RAYONNEMENT
aristocratie avaient moins à craindre les conséquences de leur attitude que les simples fidèles, dontilest question dans la bulle de condamnation Sancla romana et plus encore dans les actes de l’Inquisition. Pour ce qui regarde le midi de la France,c’était avant tout la figure centrale d’Olieu qui attirait les fidèles. Ange de Clareno, dans une lettre de 1313 environ, Archiv, t. 1, p. 544, décrit les scènes qui se déroulaient au tombeau d'Olieu à Narbonne, où peuple et clergé s’empressaient de témoigner leur vénération au jour de l’anniversaire de sa mort et où des cardinaux même apportaient des ex-voto. Cette description trouve une pleine confirmation dans un écrit appelé le Transilus de Pierre de Jean Olieu, conservé dans la Practica Inquisilionis de Bernard Gui, V, 12 (éd. C. Douais, Paris, 1886, p. 287; éd. G. Mollat, t. 1, Paris, 1926, p. 109 sq.; voir aussi Archiv, t. 111, p. 411 sq.), et par le Livre des sentences de l’Inquisition de Toulouse publié par Ph. Limborch à la suite de son Historia Inquisilionis, Amsterdam, 1692. Du Transitus il résulte que les dévots d’Olieu, appelés béguins et béguines et qu’on pourrait désigner sous le nom de « béguins de la pauvreté », pour les distinguer des béghards (et béguines) immoraux (voir ici l’art. BÉGHARDS, t. 11, col. 528 sq.) condamnés par Clément V (III, v, 3, in Clem.), lisaient après sa mort son éloge dans leurs fréquents conventicules. Dans le Livre des sentences, ou Liber sententiarum, on rencontre nombre de ces béguins, qui se disaient du troisième ordre de Saint-François et qui furent poursuivis par l’Inquisition surtout à cause de leurs opinions sur la pauvreté; on se rappellera que c’est précisément à l’occasion de l’examen du procès d’Inquisition d’un de ces béguins que la grave controverse sur la pauvreté du Christ et de ses apôtres éclata en 1321. Mais ce n’est pas la seule erreur attribuée aux béguins. On rencontre, dans leurs dépositions, à peu près toute la doctrine incriminée d’Olieu, qu’ils appellent un saint non canonisé et dont ils lisaient les traités traduits in romancio, c’est-à-dire en provençal. Sont mentionnés notamment les Postilles sur l’A pocalypse, les livres Sur la pauvreté, Sur la mendicité, Sur les dispenses, et le Transitus déjà nommé. Au surplus, ils considéraient comme des martyrs les quatre spirituels brûlés à Marseille, de même que les quelques béguins qui avaient subi le même sort dans différents endroits de la Provence. Chez quelques-uns de ces béguins provençaux (Liber sententiarum, p. 381 sq.) on trouve même des pratiques immorales semblables à celles du fraticelle italien Paul Zoppo, à Rieti en 1334. Voir Archiv, t. 1V, p. 78-82. Le troisième ordre des spirituels, fidèle à la mémoire d’Olieu, s’étendit jusqu’en Catalogne, où leur champion était Arnaud de Villanova, qui écrivit pour eux le petit traité /nformatio beguinorum ou Lectio Narbonnensis, dont on a un vieux texte catalan, publié, d’après un ms. du xve siècle, par R. d’Alôs-Moner dans Festgabe... Heinrich Finke, Munster-en-W., 1925, p. 187-199. Il en existe une traduction italienne inédite signalée par F. Tocco, Studi francescani, Naples, 1909, p. 227 sq. Cette traduction peut être une preuve que les béguins admirateurs d’Olieu se répandirent même en Italie. Entous cas, il est certain que les spirituels y avaient leurs partisans parmi les fidèles, mais il n’en est guère question avant la bulle Sancla romana, qui dit expressément que quelques-uns qui prétendent être du troisième ordre de Saint-François, cherchent à se cacher dans cette institution quoique la règle du troisième ordre ne prévoie nullement leur genre de vie. Ange de Clareno composa deux petits traités spirituels pour ses amis dans le monde, publiés par N. Mattioli, 11 B. Simone Fidati da Cascia, Rome, 1898, p. 466-487. On n’y trouve rien qui ne soit orthodoxe, mais l’esprit des spirituels y est facile à reconnaître, surtout lorsqu'il
est question de la pauvreté et de la science. Entre autres, l’auteur déconseille à ces dévots de s’adonner au commerce, sans doute parce que le commerce est source de richesse et prête occasion à la fraude, mais il veut qu’ils se contentent du travail manuel en exerçant quelque métier licite et honnête. On y trouve du reste de beaux passages sur l’imitation du Christ, sur Ja méditation de sa sainte passion, etc.
