‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 9 (volume 2)Chapitre 64 sur 122 · NOY · texte numérisé non relu

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trop tôt d'administrer les secours :

on a vu des noyés ne donner des signes de vie qu'après quelques heures d'insensibilité. Qu'on ne perde pas de vue ces deux préceptes, toutes les fois qu'on se trouve en présence d'un noyé. Voici maintenant très-succinctement ce qu'il faut faire :

» Coucher le noyéniv le côté droit, la tète inclinée légèrement en avant, placée à plusieurs reprises un peu pins basse que le corps, ne l'y laissant que quelques secondes; opérer ainsi seulement pendant une minute en comprimant doucement et alternativement le bas-ventre et la poitrine, ensuite envelopper le corps de couvertures, et le transporter à l'endroit où il doit recevoir les secours que réclame son état.

» Arrivé là le déshabiller promptement, en coupant ses vêtements si cela est nécessaire, l'essuyer et lui mettre une chemise ou un peignoir de laine, ou une chemise de coton, le coiffer d'un bonnet de laine, le coucher sur un matelas entre deux couvertures de laine, le tout chauffé convenablement.

» Puis on renouvellera les manœuvres pratiquées au début; les mouvements de pressions légères sur le ventre et la poitrine seront surtout repris et continués par intervalles pendant un temps assez long ; en même temps, s'il y avait dans la bouche ou l'arrière-bouche des mucosités, on en débarrasserait le noyé soit avec le doigt, soit avec les barbes d'une plume. Si les mâchoires sont serrées, on les écarte et on les tient ainsi avec un morceau de liège.

Pendant ces manœuvres on entretient la chaleur au moyen de l'eau chaude, du sable chaud, du caléfaeteur et de la bassinoire (des bureaux de secours), mais avec la précaution de ne dépasser jamais 35 centigrades.

On fera des frictions avec de la laine chaude sur les caisses et les bras, le longde l'épine, sur la i ion du cœur, sur la plante des pieds, sur le creux de l'estomac, les fumas* les reins.

» Au moindre signe qui indique un retour de la respiration, on devra cesser les manœuvres qui ont pour

but spécial de la rétablir, on continuera les autres. Si le noyé manifeste l'envie de vomir, on facilitera ee mouvement en chatouillant le fond de la bouche avec les barbes d'une plume ; mais on ne cherchera pas à le faire boire.

» Si, après 25 ou 30 minutes de ces secours, le noyé ne donne aucun signe de vie, il faut avoir recours à l'insufflation de l'air dans Us poumons.

Elle pourra se faire de bouche à bouche, mais mieux avec la sonde laryngienne ou le tube laryngien de Chaussier, si on les a sous la main; on insuffle, dans le cas contraire, soit avec la bouche, soit avec un soufflet. On pousse l'air par petites secousses pour imiter la respiration, mais toujours doucement. On emploie aussi assez fréquemment l'insufflation de la fumée de tabac dans le fondement; il existe un appareil fumigatoire pour cette opération; mais il n'est pas toujours à la disposition des personnes chargées de donner des soins aux noyés; voici comment on y supplée : on prend deux pipes, l'une est chargée de tabac et allumée; en introduit le tuyau dans l'anus comme une canule, on applique l'autre sur la première, fourneau à fourneau, et on souffle par le tuyau. On cessera au bout de une ou deux minutes pour recommencer plusieurs fois à un quart d'heure d'intervalle.

» Le noyé étant revenu à la vie, si la face, qui était pâle, se colore trop fortement, si le malade a de la somnolence, on lui appliquera des sinapismes aux cuisses ou entre les épaules, on lui appliquera quelques sangsues derrière les oreilles, on lui fera même une saignée. »

Ce sera au médecin à décider si ces dernières mesures sont utiles à prendre et à juger de ce qu'il convient de faire ensuite.

Le Nom.

NTOUPI. Voy. Broucolacas.

