‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 77 sur 148 · ST'.'RS · texte numérisé non relu

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Signalons comme une œuvre très originale d'apostolat proprement dit et d'apostolat social, celle que poursuit dans une région particulièrement déshéritée, celle des Hurdes, Mgr .Jarrin, évoque de Plascncia.

Séverine Aznar, El catolicisnto social en Espaïui ; P. Antonio Vicent, Socialismo ii Anariiuismo, 1893; Angel Marvaud, La question sociale en Espagne, Paris, 1910; I.a paz social, revue mensuelle publiée ;'i Madrid depuis 1907, dirigée par Scverino Aziiar jusqu'i'i janvier 1910 (compris), puis par Enrique Rcig; Jievisla social hispano americana, Barcelone, 1910, 9' année; lievista calôlica de cuestiones sociales, Madrid, 1910, 16' année; Anales del Instituto nacional de Prévision, Madrid, n. 1, juin 1009; n. 2, octobre 1909; n. 3, janvier 1910; El pueblo nbrcro, periodico quincenal. Valence, 1910, 7' année; Miguel Sastrc, I^as huelgas. Valence, 1908 (et une série d'études du même auteur sur les grèves de Barcelone); Rivas Moreno, I.a miitualidad y los a*n/ariado5, Valence, 1900; Enrique Rcig, /Vcsen/c f/ poroenir economico de la Iglesia cspm'wla ; Mgr Lopez Pelaez, El presupiieslo del clero, Madrid, lOtO; Gabriel Palau, S. J., trad. fr. par Louis Lebcsson et Paul .lury. l.e catholique (Faction ; llistoria de [la /undacion del [Monte-I'io (/ miilita- Udad del clero de la diocesis de .'\/rt'irid-.l/ca7n, Madrid, 1908; Cronlca del Congreso nacional de Jlurdanofilns relcbrado en l'iiisencia (juin 1908), Plascnciii. Pondant quelque temps a pani une revue spécialement consacrée il l.as Jlurdes (1903-1908), Plasencia: .Favicr Vales Failde, Un soriolàgo purpurado, Madrid, 1909 (celle brochure, consacrée nu cardinal Sancha, contient de très précieux renseignements

sur le mouvement catholique social en Espagne et sur l'esprit populaire et apostolique du clergé). Sur ce caractère populaire, voir encore Gauguin, Un mol d'Espagne. dans la Revue du clergé français, 1" novembre 1898. L'Action populaire a publié (Actes sociaux, n. 38) sous le titre de Ac(es épiscopaux, Espagne, des extraits fort intéressants au point de vue social. Fermin Hernandez Iguesias, La beneficencia en Espaiïa, 2 vol., Madrid, 1876, en particulier, t. II, p. 789 sq.

VI. L'Église d'Espagne et l'Église universelle. — • Si la doctrine catholique est toujours et partout semblable à elle-même, les nations qui la professent ont, chacune, leur tempérament et leur histoire; ce tempérament et cette histoire peuvent être en harmonie avec le catholicisme ou lui opposer, parfois, des forces antagonistes.

Nous avons vu comment, par son action sociale, faisant face à des problèmes qui se posent à peu près de même dans toutes les grandes nations, l'Église d'Espagne, tout en utilisant les opportunités qu'elle doit à sa magnifique liistoire, corrige aussi ce qu'elle avait conservé de particularisme comme Église nationale et comme Église d'État. Encore le problème social, pour universel qu'il soit, l'intéresse-t-il en tant ([u'il se pose en Espagne. Il nous reste donc à voir l'Église d'Espagne dans ses relations avec la grande communion catholique.

C'est par l'éducation chrétienne que s'affirme l'universalité qui doit dominer les contingences du temps et du lieu; et nous devons examiner successivement l'instruction religieuse du clergé et celle des fidèles.

1" Instruction du clergé. — • Les séminaires, dont un certain nombre étaient très anciens en Espagne, avaient été réglementés par les IP, IV" et VI'^ conciles de Tolède, et c'est conformément au concile de Trente, sess. xxiii, c. xviii, que le concordat de

1851 prévoit l'érection d'un séminaire par diocèse. Séminaires et universités ensemlile donnaient aux

études ecclésiastiques un niveau élevé. La révolution de 1868 alla jusqu'à supprimer la théologie des universités que la théologie avait fondées, comme l'observe justement Mgr l'évêque de Jaca (décret du 19 octobre 1868). Le décret du 20 octobre 1868 déclara les ordinaires libres d'organiser comme ils l'entendraient les études théologiques dans les séminaires.

