XXXV
Vers le milieu du y" siècle. Néon, évêque de Ravenne, fit placer sur une mosaïque les vers suivants. De Rossi, Ballet., 1887, p. 24, 2.5 :
Euge, Simon Petre, per quem gaudet mens... Christi
Lumen apostolicum cunctos ornare per annos.
la te sancta Dei pollens eclesia (sic) fulget.
In te firmfa) suse domus fundamenta locavit
Principis aetherei clarus per soecula natus.
Cunctis dara tibi est virtus, censura fidesque :
Bis senos inter fralres in principe sistis;
Ipse loco legesque novœ tibi dantur ab alto.
Quis fera corda domas hominum, quis pectora mulces
Christicolasque doces tu (unimi) omnes esse per orbem.
Mais le plus magnifique éloge dogmatique de Pierre nous est donné dans une inscription que l'évêque spolétain Achille (vers 402-418) avait placée dans une église dédiée à l'apôtre. De Rossi, Ballet., 1871, édit. franc., p. 119; Inscript. christ., t. ii a,p.ll3,114:
Quidnam igitur mirum, magno si culmina Petro
Quolibet existant sedificata loco, Cum, quae per totum celebralur ecclesia mundum,
In fundamento fixa Petro maneat?
Namque illi Dcus, ipse caput qui corporis ex(s)tat,
Propterea Petrœ nomcn habere dédit, Dicens : Esto Petrus, quoniam fundabo super te
Quam mihi nunc toto molior orbe domum; In te per cunctas consistit ecclesia gcntes;
Vincit et inferni carceris imperium.
Nam(que datis) clavibus C!i>lorum claudere portas
Et reserare dédit pro nioritis hominum : Quaecumque in terris fuorit sentenlia Pétri,
HîEC erit in caelis scripta, notante Deo. Dixit enim : Tu es magno mihi nomine Petrus,
Et tibi CBlorum tortia claustra dcdi.
Hac dictionc polens terra cseloque Petrus stat Arbiler in terris, janitor in superis.
La primauté de Pierre est attachée au siège de Rome. Le séjour de l'apôtre et sa mort dans cette ville sont prouvés et prèsui)posés par les données de l'épigraphie. Saint Damase dit que les Romains regardaient Pierre et Paul comme leurs concitoyens : Roma suos potius merait defenderc cives. Ihm, op. cit., p. 31, n. 26. Le nom de Pierre, peu connu dans le monde romain, se lit sur un certain nombre dépitapbes dès le W siècle et on v voit même gravée son image. De Rossi. flu//., 1884, p. 77-84; 1886, p. 37, 43. 67, 82, 97, 103; Naovo ballet., 1901, p. 92; 1902, p. 223, 224. A Rome accourent, dès le II'' siècle, les fidèles de l'Orient. Abcrcius y est envoyé par le souverain Pasteur et atteste par î:'» la préi)ondérancc religieuse de cette Eglise brillante, connue le reconnaissait même Salomon Reinach. Lcclcrcq. i>/f/i"/i'if"'"' d'arch. chrél., t. i, col. 83. Souvent, au iv^ siècle et depuis, Rouïc reçoit le titre (le Sedes apostolica. Siège apostolique i)ar excellcnc •. Ihm, op. cit., p. 58, n. 57; p. 76. n. 72; \uovo ballet., 19U1, p. 87. De son élévation sur ce Siège saint Damase dit : Ilinc mihi provccto Christus, rai samma potestas 11 Sedis upostoliciv volait concedere honnrcm. C'est sur ce très grand siège éclairé par les splendeurs du Christ que le pape Libère a été élevé : Ilaic tantiv sedi Christi splendore serenir || rlectus fidei plcnas sammasqac sucerdos... De Rossi, Ballet., 1883, édit.
ÉPIGRAPHIE CHRETIENNE
franc., p. 9. Occuper ce siège, c'est, comme le dit l'inscription du pape Célestin sur la mosaïque de Sainte-Sabine, être le premier évê([ue du monde : CULMEN APOSTOLICUWl CUM CŒLESTINUS HA- BERET, ]\ PRIMUS ET IN TOTO FULGERET EPIS- COPUS ORBE.De Rossi, Inscripl. christ. ,\.. ii«, p. 24, n. 27. Saint Damase est nommé le vicaire du Christ, anlisles Christi; Siricius est appelé magnus saccrdos, un autre pape, pas/o/- s!(m/nus, le pape Libère, Aumm»s saccrdos. Ihm, op. cit., p. 9, n. 5; p. 96, n. 93; p. 77, n. 73. Sur leurs épitaplies encore visibles aujourd'hui, les papes du in'= siècle, enterrés à Saint-Calixte, portent le simple titre de âTtiTxoTto;, episcopiis. De Rossi, Romasottcr., t.ii, pi. m, etc. ; Nuovo bullet., 1909, p. 35; Analecta bollandiana, 1910, p. 184 sq. C'est à tort qu'on a voulu attribuer à ce titre le sens d'évêque par excellence. Le nom de papa, réservé plus tard à l'évêque de Rome, se rencontre de bonne heure. A la fin du in<' siècle, le diacre romain Severus déclare qu'il a fait : CUBICULUM DUPLEX..., lUSSU P(a) P(a') SUI MARCELLINL De Rossi, Inscript, clirist., t. I, p. cxv; Mon. lit., t. i, n. 2877. Une femme de Spolète est confirmée A LIBERIO PAPA; le calligraphe Philocalus de saint Damase se dit DAMASI PAPAE CULTOR ATQUE AMATOR. De Rossi, Bull., 1869, édit. franc., p. 24; 1873, pi. xii; Ihm, op. cit., p. 25, n. 18. Une épitaphe mutilée, trouvée à Rome en 1903, porte la mention: SUB JULIO A (ntistite). La formule a une double importance : elle prouve qu'avant le milieu du iv'' siècle on avait commencé à dater d'après le gouvernement des papes; en outre, elle montre qu'on a eu tort de voir une protestation contre le schisme de Félix et d'L^rsicinus dans les trois formules connues jusqu'ici : SUB LIBE(r/o papa), SEDENTE PAPA LIBERIO, SUB DAMASO EPIS- CO(po) qui n'ont d'autre signification que celle d'une simple date chronologique. Il en est de même de la mention : SALVO SIRICIO PAPA et SALVO SIRICIO EPISCOPO ECCLESIAE SANCTAE. Nuovo bullet., 1903, p. 316; 1904, p. 252, 28.
b) Quant aux autres membres de la hiérarchie, l'épigraphie nous atteste l'existence des différents degrés tels que nous les avons encore aujourd'hui. Beaucoup de clercs restaient leur vie durant dans tel ou tel ordre inférieur, d'autres avançaient par degrés. L'épitaphe de l'évêque Latinus de Brescia, qui vivait au in<= siècle, indique même les années passées dans chaque ordre. De Rossi, Ballet., 1876, édit. franc., p. 104. Celle que saint Damase fit placer à l'entrée des archives commence ainsi : Hinc puer, exccptor (notaire), lector, levita, saccrdos. Ihm, op. cit., p. 58, n. 57. L'éloge métrique de son prédécesseur Libère fournit les mêmes renseignements. Par contre, on trouverait, selon Armcllini, Archeol. crist., 1898, p. 539, dans un marbre de Fiésole, du w" siècle, un exemple d'ordinations faites per saltum. Plusieurs fois les textes épigraphiques mentionnent des clercs mariés, Pelka, Altchristlichc Ehedcnkmdler, p. 76-94 ; mais ils ne nous disent pas très clairement quand le mariage a été conclu. Parmi les évêques mariés qu'on connaît, aucun n'appartient à la liste de Rome. Sur l'épitaphe du prêtre Valens de Villeneuve-lez- Avignon, de 586, on lit : IVRA SACERDOTII SERVANS NO- MENQUE lUGALIS. Est-ce un indice de la continence pratiquée par le titulaire, comme 1\I. Le Blant l'a cru, ou bien une opposition peu cachée contre le célibat, conmie l'admet Leclercq? Le Blant, Inscript, chrét., t. II, p. [418, n. 597; Nouveau recueil, n. 298; Lec\eTcq, Dictionnaire d'arch. chrétienne, t. ii, col. 2823-
c) Évcques. — En dehors d'une épitaphe portant le simple nom de LINUS, dans lequel M. De Rossi, Bullet., 1864, édit. ital., p. 50; 1870, édit. franc., p. 99,
a voulu voir le nom du premier successeur de Pierre, et d'un marbre phrygien portant l'inscription Mr,T || poÔ6ip<i>, ÈTTiCTxÔTi I! (.) que les Mon. lit., 1. 1, n. 2789. font remonter jusque vers l'an 200, les plus anciens monuments qui donnent les noms d 'évêques se trouvent au cimetière de Saint-Calixte: ANTêPCûC eni (o-y.oTio:); (DABIANOC eni (crx.ouoç); AOYKIC (Lucius); GYTY- XIANOC eniC Uotkjz); OYPBANOC (?); nONTIA- NOC ERIC UoTi'jc); r(a;ojY EHI (txotiou); COR- NELIUS MARTYR EP(iscopus). Mon. lit., p. cix, note 5. Dom Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 1097, place à la lin du iii« siècle une épitaphe de Saint-Alexandre, sur la voie Nomentane : PETRUS EPISCOPUS IN PAGE...; de même, De Rossi, B(///f/., 1876, édit. franc., p. 101. FI. Latinus, de Brescia, a vécu au iii<' siècle; de même, Julien, évêque d'Aieta, en Calabre. L. Petronius Dexter meurt évêque de (>hiusi en 322. A la même époque vécut Eugenius de Laodicée, d'abord officier, puis confessor sous Maximin Daja, ensuite évêque pendant un quart de siècle. Expositor, 1908, p. 389 sq., 546 sq.; 1909, p. 307 sq.; 1910, p. 51 sq. Un monument de Tipasa fait un bel éloge de l'évêque Alexandre : ALEXAN- DER EPISCOPU (s /) EGIBUS IPSIS ET ALTARI- BUS NATUS, Il ^TATIBUS HONORIBUSQUE IN /ECLESIA CATHOLICA FUNCTUS, |1 CASTITATIS CUSTOS, KARITATI PACIQUE DICATUS, || CUIUS DOCTRINA FLORET INNUMERA PLEBS TIPA- SENSIS II PAUPERUM AMATOR, /ELEMOSIN/E DEDITUS OMNIS, |1 GUI NUNQUAM FUERE, UNDE OPUSC/tLESTE FECISSET, etc. Une autre épitaphe africaine, du iv^ siècle, est ainsi libellée : ...NOBILIS ANTISTES PERPETUU(s) || QUE PATER !| NAVI- GIUS POSUIT CRISTI LE || GISQUE MINISTER. De Rossi, Bullet.. 1876, édit. franc., p. 97-121; 1894, p. 90, 91; 1886, p. 26 sq.;Xystus, op. cit., t. ii((, p. 180-185. Plusieurs de ces évêques étaient mariés; mais nous n'ajjprenons point l'époque de leur mariage. Pelka, Ehedenkmaler, p. 77, 78. Un monument de 491 ou 526, trouvé à Terni dans l'Ombrie, mentionne une femme qui reçoit le titre d'episcopa. Diehl, op. cit., p. 15, n. 65; Corp. insc. lat., t. xi, n. 4339.
d) Prêtres. — Les inscriptions mentionnant des prêtres sont anciennes. La suivante, de Sainte- Domitille, est probablement du ii"" siècle : (DA- TTTO-
AGMAIOC rÎP (7ip£(T|3JTr,;) KAI || OYAni(a) KONKOR- DIA CYMB(toc).
De Rossi, Bullet., 1871, édit. franc., p. 31, fait remonter à peu près à la même époque une autre, découverte à Sainte-Agnès : AVR. HELIODORVS. PRT (presbyter?). Un prêtre-médecin fut enterré au iii' siècle au plus tard dans la crypte dite de Saint- Corneille : AIONYCIOY i| lATPOY II nPeCBYTEPOY; musée du Latran, p. x, n. 10 (calque). De Rossi, i?o/7ia sotter., t. I, pi. XXI, n. 9; Mon. lit., n. 2986.
En Phrygie, au iii"^ siècle, Aurélius Dionysius, 7rps<jêjtepoç, établit de son vivant un cimetière réservé à tous ses frères. Mon. lit., n. 2795. Dans l'escalier qui descend à la basilique de Sainte-Agnès, on lit sur un marbre du iV-V siècle: LOCUS VALENTINI PR/ESB. Le modèle du prêtre nous est peint par quelques coups de pinceau dans l'inscription suivante attribuée à saint Damase : Presbyter hic volait Sisinnius ponere menibra, \ Onjnibas acceptas populis dignusque sacerdos. \ Qui scirel sanclsc servare fœdera matris, \ Blandas amore Dei semper qui vivere nossei \ Contentusque sao nesciret principis aulam. Ihm, op. cit., p. 33, n. 28. Plusieurs fois les monuments font mention de prêtres mariés. Nuovo ballet., 1902, p. 237, 238. Plus rarement on rencontre le nom de presbytera ou presbyterissa. Armellini, Arch. crist., p. 396; Corp. insc. lot, t. x. n. 8079; Diehl, op. cit., p. 12, n. 45. Le litre de prêtre-économe, otxov6[JLoç, qui était
ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE
spécialement chargé du soin des biens ecclésiastiques, se retrouve sur une pierre funéraire de Lycame. Cf W Ramsay, Liike Ihc phijsician, Londres, 19U0, p 332-410. Le titre d'archiprêtre se rencontre, au vi= siècle, sur une stèle de Brives, sur une P'erre de Bologne, etc. Le Blant, Nouveau recueil, p. 218, n. 222a; Corp. insc. M., t. xi, n. 752 (cf. t. xin, n. 1352); G. "Leiehvve, Dictionnaire d'arch. chréL, t. i, col. 2497 sq.; Leclercq, ibid., col. 2761 sq.
e) Diacres. — Les diacres sont appelés Stàxovot, par exemple, Corp. insc. M-, n. 9268 (iv<^ siècle), 9192; dioconi, par exemple, Corp. insc. lai., t. m, n. 2654; musée du Latran, pi. x, 15 ; Perret, t. v, pi. 41, n. 14 ; De Rossi, Roma sotter., t. m, p. 190, n. 6; levitse, par exemple, De Rossi, Inscript, christ., t.i, p. 331, n. 753; p 371, n. 843; Ihm, op. cit., p. 8, n. 4; p. 28, n. 21; p 39, n. 34: p. 58, n. 57; parfois aussi ministri. Ihm, op. cit., p. 29, n. 23. Dans les premières années du me siècle, un diacre (oiâ-/.wv) du nom d'ABIRKIOC se fait faire une tombe à Prymnessos, en Phrygie, pour lui, sa femme et ses enfants. Mon. lit., n. 4351. A Saint-Calixte, l'épitaphe du diacre Severus a été placée entre 296 et 302. De Rossi, Inscript. cimst., 1. 1, p cxv; Bucheler, op. cit., t. i, p. 310, n. 656. Plusieurs autres sont encore datées et remontent au iv^ siècle, par exemple, celle du diacre FI. Julius de Salone, mort en 358. Corp. insc. lai., t. in, n. 2654. Un marbre de Saint-Calixte appartenant à un certain Redemptus nous fait connaître les occupations du lévite romain. Ihm, op. cit., p. 28, n. 31. De même, ceux de deux arcl'idiacres romains du v<^ siècle — le titre arcliidiaconus paraît ici pour la première fois —publiés par I De Rossi, Ronm sotter., t. m, p. 239-242; Bullet., 1864, édit. ital., p. 33. Cf. Xystus, op. cit., t. ii a, p. 189-194. /) Sous-diacres. — Le nom de sous- diacre, subdiaconus, CiroSiàxovoç, est assez rare et n'apparaît guère avant le iV^ siècle. Près du tombeau de saint Prote, L P. Marchi, Monum. detV arte crist.,t. i,p. 239, a lu le grafTito suivant : Agatio subd{iacono) \\ pcccalori \\ miserere d{eus). Mon. lit., n. 3457. Plusieurs autres inscriptions de sous-diacres sont rapportées par De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 324, n. 743; Kaibel, Insc gr., n. 853 (Naples); Corp. ins". gr.,x\. 928 (Sniyrne); n. 9192 (Cilicie); Le Blant, Inscript, chrét., t. 1,'^p. 39 , sq., n. 293; Xystus, op. cit., p. 194, 195. g) Clergé inférieur. — La distinction entre clercs et laïques a été accentuée par saint Clément, pape. / Cor., 40-43. L'expression clerus, clergé, n'est pas rare au iv<= siècle. De Rossi, Bullet., 1874, édit. franc., p. 155 sq. ; Ihm, op. ci7.,p.46,n. 42. Le tcrmcWcr/fi/s se lit sur des monuments de Sicile, de Tortonc, d'Afrique. VùhTer,Forsclningen, p. 161, n. 15; Mon. lit., p. cxi-iii; De Rossi, Bullet., 1879, édil. franc., p. 161. Sur la chaux d'un loculus, à Sainte Domitillc, on a même indiqué le titre ou l'église dont le clerc dépendait : CLERICUS (de 7''a.s)C10LA. Marucchi, op. cit., t. n, p. 133.
h) Les acolijles. — Ils sont mentionnés et par le pape Corneille et par saint Cyprien. L'éiiilaphe romaine de HYACINTHUS ACOLITUS est probablement du m" siècle. Mon. lit., n. 3122. l'nc inscription narbonnaise de 445 présente le mot latin SEQUENS, traduction littérale du grec. Corp. insc. lut., t. xii,n.53:i6; Le Blant, Inscript. cinét., t. ii, p. 466, n. 617. Nous connaissons encore un acolyte Abundantius, du titre de Saint-Vital (tilulus Vestin.v), du v" siècle; un autre, nommé Victor, de l'église Saint-Clément, du IV* siècle; un certain Romanus de Saint-Laurent, de la même époque. Cabrol, Dictionnaire d'arch. clirél., t. I, col. 531 ; De Rossi, Bullet., 1863, édit. ital., p. 16; Xystus, op. cit., p. 196-190. Mais le plus célèbre de tous serait Tarcisius, dont le pape Damasc composa - l'éloge mélrique, où, rappelant sommairement son martyre, il le compare à saint Etienne qui avait péri
UICT. tiF, TIIKOI.. CATIIOL.
de la même manière. Toutefois cette juxtaposition et la fonction qu'il exerce — porter l'eucharistie aux fidèles — semble plutôt indiquer un clerc revêtu du diaconat. Wilpert, dans Rom. Quartalschrift, t. xxii (1908), p. 193.
0- Les lecteurs. — Cet ordre est très ancien et les marbres qui le mentionnent remontent très haut. On place à la fin du iii= siècle deux inscriptions romaines dont l'une, aujourd'Iiui au palais ducal d'Urbino, est ainsi hbellée : CLAUDIUS ATTICA || NUS LECTOR || ET CLAUDIA \\ FELICISSIMA ||CO(n)IUX. Sur l'autre, encore à sa place prmiitive à Sainte-Agnès, on lit : FAVOR. FAVOR (ancre) LECTOR. Armellini, 7/ cim/terodi S.Agnese, p. 104, pi. xi, n. 1 ; De ï\os.s\, Bullet, 1871, édit. franc., p. 32. D'autres monuments un peu moins anciens sont cités dans De Rossi, Bullet., 1876, édit. franc., p. 104 (du 111'= siècle); 1875, édit. franc., p 57- 1884-1885, p. 46; Roma solter., t. m, p. 516; In!;cript. christ, 1. 1, p. 62, n. 97 ; p. 153, n. 347 ; p. 224, n. 622 ; Rom. Quartalsclvift,t.:>i^n (1908), p. 162, pi. 11 ; Xystus, op. cil., p. 198-203. Le nom grec àvayvwcrTYi; figure sur un monument publié par Bayet, op. cit, nri07, et Corp. insc. grœc, n. 9303.
/) Les exorcistes. — Le nombre de monuments où figure ce titre est assez restreint. Celle de Celer, enterré à Saint-Calixte, de Macedonius, dont le tombeau était à la catacombe de Thrason, et celle d'un certain Hirenîeus, sont peut-être encore du iii<= siècle. De Rossi, Bullet, 1868, édit. franc., p. 12; Marucchi, op. cit, t. II (1900), p. 314; Mon. lit, n. 3114. Celle de Gelasius, à Sainte-Domitille, est du iV^ siècle; de même celle de PAULUS EXORCISTA, à Saint-Calixte. Marucchi, op. cit, t. 11, p. 131; Rom. Quartalschrift, t. XII (1898), p. 281; Mon. lit, n. 3335. D'autres ont été trouvées à Milan, à Chiusi. Corp. insc. lat, t. v. n 6252, 6276; t. xi,n. 2559. L'épitaphe romaine d'un /ESSORCISTA (Sic) BASSLIANUS est aujourd'hui à Vcllctri. Perret, op. cit., t. v, pi. 65, n. 5.
k) Les portiers. — A Trêves était enterré un certain URSATIUS US 11 TIARIUS (sic) dont le marbre funéraire est aujourd'hui au musée de Mannheim. On connaît également un USTEARIUS (sic) («)CLI- Sl/E (sîc) SALONIT(«/kt)- Kraus, Cluistl. Inschriften. t I p. 84, n. 105; Corp. insc. lat, t. xiii, n. 3789. La Revue biblique, 1892, t i, p. 563, 568, mentionne plusieurs portiers, O'jpwpoî, de l'église de Jérusalem.
/) Les notaires {chantres) et les fossorcs. — Sur une pierre de Spolète, de 386, on nomme unNOTARiUS ;ECLESI/E. De Rossi, Bh//'/., 1871, édit. franc., p. 115. D'après Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét, t. i, col. 385 sq., un fragment de marbre à Sainte-Priscillc avec le mol NOTARIO, remonterait au m'' siècle. L'expression cxccptor, dans l'inscription du pape Damase, désigne la même fonction. Ihm, op. cit, p.'58,n. 57; Nuovo bullet, 1903, p. 66, 68. Sur un monument de Bithynie qui, d'après les Mon. lit, n. 2785, serait du n^-iii*^ siècle, on dit du titulaire, qu'il lisait les Écritures et chantait à l'église. Pour apprécier ce monument, il faut se rappeler que les lecteurs remplissaient souvent cette double fonction. Le terme actuarius figure sur un titulus d'Aquilée, Corp. insc. lat. t. V, n. 1595 ; celui de cantores, sur un monument espagnol. Ilûbner, Supplementum, p. 8. n. 304.