NU-PIEDS SPIRITUELS, anabaptistes qui s'élevèrent en Moravie dans le seizième siècle, et qui se vantaient

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d'imiter la vie des apôtres, vivant à la campngne, marchant pieds nus, et témoignant beaucoup d'aversion pour les armes, pour les lettres et pour l'estime des peuples. Pratéole, Ilist.

nudiji. et spirit.; Florimond de Raimond, 1. 2, c. 17, num. 9. Yoy. Anabaptistes.

Bergier.

NUAGES ARTIFICIELS (les) Préservatifs CONTRE LES GELÉES PRINTA-

nières [Thèol. mixt. scien. induit.) — On ne saurait prévoir ïa limite où s'arrêtera la puissance industrielle de l'humanité en appropriation des forces naturelles à son avantage. Ce que notre siècle a produit dans cette direction est éblouissant. Mais il y a, d'autre part, une multitude de choses simples sur lesquelles il semble que le progrès n'ait pas son application.

Tels sont les accidents météorologiques qui ont pour effet de détruire ou d'empêcher les développements, jusqu'à fructiiication, de beaucoup de nos travaux ; un orage à grêle forte va perdre en quelques instants les récoltes de tout un village; une inondation extraordinaire va raviner l'humus de tout un pays et mettre du sable à la place; une gelée de printemps, surtout pendant le mois de mai, et ce qu'on appelle la lune rousse , va tuer toutes les jeunes pousses de nos vignobles et nous priver de vin pendant une année ; et ainsi de beaucoup d'autres accideuts.

On n'a pas trouvé grand'chose jusqu'à présent , comme préservatifs contre ces sortes de sinistres ; on ne peut pas dire cependant qu'on n'en trouvera point, car il y a quelques exemples du contraire; le paratonnerre est un de ces exemples ; son action n'est pas étendue, mais elle suffit aux édifices sur lesquels on peut toujours en établir assez pour les préserver, presque à coup sûr, des éclats de la foudre. Un tel exemple défend au génie de l'homme de se désespérer, lui ordonne de conserver le courage de travailler toujours.

Si l'on pouvait mettre à couvert les vignes, au moment des jeunes pousses à fruit, des gelées prkitaniéres

qui les tuent et détruisent ainsi, dans certaines aimées, la vendange dans son germe en tout ou en partie,, comme les maraîchers des environs des grandes villes préservent, avec leurs paillassons manœuvres avec une activité qui ne se dément jamais, les produits de leurs jardins, leurs légumes, on arriverait à un beau résultat, celui de maintenir les vins à des prix toujours modérés, et les propriétaires des vignobles ne seraient pas exposés, de leur côté, à des pertes considérables. Etendre le long des rangées de vignes sur des échalas plus élevés qui seraient piqués de distance en distance, des tissus trèslégers que l'on déroulerait à deux personnes au moment convenable, serait un bon moyen, mais qui coûterait sans doute trop cher. Semer légèrement dessus des pailles serait encore bon ; il en faudrait bien peu pour empêcher le rayonnement qui, dans les matinées sereines, est la cause des dégâts ; mais ce serait peutêtre encore difficile et coûteux, quoique, pourtant, ce moyen nous parût le plus praticable peut-être; il suffirait de semer, très-légèrement et trèspeu drues, ce? pailles au bon moment ; on ne s'en occuperait plus ensuite, elles disparaîtraient d'elles-mêmes affaissées, pourries et séchées dans les feuilles, et elles auraient pu suffire pour préserver assez de jeunes bourgeons du désastre. Mais on a eu, dans ces derniers temps, une autre idée, celle de produire des nuages artificiels destinés à arrêter comme des écrans le même rayonnement, aiusi que l'arrêtent les nuages naturels quand il y en a; car jamais le désastre n'a lieu quand le fi. I est nuageux; c'est ce que n'ignore aucun agriculteur, sans qu'il en sache la canse au moins le plus souvent On a fait, en 1873 et en 1874 desexpériencesde production de ces nuages factices, qui ont bien réussi et qui, parait-il, seraient trèspraticables. Nous ne saurions mieux faire, sur un pareil objet, que de citer l'article que lui a consacré M. Figuier dans l'Aimée scientijique et industrielle (17° année) :

« Une expérience curieuse a cou-

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ronné les travaux du Congrès agricole de Lyon en 1873. On avait disposé au camp de Salhonay, sur un espace de plusieurs hectares, des récipients contenant une espèce de goudron préparé spécialement et auquel on a mis le feu.