A la suite du concordat, le gouvernement, d'accord avec le Saint-Siège, avait par décret royal du 21 mai

1852 laissé aux évêques la nomination des recteurs et professeurs de séminaires; le 31 août, il avait autorisé les séminaires à recevoir autant d'externes qu'ils voudraient, et le 28 septembre, une Cédule roij(dc donnait le Plan d'études pour les séminaires conciliaires.

« Le clergé espagnol, écrit Léon XIII dans la Lettre apostolique Non mediocri, 25 octobre 1893, a brillé longtemps d'une vive lumière dans les sciences divines et dans les belles lettres; grâce à ses talents il a contribué grandement à la r/randcur de la foi chrétienne et au renom de su patrie... >'

Il n'est pas étonnant, d'ailleurs, que l'Espagne ait vu naître tant de si grands hommes; en effet, sans parler de la vigueur naturelle des esprits, on y trouvait des secours et des instruments de toute sorte, excellemment disposés pour amener les études à la perfection. Il sudit de rappeler les grandes universités d'Alcala et de Salamaïupie ([ui, sous la vigilante direction de l'Église, furent les magnifiques asiles de la sagesse chrétienne. A ce souvenir se joint tout naturellement celui des collèges qui reçurent en fouie des ecclésiastiques distingués j)ar leur talent et par leur amour de la science. Mais est venue la tempête révolutionnaire « Ainsi disparurent les universités catholiques et leurs collèges; ainsi disjjarurent aussi les séminaires eux-mêmes... Le Saint-Siège

ESPAGNE (ÉGLISE D'), ÉTAT RELIGIEUX

intervint en temps utile, et, avec l'accord du pouvoir civil, mit beaucoup de zèle à réorganiser les afTaires ecclésiastiques, que l'époque précédente avait bouleversées. Toutefois, les principaux objets de ses soins furent les séminaires diocésains... »

Nous avons cité plus haut l'art. 28 du concordat, par lequel le gouvernement promet l'érection de séminaires conciliaires dans les diocèses qui en manquent encore, et, « aussitôt que les circonstances le permettront, de séminaires généraux. »

La collaboration de l'État ayant manqué, l'Église dut assurer elle-même complètement le soin d'améliorer les études ecclésiastiques. « Beaucoup d'obstacles, dit Léon XIII, ont empêché et empêchent encore aujourd'hui qu'en fait ces conditions soient réalisées. Ainsi, maintenant que n'existe plus l'appui des universités, on doit regretter beaucoup de ces secours sans lesquels un clerc peut dillicilement aspirer à l'honneur d'une science complète et profonde. »

Or, à Rome, centre de la foi catholique, existent déjà beaucoup d'institutions destinées à promouvoir les études ecclésiastiques dans les grandes nations catholiques; par malheur, il y avait peu d'élèves espagnols, n Nous avons formé le projet, dit le souverain pontife, de faire en sorte que le collège romain des clercs espagnols, fondé naguère, grâce au zèle éclairé de pieux prêtres, non seulement demeure florissant, mais encore devienne de jour en jour plus prospère. 11 Nous plaît donc que tous les sujets de la Péninsule ibérique et des îles voisines soumises au Roi catholique, qui seront rassemblés dans ce collège, soient placés sous Notre autorité, que, menant une vie commune,... ils se livrent aux études qui élèvent d'une façon excellente le cœur et l'esprit. »

Léon XIII, en même temps, mettait à la disposition du collège espagnol, provisoirement le palais Alfieri, puis, aussitôt aménagé, le palais Altemps et il désignait les archevêques de Tolède et de Séville pour traiter désormais avec le Saint-Siège de tout ce qui concerne ce collège.

Quelques chiffres donneront une idée plus précise de l'importance de cette fondation.

Pendant l'année scolaire 1906-1907 (la 15^ depuis la fondation), le personnel du Collège hispanique de Saint-Joseph comprenait 18 personnes (recteur, vicerecteur, professeurs, confesseurs, etc.); les élèves étaient au nombre de 11 de la province de Burgos, 9 de celle de Saragosse, 7 de Saint- Jacques de Coinpostelle, 7 de Grenade, 6 de Séville, 20 de Tarragone, 12 de Tolède, 15 de Valence, 12 de Valladolid. Soit, au total 99 élèves, ainsi répartis : faculté de théologie 55; faculté de droit canon 15; faculté de philosophie 29. Dans cette même année, 7 élèves reçurent à l'université grégorienne, en théologie, le titre de docteur, 101e titre delicencié, 271e titre de bachelier. En droit canon, 11 le titre de docteur, 10 celui de licencié, 14 celui de bachelier, et en philosophie, 3 le titre de docteur, 4 celui de licencié, 8 celui de bachelier.