Les fossorcs figurent sur plusieurs monuments romains. Musée du Latran, pi. x. 24; Rom. Quartatsclirift, t. XII (1898), p. 351, 5.32. L'inscription la plus connue est peinte en rouge sur un cartouche dans une clnnellc du iV siècle, à la catacombe de Domitillc : DIOGENES. FOSSOR IN. PAGE . DEPOSITUS | OCTABU . (sic) KALENDA . OCTOBRIS. Perret, op. cit, t. I, pi. 30; NVilpert, Malcreien, p. 522. pi. 180. Deux autres se trouvent à la catacombe Ostricnne; l'une appartient à une famille de /ossorrs. Marucchi
EPIGRAPIliE CHRETIENNE
op. cit., t. Il, p. 279, 2S0. Pour la même catacoiiibe
Marini avait noté la suivante : x (une iiiochc) || DE- BESTUS MONTANARIUS || QUI LABORAVIT PER OMNIUIVI II CLIMITERIUM (sic) MERITUS FECIT. DeRossi, 7fo;7îrtso//<'/-., t. ni, p. 534; Mon. lit., n. M 19. Le collège des (ossores, OWINES FOSSORES, est nommé sur un marbre de Commodille, aujourd'hui au musée du Latran, p. vi, n. 26.
m) Vierges chrcVennes. — Dès le milieu du iii<> siècle, l'épigniphie noi s atteste l'existence de vierges ciirétiennes. Wilpert, Die (jollyeiveiliten Junyfrauen, p. 92- 94; De Rossi, Insrript. clirist.,t. i, p. 25, n. 20. Aux IV'' et v"^ siècles, leur nombre est très considérable. D'après la célèbre inscription de Clemalius, un couvent de vierges aurait existé, au IV^ siècle, à Cologne. Kraus, op. cit., p. 113 sq. Les monuments renferment les dénominations suivantes : virç/o, virgo sucra, virgo Christi, virgo dévala, virgo sacrata Dco, virgo Dci, virgo bcncdicta, pttclla virgo, puclla Dco sacra, pndla Dco sacrala, uucillu Dci, 7ra(.6évoç, TrapCeve-Jo-aTa, dcvota Clirisli sanclimonicdis. Wilpert, op. cit., p. 83, 92, 43, 91, 77, 90, 37, 87, 95, 93, 78, 38,88; DeHossi, Ballet., 1863, édit. ital.,p. 77; Kaufmann, Handbnch, p. 223;il/o/). lit., n. 2782. Pratiquement il est souvent impossible de dire avec certitude s'il s'agit d'une jeune fille ordinaire ou offerte à Dieu par ses parents ou d'une vierge consacrée par vœu solennel. L'ne ci)itaphc de 514, découverte à Sainte-Agnès, nomme une SERENA ABBATISSA, morte à l'âge de 85 ans. C'est le monument le plus ancien qui mentionne cette dignité. Nuovo ballet., 1901, p. 298 sq.; Leclercq, Dictionnaire d'arch. clirét., t. i, col. 1313. Sur le litre MAGNA ANCILLA DEI, donné ù une religieuse du nom d'Eusebia, voir Le Blant, op. cit., t. ii,p.301, n. 545. La vierge qui se donne à Dieu conclut avec lui un mariage mystique. Sur une pierre de la Tm du v'=siècle,nous lisons: (GEORGIA)... DEUM || (e)LEGIT FELICIORE TORO. Le Blant, op. cit., t. n, p. 329, n. 560. Ailleurs il est dit : (JULIANA) NUBIT PER SACRA VELA DEO. De Rossi, Inscript, ciirisl., t. iia, p. 63, 92; Corp. insc. lai., t. v, n. 6734. Sur un marbre gaulois de 450, le Christ est appelé son époux; de même sur l'épitaphe de Marcellina, sœur de saint Ambroise. Le Blant, op. cit.. p. 32, n. 392; Wilpert, op. cit.. p. 79, pi. IV, n. 3. Une vierge espagnole, FlorenJna, s'est endormie IN PAGE JESU, QUEM DILEXIT. Hiibner, op. cit., p. 7, n. 21. Le symbole extérieur est le voile; il est bénit par l'évêque et fait essentiellement partie du costume prescrit. D'une vierge milanaise Denteria, morte en 409, il est dit : HIC lACET... Il CUWl CAPETE (sic) VELATO... Curp. insc. lat., t. v, n. 6257. Sur la pierre funéraire de quatre SŒ'urs vierges, dcVerceil.le texte épigraphique décrit ainsi l'entrée au ciel: INSIGNEIS (sic) AN IMO, CASTAE, VELAMINE SANCTO, CRINIBUS IMPO- SITO, COELUM PETIERE SORORES. Wilpert, op. cit., p. 21. Dans cet état on se livre à la pratique de toutes sortes de vertus. C'est ce qu'atteste un monument de 381 que nous citerons bientôt. L^n autre, de 431, nous dit que cette vie est conforme aux vaux qu'on a faits : VITAM || SUAM, PROUT PROPO-
SUERAT II GESSIT... TANTUWl BEATIOR IN DNÔ CONDEDIT MENTEM. Le Blant, op. cit., t. i, p. 89, n. 44; Wilpert, op. cit., pi. v, n. 13. La fidélité aux vœux nécessite des combats souvent très durs, durissima bella, contre le serpent infernal i oussépar la perversité et l'envie. De Rossi, Inscript, christ., t. ii o, p. 173; Wilpert, op. cit., p. 39. Aussi les vierges chrétiennes sont très estimées. On les compare aux vierges sages de l'Évangile. Le Blant, op. cil., t. ii, p. 32, n.392;Gazzera,op. cit., p. 93. On célèbrclcurs vertus: « intégrité du corps, chasteté de l'âme, exactitude
dans l'accomplissement des i)rescriptions de la loi et de la règle, » comme le dit une épitaphe de 381. De Rossi, Inscript, christ, t. i, p. 137, n. 304 ; Wilpert, op. cit., p. 84. Leur vie est donc bien méritoire : VITA BREVI EXPLEVIT TEMPORA MULTA, affirmet-on de la vierge espagnole Florcntia nommée plus haut. Dans l'église, elles sont placées tout près du chœur; une barrière les sépare des autres fidèles. Une tablette de marbre, trouvée en Algérie et conservée aujourd'hui au Louvre, porte l'inscription : B(oni.s) B(cnc) — VIRG II INUM || CANC ((Uns). Mélanges d'arclwologie et d'histoire de l'École française de Rome, 1890, p. 506. Elles sont aussi distinguées dans l'autre inonde. C'est avec le Christ qu'elles ressusciteront... CHRISTUM.CUIVI QUO RESURGET. Le Blant,op. c//., t. II, p. 32, n. 392. C'est lui qui les reçoit au ciel : TE, VIRGO, TUUS TRANSVEXIT AD /ETHERA SPON- SUS, comme le dit l'épitaphe de sainte Marcellina. Wilpert, op. cit., p. 79. Plus expressif encore, quoique moins ancien, est le marbre épigraphique déjà cité de quatre vierges de Verceil. Wilpert, op. cit., p. 79.
7!) Les venves chrétiennes. — Le plus ancien monument qui les mentionne est une épitaphe de Priscille : (0)ag..)A. APKAC. XHPA. HTIC !| (ï^r,'j=) N. AITH. nE (85). MHTPI. il (•,')-jy.j) TAtH. Ac{)(a)BIA. GeO- OIAA H (OjyaT) HP (i7T)01HCEN. De Rossi, Bultct., 1886, p. 90; Kaufmann, Ilandbuch, p. 224. Sur une ])ierre du Latran, p. xi, n.2,on lit: OCTAVI/E. IVIA- TRON/E II VIDU/E . DEI. Parfois on les appelait f//acnnissa. Une épitaphe de Pavle, de 539, est ainsi libellée: HIC IN PAGE REQUIESCIT B(onœ) M(cmoriœ)\\ THEODORA DIACONISSA. Corp. insc. lat., t. V, n. 6467; Diehl, op. cit., p. 10, n. 35. Le terme grec se rencontre sur deux marbres de Jérusalem, du v«^ siècle. Revue biblique, 1904. L'une d'entre elles fait clairement allusion à saint Paul, Rom.,xvi, 1: -[- iv- OiSj xïrai r\ 6oû).-o |1 v.a't V'j[j.p7-| XpiaToO || Soçia r, cti- ■/.ovoç f| SEVTFpx 'Joiêv)... Xystus, op. cit., t. HO, p. 209- 213. Sur les anciens monastères d'Egypte qui nous intéressent moins directement et les données de l'éjiigraphie, voir Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrél., t. II, col. 3136.
3. Son culte. — Ici il ne saurait être question ni du culte des saints, ni des cérémonies des sacrements qui seront traités ailleurs, ni de la disposition des églises ni de l'organisation des catacombes. Ce sont des questions qui regardent plutôt l'archéologie proprement dite et pour lesquelles l'épigraphie fournit d'amples renseignements. Nous ne traiterons ici que de la liturgie en général et des lieux de prières pour savoir quelle idée les premiers chrétiens s'en faisaient.
a) La liturgie. — Dès les premiers temps, l'Église procédait à l'enterrement de ses enfants en l'accompagnant de la récitation de prières spéciales et de l'oblation du saint sacrifice. Les formules liturgiques une fois déterminées, les fidèles en firent volontiers usage. De là ces allusions assez nombreuses à d'anciennes liturgies sur les monuments funéraires tant en ©rient qu'en Occident. Parfois on trouve même des prières gravées soit en entier soit en partie sur les marbres des tombeaux. Voir Le Blant, Élude sur les sarcophages. ..d' Arles, Paris, 1878, p. xxi-xxxix ; Pren- UcQ, Fragments of an earhj Christian lilurgij in Sijrian inscriptions, dans Transactions and proceedings of Ihe amcrican philological association, Boston, t. xxxiii (1902), p. 81-100, et surtout Leclercq, dans la Revue bénédictine, t. xxii (1905), p. 429-442; Kirsch, Die Acclamationcn..., Cologne, 1897, p. 61 sq. LaDidaché, c. IX, renferme une formule doxologique en usage â la fin du i«'' siècle. Sur une épitaphe priscilliennc, certainement antérieure à l'an 250, on en lit une
qui est presque identique : COIAGIA- CN jla (ancre).
ÉPIGRAPHIE CHRETIENNE
DeRossi,B((//<'/., 1888-1889, p. 31 sq. Dès le milieu du iii'^ siècle, on rencontre la terminaison Amen sur un certain nombre d'épitaplies, par exemple, à Saint- Calixte : IN PAGE SPIRITUS TUUS ■ AMEN ; et en Egypte. De Rossi, Roma sotter., t. ii, pi. xlix, n. G; Leclercq, Diclionnaire, 1. 1, col. 1158, 1159. La formule avri'jOrirc x'jpis, qui, comme on peut le voir également dans la Didaché, commence ordinairement les commémoraisons liturgicjues, est très commune dans l'épigraphie grecque, à Rome, en Sicile, en Palestine. De Rossi, Ballet., 1877, cdit. franc., p. 36; Strazzula, Miiseiiin epigraphicum, p. 75, 77; Kaufmann, Handbuch, p. 216. Une cpitaplie égyptienne, du milieu du m" siècle, est ainsi liijellée : Iv Jsio;, ij.wiTÔiv) i| tr,; xo'.- ;ir|<7îo;(5lc) Il ©joôor/;; il xai àvaTia Jtîw; 1| M... Leclercq, Diclionnaire d'arch. chréL, t. i, col. 1151. Par contre, dans l'épigraphie latine, la formule Mémento Domine est très rare. Les mots prccessil in pace se lisent à Saint-Calixte sur un marbre du m" siècle et sur plusieurs monuments africains du iv« siècle. De Rossi, Roma seller. , t. n, pi. xlvii, n.44; Mon. lit., p. cxxviii. L'expression analogue prccessil in somno pacis se rencontre assez souvent, peu après la paix de l'Église, et rappelle le texte liturgique du Mémento des morts. De Rossi, loc. cit., et BulleL, 1884, p. 96-101, pi. iv, n. 1; Le Blant, Inscript, chrét., t. i, p. 384; Nuovo biillcL, 1903, p. 68; Mon. lit., p. lxxxvii. Du reste, dans le Mémento en question il n'est presque aucun mot qu'on ne rencontre sur les marbres du iii<' siècle où on souhaite fréquemment aux défunts soit le rafraîchissement, refrigeriiim, soit la lumière, In.r, soit la paix,pfl.r. Parfois on les réunit comme sur ce marbre romain qui porte: PRIVATA || DULCIS || IN REFRI- GERIO ET IN PACE. A/on. lit., p. lxxxvii. L'acclamation épigraphique IN BONO(iii<= siècle)sc retrouve dans une prière liturgique publiée par Martènc, De (ml. Ecclesiee rilibus, p. 1076, tandis que deux fragments épigrapliiques du même siècle comparés entre eux donnent une oraison de l'ancien office des morls (le la liturgie romaine : Domine, qui dedisli omnibus (itcersionem (sic), suscipe animitm Bonifali per sanlum (sic) nomen tuum. De Rossi, BulleL, 1877, édit. franc.. p. 36.
A partir de l'époque constantinicnnc, les données des monuments sont plus développées, l'ne inscription s\rienne de 368 présente déjà la doxologie complète :"aOZA nATPI KAI YICO KAI ATICO nNEYJKiia) Tl. ].vc\crc'i. Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 2406. La formule ancienne : Dominas lecum, o K-^pio; iut'x Tov, revient maintenant plus souvent. Mon. lit., n. 3360, :i365. Une autre : in spe rcsurrcclionis misericordia- Christi, fréquente dans la Viennoise, tire son origine de la liturgie grecque. .Mon. lit., ]). cxxvui. Une épitaplic d'Alexandrie, de l'année 409, renferme une prière liturgicpicdc l'ofricc desmorts. De Hoss'i, niillel., 1877, édit. franc., p. 35, note 3; Leclercq, D(c//oniKiirc d'arch. clirél., t. i, col. 1530. Sur celle du diacre >al)inus à Saint-Laurent, du commencement du siècle suivant, on lit la formule : SABINUM i LEVITAM ANGELICIS NUNC QUOQUE lUNGE CHORIS, qui provient d'anciennes liturgies. Kirsch, Acelamalioncn, p. 69. Un marbre du Lalran, plus ancien que les pré cédonts, jiorte une ()rière certainement liturgique : DOMINE NE QUANDO ADUMBRETUR SPIRITUS VENERIS (nom di- la défunte). Musée du Latran, p. XVII, n. 14; Perri t, op. cit., pi. 27, n. 48. (Jn trouve même des formules tombées en désuétude ou du moins inconnues dans les manuscrits arrivés jusqu'à nous, comme celle qu'on peut lire sur une j)ierre de Carpentras: PR^STA DEUS. UT QUORUM SEPUL- CRAIUNXISTI FUNERE, TANTO EORUM FACIAS ANIMAS ASPECTUS TUI LIBERTATE GAUDERE.
Le Riant, op. cit., t. ii, p. 590.
Ainsi est prouvé le lien intime entre l'épigraphie et les plus anciennes liturgies, ainsi que la haute importance de notre science pour en fixer le formulaire primitif. Car il est évident que dans ce rapprochement de formules la priorité ne doit pas être attribuée aux monuments, mais aux textes liturgiques qui, antérieurs à leur composition, remontent ainsi à une époque d'autant plus reculée.
b) Les lieu.v de prière. — Les premiers chrétiens priaient non seulement à la maison, mais encore dans les sanctuaires et auprès des restes de leurs morts. Dès le iv siècle, les églises étaient regardées comme la maison du Seigneur, don^inicum. De Rossi, BulleL, 1863, édit. ital., p. 25 sq. ; comme un lieu de prière, oralorium; comme l'habitation du Saint-Esprit. H(z')C DOMUS D(c)l NOS(/r/), lisait-on sur le linteau de la porte d'une église africaine du iv<= siècle. H(i)C AVITATIO (= habilalio) SP{iriln)S S(o/i)C(/)l P(anicleti 11 H(OC EXAUOIETUR OMNIS Q((;)l INVOCAT NOMEN D(omONI D(c)l OMNIPOT(en/('s). Nuovo bullel., 1899, p. 66; Diehl, op. cil., p. 22, n. 100. Le texte suivant accompagnait la mosaïque placée par Constantin dans l'abside de la basilique Vaticane : Jnsliliœ sedes, fidei domus, aula pudoris... De Rossi, Inscript, christ., t. ua,p. 21, n. 10. On le retrouve dans une église de Palestrina de la même époque et dans un sanctuaire africain. Nuovo bullel., 1899, p. 233; De Rossi, BulleL, 1879, édit. franc., p. 165. C'est dans les églises qu'on se retirait pour méditer les saints Livres. Voici l'inscription que saint Paulin de Noie fit placer à gauche de l'abside, EpisL, xxxii, P. L., t. lxi, col. 338 :
Si qucm sancla tenet nu-ditindi in lege voluntas Hic poterit rcsidens saciis inteudere libris.
Aussi doit-on entrer à l'église avec des sentimeiils qui répondent à la destination et au caractère du saint lieu. A Saint-Laurent in Damaso, on lisait au v" siôchles vers suivants. De Rossi, Inscripl. chrisL, t. n, p. 151, n. 25; Ihm. op. cil., p. 102. n. 103 :
Quisque picna Deo inysteria mente requiris. Hue accède, domus religiosa patct.
Ha;^ sunt tecta pio scmpor devola timoii Audituniquc Dcus commodat liic precibus.
Ergo Ictifcros propera compcscere scnsus, .Jam pr.ipcra sacras Ixtus adiré fores...
Une inscription en mosaïque d'un sanctuaire de Madaba, en Palestine, à peu près de la même époque que la iirécédente, invitait ceux qui y entraient à se ])urilier l'esprit, le corps et les œuvres, afin d'offrir à Dieu des supplications efficaces. Revue biblique, t. i (1892), p. 639 sq.; De Rossi, Bullct., 1892. p. 25. D'autres, composées par saint Paulin de Noie pour la porte d'entrée de la basili(iue de saint Félix, disaient : Fax tibi sit, qnicunque Dei pcnelraliaChristi peclore pacifico candidus inç/rcderis. — Quisquis ab œde Dei perfcclis ordinc volis ] egrcdcris, remca corporc, corde mane- EpisL, xxxii, P. L.,t. l.xi, col. 330. C'est pour le même motif qu'on demandait aux fidèles de se laver à la fontaine de V atrium, avant de pénétrer dans l'église. Le sens très clair de cet usage sanctifié jiar l'Église est indiqué par les textes épigraphiques que portaient plusieurs de ces fontaines ou canthares, précurseurs directs de nos bénitiers. A Constantinoplc, on voyait l'inscription suivant souvent reproduite (pil, lue de droite ou de gaucho, présentait le même texte : NIYON ANOMHMATA MH MONAN OYIN, lave tes péchés, et non pas seu jement lon\lsago. De Rossi, Bullel. , 1867, édit. franc., p. 79 sq. Sur un support de bénitier du vi" siècle, trouvéen Toscane, onlisait:CHRI(.<i/()ANE ij LABA(.s;'f) MANUS ET ORA, ,UT REMITTANT (//r //fri pcrrfl/o). De Rossi, BulleL, 1887, p. 95 sq. Bien anléricureinciit
EPIGRAPIIIE CHRETIENNE
Léon I«' avait fait meltrc surlccanUiare de Saint-Paul les vers suivants : ... Unda lavât carnis maculas, sed crimina puryat \ piirificalquc animas mundior amne fldes. I Quisquis suis mcritis vcneraiula sacrai ia Pauli] ingrcdeiis supplcx, abluc fonle manus. De Rossi, Inscripl. clirisl., t. lia, p. 80 sq., n. 1.3. La sainteté des édifices du culte ressort encore de leur consécration, de la déposition de reliques dans leurs autels. Nous en reparlerons à l'art. Saints {Culte rfcs). Notons ici que deux inscriptions africaines, l'une de 359, l'autre de 4r)2, nous attestent cet usage. De Rossi. Inscriptchrist., t. I, p. VI ; Mélanges d'arch. et d'hist., t. x (Rome, 1890), p. 440 sq.
//. L'ÉPIGHAPBIE chrétienne et I.A TUliOLOniE DOG-
MA TIQUE spÉciA i.E . — \°Dieu; la Trin iié. — 1 . Le grand dogme du cliristianisme, c'est Z'((/)(7(',/'»/!;cj7é dcDieu. Au rapport de Lactance,D(î'. ^/î.s^,l. V. c. xi,les clirctiens furent souvent appelés adorateurs de Dieu, cultores Dei, par les païens polythéistes qui aimaient à s'intituler cullorcs deorurn. P. L.. t. vi, col. 587. Dans répigraphie,la formule monothéiste in nomen ou in nominc Dei est assez fréquente,par exemple, sur deux marbres du m" siècle conservés au Latran.p. vm, n. 1, 2, sur une brique assez ancienne, etc. De Rossi, Bullct., 1877,édit. franc., p. 20; 1884, p. 37. C'est, comme le fait observer. De Rossi, Bullet., 1877, toc. cit., ■■' la formule initiale de tout acte chrétien solennel, la religion du Christ étant le culte par excellence du Dieu véritable et unique et la négation essentielle du polythéisme. » On peut dire la même chose de la simple mention du nom de Dieu au singulier qu'on rencontre dès le 11'= siècle sur un nombre très considérable de pierres. Mais les textes les plus explicites qu'on connaisse se trouvent, l'un dans Boldetti, l'autre au musée Kircher, à Rome. Sur le premier, de la première moitié du iii'= siècle, il est dit du défunt: IN. UNU.(m).
DEU(m). Il CREDEDIT (sic). IN PACE || )^.Boldetti, op. cit., p. 456; De Rossi, Bullet., 1860, édit. ital., p. 87. Dans le second texte, composé vers 200, on conjure les clirétiens PER || UNUWl DEUM de ne pas molester le mort. Rattachons à cela la formule si; âe^ç qu'on rencontre souvent en Egypte et surtout en Syrie, et qui doit tirer son origine du verset du Deutéronome, VI, 4, par lequel débutent les conmiandements. Les Juifs en faisaient usage et Jésus également. Dcut., VI, 9; S.Cyrille de Jérusalem, Cat.,x, 2, P. G.,t. xxxiii, col. 661; Marc, XII, 29. Cf. Dictionnaire d'arch. chrét., t. I, col. 2402.
Ce seul Dieu, les monuments nous le font connaître davantage. Ils l'appellent le Maître par excellence, Dominus, K-Jp-.oç, par exemple, sur deux marbres du 111= siècle, l'un de Domitille,où il est dit: WI. REST(z7)- UTUS FECIT(/î)YPOGEU (m) SIBI ET SUIS FIDEN- TIBUS IN DOMINO; l'autre trouve à Porto, où l'on
adresse au défunt le salut tout apostolique : èv -/.to (=-/'jf:(i)) yaipeiv. De Rossi, Bullet.. 1865, édit. ital., p. 95; 1869, édit. franc., p. 48; 1866, edit. ital., p. 41. C'est le Dieu Très-Haut, Oeo; ■j4(tcn:o;. Mon. lit.,n. 3304. Ce nom que les Juifs donnaient à Jéliovah revient souvent sur les monuments d'Orient. Un marbre opistographe du musée de Bucharest, du ii'= siècle (?) d'après Laclercq, Diciicnnaire, t. i, col. 1816, nomme
Dieu TOV ÛECIV 'J'I/LITTOV, TOV xÛptOV Tfôv 7TVE'J(J.àT(0V "/.al
(japxô; Ttiu/];. Il est l'Être suprême, sammitas, comme l'appelle une épitaphcromaine du iii<= siècle. De Rossi, Bonia sotlcr., t. m, pi. xxiv-xxv, n. 32; Bullet., 1865, édit. ital., p. 11. Il est tout-puissant: dans une inscription priscillienne du 11"= siècle on demande, UT DEUS OMNIPOTENS AGAPEN j = ladéfunte)IN S/E- CULA SERVET.Un graflito àSiiinte-Balbine exprime une prière analogue : Deus omnipotcns, custodi Sapricium. De Rossi, Bull., 1884, p. 72; Ronia sotterranea.
t. I, p. 271. L'inscription des martyrs de Marseille, antérieure à Constantin, se termine par l'acclamation: REFRIGERET VOS Q((/( omnj'a po)TEST. Le Blant, op. cit., t. II, p. 305. Une autre de Salone, de la première moitié du iv<^ siècle, renferme l'expression DEUS OMNIPOTENS REX. Kaufmann, Jcnsci/srfen/r/nâ/cr, p. 157. Il est appelé : Oco; i^o)'/, sur une épitaphe de l'an 200 environ, Mon. lit., n. 2789; ôsô; àsî^wo;, Dieu toujours vivant, sur un monument syrien antérieur à la paix de l'Église, Litclcrcq, Dictionnaire, t. ii, col. 618, 619; Dieu immortel, àOàvxTo; Oeôç, sur un marbre d'Apamée, de 259, Leclercq, toc. cit., t. i, col. 2519; le Dieu qui règne au ciel, (leôv tôv £7ro-jpâviov, sur un marbre d'Acha'ie, du iii« siècle, Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 332; le Dieu saint et éternel, DEO SANCTO AETERNO, Leclercq, loc.cil., col. 627; le Dieu juge, tôv /.piTri'/ Oîôv, sur un monument d'Apamée, du iii« siècle. Mon. lit., n. 2798; Leclercq, Dictionnaire, t. i, col. 2519. Mais il est bon et il aime les hommes, àyaôôç /a; çO.ivOpfoîto; ôsôç; il ne connaît pas le péché, il est la justice et la vérité : dû yap |J.ôvo; 6£Ô; y.ai Tzinr^z à|j.apTt'x(; ex.TÔ; 'jTKxpyei;, xa\ Tf ôixaioij-ùvri aou ï] à).r,9eia, comme le dit l'épitaphe de Schnoudi, de 344. Kaufmann, Jenseitsdenkmàlcr, p. 68 sq. Pour Justin et Clément d'Alexandrie, Dieu est-natrip Tù)v K;àvT(ov. La même expression se retrouve sur un marbre du même temps. De Rossi, Bullet., 1888-1889, p. 31 sq. Enfin son nom est grand et saint, lj.£ya ovo[j.a, SANCTUM NOMEN. Mon. lit., n. 2798, 10; De Rossi, BuZW., 1877, édit. franc., p. 36.
