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des saints, recueil rempli de contes semblables; mais les protestants ni les incrédules ne sont pas scrupuleux sur le choix des monuments ; ils séduisent les ignorants, et c'est tout ce qu'ils prétendent. Nous voudrions savoir en quoi les prières faites pour les morts en général sont déshonorantes; n'est-ce pas plu lot la critique de nos adversaires?
Bergier.
MORUS (Thomas) Théol. hist. biog.
et bibliog.) — V. Thomas More.
MOSAISME (Théol. mixt.
hist. relig:) V. Judaïsme.
scien.
MOSASAURE ou MOSASAURUS
(Théol mixt. scien. paléont.) — C'est un reptile fossile de l'ordre des sauriens. Il en existe un squelette à peu près complet de l m 50 de longueur, au muséum de Paris ; c'est celui qu'on nomme l'animal de Maastricht; il fut trouvé près de celte ville daus la craie blanche supérieure. V Ages
GÉOLOGIQUES, FOSSILES, etc.
Le Noir.
MOSCHUS (Jean.) (Théol. hist. biog.
et bibliog.) — Moine du vi° siècle, ami de Sophronius et du patriarche Jean l'aumônier, voyagea beaucoup en Orient et mourut àRome en (M9.
Il écrivit avec Sophronius le célèbre Pratum spirituale, dans lequel il raconte ses voyages. Jean Damascène et le second concile général de Nicée se trompent lorsqu'ils citent cet ouvrage comme étant de Sophronius, ami de Moschus ; il fallait dire de Moschus ami de Sophronius ; c'est ce que prouve la lettre de Moschus à Sophronius et le témoignage de Photius.
Le Noir.
MOSCOVITES. Voyez Russes.
MOSIIEIM (Robert de) (Théol. hist.
biog. et bibliog.) — Ce rêveur fanatique, doyen de la cathédrale de Passau à dater de 1522, se crut envoyé de Dieu pour renverser les quatre antechrists, (papauté, luthéranisme, zwinglianisme et anabap-
tisme), et fonder une nouvelle Jérusalem; il développa son radotagç dans quatre livres intitulés De monarchia et renascentia christianx fidei, prêcha contre la papauté qu'il disait être la prostituée de 1 Apocalypse, fit toutes sortes de démarches pour être entendu par le Pape, conféra avec les théologiens catholiques à la conférence de Haguenau, fut enfin dénoncé, arrêté et mis en prison où il mourut en 1544. Il blâmait surtout, dit M. Schrôdl, les mœurs dépravées du clergé, suites du célibat, la division du sacrement de l'eucharistie par la soustraction du calice, et la vente des choses sacrées par les honoraires de la messe. »
Le Noir.
MOSHEIM (Jean-Laurent de) (Théol.
hist. biog. et bibliog.) Ce théologien protestant, chancelier de l'université de Gôttingue, exégète médiocre, mais éloquent et lucide professeur et prédicateur, que notre Bergier attaque si souvent dans ses écrits, et même sur lequel il revient jusqu'à en êlre parfois fastidieux, naquit à Lubeck en 1694, fut élevé dans la religion protestante chez son père quoique celui-ci restât catholique , excita très-vivement l'attention du public par ses prédications et par ses cours de logique et de métaphysique, puis de théologie à Helmstadt, se lit même une grande réputation dans toute l'Allemagne, finit par accepter plus tard la place de chancelier de Gôttingue où il professa huit ans avec autant de zèle que de succès, et succomba enfin à sa mauvaise santé après de longues souffrances endurées avec douceur et patience, en
Mosheim écrivit beaucoup, notamment sur l'Histoire ecclésiastique. Il laissa plus de 150 ouvrages, parmi lesquels on peut citer : Discours sacrés sur des vérités importantes de la doctrine de Jésus-Christ, six parties, Hamb., 1757, in-8°; Morale de l'Écriture sainte, cinq parties, Helmstadt, 1735-1753, in-4° ; Radulpld Cudworthi systema intcllecluale irniversitalis, seu de veris rerum rationibus et oriyinibus commentarii, quibus omnis eorum qui
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Deum esse negant philosophia et ratio funditus evertitur. Omnia ex Ancjlico sermone Latine vertit, reccnsuit, prolegomenis et indice instruxit J.-L. M., Ienœ, 1733, in -fol; Essai d'une histoire complète et impartiale des hérésies, trois livraisons, Helmstadt, 1748, in-4° ; Nouveaux détails sur le fameux médecin espagnol Michel Serveto, llelinst., 1750, in-4°; Dissertalionum ad sanctiores disciplinas pertinentium syntagma, Lips., 1733, in-4°.
Le Noir.
