POIDS
Kilogrammes.
Chômer. . . .
Séah
Ilin
Kab
Log
Le Noir.
MÉTALLURGIE (Théol. mixt. scien.
chim. indust.) — Parmi les richesses que Dieu a cachées dans la nature et qu'il nous a données à découvrir comme autant de mots d'énigmes, il faut placer en première ligne les métaux utiles à nos industries ou susceptibles d'être utilisés. Nous tenons seulement à mettre le théologien qui nous lira à même de pouvoir
mêler, à l'occasion, son mot dans les conversations, sur les procédés d'extraction qu'a inventés le génie de l'homme et sur les applications qu'il fait de ces richesses à la satisfaction de ses besoins ; or, c'est ce que nous allons faire en nous bornant à ce qui concerne le nouveau métal entré depuis vingt ans dans l'industrie, l'aluminium. A l'époque où cette trouvaille nouvelle, une des plus intéressantes de notre époque, faisait tant de bruit, nous donnions dans un journal une explication assez détaillée sur les propriétés, les emplois principaux, et le mode d'extraction de l'aluminium du sein des argiles ; nous nous contenterons de reproduire ici la plus grande partie de cette explication.
« L'aluminium tire son nom du mot alumcn, nom latin d'un sel double, que nous appelons alun et qui se compose 1" d'une espèce de terre, nommée alumine, entrant comme partie principale dans la composition de toutes les argiles; 2° d'acide sulfurique, ce qui en fait un sulfate; 3° entiu, d'une autre matière qui est ou de la potasse ou de l'ammoniaque, d'où deux espèces d'alun, celui qui est à base de potassse et celui qui est à base d'ammoniaque. Ce n'est pas que l'aluminium soit ordinairement tiré de l'alun ; il est extrait, comme nous le disons, de l'alumine elle-même fournie par la nature dans un état de pureté plus ou moins imparfait, mais il se trouve aussi, par là même, dans l'alun, puisque l'alun contient de l'alumine, et l'on peut aussi l'en extraire.
L'élément proprement dit, qui est l'aluminium, un des corps simples de la chimie moderne, a, dans cette circonstance, tiré son nom d'un corps composé connu bien avant lui, dans lequel il entre comme partie plus caractéristique.
» Ce métal, qui commence de devenir un grand objet de commerce, a des qualités toutes particulières. Il est d'abord d'une légèreté qui parait étrange quand on la rapproche de ses autres propriétés. Il pèse environ trois fois moins que le fer, et plus de sept fois moins que le platine. Si,
MET
MET
par exemple, un bloc de fer galvanisé pèse 7 kilogrammes et demi, un bloc d'aluminium de même volume ne pèsera que 2 kilogrammes sept dixièmes, et le bloc correspondant de platine pèsera environ 21 kilogrammes et demi. I/or, l'argent, le cuivre, l'élain, le plomb, etc., varient leurs poids bien au-dessous du platine, dans les environs de la pesanteur du fer, et n'approebent pas de la légèreté de l'aluminium; il y a cependant deux autres métaux qui sont encore plus légers que ce dernier : ce sont le sodium, qui sert de base à la soude (protoxyde de sodium) ainsi qu'au sel de cuisine (chlorure de sodium), et le potassium, qui sert de base à la potasse (oxyde de potassium), décomposée, pour la première fois, par Davy, vers 1802; mais ces deux métaux n'ont pas les autres qualités que possède l'aluminium et qui le rendent utilisable comme métal dans l'industrie. En résumé, et pour donner une idée de son poids que tout le monde puisse saisir, il pèse comme le verre.
» A cette légèreté se joignent d'autres propriétés très-importantes et même très-curieuses dont voici les principales.
» L'aluminium est doué d'une mollesse particulière qui le rend facile à découper; sous ce rapport, il semble pâteux jusqu'à un certain point, et il n'en est pas moins trèsrésistant, très-solide et très-tenace.
Sa force est énorme pour résister aux chocs et pour supporter des poids lourds, malgré la facilité avec laquelle il se laisse entamer par les instruments. Il est aussi d'une ductilité surprenante ; on peut l'étirer en fils d'une extrême finesse ; M. Froment, le grand chercheur des applications de l'électricité comme force motrice, en fait des iils dont nous avons vu des échantillons, lesquels sont tellement légers que des fils d'argent du même poids ne se soutiendraient ni ne se verraient plus ; et ces fils sont encore capables de supporter 100 kilogrammes sans se rompre. Il faut bien comprendre, au reste, que ce résultat est dû en partie à la légèreté spécifique du nou-
veau métal; on estime le 'degré de l'étirage dans tous les métaux proportionnellement au poids, en sorte qu'ici, sous un poids très-minime, le fil conserve encore un certain volume qui le rend visible et résistant. Cette ductilité devient encore plus grande pour un alliage d'aluminium et de cuivre dont nous parlerons, et qu'on appelle le bronze d'aluminium.
