‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 11 sur 148 · ÉTAT DE LUTTE EX OIUEXT, IW^-IV SIECLE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LUTTE EX OIUEXT, IW^-IV SIECLE

1" Première phase, 255-374. — Elle va jusqu'aux dernières décades du iv« siècle. A part quelques discussions sans grand retentissement, Origène règne comme le docteur universel, près de qui tous vont s'instruire, en qui tout le monde puise, en Occident, d'ailleurs, comme en Orient. Non pas qu'on admette ses erreurs, même lorsqu'on défend sa gloire spécialement vénérée. Ainsi saint Pamjihile dans son Apologia pro Origène et l'anonyme analysé par Photius, Bibliolh.,in, P. G., t. cm, col. 393 sq., essaient bien de défendre les spéculations eschatologiques du maître, le premier, P. G., t. xvii, col. 608 sq., mais sans rien préciser. Saint Grégoire le Thaumaturge, disciple enthousiaste, dans sa Mctaphras. in Ecclesiast., P. G., t. X, parle plusieurs fois, mais en général, des peines de l'au-delà, c. m, 17, col. 996 : Porro in inferis jHutibus supplicii barathrum vidi impios excipiens; c. IX, 12, col. 1012 : ceux qui ne croient pas à l'enfer sont comme des endormis tout à coup saisis, qui tombent subitement dans les supplices. Noter le subito antidilationniste, ce qui est bien d'Origène. Cf. XI, 10; XII, 6, 14, col. 1016, 1017.

Parmi les origénistes d'Alexandrie, Théognoste laissa sept livres d'Hypotyposes : deux fragments conservés par saint Athanase, P. G., t. x, col. 240, parlent du péché irrémissible contre le Saint-Esprit :

ENFER D'APRÈS LES PERES

inexpiahilis et dira veniam est, comme il est dit Heb., VI, 4.

On ne trouve de même rien de bien saillant chez les antiorigcnistes. Saint Méthode (f 311), évêque d'Olympe, dans son Convivium decem virginiim, orat. IX, c. II, P. G., t. XVIII, col. 181, expose la doctrine catholique : l'homme a été créé pour un état immobile de gloire éternelle; mais le péché l'a fait tomber en sorte que in sempitcrnum maledicto obnoxius jorcl, si la grâce et la vie chaste ne faisaient rentrer le pécheur dans la terre promise. De même, orat. x, c. iv, non enim aliam poslca futuram legem aiit doctrinam, sed l'iidicium et irjncm. Son traité De resurrectione combat les principes origénistes sur l'évolution, l'origine et la destinée du péché, bien que les fragments conservés n'aient rien de spécial sur la sanction éternelle. Photius, Bihliolh., cod. 234, P. G., t. xviii, col. 296, en fait une analyse succincte; à signaler, n. 10 : Porro eradicaiitm ait malse coyitationis vitiiim, advenientc natiirali morte : nam et ideo mors pecccttori infliela est ut ne moliim a'ierniim foret. Ces expressions n'ont certainement pas un sens conditionalistc comme le remarque Photius : eœterum qua ratione id intelligenduml sciendum tioc etiam ab aliis nostris Patribus fuisse traditum : mors certe per illud tempus quo qiiis illa defangitur, neque accessio peccaloriim (plus de nouveau péché libre et déméritoire) neque subtractio fuerit. Plus loin, n. 19, col. 324 sq., l'évêque de Lycie soutient la nécessité pour l'âme, même avant la résurrection, d'avoir un certain corps pour être passible et souffrir du feu : et il interprète la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare, Luc, xvi, au sens réaliste.

Saint Pierre d'Alexandrie (f 311) rappelle les supplices éternels, i»? pœnilentia, can.4, P. G., t. xviii, col. 473, avec citation d'isaïe, lxvi, 24. Les traités directement antiorigénistes de l'évêque alexandrin sont malheureusement presque totalement perdus.

Saint Alexandre d'Alexandrie (f 328), dans un sermon De anima et corpore deque passione Domini, P. G., t. xviii, col. 585 sq., enseigne l'enfer éternel sous cette forme générale : l'homme était immortel; le péché préci|iitc l'âme en enfer, lieu ténébreux, où elle est enchaînée par le diable, n. 3, col. 590, et pour toujours. Mais le Christ est venu pour nous rendre la vie éternelle, n. 5, col. 595.

Saint Eustatlie, évêque d'Antioclie (-j- 360), écrivit un long traité sur la pythonisse d'Endor et l'évocation de Samuel, pour attacpicr Origéne et son réalisme sur ce point particulier en même temps que son allégorlsme général. P. G., t. xviii,col. 707 sq. Entre autres arguments conire la réalité de l'apparition deSainuel, il fait ressortir le mensonge de cette parole : Gras eris tu meeum. I Reg., xxviii, 19. Samuel, en effet, était juste, Saul imi)ie; au premier donc le sein d'Abraliam, à l'autre le feu de l'enfer que i'évêcpie décrit longuement d'après Luc, xvi, 19 sq. .\u n. 20, col. 653, il cite Origéne i)arlant des anges (déchus), venant trouver Samuel dans un but de salut et il semble ne pas comprendre la pensée générale d'Origène sur la restitution des démons; il lui reproche, en elTet, de mettre les anges (du ciel) en enfer.

laisèbc de Césarée (f vers 340) était, au contraire, origéniste, mais on ne lui a jamais rien reproché en cscliatologie. 11 afOrnic l'enfer éternel, i)ar exemple, Prœpar. cvangel., 1. XI, c. xxxviii, P. G., t. xxi, col. 944 sq., avec Platon et les textes scripturaires classiques; de même, 1. XII, c. vi, col. 957 sq.; c. lu, col. 1048 sq. ;cf. 1. VII, c. xvi, col. 556; Demonstr. evangel., I. III, c. m, P. G., t. xxii, col. 123; I. IV, c. xiv,col.2H9; /n. /,s.,i,xvi, 24,/'. r;.,t. xxiv.col. .524. Saint Athanasc (f 373) fut plutôt favorable à Origéne qu'il lâcha d'excuser cfdc défendre; ici,

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