‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 275 sur 457 · SORCELLERIE ET MORALE · texte numérisé non relu

SORCELLERIE ET MORALE

conviction des saludadores qui, de ce fait, sont suspects. P. 572. Mais, quand la vertu est personnelle, qu’elle n’a pas eu un commencement mauvais qu’on puisse constater, puisque cette personne s’est mise à s’en servir par hasard, de bonne foi ou par simplicité, et qu’elle n’en espère l’efficacité que de Dieu (ou de la nature) non videtur damnanda.

Enfin, qu’il y ait remèdes ou simples formules, «il y ἃ des guérisseurs qui agissent avec pleine certitude de l'effet, et donc en vertu d’un pacte superstitieux; car ils n’ont pas de raison vraisemblable de présumer qu’une vertu divine accompagne leurs formules sacramentelles : introduire des procédés semblables sans l’autorité de l’Église est superstitieux et périlleux pour la foi. Qu'ils le veuillent ou non, ils se confient en de vaines observances ». P. 573.

2° Les moralistes modernes. — Quoi qu’ils pensent de la portée des sortilèges, ils prononcent contre eux «une sentence de condamnation universelle. » Elle est fortement motivée à l’art. MAG1E de ce Dict., t. 1x, col. 1528-1533. Il n’y a rien à y retrancher même pour la vulgaire magie des sorciers; ce qu’on pourrait y ajouter ne concerne que l’appréciation des cas particuliers. Le cas du pacte explicite est le plus simple, parce qu’il réalise le péché de magie noire : or « objectivement, elle est toujours grave... Subjectivement, chez des chrétiens, elle ne paraît guère excusable : on ne voit pas comment ils seraient ignorants au point de s’adonner à cette affreuse (ou honteuse) magie sans en remarquer la gravité; comment ils pourraient y être forcés malgré eux » par l’insistance des clients « au point d’en perdre la responsabilité. Que si pourtant il en était ainsi, ce ne pourrait être que chez des peuples d’une extrême barbarie.» J. Didiot, Morale surnat. spéciale, p. 489. A l’égard d’un sorcier professionnel, sauvage ou civilisé, il faudrait, s’il voulait se convertir, lui demander : 1. de renoncer à tout pacte avec le diable ou avec les faux dieux; 2. de réparer, autant qu’il le peut, tout le tort qu'il a causé par ses maléfices; 3. de détruire ou de livrer ses livres ou objets magiques et de signaler, s’il y a lieu, le signe extérieur de sortilège pour qu’on puisse le détruire. Quant aux victimes, vraies ou supposées, du sorcier, il faudrait leur conseiller d’abord de ne pas croire aveuglément à l’efficacité de la sorcellerie et surtout de ne pas transformer telle rancune de famille en accusation précise contre telle ou telle personne, et puis leur recommander les moyens spirituels : la prière, les sacrements, etc, et+les bénédictions de l'Église sur leur maison et leur étable, en les prévenant de ne pas en attendre plus que la foi ne l’enseigne.

Au contraire, vis-à-vis des recettes équivoques que l’on se transmet dans les paroisses de campagne, une enquête discrète, même superficielle, y découvrira assez souvent des formules suspectes ou à tout le moins inutiles. Cf. Ami du clergé, 1933, p. 657-663. Ce sont de vaines observances qui n’ont d'ordinaire qu’un lointain rapport avec la sorcellerie. La faute des gens qui en usent serait grave s’il y avait un pacte même tacite avec le démon, c’est-à-dire si l’on sentait que ses pratiques ont besoin d’un supplément d’efficacité de la part d'une cause mystérieuse et mauvaise; mais elle est d'ordinaire légère « subjectivement et même objectivement ; les procédés et les effets ne sont pas gravement déraisonnables ni injustes. » J. Didiot, loc. cit. Comme les gens qui s’en servent sont souvent de bonne foi et parfois d’assez bonne volonté, on ne leur refusera pas l’absolution, mais on devra d'autant plus exiger qu'ils s’abstiennent des formules et gestes superstitieux et d’une confiance injustifiée en leurs recettes. Videat, dit sagement CI. Marc, num res in sensum bonum relorqueri possil, vel mulari in alium sensum sed bonum.

sh de.