Frère Ange avait de grands amis dans l’ordre des ermites de Saint-Augustin, tels que le bienheureux Simon de Cascia, Jean de Salerne et d’autres qui nous ont conservé ses lettres, mais rien ne nous dit qu'ils aient constitué dans leur ordre un parti spécial. Par contre, on trouve un parti spirituel ou rigoriste dans l’ordre de Saint-Dominique au commencement du xIve siècle et précisément dans la Province romaine à laquelle appartenaient, outre Rome et l’Ombrie, la Marche d’Ancône et la Toscane. Bien qu'on ne puisse établir aucune relation entre les spirituels franciscains et les zelanti chez les prêcheurs, il faut voir dans ce mouvement dominicain une répercussion des luttes sur la pauvreté dans l’ordre de Saint-François. Il se forma, vers 1300, dans la province dominicaine de l'Italie centrale un parti qu’on appelait les spirituels ou spigolistri, qui se proposait de ramener l’ordre aux rigueurs de l’observance primitive. Naturellement il rencontra de l’opposition dans l’ordre même. La question fut traitée dans plusieurs chapitres provinciaux et généraux. On parvint à une décision de conciliation au chapitre provincial de Todi (1319), dont le décret, modifié quelque peu, fut promulgué au chapitre général célébré à Florence en 1321. On y proclamait l'innocence des accusés et on imposait le silence sur l’objet même de la controverse; les frères durent abandonner toute singularité; le nom de « spirituel », nom de parti engendrant la discorde, fut interdit. On a cru jusqu'ici que le conflit s’était terminé là; mais un décret inédit du chapitre provincial célébré à Rome en 1324 nous apprend qu’il n’en fut rien. Le chapitre s'élève contre les mœurs singulières et la doctrine de certains frères qui ont été appelés jusqu'alors spirituels et qui s’écartent non seulement des saints pères domi-
nicains, mais encore de la saine vérité catholique et.
qui, par là, ont jeté le discrédit sur la province et sur l’ordre et ont été cause de scandales. Pour obvier à tout cela les prieurs locaux sont tenus par obéissance de rechercher, de dénoncer et de punir les coupables, et si, dans l’espace de deux mois, ceux-ci ne se corrigent pas, ils perdront les privilèges de l’ordre etle droit de vote et leurs fauteurs seront punis encore plus sévèrement. Cf. Archives générales des frères prêcheurs, Rome, Saint-Sabine, cod. x1v, À, 1, fol. 233 vo. Il est évident que quelque chose s'était passée entre 1321 et 1324 pour causer cette brusque volte-face à l’égard des spirituels dominicains. On ne se trompera guère en en voyant la cause dans la controverse sur la pauvreté du Christ et de ses apôtres, dans laquelle les sympathies des spirituels dominicains allaient probablement, tout comme chez les anciens spirituels franciscains, dans une direction opposée à la doctrine de l’ordre et à la décision donnée par la décrétale Cum inter nonnullos en 1323. Le texte même du décret de 1324 semble justifier cette interprétation. Le chapitre général de Perpignan (1327) revint sur la question et, sans toucher la doctrine, prescrivit la dispersion en différents couvents de ceux qui veulent mener une vie singulière et même, s'ils s’obstinent, la peine de l’emprisonnement. Voir P. Th. Masetti, Monumenta el antiquitates.. O. P. in romana provincia, t. 1, Rome, 1864, p. 277-279; F. Ehrle, dans Archiv, τ. 111, Ὁ. 611-614; B. Reichert, Monumenla O. F. P., tt. 1V, Rome, 1899, p. 137, 169.