» Une autre propriété non moins étrange de ce métal est une sonorité excessive : non-seulement il sonne avec plus de force et de clarté que les autres métaux, mais il l'emporte, sous ce rapport, sur le cristal luimême. Si on le compare au cuivre, par exemple, il développe, sous le même coup et à égalité de poids et de forme, une vibration dix fois plus considérable. Il est donc permis d'espérer qu'on pourra l'employer avec avantage dans la confection des cloches, des timbres, des sonnettes, surtout, peut-être, des petites sonneries des horloges, des pendules, des montres, des régulateurs de la marine, et dans la confection de certains instruments de musique, soit à vent, soit à cordes.
» L'aluminium ne se rouille pas comme la plupart des métaux ; c'est encore une de ses qualités les plus agréables. On sait que l'argent perd son éclat et contracte une salissure sous l'influence de l'hydrogène sulfuré qui se trouve toujours dans l'air en faibles proportions; c'est ce qui nécessite ces soins continuels d'en, tretien dont les ustensiles et bijoux d'argent sont l'objet de la part de ceux qui les possèdent. Il n'en sera pas ainsi de l'aluminium; l'hydrogène sulfuré est sans action sur sa couleur et son poli, qui ont, d'ailleurs, de l'analogie avec ceux de l'argent, surtout depuis l'emploi des derniers procédés de préparation inventés pour le rendre brillant. Car on l'obtint d'abord sans aucun éclat, et on l'obtient encore de même aujourd'hui avant de lui faire subir ces opérations dernières qui lui donnent sa beauté au moins rivale de celle de l'argent.
» Ces procédés consistent simplement a le plonger, après qu'il a été
MET
décapé à chaud par la potasse, dans do l'acide azotique ou dans de l'acide hydrochlorique; M. Gossan, pour la fabrication de ses bijoux, emploie ce dernier acide. C'est ainsi qu'on lui fait prendre ce blanc mat tout particulier que beaucoup de personnes trouvent plus beau que celui de l'argent. On lui donne aussi, si l'on veut, un poli parfait très-éclatant.
Grâce à ces moyens récemment découverts, l'aluminium est devenu tout à coup l'objet d'une exploitation nouvelle et qui s'augmente chaque jour dans la bijouterie.
» Enfin, uu avantage qui n'est pas à dédaigner, c'est le bas prix auquel on pourra livrer les ornements, ustensiles et tous les objets faits avec ce métal ; ce qui, en argent, vaut vingt francs, ne vaudra guère plus de deux francs en aluminium; ce n'est pas qu'il y ait encore une grande différence de prix entre les deux métaux estimés au poids ; l'argent vaut environ deux cents francs le kilogramme, et l'aluminium, qui valait encore, il va très-peu de temps, trois centsfranes le kilogr., vaut aujourd'hui environ deux cents francs comme l'argent; mais on fabriqua avec l'aluminium des objets de commerce qui ont les mômes dimensions, le même volume, la même apparence, et dont le poids est beaucoup moindre, ce qui les rend beaucoup moins chers. Une fabrique d'aluminium s'établit en ce moment à Marseille, et celle fabrique pourra le livrer à cent cinquante francs le kilogramme.
» Passons rapidement sur les applications indus trieiles de cetintéressant produit de la chimie métallurgique de ces derniers temps.
» Nous venons de dire quelque chose du parti qu'un lire déjà la bijouterie. Tout ce qui se fait, en bijoux, avec l'or et l'argent, peut se faire avec l'aluminium; et si la légèreté de ce métal peut être un désavantage en certains cas, dans ce genre d'application, elle peut être un avantage en d'autres circonstances. Son blanc mat est, selon notre goût, plus beau que celui de l'argent, et, quoi qu'il en soit des caprices à cet égard, la propriété de ne point se salir à
MET
l'air lui donne une importante supériorité. L'argent employé pour les ré fiecteurs à gaz, se noircit très- . i :
sous l'action de l'acide sulfuiique formant à sa surface un sulfure d'argent. L'aluminium remplace déjà > ' surtout remplacera l'argent daiw ustensiles, par suite de cette vertu qu'il possède de ne se point rouiller dans l'air atmosphérique.
» La légèreté de l'aluminium a donné l'idée à quelques opticiens de faire avec lui des montures de loignous, jumelles, lunettes de spect le et autres meubles de même espèce, qu'il importe de cendre aussi légers que possible. Les bonnes jurae ont jusqu'à douze verres réfracteurs pour être parfaitement achromatiques ; ces douze verres présentent un certain poids, et si l'ou ajoute une.
monture en argent ou en or, l'o! , portatif par destination, devient vraiment trop lourd; on sera heureux d'en avoir en aluminium, qui, tout en étant d'un beau blanc mat, insalissable à l'air, seront assez légers pour être portés sans gêne dans la poche. M. Charles Chevalier a déjà construit des lorgnons en aluminium fort agréables sous ce rapport.
» Tout le monde a entendu parler de l'application qu'on en veut faire, si l'épreuve ne révèle pas quelque inconvénient, auxeuirasses de guerre.
La légèreté devient, dans ce cas, un avantage immense, si la résistance au choc des balles est suffisante, comme tout parait l'indiquer jusqu'ici. On a présenté, il y a quelques semaines, à notre Académie des sciences, nue magnifique armure, casque et cuirassa, en aluminium, qui vient d'être fabriquée pour le roi de Suède.