2. La Trinité. — Le terme trinitas se trouve pour la première fois sur un marbre du Vatican, de l'an 403. De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 222, n. 523. La croyance au mystère est attestée bien antérieurement. Dans les mots IN- D- D- ET- SPIRITO (sît) SANTO(sj() sur l'épitaphe de l'évêque calabrais Julien, qui vivait au m" siècle. De Rossi voit " une invocation à la sainte Trinité qui doit se lire : in Deo, Domino et Spiritu sancto. » Bullet., 1876, édit. franc., p. 105 sq. Une inscription antéconstantinienne de la région d'Ampliatus, à Sainte-Domitille, porte avec les suppléments du même archéologue le texte suivant : (lu) CUN- DIANUS (qui eredidit)\\ IN CRISTUM (sic) JESU (m, vivit,in || Pair)E ET FILIO ET \SP {irito sancto). Bullet., 1881, édit. franc., p. 71. Une autre de Syracuse termine par la prière : (jivr,(r6r, aou à 6sb; xa'i 6 yçnaTÔç v.cà. TÔ âysio; {sic) llvE-jf;.a. Strazzula, op. cit., p. 192,. n. 371. 'Toutes les trois personnes sont expressément nommées dans la doxologie que présente une inscription de Syrie citée plus haut. Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 2406; Revue bénédictine, t. XXII (1905), p. 433. Les trois personnes sont appelées Dieu; on leur attribue des actions divines. — Le Père. — Une inscription priscilienne, probablement du II'' siècle, commence ainsi : DIXIT ET HOC PATER OMNIPOTENS... Cettedernière expression se retrouve encore sur un monument de la 'Villa Borghèse, du iii« siècle. De Rossi, Bullet., 1884, édit. franc., p. 72 sq.; Inscript, christ., t. lia, p. ix. Peutêtre est-ce surtout à lui qu'il faudrait appliquer le titre ô Tr-xr/jp Tùv TrâvTDv mentionné tantôt. On lui rend grâce pour les bienfaits reçus du ciel : PATRI DEO OMNIPOTENTI... OMNI(/i)ORA GRATIAS AGIMUS, dit une inscription de Porto. De Rossi, Bullet., 1866, édit. ital., p. 49. — Le Fils. — Il est Dieu comme le Père. On nomme l'un et l'autre sur le marbre priscillien cité plus hmit. Le Fils est le Christ du Père. Sur une inscription publiée par De Rossi, Bullet., 1866, édit. ital., p. 49,onlit:DEO PATRI OMNIPOTENTI ET XPO (Cliristo) El US; sur une autre on affirme du défunt : REQUIEM ACCEPIT IN DEO || PATRE NOSTRO ET CHRISTO El US. Gruter, Inscript., p. 1052, 12; Corp. insc. lat., t. m, n. 4221. Aussi oa
EPIGRAPHIE CHRETIENNE
les associe dans les prières et les acclamations pour les morts, par exemple, PAX DOMINI ET CHRISTI CUM FAUSTINO ATTICO; REFRIGERE! TIBl DEUS ET CHRISTUS; 'AyaOr) || ... /aptTou tm Kupiw || y.ai Tài XpiuTô). Mon. Ut., n. 2854; De Rossi, Roma sollcr., t. ni, p. 308; Nuovo ballet., 1904, p. 124. Le Christ est le Verbe du Père. Le tituhis d'Euelpius, de Césarce en Maiirétanie, antérieur à Constantin, nomme le chrétien CULTOR VERBI. Mon. lit., n. 2808. Il est son « fils»; ... IN PAGE ET
IN NOMINE ^ FILM ElUS. Xystus, op. ci7., t. iia,p.81. Comme tel il est distinct du Père. Un monument de la voie Ardéatine présente une formule, dont le sens patripassien est à peine caché : QUI ET FILIUS DICE- RIS ET PATER INVENIRIS. De Rossi, Bn//e/., 1866, édit. ital., p. 86, 95; Nuovo ballet., 1903, p. 303. Sur im autre, du iii° siècle, on lit à côté du poisson symbolique et du bon Pasteur les mots assez étranges :
DEOSANC(to):^ UNI. Est-ce uneattestationdel'hcrésie de Noët à Rome ? Cf. De Rossi, loc. cit., p. 86, 8T; Nuovo ballet., 1903, p. 313,314. — Le Sflin/-£'.sprî7. — Nous avons vu plus haut comment en l'associant auPèreet auFilson afTirme sa divinité. Ailleursondit que l'Esprit-Saint est l'Esprit de Dieu, l'Esprit du Fils. Il est le principe d'une nouvelle vie. En lui on renaît dans les eaux du baptême; en lui on s'endort pour l'autre monde, on revit pour l'éternité. Un marbre romain qui est peut-être encore de la fm du ii'' siècle porte : 'Iov).ca; KJapÉuxa; ...?) dàpE èvâiîî y.sÏTat. 'Î/'j/t) 8à àvaxaivicrÔEÏTa tô) 7rvîj[j.aTi yp'.iTOj. De Rossi, Inscripl. christ., t. i, p. cxvi. L'inscription d'Euelpius déjà mentionnée appelle les chrétiens SATOSSANCTO SPIRITU. Une autre, composée vers 403 par saint Paulin de Noie, caractérise ainsi son action dans l'administration du baptême. Le Blant, op. cit., t. ii, p. 390 ; P. L., t. Lxi, col. 332 :
Sanctus in hune ccelo descendit Spiritus amnem Ca'lestique sacras fonte marital aquas.
Concipit unda Deum sanctamque liquoribus almis Edit ab œterno semine progeniem.
Sur un monument de Milan on afTirmc de la défunte: SPIRITU SANCTO NATA EST IN GLORIA CHRISTI, UT CUM BEATIS POSSIT SERVIRE IPSI. De Waal, // sinibolo, p. 16. Une stèle de Saint-I fermés, conservée aujourd'hui au musée Kircher, à Rome, porte : lIpfôTo; Il èv àyi'o) ■7tvej|j.a |1 ti OîoO || èvOâos y.EÏTai. Elle est du milieu du in"^ siècle. De Rossi, Ballet., 1877, ^dit. franc., p. 28; 1894, p. 18; Perret, op. cit.,]-,]. 50, n. 29. L'acclamation VI BAS. IN. SPIRITO(.s(>)SAN(fto) termine une épita])hc de Saint- Calixte, aujourdhui au Lalran, p. viii, n. 5, tandis qu'un autre marl)rc du même musée, mais moins ancien (vers 300), dit du Seigneur : QUIQUE ANIMAM (Severie) RAPUIT SPIRITU SANCTO SUO... De Rossi, Inscript, cltrist., t. I, j). cxv. lùilin une épitaphc de Bordeaux, du IV'- siècle, est surtout remarquable par l'invocation assez rare de la troisième |)crsonnc de la Trinité : AUCILIA PASCASIA, ADIUTIT {mliuvct) (te) SPIR(0- TUS S(finctus}. Le Hhint, op. cit., t. ii, 372, n. 583.\ ; cf. Julian, Insvript. de linrdeaax, t. ii,]). 21, 22. Notons toutefois (jue les expressions : l'.sjjril de Dieu, Esprit du Christ, Saint-Esprit de Dieu, iieuvent vouloir indiquer le Christ lui-même. Plusieurs Pères les ont employées ainsi. Dans ce cas, l'application que nous venons d'en faire à la troisième personne reste au moins douteuse. Voir à ce sujet Dôlger, dans Rôm. Qaartalschrifl, t. xxiii (1909), p. 77-82; IX0YC, p. 78 sq.
2" La création. — 1. Les anges. — Les monuments nous atlçslcnl leur existence. De Rossi, Inscript, christ., t. I, p. 31 (a. 310). Un marbre de .Mélos, du
III'' siècle, mentionne un ange gardien des tombeaux. Mon. lit. ,11.2182; hcclcrcq. Dictionnaire, 1. 1, col. 2141. Sur trois autres on dit du défunt qu'il a été reçu par les anges, ACCERSITUS AB ANGELIS, etc. Mon. lit., n. 2879, 3153, 33H». Les noms de Michel, Gabriel et Raphaël ne sont pas rares sur les monuments de la seconde moitié du iv" et du v" siècle. « L'archange Michel qui doit conduire à la lumière, » est nommé dans une inscription égyptienne de 409. Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i,col. 1152, 1153. A la même époque appartient une pierre trouvée en Achaïe, sur laquelle on invoque le chef de la milice céleste en lui donnant le titre : ayis /.oCi ooospà Miyari). àp/àv/iAs (sic). Leclercq, loc. cit., t. i, col. 338. Plusieurs écrivains ecclésiastiques de la fm du ii'^ et du commencement du m" siècle ont attribué aux anges un corps étliérique. Est-ce l'idée qu'on a voulu exprimer sur le monument de Julia Evarista, du m» siècle, quand on dit de la défunte : AffEAIKON CCOMA AABOYCA? Cf. Petau, Dogmata theolog., t. m, 1. I, c. ii; De Rossi, Inscript, christ., t. lia, p. xxviii sq. Sur quelques monuments on constate un culte de certains anges que l'Église n'a jamais voulu recevoir. Le Blant, L'épigraphie chrétienne en Gaulv. p. 46: Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét. , t. i, art. An(jcs.
2. Le démon. — Si la leçon jn-oposée par Lenormant est juste, nous trouvons le nom de Satan, i^aravvâ:, sur une amulette chrétienne du ii'' siècle (?). Mon. lit., n. 2803. En général, les amulettes sont assez explicites sur le démon et sur le mal cju'il fait à l'homme. Malheureusement le caractère de ces monuments et leur date incertaine ne nous permettent ]ias d'en faire un grand usage. Cf. par exemple, Leclercq, 73/f//o;!;!(((rc, t. i,col. 1801 sq. Dans quelques textes damasiens le démon reçoit le nom de princcps nuindi cjue lui donne l'Évangile. Ihm, op. cit., p. 10, n. 7; p. 30, n. 30; p. 47, n. 43, etc. Un peu plus tard, il est appelé princeps Averni. De Rossi, Insrript. christ., t. lia, ]i. 258, n. 5. L'épitaphe des quatre vierges chréliennes de Vereeil nomme ANGUIS INVISUS, ASPIS. S/EVUS DRACO, qui en veut à leur vertu. Wilperl, .Jungjrauen, p. 39.
3. L'immme. — (/est Dieu c[ui le crée, comme le dit le marbre priseillien du ii = siècle déjà ci lé. De Rossi, Jiiillct., 1888, p. 31.. \ la fm du iw siècle, le diacre romain Severus l'appelle FACTOR ET lUDEX. D'après lui, c'est encore Dieu qui a fait iiaitre s;i S(eur et lui a donné les facultés de son csi)ril : QUAM DON\{inu)S NASCI MIRA SAPIENTIA ET ARTE 1| lUSSERAT IN CARNEM... De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. cxv. L'homme est tiré du limon de la terre et il y retournera. L'épitaphe du diacre romaiu Sal)inus lui fait dire: NAM TERRAM REPETENS. QU/E NOSTRA PROBATUR ORIGO, H HIC TUMULOR MUTA MEM- BRA SABINUS HOMO. De Rossi, /i«//(^, 186 1, p. 3.'?. Un marbre priseillien du ii"" siècle v fait également allusion:DIXIT ■ ET • HOC • PATER "OMNIPOTENS • CUM (pellrnl ,\dnin) \\ DE • TERRA • SUMPTUS • TERR/E- TRADERIS- HU(mandas). De Rossi, Ballet., 1881, p. 73. Le i)éché originel et sa peine sont encore rappelés par le dessin gra])hi(iue d'.\dam et d'Eve à côté de l'arbre et par un autre (|ui montre un homme conduisa)it la charrue et ime femme assise devant la maison et lilant du lin. Perret, op. cit., pi. 12, n. 3. L'Iiommc est composé d'un corps et d'une âme : Icrrenam rorpas, cirlcstis sitiritas. Mon. lit., p. c, et n. 4169; L"clercq, Dictionnaire, t. i, col. 1497, 1 198. Le titulas iléjà cité de Julia l'A'arisla porte : T| Tapî ÈvOioc y.î'.Tat || 'Vj'/ti lï... x^yt).v/.''n )a6o'jr7* <jû>'j.a 11 (e)!; lOpïviov ypîdToO || [ixT;>,£!av [j.£-à twv || âiiuf àvc"/,r|(j.^Or,. Dco animant rcddidit. trrrac corpas, lisons nous sur répita|)lie d'un habitant do Carrhac (Haran) en Mésopotamie, enterré à Home
ÉPIGRAPHJE CHRÉTIENNE
au iv'= siôcle. De Rossi, Uiillrl., 1873, ("(lit. franc., ]). 162 sq. Saint Pierre, II Pet-, i,ll, appelle le corps le Inbcrnaclc de l'âme, av.r,'/M\i.a. De même une inscription grecque du iv^ siècle. De Rossi, BiiUcl., 1890, p. 57, note 3. Le corps est fragile comme un vase d'argile. Sur un marbre d'AquiU'C on a tracé un homme brisant un vase. Wilpert y voit la figure du corps humain, tandis que l'âme est reçue au ciel. Wilpert, Inscliriflen Aqiiileias, p. 15 sq. Cf. Leclercq, Dictionnaire, 1. 1, col. 2676. L'épigraphie du iv siècle exprime encore cette idée par les locutions cssc incorpore,exire de corporc, corporeos nexus rumpcrc, hospila caro, etc. Wilpert, Jungfraacn, p. 95, 96; Le Blant, op. cit., t. I, p. 331, n. 226; De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 737, n. 303; t. iia, p. 116, n. 92, etc. L'âme est d'orii-ilne divine : cselestis spiriliis. Leclercq, Dictionnaire d'tirc'i. (Iirét., t. I, col. 1497, 1498. A sa mort, l'homme doit la remettre à Dieu. De là les formules épigraphiques de la fin du iii<^ siècle et du iv'^ siècle : Deo animam reddidit, spirituni rcddidil ou simplement reddidil; ttjV ■^\iy-r\-si , TÔ TiViOiJ-a Ocw àTtoîoOo-a, à-nÉSajv.ev, Ttap=8(i)X£v. De Rossi, Bullet., 1873, édit. franc., p. 162 sq. ; Roma soller., t. m, pi. v, n. 2 et 3 ; Armcllini, Il cimitero di S.Agnese, pl.xiv, n.l ; Bullet., 1892, p. 79, 80; Mon. lit.,n. 2857. Elle est spirituelle. Les termes de anima, spiritns, ^-j/r,, TivsOrj.a, qu'on rencontre si souvent dans les acclamations du ii<= et du iii« siècle l'indiquent suffisamment. Elle est immortelle. Cette croyance n'était pas inconnue aux païens. H. Weil, L'immortalité de l'âme chez les Grecs, dans \c Journal des savants, 1895,p. 213 sq., 304 s q. Mais elle est avant tout chrétienne et explique entre autres ces souhaits de vie en Dieu, en Jésus-Christ, que nous rencontrons, à partir du ii^ siècle, sur des épitaphes sans nombre. Plusieurs fois l'immortalité est catégoriquement affirmée. Mon. lit., p. cxxxviii-cxxxix ; 'yjy}] otôivatoç, etc. La formule païenne nenw immortalis, o-J5c\ç àôiva-roç, qu'on lit parfois sur des marbres chrétiens, n'a nullement le sens d'une exhortation à profiter de la vie à la façon des gentils. Mon. lit., loc. cit.
L'homme vertueux est le temple de la divinité. Ce langage de l'Écriture et des Pères est probablement confirmé par une inscription de la fin du iii^ siècle, aujourd'hui au Latran, et ainsi libellée : DIONYSI
VAS -^ (= Chrisli). De Rossi, Bullet., 1867, édit. franc., p. 27. Saint Paulin afiirme de Sulpice Sévère : Totus et ipse (Severus) Dci tcmplum viget, hospite Christo gaudcntcmque humili corde gerit Dominum. Le Blant, op. cit., t. ii, p. 391 ; P. L., t. lxi, col. 332. Dans l'inscription métrique de sainte Agnès encore conservée aujourd'hui, le pape Damase dit que la sainte, exposée aux regards du public, cacha ses membres de sa chevelure abondante, NE DOMINI TEMPLUM FACIES PERITURA (un œil mortel) VIDERET. Ihm, op. cit., p. 44, n. 40. L'âme humaine, en particulier, a été regardée comme une demeure du Saint-Esprit. De là" l'appellation spi7/7us.sa;îc//(s appliquée dans les inscriptions de la plus haute antiquité à l'âme des fidèles à cause de la communication des dons du Saint-Esprit. » De Rossi, Bullet., 1877, édit. franc., p. 28; Inscript, christ., t. i, p. 18, n. 11 (a. 269); p. 532, n. 1192.
3° La christologic. — Voici les données de l'épigraphie à ce sujet. — 1. Noms cl titres. — Dès le ii"! siècle, le Verbe fait chair est appelé tantôt Jésus, 'lr,<Jo'ji;, tantôt Christus, Xpicro;, tantôt JesîK Chrislus, 'lr|iTo-j; Xpi^TToç. Ces noms sont écrits en entier ou en abrégé. Nous trouvons les formules suivantes : VIVES IN CRHETO (C/iris/o) sur un loculus. De Rossi,
Bullet., 1873, édit. franc., p. 24; IN NOMINE j^ ( Christi), au Latran, p. viii, n. 8-1 1 ; Ballet., 1877, édit., franc., p. 26; Mon. lit.,n. 3344, 3486 ;èv ov&|j.aTt 'Ir,(To-j,
^, De Rossi, Bail., 1 877, édit . franc., p. 174 ; Èv ^ , Ballet., 1888, p. 31; HH X (= Jésus Christus), Bullet., 1888, p. 34, 35; È/TÏÏ XP. Bullet., 1888, p. 35, 36. L'usage de la sigle I H pour IHCOYC était connu dès la première moitié du W siècle. Bullet., 1888, p. 36, 37. 11 s'appelle encore l'ichthys, IX0YC, le Poisson symbolique, par exemple, sur le monument d'Abercius, iy6J; ojpàvioç sur la pierre d'Autun, './/Jj; ÎJtôvTwv sur celle de Licinia Aniias, du ii"= siècle, aujourd'hui au musée Kircher, Perret, op. cit., pi. 44, n. 1, etc.; c-/Ovç ij.£i(a); dans un graffito à Saint-* Hippolyte. De Rossi, Bullet., 1882, édit. franc., p. 56. L'acrosticlic IX0YC ('I',<r:; 0: Xp'.ar'o; Ûîoj viô; c-toTVip) était certainement connu à peu près partout dès le milieu du ii^ siècle, de sorte qu'on a pu interpréter la formule ci-dessus, de la manière suivante : 'IitijO-j; XpiTTOi; 6coO uiô: crwTr,p Ttiiv Çajvtwv, Rom. Quarlalschrift, t. xxiv (1910), p. 65 sq. Souvent du reste, on le représente sous le symbole si ancien et si fréquent du poisson avec ou sans le mot îyO-jr, ou avec un autre nom indiquant clairement le Christ figuré par le symbole, par exemple, 'vi ht'<>
(poisson); IN ^ (poisson). Mon. lit., n. 3366, 3108.
Cf. n. 3101, 3287, 3447; Dolger, IX0YC, p. 158-238.
Jésus-Christ reçoit encore le titre de Pasteur. Sur
un marbre de Saint-Hermès, du m ^^ siècle au plus tard,
on lit: llotij.Tiv xo'j >aoO. Kaufinann,iïa/jd&uc/i, p. 235.
Abercius se dit disciple du saint Pasteur, n,a6r,Tr,;
7roî[j.evo; âyvoO.Sur une dalle du musée Kircher le nom
est gravé en monogramme à côté de la figure du bon
i Pasteur. Wilpert, Frac^fo panis, Paris, 1896, p. 101. II
I porte encore les noms de sauveur, maître, seigneur,
; roi, juge, etc. Voir plus loin col. 333, 334.
1 2. Sa divinité. — La croyance à sa divinité est déjà
attestée par ce qui précède. Il est évident que dans
l'acclamation vivas ou vivis in nominc C(li)risti, telle
que nous la lisons, par exemple, à Domitille, le nom
du Christ remplace celui de Dieu. Wilpert, Malereien,
p. 186. Sur deux pierres funéraires du Latran, p. viii.
n.3et4,onlitIadoubleformule:IN D(eo)CRISTO et
IN ^ DEO ; sur une autre, également du iiii^ siècle : sv
0(e)''.) m )^.DeRossi,/?omaso;?e/-.,t.n,pl.xxxi-xxxii; Bôm. Quarlalschrift, t. xxn (1908), p. 90. Un marbre du II'' siècle termine par l'acclamation : ^ûnj.v \\ âvÔEw (poisson). De Rossi, Bullet., 1890, p. 42 ; Leclercq, Dictionnaire,\.u, col. 2575. hc païen qui dans la première moitié du m <= siècle a tracé à la pointe dans une chambre du Palatin lecrucifixblasphématoire, dont le caractère chrétien est admis par Harnack, Mission und Ausbreitung des Christentums, 2" édit., Leipzig, 1906, t. ii, p. 36, nous atteste également que les chrétiens adoraient comme Dieu le Christ crucifié: A AE |1 EAMGNOC
11 ceeeie (=(7£gETaO n eeoN. Mon. ut., n. 3520.
3. Son humanité. — Jésus-Christ est homme. Le Christ des marcionites n'a qu'un corps fantasticfuc. Ce n'est pas celui que professa, au iii'^ siècle, le jeune Sozon, dontl'épitaphe termine ainsi :BE RUS •( Veras)
)|(-ISPIR(/OUM (^iaum accipiat) IN PAGE ■ ET • PET(f) PRO NOBIS. De Rossi, Bullet., 1873, édit. franc., p. 78, pi. VI, n. l.II a pris notre nature dans le sein de la Vierge. C'est ce qu'affirmerait clairement l'inscription d'Abercius, si rexi)rcssion r, TiapBivo; ây/ii désignait sûrement Marie, comme l'admettent les Mon. lit., p. c.Kvi, cxvi, et non l'Église, comme le veut le docteur Dôlger. Bôm. Quarlalschrift, t. xxiii (1909), p. 87-112. II en est de même des sigles XMP, qu'on rencontre, au moins une fois avant 300, s'il fallait les interpréter certainement dans le sens de Xpiatôv Mapia i-evv3é. Le P. Leclercq est pour cette interprétation, et les monuments i)arlent assez en sa faveur,.
ÉPIGRAPIIIE CHRETIENNE
Rcimc b('îu-di(iinc, t. xxii (1905j, p. 439 sq. ; E. Nestlc, dans Bcrliner philologische Wochenschri/1, 1906, p. 381- 384. Voir, à ce sujet, Dôlgcr, IX0YC, ]). 298-317- Par contre, l'inscription dédicatoirc de Sainte- Marie- Majenre, composée par Sixte III à la suite du concile d'Éplièse, est très formelle, De Rossi, Inscript. christ., l. un, p. 71 :
Virgo Maria, Ubi Sixtus nova lciii|jla dicavi,
Digna salulifero inuneia ventre tuo.
Te Genitrix ignara viri te dcnique leta
Visceribus salvis édita nostra salus, etc.
