‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 401 sur 457 · SUTTON (THOMAS DE · texte numérisé non relu

SUTTON (THOMAS DE

celui que mentionnait l’ancien inventaire de Cîteaux, sous son n. 41 : Postilla fratris Thome Anglici a primo Psalmo usque ad 37. Il faut rappeler toutefois que le catalogue de Laurent Pignon met au compte de Thomas Walleys un ouvrage similaire : fr. Thomas Anglicus. sScripsit bonam postillam super duos nocturnos primos Psalterii. 11 paraît plus probable, d’après ce titre même, que le traité de Bruges appartient à ce dernier et non à Thomas de Sutton. ἃ noter qu’un ms. d’'Eischtät 145 (fol. 1-121 v°) possède aussi un traité de Thomas Anglicus super Psalterium.

II. ŒUVRES coNTESTÉES. — Il faut ranger tout d’abord au nombre de celles-ci toute une série d’opuscules, édités à plusieurs reprises parmi ceux de saint Thomas et dont l’authenticité fait toujours l’objet de chaudes discussions. Ce sont :

17° De instantibus (opusc. 36). Inc. : Quoniam omnem durationem concomilatur instans... (éd. Vivès, t. XXVII, p. 512).

18° De natura verbi intellectus ‘(opusc. 14). Inc. : Quoniam circa naturam verbi intellectus.. (éd. Vivès, t. XXVII, p. 268).

19° De principio individuationis (opusc. 29). Inc. : Quoniam due sunt in homine..….. (éd. Vivès, t. XXVII, p. 465).

20° De natura generis (opusc. 42). Inc. : Quoniam omnis creatura generis limitibus continetur.. (éd. Vivès, t. XXVIII, Ὁ. 5).

21° De natura accidentis (opusc. 41). Inc. : Quoniam omnis cognitio humana a sensu incipit... (éd. Vivès, t. XX VIII, p. 1).

220 De natura materiæ et dimensionibus interminatis (opusc. 32). Inc. : Postquam de principiis sermo habitus est... (éd. Vivès, t. xxvVII, p. 487).

23° De quatuor oppositis (opusc. 37). Inc. : Quoniam quatuor sunt oppositiones ut dicitur... (éd. Vivès, t. XXVII, p. 520).

C’est, à leur propos, tout le problème de l’authenticité des Opuscules thomistes qui est en jeu. Grabmann considère ces sept traités comme étant sans aucun doute de saint Thomas; Mandonnet veut y voir au contraire la première collection d’apocryphes qui ait fait intrusion dans la collection des 32 opuscules authentiques, et qui s’y soit maintenue d’abord en un seul bloc pour s’y diluer ensuite plus ou moins complètement. On les trouve effectivement ainsi groupés, dans de très bons manuscrits tels que : Avignon, 251 (dont nous avons suivi l’ordre), Paris, Sainte Geneviève, 238, Rome, Vatic. lat. 807, Bordeaux, 131, Bruges, 491, etc. Ils y sont attribués tantôt à un frère prêcheur, tantôt à un frère Thomas, tantôt à frère Thomas d'Aquin. Au cas où l’attribution à saint Thomas serait à rejeter, c’est la candidature de Thomas de Sutton qui serait de beaucoup la plus vraisemblable. Dans le ms. d'Avignon 251, par exemple, tous ces écrits sont présentés comme étant du même auteur : incipit liber de verbo ejusdem... de principio individuationis ejusdem..., ete. Or le premier traité qui fournit explicitement son nom : éncipil liber de instantibus editus a fratre Thoma ordinis Predicatorum, se retrouve dans un ms. du Vatican, lat. 806, accompagné de la note suivante (d’une main du xv° siècle) : Credo traclatus iste de instantibus fuerit esse editus a fratre Thoma de Sutona Anglico. Ce rapprochement invite à penser à Sutton. Tel était l’avis de Mandonnet qui ajoutait : « L'examen de quelques points de doctrine m'avait conduit depuis un certain nombre d’années à cette persuasion. Plusieurs de nos apocryphes rentrent dans la préoccupation personnelle de ce théologien : défendre la doctrine de saint Thomas en résolvant les difficultés que les premiers adversaires soulèvent contre cette doctrine... La composition de ce groupe de sept opuscules, en tant qu’il peut être l’œuvre de Thomas

de Sutton, me paraît tomber entre 1280 et 1290, et probablement plus près de la seconde date. » Rev. thom., 1927, p. 151.

