourut à · texte numérisé non relu

Proudhon. --- Né à Besançon en 1809, il mourut à

’assy en 1865. Fils d’un tonnelier, il exerça lui-même plusieurs métiers, tour à tour vacher, ouvrier de brasserie, imprimeur, journaliste. Il fit des études assez irrégulières mais brillantes. Devenu prote dans sa ville natale, il dévora les ouvrages de théologie que son patron imprimait pour le séminaire. Très peuple et franc-comtois, il aimait à revêtir d’une forme agressive et révolutionnaire des idées relativement modérées, sinon bourgeoises; ce travers joint à une réelle franchise l’amena à exprimer des opinions successives qu'il n’est pas toujours facile de concilier. On se demande encore s’il était en définitive adversaire ou partisan de la propriété privée. Tout le monde connaît son apostrophe fougueuse : « La propriété, c’est le vol; les propriétaires sont des voleurs »; mais on n'ignore pas les critiques acerbes dont il fustigeait les réformateurs socialistes. Marx, avec la clairvoyance de son génie et de sa haine, devinait et abhorrait le fond paysan et bourgeois du tempérament de Proudhon : « La nature de Proudhon, écrit-il dans le Capital, le portait à la dialectique, mais n’ayant jamais compris la dialectique scientifique, il ne parvint qu’au 50phisme. En fait, cela découlait de son point de vue petit bourgeois. Le petit bourgeois est la contradiction vivante. » La fameuse brochure Qu'est-ce que la propriélé? est au fond beaucoup moins terrible que sa réputation; elle ne conteste pas le droit de propriété, mais son étendue et certaines façons de l’acquérir et d’en user; elle distingue ce droit du droit de possession, ce qui n’a rien de redoutable, et se montre aussi hostile à la possession communautaire qu’à la possession individuelle. Il semble que, sans cette inclination romantique à étonner le paisible bourgeois et sans cette truculence passionnée qui fait de Proudhon un journaliste marquant, notre auteur fût demeuré inconnu. Si l’on en croit V. Considerant, son collègue à l'Assemblée nationale en 1848, la vogue de Proudhon tiendrait pour une part à un réflexe, peut-être à une tactique du parti conservateur : « Proudhon a aujourd’hui le privilège, et tout privilège a son prix, de condenser sur sa tête les plus grandes colères des ennemis du socialisme. Antithèse la plus énergique de la propriété, il est devenu une véritable synthèse de l’animadversion des propriétaires... Le nom de Proudhon est passé à l’état d’argument. » Le socialisme devant le vieux monde, p. 100, Et V. Considerant ajoute, un peu plus loin : « Proudhon entend laisser à chacun sa propriété. Il ne veut point du tout de la mise en commun des biens, ni que l’on travaille et que l’on vive ensemble, Toute combinaison de ce genre, communauté ou association, lui fait horreur. Sa pensée est tout ce qu'il y ἃ de plus titrée en individualisme, » D'autre part, les idées économiques de Proudhon furent toujours sim-

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