Les monuments renseignent peu sur la vie de Jésus-Christ. Saint Damase mentionne la tcmiiête apaisée et les résurrections opérées par le Christ qui sont une garantie de sa propre résurrection. Ihm, op. cit., p. 13, n. 9. De la passion on ne parle explicitement qu'au v« siècle, par exemple, sur un marbre romain de 406, où on dit du défunt: REDEMPTUS VULNE(/-e Christi), et sur une pierre gauloise : HIC DALMATA CR || ISTI MORTE REDEM ji TUS. De Hossi, Inscript. christ. ,i. i, p. 239, n. 563; Le Blant, op. cit., t. II, p. 198, n. 478. Par contre, on la rappelle graphiquement par les différentes formes de la croix, qui,commeMu'\Vilpert l'a prouvé, se rencontrent dans les trois premiers siècles plus souvent <(u'on ne l'avait cru jusqu'ici. Sur tel monument, c'est la croix grecque, sur tel autre, la croix latine; ici, c'est le tau grec placé intentionnellement au milieu d'un nom proi)re ; là, c'est l'ancre cruciforme unie au poisson ou à l'agneau, symbole du Christ, faisant ainsi manifestement allusion au mystère du Calvaire. Voir, pour le détail, \Vili)ert, dans Xitovo biiUel., 1902, p. 5-14; Dôlge.-. IXeYC, p. 318- 326. Le sens de ces dessins graphiques, on le trouve dans l'inscription que saint Paulin de Xole fit mettre sous une ligure semblable dans une église : Siib cruce sanguinca niveo stai Christus in agno. Epist., xxxii, 12, P. L., t. Lxi, col. 339. Cf. encore Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrél., t. i, col. 880; Niiovo b-.illel., 1899, p. 33, 34; Xystus, op. cit., t. u b, p. 25, 26, 37 sq. La passion de Jésus Christ est la cause du salut des hommes. Deux monuments nujntrcnt le monogramme conslanlinien flanqué des deux lettres A et 00, en haut la barre transversale pour indiquer la croix, le tout j)lacésur un serpent, symbole du démon. Le mot SALVS écrit en dessous indique le sens de la figure. GarruccI, Storia dell' arle, t. i, p. 169-173; Cabrol, Dictionnaire d'urch. chrét., t. i, col. 23. Jésus mérite donc liien le titre de sauveur, noi-f,?, que lui donnent certains monuments, Dolgcr, op. cit., p. 207 sq-, 406 sq., de nuy-r,ç> àyiwv (ïyi'jt = les chrétiens) et de ô;(j-oTa <jM-:{r,o) que lui décerne le monument d'Autun. Il est le maître, le seigneur i)ar excellence. De là ces acclamations de la fin du u" et du m» siècle:
(Vivas in) X D(omino) N(as/ro) (an. 268); (j-vri-iOr,; ■Ir,iTO-j; K-Jpio; t5/.vov; Zr,; iv Oe-ji Kvpî!';» (sic) K^f.i-.M. De Rossi, Inscript. christ., t. i, p. 16; de Waal, Il simboln, p. 11; Mon. lit., n. 2962. Les chrétiens se disent volontiers ses serviteurs, par exemple, sur l'inscription du calhécumènc Victor : iioO.o; toO y.-jy.'t-j
-.lr,>s'j'j (= Jésus) X, ou sur le marbre de Varronia
Fotina antérieur à 250: AOY HH )k AH ( = Wj'ir, 'Ir.^oO Xç.'.'ST'/j). De Rossi, liiillct., 1888 1889, p. 35; Dolgcr, IX0YC, p. 104 sq., 376 sq. lin mourant, Jésus a vaincu la mort, comme le dit un monument du V siècle : ... Christits, que dure ninrs morilur. De Rossi, Inscript. christ., t. ua, p. 107, n. 55. A|)rès cette victoire uni(|ue dans son genre, il est monté au ciel où 11 ne meurt plus jamais. Aussi l'épigraphe romaine de Maritima rap|)elle TtavaOâvaTov, tandis que l'inscription de Constantina à Sainte
Agnès renferme les vers suivants : TARTAREAM SO- LUS POTUIT QUI (= Christus) VINCERE MORTEM ilINVECTUS COELO SOLUSQUE INFERRETRIUM- PHUM 1! NOMEN ADAE REFERENS ET CORPUS ET OMNIA MEMBRA \\ A MORTIS TENEBRiS ET CAECA NOCTE LEVATA. De Rossi, Inscript. christ., t. II a, p. 45; Ihm, op. cit., p. 87, n. 84. ÎJn monument priscillien, du iii« siècle, déclare qu'au ciel le Christ est assis à la droite du Père : ô 6eoç ô y.aOr,- |jiEvo? Il {i)U OE2IA (sic) (= SsÇtiv) roO Tiarpo;... Kaufmann, Jenscitsdcnkmcilcr, p. 61; Dôlger, IX0YC, p. 344. Un marbre du m" siècle appelle le ciel son royaume où il reçoit les élus:e!ç oOpr/viov XpiTxo 0 pac.- ).E!av àvï/Y^u.sOv]. De Rossi, Inscript. christ., t. i, p. cxvr. Il en est le régent, à'p/wv, le grand roi, na/- &a.(jù.v'ji.Corp. insc.grœc, n. 8633. Voir t. m, col. 408. Du ciel l'Homme Dieu viendn juger les vivants et les morts. L'ne inscription du pape (^destin commence ainsi : Qui nalnm passunique Dcum repctisse paternels \ scdes algue itcram v nturum ex iclhere crédit, jwliccf ut l'ivos rcdiens paritcrque sepultos... Ihm, op. cit., p. 91, n. 91. Le marbre d'Autun l'appelle « lumière des défunts », çS); tô 9avôvT0)v. Il est encore l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin de toutes choses. C'est ce que disent clairement et l'épitaphc romaine du iii"^ siècle, qui, ;\ la place de l'acclamation IN PACE ET CHRISTO, porte la formule : IN PACE ET IN PRINCIPIO, et le monogramme constantinicn flanqué de l'A et de I'CjO qui est si fréquent à partir du milieu du iv*" siècle. L'allusion au qu-.;trième Évangile, viir, 25, ou à l'Apocalypse, i, 8, est manifeste. Mon. lit., n. 3094; Revue biblique, t. iv (1895), p. 164, 165. Si ensuite nous lisons au cimetière de Thrasonsur un marbre antérieur (?) à Constantin le texte suivant: MERCURIANEjjQUAE VIXIT ANNIS
iXXXI II Bl a)|((,) TA, l'auteur de cette inscription a
évidemment voulu dire que leClirist, l'alpha et l'oméga, est aussi la Vie. Cabrol, Dictionnaire, t. i, col. 17.11 est le principe de la vie nouvelle, surnaturelle qu'on reçoit dans le bai)têmc. Mon. lit., n. 3348: Perret, op. cit., 1)1. 28, n. 26. Il est l'objet de nos adorations comme y>oi\r Alexamenos, l'objet de notre foi, de notre espérance, de notre amour. Voir plus loin, col. 347. L'objet de nos prières, même quand nous nous adressons aux saints, nous est accordé par lui. Clirislo prœslante, comme l'affirme saint Damase. Ihm, op. cit., p. 46, n. 42. Nous ])ouvons avoir toute confiance en lui, il voit ])artout et rien ne lui échappe, 0y9x).[;.-/'J; i; ï/t'. ;j.£-i>.o-j; nâvr/] y.xOoîwvxac, comme (lit .Vbercius; il est tout-puissant :Ae || OYC || XPIC |1 TOYC l| OMN il inO II Te (v) C. comme l'appelle un ■> graffilo » du III'' siècle; il atout pouvoir : Christus, cui sumnia poleslns, comme le déclare saint Damase; ce pouvoir ne finit ])as, car il est l'Éternel : o Szh;, h tzx-i- T'y/.pitoip h i'.')V, Il T^p'iwv ■/.%': !(i>,),(j)v, {j 'Ir|7oO; ô Xp'-iTÔ:, il ■r.'i; -'yj \, &i->\i toC ;ô)vto:, comme l'intitule un texte épigrapiiicpic égyptien de 409. linn, op. cit., p. 58, n. 57; Mon. lit., n. 3461; Leclercq, Dictionnaire d'arch. chiél-, t. i, col. 1152.
4° Sacrements. — 1. Pour le baptême et Veiicharislic, voir Baptêmf., t. ii, col. 233-243, et EuciivnisxtE d'après i.i;s monuments de l'antiquité chrétienne.
2. I.d (onprmotion. — Dans les premiers temps, le baplême et la confirmation, régulièrement unis, composaient le ril complet de l'initiation chrétienne Les témoignages de Terlullien. d'Origènc cl de saint Cyprien ne laissent i)as de doute à ce sujet. Mais comme 11 y avait des exceptions à celte règle, on doi' se demander, si les épitaphes envisagent toujours la conlirmation (|uand on y trouve les expressions reçues pour désigner le baplême, telles que sigillum, t-fp^;-.;,
EPIGRAPIJIE CHRÉTIENNE
vEÔçxjToç, vE03(j)Tt(îrô(:, rcnovalus, àvaxaiviaOEÎç, graliam accipere,conscqui. Quand le texte épigrapliique mentionne le baptême solennel et désigne ainsi l'initiation chrétienne complète, la confirmation doit être comprise dans ces termes. C'est ce que nous pouvons admettre pour un monument de 4G3 publié par De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 353, n. 810, et ainsi libellé : NATUS SEVERI NOMINE PASCASIUS \\ DIES PASCALES PRID(/e) NON(o.s) APRIL (es i)N Il DIE JOBIS FL (avio) CONSTANTINO |1 ET RUFO
V. C. C. QUI VIXIT II ANNORUM vTPERCEPIT || ... ET ALBAS SUAS || OCTABAS PASC/E AD SEPUL- CRUM II DEPOSUIT. Peut-être pourrait-onencore citer les monuments mentionnés par Le Blant, Inscript, chrét., t. I, p. 478, 479. Un texte romain du iw siècle, publié par De Rossi, Biillcl., 1869, édit. franc., p. 30, et mal expliqué par Kaufmann, Jenseitsdenkmàlcr, p. 87, porte que la défunte était ointe dans les bains du Seigneur avec de l'huile sainte et impérissable, AOYTPOIC XPeiZAIVieNH XY"(= Xpt(7ToO) Il IVIYPON A*eiTON ArNON. Il s'agit d'une partisane du gnosticisme. Indirectement ce texte prouve en faveur de la confirmation, parce que l'onction pratiquée par les gnostiques était étrangère à leur principe et empruntée au rite catholique. S. Irénée, Contra hœr., 1. I, c. XXI, n. 3, 4, P. G., t. vu, col. 661 sq. Pour d'autres textes l'application à la confirmation est au moins douteuse. Rom. Quartalschrijt, t. xix (1905), p. 6-8, 10-12, 15, 17, 32. Il en est tout autrement d'une épitaphe spolétaine de 367, donnée par De Rossi, Ballet., 1869, édit. franc., p. 23, 24 : PICENTI/E || LEGITIM/E II NEOPHYT/E || DIE ■ V • KAL- SEP • || CONSIGNAT>€ || A LIBERIO PAPA \\ MARITUS... POSUIT. Ici, comme partout ailleurs, le verbe consignare est employé pour désigner le sacrement de confirmation. Plus explicite encore est l'inscription suivante, à peu près contemporaine, qui ornait une chapelle, où l'on confirmait les nouveaux baptisés, infantes, De Rossi, Ballet., 1867, édit. franc., p. 34, 88; 1869, édit. franc., p. 30; Inscript, christ., t. iia, p. 139, n. 26 ; Ihm, op. cit., p. 77, n. 73 :
Istric insontes cœlesli flumine lotas Pastoris summi dextera signât oves.
Hue undis generate veni, que sanctus ad unum Spiritus ut capias te sua dona vocat.
Tu, cruce suscepta, mundi vitare procellas Disce, magis monitus hac ratione loci.
Il y est manifestement question d'une action symbolique distincte du baptême, présupposé en même temps que la naissance à la vie de la grâce. Cette action consiste dans un rit en forme de croix, dont on signe le front du fidèle et qui, par la vertu du Saint- Esprit, produit dans l'âme un effet surnaturel : les dons de l'Esprit-Saint et surtout celui de la force contre les tentations et les orages de la vie au milieu du monde. Un rapprochement de notre texte avec la lettre d'Innocent I^' (402-417) à Decentius, évêque de Gubbio, P. L., t. xx, col. 554 sq., nous montre qu'il s'agit vraiment de la confirmation. Conformément aux indications du pape, l' évêque — le pape Libère et le siimnuis pastor de Rome dans les monuments mentionnés — est le ministre ordinaire du sacrement. S'il n'y est pas explicitement question du saint-chrême, on en parle au moins dans l'inscription gnostique susdite et peut-être aussi dans un texte de Tolentino, du iv'= siècle, où l'on dit de deux époux : QUOS DEI SACERDOS ( !) PROBIANUS LAVIT ET UNXIT. Un témoignage plus sûr est l'épitaphe de Clovis I", où l'on dit du défunt: MOX PURGATUS AQUIS ET CHRISTI FONTE RENATUS || FRA- GRANTEM GESSIT INFUSO CHRISMATE CRINEIVI. L'authenticité de ce texte, mise en doute parLeBlant,
Inscript, chrèl., t. i, p. 287, 288, est parfaitement reconnue par De Rossi, Ballet., 1869, édit. franc., p. 30. Un dernier texte nous est fourni par l'éloge du prêtre Maréas, mort en 555, De Rossi, Ballet., 1869, édit. franc., p. 17 sq. : TUQUE SACERDOTES DOCUISTI CHRISMATE SANCTO H TANGERE BIS NULLUM lUDICE POSSE DEO. Nos connaissances historiques nous obligent à écarter l'idée qu'il pourrait s'agir ici de la répétition du sacrement de l'ordre. Nous dirons donc avec De Rossi, Ballet., 1869, édit. franc., p. 30, 31, ou avec M. Dolger, Bôm. Qaartalschrift, t. xix (1905), p. 19, qu'il y est question d'une défense faite aux évêques ou prêtres, sacerdotcs, en vertu d'une autorité supérieure, jadice Deo, soit de réitérer le sacrement de confirmation soit de le conférer, tout en n'étant que simple prêtre.
3. La pénitence. — Les péchés sont remis par le baptême. Un autre moyen, extraordinaire celui-là, pour obtenir la rémission des péchés graves commis après le baptême, était le martyre. Sur la tombe de saint Eutychius qui avait d'abord renié la foi, saint Damase plaça les vers suivants, Ihm, op. cit., p. 32, n. 27; Bùchclcr, op. cit., t. i, p. 149, n. 307 : ...sanctas lavât omnia sanguis || vaincra, qaœ intaleral mortis meluenda potestas. Un autre moyen était le pouvoir des clefs s'étendant même aux trois grands péchés canoniques. On sait par l'histoire combien les papes Calixte, Corneille et d'autres avaient à lutter contre les rigoristes comme Tertullien, Novatien et leurs partisans. Les luttes aux environs de l'an 300, où intervenait surtout un certain Héraclius, nous sont connues par les inscriptions que saint Damase fit placer sur les tombes des papes Marcel et Eusèbe. Du premier on dit: Veridicus rector lapsos quia crimina flere prœdixit, miseris fait omnibas hostis amaras, Ihm, op. cit., p. 51, n. 48; du second : Héraclius vetuit lapsos peccata dolere, || Eusebias miseras docuit sua crimina flere. Ihm, op. cit., p. 25, n. 18. Le schismatiquo Héraclius niait le pouvoir de l'Église, mais le pape qui enseigne la vérité, veridicas rector, maintenait son droit malgré l'opposition qu'il devait rencontrer et la peine de l'exil qu'il devait endurer. — Quant aux autres monuments rares et d'une époque postérieure, le mot pœnilentia qu'on y rencontre n'a pas toujours la même signilication. L'expression pœnitentiam accipcre, consequi désigne très probablement la réception du sacrement. Nous avons constaté une formule analogue pour le baptême, et un passage parallèle de Grégoire de Tours, Hist. Franc, 1. "VI, c. xxvni, P. L., t. Lxxi, col. 395, qui dit d'un malade : lateris dolore detenlus capul totondit atqae pœnitentiam accipiens spiritum exhalavit, conlirme peut-être notre affirmation. Sur un monument d'Aix, de l'an 492, on nomme un certain Adjutor qui POST ACCEPTAM P/ENITENTIAM MIGRAVIT AD DOMINUM. Le Blant, Inscript., t. ii, p. 487, n. 623. Une épitaphe de Lyon, de l'année 508, porte:... VIXIT (une certaine Susanne) AN NUS (s/c) H XX PENITEN- TIA (m) CONSECUTA; H EST OBIET (sic) IN PACE. Le Blant, op. cit., t. i, p. 144-146, n. 66. Par contre, sur d'autres monuments, où on dit du défunt qu'il a été pirnitcns, ou qu'il a fait pénitence, agit pœnitentiam, pendant un certain nombre d'années, ce n'est pas le sacrement qu'on vise, mais plutôt la vie pénitente, probablement pratiquée dans des conditions particulières. Voir De Rossi, Inscript, christ., t. lia, p. 490 (an. 463); Le Blant, Inscript, chrét., t. ii, p. 549, n. 663 (an. 589); p. 589, n. 697 (vi« siècle): Hubner, Inscript. Hisp., p. 9, n. 29 (an. 627); p. 10, n. 33 (an. 578). Un marbre de Ravenne, de 523, porte à côté du nom propre le titre de PA (c) NITENTIALIS. Faut-il y voir, avec Diehl, loc. cit., p. 11, n. 44, le prêtre pénitencier, dont nous parlent les auteurs
EPIGRAPHIE CHRETIENNE
ecclésiastiques, par exemple, Cassiodore, Hist. iiip., 1. IX, c. XXXV, P. L., t. LX, col. 1151?
4. L'exlrème-onclion. — Contrairement à ce que l'on a cru, nous ne trouvons pas d'allusion à ce sacrement ni dans l'inscription du sarcophage de Tolentino où il est dit de deux Opoux : QUOS DE SACERDOS PROBIANUS LAVIT ET UNXIT, et où il s'agit de l'onction du baptême ou de la confirmation, ni dans un marbre grec du iii'= siècle, cite par les Mon. lit., n. 2780, où le mot ypiTTov est mis pour yç>-i)(7ir>i , ni dans une amulette chrétienne du n'' siècle qui d'après M. Lenormant serait ainsi libellée : 'E^opxt'^to 11 ae, (D ila-avvâç ||... ïva |/.v-|7coTe xa || Ta).si7:-(5; tbv -à \\ tiov ITOU... ÈTi'i T(î) Il TÔ7TW TÎ); || Ty,v ÈTif/éyp [1 tv.a : Je t'exorcise, ô Satan..., prononce dans la demeure de celle sur laquelle j'ai fait l'onction. Mon. lit., t. i, n. 2803. La leçon proposée par l'archéologue français présente trop peu de garantie pour être reçue en toute sûreté, comme l'a fait Leclercq, Dictionnaire d'arck. clirél., t. I, col. 1795, 1796. Voir Kirchhofî, Corpus inscr. greec, t. iv, n. 9064.
5. Le mariage. — Au sujet de l'état de mariage et du sacrement qui l'inaugure, l'épigraphie nous fournit de nombreuses indications. C'est Dieu qui forme le lien conjugal. Sur le sarcophage mentionné de Tolentino, dont la face représente le mariage de deux époux, on lit: QUOS PARIBUS MERltlS lUNXIT MATRIMONIO DULCI OMNIPOTENS DOMINUS.
De Rossi, Bullet., 18G9, édit. franc., p. 23; Garrucci, Storia dcU' ai te, pi. 304, n. 8. Ce lien est un. La religion du Christ défend le concubinat. De là, sur nos monuments, l'absence complète des termes conciibinu, contiibernium, contubernalis, assez fréquents dans l'épigraphie païenne. Ce lien est indissoluble. De Rossi, Bullel., 18G6, édit. franc., p. 14 sq., cite un fragment d'inscription de Saint-Laurent où il est dit : (/!0)C sue LEGE DEU(s nupti)S CONSOR- TIA VINXIT (for/j)ORIBU(.s) cunclis t)SSET UT UNA CARO. Indirectement ce caractère est indiqué sur un monument de 302, où le mari appelle la femme sa côte : VISCILIUS NICEN/E COST/E SU/E. Voir le commentaire de De Rossi, Inscripi. christ., t. i, p. 151. L'allusion à la Genèse, ii, 20, est évidente. On sait que les mariages entre païens et chrétiens, inévitables dans les premiers siècles, étaient vus de mauvais œil par l'autorité ecclésiastique. Tcrtullien et saint Cyprien les blâment; le concile d'l-:ivire (vers 300) les défend formellement. Aussi des inscriptions a])partenant à des époux de religion diverse sont très rares. Citons deux é])itai)hes africaines, l'une ayant appartenu à une clirétienne Pescennia Quodvultdeus, dont le mari païen C. Quinlihus MarccHus est probablement ce consul de 226 qui l'année suivante devint proconsul d'Afrique; l'autre nommant une femme chrétienne, tandis que le mari et le fils semblent être restés païens. Corp. insc. lai., t. viii, p. 870; Do Rossi, dans .Spicilegium Solcsmcnsc, t. iv, p. 509; I-lphemeris rpigr., t. vu, p. 114. L'Église, contrairement ;\ la loi civile, regardait comme ]iarfailement valide et licite le mariage entre un alTranclii et une i)ersonne <lc rang sénatorial. La décision portée par le pape Calixte est confirmée par ])Iusicurs pierres funéraires publiées par D>; Rossi, liiillel., 1800, édit. ital., p. 23 sq.; 1881, édit. franc., p. 72 sq. La valeur de l'un ou de l'autre de ces textes pourra être contestée. Polka, Atlchrislliche Eliedenknuiter, p. 85; Leclercq, Dictionnaire, t. i, col. 2879. Dans le mariage, mari et femme sont égaux. Déjà avant le milieu du iv siècle, on leur donne le litre, très rare sur les monuments pa'i'cns, (iecompar, par exemple, sur une pierre romaine de 340, De Rossi. Inscript, christ., 1. i, p. 67, n. 107, ou celui de lit'x,-;^;, «pii rappelle l'image du joug em ployée par saint. Vmbroise, /;pis/.,I.I, i.x, ctun marbre
épigraphique. Pelka, op. cit., p. 41. Sur un marbre de la catacombe des Saints -Pierre- et- Marcellin, du III'' siècle, un certain Primus appelle sa femme cam/aborona sua, collaboratrice dans le gouvernement de la famille, compagne dans le support des peines et des fatigues. Nuovo ballet., 1902, p.l94.La dénomination se rencontre également chez les juifs. Bullet. dell. Instit. di Corr. arch., 1876, p. 67 ; De Rossi, Roma sotler., t. m, p. 538. Dieu doit aussi guider les époux pendant toute laduréedumariage. VIVATIS IN DEO I — tclcstlesouliait que nous trouvons sur un verre à fond d'or, probablement donné comme cadeau à deux jeunes époux,
dont il représente le mariage. A-f-OO SECUNDE ET
PROIECTA, VIVATIS IN CHRI(s/o), lisons-nous sur la célèbre cassette d'argent du cabinet Blacas, qui est de la fin du iv^ siècle et qui se trouve aujourd'hui au Hritish ISIuseum. Pelka, toc. cit., p. 115-123, pi. ii-iv. (^onséquemmcnt ils se regardent comme les serviteurs de Dieu et du Christ et, comme TertuUien, Ad uxorem, 1. I, c. I, P. L., 1. 1, col. 1274, à sa femme, ils se donne mutuellement le titre de conseruus, conserva, ou de (jjv3o'j),o:, par exemple, dans plusieurs inscriptions de Rome, De Rossi, i5u»e/.,1886, p. 116; de Ravenne, de Porto, Dî Rossi,Bultel., 1879, édit. franc., p. 109 sq. ; de Sicile. Kaibcl, Inscript, grœc, n. 531. Celle de Catane se sert formellement de l'expression CYNAOYAH EN XPC0(=X?i7Tài). Cf. Dôlger, IX0YC, p. 194 sq- Se rapportant à l'Évangile de saint Matthieu, i, 18, on a voulu voir dans l'expression bene convenire qu'on lit sur une inscrijjtion de la catacombe de Saint-Hermès, vers 200, un témoignage de fidélité dans le devoir conjugal pratiqué selon la volonté du Christ figuré sur iajjierre parlesymboledu poisson. Toutefois un autre marbre plus explicite qu'on voit au Latran, ji. viii,n.7, semble s'vopposer : le mari dit de sa femme:. ..QU^ ElUS OBSEQUIO SEMPER NOBIS CONVENIT. C'est donc plulôtl'union dans le Christ qu'on veut indiquer également sur le premier monument. Souvent les chrétiens jiraliepiaient la continence tantôt temporaire tantôt perpétuelle. C'est à cette dernière qu'on pourrait rapporter deux épitaphes, l'une romaine antérieure à (Constantin, où l'on dit de la femme, d'après De Rossi, lionia sotler., t. i, ])l. xxxi, n. 13 :... QU (a) E VIXIT INLI II BATA CUM BIRGIN |1 lO SUO... ; l'autre de Salone en Dalmalie, de l'année .'578, cpii fait dire au mari par rapjiort à son épouse lalasia : QUAM A PARENTIBUS IPSIUS SUSCEPI !| ANNOS XVIII. QUI (qua-) AEQUE INLIBAT/E {sic) MECUM VIXIT ANNOS XXXII lî, etc. Pelka, op. ci/., p. 45. D'autres monuments visent plutôt la continence temporaire, ])ar exemple, un marbre de 472 dans Le Riant, Inscript, chrét., t. Il, ]). 30, n. 391, pi. 46, n. 275;Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 2492 sq. Ensuite, depuis le milieu du ni'' siècle, on insiste volontiers sur le fait qu'en entrant dans le mariage, les deux époux, contrairement aux pratitiues païennes, étaient encore vierges. C'est là le sens du titre de nirginius, Virginia, (jue de nombreuses épitaphes donnent soit au mari, soit à la femme. Le marbre le plus ancien qui porte cette mention est de l'an 291. De Rossi, Inscript, christ., 1. 1, p. 23. n. 17; Mon. lit.. n. 2873. Voir Kraus, Bcal-Encijclopâdic, t. ii, p. 956 ',)58; Pelka, toc. cit., p. 16 19. Convoler à de secondes noces était mal vu : c'était une ])reuve (ju'on n'était pas sullisamment maître de soi même. Aussi plusieurs épitaphes insistent-elles sur le fait que telle personne n'a été mariée qu'une fois : univira, itno contenta marilo, etc. La corrujjlion des mœurs païennes nous explirpie ijourfpioi on rencontre surtout sur les marbres chrétiens l'éloge de la chasteté conjugale. L'épouse est i\\\.ccasto, castissinui, casta vcrc casta, pudicn, pudicissimu, vcrccunda, ou bien (au génitif) vcrœ
EPIGRAPIIIE CmiETIENNE
castilatls, siiininœ, egrci/uv caslilalis, tolius piidiciliœ, inlœsi genialis tori fcmi/ui, clc. Pclka, op. cit., p. 27, 30, 31. D'une épouse clircHiciinc de lîomc on (Hl : ...|| QUIEUS (=c((/uO FIDELITATEM ET CASTITA- TE(m) ET BONITATE(/;() , OMNES VICINALES EXPERTI SUNT. QU/E || ANNIS N{umcro) XIII. AB- SENTIA VIRGINI(/) SUI SUAM CAS \\ TITATEM CUS- TODIVIT. De Rossi, J{uma sollcr., t. m, ])1. xxiv- XXV, n. 4; Mon. lit., t. i, n. 29GC. Ailleurs on relève d'autres vertus. Ainsi des marbres nous attestent que, malgré les dangers sans nombre, les femmes ont suivi leurs maris jusqu'au bout de leurs pérégrinations; plusieurs n'ont pas reculé devant les distances très considérables pour honorer la mémoire du mari décédé à l'étranger. Telle une Gauloise !\Iartina, dont il est dit : VENIT DE GALLIA PER MANSIONES L, UT COMMEMORARET MEMORIAM DUL(cm;) Mi MARITI. Pelka, op. cil., p. 43. Les épitaphesfont aussi mention du bonheuret delà paix qui régnaient entre les époux et de la subordination de l'épouse : bcne meciim vixit, sine iilla lœsionc animi, sine alla qiierela, sine ulla bilœ (sic), macula, culpa, discoidia,controversia,etc.; N.,QU>E BENE VIVENDO IVIARITALI CONSECUTA EST DISCIPLINA. Pelka, op. cil., p. 42; Leclercq, Diciionn. cl'ach. ckiél.,t. i, col. 1022. La vrai." épouse nous est admirablement peinte dans les lignes suivantes gravées sur une tombe gauloise antérieure au V siècle : CASTITAS, FIDES, CARITAS, || PIETAS, OBSEQUIUM, || ET QU/ECUMQUE DEUS || F/EMINIS INESSE |1 PR/E- CEPIT HIS ORNATA 1| BONIS SOFRONI || OLA IN PACE QUIESCIT, \\ etc. Le Blant, Inscripl. cliirl.. t. II, p. 111, n. 438; Pelka, op. cil., p. 42.