Le mouvement des spirituels franciscains, inspiré d'abord par un idéalisme élevé qui se rattachait à l’in-
tention de saint François dictant sa règle et son testament a misérablement échoué. Nous avons exposé les causes de cet insuccès éclatant et mérité sans doute, mais funeste à l’ordre : mauvaise tactique, entêtement borné, joachimisme outré et injurieux pour l’Église, tout cela compromit d’abord et ruina ensuite d’une façon irréparable les aspirations de ces idéalistes fourvoyés. « Jamais cause plus respectable, dit le P. René de Nantes, ne fut défendue avec moins de prudence et d’habileté. » L'ordre est sorti victorieux de la lutte, mais affaibli intérieurement et dans un certain sens compromis, ce qui ne pouvait être qu’un désavantage dans la tempête qui allait bientôt se déchaîner contre lui.
Ce qu’il y avait de juste et de raisonnable dans le mouvement des spirituels a été repris, une cinquantaine d’années plus tard, par l’Observance régulière, qui a su éviter les écueils contre lesquels la cause des anciens spirituels s'était brisée, et au xv® siècle, « les pauvres ermites de frère Ange de Clareno », qui avaient survécu, on ne sait comment, à la catastrophe et étaient soumis aux évêques diocésains, se sont en grande partie ralliés au nouveau mouvement. Selon un chroniqueur du temps, le bienheureux Bernardin d’Aquila, Chronica frat. min., éd. L. Lemmens, Rome, 1902, p. 6, c’est Ange de Clareno lui-même, qui dans un testament d’ailleurs inconnu, aurait exhorté ses disciples à faire ce pas, lorsqu'il leur serait donné de voir la bonne observance revenue dans l’ordre de Saint-François.
Une grande partie de la bibliographie sur les spirituels a été donnée ici à l’art. FRATICELLES, t. vi, col. 782-784, et à l'art. OLIEU, t. ΧΙ, col. 991. Nous nous limiterons à l’essentiel, indiquant surtout les publications postérieures.
1. TEXTES. — H. Sbaralea-C. Eubel, Bullarium franciscanum, Rome, 1759-1898, t. 1-v; ΕἸ. Annibali de Latera, Supplementum ad Bull. franc., Rome, 1780; J.-M. Vidal, Bullaire de l’Inquisition française au XIVe siècle, Paris, 1913; Ange de Clareno, Historia septem tribulationum ordinis minorum, voir ici t. vi, col. 782, et ajouter L. Malagoli, Cronaca delle tribolazioni di Angelo Clareno, Turin, 1931, ancienne version italienne complète; L. Oliger, Expositio regulæ fratrum minorum auctore Fr. Angelo Clareno, Quaracchi, 1912; N. Mattioli, Antologia agostiniana, t. τι, IL beato Simone Fidati da Cascia, Rome, 1898, p. 336-339, lettre de Simon sur la mort d'Ange de Clareno, p. 466-487, deux opuscules mystiques d’Ange de Clareno; Ubertin de Casale, Arbor vilæ crucifixæ Jesu, Venise, 1485; Arbor vilæ crucifixæ Jesu d’Ubertino da Casale, trad. et introd. par Fausta Casolini, Lanciano, 1937 (traduction italienne du prologue, du c. 1x du 1. IV, et de quelques chapitres du 1. Νὴ); τ. Baluze, Vitæ paparum Avenionensium, éd. G. Mollat, Paris, 1914 sq.,t.1, p.20, 73, 117 