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Il se forma différentes branches de montanistes. Saint Epiphane et saint Augustin parlent des artotyrites, ainsi nommés de âp^os, pain, et de Tupàç, fromage, parce que, pour consacrer l'eucharistie, ils se servaient
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de pain el de fromage, ou peut-être de pain pétri avec du fromage, alléguant pour raison que les premiers hommes offraient à Dieu, non-seulement les fruits de la terre, mais encore les prémices du fruit de leurs troupeaux. Ils admettaieullesfemmes à la prêtrise et à l'épiscopat, leur permettaient de parler et de faire les prophétesses dans leurs assemblées.
Saint Epiphane les nomme encore prisciliiens, pépuzims et quintilliens.
D'autres étaient nommés ascites, du mot $awA; outre, sac tf< peau, parce que leurs assemblées étaient ées espèces de bacchanales ; ils dansaient autour d'une peau enflée en forme d'outre, en disant qu'ils étaient les vases remplis du vin nouveau dont parle Jésus-Christ, Matth.,c. 9,f 17.
11 n'y a aucune raison de les distinguer de ceux que l'on appelait asco- 'Irutes, ascodnipidcs, ou toscodnipites.
Ceux-ci, dit-on, rejetaient l'usage des sacrements, même du baptême ; ils disaient que des grâces incorporelles ne peuvent être communiquées par des choses corporelles, ni les mystères divins p ir des éléments visibles. Ilsfaisaienl consister larédemp.
tion parfaite, ou la sanctification, dans la connaissance, c'est-à-dire dans l'intelligence des mystères tels cju'ils les entendaient. Ils avaient adopté une partie des rêveries des valentiniens et des mareosiens.
Il parait que les tascodrugites étaient encore lesmêmesque les passarolynchite* ou pi ttakrynohites, ainsi nommés deiMtawîkoç.ou TOfrrraXoç.pà U et de y.-,, nez, parce qu'es priant ils mettaient leur doigt dans leur nez, comme un pieu, pour se fermer la bouche, s'imposer silence, et montrer plus de recueillement. Saint Jérôme dit que, de son temps, il y en avait encore dans la Galatie. Ce fait est prouvé parles lois que les empereurs portèrent contre ces hérétiques au commencement du cinquième siècle. Cod.Théod , c 6. Il n'est point d'absurdité que l'on n'ait dû attendre d'une secte qui n'avait d'autre fondement que le délire de l'imagination, ni d'autre règle que le fanatisme. Il est étonnant que l'excès du ridicule
ne l'ai!, pas anéantie plus proaaptement. 'lillcmonl, Mém., t. 2, p. 418.
Bergibu,
MONTANUS (Denolt-Arias) (Tliéol, hist. biog. et bibliog.) — Ce savant espagnol du xvi» siècle, né vraisemblablement à Frêgénal de la Sierra en 1527, et mort à Séville en 1698, futenvoyérii Belgique parPhilippelI pour présider aux travaux de la Polyglotte d'Anvers. On a de lui : Corn* mentaria in XII Prophetas, Antuerp., 1571, in-fol., 1582, in-i»; Elucida- Urnes inlV Evangelia, Lb., l575,ia-4°; In Acta Apostolon m, etc., ibid. ; lit omnia sanctorum Apostobrwm scripta, simulque in 1). Jo .-,// A.po-
ra, b' ■ ibid., 1588,
in-4-o; De varia Republica, sive Gommmtariainlibrum rndjkMmjibid.jlSea, in-4°; De optimo In per o, sivi in librum Josue comment m-ius, ibid.. 1383; Antiquitatum Jûdaiearwm libri IX , Lugd. Hatav., 1593, in- 4"; Liber gem rationis et regenerattonis Adam, sive de historia generis humam; aperis ini pars prima, id est anima, Antv., 1593, in-4° (les deux volume • luivanta devaifiit s'iatitulor : Corpus, Vestes) ; Commentaria in i ■<• ,■■ prophétie sevmones, Antv., 1599, in-4"; Comment, in 30 priores Davidis Psalmos, ibid., 1605, in-4°; Dictatum Christianum, sive aureus de Christi oita ac doctriiia libellas, ibid., 1515; VApparatus do la Polyglotte d'Anvers, renfermant les dissertations suivantes : de Ilebraicis idiotismis ; de arcano sermone ; de aetiom sire habita ; dr soerts ,■ onderibus atque mensvris ; de sacra geographia; de sacris fabricis, et de seculis et teniporibus, dans le volume supplémentaire de la Polyglotte ; Itinenuium Benjamin Tadsknsh, Judxi.exllibrieo in Latinum tmversvm, Antv., 1575; des poèmes religieux en latin.