5° L'eschalologie. — 1. La vie humaine; la morl. — La vie a un caractère essentiellement passager. Elle est comparée à un navire qu'il faut conduire au port de l'éternité : sur deux monuments du Latran, p. xiv, 49; XVI, 63, sur l'épigraphe de la vierge africaine Castula, sur un marbre publié par Passionei, où le navire porte le nom du défunt, qui parfois y figure sous le symbole de l'orante ou de la colombe. Wilpert, Jungfrauen, p. 48, 49; Passionei, Iscriz. anl., p. 125, n. 88; Perret, op. cil., pi. 32, n. 80 bis; 69, n. 7. On la compare encore à une course, par exemple, dans le dernier vers du bel éloge métrique de la martyre Zosime (f 275) : nam fide scrvala cursum cum pace peregil. De Rossi, Bullel., 1867, édit. franc., p. 82. L'Écriture aura probablement fourni l'idée de cette image. Ps. cxviii, 32; I Cor., ix, 24; II Tim., iv, 7. Le cheval, qui figure sur certaines épitaphes du iix« siècle et qui, dans plusieurs cas, a une signification certainement symbolique, exprime la même pensée. De Rossi, Bullel., 1873, pi. xi; Armcllini, // cimilero di Sanl' Agnese, pi. xiv, n. 1; Kôm. Quaiialschrifl, t. XV (1898), p. 399 sq.; Cahrol, Diclionnaire d'arch. chrét., t. I, col. 936, 937. Aussi vivre sur la terre, c'est vivre à l'étranger. Corp. insc. grœc-, n. 9683; Mon. lit., n. 3278. La terre n'est qu'un lieu de passage; le ciel est notre patrie. Le Blant, op. cit., 1. 1, p. 7.
La mort, le chrétien l'envisage tout autrement que le païen. Pour lui, mourir, c'est dehilnm nalumlem solvere, reddere debilum vitse suœ. Domino rerwn debitum commune omnibus reddere, De Rossi, Bullel., 1882, édit. franc., p. 57; 1873, édit. franc., p. 174; Inscripl. christ., t. i, p. 392, n. 882; c'est esse substractum rébus humants, esse Iranslalum de sœculo,De Rossi, Bullel., 1881, édit. franc., p. 169; Ronia soller., t. m, p. 45-48; c'est encore decedere, exire de cor porc, reddere Dca animam, terne corpus, ire ad Deum, ■nçtonyM-jtX-t 7:pôç rbv xjp-.ov, migrare ad Dominum, ad aslra, acceplum esse apud Deum, receptum esse ad Deum, cœlestia régna peiere, etc. Wilpert, Jungfrauen, p. 95, 96; De Rossi,
Bullel., 1873, édit. frac., p. 162 sq. ; Inscriplchrist., t. I, p. 80, n. 140; Fûhrer, Sicilia sotterranea, p. 163, n. 6; Le Blant, op. cit., t. ii, p. 487, 493; De Rossi, Inscripl. christ., t. i, p. 9, n. 5; Ilim, op. cit., p. 10, n. 7. Tous mourront : ncmo immorlalis, ov&s'i; à'JàvaToç, du moins, dans ce monde, èv -y ■/.6'j]].t,t tojtw, comme l'expliquent quelques inscriptions trouvées en Orient. Mais la mort, la durée du séjour au tombeau, l'admission au ciel dépendront de la volonté de Dieu : Dei voluntalc, quando Dcus voluerit, cum Deus pcrmiscrit, etc. l.eclcrcq, Diclionnaire d'arch. chrét. ,1. i, col. 3115; Perret, op. cil., pi. 39, n. 131 1er; 21, n. 5. Aussi, sauf des cas particuliers justifiés par des circonstances spéciales, les chrétiens évitent les manifestations de douleur inconsolable, violente même des païens. On n'est pas insensible, mais on envisage la mort d'une autre manière. IS C(/!)RISTO DATUS, écrit-on sur la chaux fraîche d'un tombeau d'enfant mort en 348. De Rossi, Bu//e/., 1879, édit. franc., p. 139. OR- BATI NON SUNT, dit-on encore de parents Ij^onnais, à la mort de deux jumeaux, DONA DEDERE DEO. De Rossi, loc. cit. Comme conclusion pratique, les monuments présentent les exhortations suivantes : aux parents : COMPREMATUR PECTORUM || GE- MITUS.STRUATUR FLETUS OCULORUM, Le Blant. op. cit., 1. 1, p. 93; au mari et aux enfants ; PARCITE VOS LACRIMIS, DULCES CUM CONIUGE NAT/E.
VIVENTEMQUE DEO CREDITE FLERE NEFAS, De Rossi, Inscripl. christ., t. i, p. 371, n. 843; ou bien : ÔavoOcja yàp (= la mère) oj Ôivr, (j.o-Jvr, 1| o-jijï t.'Ji-.i Trpo/i>,oi7t£v -/.XI t'O.iiivt vûv É'tt [xàXÀov 1| oupâvoôiv (j.iv ôpâ xx'i TÉpïtïTat ri5k (fjyÔKTuzi. Bayet, op. cit.,n. 118. La vraie raison nous est fournie par une épitaidie gauloise: MORS NIHIL EST; VITAM RESPICE PER- PETUAM. Le Blant, op. c;7., t. i, p. 31,n. 12, pi. 3.
2. Le tombeau est la demeure transitoire du corps. Il est parfois appelé domus, oTxo;. Boldetti, op. cit., p. 463; Dumont, Mélanges, p. 337. Quelques épitaphes de la fin du m" et du iv« siècle présentent l'expression CELLA /ETERNA et surtout DOMUS /ETERNA,ot/.o;àià)vio;, par exemple, au Latran, p. viii, 16; XVII, 3G,en Afrique, en Orient. Cette formule, d'origine égyptienne, a passé aux Juifs qui l'ont modiliée d'après leurs idées religieuses. Perles, dans Monalsschrijt fUrGeschichlc und 'Wissenscha/l des .ludenlhums deFrankel, t.x(18Gl),p.318,349. L'Écriture la connaît. Sip., XII, 5; II Cor., v, 1. InofTensive comme le D.M., elle ne renferme nullement un argument contre la foi à la résurrection, ce que nous indique souvent le contexte. Sur un marbre romain on dit que cette domus œtcrna n'est que temporaire : IN FINEM S.C- CULI FELICITAS SIBI DOMUM /ETERNAM... PARA- VIT, De Rossi, /\o;;i(( coller., t. m, p. 456; et un marbre
de Catane commence ainsi : o;/.o; aliivio; âv y^tx>. Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. ii, col. 2525.
Assez souvent on rencontre l'appellation y.oiur|Tr,piov, surtout en Macédoine, où, dès le iii'= siècle, on ajoute volontiers les mots eu; àva^Tâo-sw;. Corp. insc. grœc., n. 9305-9314 ; De Rossi, Bh/W., 1890, p. 58 ; Nuovo bullel., 1900, p. 76, 77; Mélanges d'archéologie cl d'histoire, t. xx (1900), p. 229 sq. Le séjour au tombeau est un sommeil. Joa., xi, 11 ; I Thess., xv, 13-15. De là l'expression sjê£'.v, dormire (reposer dans le tombeau) sur de nombreux monuments du iii'^ siècle, en Bithynie, à Autun et ailleurs. Mon. lit., n. 2785. 2826,4278. De là les formules : Èv £Îpr,vïi ïi y.oî'ijir,^:; a.\j-o~j, Nuovo bullel., 1901, p. 244; ■/.o'.ar^'j:; iio; àvaczàaitt):, fréquente également en IMacédoine, De Rossi, Bullel., 1890, p. 54, 57; Nuouo bullel., 1900, p. 76, 77; in pace dormit, in pace Domini dornnas, etc. Nuovo bullel., 1901, p. 244; De Rossi, Bullet., 1881r édit. franc., p. 72. T"ne épitaphe romaine, duiii^siècle.
EPIGRAPHIE CHJl ETIENNE
commence par les mots: DORMITIONI ;j T. FLA. EVTY II CHIO... De Bossi, lioma sotter., t. i, p. 186; Nuovo biillel., 1904, p. 156. Quelques r;\res épitaphcs par exemi)le, au Latran, j). viii, n. IG, et au musée Kircher, n. 59, portent la formule SOMNUS ERNA- LIS. F'erret, op. cit., pi. 18, n. 23; pi. 29, n. 71. C'est encore un emprunt au formulaire païen que déjà le contexte nous défend de prendre à la lettre.
3. L'âme après la mort. — Pour plusieurs catégories de fidèles, par exemple, pour les martyrs, les épigraphes affirment leur admission immédiate au ciel. Pour d'autres, on est hésitant. Des écrivains ecclésiastiques, même des plus notables, admettent un séjour intermédiaire de l'âme, appelé parfois sein d'Abraham, qui ne prendra fin qu'au jugement. L'écho de cette croyance se retrouve, dès le iii'= siècle, dans les monuments, par exemple, dans l'épitaphe de ce fidèle gaulois dont il est dit :... QUIESCIT IN PA [i CE ET DIEM FUTURII! lUDICII INTERCEDE || NTEBUS (sic) SANCTIS L || ETUS SPECTIT (= exspectal), Le Blant, op. cit., t. ii, p. 198, n. 478 (cf. ibid., t. ii, n. 402 sq.); ou bien dans les derniers vers de l'inscription métrique que sainl Paulin de Noie composa pour un certain Cvnegius : {Fclici nicrilo) HIC SOCIABITUR ANTE TH\ (biinal Jnlerea)m GREMIO ABRAHAM (ciiin pacc quicscil). De Rossi, Ballet., 187.J, édit. franc., p. 34; lîiichcler, op. cit., t. i,p. 323, n.|^r)84. Ailleurs, nous l'avons dit, on affirmait catégoriquement l'entrée immédiate au ciel. De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 9; Ballet., 1894, p. 58; Nuovo ballet., 1901, p. 245, n. 23. Il y avait donc division et doute, comme l'indiquent les monuments eux-mêmes. Leclercq, Dictionnaire d'arcli. chrét., t. i, col. 1538; Le Blanl, op. cit., t. ii, p. 402 sq. Mais, dès le début du vi^ siècle, l'épitaphe du i)apc Télix III déclare: CERTA FIDES : lUSTIS CŒLESTIA REGNA PATERE. De Rossi, Inscript, christ., t. ii a, p. 12G, n. 3. Voir, sur la question. Le Blant, toc. cit., p. 397- 411; Leclercq, dans Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, art. Ame.
4. La résurrection des corps. — Le séjour dans le tombeau n'est que temporaire, connue l'indiquent, dès le in<^ siècle, les expressions épigraphiques suivantes : depositio, depositus 'est (voir Paul AUard, dans Les lettres chrétiennes, t. i (1880), p. 227 sq.), Oiic; (inscr. d'Abercius), àiroOiT;; (cf. Il Pet., i, 14), dormitio, dormitorium, dormire, v.oi;AY,(7i;, -/.oiixt,- Tr,p!ov (par opposition à domus setcrna), -/.oiarjTr.piov Ho); àvaariusw:, xo!|AâiOa'., £'j5e;v, et, un peu plus tard, quiescerc, quies. Mais il y a d'autres textes plus expressifs. Une inscription macédonienne, du II"-!!!» siècle, dit : ...0£to >j'7>[i.% 5è yair) (= y>,) || eldoy.ai àvaTtâiTid); e.\iiy(t(}.)'j{-/) T,!xap v.y.i)-i. De Rossi, Ballet., 1890, p. 59; Mon. ///., n. 4348. L'épitaphe du diacre .Sevcrus, enterre vers 300 à Saint- Calixte, porte:. ..CORPUS... HIC EST SEPULTUM, DONEC RESURGAT AB IPSO. De Rossi, Inscript, christ., 1. 1, p. cxv. Le pape Damase termine son inscription sépulcrale par ces mots : Post rineres Damasam facict quia surgere credo, lhm,o/). cit., p. 13, n. 9, et le pape Célestin (■1-432) conclut : Corporis hic tamalas : reqiiiescunl ossa cinisqucl nec périt liinc aliqaid Domino, caro cuncta resurgit. \ Terrenum nanc terra tcgit, mens nescia morlis \ Vivit et aspectu fruilur bene conscia Cliristi. Ihni, op. cit., j). 95, n. 92.
L'auteur de la résurrection, le Christ, est nommé par réi)itaphe du diacre Sevcrus citée ])lus linut; de même par l'inscription d'un sarco|)liage de Tolentino et par celle du pape Damase. De Rossi, Ihillel., 18G9, èdil. franc., p. 23. Les monumenis de la Viennoise présentent souvent les formules : rcsurrectarus in Christo, in spc resurrcctinnis miserirordiw.Christi, etc. LeHlant,f;/î.f(/., t. ii, n.4f>2. 1()7- I7f»; \ourrau recueil,
p. XXI. Les monuments nous disent qu'elle s'opère parle retour des âmes dans les corps : HIC lACET; HINC, ANIMA IN CARNE(77î) REDEUNTE, RESUR- GET 11 /ETERNIS CHRISTl MUNERE DIGNA BO- NIS. De Rossi, Ballet., 1881, édit. franc., p. 21. En vue du jugement, on exprime parfois l'idée, le désir de ressusciter sous le patronage des saints, par exemple, ce chrétien gaulois, dont il est dit : RE- SURRECTURUS CUM SANCTIS, ou ce chrétien espagnol, dont l'épitaphe termine par ces mots : UT, CUM FLAMMA VORAX VENIET COMBURRERE TERRAS II CŒTIBUS SANCTORUM MERITO SO- CIATUS RESURGAM. Hubner, Inscript. Hisp., p. 50, n.l58. Plusieurs fidèles partagaient l'idée millénariste de certains Pères. L'inscription déj;\ mentionnée de l'évêque africain Alexandre dit du lilulaire: ...HUlUS ANIMA REFRIGERAT, CORPUS HIC IN PACE QUIESCIT II RESURRECTIONEM EXPECTANS FU- TURAM DE MORTUIS PRIMAM ;; CONSORS UT FIAT SANCTIS IN POSSESSIONE' REGNI C/ELES- TIS. De Rossi, Bullet., 1894, p. 91. Ces vers rappellent les vieilles liturgies ainsi que les paroles de Tertullien, De monogamio, c. x, P. L., t. ii, col. 912 : Intérim pro anima cjas (= mariti) orat (se. uxor) et refrigcrium œlcrnum adpostulct ei cl in prima resurrectione consortium. Le Blant, op. cit., t. ii, p. 84-86.
5. Le jugement. — On place au iii^ siècle un marbre mutilé de Sainte-Agnès qui présente les mots : ...ET IN D\E {ivdicii on resurrectionis n)DEAM (ad tribu)fi^L CRISTI. Armellini, o/). cil., p. 1G5, pi. xiii, 7;I\Iarucchi. Éléments, t. ii, p. 264. Sur les épigraphes grecques on trouve l'expression : èv t^, /pi(T;ij.r,) r^ij.éç,y.. Mon. lit., n. 2788. A la fin du m" siècle, le diacre Severus se prénare un tombeau : MANSIONEM IN PACE QUIETÀM QUO MEMBRA DULCIA... FAC- TORI ET lUDICISERVET. De Rossi, //i.scr/p/. c/iris/., 1. 1, p. cxv. Saint Félix de Noie est plus explicite dans l'inscription ((u'il comi)osc pour le jeune Cvnegius enterré dans la basilique de Saint Félix : (Sic et tu)JUS ERIT lUVENIS SUB lUDICE CHRISTO || (c»/n/(z/)rt/err()BILIS SONITU CONCUSSERIT OR- BEM il (human:vqiie ani)M^E RURSUM IN SUA VASA REDIBUNT. Kaufmanii, Jcnseitsdenknmlcr, p. 70, note 1. Le juge est le Christ lui-même. Sur le rôle qu'exerceront les saints, voir t. m, col. 472 sq. Le jugement sera terril)le :(?o) S^pôv oiY.r^'ix -oO (Oîov iv)r,(j.épji xpiTEro;. Bayet, op. cit., n. 106. Mais le juge est juste et il donnera à chacun selon ses œuvres: PR/EMIA PRO MERITIS CAPIET SUB lUDICE lUSTO. Allegranza, Z)e scpulchris christ., p. 25, u. 42. Un marbre d'Aix parle d'un enfant placé i)armi les agneaux à la droite du juije : DEXTRIS . TIBI • NUNC-FIDE/ADSISTIT-IN ÀGNIS 1| ACTERNUM • SPERANS... DONUM. Le Blanl, op. cil., t. ii, p. 489, n. 621; Lecleri;([, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 904. Dans les textes cités il est surtout question du jugement final. Sur deux monunu'nts on voit gravée la scène du jugement de l'âme. Perret, op. cit., pi. 22, n. 28; Wili)eri, Malereien,p. 410, 415. Est-ce le jugement particulier ou une réduction du jugement dernier que nous devons y voir? C'est au premier que M'i'' Wilpert, loc. cil., p. 391, rapporte un texte épigraphi<iuc d'un prêtre milanais, Sarmala, <lu iv« siècle : NAZARIUS NAMQUE PARITER VIC- TORQUE BEATI LATERIBUS TUTUM REDDUNT MERITISQUE CORONANT. || O FELIX. GEMINO MERUIT QUI MARTYRE DUCI j' ADDOMINUM ME- LIORE VIA REQUIEMQUE MERERI. De Rossi, Inscript, christ., t. no, p. 172, n. 30.
G. L'éternité. — Rien n'est mieux attesté jiar l'épi graphie (|uc la croyance :\ l'éternité. Voici plusieurs acclamations et formules, dontqucl(pies-un?s remontent au II" siècle : in irlrrum, v.; aiM/j, in ivrum, rivas in
ÉPI r. R A PU lE C II RETIEN N E
selermun, in xvum, scmpcr viints in Dciim, s!; àvdcaTxutv aîdjviov, Kirscli, Acdamalionen,]^. 'd-2'd; posi vitam vivcntcm. De Rossi, Ballet., 1891, p. 93; régnai lempore coiitiniio, De Rossi, Insciipl. christ., t. i, p. 141, n. 317; viuis in nomine Cliristi, lelcrno... vivil... œvo, naiwi in œlernum. Kaufinann, Jensr.itsdenkmalcr, p. 70, 98, 224. D'après les épigraphes, la vie éternelle est une vie en Dieu, en Jcsus-Christ, dans le Saint-Esprit : vive, vives, vivas in Deo, Mon. lit.,
p. cxxvi, n. 2929, 2999; vivas in )|c, in Crhelo (sic),
in Domino Zesii (sic), in )^ (poisson), Çtonev èv ôeû (poisson), etc. Mon. lit., n. 3044, 2984, 3118, 3108,
7. Le purgatoire; l'enfer. — Nous avons exposé ailleurs ce que disent les inscriptions sur le purgatoire. Voir Communion des saints, t. m, col. 460 sq.
Aucune allusion à l'enfer dans les épigraphes des trois premiers siècles; même après la paix de l'Église, la mention en est encore bien rare. Sur un marbre de 489 les survivants se consolent ainsi sur la perte d'une certaine Fabea Scerniola : ...CONFIDIMUS |] TE VI- VERE SEMPER QUEM {quam) il CONS(/«/ ;;i/)ERNI SIC II REFUGISSE MALA. De Rossi, BiiUet., 1881, cdit. franc., p. 159. Sur un autre appartenant au sous-diacre Ursinien de Trêves on dit du défunt : QUEM NEC TARTARUS FURENS NEC PŒNA S>£VA NOCEBI(0. Kraus, Inschriflen, t. i, p. 89, 90; LeBlant, op. cit., t. i, p. 399, n. 293. L'inscription de Clematius, à Cologne, du iv'^-V siècle, renferme une menace à l'adresse de ceux qui ne resi)ecteraient point le lieu de repos des vierges, compagnes de sainte Ursule: SCIAT SE Ij SEIVIPITERNIS TARTARI IGNI- BUS PUNIENDUM. Kraus, toc. cil., p. 143. Un quatrième monument qui mentionne l'enfer est de l'an 488. Diehl, op. cit., p. 26, n. 126.
8. Le ciel et ses joies. — L'Écriture parle de la cité du ciel. M. Kaufmann, Ilandbuch, p. 234, est porté à voir cette Jérusalem céleste dans la ttôXi; i-/.lzv.-zt\ de l'inscription d'Abercius. Jérusalem civitas, lisonsnous dans un grafTito tracé à la cliapelle des papes par un pieux pèlerin du iii'= siècle.