» Nous venons d'assister à l'exhibition d'un nouvel instrument de musique, dans lequel on a fait une application du nouveau métal d'un toul autre genre. C'est un petit orguepiano, facile a transporter, que le comte russe Ostrolow vient d'apporter de son pays, où il l'a conçu et construit; cet orgue renferme un jeu de cordes en aluminium, outre ses tuyaux à vent; il peut se replier et prendre la forme d'une boite assez petite pour être transportée sans
peine ; il y a, dans cet instrument, un emploi tout nouveau du métal qui préoccupe, depuis quelque temps, si fortement les novateurs de plusieurs industries. Le prix ne s'élève pas audessus de cinq à six cents francs.
Mais l'application la plus importante du nouveau métal sera peutêtre celle qu'on en a faite à la composition du nouveau bronze appelé bronze d'aluminium ; nous en parlerons après avoiL' exposé la méthode d'extraction de l'aluminium.
» L'aluminium, nous l'avons déjà dit, est un extrait de l'alumine, sorte de terre qui se trouve en quantité plus ou moins grande, mais toujours très-considérable, dans les argiles, dans les ardoises, dans les minerais d'alun, dans les kaolins, dans les terres à pipe, dans les terres à foulon, dans les ocres, dans les marnes, dans les terres glaises, etc., et qui entre aussi pour élément principal dans le saphir, le rubis et autres pierres d'ornement, mais à l'état de cristallisation. Ces terres sont en général des sels que la science qualifie du nom commun de silicates d'alumine, parce que l'alumine en est la base et que la silice y entre pour une autre partie très-importante aussi.
» L'alumine ramenée à son état de pureté parfaite est blanche, pulvérulente, douce au toucher, inodore, insipide, fusible seulement à la lampe d'oxygène et d'hydrogène; elle happe la langue et forme pâte avec la salive.
Elle est un oxyde d'aluminium, c'està-dire un composé d'oxygène et du métal même dont nous nous occupons; d'où il suit que, pour en tirer ce dernier élément, il faut le séparer de l'oxygène qui y est uni dans l'alumine et, par suite, dans les terres argileuses, opération qui se trouve très-bien exprimée par ces mots scientifiques : désoxyder l'alumine. Les autres éléments, tel que l'oxyde de silicium (la silice), devront aussi en être éliminés.
» L'alumine ne fut distinguée des autres terres qu'en 17S4, par Marggralï, et elle ne fut reconnue pour être un oxyde que dan* les premières années du siècle présent, après les
MET
travaux de Davy sur la potasse et la soude.
» Cela posé, dès que l'on fut arrivé à connaître cet oxyde pour un oxyde, on chercha à en éliminer l'autre élément. Davy, Berzelius, Oersted se livrèrent, dans ce but, à des recherches habiles qui furent couronnées de quelques succès, très- incomplets, il est vrai, insignifiants même au point de vue pratique, mais qui ouvrirent des issues à l'espérance, et encouragèrent les efforts. Aussi, les tentatives continuèrent-elles avec ardeur dans les laboratoires de chimie, et enfin Wœhler, en 1828, eut la gloire de présenter l'aluminium, nouveau corps simple, parfaitement isolé. Voici la méthode qu'employa Wœhler et qui s'est pratiquée depuis ce véritable inventeur de l'aluminium dans les cabinets de chimie.
» Cette méthode est restée la même dans l'exploitation en grand qu'on commence à en faire aujourd'hui, au moins quant aux conditions fondamentales et essentielles, en sorte que MM. Deville et Morin ont passé, à tort, dans le public, pour l'avoir inventée ; ils n'ont fait que profiter de la circonstance heureuse d'une diminution considérable du prix de revient des substances nécessaires à l'opération, surtout du sodium, pour réaliser l'extraction sur une grande échelle, et réussir à présenter l'aluminium sous la forme qui révèle ses véritables propriétés à titre de métal.
Avant eux, en effet, on ne l'obtenait que comme un objet de curiosité, dans les laboratoires, sous forme de poudre grise fusible à de hautes températures ; et, depuis quelques années, on l'obtient, grâce à eux, économiquement, par blocs considérables que l'on travaille facilement et avec lesquels on fait toute espèce de choses. Exposons le procédé.
» Ce procédé consiste eu trois opérations principales : la réduction de l'alumine à un état de pureté suffisante; la désoxydation de l'alumine par la formation d'un chlorure d'aluminium ; et l'isolation de l'aluminium par l'action du potassium ou du sodium sur le chlorure.
MET
» 1° Réduction de l'alumine. — Il y a deux moyens principaux pour l'obtenir suffisamment pure. En prenant directement une de ces terres argileuses dont nous avons parlé, qui sont des silicates d'alumine, et les traitant par l'acide sulfurique (le vitriol du commerce), on obtient ce résultat : l'acide sulfurique s'empare du silicium et laisse l'alumine dégagée de la silice qui entrait dans la composition du silicate. Tel est le moyen le plus commun. On peut aussi prendre de l'alun et le faire calciner ; la calcination suffit seule pour dégager l'alumine, qui reste à l'état de cendre.