MOTEUR (TTidoL mixt. scien. mécan.
et ontol.) — Aucun effet ne se peut obtenir dans la mécanique sans une force motrice ou uu moteur. Il y a les moteurs naturels animés, qui sont les forces musculo-nerveuses de l'homme et des animaux ; dans le jeu de ces moteurs, il est un point central inexpliqué et incompi'éhensible qui détermine toute la série des mouvements qui s'ensuivent. Il y a les moteurs naturels inanimés, qui sont les forces physiques et chimiques, telles que la pesanteur, la chaleur, l'électricité, l'affinité moléculaire, etc., et dans ceux-là encore est un point central déterminant la chaîne des résultats, et tout aussi mystérieux que le premier. Quand on parledemoteurs à air chaud, demoteurs à colonne d'eau, de moteurs à gaz à action directe (moteur Lenoir) de moteurs à gaz à action indirecte de moteurs électriques ou électromoteurs, de moteurs hydrauliques, de moteurs ou machines à vapeur, etc., on n'entend parler que de lappareil qui sert de corps, de système d'orgaues propres à recevoir l'action de cette force centrale inexplicable dont nous venons de signaler la nécessité pour déterminer le mouvement ; c'est l'âme invisible de la machine, aussi indispensable à l'action que l'âme de l'homme ou de l'animal est nécessaire à la machine naturelle pour que cette machine ne soit pas inerte, morte, semblable à un cadavre. C'est la vie, mère du mouvement; c'est la chose dont l'esprit voit qu'il est impossible de se passer, et que cependant nos yeux ne peuvent voir, nos mains toucher, aucun de nos sens sentir. Soyez donc posi-
tiviste avec cette évidence constante du besoin de quelque chose d'invisible et d'insensible sans laquelle vous n'aurez jamais que l'organe inerte à l'état de mort, que le rien parce qu'il lui manque ce qui est tout en lui.
Voilà ce qui poussa invinciblement te génie d'Aristote à reconnaître Dieu dans la grande machine universelle. Si chaque machine particulière, soit naturelle, soit construite par l'art, a besoin d'un moteur invisible, particulier, l'ensemble des machines naturelles et artificielles pourra-t-il se passer d'un moteur universel également invisible, d'une âme entéléchique qui ait en elle sa force innée et dont les moteurs particuliers ne soient que des emprunts et des participations? Cette âme entéléchique, force des forces, moteur des moteurs, est Dieu même.
Il y a en effet, deux sortes de moteurs invisibles nécessaires , l'une ou l'autre, à tout ce qui a mouvement .
La première est assujettie à une fatalité résultant de lois qui ne lui demandent pas conseil dans la production de ses effets ; la seconde, tout en résultant de séries antécédentes dans ses conditions d'être, est libre de déterminer telles ou telles séries subséquentes et devient , par son choix, une espèce de cause première dans le relatif, une cause entéléchique comme la cause absolue, quoique nécessairement dépendante d'elle ; nous le savons par le fait conscientiel de notre liberté. Mais comme elle, est déjà, de sa nature, une force résultante, il lui faut, aussi bien qu'à l'autre, une source primordiale qui ne peut être qu'entéléchique absolument, force non causée, la force par excellence, ou simplement la force.
C'est ainsi qu'Aristote arrivait à Dieu, tandis que Platon y arrivait plus pratiquement, mais non moins philosophiquement, par les idées dont l'ensemble archetypique et originel ne peut être que l'éternel Logos.
Ils sont beaux ces deux grands chefs, l'un fournissant aux Thomas d'Aquin les bases de leurs argu-.
ments, l'autre fournissant aux Au-
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gustin les assises de leurs constructions philosophiques! et qu'ètes-vous, pauvres contemporains qui vieillissez sur vos machines en vous acharnant à expliquer leurs productions de forces, sans la force.
Le Noir.
MOTS (l'abus et l'altération des) (Théol. mixt. philos, mor. scien. êtymol.) — Les passions humaines sont sans cesse occupées de faire dévier, selon leurs intérêts, le sens des mets.
C'est de ce germe que naît constamment dans l'humanité un travail en vue de la multiplication des langages.
Ce n'est pas assez de la confusion de Babel, il faut que toutes les confusions se superposent à celle-là pour compléter son œuvre satanique ; ou plutôt, c'est toujours la même confusion qui se poursuit et qui produit les mêmes résultats. Nous la voyons travailler sous nos yeux avec une fureur qui ne fut jamais dépassée.
