‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 288 sur 457 · SOUS-INTRODUITE — SOUTHWELL (NATHANAEL · texte numérisé non relu

SOUS-INTRODUITE — SOUTHWELL (NATHANAEL

siastiques réprouvent cette cohabitation parce qu’elle est susceptible d’occasionner des fautes graves et des scandales. Passé le ve siècle, cette cohabitation disparaît, les ascètes et les vierges consacrées à Dieu ayant embrassé la vie cénobitique et ne vivant plus dans le monde comme auparavant.

Achelis prétend que la cohabitation des clercs avec des femmes tout comme celle des ascètes avec des vierges tire son origine de la tendance à contracter des mariages purement spirituels, laquelle aurait été assez répandue dans l’Église primitive. Nous ne pensons pas que les textes allégués par Achelis autorisent cette conclusion. Nous croyons que la cohabitation des clercs avec des femmes, tout comme celle des ascètes avec des vierges provient tout simplement du souci de la res domestica. À Constantinople, des vierges jouissant d’une certaine fortune en confiaient la gestion à des ascètes qu’elles introduisaient dans leurs demeures. Voir 5. Jean Chrysostome, Contre les συνεισαχτοί, passim. Quand des vierges de conditions plus humble vivaient avec des ascètes ou avec des clercs, c'était très probablement pour gagner leur vie en qualité de ménagères. Ascètes et vierges ne vivant plus dans le monde depuis le cours du v® siècle, leur cohabitation a disparu d’elle-même, tandis que celle des clercs avec des femmes étant toujours amenée par suite des nécessités domestiques, n’a pas cessé jusqu’à nos jours de fournir la matière à des règlements ecclésiastiques.

Tous les textes concernant les subintroduclæ se tiouvent

dans H. Achelis, Virgines subintroductæ, Leipzig, 1902. G. FRITz.

SOUSA Y MENESES (Jérôme de), frère mineur portugais du xvr siècle. — Originaire de Freixo de Nemäo, dans le diocèse de Lamego au Portugal, il appartint à la province de Castille, dans laquelle il exerça les fonctions de gardien de Sigüenza et de Madrid, de lecteur de théologie à Palerme et à Naples, de définiteur et de custode. Il fut élevé aussi à la dignité de définiteur et de procureur général de l’ordre et présida, en 1682, le chapitre de Salamanque. Il mourut en 1711. Pour défendre la doctrine de Duns Scot au sujet de la distinction du Saint-Esprit et du Fils, contre un théologien qui l’attaqua, en 1678, à Naples, il publia : Znterrupli certaminis instauratio de distinctione Spiritus Sancti a Filio, si per impossibile ab illo non procederet, et præcipue de mente beali Gregorii Nysseni in hoc punclo, Naples, 1679, in-8°, 98 p., où il confirme la doctrine scotiste par les témoignages des saints Pères et de nombreux théologiens. Il est aussi l’auteur de Scala theologica, per quam ascendil crealura de non esse ad esse et descendit a Deo in mundum, Paris, 1680, in-4°; et d’un Traclalus de prædestinatione ac eliam fulurorum contingentium polysophia, Madrid, 1706, in-fol.

Jean de Saint-Antoine, Bibliotheca universa franciscana, t. 11, Madrid, 1732, p. 79-80; A. Lôpez, Notas de bibliografta franciscana, dans Archivo ibero-americano, t. xxvI, 1926, p. 185-187; H. Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 1v, col. 673- 674; E. Navarro, O. 5. B., De sacrosancto Trinilatis mysterio, disp. VI, dub. 1, $ 9, n. 367, Salamanque, 1701.

A. TEETAERT.

SOUTHWELL Bacon Nathanael, jésuite anglais (1598-1676). (On le nomme généralement SOTWEL.) — Né à Norfolk, il fit ses premières études à Rome, au Collège des Anglais, où il devait revenir en qualité d’économe, âgé à peine de trente ans, peu après son entrée dans la Compagnie. En 1647, le P. général Vincent Caraffa le choisit comme secrétaire. Dans ces fonctions, qu'il garda sous les quatre généraux sui-

rants, le P. Southwell était à la source des meilleurs renseignements sur la production littéraire de son ordre. Il eut l’idée d'en dresser un répertoire, ainsi que l’avaient fait avant lui les PP. Ribadeneyra et Ale-

gambe, et, déchargé de son emploi en 1668, il put avant de mourir voir paraître son grand ouvrage : Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu. Opus inchoatum a R. P. P. Ribadeneira.. anno salutis 1602, continuatum a R. P. P. Alegambe.. usque ad annum 1642, recognitum et productum, ad a... 1675, a Nathanaele Sotvello… Romæ, ex typographia J. A. de Lazzeris Varesii, 1676, χχχνι-982 p.

Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vrr, col. 1408.

J. DE BLic.

SOZOMÈNE, historien ecclésiastique du ve siècle. — La vie de Salamanus Hermias Sozomenus, cf. Photius, Biblioth., cod. 30, nous est mal connue. Lorsqu'il composa son Histoire ecclésiastique, Sozomène habitait Constantinople et il y exerçait une profession juridique, Hist. eccles., II, 111; mais il était vraisemblablement originaire de Béthelia, villagesitué près de Gaza, en Palestine. Il appartenait à une famille de chrétiens pieux, Hist. eccles., V, XV. Il est vraisemblable qu'il visita l'Italie avant de s'installer à Constantinople, Hist. eccles., 11, Χχιν ; VIT, xv1. Ce fut dans cette dernière ville qu'il se fixa : l'Histoire ecclésiastique y fut écrite après 439 et avant 450, c’est-à-dire à peu près en même temps que celle de Socrate.

Cet ouvrage est dédié à l’empereur Théodose II. L'épitre dédicatoire nous apprend même que celui-ci aurait daigné exercer sa censure sur l’œuvre de Sozomène, et l’approuver de telle façon que personne n’aurait désormais à y porter la main. L’historien se propose de raconter les faits qui sont survenus entre le troisième consulat de Crispus et de Constantin et le dix-septième consulat de Théodose II, c’est-à-dire de 324 à 439. Il divise son récit en neuf livres et l’ordonne d’après les règnes impériaux.

Dans un prologue au 1. Ier, Sozomène déclare qu'il avait eu*d’abord l'intention de raconter l’histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à son époque. Comme cependant les premières périodes de cette histoire avaient déjà été racontées par Clément —c’est-à-dire en fait par les apocryphes clémentins — Hégésippe, Jules Africain et Eusèbe, il s’est contenté de résumer en deux livres tout ce qui regarde la période comprise entre l’ascension du Christ et la victoire de Constantin sur Licinius. Son œuvre propre ne couvre donc que le dernier siècle. Le résumé en question ne nous est pas parvenu; nous n’en connaissons même l’existence que par ce témoignage de l’auteur.

L'Histoire ecclésiastique elle-même, telle que nous la possédons, ne répond pas entièrement aux promesses que l’écrivain avait faites. Alors qu’elle devait nous conduire jusqu’à 439, elle s’interrompt d’une manière assez inattendue en 421. Quelques événements postérieurs à cette date sont seuls indiqués, tels l’accession au trône de Valentinien III qui date de 425, Hist. eccles., IX, xv1, et une translation de reliques qui eut lieu sous l’épiscopat de Proclus de Constantinople, c’est-à-dire entre 434 et 446, Hist. eccles., IX, 11. Par contre, l'historien nous renvoie à deux reprises à des récits qui ne trouvent pas de place dans le texte conservé : il doit s’agir la première fois des services rendus à l’orthodoxie par Pulchérie, la sœur aînée de Théodose, cf. Hist. eccles., IX, 1; la seconde fois, de l’invention des reliques de saint Étienne, cf. Hist. eccles., IX, xv1. Il est difficile d'expliquer pourquoi le texte de l'Histoire est ainsi mutilé. La tradition manuscrite ne nous permet pas de conclure que :es premiers lecteurs aient eu entre les mains un texte plus complet que nous du 1. IX. On a supposé que la censure impériale s'était particulièrement exercée sur ce livre qui racontait les événements contemporains et qu’elle en avait fait disparaître une bonne partie : il est remarquable par exemple que Sozomène ne parle pas de l’impéra-

SOUTHWELL (NATHANAEL)

— SOZOMÈNE 2470 trice Eudocie, l'épouse de Théodose IT, qui avait dû quitter Constantinople pour Jérusalem en 440. L'hypothèse n’est pas démontrée avec certitude; elle est du moins très probable.