» 2° Désoxy dation de l'alumine. — La nature adonné à l'aluminium plus d'affinité pour le chlore que pour l'oxygène ; si donc on met dans un contact intime l'alumine avec le chlore en versant sur cette poudre du chlore à l'état liquide (acide chlorique, chlorhydrique, etc.), le chlore s'unira à l'aluminium de l'alumine, qui est, comme nous l'avons dit, un oxyde d'aluminium, et laissera s'en échapper l'oxygène, en sorte qu'il ne restera qu'un chlorure d'aluminium.
Tel est le deuxième procédé préparatoire.
» 3° Isolation de l' aluminium par sa séparation d'avec le chlore. — On étend par couches le chlorure d'aluminium dans un creuset de platine (ce métal est essentiel dans l'opération); on met, dans ces couches, des morceaux de potassium ou de sodium, on fixe le couvercle, on chauffe très-fortement et le creuset devient rouge blanc.
Dans la fusion, le potassium, ou le sodium, plus avide de chlore que d'aluminium, s'empare du chlore et, se combinant avec lui, forme un chlorure de potassium, ou de sodium, selon le métal qu'on a employé, — si c'est le sodium, c'est le vrai sel marin (clilorure de sodium) qui est obtenu, — mais, par là même, le chlore est enlevé à l'aluminium, et ce dernier reste seul; il est, dès lors, dégagé, et il n'y a plus qu'à l'obtenir sous forme de précipité, car il reste, jusque-là, en suspension dans le liquide incandescent. Pour arriver à ce dernier résultat, on laisse refroidir le
tout, ce qui donne un mélange solide où les parcelles d'aluminium sout confondues avec celles du sel de chlore et de potassium ou de sodium; puis on verse de l'eau dans le creuset; cette eau dissout le sel, et le liquide qui résulte de la dissolution laisse tomber la poudre d'aluminium pur.
Cette poudre est noirâtre; on la recueille, on la lave et il n'y a plus qu'à la soumettre à une fusion convenable des hauts fourneaux pour en obtenir des blocs de ce métal connu aujourd'hui de tout le monde sous le nom d'aluminium.
» Telle est la méthode trouvée par Woehler et pratiquée aujourd'hui sur une grande échelle. Avant M. Deville, on ne se servait guère, dans les expériences de chimie, que du potassium, le sodium étant encore plus cher ; et l'on n'opérait que sur do très-faibles quantités, dans un petit creuset de platine que l'on chauffait avec la lampe à esprit-de-vin, pour obtenir un peu de cette poussière d'aluminium que l'on conservait comme objet de curiosité scientifique, sans prévoir le parti qu'on en tirerait plus tard quand on pourrait l'extraire en quantités considérables. Mais, dans ces dernières années, le sodium étant tombé du prix de 1,500 francs à celui de 9 à 10 francs le kilogramme, M. Deville a eu l'heureuse idée de l'appliquer à des extractions de grandes quantités de la poussière métallique en question, et de traiter cette poussière comme les minerais des autres métaux; c'est de là que la nouvelle industrie métallurgique qui nous occupe tire son origine.
» Cette industrie s'est développée avec une rapidité surprenante ; il existe aujourd'hui en France et en Angleterre des fabriques d'aluminium où l'on en produit 300 kilogrammes par jour. C'est M. Morin qui a principalement attaché son nom à cette industrie nouvelle. Il s'occupe constamment du problème de l'abaissement des prix ; il est arrivé déjà, nous l'avons dit, à fournir l'aluminium à 200 francs le kilogramme, et il va probablement arriver, très-prochainement, à le livrer au prix de 150 fr.
Ce n'est pas l'alumine qui manque, il
MET
MET
y en a partout dans la nature, puisqu'il y a partout soit de l'alun, soit des terres à poterie eu quantités énormes ; mais il reste trois éléments, nécessaires dans la fabrication, qui De sont pas aussi communs, ce sont le combustible, le soufre qui donne l'acide suif u ri que, et la soude qui donne le sodium; ii importe doncd'établir des fabriques à extraction d'aluminium dans les contrées où ces substances sont plus abondantes et à meilleur marché ; aussi M. Morin vient-il de partir pour Marseille, afin de fonder, dans les environs de cette ville', où ces trois choses sont plus abondantes qu'ailleurs, un nouvel établissement d'où l'aluminium sortira au prix susdit de 150 francs le kilogramme.
» On a compris, par les explications qui précédent, que si l'on n'avait eu le platine pour faire le creuset, l'acide sulfurique pour tirer l'alumine des silicates qui le contiennent, le chlore pour désoxyder l'alumine, et le potassium ou le sodium pour isoler l'aluminium d'avec le chlore, dernière opération, on ne serait pas arrivé au magnifique résultat industriel qui fait l'objet de notre étude. Parmi ces substances accessoires, mais indispensables, trois sont métalliques : le platine, le potassium et le sodium ; nous devons en dire quelques mots.