sq.; t.n1, Ὁ. 374; Baluze-Mansi, Miscellanea, t. 11, Lucques, 1761, p.270 sq.; Denifle-Chatelain, Chartularium universilatis parisiensis, txt, Ὁ. 215-218 ; Chronica 24 generalium, dans Anal. francisc., τ. τ, Quaracchi, 1897, p. 420, 422, 458 sq., 469, 472 sq.; H. Finke, Acta Aragonensia, Berlin-Leipzig, 1908, t. τι, p. 61-77; G. Golubovich, Biblioteca bio-bibliografica della Terra santa, Quaracchi, 1906 sq., t. 1, p. 51-57, 429; t. τι, p. 80 sq., 96 sq.; t. 111, p. 38-52; L. Oliger, Fr. Bertrandi de Turre processus contra Sspiriluales Aquilaniæ (1316) et card. Jacobi de Columna litteræ defensoriæ spiritualium Provinciæ (1316), dans Archivum franciscanum historicum, τ. xv1, 1923, p. 323-355; du même, Fr. Bonagratia de Bergamo et ejus tractatus de Christi et apostolorum paupertate, ibid., t. xx11, 1929, p. 292-335; 487-511.
11. TRAVAUX. — L. Wadding, Annales minorum, 3° éd., Quaracchi, 1931, t.1-vr. Depuis le grand annaliste, personne n'a autant approfondi la question des spirituels que le card. Fr. Ehrle, dans l’Archiv für Literatur-und Kirchengeschichte, Berlin-Fribourg-en-B., 1885-1888, où de nombreux textes sont accompagnés de commentaires très judicieux.
René de Nantes, Histoire des spirituels, Paris-Couvin, 1909; H. Holzapfel, Manuale historiæ ordinis fratrum minorum, Fribourg-en-B., 1909, p. 45-58; G. Garavani, Gli spirituali francescani nelle Marche, Urbino, 1905 (l'auteur ignore les travaux fondamentaux d'Ehrle); K. Balthasar, Geschichte des Armutsstreites im Franziskanerorden, Muns-
ter-en-W., 1911; D. Saville Muzzey, Were the spiritual franciscans montanist hereties? dans Journal of theology, Chicago, t. x11, 1908, p. 392-421, 588-608; F. Tocco, Studi francescani, Naples, 1909; A. Vernarecci, Fossombrone dai tempi antichissimi αἱ nostri, t. 11, Fossombrone, 1914, p. S4- 115, 165-225 (sur Ange de Clareno, dit encore Pierre de Fossombrone); Ciro da Pesaro, À proposito del B. Angelo Clareno, dans Picenum Seraphicum (Treia), t. v, 1919, p. 47- 58; du même, 11 Clareno (studio polemico), Macerata, 1920 (œuvre apologétique); L. Oliger, Frammenti di un carteggio (1784-1808) per la conferma del culto di Angelo Clareno, dans Archivum franciscanum historicum, t. Vit, 1914, p. 556-563; du mème, De relalione inter Observantium querimonias Constantienses (1415) et Ubertini Casalensis quoddam scriptum, ibid.,t.1x, 1916, p. 3-41 ; du même, Beiträge zur Geschichte der Spiritualen, Fraticellen und Clarener in Mittelitalien, dans Zeitschrift für Kirchengeschichte, Gotha, t. xLv. 1926, p. 215- 242; du même, De sigillo Fr. Angeli Clareni, dans Antonianum, Rome, t. x11, 1937, p. 61-64; du même, Frate Angelo da Chiarino nel VI centenario della sua morte, dans Frate francesco, Rome, t. χιν, 1937, p. 169-176; Frédégand Callaey, L’'infiltration des idées franciscaines spirituelles chez les frères mineurs capucins au XVI® siècle, dans Miscellanea Fr. Ehrle, t. 1, Rome, 1924, p.388-403; G. Bondatti, Gioachinismo