Cependant l'humanité ne devrait-elle pas tendre à l'union, et n'anrait-elle pas assez de réconciliations à opérer dans les choses, sans s'évertuer à mettre le désordre et la division jusques dans les mots d'une même langue? Nous ne sommes pasmaîtres des foules et de leurs passions, nous autres gens sages qui nous servons des mots avec la réflexion qu'exige l'usage de la plume ; mais au moins ne devrions-nous pas nous mettre à la remorque de ce tumulte inconsidéré où tout se mélange et se confond ; au moins devrions-nous maintenir autant qu'il est en nous, les mots de nos langnes daus leur ligne étymologique naturelle, en continuant, malgré la tempête populaire, de nous en servir daus leur sens primitif. C'est ce que nous ne faisons pas, et nous apportons ainsi notre coup d'épaule au désordre. Pitié sur les peuples! et, sur les directeurs des peuples, trois fois pitié !
En vue de réagir autant que possible contre cette malheureuse tendance, nous nous sommes fait, en notre particulier, une règle de conduite que nous exposerons dans cet article ; nous souhaitons que beaucoup d'auteurs nous imitent ; en la
suivant, nous faisons tout ce que nous pouvons faire.
Quand l'étymologie d'un mot se perd dans une filiation inconnue, il serait inutile et puéril de perdre son temps à la rechercher, quand on ne fait pas de la linguistique, et le seul parti qui reste est d'employer ce mot selon l'usage reçu; c'est là qu'il faut suivre le vocabulaire de son temps, accepté par la société lettrée qui fait autorité ; en France, c'est la décision de l'Académie qu'il convient de suivre.
Mais quand cette étymologie ne remonte pas haut, est encore présente à toutes les mémoires, et que c'est dans notre époque même que se fait le détournement vers l'acception illégitime, nous regardons comme un devoir pour l'honnête écrivain d'user de ce mot selon son acception naturelle, ou au moins, si déjà l'altération est devenue générale, de ne céder à l'entraînement qu'avec des restrictions qui soient une tentative de rappel des esprits vers le sens primitif (1). Prenons des exemples :
Soit le mot radical, radicalisme. Il n'existe pas de mot meilleur que celui-là. Il est opposé à celui de superficiel. Il indique l'esprit ou le système solide qui s'appuie sur la base des choses, sur leurs racines, sur le fond de leur être, et qui ne s'en tient pas à leur superficie. Cependant parce qu'un parti s'en empare avec ou sans raison, question que nous ne devons point traiter en ce moment, il devient une injure dans la langue des autres partis. Donnerons-nous dans ce détournement? Non, pour nous le
(1) Nos observations n'ont pas une égale application à toutes les langues ; c'est principalement à nos Iangne6 fle.xives qu'elles s'adre-sent; les langues monosyllabiques ne sont pas exposées de même à ces détournements du sen6 des mots, puisque les mots de ces langues sont les racines elles-mêmes invariables et toujours également visibles et sensibles ; les langues agglutinantes y sont moins exposées aussi, quoiqu'elles commencent de subir l'inconvénient; mais tontes ces langues sont bien inférieures aux nôtres à beaucoup de points de vue; elles favorisent bien davantage le sommeil et l'immobilité de la pensée. Ce sont les langues a flexions qui favorisent le progrés constant et qui expriment véritablement le mouvement et la vie. Il faut leur pardonner l'inconvénient que nous signalons en\ considération d'avantages immenses qui le contrebalancent; mais ne faut-il pas toujours lutter coutre» les excès des qualités, puisqua ces excès redeviennent des défauts?
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mot radical restera signifiant ce qu'il doit signifier, quel que soit le parti qui se l'appliquera ; il signifiera le conlraire de superficiel, et l'homme radical, la théorie radicale, continueront dans, notre langage, d'être l'homme solide et la théorie sérieuse basée sur la racine, Qui s'en fera l'application sans la mériter, sera réfuté par nous en lieu convenable; qui méritera cette qualification, essentiellement bonne en elle-même, sera par nous applaudi.
Soit le mot panthéisme. Ce mot signifie naturellement un système d'après lequel c'est Dieu qui est tout, en toute chose, qui sert à expliquer tout, qui est la raison de tout, etc.