» Le creuset de p]atine est nécessaire, parce que tout autre creuset entrerait enfusion, et.laisserait échapper son contenu à la température où l'on est obligé d'élever ce contenu pour atteindre le but qu'on se propose ; et il en est de même dans beaucoup d'autres opérations de la chimie industrielle. Le platine seul, par exemple, peut servir à faire un creuset qui résiste à l'ébullition suffisante pour concentrer fortement l'acide sulfurique, et l'on a des chaudières de ce métal, pour cette concentratiou, qui ne coûtent pas moins de cent mille francs; c'est l'outil le plus cher des établissements, aujourd'hui si nombreux, où l'on fabrique et où l'on concentre cet acide, le plus utile de tous les produits dans le développement moderne des industries chimiques. C'est ce qui suffirait pour
élever le platine au rang des métaux les plus précieux.
» Ce métal, découvert il y a un peu plus d'un siècle, dans les sables aurifères d'Amérique, désigné pour la première fois- comme un métal particulier par le suédois Scheifer, en 1752, et étudié plus tard avec tant de bonheur, dans ses gisements géologiques, par notre célèbre ingénieur Boussingault, présente, en général, son minerai suus la forme d'un sable assez fin, dans lequel se trouvent confondus dix ou douze autres espèces de métaux : mercure, rhodium, palladium, iridium, cuivre, fer, etc.
Pour l'obtenir tout à fait pur, on broie d'abord le minerai pour en retirer le fer à l'aide d'un barreau aimanté; on le chauffe ensuite pour faire sortir le mercure qui se volatilise ; puis on le traite par les acides chlorhydrique et azotique à chaud, par le sel ammoniac à froid, par la calcination et par l'eau régale ; on l'obtient, de la sorte, sous la forme d'une poudre noire aggrégôe qu'on appelle éponge ou mousse de platine, laquelle condense fortement les gaz dans ses pores. Mais le platine ordinaire conserve un alliage naturel d'iridium et de rhodium qui ne le rend que meilleur pour beaucoup d'usages et surtout plus résistant encore à l'action du feu et des réactifs. M Deville, qui a considérablement perfectionné les moyens de l'épurer pour le commerce, y laisse de ces deux métaux.
£> De quel creuset se servir pour faire entrer enfusion le minerai d'un métal qui résiste à de si fortes chaleurs? 11 faut, pour le contenir fondu, une matière plus résistante encore que lui-même; cette matière est la chaux vive; le feu se fait, à l'intérieur du creuset de chaux, avec le métal, et à l'aide d'une rencontre de deux courants gazeux, l'un d'oxygène et l'autre d'hydrogène dans la même proportion qui produit l'eau; l'hydrogène est ordinairement remplacé par le -gaz d'éclairage, auquel on ajoute le courant d'oxygène.
» Quand on connut le platine, on s'aperçut que tous les contre-poids des lustres des églises d'Espagne étaient
MET
en minerai de ce métal, — les Espagnols ayant trouvé cette matière en Amérique, l'avaient employée à cet usage sans la connaître autrement gué pour singulièrement lourde ; — dès lors, chaque église se liàta de vendre la précieuse provision qu'elle possédait, et l'Europe s'entretint ainsi de platine pendant assez longtemps ; mais cette mine s'épuisa enfin, et notre platine nous vient aujourd'hui principalement des monts Ourals. Il coûte de mille à douze cents francs le kilogramme.
» Quant au potassium et au sodium , ils n'étaient connus avant Davy qu'à l'état d'alcalis, c'est-à-dire de potasse et de soude ; ce savant parvint à les désoxyder et aies présenter dans leur état d'élément pur. Ce fut le potassium qu'il isola le premier, et il y parvint à l'aide de la pile voltaïquc mise en action sur la potasse. Il réussit de même ensuite sur la soude et obtint le sodium par le même moyen, mais avec une tension plus forte de la pile.
» Le potassium a une consistance à peu près égale à celle de la (rire; récemment coupé il brille comme l'argent, mais ne tarde pas à s'oxyder ; il nage sur l'eau et, comme il possède une grande affinité pour l'oxygène, il est à peine en contact avec ce liquide qu'O lui prend cet élément et se met à brûler en tournoyant, pour redevenir potasse ; pendant qu'il brûle, l'hydrogène, qu'il dégage de l'eau, en lui prenant son oxygène, brûle de son côté en se combinant avec l'oxygène de l'air pour refaire de l'eau, en sorte que la masse d'eau paraît s'enflaînmer très-activement, expérience curieuse qui arracha un jour cette naïveté anglaise à l'un de ceux qui en étaient témoins dans un amphithéâtre de Londres au temps de Davy : « Chassons, s'écria-l-il, tous ces chimistes ; ils Uniront par nous mettre le feu à la Tamise!
» Le sodium ressemble beaucoup au potassium : il est mou et ductile comme lui; il décompose aussi l'eau et en absorbe l'oxygène ; mais le gaz hydrogène qu'il met en liberté ne s enflamme pas à l'air comme celui que dégage le potassium, ce qui vient
MET
sans doute de ce que la température s'élève moins dans la combustion.