L'Écriture parle souvent du royaume des cieux. Un marbre romain, du commencement du iii" siècle,
le mentionne également : oOpàviov XY ( = Xpi(îTO'j) || jîa(jt),e:av [j.etôl tû)v || àyi'cov; de même un autre du milieu du iii<= siècle : èv ©£100 I H )^ BAZIAE (ia). De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. cxvi; Kaufmann, Jcnseitsdcnkmàler, p. 85, 86 (avec la vraie leçon). Au iv^ siècle, on rencontre les dénominations suivantes : Supcrnum iniperium, dans l'épigraphe de Marcellina, sœur de saint Ambroise, Allegranza, De scpulchris christianorum, p. 36; regnum cœlesle, dans celle déjà citée- de l'évêque Alexandre de Tipasa, De Rossi, Bullet., 1894, p. 91; régna cœlcstia, régna piorum. dans plusieurs inscriptions damasiennes, Ihm, o/). cit., p. 15, n. 10; p. 10, n. 7; p. 42, n. 37; régna superna, fulgida, cœlica, aurea, œterna imperia, dans Le Blant, op. cit., t. II, p. 407, note 5; p. 253, n. 516; p. 390.
Le ciel est un palais, une maison royale. Un parvis y donne accès. Entre les rideaux placés à l'entrée on voit l'intérieur où trône la divinité entourée de la cour céleste. La martvre Zosima (f 275) demande à y être reçue : ACCIPE" ME, DOMINE, IN TUA LIMINA, CHRISTE.Dc r;ossi, Bullet., Um, édit. ital., p. 47; Biicheler, o/j. cit., 1. 1, p. 321, n. 081. Les monuments du w'' siècle appellent ce palais regia, sublimis regia eœli, aula Chrisli, siderea Omnipolcnlis aula. De Rossi, Inscripl. christ., t. i, p. 141, n. 317; Ballet., 1894, p. 93; Ihm, op. Ci/., p. 15, n. 10;p. 18, n. 12; p. 52, n. 49; Le Blant, op. Cî7., t. II, p. 241, n. 509. Parfois les lapicides le présentent graphiquement à côté du texte, par
exemple, sur un marbre du Latran, i). xiv, n. 45, et sur plusieurs épitaphes d'Aquilée où le monogramme du Clirist placé au-dessus montre bien qu'elle est cette maison, qui du reste est déterminée davantage encore par un texte éi)igraphiquef[ui dit du défunt ...MER UIT TUA LIMINA, CHRISTE, 1| ANGELICASQUE DOMOS INTRAVIT ET AUREA REGNA. Wilpcrt, Malereien, p. 410, fig. 36; Inschrijten Aquileias, p. 41, 43, 45, 54, 58; de Waal, op. cit., \->.2S. \ cause de ceux qui y restent, ce palais est encore appelé : sedes paternœ, sedes sanctorum, perpétua sedes. De l\ossi,Bullet., 1880, édit. franc., p. 48, 49; Bufheler, op. cit., t. ii, p. 631, n. 1347 B; t. i, p. 319, n. 675. Sur d'autres monuments on l'appelle arx poli, arx œlheria poli, arx sublimis. Marucchi, op. cit., t. i, p. 238; De Rossi, Inscript, christ., t. lia, p. 71, n. 41 ; Ihm, op. cit.,\>. 68, n. 05.
L'art chrétien présente le bonheur du ciel sous le symbole d'un jardin délicieux couvert de plantes, de fleurs odoriférantes, de sources d'eau limpide et rafraîchissante, rempli de brebis, d'oiseaux. Souvent le symbole est réduit aux éléments les plus simples. Les mêmes éléments reviennent gravés sur des monuments de la fin des ii», m» et iv<= siècles, par exemple, sur celui d'Urbica à Saint-Calixte, de Moïse au Latran, etc. Marucchi, op. cit., t. ii, p. 167; Xystus, op. cil., t. ub, p. 26. Les textes suivants du iv^ siècle confirment ces données : ... inde per eximios paradisi régnai odores \ tempore continua, vernanl ubi gramina riuis... (a. 382), De Rossi, Inscript, christ., 1. 1, p. 141, n. 317 ; Divilias, paradise, tuas flagranlia semper \ gramina et hâtantes diversis floribus horlos \ subjectasque videt nubes et sidéra cœli. Le Blant, Inscr. chréL, t. ii, p. 254, n. 516; CERTUM EST IN REGN(o cœlest)\ (p)ERQUE AMŒNA VIRETA ISTUM CUM ELECTIS ERIT HABITUM {si(^ PRAEMIA DIGNA, De Rossi, Bullet., 1894, p. 24, 64; ...NON TRISTIS EREBUS, NON PALLIDA MORTIS IMAGO, || SED REQUIES SECURA TENET LUDOQUEI CHOREAS \\ INTER FELICES ANIMAS ET AMŒNA PIORUM || PRAEDIA. De Rossi, Bullet., 1882, édit. franc., p. 97.
Le ciel, séjour de lumière. Le jnipe Damase l'appelle : œtheria cœli lux, une épitaphe de 344 : tôuo; owteivô;. Ihm, op. cit., p. 55, n. 53; Kaufmann, Jenseitsdenkmâter, p. 68, 69. C'est encore là le sens des chandeliers allumés, placés à droite et à gauche de l'âme-orante ou à côté du texte des pierres funéraires, par exemple, au Latran, p. xiv, n. 44, ou à Aquilce. Wilpert, Inschriflen Aquileias, p. 46, 47 ; Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét.,t. i, col. 2676. Une épitaphe publiée dans la Rom. Quartalschrifl, t. vi (1892), p. 377 sq., en fournit une preuve monumentale. Elle présente, coupé par des svmboles, le texte suivant : ... CVIVS SPIRITVS (colombe) IN LVCE (cierge) DOM IN ^monogramme) SVSCEPTVS EST. Cf. De Rossi, Inscript, christ., t. I, p. 192, n. 442 (an. 441). L'auteur de cette lumière céleste, c'est l'icblhys ou Poisson symbolique, le Christ. Kaufmann, toc. cit., p. 67; Apoc, xii, 23. Il éclaire non seulement les hommes venant en ce monde, mais encore ceux qui meurent et sont reçus au ciel. Pectorius d'x\utun le nomme : OGOCTO GANONTCON. Le Blant, op. cit., t. i, p. 10. C'est dans le même sens qu'il faut interpréter les formules et textes suivants :AETERNA TIBI LVX, TIMOTHEA,
IN j^, De Rossi, Bullet., 1892, p. 138; LVCE NOVA FRVERIS : LVX TIBI CHRISTVS ADEST. Le Blant, op. cit., t. I, p. 13; Corp. insc. lat., t. via, p. 389, n. 17,-)6; AETERNOS SORTITA THOROS XPTQVE PETIVITJI PERPETVAM LVCEM.NVLLA QVAEFINE TENETVR, sur la pierre funéraire d'une jeune personne de Verceil, en Italie, Wilpert, Jungfrauen, p. 39; <t>GOC EK OOOTOC et 0COC x7(= XptaToO)
EPIGRAPHIE CHRETIENNE
<j>eNI ( — çafvE'.) HACIN HMIN, sur deux lampes orientales du iv«-v« siècle. Nuouo bullet., 1900, p. 253 sq. En quittant la lumière de ce monde, on ne devra donc pas s'écrier avec les païens : AMISI LVCEM. Corp. insc. lai., t. vi, n. 23C29. On trouvera une lumière qui ne s'éteint point, ctCOC AOeAPTON, Corp. insc. gra'c.,n. 9870; c'est leChrist, richthys symbolique qui est seulla vraie lumière, par opposition à celle dont parlent les manichéens. Kaufmann, loc. cil., p. 67, 68. Pénétré de cette lumière, se réalise pour le bienheureux ce que dit le psalmistc : In lamine luo videbimus lumen. Ps. xxxv, 10. Il devient pour ainsi dire une autre lumière, comme l'indique un marbre du Latran, p. viii, n. G : 'Ep(j.a£i(T-/.s, çài;, Il y;; Èv ÔEÔ) xups: || o) XpîtiTw, Perret, op. cit., pi. 38, n. 127, à moins qu'on ne veuille voir dans ce dernier texte une acclamation analogue à celle que nous avons citée plus haut.
L'épigraphie fait également allusion au banquet céleste dont parle l'Écriture. Voir t. i, col. 2020. Une inscription grecque du iv^ siècle termine par le souhait que le défunt soit admis à l'agape ou banquet du ciel : EIC ATAnHN. A'i/oro hnllcl., 1903, p. 5C; Wilpert, Malercien, p. 415 (fig.). D'autres monuments beaucoup plus anciens présentent des acclamations,des formules analogues: IN. AGAPE, DeRossi, Bullet., 1882, édit. franc., p. 130, 131 ; IN. REFRIGE- RIO, EN ATAnH. Xystus, op. cit., t. ii a, p. 128; Wilpert, Malercien, p. 472. Un marbre de Saint-Calixte a l'acclamation : 7r(-) vi 6î(r.). De Rossi, Roma setter., t. II, p. 272, 326, pi. .xlvii-xlviii, n. 7. Elle fait évidemment « allusion à l'agape divine, car il ne peut s'agir ici d'une invitation à boire adressée aux survivants comme c'est peut-être le cas pour quelques coupes de verre ». Lcclcrcq,75/c;(o;î;ia(>c d'arch. ctuél., t. I, col. 832. Il en est de même pour quatre autres textes, publiés par Wilpert, Malercien, p. 478. Le repas céleste est formellement mentionné dans des inscriptions moins anciennes. Le Blant, op. cit., t. i, p. 308, n. 212; t. ii, p. 284, n. 543.
Dès le iV siècle, on rencontre une autre appellation du ciel, celle de sein de Dieu, sein d'Abraham. Surdi'ux
monuments romains on lit: IN:i^(i= C/i/;.s/()GREIVllUIVI et (...in) PAGE IN SINO (= sinu) DEI. De Rossi, Bullet., 1873, édit. franc., p. 82. Ailleurs, surtout en Egypte et en Orient, on rencontre assez souvent la formule qui rappelle Malth., viii, 11, eî; v.o),7iou; ou àv xô).7:oi; 'Aêêpaâ[j. xai 'liaôcx xat'IaxwS. Kaibel, Inscript, grœc. Siciliœ, n. 189; Le Blant, Sarcophages chrétiens de la Gaule, p. xxiii; Inscripl. chrét., t. ii, p. 325, n. 5. Sur le sens de cette locution, qui peut désigner et le ciel i)roprement dit et l'état intermédiaire avant hi résurrection, voir Leciercq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 1522 sq.; Kaufmann, Jenscil.<idenkmâler, p. 69, 70.
Au ciel on trouve donc la vie, la paix, le repos, la joie, le bonheur, le bien être, le rafraîchissement, la lumière, et tout cela pour toujours : semper, in œterno, in eevum, ei; at'ôva. Du ciel est banni tout ce qui pourrait porter atteinte à notre félicité : evOa ànsôpa oSJv/; xa'i )\nzr\ xa\ TTcvocj-ao;, comme on peut lire sur l'épitaphc de Schnoudi, de lin 344. Kaufmann, .Jenseilsdenkmàler, p. G8sq. Tout cela nous est accordé i)ar Dieu, par le Christ. Wil])ert, op. cit., p. 95 ; 1- ûhrer, op. cit., p. 163, note 7. C'est là le symbolisme des colombes
qui s'approchent du ;j( ou d'un vase dont le contenu mystique est indiqué i)ar le même monogramme placé au-dessus. Xyslus, op. cit.,l. ub,p. 13, etc. Ici il n'y a plus de danger pour le bienheureux : ATTICE i| DORMI IN PAGE || DE TUA INCOLUMITATE W SE- CURUS... De Rossi, Ballet., 1894, j). 58.
Pour entrer au ciel, il faut être du nombre des
élus. Il en était, l'innocent petit enfant d'Aquilée dont l'épigraphe dit : QUE M \\ ELEGIT DOM(j/)as), PAUSAT IN PAGE. Wilpert, Inschriflen Aquilcias, p. 38-40. Voilà pourquoi sur un autre monument on demande pour le défunt : UT INTER ELEGTU {= electos) REGIPIATUR. Le Blant, op. cit., 1. 1, p. 102, n. 80; cf. Corp. insc. lai., t. v a, n. 1636. En outre, le ciel est une récompense de la pratique de la vertu. Tel est le symbolisme de la couronne, portée par la colombe ou placée à côté ou au-dessus de l'âme-orante, et de la palme ajoutée simplement au texte. Perret, op. cit., pi. 18, n. 22 ; pi. 34, n. 92 ; pi. 73, n. S. Les textes épigraphi((ues sont très formels à ce sujet : NAM lUSTAE MENTES FOVENTUR LUGE GOELESTI; ....ET BENE PRO MERITIS GAUDET SIBI PRAEMIA REDDI; EUSTACIA DEPONENS SENIO TERRIS.... MORTALIAMEMBRA SED REVEHENS GOELO PRO MERITIS ANIMAM. Xystus, loc. cit., p. 29-31. Voir encore plus loin.
9. La communion des saints. — Voir Communion DES SAINTS, t. m, col. 454-479.
///. l'épigraphie i-rinÉTiE,\:;E et les vertus mo- R.\LES. — Pour quiconque connaît la vie et les mœurs païennes, le changement opéré par le christianisme, tel que les monuments nous le révèlent, est plus qu'étonnant. — 1° Vertus chrétiennes. — 1. La foi. — Elle forme le grand lien entre les chrétiens des différentes parties du monde et en fait des « frères », des ic amis », comme l'attestent iiour le ii<= et le m» siècles l'épitaphe d'Abercius et d'autres monuments cités ailleurs, t. m, col. 454 sq. Comme objet de la foi les monuments mentionnent expressément l'unité de Dieu (voir plus haut, col. 327), la trinité des personnes, la divinité du Christ et du Saint-Esprit, la résurrection des morts, etc. D'une chrétienne du ui<' siècle enterrée à Saint-Calixte on ditrr, sv 0£';>za\ Xpitri-tT) mnzi-Jaa.'ja.; d'une vierge chrétienne du iv" siècle : ...GREDIDIT ||
(in Je) SU(/73) X. De Rossi, Roma soller., t. ii, p. 302;
Wilpert, Jungfrauen, p. 94, pi. m, n. 4. La foi à la divinité du Christ, l'épitaphe du pape Libère l'appelle ftdes /;/fcX'/ia. De Rossi, fîii//e/., 1883, édit. franc., p. 9; 1890, p. 123 sq.
La foi est une : Abercius trouve la même partout. C'est la foi catholique, dans laquelle est mort le Cornes Hcrila (v 462) : IN PAGE FIDEI |i GATHOLIGAE. De Rossi, Inscript, christ., t. i, p. 351, n. 807; celle que saint Hippolyte, au moment d'aller à la mort, recommande à ses partisans schisniatiques : Fertur... catholicam dixisse fidem sequerenlur ut omnes. Ihm, op. cit., p. 42, n. 37. La foi est encore appelée sainte, sancta ftdes, sur un marbre de 369, De Rossi, Inscripl. c/ir/.s/., 1. 1, p. 108, n. 211; jjrécicuse, preliosa, à cause des biens qu'elle procure, llun, op. cit., p. 11, n. 7. Elle est nécessaire. Sans la foi catholique on ne saurait être un vrai martyr, dit saint Damase. Ihin, op. cit., p. 42, n. 37. De la martyre Zosima le marbre épigraphique dit : NAM FIDE SERVATA GURSUM GUM PAGE PEREGIT. De Rossi, /?«//<>/., 1873, édit. franc., p. 75. Sur l'épitaphe d'un certain Eutvchius(Y 393) on lit ces mots : .... In (C/i)RISTuivi CREDENS PREMIA LUCIS HABET. De Rossi, Inscripl. chri.st., t. I, p. 180, n. 412. Voir l. m, col. 456. Mais à côté de la foi il faut les œuvres. QUAE TE SEMPER DEO DIGASTI II ...SED PRO FAGTIS AD ALTA VOGARIS. dit un monument de 363. De Rossi, Inscript, chri.'tt., t. i, p. 88, n. 159. (;'csl la conviction qui a guidé la noble gauloise Eugénie dont le monument fvuiéraire dit entre autres : QUAE MERETIS (sir) VIVIT... || QUO MELIUS SUPERAS POSSIT ADIRE DOMOS, || QUAE... PROVIDA LAUDANDUM SEMPER ELEGIT OPUS il PASGERE lEIUNOS GAUDENS FESTINA GUCURRIT II E(.s(()RIEN(s f)PU(/as), O PARADISE
KPIGRAPIIIE Cil RETIENNE
TUASli CAPTIVOS OPIBUS VINCLIS (laxaint iniqiiis... Il MENS INTENTA BONIS TOTO OUI TEM- PORE VITAE II, etc. Le Hlaut, loc. cit., t. ii, p. 284, n. 513; Lfclcrcq, Dictionnaire d'anh. chrét., t. ii, col. 2125.
2. L'espérance. — C'est la vertu qui ressort le plus des textes éi)igraphiques. Le plus ancien signe ick'Ographlque qu'on y rencontre, c'est l'ancre, symbole de l'espérance. Le Christ est le résumé de cette espérance, r, y.oivri èWi; rijjwv, comme l'appelle saint Ignace- Ad Philad., XI, 2. C'est l'idée que présente dès le n<^ siècle l'ancre jointe soit au nom du Christ ou à son monogramme soit au Poisson symbolique. De Rossi, Biillet., 1888, p. 31, 35; Nnovo biillct., 1902, pi. vi, n. 3; Wilpert, Prinzipicnfragen, p. 70, 71, pi. i. C'est encore ce que disent les très vieilles formules épigraphiques: SPES IN CHRISTO, SPES IN DEO CHRIS- TO, SPES IN DEO ET CHRISTO ElUS, qu'on rencontre sur des épitaphes, des anneaux, des verres à fond d'or, etc. Mon. lit., n. 3474, 3475, 3550, 37G3; Wilpert, loc. cit., p. 81 et note 3. Notons encore les trois textes suivants: QUI IN DEO CONFIDIT, SEM- PER VIVET A CO; FIDE IN DEU (m) ET AMBULA. || SI DEUS PRO NOBIS, QUIS ADVERSUSNOS; UNA SPES SALUTIS CHRISTUS, QUO DUCE MORS WIORITUR. Cabrol, Dictionnaire d'anh. cluél., t. i, col. 648, 652; De Rossi, Insrript. christ., t. no, p. 107, n. 55. La présence, sur des pierres de schismatiqucs,de l'une ou de l'autre de ces formules n'infirme que peu leur valeur. Monceaux, dans la Revue de philologie, 1909, t. XXXIII, p. 119-136.
3. L'amour de Dieu. — Le précepte général est rappelé par une inscription africaine trouvée à Sétif : DILIGES DOMINUM DEUM EX (toto corde) \\ TUO, EX TOTA ANIMA TUA ET EX TOT{a forlitudine titn). Corp. insc. lat., t. vin, n. 8620; Diehl, op. cit., p. 39, n. 202. Une inscription d'Andance, dans la Viennoise, en fait connaître la récompense : MOR || TEM PER- DEDIT (sic) — il s'agit d'un diacre du nom d'Emile — VITAM INVE 11 NIT, QUIA AUCTOREM VIT || AE SO- LUM DILEXIT. Le Blant, Nouveau recueil, p. 149, n. 930. De même l'épitaphe de la vierge espagnole Florentia: ...OBDORMI 1| VIT IN PAGE JESU, QUEM D ILE 11 XIT. Hiibner, op. cit., p. 7, n. 21 ; Wilpert, Jnng-frauen, p. 95. Pour l'amour du prochain, voir Vertus socicdcs et Communion des saints.
I 4. La crainte de Dieu; la piété. — Deux autres moyens de salut. La crainte de Dieu a inspiré une vie sage à un marbrier chrétien du m" siècle dont il est dit : NixOCTipaTo; ...Sià tÔv || voôrj'/ toO 0(£o)û ijoiypova 3tov 8i 11 âÇaç... Mon. lit., n. 2780. Sur un marbre de Milan le mari survivant demande pour sa femme : UT PARADISUM LUCIS POS || SIT VIDERE;et il motive sa prière : PATREM ET FILIUM TIMUIT, QUI EAM SUSCIPI lUBENT. Corp. insc. lat., t. v, n. 6218; Diehl, op. cit., p. 27, n. 135. Un autre de 363 présente la formule suivante : ...TUUS SPIRITUS A CARNE RECEDENS ||(fis;50cîo/£i)S SANCTIS PRO MERITIS
ET OPERA TANTA ^ \\ (quœque Deu)M METUISTI,
SEMPER QUIESCIS SECURA... De Rossi, op. cit., t. I, p. 88, n. 159. Un monument romain de la fin du 11^ siècle affirme expressément d'une certaine Maritima qu'elle jouit au ciel de la compagnie du Poisson symbolique, parce que sur cette terre elle s'est laissé guider par la piété : Ej-rsoïia yàp tr?, ttxv- TÔTc (je 7cpoâ-,'Ei. De Rossi, op. cit., t. ii«, p. xxvi.
5. La prière. — Les formules de prières sans nombre nous sont une preuve que la prière était en grand honneur chez nos pères dans la foi. Ici on rend grâce à Dieu pour des bienfaits reçus et on lui adresse des louanges, là on lui demande de nouvelles faveurs pour soi et pour les autres. Sur la paroi de la chapelle des
papes à Saint-Calix te, un pèlerin du 111"= siècle demande à Dieu et à ses saints : ut Vcricundus cuni suis bene navif/ct. De Hos%], Koma solter.,i. u, p. 17; Kaufmann, Ilundhuch, p. 255. Une épitaphe de Poz/uoli rappelle l'histoire du prophète Samuel: C. NONIUS FLAVIA- NUS, Il PLVRIMIS ANNIS ORATIONIBUS PETITUS, NATVS, VIXIT ANNO UNO 1 N\(ensibus) XI; IN CUIUS HONOREMBASILICAHAECA PARENTIBUS ADQUISITA 11 CONTECTAQUE EST. Corp. insc. lut., t. x, n. 3310-3311 ; Diehl, op. cit., p. 21, n. 98. Un monument grec du iii''-iv'' siècle termine par la prière du lapicide : 'Iy^toO Xpauré, {ioy]<h xo) yvà'j/avTi uavoix:. Mon. lit., n. 2782. Ailleurs, nous l'avons vu, on demande la rémission des ])échés, la gloire du paradis. De Rossi, Bullet., 1894, p. 58; Kaufmann, Jenseilsdenkmâler, p. 68. L'Orient surtout est riche en invocations de tout genre. La grande qualité de la prière, c'est l'humilité, comme le montrent les textes épigraphiques suivants : AGATIO SUBD(iaco/!0) PEC- CATORI II MISERERE D(eus), Marchi, Monumenti, p. 239; EUSTATHIUS HUMILIS PECCATOR il TU QUI LEGIS ORA PRO ME ET HABEAS DOMINUM PRO- TECTOREM, Mon. lit., n. 3517; Criste, in mente habcas Marcellinu{m) peccatorcm, Kaufmann, Handbuch, p. 252; Ippohjte in mente (Iiabcas) \\ Petr{u)m peccalorem. Mon. lit., n. 4403. Du reste, encore dans d'autres circonstances les premiers chrétiens prenaient le titre de pécheur. De Rossi, Bullet., 1879, cdit. franc., p. 163; Marucchi, Éléments, t. i, p. 248. C'est ce même sentiment d'humilité qui, dès la fin du n^ siècle, a dû les engager à prendre, à la suite de l'apôtre, le titre de So-j).o; ou SojXr, 6îo-j 'Ir|ioO XpiutoC, de servus ou serva. De Rossi, Bullet., 1888, p. 34, 35; 1883, édit. franc., p. 86. Souvent aussi les chrétiens portaient des noms, tels que les païens eux-mêmes n'en auraient pas donné de plus injurieux, de plus ' abjects. Mais il est difficile de dire, pour chaque cas en particulier, dans quelle mesure le sentiment d'humilité les a inspirés. Cf. Kneller, dans Slimmen cms Maria-Laach, t. Lxii(1902),p. 171-182,272-286; Le Blant, L'épigraphic en Gaule, p. 93-96.