Montâmes appartient aux poètes espagnols les plus estimés de son temps ; il fut solennellement couronné à ce titre à Alcala; on le suspecta de tendance au judaïsme pour avoir admis dans la Polyglotte les Thargumim ; il se justilia.
Le Noib
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MONTÉSINO (Antoine) Thévl. hist.
biog. et bibliog.) — Ce dominicain espagnol, de Salamanque, qui mourut dans les Indes occidentales, martyr, en 1548, a laissé :
lnformatio juridica in Indorum defensionem.
Le Noir.
MONTESQUIEU (Charles ds Secondât de) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce grand jurisconsulte et écrivain français naquitau château de la Brède, près de Bordeaux, en 1689, devint conseiller au Parlement de Bordeaux en 1714, fut reçu à l'Académie, malgré les répugnances du roi contre l'auteur des Lettres persanes en 1728, se démit ensuite de sa charge et exécuta de longs voyages durant lesquels il recueillit les observations dont il avaitbesoin pour ses deuxplus grands ouvrages, enfin habita tantôt Paris, tantôt son château de la Brède, où il fut l'ami et le bienfaiteur des paysans, et mourut à Paris en 1755, jouissant d'une réputation européenne.
Ses ouvrages sont : les Lettres persanes, publiées en 1721, sous le voile de l'anonyme; l'ouvrage lui parut trop contraster par le ton léger avec ses fonctions, pour y mettre son nom ; Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains, 1734; l'Esprit des lois, fruit de trente années d'étude, 1749; Défense de V esprit des lois; le Temple de Gnide, pauvre poëme en prose, sur l'amour ; Essai sur le goût.
Voici comment M. Boser parle des trois grands ouvrages de Montesquieu :
» L'Esprit des Lois tient incontestablement le premier rang. Il est divisé en 31 livres, et a pour but d'exposer la nature, les institutions et les lois des divers États, sous leur forme républicaine, monarchique ou despotique.
» Il considère d'abord chacune de ces formes en elle-même, puis dans ses rapports avec les autres, enfin au point de vue de la situation géographique et du climat.
» Ce que Montesquieu appelle la nature des Etats résulte de l'existence et de l'exercice des trois pouvoirs
fondamentaux, législatif, exécutif et judiciaire. Ces pouvoirs, qui constituent la souveraineté, sont entre les mains, soit d'un individu qui gouverne arbitrairement et selon son bon plaisir, soit d'un individu qui s'appuie sur des lois politiques antérieures dont la noblesse est la dépositaire et la gardienne [point de monarque, point de noblesse ; point de noblesse, point de monarqae,) soit enfin d'une partie ou de l'ensemble du peuple lui-même.
» A cette nature constitutionnelle d'un Etat répond son esprit ou son principe, qui est la condition et la règle des rapports des citoyens avec l'État despotique et arbitraire, l'honneur dans la monarchie, la vertu dans la république, et spécialement la modération dans l'aristocratie. C'est d'après ces principes que se déterminent nécessairement l'éducation, les institutions, les lois pénales, les lois somptuaires d'un État.
» Un gouvernement despotique suppose un très-grand territoire, la monarchie un pays de moyenne grandeur, la république un domaine plus restreint, et réciproquement ces diverses configurations territoriales amènent les constitutions correspondantes.
» La force du despotisme réside dans ia garde personnelle du prince; celle de la monarchie, dans les forteresses et l'armée permanente ; celle de la république, dans le courage des citoyens et leur mépris de la mort.
» Le climat a une influence extraordinaire sur la force physique et morale deshommes, et par conséquent sur la constitution d'un État ; Montesquieu lui attribue une importance qui se concilie difficilement avec la liberté morale de l'homme,
» Quant à la religion et surtout quant à la religion chrétienne, Montesquieu en parle avec autant de gravité que de respect ; toutefois on peut avec raison lui reprocher ce qu'on a dit de Gibbon, qu'il l'a pieusement enterrée.