» On ne se sert plus de la pile aujourd'hui pour extraire ces deux métaux ; on les obtient par des moyens beaucoup plus économiques, en désoxydant la potasse et la soude, soit par le fer, soit par d'autres substances très-gourmandes d'oxygène à de trèshautes températures. Il faut une chaleur plus forte pour le sodium, et la présence d'un peu de potasse est utile dans l'opération.
» Les mots potasse et potassium viennent des mots anglais pot, asher (creuset, cendres), parce que la potasse est tirée des cendres et ensuite desséchée ou fondue dans des creusets.
Les mots soude et sodium viennent du mot soda, nom de la plante marine, du varech, d'où la soude est tirée par simple combustion.
» Terminons par les quelques mots promis sur les alliages d'aluminium.
» On a essayé un grand nombre de combinaisons de ce métal avec d'autres métaux, principalement avec le fer, le cuivre, l'argent et le bismuth; dans tous ces essais, on a reconnu, comme principe général , qu'une grande quantité d'aluminium avec une petite quantité d'un autre métal, ne donne pas de résultats très-satisfaisants, tandis qu'une petite quantité d'aluminium avec une grande quantité de l'autre métal donne des résultats heureux. Le plus remarquable de ces alliages est le bronze d'aluminium.
Le bronze ordinaire est composé, comme chacun le sait, de cuivre et d'étain. Pour faire le bronze nouveau dont nous parlons, on remplace l'étain par l'aluminium, dont on mélange environ un dixième avec le cuivre. Ce bronze diffère de l'autre en ce qu'il peut se forger à chaud après une trempe, tandis que celui d'étain ne peut se forger qu'avant la trempe. Il est aussi plus malléable, plus facile à travailler et beaucoup plus léger. C'est ce bronze que l'on a essayé d'appliquer à la fabrication de canons de campagne plus légers que les canons ordinaires. Mais nous éprouvons de la répugnance à parler
MET 36
de ces applications aux engins de mort.
» On sait que la fonte et l'acier sont du fer contenant une quantité plus ou moins grande de carbone par suite de leur trempe subite d.ms l'eau froide avant que le carbone reçu par le métal durant la fusion ait eu le temps de s'échapper ; la fonte en contient de dix à vingt fois plus que l'acier proprement dit, parce qu'elle résulte d'une fusion complète par le charbon mêlé au métal, tandis que l'acier résulte seulement de la trempe du fer rouge dans l'eau froide. On a découvert que l'acier contient toujours une petite quantité d'aluminium. Si l'on augmentait quelque peu cette quantité, il se pourrait que ce métal en devînt meilleur, puisque l'on sait déjà qu'en lui donnant un peu de rhodium, ou plutôt un peu d'argent, car le rhodium est trop rare et trop cher, on double sa valeur pour les instruments tranchants.
» Les cloches sont de bronze ordinaire, c'est-à-dire de cuivre etd'étain, ainsi que les médailles, les canons, les statues, les cymbales, les tamtams, les timbres de pendules, beaucoup de miroirs, de télescopes, etc. Mais on a dit souvent qu'il entrait dans la composition des vieilles cloches une certaine quantité d'argent, c'est une erreur ; il n'en existe pas même dans les meilleures et les plus anciennes ; ce furent les fondeurs qui firent passer cette croyance par un artifice inventé à leur profit : ils ménageaient un trou au-dessus de leur fourneau ; les parrains venaient y jeter de l'argent pour rendre la cloche meilleure; mais le trou était disposé de telle sorte que l'argent tombait, non dans la fonte, mais dans le foyer même, y était fondu et s'écoulait dans les cendres où ils le ramassaient ensuite.
» Il n'en est pas moins vrai qu'un peu d'argent n'eût pas manqué d'ajouter de la sonorité; or, comme l'aluminium est encore beaucoup plus sonore que l'argent, et deviendra certainement très-peu cher dans quelques années, il est possible que l'on prenne l'habitude S'en faire entrer une certaine quantité dans les cloches nouvelles.
MET
» L'invention des procédés qui jettent aujourd'hui dans le commerce ce précieux extrait de l'argile, est une des plus belles de notre siècle en métallurgie, et l'on ne saurait prévoir les utilités qu'en retirera l'industrie. »
MÉTAMORPHISTES, ou TRANS- FORMATEURS, secte d'hérétiques du xii» siècle, qui prétendaient que le corps de Jésus-Christ, au moment de son ascension, avait été changé ou transformé en Dieu. On dit que quelques luthériens ubiquitaires ont renouvelé cette erreur.
Beugier.
MÉTANGISMONITES, hérétiques dont parle saint Augustin, Hier. S7.
Leur nom est formé de (j.£ta, dans, et àyYEÏov, vase vaisseau; ils disaient que le Verbe est dans son Père comme un vaisseau dans un autre. Cette secte a pu être une branche des ariens.
Bergier.