Dix obtinrent le titre de docteur à l'Académie romaine de Saint-Thomas d'Aquin. Enfm, nombre de récompenses ont été obtenues par les élèves espagnols dans les concours, en particulier de l'université grégorienne (pour l'Écriture sainte, la théologie dogmatique, l'hébreu, l'arabe, la théologie morale, l'histoire ecclésiastique, l'archéologie sacrée, le droit canonique, le droit public ecclésiastique, la philosophie, l'astronomie, l'éthique et le droit naturel, l'histoire de la philosophie, la métaphysique, la physique et la chimie, la physiologie, la mécanique, la logique, les mathématiques, la littérature espagnole, le grec, le français, l'anglais, l'italien). En l'année 1905-1906 ont quitté le collège 20 élèves, dont 4 étaient docteurs à

la fois en théologie, en droit canon et en philosophie, dont 8 autres avaient deux doctorats et 5 autres un doctorat. On voit quelle influence doit exercer le collège Saint-Joseph sur les études ecclésiastiques en Espagne.

Mais il manquait l'intermédiaire nécessaire entre ce collège et les séminaires, puisque les séminaires généraux prévus par le concordat n'avaient point été institués. Des décrets royaux du 21 mai 1852 et du 27 novembre 1876 avaient désigné, en attendant, divers séminaires pour conférer les grades majeurs. Ce n'était qu'un expédient. La S. G. des Études (30 juin 1896) publia une instruction qui érigeait en universités pontificales d'études ecclésiastiques (en se conformant à la bulle Quod divinœ sapientiœ), les cinq séminaires où se conféraient les grades majeurs, et, dès l'année suivante, tous les séminaires métropolitains. Les élèves y reçoivent la licence en théologie au bout de 4 ans et la licence en droit canonique au bout de 2 ans; les élèves des autres séminaires doivent y venir un an pour la licence, et un an encore pour le doctorat. Voir S. G. des Études, 11 juillet 1899; 21 mars 1900. On voit, dans tout ce processus, sur un point particulier, un nouvel exemple de la séparation toujours plus nette entre l'Église et l'État; ajoutons que la révolution a supprimé (21 octobre 1868) la validité académique auparavant reconnue (décrets royaux 21 mai 1852, 10 septembre et 6 octobre 1866) aux études d'enseignement secondaire et de droit canonique faites dans les séminaires.

Voici la liste des séminaires, avec, pour la plupart, la date de leur fondation, et le nom de leur patron. Les séminaires métropolitains ou universités pontificales, et le séminaire de Salamanque, dirigé par les jésuites, confèrent les grades majeurs dans les facultés ecclésiastiques (licence et doctorat); les autres confèrent les grades mineurs. (Voir ci-contre, col. 585- 586.)

A la collégiale du Sacro Monte, à Grenade, est uni le collège-séminaire de Saint-Denis l'Aréopagite, où les chanoines sont professeurs.

Tels sont les cadres de l'enseignement ecclésiastique. Qu'est cet enseignement lui-même? Lorsque l'archevêque de Burgos, cardinal Aguirre, depuis archevêque de Tolède et primat d'Espagne, sollicitait du souverain pontife, en 1896, l'érection d'une université pontificale à Burgos, il alléguait la nécessité d'adapter l'enseignement ecclésiastique aux conditions du temps présent. Voir Canonica erectio et constitutio facultatum sacra; theologiœ, juris canonici et philosophiie scholasticœ in scminario Burgensi, Burgos, 1897. 11 s'agissait, sans diminuer la part accordée à la théologie positive, de cultiver d'autres sciences ecclésiastiques autrefois trop négligées.

Il y avait, en effet, un complément indispensable à apporter aux études faites dans les séminaires conciliaires. Ges séminaires ont deux grandes catégories d'élèves; les uns suivent la carrera brève, ou menor, les autres la carrera lata ou mayor, mais la distinction tend à s'effacer. La carrera brève comprend, en général, 4 années de latin et de belles-lettres : Humanidades, deux de philosophie, avec quelques notions de sciences mathématiques, physiques et naturelles, deux de théologie dogmatique et morale, « je devrais dire plutôt : deux années de morale, car, pour le dogme, on se contente d'un enseignement aussi élémentaire et abrégé que possible » (dom J. L. Pierdait). La morale est étudiée dans le Compendium de Gury, d'une manière qui fait beaucoup travailler la mémoire. Quoique les élèves de la carrera menor se destinent en général aux charges les plus modestes, grâce au régime des concours ils peuvent ensuite, en travaillant, l'emporter sur ceux de la carrera mayor.

ESPAGNE (ÉGLISE D'), ÉTAT RELIGIEUX- SÉMINAIRES

Tolcde . . .

Madrid. . .

Ciudad-Real Coria. . . .

Cuenca. .

Plasencia.

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Ta'-ragonr Barcelone Gerona. .

Lerida. .

Tortosa. .

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Soîsona. . .

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