e Francescanesimo nel ducento, S. Maria degli Angeli, Assise, 1924; É. Jordan, Le premier siècle franciscain. Les grandes crises de l'ordre, dans le volume : Saint François d'Assise, son œuvre, son influence, publié par H. Lemaitre et A. Masseron, Paris, 1927, p. 90-147; P. Gratien, Histoire de la fondation et de l’évolution de l’ordre des frères mineurs au X11I® siècle. Paris-Gembloux, 1928 ; Fr. de Sessevalle, Histoire générale de l’ordre de Saint-François, t. 1, Paris, 1935, p. 106-137; V. Dutton Scudder, Franciscan Parallels, dans Anglican theological review, t. v, 1923, p. 282-298; la même, The franciscan adventure, dans Atlantic monthly, juin 1930, p. 808-819: la même, The franciscan adventure. À study in the first hundred years of the order of St. Francis of Assisi, Londres et Toronto. 1931 (socialiste); D.-L. Douie, The nalure and the effect of the heresy of the fraticelli, Manchester, 1932; E. Benz, Ecclesia spirilualis. Kirchenidee und Geschichtstheologie der franziskanischen Reformation, Stuttgart, 1934 (livre à thèse); M. de Dmitrewski. Fr. Bernard Délicieux, O. F. M. Salutte contre L’Inquisition de Carcassonne et d'Albi, son procès (1297-1319), dans Archivum franciscanum historicum, t. χνιι, 1924, p. 183-218, 313-337, 457-488; t. xvint, 1925, p. 3-32; Lidia von Auw, Da Celestino V a Bonifacio VIII, dans Ricerche religiose. Rome, t. 1x, 1935, p. 424-440; F.-M. Delorme, La Conjessio fidei du frère Mathieu de Bouzigues, dans Études franciscaines, t. XLIX, 1937, p. 224-239; Ewald Müller, Das Konzil von Vienne, Munster-en-W., 1934, p. 236-386.
ITI. SUR LES BÉGUINS. — Bernard Gui, Practica Inquisitionis hærelicæ pravitatis, éd. Ch. Douais, Paris, 1886, part. V, 4 : De secta beguinorum, p. 264-287; éd. G. Mollat, Bernard Gui, Manuel de l’inquisiteur, t. 1, Paris, 1926, Ρ- 108-193. et l'introduction p. xL11-XLIV ; Ph. de Limborch, Historia Inquisitionis, Amsterdam, 1692, à la fin : Liber sententiarum inquisitionis Tholosanæ ab anno Christi MCCCVII ad annum MCCCXXIII, p. 298-333, 381-394; M. Menendez y Pelayo. Historia de Los heterodoxos españoles, 2° éd., t. 111, Madrid, 1917, p. 179-241, et appendice, P. XLIX-CXXIX (quelques opuscules d’Arnaud de Villanova et documents sur celui-ci); R. d’Alés-Moner, El text catala de la « Informatio beguinorum vel Lectio Narbonæ », dans Festgabe… Heinrich Finke, Munster-en-W., 1925, p. 187-199; J.-M. Vidal, Un ascète de sang royal, Philippe de Majorque, dans Revue des questions historiques, t. Lxxxvtr1, 1910, p. 361-403; du même, Procès d’Inquisilion contre Adhémar de Mosset, noble Roussillonnais, inculpé de béguinisme, dans Revue d'histoire de l’Église de France, t. 1, 1910, p. 555-589, 682-699, 711-724; M. van Heuckelum, Spiritualistische Stromungen an den Hôfen von Aragon und Anjou während der [ôhe des Armutsstreiles, Beïlin-Leipzig, 1912; J.-M. Pou y Maiti, Visionarios beguinos y fraticelos catalanes {siglo XI11-XV), Vich, 1930.