SUSPENSE — SUTTON (THOMAS DE
assez variés : Dieu, sa connaissance, ses noms, sa Trinité; les anges, nature et mesure; la charité, la vision béatifique; mais surtout l'intelligence humaine et la connaissance. D’autres mss les transmettent encore : Bâle, Univ. B. IV. 4, mais en ordre différent; Erfurt, Amplon. F. 369; Naples, Bibl. nationale, VII. C. 47; puis Troyes, 717, et Rome, Vatic. Oltob. 1126, qui n’en connaissent, respectivement, que dix et six; Worcester, Cath. Q. 99, qui en a gardé trois, et Assise, 158 (fol. 358 vo, un fragment de la quest. vit).
20 Quodlibets I-IV. — On les trouve tous quatre, aux fol. 154 c-228 c, dans le ms. d'Oxford, Merton Coll. déjà cité, entre les Quodlibets de Godefroid de Fontaines et les Questions ordinaires signalées ci-dessus. L'attribution à Thomas de Sutton est d’une main postérieure. Mais malgré les hésitations exprimées par exemple par Hoffmans, Revue néo-scolastique, 1934, p. 416 sq., l’étude comparée de ces Quodlibets et des Questions vient corroborer pleinement l'indication du copiste. Voir Ο. Lottin, Rech. de théol. απο. et médiév., 1937, p. 281 sq. On les retrouve encore, anonymes, dans le ms. de Bâle, Univ., B. IV. 4, où ils voisinent avec les Quodlibets de Nicolas Trivet; et les deux premiers, anonymes également, dans Vatican. Ottob. 1126, fol. 45-90 vo.
Questions disputées et Quodlibets fournissent le meilleur de notre documentation sur la doctrine de Sutton. Leurs soutenances sont sensiblement de même époque, comme diverses allusions ou renvois permettent de l’inférer. Mais cette époque elle-même est très difficile à préciser. Tels rapprochements en effet du Quodl. τ avec Henri de Gand, Quodl. v, et Godefroid de Fontaines, Quodl. vir, 9, semblent exiger une date intermédiaire entre 1280 et 1290; par ailleurs les Questions contenues dans le ms. de Worcester sont à dater presque certainement de 1298-1299. Le problème chronologique semble être des plus malaisés à résoudre. La seule hypothèse plausible serait que, après avoir obtenu sa maîtrise en théologie et enseigné à Paris vers 1284-1285, Thomas de Sutton, de retour à Oxford, se soit vu astreint de nouveau aux exercices scolaires des bacheliers avant d’être autorisé à enseigner comme maître, ce qui expliquerait d’ailleurs certaines plaintes formulées à ce propos par l’Université de Paris, vers cette période (cf. Denifle-Chatelain, Chartul. univ. Paris., t. 11, n. 728) et rendrait compte aussi des précisions biographiques rapportées au début. Mais l'incertitude continue à planer.
3° Contra pluralitatem formarum. — Ce petit traité qui défend vaillamment la thèse de l’unité de forme substantielle, contre l’école franciscaine et augustinienne, est conservé dans les mss de Bruges 491 (fol. 60- 65 a : a fratre Thoma Anglico); d'Assise, 118 (fol. 121- 130 vo : illius de Suton predicatoris. Inc. : Quoniam sanctum est honorare veritatem...) Il se trouve encore, anonyme, dans Vatic. lat. 784; Vatic. Ottob. 184; Klosterneuburg, 322; Vienne, Bibl. nat., 1536; Prague, Univ., 481. Il a été édité à plusieurs reprises parmi les opuscules de saint Thomas (Opusc. 45 de l'édition romaine).
49 Tractatus de productione formarum substantialium. — On le lit, comme fraclatus fratris Thome Anglici dans les mss de Bruges, 491 (fol. 96-98 b), Assise, 718 (fol. 91 vo-95 : secundum illum Thomam de Suton anglicum de ordine predicatorum. Inc. : De productione forme substantialis in esse, sententiam solempnem.), Bamberg, C. 150 (fol. 125-131, où il est attribué à saint Thomas) et Vatic. Ollob. lat. 198 (fol. 220-223).