Enfin, comme il n’est pas rare de trouver de bons chrétiens, fidèles aux pratiques religieuses, qui se garderaient bien d’avoir recours aux sorciers ou de pratiquer la sorcellerie, mais qui croient malgré tout à ses maléfices, il faut leur dire que « croire aux sorciers n’est pas une superstition. Mais il convient de ne pas qualifier indistinctement ces pratiques de faute grave. S'il y a des préjugés dans le peuple, il faut l’éclairer, lui montrer que la sorcellerie n’est souvent autre chose que de la duperie, mais ne pas naturellement entrer dans le détail des pratiques. » Ami du clergé, 1892, p. 739. Enfin, il faut tenir compte de la volonté de la sainte Église, qui interdit par les lois générales de l’Index « tous les livres qui enseignent ou recommandent... les sortilèges. » Codex juris canon., can. 1399.

SORCELLERIE

Voir la bibliographie de l’art. MAGIE, ci-dessus, t. IX,

col. 1534, et celle de l’art. SUPERSTITION. P. SÉJOURNÉ.

SORDELLUS François, frère mineur conventuel italien et maître en théologie, appelé aussi Sorbellus ou de Sorbellis. — Originaire de Ferrare, d’où il est encore nommé Ferrariensis, il y mourut le 27 novembre 1443. Il fut gardien du couvent et supérieur de la custodie de Ferrare et laissa une Summa casuum conscientiæ imparfaite, un Opusculum de virginitate et un Quadragesimale.

Petrus Rodulphus Tossianensis, Historia seraphicæ religionis, 1. III, au mot Franciscus Ferrariensis, p.316 v°, Venise, 1586; L. Wadding, Scriptores ord. min., 3° éd., Rome, 1906, p. 80; J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. 1, Rome, 1908, p. 301-302.

A. TEETAERT.

SORIA BUTRON Jean, frère mineur espagnol de la régulière observance de la province de Carthagène, dans laquelle il enseigna, en 1650, la théologie à Concha. Il publia un Epilogus summarum sive amplissimum compendium rerum omnium, quæ in universis materiis theologiæ moralis tractantur, primo in communi, secundo in particulari. Resumplum principaliter ex doctissimo p. fr. Henrico Villalobos promptuario pleno ex quo hoc opusculum deduxi, ne dicam mare magno ex quo tot ribuli, flumina tot redundarunt, cui adhærent resolutiones variæ plurimorum doctorum, præcipue Suarez, Sanchez, Lessii, Bonacine, Fagundez, Hurtadi, Dianæ, etc., Concha, 1650, in-4°, 642 p. A la fin, il ya un Brevis tractatus sive resolulio concisa aliquarum difficultatum ad conscientias regularium serenandas. Il est encore l’auteur d’un Epilome de la vida, muerte y milagros del serafin llagado San Francisco, Cuenca, 1649, décrit par A. Lôpez, dans El eco franciscano, 1932, 15 décembre.

J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ord. min., 2e éd., t. 11, Rome, 1921, p. 133; H. Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. xt, col. 890; A. Martin, Apunles biobibliogräficos sobre Los religiosos escrilores, hijos de la provincia serdfica de Cartagena, Murcie, 1920, p. 93-95; Jean de Saint-Antoine, Bibliotheca universa franciscana, t. 11, Madrid, 1732, p. 221; A. Nieto, Adiciones a Los « Escrilores franciscanos de La provineia de Cartagena», dans Archivo ibero-americano,t.xxXXVI, 1933, p. 137-138.

A. TEETAERT.

1. SORIANO (François de), frère mineur capucin italien. — Originaire de Soriano, près de Viterbe, où il naquit vers 1500, il entra vers 1518 chez les frères mineurs de l’Observance, qu'il quitta en 1534 pour embrasser la réforme capucine. Prédicateur recherché, il monta avec succès dans les chaires des principales villes d’Italie. Dans l’ordre capucin il exerca les charges de vicaire-provincial de Rome en 1549 et de définiteur général en 1561, 11 mourut à Rome, le 147 mai 1567. D’après Bernard de Bologne, il serait l’auteur d'un volume de Quæsliones theologiæ scholasticæ et

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