L'Histoire ecclésiastique de Sozomène est loin d’avoir la même valeur que celle de Socrate, qui couvre la même période. Sans doute, Sozomène connaît et emploie la plupart des ouvrages qu'a utilisés Socrate, par exemple l'Histoire ecclésiastique et le De vita Constantini d'Eusèbe, plusieurs écrits de saint Athanase, l'Histoire ecclésiastique de Rufin, le recueil des conciles de Sabinus d’Héraclée. Il a même recours à quelques livres qui sont restés inconnus à Socrate : c’est ainsi qu'il peut insérer au 1. II un long récit relatif aux martyrs persans sous le règne de Sapor IT; qu'ailleurs il donne bien des renseignements nouveaux sur la vie et les mœurs des moines célèbres, etc. Mais ce sont là des détails. Pour l'ordinaire Sozomène s'inspire de Socrate et le copie ou l’imite avec une décourageante servilité. Depuis longtemps les travailleurs avaient remarqué les rapports étroits qui unissaient Socrate et Sozomène; et ces rapports s'expliquent déjà en partie par le fait que les deux historiens se proposent de raconter les mêmes événements et recourent d’ordinaire aux mêmes documents. Un examen plus attentif avait forcé les critiques à conclure qu’il y avait davantage encore et que l’un des narrateurs avait utilisé et souvent démarqué l’autre. Il n’est pas difficile, dans ces conditions, de découvrir le copiste : les recherches de Jeep et de Schood ont montré, sans aucun doute possible, que Sozomène avait suivi Socrate. Ilnes’en vante d’ailleurs jamais, si bien que, si l’on ne connaissait que son livre, on se laisserait duper sans peine sur son originalité.

Π faut ajouter que Sozomène garde le même silence sur toutes les sources qu'il utilise. Autant Socrate se montrait désireux de renseigner son lecteur et de lui faciliter le contrôle de son travail, autant Sozomène est réservé et discret pour parler des livres qu’il a lus, surtout de ceux qui lui ont rendu le plus de services. Il y ἃ là une sorte de trahison qu’on ἃ quelque peine à excuser.

Ajoutons que le style de Sozomène est plus coulant, plus simple et plus facile que celui de Socrate : Photius l’avait déjà remarqué, Biblioth., cod. 30, et les travailleurs récents n’ont pu que confirmer son jugement. On le lit avec agrément et, si le style suffisait à faire l’historien, Sozomène remporterait sans doute la palme. Mais ce n’est après tout qu’une qualité accessoire, qui ne remplace pas le jugement et la science. Or, Sozomène se montre souvent crédule à l’excès ; il a une prédilection marquée pour les histoires merveilleuses, et lorsqu'il paraît formuler une opinion, il se contente d'ordinaire de penser comme sa source. Les questions proprement théologiques l’intéressent peu : pas plus que Socrate d’ailleurs, il n’a pas été préparé par sa formation juridique à comprendre les distinctions parfois subtiles qui séparent les hérésies des diverses sectes, et il ne craint pas d’avouer à plusieurs reprises qu’il se contentera de noter les traits généraux de l’enseignement des hérétiques parce qu’il n’a pas la pleine intelligence de ces choses, Hist. eccles., VI, xXxxvVI1; VII, XVI; ππ{|ν πὺ-:

La première édition de l'Histoire ecclésiastique de Sozomène est due à Robert Estienne, Paris, 1544, Beaucoup meilleure est l’édition de H. Valois, Paris, 1668, qui a été maintes fois reproduite, en dernier lieu dans P, G.,t. LXVI, col. 953-1630. Une nouvelle édition a été publiée par R. Hussey, Oxford, 1860, mais elle ne satisfait pas encore les exigences de la critique. Depuis longtemps J, Bidez ἃ annoncé une édition définitive, qui doit paraître dans le Corpus de Berlin et il a publié déjà une remarquable étude sur la tradition manuscrite de Sozomène et la Tripartite de Théodore le Lecteur, dans Texte und Untersuchungen, t. xxx11, fase. 2 b, Leipzig, 1908,

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