» Le point de vue religieux de Montesquieu est le rationalisme théiste. Il a particulièrement contri-
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Lue au préjugé qui considère le protestantisme comme étant plus approprié aux constitutions libres, et le Catholicisme comme contraire à la liberté et favorisant surtout la stricte monarchie.
» On serait dans l'erreur si on croyait que Montesquieu eut une prédilection marquée pour laconstitulion républicaine. Suivant lui, des Etats de grandeur moyenne, comme la plupart des États de l'Europe, ne supportent que le régime monarchique. Mais la monarchie qu'il désire, c'est 1* monarchie constitutionnelle, avec le système des deux Chambres, la responsabilité des ministres ; la constitution anglaise est son idéal.
» Montesquieu répandit beaucoup d'idées libérales parmi ses contemporains, et fi est hors de doute qu'il contribua singulièrement à rendre la monarchie absolue impopulaire et à donner aux peuples la conviction qu'ils ont le droit de réclamer des constitutions libres. Mais si ses idées, souvent d'une clarté et d'une justesse parfaites, ont réellement préparé les esprits à s'opposer à la centralisation delà vie politique ou à la prétendue omnipotence de l'État, qui succéda à l'organisation bien plus libre du moyen âge, et si elles ont contribué à frayer la voie aune transformation insensible des gouvernements absolus, elles ne peuvent faire naitre dans l'esprit de personne la pensée et la résolution de renverser par la violence la constitution et la forme gouvernementale d'un pays, quelle qu'elle soit d'ailleurs ; car rien n'est plus diamétralement opposé aux passions révolutionnaires que le calme et la modération, la douceur et le caractère raisonnable des vues et des jugements politiques de Montesquieu.
» L'Esprit des Lois demeurera, en somme, une œuvre magistrale ; c'est la philosophie pratique des constitutions positives et des lois politiques dos Etats. La forme de l'ouvrage sera toujours remarquable par la précision, la vivacité de la pensée, l'exactitude, Ja concision, la netteté de l'expression.
» Le livre des Causes de la grandeur
et de la décadence des Romains a été appelé, avec raison, l'histoire romaine à l'usage des hommes d'État et des philosophes. L'auteur trouve les causes des progrès de la puissance romaine surtout dans la grandeur morale des anciens Romains, dans le développement continu de l'élément populaire, dans les différends nombreux qui agitèrent le peuple et le sénat, exaltèrent les forces des deux partis, qui surent toujours se calmer et s'unir subitement devant l'ennemi commun, etc.
» Mais l'extension exagérée de l'empire, l'admission trop facile aux droits de citoyen romain, la décadence religieuse et morale produite surtout par l'influence croissante de la civilisation grecque, l'appauvrissement des masses et les richesses énormes d'un nombre relativement petit de familles dissipant leurs trésors dans le luxe, la sensualité et l'orgueil, amenèrent nécessairement un changement dans la constitution de l'État, dans le despotisme inouï des Césars et le simulacre de l'empire romain d'Orient.
«Cet ouvrage n'est à proprement dire qu'une application des principes de l'Esprit des Lois à l'histoire d'un peuple particulier.
» Les Lettres persanes présentent, à côté de descriptions assez libres delà sensualité orientale, un tableau spirituel, souvent caustique, de la situation politique, ecclésiastique et sociale de son temps. Quelques Persans de distinction viennent en France, s'arrêtent à Paris, et décrivent, dans leurs lettres aux amis qu'ils ont laissés en Perse, la vie des Français, dont ils présentent avec esprit et justesse le côté ridicule.
Montesquieu s'exprime d'une manière souvent irivole et condamnable sur les questions religieuses et les choses ecclésiastiques; mais il ne faut pas oublier, pour être juste, qu'à cette époque les affaires et le personnel du clergé prêtaient par bien des côtés à la satire. 11 n'y a qu'un très-petit nombre de passages qui vont trop loin et qui outragent la religion chrétienne et l'Eglise elle-même.
» Montesquieu jouit, de son vivant,
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