SOLARI
(BENOIT) 2336 cité : nous avons déjà rappelé le jugement qu’il porte sur Nestorius. Il ne se préoccupe pas de l'élégance du style, mais seulement de la clarté du récit. Il veut faire comprendre la suite des événements dont il dégage, dans la mesure du possible, la philosophie. Il a sans doute, comme tout le monde, ses sympathies et ses antipathies; s’il n’excuse pas les novatiens de leur obstination, il rappelle qu'ils professent la foi orthodoxe pour tous les dogmes essentiels et il regrette la sévérité des persécutions dont ils ont été parfois l’objet. S’il est facile de relever chez lui un certain nombre d’inexactitudes, dues à l'insuffisance des sources qu’il avait à sa disposition, il reste dans l’ensemble, surtout pour la dernière partie de la période qu’il étudie, un témoin de première valeur.
L'Histoire ecclésiastique de Socrate a été éditée pour la première fois par R. Estienne, Paris, 1544, Une édition nouvelle a été publiée par les soins d'H. Valois, Paris, 1668; cette réédition, très soignée et enrichie de notes nombreuses, a été maintes fois réimprimée, en particulier dans P. α., τ. LXVU, 00]. 29-842. Plus récemment, R. Hussey a donné une édition critique de l’ouvrage, Oxford, 1853; réimprimée en 1878 et en 1893 : le travail de Hussey ne donne pas encore une pleine satisfaction. Il faut attendre l'édition, depuis longtemps annoncée, de J. Bidez, dans le Corpus de Berlin. Il existe une vieille traduction arménienne de l'Histoire ecclésiastique de Socrate éditée par Ter Mosesan, Etschmiadzin, 1897.
L. Jeep, Quellenuntersuchungen zu den griechischen Kirchenhistorikern, dans Jahrb. f. klassische Philologie, Supplementbd, χιν, Leipzig, 1885, p. 105-137; Sp.-P. Lambros, Eine neue Fassung des 11. Kapitels des VI. Buches von Sokrates K. G., dans Byzant. Zeitschrift, t. αν, 1895, p. 481- 486; F. Geppert, Die Quellen des Kirchenhistorikers Sokrates Scholastikus, Leipzig, 1898 ; P. Batiftol, La paix constantinienne, Paris, 1924, p. 411-416.
G. BARDY.
SOELL Antoine, né à Brixen, le 15 août 1676, admis dans la Compagnie de Jésus le 11 novembre 1693. Il professa cinq ans la philosophie à Augsbourg, deux ans la théologie morale, et vingt-quatre ans le droit canon à Dillingen et à Inspruck, où il mourut le 2 août 1741. Il a laissé différents traités de droit canon, notamment De tributis, De judiciis causarum civilium, De præscriplionibus, De decimis.
Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. ναὶ, col. 1345- 1346; Sommervogel-Rivière, col. 815; Hurter, Nomenclator, 3° éd., τ. 1v, col. 1611-1612; von Schulte, Die Geschichte der Quellen und Literatur des canonischen Rechts, t. 117 a, p. 191.
A. DELCHARD.
SOLARI Benoît, évêque de Noli (1742-1814). — Né à Gênes en 1742, il entra de bonne heure dans l’ordre des frères prêcheurs. Après avoir professé la théologie dans divers couvents de son ordre, il fut nommé évêque de Noli, en Ligurie, le 17 juin 1778. Solari commença à faire parler de lui en publiant à Gênes, en 1789, une étude où il combattait la doctrine traditionnelle de l'Église touchant le privilège paulin. Ce fut un scandale. Le scandale fut pire quand l’évêque de Noli non seulement refusa de publier dans son diocèse la bulle Auctorem fidei qui condamnait le synode de Pistoie, mais la dénonça au sénat de Gênes auquel il adressa un mémoire contre Pie VI. Solari publia également l'écrit suivant : Motivi dell’ opposizione del vescovo di Noli alla pubblicazione di un decreto del 5. Ufjizio di Genova relativo alla costiluzione Auctorem fidei del N. 5. P. Pio VIe della denunzia fattane al serenissimo senalo di Genova con lettera del di ὃ ottobre 1794. Dès lors Solari se déclara ouvertement en faveur des idées nouvelles, approuva la Constitution civile du clergé, signa une lettre d'adhésion au clergé constitutionnel français et, à ce titre, fut invité au concile national tenu à Paris en 1801. L'année suivante l’érudit cardinal Gerdil (voir ici, t. vi, col. 1299- 1300) publia un Examen des motifs de l'opposition de
M. l'évêque de Noli à la publication de la bulle « Auctorem fidei », dans l’édit. des Opere edite ed inedite du cardinal Gerdil, Rome, 1806-1809, t. χιν, p. 1-295. Solari répliqua par une Apologia contra il fu eminentissimo cardinale Gerdil, qui devait être mise à l’Index, ainsi que les Motivi dell” opposizione del vescovo di Noli, par décret du 30 septembre 1817; son ami Degola en publia un abrégé en français sous le titre Abrégé analytique de l’Apologie du savant évêque de Noli, en Ligurie, avec des notes historiques οἱ critiques, Lausanne, 1804, in-8°. Solari mourut le 13 avril 1814.