Rattachons à ce qui précède une double pratique fréquemment attestée surtout depuis la paix de l'Église. D'abord, celle de graver des signes religieux ou symboliques, des acclamations pieuses, des paroles de l'Écriture, des prières formelles sur les objets d'un usage commun, pour les sanctifier et protéger et pour élever l'âme à Dieu, par exemple, le monogramme du Christ, le signe de la croix, le poisson symbolique sur des briques, des amphores, des anneaux, des verres, des lampes, des entrées de maison. Cabrol, Dictionnaire, t. I, col. 14, 15; Leclercq, ibid., col. 2403 sq. ; t. II, col. 1322, etc.; Eevue bénédictine, t. xxii (1905), p. 429 sq. Sur une brique romaine on lit:0£oc por)Ooç. Rom. Quartalschri/I, t. ix (1895), p. 507. Des corna lines du Vatican et de la collection Le Blant portent le mot IX0YC. qui figure fréquemment sur des linteaux de porte, etc. Mon. lit., n. 4380, 4381. Sur la porte d'entrée d'une maison numidienne on voyait ces mots : 'DOMINE, PROTEGE NOMEN GLORIOSUM. Diehl, op. cit., p. 39, n. 200. Deux lampes africaines présentent l'exhortation : DONATO (impératif) COR MAGISTRO VITA((). Nuoi'o bullet., 1902, p. 244, 245. Une autre portait : èyù àjjLi àvâurarriç. Mon. lit., n. 4387. Ailleurs, en Syrie, on lisait sur les monuments, sur des portes de maison des textes comme les suivants : 'I-/6jç àX/.ïiXovta; 2(ô5ov, xûpte, TÔv Àaôv aov ; •/■jf('.o:) ç-jÀâEï) TV|v i'doSôv CTO'J y.a: tt,-; è'EoSov à-KO toj vCv y.at é'o); T(ôv atojviov. 'AiJfiiv (Ps. CXX, 8); KJpie, ^o-ffii tm oîxw To-jT(i) xal Toïî oîxoCciv Èv a-jT(i). 'A ij.T|'/ ; Kî Osb; ■jusp riaàiv, ti'; ô y.a9'r,aâ)v; A^^^a aÙTû uivroTs, etc. Revue bénédictine, t. XXII (1905), p. 429 sq.; M. de Vogiié, La Syrie
EPIGRAPHIE CHRETIENNE
cenlrale, Pnris, ISfiS sq., p. 82, 87, etc. Dans sa salle à manger saint Augustin fit placer l'inscription suivante : Qiiisqnis aniat diciis abscninm rodcre viiam Hanc men.sam indignam novcril esse suam. De Rossi, Inscripl. christ., t. lia, p. 270, n. 4. Voir encore, pour ce paragraphe, Diilger, IX0YC, p. 243-257, 262-350. Une autre pratique consistait à s'engager par vœux à une bonne couvre, pour s'obliger davantage et être plus agréable à Dieu : un haut personnage de l'Afrique romaine promet de construire une basilique et remplit sa promesse d'accord avec les siens. Corp. insc. lai., t. viii, n. 9255; Dichl, op. cil., p. 21, n. 99. Un fidèle d'Aquilee contribue au pavé de l'église. Corp. insc. lai., t. v, n. 1608; Dielil, op. cil., p. 22, n. 103. La fin qu'on se propose, c'est la gloire de Dieu, riionneur des saints, et surtout le salut éternel, PRO SALUTE SUA ET OM NIUM SUORUM. Corp. /nsr. M., t. V, n. 1600; Diehl, op. cil., p. 23, n. 108, 109.
6. La fuite du monde. — Le inonde est un obstacle à notre salut. Mieux vaut y passer le moins longtemps possible, comme cette fille dont il est dit : ...ADEO B(re)VIUS VIXIT IN SECOLO (sic), UT SANCTIOR MIGRARET AD (Domiiîum)... CUI HOSTIA EST DE- CATA(d(ca^<(). Corp. insc. M., t. v, n. 8958; Diehl, op. cit., p. 26, n. 126. Le monde est faux. Une certaine Mandrosa se félicite d'y avoir échappé: TRAN- SEGI II FALSI SECULI VITAM. De Rossi, Inscripl. christ., t. I, p. 392, n. 882. Au moment de la mort on quitte ses illusions : xÔTao-j t.}.7.-/Yi-i T.po'/.ir.dyi. Kaibel, Inscripl. grœc, n. 463. En le fuyant on se garantit la possession du ciel, comme le dit l'inscription du pape Célcstin à Sainte-Sabine : ... QUI BONA VIT/E || PR/ESENTIS FUGIENS MERUIT SPERARE FUTU- RAM, De Rossi, Inscript, christ., t. iirt, p. 24, n. 27; ou encore cette autre : QUINTILIANUS-- || AMANS CASTITATEM || RESPUENS MUNDUM ;| REQUIES- CET... Lcclcrcq, Dictionnaire d'arch. chrél., t. ii, col. 2576. En pratique, il faut donc suivre le conseil (le saint Cyprien, De habita virginum, c- xxii, P. L., t. IV, col. 462, qui se retrouve également sur une très ancienne épitaphc d'Autun : PER S/tCULUM SINE S/ECULI CONTAGIONE TRANSIVIT. Le Riant, op. cit., t. r, p. 26; t. n, p. 603; De Rossi, Bullcl., 1892, p. 16. Cf. plus haut.
7. La pureté. — Elle nous assure la vie éternelle, ciiuinie l'indiquent plusieurs textes du iv» siècle : INTEGER ADQUE (sic) PlUS VITA ET CORPORE PURUS II yETERNO HIC POSITUS VIVIT CONCOR- DIUS /EVO, Kaufinann, .Icnsritsdrnkmâli r, p. 98; CASTULA... I PROPER. '| ANS. KASTITA. TIS. SU- IVIE ij RE. PREMI ! A. DIGNA || MERUIT jj IMMAR- C(c,M)IB j| ILE(m). CORONA(;») ; PERSEVERA ' NTI- BUS. TRIBU :| ET. DEUS GR !| ATIA(/n). IN PAGE. ^Vilpcrt, .lungfraucn', p. 49; DATILL/E.. jj CUIUS ANIMAM PRO CASTO SAN(f)TO (/'(V.r /)roposî7o) || NENO (= nemo) DUBITA(0 CŒLUM PE{liisse). De I',ossi, Inscripl. christ., t. i, p. 320, n. 737. L'inscription africaine d'Euelpius, du iii<^ siècle, ai^pellc leschrétiens FRATRES PURO CORDE ET SIMPLICI. Renier, Inscripl. romaines de l'Algérie, p. 189, n. 4025; Mon. lit., n. 2808.
8. Le péché. — 11 est le grand obstacle à notre salut. Une épitaphc romaine nous en donne la raison : Nam lUST^ mentes foventiir turc avlcsti. Xystus, o/). cit., t. iirt, p. 103. C'est pourquoi les enfants morts on bas âge entrent directement au ciel : (Eusc)- BIUS INFANS PER /ETATEM SENE(= .s//ic) PECCA ■ {to \\ acc)EDENS AD SANCTORUM LOCUM (= le ciel) IN PA il (ce qui) ESCIT, De F.ossi, lUillcl., 1875, édit. franc., p. 30 sq.; Suovo hutlet., 1901, p. 81; MAGUS. PUER INNOCENS, ESSE lAM INTER INNOCENTES CŒPISTI. Musée du Lalran, p. ix, n. 31. C'est ]h une grande consolation pour les pa-
rents: SE D QUONIAM NULLA MACULATUS SORDE RECESSIT, il NULLI FLENDUS ERIT, QUEM PA- RADISUS HABET, Le Riant, op. cit., t. ii, p. 507; SPES /ETERNA TAMEN TREBUET (sic) SOLACIA LUCTUS II /ETATES TENERAS QU(o)D PARADISUS (/i)ABET. Corp. insc. lai., t. xiii b (1905), p. 483, n. 7652; Tîom. Quarlalschrift, t. xxiv (1910), p. 80. Notons pour les adultes cette belle prière qu'on lit sur une épitaphe égyptienne d'un certain Schnoudi, mort en 344 et différent du grand saint copte du mc'me nom (331-451) : ...uiv à(xâpTo;j.a || uap' aù-oO (le titulaire) irpayOèv ).oy'!>) spYw >! "'-a II xà Stâvotav, tô; àyaOo;, xai itXivOpwTro; Osôç, n-jy [| yw^r^tn-i oti oùx eoTtv avOpwTTo; o; Çti^î || ra; xal o'J/' àij.apf^cï!. au f^P \i.6'iOi ©EÔç II zaf TtaT/-; à|XxpTta; èv.To; vjrctp/îi;. Kaufmann, loe. cil., p. 68 sq.
2" Vertus familiales. — Le mariage chrétien, nous l'avons vu, se distingue par la sainteté et la pureté de l'union, la paix et l'amour mutuel des époux, la vie de famille, par l'amour entre les parents et les enfants. Les manifestations en sont tellement multiples qu'il est inutile d'entrer dans des détails. Leclcrcq, Dictionnaire d'arch. chrél., t.ii, col. 1020-1045. Notons ici un seul point : le soin de beaucoup de jiarents d'oïïrir et de consacrer de bonne heure leurs enfants à Dieu et à ses saints. Saint Paulin de Noie, Poem., xxi, 66 sq., 314 sq., P. L., t. i.xi, col. 574, 584, et Prudence, Peristeph., ii, 521-524, P. L. t. i.x, col. 330, nous attestent cet usage qui est confirmé i)ar les monuments. Sur un marbre du Latran, p. viir, n. 14, on dit d'un certain Prœtextus âgé de 9 ans : NUTRICATUS DEO, CRISTO(sjV), MARTURIBUS(s/c). De Rossi, Ballet., 1877, édit. franc., p. 29.
3° Vertus civiques. — Les premiers chrétiens n'oubliaient pas leur patrie terrestre. Abercius, au ii" siècle.célèbre sa petite ville natale qu'il appelle èx),E/T>,, ■/priatri Tro)t:, et il se souvient de la caisse municipale, quand il fixe l'amende à payer par ceux qui violeraient son tombeau. On était bien loin de refuser par principe les charges municipales, les places olTicielles. L'épigraphie nous fournit des noms de consuls, de préfets, de sénateurs, de hauts fonctionnaires à la cour, d'officiers supérieurs. De Rossi, Bulht., 1888, p. 54; IMarucchi, Éléments, t. i, p. 157, 160; De Rossi, Inscripl. christ., t. i, p. 61, n. 101. Un certain 1-1. Ursicianus a été MILITANS IN OFFICIO MA- GISTRI. Musée du Latran, p. xii, n. 10; Perret, ()/). cit., 1)1. 36, n. 116; Le Blant, op. cit., t. i, p. 323, n. 223. Un f nm/or f/('(7n/i.s est nommé sur un marbre de Rolsène de 376. Leclercq, Dictionnaire d'arch. chiél-, t. II, col. 991. D'un certain Felicissinuis il est .lit : ... MILITAVIT ANN(os) XXXVI IN OFF(jfjo) VICARII INLIBATUS. Perret, op. cit., t. vi, p. 162. Les titres des llamines municipaux ou de sacerdotes provinciœ, titres dépouillés de toute compromission avec l'idolâtrie, se retrouvent encore plus tard. De Rossi, BuUrt., 1878, édit. franc., p. 28-40. « L'opposition entre les devoirs du chrétien et ceux du citoyen parait n'avoir pas été soupçonnée; on aimait sa ville natale; ou se plaisait à rappeler les charges qu'on y avait exercées; on confiait â ses archives la copie de son testament ; on se souvenait de son budget qu'on instituait son héritier éventuel. La conservation du monument funéraire rentrait dans le même ordre d'idées â peine modifiées par le christianisme. » Voir les i)rcuves monumentales données par dom Lcclircq, Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 80. Saint (;iémenl de Rome nous avertit qu'on prie pour ceux cpii détiennent le pouvoir. Au temps de Juslinien on pouvait lire sur l'architrave de la porte principale de Spalalo :+ DEUS NOSTER + PRO- PI(OIUS ESTO + Il REI PUBLIC/E ROMAN/E. Diehl, op. cit., p. 39, n. 199. Le prêtre Silvius édifie un
EPIGHATMIIE C IIP, ETIENNE
sanctuaire et y dépose des reli((ues : AEDIFICAVIT OPUS. SANCTORUM PIGNORA CONDENS || PR/E- SIDIO MAGNO PATRIAM POPULUMQUE FIDELE M. Allegi-aiiza, op. cit., p. 8(1; Le lilant, ap. cit., t. u, p. 221.
4° Vertus sociales. — La charité est le résumé des vertus sociales. Les chrétiens la pratiquaient dans une mesure inconnue jusqu'alors, de sorte ([ue les païens eux-mêmes en étaient dans l'admiration. Tertullien, Apologet., c. xxxix, P. L., t. i, col. .5.31.
D'abord vis-à-vis de leurs coreligionnaires. Sur im certain nomljre de monuments des trois premiers siècles, ils se donnent le nom de pères, fratres, àSe),9oi, ou d'amis, ?i>,oi, par exemple, sur celui d'Abercius du II" siècle, sur celui d'Èuelpius du m" et sur plusieurs autres. Mon. lit., p. cxx-cxxi. A Rome, un défunt interpelle ses coreligionnaires et leur donne le nom de FRATRES BONI. Mon. lit., n. 3446. La communauté cliréliennc est une église de frères, ECCLESIA FRATRUM. Mon. lit., n. 2808. Ailleurs, t. III, col. 455 sq., nous avons vu comment cet amour se manifeste en pratique.
Cet amour, les premiers chrétiens le pratiquaient encore vis-à-vis de ceux qui ne partageaient pas leur foi. A ce sujet l'épigraphie fournit également certaines indications bien précieuses. Souvent elle se sert de formules plus générales qui indiquent une cliarite, une amitié qui ne fait exception pour personne. Voici quelques textes : RUTA OMNIBUS SUBDITA ET AFFABI || LIS (11^-1110 siècle). Mon. lit., n. 3098. D'un chrétien romain du m" siècle on dit : TTACIN cUIAOC KE (=/taO OYAÊNI CXePOC; les mêmes formules en grec ou en latin se retrouvent sur plusieurs pierres du iii« siècle. Leclercq, Dictionnaire d'arch. chrét, t. 11, col. 1050. Le côté négatif de la charité est plutôt exprimé sur le monument d'un certain Hermogène : [i.r,&k \\ va ).'jTTr|(7a;, [i-rfié || va upoTxpoûdaç. Mon. lit., n. 3352. Puis c'est la cliarité envers les pauvres qu'on relève. L'épitaphe du lecteur Cinamius Opas (f 377) l'appelle arnicas puuperuni. Le même titre est donné à un homme de la classe ouvrière; sa femme est appelée amatrix paupeornm{sic). DeRossi, op. cit., t. i,p. 124, n. 262; p. 42, n. 02. Sur d'autres pierres de la même époque nous trouvons les qualificatifs : patcr pauperum (pauperorum) (cf. Job, XXIX, 16), pauperibus locuples, sibi pauper, parcus opum nulli, largus et ipsc... Csesar, Observationcs, p. 48, 49. Cf. LeBlant, op. cit., t. 11, p. 23, n. 386; p. 59, n. 407; p. 122, n. 450. Quelques prêtres de l'Asie-Mineure reçoivent des éloges particuliers. Xystus, op. cit., t. lia, p. 270 sq. On avait, en effet, une haute idée de la charité et de l'efficacité de l'aumône, comme le témoigne cette inscription de la fin du iv« siècle, qui se trouvait à l'entrée d'une église africaine : CLAUSULA lUSTITlAE EST : IIMARTYRIUM VOTIS OPTARE; |) HABES ET ALIAM SIMILEM : AE || LEMOSINAM VIRIBUS FACERE. De Rossi, Ballet., 1894, p. 94; Diehl, op. cit., p. 30, n. 150. Ailleurs on mentionne les soins donnés aux captifs, par exemple, sur le monument de la gauloise Eugénie : CAPTIVOS OPIBUS VINCLIS LAXA- VIT INIQUIS. Le Blant, op. cit., t. 11, p. 284, n. 543; Leclercq, Dictionnaire d'archéologie chiétienne, t. ir, coL 2125.
Dès l'origine la nouvelle religion prit soin des enfants abandonnés. Naovo ballet., 1901, p. 243, n. 14. A ce sujet on pourrait citer les monuments provenant des plus anciennes parties de Sainte-Priscille. Il en résulte qu'on les traitait comme ses propres enfants, qu'on avait soin de leur éducation, de leur sépulture, etc. L'expression de la reconnaissance des alumni pour les parents adoptifs revient assez fréquemment sur les épigraphes. Voir, pour le détail, Leclercq,
Dictionnaire d'arch. chrét., t. i, col. 1295-1299; t. ir, col. 1010.
Les relations entre les maîtres et les serviteurs sont inspirées par la charité. Quelques très rares colliers d'esclaves, et l'une ou l'autre épitapherappellentcette institution sociale. De Rossi, Bulh.t., 1803, édit. ital., p. 25 sq.; 1874, édit. franc., p. 41-12; Kraus, Real- Encydopàdie, t. 11, p. 702, 763. Si on n'a pas tout de suite aboli l'esclavage, les maximes de l'Évangile pénétraient de plus en plus dans la pratique. Par l'épitaphe du diacre Severus (f vers 300) nous apprenons que sa sœur était DULCIS PARENTIBUS FAMU- LISQUE. D'un autre chrétien on dit : BLANDUS ERAS SERVIS. Le Blant, op. cit., t. 11, p. 122, 123. -ailleurs, les serviteurs et esclaves partageaient la sépulture de leurs maîtres. Parfois les serviteursrendent eux-mêmes témoignage à la grande bonté de leurs patrons : sur un sarcophage de l'année 217, un certain Prosenes, revêtu de beaucoup de dignités, est appelé PATRONUS PIISSIMUS. De Rossi, Inscript, christ., t. I, p. 9, n. 5. Sur un marbre du m'' siècle trouvé à Sainte-Agnès on lit : CAEL • PLACIDO ■ EVOK(û/o) Il PLACIDA FILIA • ET |1 PECULIUS ■ LIB. {=libertus) PATRONO || DULCISSIMO. Rom. Quartalschrift, t. xvii (1903), p. 90. Un monument gaulois de 501 mentionne même l'afTranchissement d'un esclave PRO REDEMPTIONEM (s/c) ANIMA E SUAE, c'est-à-dire du maître. Cette façon d'agir vis-à-vis des esclaves n'était pas seulement un acte d'humanité, mais surtout l'accomplissement du précepte évangélique et une garantie de miséricorde de la part du souverain juge. LeBlant, op. c/7., t.ii, p. 6-8, n. 374.
Pour la bibliographie très étendus sur l'inscription d'Abercius, nous renvoyons 'i l'article Abercius, t. i, col. 57, aux indications supplémentaires du P. Xystus (Scaglia), Notiones arcliœologi^ christianœ, t. 11 &, p. 358 sq., et à la brochure de Lùdtke et Nissen, DieGrabsctirifl des Aberkios, Leipzig, 1910. Les articles de revue ne sont cités ici que d'unu manière exceplionelle. Observons encore que depuis une dizaine d'années la Revue d'histoire ecclésiastique de Louvain et la Rômisclie Quarlalschrift (par la plume de M" Kirsch) rendent régulièrement compte, sous une rubrique spéciale, des dernières publications épigraphiques.
