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SYRIENNE (ÉGLISE). COUTUMES PARTICULIÈRES

teur d’une église est une personne distincte de son recteur, il ne pourra engager de dépenses extraordinaires sans l’autorisation et le consentement du recteur de l’église. Les différents administrateurs ne sont que les délégués de l’évêque, ils doivent au moins tous les ans lui rendre compte de leur gestion. Il peut les déplacer. Pour les dépenses extraordinaires, l’évêque devra consulter le clergé de son siège et suivre la décision de la majorité. S’il y contrevient, les administrateurs peuvent en appeler au patriarche et leur appel a un effet suspensif jusqu’à la sentence de la curie patriarcale.

La location des biens ecclésiastiques ne doit pas dépasser la période de trois ans. L’aliénation est nulle et non avenue si elle est faite sans ces trois conditions : cause très grave, avis préalable du conseil des prêtres et autorisation du patriarche. Si les biens ecclésiastiques appartiennent à toute la nation syriaque (bien d’un séminaire, d’un monastère), le patriarche doit prendre le conseil écrit des évêques et le placet du Saint-Siège. Si le bien appartient au siège patriarcal, il se contentera du conseil des évêques de la nation. Synode de Charfé, p. 258-273.

X. COUTUMES ET PARTICULARITÉS. — 1° Le signe de la croix est tracé par les fidèles jacobites avec un seul doigt à la manière moderne des latins; ils passent la main du front à la poitrine, de l’épaule gauche à l’épaule droite et ils critiquent les chalcédoniens et les arméniens parce que ces derniers se servent de deux doigts pour se signer. Cf. Jacques d’Édesse, can. 81, dans Nau, Les canons...

En 893 un écrivain nestorien Élias Geveri (Gewhari), métropolite de Damas et de Jérusalem, donne la signification du signe de la croix. Les jacobites se signent avec un doigt pour affirmer leur foi en un Christ, qui est mort pour sauver les hommes du péché, désigné par le côté gauche, et les ramener à la grâce, désignée par l’épaule droite. C’est pourquoi les jacobites posent la main en se signant sur l’épaule gauche, puis sur l’épaule droite. Esprit très conciliant, l’écrivain essaie d’expliquer également les gestes des melchites et des nestoriens qui se signent avec deux doigts, et contrairement aux jacobites commencent par l’épaule droite. Assémani, Bibl. orient., t. 111, p. 515.

En 1029 le patriarche Jean VIII vint à Constantinople et une controverse dogmatique s’éleva entre lui et le patriarche de la ville impériale sur l’ordre du basileus. Le patriarche de Constantinople, Alexis Studite, exigea entre autres de Jean de cesser de se signer avec un seul doigt et de renoncer à l'huile dans la confection du pain eucharistique. Jean refusa. Il fut envoyé en exil où il mourut le 2 février 1030. Cette coutume qui semble être sans portée dogmatique a pourtant son importance vu qu’elle est considérée comme une profession de foi jacobite en l’unique nature du Christ. Cf. revue A!-Machriq, t. xxt1, 1923, p. 589.

Les jacobites, comme les catholiques, font les bénédictions extraliturgiques par le signe de la croix; ainsi ils bénissent la table et les convives. Jean de Tella en faisait la recommandation à ses clercs; cf. Avertissement xvI.

29 La supputalion du jour. — Comme dans toutes les Églises syriaques, les jacobites commencent le jour liturgique la veille au soir; ils se basent pour leur comput sur le fait que le Christ est resté mort durant trois jours et trois nuits et ils considèrent que Notre- Seigneur était mort quand il a partagé son corps à ses disciples le jeudi soir; et il est ressuscité le dimanche matin. Le jour va d’un coucher du soleil à l’autre. Autrefois ils commençaient leur jeûne du mercredi et du vendredi dès le soir et cessaient l’abstinence au soir. Cf. Rev. Or. chrét., t. Ἀντὶ, 1912, p. 187, 190. Barhebræus dit que les Syriens, les Hébreux et les Arabes

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