249 De concordanliis in seipsum. Inc. : Pertransibunt plurimi. In visione prophetica. Édité lui aussi parmi les opuscules de saint Thomas (opusc. 72, éd. Vivès, t. xxvInT, p. 560), cet essai de concordance en trente articles, inspiré du genre des Rétractations d’Augustin, ne peut être considéré comme authentique malgré les arguments invoqués en ce sens par F. Pelster, De concordantia dictorum Thomæ. Ein echtes Werk aus den letzlen Lebensjahren des hl. Thomas von Aquin dans Gregorianum. t. τν, 1923, p. 72-105. Il se peut que Thomas de Sutton en soit l’auteur car la Tabula de Stams, dans une notice supplémentaire signale que fr. Thomas de Sutona scripsit librum de concordia librorum lhome. Rien n’autorise par contre à lui attribuer une autre concordance, encore inédite, en cent articles (Ind. : Veritalis οἱ sobrietatis verba eloquar), due vraisemblablement à Benoît d’Assignano O. P.

Les divers écrits dont on vient de parler, à supposer qu'ils soient vraiment de Thomas de Sutton, viendraient se placer, semble-t-il, dans la première partie de sa carrière. Ceux qui suivent en affecteraient plutôt la fin, et la prolongeraient jusque vers 1315.

25° Liber propugnatorius super Ivm Sent. contra Joannem Scolum. Transmis par les mss de Florence, Bibl. Nat. conv. sopp. C. 3. 46; de Rome, Vatic. lat. 872; Vatic. Urbin. lat. 120, ce traité qui prend la défense des doctrines thomistes contre l’enseignement de Scot, et qui constituerait comme on l’a dit, un véritable Correclorium fratris Joannis, a été édité à Venise en 1523; Vicenza, 1485. Considéré jusqu’à ces derniers temps comme une œuvre de Thomas de Jorz, il a été attribué à Thomas de Sutton par F. Pelster, Thomas von Sullon..…, dans Zeitschrift für kath. Theol., 1922, p. 225-227. Les mss toutefois se bornent à parler d’un Thomas Anglicus sans préciser davantage de qui il s’agit. Des divergences doctrinales assez notables entre les œuvres authentiques de Sutton et ce Liber propugnalorius ont empêché M. Schmaus qui a pourtant consacré à cette polémique une étude considérable, de se rallier avec certitude à la candidature de Sutton.

Le même Thomas Anglicus aurait également réfuté le IVe livre des Sentences de Scot (voir Pelster, tbid.), ainsi que son Quodlibet. Cette dernière réfutation encore inédite se trouverait, manuscrite, à Oxford, Magdalen College.

26° Contra Robertum Cowton O. M. in Sent. — Ouvrage polémique dirigé contre Cowton et les positions prises par lui dans ses quatre livres des Sentences. Inc. : De queslionibus difjicilibus ad theologiam pertinentibus varie sunt opiniones..… Contenu dans Vatic. Rossian. 431, fol. 1-161 vo; il ne porte pas non plus d’attribulion explicite à Thomas de Sutton, mais relèverait lui aussi de Thomas Anglicus. Sa composition se placerait après 1313-1315.

279 A signaler enfin l'hypothèse émise par Dondaine, dans Bullet. (homiste, 1932, p. 109-118, que le Tractatus de bealitudine, contenu dans le Vatic. lat. 784, fol. 244 vo-246, et édité par Mandonnet, Rev. thomisle, 1918, p. 366-371, sous le nom de saint Thomas, pourrait avoir Thomas de Sutton pour auteur.

IIT. POSITIONS DOCTRINALES. — Thomas de Sutton doit être considéré comme un des meilleurs disciples de

saint Thomas, et probablement comme l’un de ceux |

qui ont le plus contribué à divulguer ses thèses en Angleterre et à faire accepter à Oxford ses principales doctrines, malgré l’opposition à laquelle elles se heur-

tèrent dès le temps de Kilwardby et de Peckham. Il fit |

partie de cette équipe toute dévouée au Docteur angélique, qui mena, vers 1282-1286, la lutte contre les

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