Nous ne pourrions jamais trouver d'expressions assez fortes pour dire ce qu'est Dieu, en réalité, dans tous les êtres, puisqu'il est la seule force radicale éternelle, dont toute force dérivée ne peut être qu'une information, une particularisation, une participation, selon l'expression de saint Thomas. Le mot panthéisme est donc en lui-même un bon mat, un mot meilleur que celui de théisme, parce que ce dernier n'exprime que l'existence de Dieu, tandis que l'autre exprime à la fois que Dieu est et que tout est « en lui, par lui, de lui, »
in ipso, per ipsum, ex ipso. Quand saint Paul disait que « c'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire, • operatur in nobis et velle et perfuere, il était panthéiste jusqu'à la limite la plus extrême ; il prenait le point le plus délicat, le point par lequel s'affirme le mieux, en nous, notre personnalité, celui de notre liberté morale dans le vouloir et le faire, le point, par conséquent, sur lequel il semble qu'il soit le plus dangereux d'affirmer le panthéisme ; et cependant il ne craint pas de dire formellement de ce point lui-même, que c'est encore Dieu qui le produit en nous : il est impossible d'être plus panthéiste ; et il l'est jusqu'à ce point, parce qu'il ne craint pas qu'on lui fasse dire que notre personnalité ne soit rien, le sentiment que nous en avons étant une perpétuelle protestation de conscience contre un pareil excès, contre une telle déraison. Le
grand apotre est donc, là, panthéiste sans crainte, parce qu'il ne peut l'être que jusqu'à la limite raisonnable, nécessairement sous-entendue par suite du fait empirique de notre existence. C'est donc un bon mot que le mot panthéisme. Cependant on a tant subtilisé dessus, qu'on est allé jusqu'à lui faire signifier que nous n'existons pas, que nous ne sommes pas nous, que nous n'avons point une personnalité responsable de nos actions librement accomplies* et le mot panthéisme a été ainsi détourné de son sens naturel pour exprimer un non-sens, une absurdité, une bêtise sans cesse réfutée par notre conscience. Nous aimons donc à rendre au mot panthéisme, quand nous en trouvons l'occasion, son acception vraie, qui est bonne, et nous le faisons souvent. Cette manière de procéder a, de plus, l'avantage de rappeler à nous des esprits qui, se disant panthéistes, ne le sont au fond, que comme il convient de l'être, et qui se considèrent et sont considérés, à cause du mot, comme des ennemis, tandis qu'ils nous sont amis dans la chose. Cependant comme le mot est devenu si largement appliqué dans de mauvais sens, si absurdes qu'ils soient, nous sommes souvent obligé de le recevoir aussi dans ces sens-là, et de le répudier loin de nous ainsi compris.
C'est pour éviter la confusion que nous disons souvent panthéisme rationnel et panthéisme erroné.
Soit le mot rationaliste. Quoi de pius excellent que ce mot-lkf II exprime l'esprit qui suit la raison, le bon sens, l'évidence, les prend avec Descartes pour bases ultérieures de ses démonstrations et de ses certitudes, en n'excluant aucun des moyens de connaître qui puissent se présenter à lui avec des titres bien établis, des motifs de crédulité b.en démontrés; celui-là qui rejetterait ces moyens de connaître, quels qu'ils soient en euxmêmes, dès là qu'ils se présentent avec de bonnes preuves, ne serait évidemment plus rationaliste, puisqu'il s'arrêterait en chemin dans les déductions de sa raison. C'est donc un bon mot que le mot rationalisme, un mot
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qui, à la fois, demande que les choses proposées à la foi soient bien établies, et exige que la foi soit donnée à tout enseignement qui se présente armé de titres péremptoires aux yeux de la droite raison; il dit tout en disant les deux choses que nous venons d'exprimer. Et cependant on a détourné ce mot à la qualification de systèmes négatifs, qui admettent une partie des évidences et des démonstrations rationnelles, la partie qui leur plaît, et rejettent l'autre, commes'ils avaient le droit de mettre en coupe la raison et de dépecer la vérité. En conséquence, n'oubliant jamais le sens logique et pur du mot rationalisme, nous nous en servons comme du précédent, par les mêmes motifs.
Soit le mot libéral. Y a-t-il encore un meilleur mot que celui-là? Il signifie, l'homme qui ne reconnaît au gouvernement civil aucun droit de s'ingérer dans l'ordre religieux, dans l'ordre philosophique, dans l'ordre artistique, dans l'ordre littéraire , dans l'ordre scientitique , dans l'ordre de conscience, dans aucun des ordres qui ne sont pas le sien. Avec le système du vrai libéral, la vérité vaincra par sa propre vertu; la vérité doit être et est en soi tellement supérieure à l'erreur que, toutes les ruses de celle-ci finissant par s'élucider, ce ne peut être que la vérité qui triomphe dans une discussion vraiment libre et indéfinie. Mais que fait-on tous les jours du mot libéral! On le fait signifier précisément le contraire de ce qu'il dit, en le forçant de servir de qualificatif à des systèmes entachés de partialité, qui osent donner à l'Etat des droits d'ingérence dans des ordres àe choses où toute compétence lui fait défaut, principalement dans les ordres ecclésiastiques, et cela sous le prétexte menteur que cette ingérence ne sera qu'une protection de la liberté.
Nous n'acceptons point dans notre style un pareil détournement du sens naturel, et nous continuons d'entendre par libéral celui qui, comme nous, veut franchement, loyalement, impartialement, la liberté.