Ces deux ouvrages doivent se situer assez tôt dans sa carrière. Ils se placent au cours de la polémique provoquée en 1282 par le Correctoire de Guillaume de La Mare et qui eut son épilogue dans la condamnation de 1286. L'un et l’autre se voient abondamment utili-
sés dans la réplique de Richard Knapwell, le Correctorium Corruptorii Quare, dont l’article 32 fait de larges emprunts au premier, et l’article 85 au second.
C'est à cette même époque, vers 1286, que doit se rapporter la réplique de Nicolas Ocham, ©. M. Contra delerminationem Sutton circa questionem de unitate forme, transmise par le ms. d’Assise, 196, fol. 109-112 vo. Et, dans le même ms. :
5° Queslio : Utrum forma fiat ex aliquo, attribuée formellement à Thomas de Sutton, fol. 31. Elle est suivie de diverses questions sur la matière et la forme qui sont peut-être du même auteur et pourraient constituer des Quæstiones super Metaphysicam.
6° Expositio in libros de generatione et corruptione (lib. I, lect. 18-25; lib. II). C’est le complément du commentaire laissé incomplet par saint Thomas. Il se trouve dans la ms. d'Oxford Merton Coll., 274, Inc. : Postquam autem principium.. Postquam Philosophus determinavit.
7° Expositio inlibrum Perihermenias.— Achèvement du commentaire que saint Thomas a donné de cet ouvrage et qui s’arrêtait au I. II, lect. 2. C’est sans doute celui qu’on lit au ms. de Paris, Bibl. nat., lat. 16154, fol. 270 d.
8° Interventions scolaires. — Conservées dans les recueils scolaires : Assise 158 (fol. 335 vo-358 ve) et Worcester Q. 99 (fol. 3 et 11, 11 ἃ et 28 a, 38). La première renvoie à une Question de Richard de Hetherington où Thomas de Suttone frater fait office de répondant ; elle doit donc être antérieure à 1290-1291. Les autres sont probablement de 1300-1302, et se laissent identifier avec certaines de ses Quæst. disput. Ce sont, soit des determinationes de Thomas, soit des interventions aux vespéries de Guillaume de Maklefield, O. P., ou à des disputes de Nicolas de Stratton.
9° Trois sermons, du 23 novembre 1292, 1er mars et 24 mai 1293. Attribués à Pred. Sutton, ils sont conservés dans les mss de Worcester Q. 46 et d'Oxford, New Coll., 92.
10° Determinatio contra emulos et detractores fratrum predicatorum. — Écrit polémique contre ceux qui prétendent que les frères prêcheurs ne vivent pas suivant la norme apostolique. Conservé dans les mss d'Oxford, F. Pelster dans Archiv. fratrum prædicat., 1933, p. 74-80. Inc. : Quia quidam emuli fratrum ordinis predicatorum impingunt in 605... Sa composition peut dater soit des environs de 1293, soit de 1300.
A ces indications fournies par les manuscrits euxmêmes, les notices biographiques, celle surtout du Catalogue de Stams, repris par Pignon, viennent ajouter un certain nombre d’autres ouvrages, mis ici en petites capitales italiques : Fr. Thomas de Sutona, natione anglicus, magister in theologia, scripsit (11) SUPRA PREDICAMENTA; (12) SUPER SEX PRINCIPIA; item complevit scriptum Thome super perihermenias; (13) ITEM SUPER PRIORA; item de unitate formarum; item duo quodlibet; (14) 1TEM DE RELATIONE; (15)ITEM SUMMAM THEOLOGIE; (16) ITEM SUPER PSALTERIUM. Presque tous sont demeurés inconnus; on ne sait même pas trop à quoi correspond le 15° : summa theologiæ. Le précédent, de relatione, pourrait être l’opuscule du même nom que le catalogue de la Tabula attribue à saint Thomas, mais dont on ne semble pas connaître de manuscrits.
Les n. 11, 12 et 13, s’ils existent encore, doivent se cacher sous l’anonymat parmi les nombreux recueils de logique que conservent nos bibliothèques. Quant au commentaire sur le Psautier (n. 16) il se pourrait qu’on dût l’identifier avec le Comment. super secundum nocturnum Psalterii du ms. de Bruges, 52 (fol. 1-125 a) qui le dit a fratre Thoma anglico de ordine predicatorum fratrum. Et en ce cas il serait à rapprocher aussi de