Art. PISTOIE, ici-même, t. x11, col. 2223-2224; Reusch, Der Index der verbotenen Bücher, t. 11, Bonn, 1885, p. 974; Michaud, Biographie universelle, nouv. éd.,t, XXXIX, p.556; Feller, Dictionnaire historique, t. X11, 1824, p. 246; Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le XVIIIe siècle, t. vi, 1856, p. 410-411 ; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. v, col. 796.
J. MERCIER
SOLIER François (alias SOULIER, DUSOLIER), jésuite français (1558-1628). Né à Brive (Corrèze, autrefois dioc. de Limoges), il fait de brillantes études littéraires, suivies de deux ans de philosophie et d’un an de théologie. A dix-neuf ans, il entre au noviciat de Bordeaux et de là il ne tarde pas à être envoyé à l’université de Pont-à-Mousson, où il partage l’enseignement de la rhétorique avec le célèbre Fronton du Duc (1578). On le retrouve plus tard professeur de rhétorique à Bourges (1584), puis à Paris au Collège de Clermont après son ordination (1590). De là on l’enverra à Verdun où il remplira pendant cinq ans la charge de maître des novices de la province de France (1592- 1597). De retour dans sa province d'Aquitaine, il s’adonne au ministère de la prédication. Après une mission à Limoges à laquelle il a probablement pris part, les jésuites sont priés de s’établir dans cette ville et il est le premier supérieur de la résidence (1598), laquelle se mue bientôt en collège. Un peu plus tard, il prend part aussi, en qualité de syndic, à l’établissement du collège de Saintes, officiellement ouvert en 1611. Enfin, après avoir partagé les dernières années de sa vie entre le saint ministère et la rédaction d’ouvrages sur les missions lointaines, il meurt à Saint- Macaire (Gironde), âgé de soixante-dix ans.
On doit au P. Solier de nombreuses traductions d'ouvrages ascétiques italiens et espagnols dont voici les principaux : Traité de l’imitation de Notre-Dame (1595) et Traité de l’oraison mentale (1598) du P. François Arias, espagnol. Du P. Ribadeneira : Vie du R. P. François de Borgia (1596), Vie du P. Laynez avec un sommaire de la vie du P. Salmeron (1597)et Traité de la tribulation (1599). Excellent traité de la mortification de nos passions, composé par le P. Jules Facie (1595). Sermons sur le Magnificat de César Calderari (1600). Manuel d'exercices spirituels du P. André Capille, chartreux, et Miroir des œuvres chrétiennes du R. P. François de Borgia (1601). Le Gerson de la perfection religieuse du P. Luc Pinelli (1603). La science des saints du P. Barth. Ricci (1609). Enfin, du P. Lessius, l’opuscule intitulé : Quelle foi et quelle
religion doit suivre celui qui se veut garantir de la dam- |
nation éternelle (1612). Il avait donné en 1599 une traduction du Martyrologe romain plusieurs fois rééditée.
L'histoire des missions a vivement intéressé aussi le P. Solier. On sait que les missionnaires jésuites avaient pris, dès le xvie siècle, l'habitude d’envoyer au P. général des rapports circonstanciés sur leurs travaux apostoliques. Notre traducteur ἃ fait connaître au
public français quelques-unes de ces Leltres des mis- |
sions, venant du Japon, de la Chine, des Indes (1603, 1604, 1617). Désireux de faire mieux encore, il se mit
sur la fin de sa vie à composer une Hisloire ecclésias- ᾿