Si nous parcourions tout le vocabulaire à la mode au moment où nous écrivons, nous y trouverions
beaucoup de mots qui, par l'usage abusif qu'on en fait nous porteraient à des réflexions semblables. Qu'a-t-on fait du mot jésuite, dont l'etymologie est pourtant si frappante qu'elle semblait lui imposer un sens à jamais inaltérable? Qu'a-t-on fait du mot libre-penseur qui ne peut pas signifier qu'on a la liberté de penser tout ce qu'on veut, de penser, par exemple, que le soleil ne se lève pas tous les matins, mais seulement que la pensée peut librement se dilater dans la recherche des énigmes, sous la condition de la bonne foi et de la soumission naïve aux évidences que la conscience découvre et à toutes leurs déductions logiques ; est-on libre de penser qu'il puisse y avoir des effets sans cause, et ce principe étant admis nécessairement parce qu'il est l'éclatante vérité qui s'impose, est-on libre de ne pas penser que l'ensemble de tous les effets n'ait pas une cause universelle, en d'autres termes que Dieu n'existe point, après qu'on l'a défini la cause universelle? Et ainsi de tous les conséquents des syllogismes enforme?Mais dans cette limite, nous portons le défi au plus audacieux libre-penseur de l'être plus que nous ne le sommes avec notre christianisme ; d'un autre côté, que les soi-disant libres-penseurs de notre âge, les positivistes à la mode se disant les fils de Voltaire, et qui ne le sont qu'avec des réserves, reçoivent de Garibaldi lui-même , au milieu de ses violences excentriques anticléricales, la flétrissure qu'ils méritent ; il disait d'eux l'autre jour dans une lettre au général Bordone, écrite de Caprera 1 er juillet 1874, à l'occasion du centenaire de Pétrarque:
« Les hommes qui ont préparé la grande révolution française, à qui le monde doit la déclaration des droits de l'homme, les Voltaire, les Diderot, les d'Alembert et toute cette pléiade de géants rougiraient certainement d'avoir pour successeurs les tristes pigmées qui font aujourd'hui le malheur de l'humanité. » Qu'a-t-on fait du mot droit divin qui ne devrait pas signifier un système politique, une théorie de parti, mais-le droit pur en soi, qui est toujours
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divin dès là qu'il est le droit? Etc., etc., etc.
Mais, dira-t-on, l'Eglise n'a-t-elle pas condamné le panthéisme, le rationalisme, le libéralisme, et ne doiton pas s'attendre à la voir condamner tous les radicalismes ?
Nous répondons qne jamais l'Eglise n'a condamné ni ne condamnera les mots ; elle ne condamne que les erreurs qui sont signifiées par les mots dont on se sert pour les exprimer au moment où elle les condamne. Ce n'est pas à elle de résoudre les questions de grammaire et de lexicologie ; ces questions sortent, ainsi que toutes celles qui ne sont pas de foi ou de morale religieuse, du cercle de son infaillibilité. Elle prend telle ou telle expression dans le sens abusif qui lui est attribué et condamne ce sens en lui-même sous l'expression reçue au moment où elle condamne. C'est ainsi qu'elle a condamné le rationalisme, le panthéisme, le libéralisme prétendu, lorsqu'elle a parlé dans sa compétence. Jamais elle ne condamnera, en parlant dans cette limite dont elleadéterminé ellemême l'étendue, de fide vel moribus, le rationalisme, le panthéisme, le libéralisme tels que nous les interprétons ; et si quelque jour ces expression étaient ramenées , dans leur usage commun, à signifier ce que nous leur faisons signifier lorsque nous les prenons dans leur bonne acception, cette acception ne serait pasplus condamnée que si l'on n'avait jamais abusé des mêmes expressions dans un sens condamnable et condamné. Loin de proscrire par exemple notre rationalisme, l'Eglise le consacre par la voix solennelle de son concile du Vatican ; et il en est de même de tout le reste. Soutenir le contraire, serait soutenir que l'Eglise, potestatem habens, peut condamner le bon sens. Il faut toujours, lorsqu'il s'agit d'une formule qui a été proscrite, remonter à l'époque ou elle fut proscrite, et trouver le sens mauvais qu'on lui attribuait et qui fit condamner celte formule. Si la formule a pris une nouvelle nuance dans les esprits, par le laps des temps et par les modifications qu'a
subies la langue, la condamnation ne porte plus sur elle, que prise selon la nuance mauvaise qu'elle affecta dans le langage de l'époque. Si les détournements des bons mots à des sens erronés, que nous avons cherché a faire comprendre par quelques exemples, n'avaient jamais lieu, si l'on s'attachait à un sens fixe fondé surune étymologie toujours présente aux esprits et dont on ne s'écarterait jamais, les condamnations se feraient une fois pour toutes et n'auraient pas besoin de se multiplier de, la sorte ; mais l'erreur cherche toujours à se faufiler subrepticement sous les meilleurs termes; elles les vole à la vérité ; et l'Eglise, obligée de la suivre dans ses tours de passe et ses déguisements, se voit forcée à tout instant d'envelopper, sous ses anathèmes, les expressions qui lui sont ainsi présentées comme servant de refuge et de moyens de passage à des faussetés qui, dans leur nudité, eussent été trop rebutantes pouroser se montrer sur la place publique.