MÉTANOÉA, terme grec qui signifie résipiscence ou pénitence; et c'est ainsi que les Grecs nomment le quatrième des sept sacrements. Mais ils ont principalement donné ce nom à une cérémonie ou pratique de pénitence qui consiste à se pencher fort bas, et à mettre une main contre terre avant de se relever. Les confesseurs leur en prescrivent ordinairement un certain nombre, en leur donnant l'absolution. Quoique les les Grecs regardent ces grandes inclinations du corps comme une pratique fort agréable à Dieu , ils condamnent les génuflexions , et prétendent qu'on ne doit adorer Dieu que debout.
Ils ne font pas attention que les gestes du corps sont par eux-mêmes très-indiiférents, et qu'ils n'ont point d'autre signification que celle qui leur est attachée par l'usage. Dans l'Occident, se découvrir la tête est une marque de respect ; dans l'Orient c'en est une de se déchausser, et d'avoir les pieds nus. Lorsque Moïse voulut s'approcher du buisson ardent, Dieu lui cria : Déchausse-toi, la terre que tu foules aux pieds est une terre
MET 37
sainte. Exod., c. 3, ? S. Il exigea de lui la marque de respect qui était en usage pour lors. Il est évidentquese mettre à genoux ou se prosterner est un signe d'humiliation, par conséquent d'adoration ; lorsque Moïse annonça aux Israélites ce que Dieu lui avait ordonné, ils se prosternèrent pour adorer Dieu. Ib., c. 4, f 21.
Bergier.
MÉTAPHRASTE (Siméon). (Théol.
hist. biog.et bibliog.) — Cet auteur grec d'une Vie des saints est placé par les uns au ix° siècle, par d'autres tels que Léon Allatius, Bollandus, Pagi, Natalis Alexander, au x e , et par Casimir Oudin au xn°. Léon Allatius attribueà Mëtaphraste 122 des681biograpliiesdont se compose son recueil.
Ses légendes et tout son travail n'ont pointune autorité classique, quoique ce ne soit point à mépriser. Il intéresse.
Le ;Noir.
MÉTAPHYSIQUE. Quoique cet article nous soit étranger, nous som-
mes obligé de répondre à un reproche que Ton a souvent fait aux théologiens, d'en faire voir l'inconséquence et l'absurdité. On demande pourquoi mêler des discussions métaphysiques à la théologie, qui doit être uniquement fondée sur la révélation? Parce que, dés l'origine du christianisme, les philosophes, auteursdes hérésies, sesont servis de la métaphysique pour attaquer les dogmes révélés, et parce que les incrédules, leurs successeurs, font encore aujourd'hui de même. Les Pères de l'Eglise et les théologiens ont donc été forcés de faire voir que la métaphysique de ces philosophes était fausse, de se servir de toute la précision du langage d'une saine métaphysique, pour exposer et développer les dogmes de lafoi, etpourlesmeUre à couvert des sophismes que Ton y opposait. Cet abus prétendu que Ton attribue très-mal à propos aux scolastiques, vient dans le fond des artifices et de l'opiniâtreté des ennemis de la révélation.
Pourquoi les incrédules modernes
fi) Voici comment la philosophie chrétienne, c'est-à-dire la vraie philosophie, développe hardiment son système métaphysique, sans craindre d'être jamais arrêtée dans sa marche. Dieu, d'ahord, lui est révélé tout entier, et voici comment elle le voit apparaître avec sa lumière dans le monde intellectuel.
a De toute éternité Dieu est, Dieu est parfait, ï Dieu est hemeux, Dieu est un. I/impie de- » mande : Pourquoi Dieu est-il ? Je lui réponds : s Pourquoi Dieu ne serait il pas? est-ce à cause » qu'il est parfait ? et la perfection est-elle un obs- » tauie à l'être ? Erreur insensée I au contraire,
* ia perfection est la raison d'être. Pourquoi l'im- » parfait serait-il et le parlait ne serait-il pas ? » c'est-à-dire pourquoi ce qui tient plus du néant n serait-il et que ce qui n'en tient rien du tout « ne serait-il pas ? Qu'appelle-t-on parfait ? Un i êtie à qui rien ne manque. Qn appelle-t-on « imparfait? Un être à qi.i quelque chose man- » que. Pourquoi l'être à qui rien ne manque ne ■ aertAt-il pas plutôt que l'être à qui quelque a chose manque ? D'où vient que quelque chose
* est, et qu'il ne se peut pas faire que te rien soit, » si ce n'e^t parce que l'être vaut mieux que le » rien, et que le rien ne peut prévaloir sur l'être, ji ni empêcher l'être d'être ? Mais, par la même « raison, l'imparfait ne peut valoir mieux que le » parfait, ni être plutôt que lui, ni l'empêcher » d'être. Qui peut donc empé:herqne Dieu ne soit? jj et pourquoi le néant de Dieu, que « l'impie veut ï imaginer ,daus son cœur insensé, u ( Pb. i3, v. 1.) » pourquoi, dis-je, ce néant de Dieu l'emporterai tx il sur l'être de Dieu ? vaut-il mieux que Dieu ne
3i soit pas que d'être ? ( Boîsuet, I r * Elévation
» sur hs mystères.) On dit : Le parfait n'est pas : » le parfait n'est qu'une idée de notre esprit, qui va