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ÉPIGUAPHIE CHRÉTIENNE
Ul.,Die christUcheri Inschriflen (1er Hlieinlandc,¥r\ho\xt%cn-BrisKau, 1890-1894 (surtout t. i); KiïnslIc,iJie altrhrisllichen Inschriflen AfriUas als Quelle fiir christl. Archaologie und Kirchengeschichic, dans ThcologXsche Quar; talschrifl de Tubinsue, t. lxvii C1885), p. 58 sq.,415 sq.- Le Bas et Waddinpton, Voilage archéologique en Grèce el en Asie Mineure, II" partie: Inscriplions grecques el /a- /('nes, t. III (1870); Le Bas, Inscriplions grecques et latines recueillies en Grèce par la Commission de Marie, 3 fasc, Paris, 1835-1837; Id., Inscriptions des iles de la mer Egée, Paris, 1839; I.c Blant, Recueil des inscriplions chrétiennes delà Gaule antérieures au vm^ siècle, 2 vol., Paris, 1856, 1865; Id., Nouueau recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule, Paris, 1892; Id., Sur les graveurs des inscriptions antiques, Paris, 1859; Id., Manuel d'épigraphie chrétienne d'après les marbres de la Gaule, Paris, 1869; Id., L'épigraphie chrétienne en Gaule et dans l'Afrique romaine, Paris, 1890; Id., Paléographie des inscriptions chrétiennes du 111^ siècle à la fm du i /;=, dans la Revue archéologique, 3" série, t. xxix, p. 177 sq., 345 sq.; t. xxx, p. 30 sq., p. 171 sq. ; t. XXXI, 172 sq.; paru séparément, Paris, 1897 ; Id., 750 inscriptions de pierres gravées inédites ou peu con;ii!es, dans les Mémoires de l'Institut national deFrance, Paris, 1898, t. xxxvi (p.l21-133,inscript.chrét.); Leclercq,' très nombreux articles dans leDi'c/. d'arch. chrétienne, cf. Cabrol; Id., L'Afrique chrétienne, Paris, 1 904, t. i, appendice, p. 381-432; Id., Mélanges d'épigraphie chrétienne, dans la Revue bénédictine, Maredsous, 1005, t. xxii, p. 65-90, 429-446; t. xxiii (1906), p. 87-97; Lefebvrei Inscriptions chrétien nesdu Musée du Caire, dans le Bulletin de l'Instilul français d'archéologie orientale, Paris, 1903; Id., Recueil des inscriptions grecques chrétiennes d'Egypte, Be Caire, 1907; Liverani, Spicilegium l.iberianum, Florence, 1863; Id., le catacumbe e antichiià cristiane di Chiusi, Sienne, 1872; Lowrie, Christian art and archéologie, Londres, 1901 ; Id., Monuments of ihe earltj Church. A hand book of Christian Archœology, New York, 1906; Lupi, Disserlatio et animadversiones ad nuper inventuni Severie martyris epitaphium, Palerme, 1734l<i.,Dissertazioni, lettere ed altre opérette, Faenza 1785- Mabillon, lier italicum litterarium, Paris, 1687; Mac Caul Christian epitaphs of the fîrst six centuries, Toronto et Londres, 1869; Maffei, Muséum Veronense, Vérone, 1749- Mamachi, Originum el antiquitatum Christian, libri XX 5 vol., Rome, 1749-1755; 2» édit., 6 vol., Rome, 1842- 1851; Marangoni, Acta S. Victorini illustrata cum appendice de cœmeterio S. Saturnini, Rome, 1740; Id., Délie cose gentilesche e profane trasporlate ad uso ed ornamento dellc chiese, Rome, 1744; Marchl, I monumenli délie arte cristiane primitive nella metropoli del cristianesinio, Rome, 1844; Margherini, Inscriptiones ant. basilicœ s. Pcatll, Rome, 1654; Marini,31 vol. manuscrits à la Bibliothèque vaticane; Id., Iscrizioni antiche délie ville de' palazzi Albani, Home, nS5; Id., Gli atti e monumenli de' fratelli Arvali, Rome, 1795; Id.,CoZ/ec/io inscriptionum christianarum, dans Mai, Scriplorum veterum nova collectio, Rome, 1831, t. v; Marriot, Testimonij of the Catacombs, Londres, 1870; Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes,3" édit., Paris, 1889, surtout p. 357-378; Marucchi, Guida del Museo cristiano Lateranense, Rome, 1898, p. 87- 163; Id., Éléments d'archéologie chrétienne, Paris et Rome, 1900, t. i,p. 141-255; t. Ii;2'= édit., 1903-1906; Id., Guida délie catacombe romane, Rome, 1903; Id., Guida del cimitcro i Priscilla, Rome, 1903; Id., Roma sotterranea crisliana, nouv. série, t. i, Monumenli del cimitero di Domiiilla, Rome, 1909; Id. Epigrafia cristiana (manuel d'épigraphie chrétienne, collection Hoepli), Milan, 1910; Id., / monumenli del museo cristiano Pio-Lateranense, Milan, 1910; Merenda, S.Damasi papœ opuscula et gesta cum notis Sarazanii iterum collecta, Rome, 1754; Merkle, £>ic ambrosianischen Tituli, dans la Rf'mische Quartalschrifl, Rome, 1896, t.x, et séparément;Migne,£>ie/!onriairedVpigraphie chrétienne, dans Nouvelle encyclopédie théologique, Paris, 1852, t. xxx ; Millet, Pargoire et Petit, Recueil des inscriptions chrétiennes de l'Alhos, dans Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, Paris, 1904; Mirabella, Dclle antiche Si'raciise, Palerme, 1717 ;cf. Bonanni;Mommsen, /nscripiiones regni Neapolilani taimœ, Leipzig, 1852; jNIonceaux, Histoire littéraire de l'Afrique c/ir^/ienne, Paris,
1 901 sq. , passim ; Id., nombreux articles épigraphiques dans \a Revue archéologique, VM2 sq. ;dans la Revue de philologie, t. xxxiii (1909), p. 112-161 (sur Tépigraphie donatiste>; dans Mémoires présentés à l'Académie des inscriptions et belles- lettres, t. Xll (1907), p.l61 -339, etc.; Monumen/a liturgica, cf. Cabrol et Leclercq; Morcelli, Commento ail' iscrizione sepolcrale délia S. marlire Agape, Brescia, 1795; Id., De stylo inscriptionum latin., Rome, 1781 ; Id., Opéra epigraphica, Padoue, 1819 sq., t. l-lii; Mùller, Christliche Inschriflen, dans la Realenzyklopàdie fiir prolestanlische Théologie und Kirche, S" édit., Leipzig, 1900, p. 167-183; M., De latinitale inscription. Gallix christianarum (Diss.), s. d. ; Muratori, Novus thésaurus veterum inscriptionum, Wilan, 1739-1742 ;Nicolai, Delta basilica di San Pno/o, Rome, 1815(inscr. chrét. de Saint-Paul); Northcote, Epitaphs of the catacombs or Christian inscriptions in Rome during the first four centuries, Londres, 1878, la 2« édition figure comme supplément à la 2« édit. de sa Roma sotterranea, Londres, 1879; Odcrici, Dissertaiiones el adnotaliones in aliquotined. vel. inscriptionum, Rome, 1765; Id., Sylloge veterum inscriptionum, Rome, 1765; Olcott, Thésaurus linguœ latinie epigraphicse (A dictionary of the latin inscriptions), Rome, 1904 sq. ; Olivieri, Marmara Pisaurensia notis illustrata, Pesaro, 1738; Orsi, plusieurs articles avec 361 inscriptions dans Notizie degli scavi, 1893, 1895, et dans Rômische Quartalschrifl, t. x (1896); Osann, Sylloge inscript, antiquar. grgec. et latinar., Leipzig, 1834; Pasquini, Ragguaglia di un antica cimitero di cristiani in vicinanza di Chiusi, Sienne, 1831; Id., Relazione di un antica cimitero... con le iscrizione ivi travate, Montepulciano, 1833; Passionei, Iscrizioni aiitiche disposie per ordine, Lucques, 1763; Pelka, Altchristliche Ehedenkmdler, Strasbourg, 1901, p. 1-87; Pellicia, De christianœ Ecclesiœ prima:, mediec et novissimsc antiquitatis politia, 4 vol., Verceil, 1777; nouv. édit. par Ritter etBraun, Cologne, 1829-1838; son traité De re lapidaria et siglis veterum christianorum est traduit en allemand dans Binterim, Denkwùrdigkeiten der christ. -katholischcn Kirche, Mayence, 1825, t. ii a; Perret, Les catacombes de Rame, Paris, 1852, 1855 (planches moins fantaisistes que pour la peinture), t. v et vi, p. 137- 190; Perrot, Guillaume et Dcblet, Exploration archéologique de la Galatie el de la Bithynie, Paris, 1862; Piper, Einleiiung in die monumentale Théologie, Gotha, 1867, p. 38-40, 817-908; Id., Zur Geschichie der Kirchenvàter ans epigraphischen Quellen, dans Zeilschrift fiir Kirchengeschichte. Gotha, 1876; Id., Uber den Geivinn aus Inschriflen fiir Kirchen-und Dogniengeschichte, dans Jahrbiicher der Théologie, Gotha, 1876, t. xxi; Pirson, La langue des inscriptions latines de la Gaule, dans Bibliothèque de la faculté de philos, el lettres de V Université de Liège, fasc. 11, Liège, 1901, p. 1-326; les c. i et ii (la phonétique et la lexicographie) ont paru séparément en 1900; Pitra, Inscriptions des six premiers siècles de Rome chrétienne, Paris, 1861; cf. encore Marini et De Rossi; Plessis, Êpitaphes (poésie latine). Textes choisis et commentaires (collection Minerva), Paris, 1905; Prentice, Fragments of an early Christian liturgg in Syrian inscriptions, dans Transactions and Proceedings of the American philological association, Boston, 1902, t. xxxiii; Id., Grcek and Latin inscriptions, dans Publications of an American archœolagical Expédition ta Syria in 1899-1900, \W part., New York et Londres, 1908; Id. et Littmann, Grcek and latin Inscriptions in Syria, dans Publications of the Princeton University Archmological Expédition ta Syria in 1904-1905, 111° division, sect. B, 1-3, Leyde, 1908-1909; Rabeau, Le culte des saints dans TAfrique chrétienne d'après les inscriptions et les monuments figurés, Paris, 1903; Ramsay, The ciliés and bischoprics of Phrygia, Oxford, 1895, 1897, t. i a et b; Id., Studies in the history and art of the eastern provinces of the Roman Empire, .\berdeen, 1906; Reinesius, Syntagma inscriptionum antiquarum... quarum omissa est recensio in Gruteri opère, Leipzig et Francfort, 1682; Renier, Recueil des inscriptions romaines de l'Algérie, Paris, 1855; Ritter, De compositione titulorum christianorum sepiilcralium in Corpore in.'icr. griecar. editarum, Berlin, 1877; Id., De titulis grœcis chrislianis commentatin altéra, Berlin, 1880; Rivinus, S. Damasi carmina sacra, Leipzig, 1652; Roller, Les catacombes de Rome, 2 vol., Paris, 1881-1882; De Rossi, De
EPIGRAPIIIE CHRETIENNE — EPIKIE
(brisiianis moniimentis IX0YN exhibentibus, dans Pitra, Spicilegium Solesmense, Paris, 1855, t. m, p. 545-584; Id., De chrislianis iilulis carlhaqiniensibus, ibid., Paris, 1858, t. IV, p. 505-538; Id., Inscripliones christianee urbis Romœ seplimo sœculo anliquiores. Home, 18(il,t. i; 1888, t. ii; Id., La lioma soUerranca, 3 vol., Rome, 1864, 1887, 1877; Id., BuUeitino di archeologia cn's/i'ana, Rome, 1863- 1894; Id., Il museo epigrafico Pin-Lateranense, dans Tiiplice omaggio alla Santilà di papa Pio IX, Pionie, 1877, p. 77-129 et 24 pi. ; Sanguinetli, iscrizioni crisliane dclla I.iguria dei primi tenipi fino al mille, Gênes, 1875 (avec deux suppléments) ; Sarazani, S. Damasi papœ opéra , Rome, 1638; Paris, 1672; Scaglia, cf. Xystus; Schmid, Das unteiirdische Bom, Brixen, 1908; Schultze, Die Kalakomben , Leipzig, 1882, p. 233 sq. ; lû.,Der iheologische Erlrag der Kaiakombenjorschung, 1882; cf. Fûhrer; Schwarze, Unlcrsuchungen iiber die dassere Enlwicklung der afrikanischen Kirche mil besonderer Verwerlung der archaologischen Funde, Gœttingue, 1892; Scletti, cf. Forcella; Smetius, Inscripliones anliquœ, I.eyde , 1588; Smith et Cheethara, Dictionarg of Christian anliquities, 2 vol., Londres, 1876- 1880; 2« édit., 1893, 1. 1, p. 841-862; Spon, Miscellanea erndilœ ajiliquilatis, in quibus marmora...Grutero, Boissardo, Beinesio ignola, illuslranlur, Lyon, 1685; Steiner, Codex inscript, roman. Rlieni, Darmstadt, 1837; Id., Inscripliones Daniibii et Blicni, Seligenstadt, 1851; Id., Sommliing und Erkldrung altchrisilicher Inschriflen der oberen Donau und des Bheins, 2= édit., Seligenstadt, 1859; Strazzula. Studio critico suite iscrizioni crisliane di Siracusa, Syracuse, 1895; Id., Studi di cpigrafia Siciliana, dans Archivio slorico Siciliano, Palerme, 1890, fasc. 3 et 4; Id., Muséum epigraphicum, seu inscriplionum, quœ in Syraciisanis catacumbis reperlœ suni, corpusculum, dans Documenti per seruire alla storia di Sicilia, iii« section, t. m (paru également séparément), Palerme, 1897; Taccone-Gallucci, Epigrafi crisliane del Bruzio, Reggio en Calabre, 1905; Tononi, Iscrizioni crisliane nel Piac.enlino anteriori al secolo decimo, cité dans Nuovo 6u//e/., 1899, p. 84; Torremuzza (Castello di), Le antichc iscrizioni di Palermo raccolte e spiegate, Palerme, 1782; Id., Siciliai et objacentium insularum oeterum inscriplionum novacolleclio, Palerme, 1769; 2" édit., 1784; Vermiglioli, Le anlichc iscrizioni Perugine, Pérouse, 1805; 2" édit., 1834; Vidua, Inscripliones antiquse grwCK in Turcico ilinere collecta!, Paris, 1826; A. de Waal, AUchristliche Inschriflen, dans le Kirchenlexikon deFribourgen-Brisgau, t. vi (1889), p. 783-794; Id., Siingcr und Gesang auj chrisllichen Inschriflen Boms, dans Der Kulholik de Maycnce, 1895; Id., Le chant liturgique dans les inscriptions romaines du m" au ;a"= siècle, dans Compte rendu du troisième Congres scientifique international des catholiques, II" section, Bruxelles, 1895, p. 310-317; M., Die Psalmen in den Kalakomben, dans Friedensbldtter, Augsbourg, 1896; Id., Il simbolo aposlolico illustralo délie iscrizioni dei primi secoli, Rome, 1896; Waddinglon, Inscriptions grecques ti latines de la Syrie, 1870; cf. Le Bas; Weber, Die rômischen Kalakomben, 3" édit., Ratisbonne, 1906, p. 45-75; Id.,/.es catacombes romaines, Irad. franc., Paris, 1903; Wilmanns, Exen pla inscrip/ionum ia<i7i., Berlin, 1873; Wilpert, Prinzipien fragen der chrisllichen Archàologie, VribouTg-en-Brisgnu, 1889; Id., Ein Cyclus ctu-islologischer Gemalde. ibid., 1891, p. 30-50; Id., Die gottgeweihien Jungfrauen in den crslen Jahrlmnderten der Kirche, ibid., 1892; Id.. Die attchrislUchen Inschriflen Aquileias, dans l'Ephemeris Salonitcuia (paru également séparément), Zara,1894, p. 37-58 ;Withro\v, 'I lie catacombs of Bome, 1890; Wolter, Die rômischen Kalakomben (2 brochures), Francfort, 1866; Xanthudidcs, NvT-:. '/„,«'. ir.r,'j.z',\ ix V.'.'.--'.;, Athènes, 1903, p. 49-163; Xystus (le P. Sisto ou Xystus Scaglia), Notiones archmologiir chrislianiK disciplinis tlicologicis coordinalrr, Rome, 1909, t. II a, Epigraphia; Rome, 1910, f. ii b, p. 3-52; Id., Manuale di archeologia cristiana, conrdinata aile discipline Ihcotogiche, Rome, 1910; Zaccaria, De vctcrum chrisliatuirum inscriplionum in rébus Iheologicis U5u, \ cnise, 1701.repro- <luit dans Mi^ne, Theologiœ cursus complelus, t. v (1838), col. 309-390; Id., Marmara Salonilana in ordinem digesla, Turin, 17.'>2.
I.cs publications périodiques qui renferment des articles concernant l'épigraphie chrétienne sont, avec leurs dates Initiiilo'i. les suivantes : Acad/^mie des inscriptions et belles-
lettres : Comptes rendus et Mémoires, Paris, 1854 sq.; ^ca demie d'Hippone : Comptes rendus, 1865 sq.; American fournal of Archa'ologg and of the hislory of Ihe fine arts, 1885-1908; Société des antiquaires de France : Mémoires de l'Académie celtique, 1807-1812; Mémoires, etc., 1817; ^■Innuaire, etc., 1849-1855; Bulletin trimestriel, 1857 sq. ; Archàologisch-epigraphische Milteilungen aus Oesterreich- IJngarn, 1877 sq.; elles sont continuées dans les Jahresheftc des oesterreichisch-archàologischen Insliluls in Wien, Vienne, 1898 sq. ; Archàologisches Institut, Kaiserlich-Deulsches : Jahrbiicher et Milteilungen, 1886 sq. ; Archires des Missions scientifiques, 1'° série, Paris, 1864 sq.; 7/ Bessarione, Sienne-Rome, 1897 sq. ; Bulletin arrlxéologiqiic du Comité des travaux historiques, 1883 sq. ; Bulletin des antiquités africaines, Paris, Oran, 1882 sq. ; Bulletin de correspondance africaine, A\ger, 1882 sq. ; Bulletin de correspondance hellénique (École française d'Athènes), Paris, 1877 sq. ; Bulletin épigraphique de la Gaule, Vienne, 1881 sq.; Bulletin de l'Institut français d'archéologie orientale. Le Caire, 1909 sq. ; Bulletin de la .Société arcliéologique d'Alexandrie, 1898 sq. ; Bulletin de la Société diocésaine d'archéologie, Alger,
1895 sq. ; Bullettino d' archeologia cristiana, Rome, 1863- 1894; trad. franc, par Martigny et Duchesne, Belley-Paris, 1863-1883; BuUeitino archeologico napolilano, Naples, 1843 sq.; Bullettino di archeologia e storia dalmata (important surtout depuis 1890), Salone, Spalato, 1878 sq. ; Bullettino délia commissione archeologica communale di Borna, Rome, 1872 sq. iBijzantinische Zeilschrifl, Leipzig, 1892sq.; 7-c/ios d'Orient, Constantinople, Paris, 1898 sq. ; Ephemeris epigraphica, Rome, Berlin, 1872-1903; Journal of Ilellenic studies, 1880-1'M5; Instiliilo di corrispondenza archeologica : Bullettino et -4nr!a/i, etc., Rome, 1829 sq. ; Mélanges d'archéologie et d'histoire (École française de Rome), Rome, 1881 sq. ; Milteilungen der K. K. Central- Commission, Vienne, 1856 sq. ; Notizie degli scaui di anticliità, Rome, 1876 sq. ; A'iiouo bullettino di archeologia cristiana, Rome, 1895 sq. ; Papcrs of the american School of classical s/udi'es, Boston, 1882 sq. ; Annuaire et Recueil de notices et de mémoires de la Société archéologique de Conslantine, 1853 sq.; Bei'ue africaine, 1850 sq. ; Beuiie archéologique, Paris, 1844 sq. ; Bévue biblique, Paris, 1892 sq. ; Bévue des éludes anciennes, Bordeaux, 189G sq. ; Revue des éludes grecques, 1888 sq. ; Revue de l'Orient chrétien.
1896 sq. ; Revue de philologie, 2« série, 1877 sq. ; Revue tunisienne, 1901 sq.; Romische Qiiarlalschrift fUr cliristliche Altertumskundc und Kirchengeschichie, Rome, 1887 sq., etc.
S. Bouiî.
ÉPIKIE. — I. Idée générale et définition. II. ÉU-ndue et application. III. Légitimité et conditions.
I. Idée générale et définition. — Le mot épikie n'est ([uc la transcription du grec i-iEt'/.st:*. Il signifie la qualité de ce qui est è-isi'.É;, convenable, mesuri, modéré, équitable.
Arislolc s'est servi de ce mot pour désigner l'esprit delargeur qui doit faire de l'obéissance un acte humain imposé à des hommes raisoimables, faire préférer le sens de la loi à la lettre, l'équité :\ la stricte légalité. Il en a fait une description dont se sont inspirés tous les moralistes chrétiens, surtout saint Thomas et Suarez. lorsqu'ils ont voulu étudici* l'épikie. « Elle est, dit-il. une heureuse rectification de la justice rigoureusement légale... La loi est nécessairement générale, et il est certains objets sur lesquels on ne saurait convenablement statuer par des dispositions générales... La loi ne saisit que les cas les plus ordinaires, sans se dissimuler d'ailleurs ses propres lacunes. Elle n'en est pas moins bonne; les lacunes ne tiennent ni ù la loi ni au législateur, mais à la nature même des choses morales. Lors donc que la loi est exprimée dans une formule générale, et qu'un cas exccplionncl se présente, alors il est juste qu'on corrige la loi, dans les détails où le législateur est en défaut, où il s'est trompé en s'cxprimanl d'une manière Iroj) absolue. Dans ce cas on fait ce que ferait le législateur luimême, s'il était là; on refait la loi comme il l'aurait
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faite, s'il avait pu connaître le cas particulier dont il s'af>it. » Élhique à Nicomaque, 1. V, c. x.
L'épikie n'est donc pas, à proprement parler, Vinterprélalion d'une loi. Une loi a besoin d'être interpréti-e quand on y trouve des mots otiscurs, des dispositions ambiguës; et l'explication sera d'autant plus vraie qu'elle se rapprochera davantage du texte qui exprime la volonté du législateur ; elle sauvegarde la formule tout en la rendant plus claire. C'est ce que fait, par exemple, la jurisprudence; elle ne s'écarte pas de la loi; elle l'applique, et, en l'appliquant, l'explique et la précise. Ici, le cas est tout différent. Il ne s'agit plus d'interpréter un texte obscur, mais de corriger une loi défectueuse; on se dégage du texte ])our saisir l'esprit ; on passe par-dessus la formule qui, trop générale, deviendrait, dans une application exceptionnelle, brutale ou injuste, pour aller jusqu'à la volonté, présumée plus humaine, du législateur.
L'épikie n'est pas non plus la dispense. Celle-ci se fait par voie d'autorité; elle est un acte du législateur qui veut bien, dans un cas i)articu!ier, suspendre l'obligation imposée par lui et tempérer par la bonté les légitimes exigences de son pouvoir. Dans l'épikie, c'est la conscience individuelle qui réclame contre le texte, qui prétend rester libre malgré le texte ; elle juge que la loi ne s'applique pas dans tel cas particulier, que le législateur n'aurait pas voulu qu'elle s'apjjliquât dans telles circonstances exceptionnelles, s'il les avait prévues.
On a essayé de condenser en formules ces descriptions de l'épikie, et diverses définitions ont été proposées ; aucune n'est plus concise ni plus précise que celle de Suarez, De legibus,]. II, c. xvi, n. 4 : Emendatio Icgis ea ex parle qiia déficit propter universale ; l'épikie est une restriction apportée à la loi dans un cas particulier où elle serait impraticable dans sa teneur générale.
II. Étendue et applications. — ■ L'épikie se justifie donc par la déficience de la loi qui, formulée en termes généraux et visant les cas les plus fréquents, se trouve impraticable en des circonstances exceptionnelles.
Elle s'appliquera par conséquent à toutes les lois dont la teneur est générale et à celles-là seulement. — l°Or la loi naturelle ne s'exprime pas ainsi; ou plutôt une seule formule la résume, assez générale pour comprendre tous nos actes, assez large pour se plier à toutes les circonstances : il faut faire le bien et éviter le mal. Elle commande donc ce qui est bien, et cela seul; elle défend ce qui est mauvais, et cela seul. Dès lors, quelles que soient les formules dans lesquelles nous prétendionsrésumer ses principales applications, elle en reste indépendante. Nous pourrons dire: il est défendu de tuer; ce n'est pas ainsi que parle vraiment la loi naturelle, elle défend de tuer injuslement, et ceci ne peut être permis dans aucune circonstance; si, dans un cas exceptiorfnel, la mort d'un homme devient légitime, la loi naturelle la permet. L'exception atteint donc nos formules; ce sont elles qui deflciunt propter universale; la loi naturelle, parce qu'elle est divine en même temps qu'humaine, parce qu'elle n'a pas de meilleure expression que la voix de notre conscience, n'a pas de ces lacunes : lex naiuralis, secundum se spectata, non prœcipit aclum, nisi ut illum bonum esse supponit, nec prohibet, nisi proul supponit intrinsece malum. Suarez, De legibus, 1. II, c. xvi, n. 6.
2° Il en va autrement des lois positives et en particulier des lois humaines. Elles sont formulées en termes généraux et ne peuvent l'être autrement. Un législateur humain ne peut prévoir toutes les applications possibles de sa loi, toutes les circonstances qui peuvent se présenter et rendre son ordonnance
impraticable; la prévoyance humaine n'embrasse pas les contingences infiniment variées de nos actes; et, au besoin, la sagesse défendrait d'en embarrasser un texte de loi. S. Thomas, Sum. thiol., I» II«, q. xcvi, a. 6, ad 3"">. La loi humaine est rigide et ne se plie pas à la diversité des circonstances.
1. Il peut en résulter des conflits avec une loi supérieure, avec un intérêt plus grave : c'est la lutte entre la légalité et la conscience, et il faut que la victoire reste à celle-ci. Une loi injuste n'est plus une loi; une loi, même juste en elle-même, mais qui devient mauvaise par suite des circonstances, n'a plus force obligatoire; le texte rigide doit alors plier pour que l'obéissance ne devienne pas servilité: bonum est, prseiermissis vcrbis legis, sequi id quod poscit juslitix ratio et communis uiilitas. ,S. Thomas, Sum. theol., H' II'', q. cxx, a. 1. Exemple : la loi ecclésiastique ordonne d'assister à la messe le dimanche; l'obéissance serait mauvaise si, en assistant à ia messe, je risque de laisser mourir sans secours un malade: c'est là une chose que l'Église n'a pas pu vouloir. Première application du principe de l'épikie.
2. La rigidité de la loi peut encore la mettre en conflit avec V intérêt particulier de celui qui doit obéir, de manière à lui imposer des sacrifices disproportionnés avec le but qu'a voulu atteindre le légis lateur. Personne n'a le droit de commander inhumana et graviora quam humana conditio patiatur vel quam ratio communis boni postulel, Suarez, De legibus, 1. VI, c. VII, n. 10: ce serait un abus de pouvoir, et la loi serait nulle si elle ordonnait un héroïsme injustifié. Si d me une loi, même bonne en elle-même, devient, en un cas particulier, trop pénible à cause des circonstances exceptionnelles, sans qu'il en résulte im bien en proportion avec les sacrifices exigés, la conscience peut se dégager: le législateur n'a pas pu exiger l'obéissance en de telles conditions.
3.11 est un troisième cas où l'on peut user d'épikie : c'en est l'application caractéristique; c'en serait même la seule d'après d'Aunibale, Summula thcologiœ moralis, 1. 1, n. 187, et note 49, qui avoue restreindre sur ce point la pensée d'Aristote, de saint Thomas et de Suarez. Dans les hypothèses précédentes, le législateur n'avait pas le droit d'exiger l'obéissance; ici, il en a le droit, mais on estime qu'en raison des circonstances exceptionnelles où l'on se trouve, il n'aurait pas eu l'intention d'obliger dans le cas présent, s'il l'eût prévu. Ce n'est pas que la loi devienne mauvaise, ni qu'eUe impose à proprement parler un héroïsme inutile; elle se heurte seulement à des difficultés spéciales q\ii la rendent plus dure qu'elle ne l'était dans l'intention du législateur. Suarez, De legibus, 1. VI, c. vu, n. 11, donne comme exemple la loi du jeûne: l'Église, en la portant, vise les cas ordinaires; une santé délicate, capable, à la rigueur, de supporter le jeûne, mais qui en serait sérieusement incommodée, sera un motif suffisant de s'exempier de la loi. Par épikie, on passera par-dessus le texte pour aller jusqu'à la volonté présumée du législateur.
III. Légitimité et conditions. — Il est évident que l'épikie peut devenir une ;u'me redoutable contre la loi; une conscience mal éclairée et surtout mal disposée pourrait s'en servir pour se débarrasser aisément d'une loi gênante. Mais son princii^e même est indiscutable, et il n'j' aurait, pour le combattre, que ceux qui ont la superstition de la légalité. Si la conscience a le droit de se révolter contre toutes les injustices, et la liberté contre tous les abus de pouvoir, si l'obéissance digne d'un homme n'est pas la servilité aveugle à un texte, mais la soumission réfléchie à une volonté, la légitimité de l'épikie est évidente. Elle laisse à l'initiative individuelle et à la conscience la part qui leur revient dans l'obéissance;
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