Mais nous autres écrivains, considérés dans notre liberté particulière, nous ne sommes pas comme l'Eglise obligés de suivre l'erreur dans ses travestissements devant les foules ; il nous est bien permis de ramener, malgré elle, les mots dont elle se sert, au sens naturel qu'ils auraient dû toujours conserver, et nous jugeons, en général, qu'en agissant ainsi, nous mettons enjeu, contre l'erreur et ses subterfuges, une tactique qui en vaut bien un autre, parce qu'elle consiste à la désarmer.
Le Nom.
MOUSSES (les) (Théol. mixt. scien.
bot.) — Ces plantes, qui appartiennent aux cryptogames acrogënes, classe des mtiscinëes, sont des plus curieuses parmi les œuvres de Dieu; les mystères de leur constitution, de leur reproduction surtout, étant beaucoup plus cachés que les mystères correspondants chez les phanérogames, ont été découverts beaucoup plus tard et n'ont été à peu près connus que dans les temps modernes. Ces végétaux sont cependant les plus communs, ils croissent partout en
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abondance, sur les terres les plus arides, sur les pierres, sur les monuments, sur les écorces des arbres, et, quoique se ressemblant à peu près lous, sont pourtant d'un grand nombre d'espèces, dont les caractères, très-distincts, ne se confondent que^parce que les plantes sont extrêmement petites. Eu -1846, on en comptait 2, 353 espèces dont plus de 1200 appartenaient à l'Europe ; depuis ce temps, ces chiffres se sont beaucoup accrus. Leur reproduction se fait, non par des graines comme cbez les phanérogames, mais par des spores comme cbez les cryptogames.
La spore est une petite granulation de nature bomogône, qui diffère de la graine en ce qu'on n'y reconnaît point, comme dans celle-ci, des parties distinctes et un petit modèle, non encore développé mais embryonnaire, de l'être qui en sortira. Voici ce qui se passe lorsqu'une spore de mousse reproduit une mousse : elle germe des filaments simples qui deviennent ensuite rameux et qu'on nomme filets embryonnaires ; l'ensemble touffu de ces filets prend le nom àe proembryon ou de pseudo-cotylédon. Elle est la première production de la spore ; cette production reste dans cet état pendant trois semaines environ. Après ce temps, il se forme à l'extrémité de l'un des filets une sorte de protubérance celluleuse, qui se développe en bourgeon à plusieurs feuilles et qui est l'embryon véritable de la plante. Le reste des filets ou du proembryon sert à fournir la nourriture à la plantule comme le cotylédon dans la graine. C'est de la partie supérieure du bourgeon que sort la tige et de la partie inférieure que sortent les racines ; quand la tige et les racines ont pris un certain accroissement, le proembryon est épuisé et meurt. Mais à sa place s'étendent les racines véritables en filaments très-déliés, et il s'en forme en même temps de nouvelles, qu'on appelle racines secondaires, soit la long de la tige, si elle est rampante, soit aux aisselles des feuilles, et souvent ces racines forment un inextricable lacis qui unit les mousses les unes aux autres, solidifient la terre,
assainissent les marais, aident à soutenir les dunes, etc. Les tourbières des marais sont en partie formées d'une sorte demousscs qu'onappelle les sphaignes. Ces mousses ont, dans leur tissu, des pores qui pompent l'eau avec les mfusoires dont elle est remplie ; parfois des mousses sont asséebées par le grand développement de sphaignes qui se fait tout à l'entour.
On a fini par découvrir, à l'aide du microscope dans ces derniers temps, dans les organes des mousses qui produisent les spores, les deux sexes ; ils ne sont pas représentés par des ileurs mâles et par des fleurs femelles comme cbez les phanérogames ; mais ils le sont par des parties qui correspondent aux fleurs unisexuées ou hermaphrodites de ceux-ci. Les parties mâles se composent de trois éléments principaux qu'on nomme le périgone, les anthéridies et les paraphyses ; les anthéridies sont des filaments terminés par une anthère dans laquelle nagent d'autres filameuts plus petits ressemblant à des animalcules. Les parties fcmellas ont aussi troiséléments principaux, lepérichèse, les archégones ou pistils et les paraphyses; dans les archégones on distingue un ovaire, un style et un stigmate. C'est l'ovaire qui devient le fruit ou la spore, granule sphérique dont nous avons parlé, à noyau et à liquide oléagineux renfermés dans une bourse membraneuse. Il y a des mousses dont les archégones et les anthéridies ont des enveloppes distinctes ; et il y en a d'autres dont ces deux parties sont contenues dans la même enveloppe; ce sont ces dernières que l'on considère comme hermaphrodites.