■ s'élevant de l'imparfait qu'on voit de ses yeux n jusqu'à une perfection qui n'a de réalité que dans s la pensée. C'est le raisonnement que l'impie voti- « drait faire dms son cœur insensé, qui ne songe t> pas que le parfait est le premier, et en soi, et dans » nos Liées ; et que l'imparfait en toutes façons » n'est qu'une dégradation. Dis-moi, mon àme,com- » ment entends-tu le néant sinon par l'être ? com- » nieQt entends-tu la privation, si ce n'est par la » forme dont elle prive. Comment l'imperfection, si » ce n'est par la perfection dont elle déchoit ? Mou » âme, n'enteuds-tii pas que tu as une raison, mais » imparfaite, puisqu'elle ignore, qu'elle doute, s qii elle erre et qti elle se trompe ? Mais comment h entends-tu l'erreur, si ce n'est comme privation » de la vérité ; et comment le doute on l'obscurité, n si oe u'e=t comme privation de l'intelligence et de » la lumière: ou comment enfin l'ignorance, si oe n n'etteomme privation du savoir parfait?comment a dans la volonté, le dérèglement et le vice, si ce » n'est comme privation de la règle, de la droiture » et de la vertu ? Il y a donc primitivement une « intelligence, une science certaine, une vérité, une a inflexibilité dans lebien, une règle, un ordre, avant m qu'il y ait une déchéance de toutes ces choses j en s un mot, il y a une perfection avant qu'il y ait un n défaut; avant tout dérèglement, il faut qu'il y ait » une chose qui est elle-même sa règle, et qui, ne » pouvant se quitter soi-même, ne peut non plus » ni fadlir ni défaillir. Voilà d^oc un être parfait j » voilà Dieu, nature parfaite et heureuse. Le reste » est incompréhensible, et nous ne pouvons même » pas comprendre- jusqu'où il est parfait et heureux, » pas même jusqu'à quel point il est incompréhen- » sible. a (Bosauet, II e Eléoation. ) — Extrait de V Introduction àtapïtilosophie, etc., par M. Lau-^
rentie, 2 e partie, chapitre I
Gousset.
MET
MET
se sont-ils appliqués à déprimer la métaphysique? Parce qu'elle fournit des arguments invincibles contre eux.
Eux-mêmes ne peuvent attaquer ni établir aucun système que par des arguments métaphysiques. Pour combattre l'existence de Bieu, les atbées soutiennent que les attributs qu'on lui prête sont incompatibles ; d'autre côté, il s'agit de savoir si la matière qu'ils mettent à la place de Dieu est susceptible des attributs qu'ils lui supposent, si elle est capable de penser dans l'homme, d'être le principe de ses mouvements et de ses actions, etc. Voilà des discussions très -métaphysiques. Les déistes ne peuvent prouver l'existence et l'unité de Dieu que par les notions de cause première, d'être nécessaire, d'ordre , d'intelligence , de nécessité, de hasard, de cause finale, etc. La grande question de l'origine du mal ne peut être éclaircie qu'en donnant une idée nette de ce que l'on nomme bien et mal, qu'en montrant la différence essentielle qu'il y a entre la bonté jointe à une puissance infinie, et la bonté jointe à une puissance bornée. Ce n'est certainement pas la physique qui débrouillera toutes ces questions. Nous est-il défendu de nous servir, pour repousser nos ennemis, des mêmes armes dont ils se servent pour nous attaquer, d'opposer axm métaphysique exacte et solide à des notions fausses et trompeuses.
Les hérétiques anciens et modernes, ariens, protestants, soeiniens et autres, ne sont pas de meilleure foi.
D'un côté, ils voudraient que les dogmes de la foi fussent énoncés dans le langage simple et populaire, comme ils l'ont été par les écrivains de l'ancien et du nouveau Testament ; de l'autre, ils s'ellorcent de prouver que ce langage ne s'accorde pas avec la vraie métaphysique, et qu'il n'est pas possible de le prendre à la lettre. Ils ont attaqué le dogme du pécbé originel par de prétendus principes de justice et d'équité; le mystère de l'incarnation, par de fausses notions de ce que nous a.ppalonsnatweel personne; celui de l'eucharistie, par une explication captieuse des mots sub-
stance, accidents, étendue, matière, corps, etc. Où en seraient les théologiens catholiques, s'ils n'étaient pas meilleurs métaphysiciens que leurs adversaires?
Il en est de même de la dialectique; si un thélogien n'était pas aguerri à toutes les ruses des sophistes, il ne serait pas en état de les réfuter avec tout l'avantage que peutavoirune logique ferme et toujours d'accord avec ellemême, sur une dialectique fausse et qui ne cherche qu'à faire illusion. Ce n'est donc ni par goût, ni par habitude, ni par un reste d'attachement à l'ancien usage, que les théologiens cultivent ces deux sciences ; elles leur seront absolument nécessaires tant que la religion aura des ennemis, el il est prédit qu'elle en aura jusqu'à la lin des siècles.
Bergier.
MÉTEMPSYCOSE, MÉTEMPSYCO-
SISTES. Voy. Transmigration des