Les mousses se multiplient aussi par bourgeons ou boutures, espèces de bulbilles qui les reproduisent avec une grande abondance.
Ce sont les détritus des mousses qui forment l'humus, les tourbes, etc.
Qui n'a profité du coussin dont elles revêtent le sol, et à combien de petits animaux fournissent-elles des refuges? Quelle harmonie dans la création! On nommait autrefois la science qui a pour objet l'étude des mousses,
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la muséologie; cette science prend aujourd'hui ie nom de bryologie.
Le Nom.
MOUVEMENT (Thèol. mixt. scien.
cosmol. et ontol.) — Tout dans l'univers est en mouvement; le repos absolu n'est nulle part. L'animalcule microscopique est en mouvement, comme le mammifère; la sève du végétal est en mouvement comme le sang de l'animal; la terre est en mouvement ainsi que toutes les planètes ses sœurs; tous les globes des cicux sont en mouvement constant.
Notre soleil avec tout son système se transporte dans l'espace probablement autour d'un centre, qui se transporte lui-même en entraînant tous les systèmes de mondes qui dépendent de lui. L'univers n'est autre chose que le mouvement dans le mouvement.
Cependant le mouvement ne peut pas être absolu ; il ne peut pas être le résultat d'un fatum aveugle, éternel ; il n'y a que le repos qui pourrait être cela. L'esprit ne dit-il pas avec évidence que le mouvement est par son essence quelque chose de relatif, puisqu'il ne fui est pas plus nécessaire en soi de se faire dan. telle ou telle direction que dans telle ou telle autre, de se produire avec telle ou telle vitesse qu'avec telle ou telle autre vitesse, d'affecter la ligne courbe plutôt que la ligne droite, de s'accélérer plutôt que de se ralentir, et le reste?
Ce n'est que le repos qui pourrait être absolu ; s'il y avait un repos universel on courrait dire : Voilà la nature essentielle des choses, voilà l'éternité, voilà tout ce qui est et tout ce qui sera à jamais, /lais avec le mouvement, c'est ce qu'où ne peut pas dire. Il a fallu une liberté qui a choisi, qui a voulu tel ou tel mouvement, comme dans ma petite sphère, je veux remuer mon bras adroite plutôt qu'à gauche, en avant plutôt qu'en arrière, vite plutôt que lentement. 11 est impossible de comprendre le mouvement sans cette liberté originelle comme cause déterminante, de comprendre le mouvement comme absolu ; ou pour parler plus exactement, il y a cette différence ontologique entre le mouvement et le repos, que l'on com-
prend avec clarté l'impossibilité du mouvement éternel, et la nécessité en lui de la relation, taudis que l'on pourrait supposer dans le repos l'éternel absolu.
Donc l'univers nous montre à tout instant qu'il se rattache à quelque force libre, qu'il a commencé ses mouvements sous une impulsion volontaire, qu'il n'est ce qu'il est que parce qu'une liberté a voulu qu'il soit ainsi ; donc l'univers à tout instant montre Dieu.
Le Nom.
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MOYETTES (Théol. mixt. indust.
agric.) — Il rentre dans la mission des ministres de la religion, ces laboureurs des âmes qui pour la plupart habitent les champs et sont sans cesse en relations avec les laboureurs de la terre, de faire leurs efforts pour répandre les procédés utiles, dont la routine arrête l'introduction dans certaines contrées. L'habitude de mettre le blé en moyen,, aussitôt aprèsl'avoir scié, ou coupé ou fauché, est une des meilleures que l'on pui e conseiller et qui devrait régner i tout, notamment dans le paj ouïes temps de la moisson sont parfois pluvieux. Quoique dès 1004 Olivier de Serres eut déjà quelque peu mis sur la voie de faire des moyettes, qu'en 1771 Ducame de Blangi eut formellement décrit la manière de les faire , et qu'un peu plus tard Rozier les eut recommandées dans son Cours complet d'agriculture sous le nom de gerbii rs momentanés, l'usage n'en existe encore que dans quelques contrées. Les avantages sont nombreux et cottsidérahlea, On peut couper les céréales un peu avant qu'elles ne soient mûres, afin qu'elles s'égrènent moins; les graine prennent une apparence beaucoup plus belle, en achevant de mûrir en moyettes, et surtout, l'on n'en perdra jamais par les pluies, si l'on emploie ce procédé.
Il consiste à prendre, à deux personnes, chacune une brassée du blé qu'on vient de couper et qui est en javelles, à mettre debout, l'épi en haut, ces deux brassées en les appuyant l'une contre l'autre, à régulariser un peu le bas pour donner du pied contre
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le vent et faciliter la circulation de l'air, et à placer par-dessus un chapeau fait avec une autre brassée de blé, lié avec un lien vers son pied, et entr'ouvert du côté des épis. Ce chapeau protège contre la pluie les épis de la moyette et ses épis à lui sont aussi protégés, parce qu'ils sont inclinés vers la terre. On peut aussi lier la moyelte au-dessous des épis avant de la couvrir de son chapeau; quand on la fait forte, cette précaution la rend plus solide, mais on peut s'en passer, afin d'aller plus vite. Le blé en moyettes se moque du mauvais temps; il peut attendre un mois ainsi; quand on le met en gerbe, eùt-il plu le mois durant, qu'il no s'en aperçoit pas ; il n'est que plus sain et plus beau pour avoir attendu.
Le Noir.
MOYSE. Voy. Moïse.
MOZARABES, MUZARABES, ou MOSTARABES. On nomme ainsi les chrétiens d'Espagne, qui, après la conquête de ce royaume par les Maures, au commencement du huitième siècle, conservèrent l'exercice de leur religion sous la domination des vainqueurs ; ce nom signifie mêlés aux Arabes.
Les Visigoths qui étaient ariens, et qui s'étaient emparés de l'Espagne au cinquième siècle, abjurèrent leur hérésie, et se réunirent à l'Eglise dans le troisième concile de Tolède, l'an 589. Alors le christianisme fut professe en Espagne dans toute sa pureté, et il était encore te! six vingts ans après, lorsque les Maures détruisirent lu monarchie des Visigoths. Les chrétiens, devenus sujets des Maures, conservèrent leur foi et l'exercice de leur religion, soit dans les montagnes de Castille et de Léon, où plusieurs se réfugièrent, soit dans quelques villes où ils obtinrent ce privilège par capitulation. De là on a nommé Mozambique le rit qu'ils continuèrent à suivre, et messe Mozambique la liturgie qu'ils célébraient ; l'un et l'autre ont duré en Espagne jusque sur la lin du onzième siècle, tesips auquel le pape Grégoire VII engagea
les Espagnols à prendre la liturgie romaine.
Pour tirer de l'oubli cet ancien rit, et le remettre en usage, le cardinal Ximénès fonda, dans la cathédrale de Tolède, une chapelle dans laquelle l'office et la messe Mozambique sont célébrés ; il fit imprimer le Missel l'an 1500, et le Bréviaire en 1502; ce sont deux petits in-folio. Comme il n'en fit tirer qu'un petit nombre d'exemplaires , ces deux volumes étaient devenus très-rares et d'un prix excessif; mais ils ont été réimprimés à Rome en 1755, par les soins du P. Leslée, jésuite, avec des notes et une ample préface.
Cet éditeur s'attacha à prouver que la liturgie Mozambique est des temps apostoliques, qu'elle a été établie en Espagne par ceux-mêmes qui y ont porté la foi chrétienne; qu'ainsi saint Isidore de Séville et saint Léandre son frère, qui ont vécu au commencement du septième siècle, n'en sont pas les auteurs, qu'ils n'ont fait que la rendre plus correcte, et y ajouter quelques nouveaux offices II fait voir que cette liturgie a été constamment en usage dans les églises d'Espagne depuis les temps des apôtres, nonseulement jusqu'à la fin du règne des Visigoths et au commencement du vm e siècle, mais jusqu'à l'an 1080 ; que les papes Alexandre II, Grégoire VII et Urbain II ne sont venus à bout qu'après trente ans de résistance de la part des Espagnols, de leur faire adopter le rit romain.
Le père Le Brun, qui a fait aussi YHistoire du rit Mozambique, t. 3, p. 272, observe que, dans le missel du cardinal Ximénès, ce rit n'est pas absolument tel qu'il était au vn e siècle; mais que, pour en remplir les vides, ce cardinal y fit insérer plusieurs rubriques et plusieurs prières tirées du missel de "/olède, qui n'était pas le çur romain, mais qui était conforme en plusieurs choses au missel gallican ; il distingue ces additions d'avec le vrai Mozarabe, et compare celui-ci avec le gallican. Le père Leslée, qui a fait la même comparaison, pense que le premier est le plus ancien : le père Mabillon, qui a