» Aussitôt des nuages épais et blanchâtres se sont élevés dans l'atmosphère et sont restés suspendus à quelques mètres du sol. Ces nuages factices seraient fort utiles en temps de gelée. En s'interposant entre les végétaux et le firmament, ils empêcheraient le rayonnement nocturne, qui fait tant de ravages dans nos jardins et dans nos vignobles, au printemps et surtout à l'époque de la lune rousse.

» Nous ignorons l'avenir réservé à ce procédé original. Il n'est pas douteux qu'habilement appliqué il ne puisse rendre de grands services à l'agriculture, La matière employée n'est pas trop coûteuse : 100 kilogrammes de goudron préparé reviennent à peine à 40 francs, et peuvent servir, vingt fois au moins, à produire des nuages artificiels d'une grande étendue. Des propriétaires voisins, ou même des communes entières, pourraient se concerter pour préserver de compte à demi leurs cultures de gelée blanche.

» Un agriculteur, M. A. de Lavalette, a publié dans un journal de Paris, à propos des expériences que nous venons de rapporter, des remarques qu'il nous parait utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs.

L'article que l'on va lire a été écrit à propos d'une expérience faite à Suresnes, le 2février 1873, par quelques membres de la Société de viticulture de France.

» La section de viticulture de la » Société des agriculteurs de France a w fait, dit M. A. de Lavalette, à Suv resnes, près Paris, des expériences » assez curieuses, ayant pour but de » produire des nuages artificiels des- » tinés à empêcher les gelées qui, à » l'époque du printemps, détruisent » encore assez souvent la récolte des » vignes.

» Lorsque le ciel est très- clair pen- » dant les nuits du mois d'avril, qu'il

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» ne fait point de vent, et que le » thermomètre descend à cinq degrés » au-dessus de zéro, il faut craindre » la gelée et prendre des précautions, » si c'est possible.

» Par le rayonnement, la chaleur » terrestre s'échappe et se répand i dans les espaces célestes où la tem- » pérature est froide : le niveau tend » donc à s'établir peu à peu, la con- » densation de la vapeur se produit » sur les plantes et forme la rosée; si » le froid persiste, il y a gelée, et les » tissus de la plante se désorganisent.

» Pour obvier à cet inconvénient, il » suffirait d'établir une barrière entre » le sol et les espaces célestes; les » échanges de chaleur et de froid ne » pourraient plus avoir lieu, puisque » la terre ou l'air qui l'entoure con- » serveraient leur chaleur, et par » conséquent la gelée ne serait plus » à craindre.

» Nous avons dit que la gelée ne » sévissait jamais lorsque le ciel était » couvert de nuages; eh bien, alors, il » faut tâcher de faire des nuages ar- » tificiels, ce qui n'est pas difficile.

» On emploie, à cet effet, des huiles » lourdes qui sont très-chargées de » carbone et qui, par conséquent, » donnent en brûlant une très-grande » quantité de fumée. On place des » godets en tôle ou en terre à quinze » mètres de distance les uns des au- » très et on les remplit d'huile lourde; » on jette par-dessus quelques frag- » ments de paille, afin que l'allumage » soit plus facile et plus prompt.

» Lorsque le besoin s'en fait sen- » tir, c'est-à-dire lorsque le ciel est » très-clair, lorsqu'il ne fait point de » vent et que le thermomètre marque » cinq degrés au-dessus de zéro, vers » trois à quatre heures du matin, un » ouvrier prend une torche et il lui » suffit de toucher les godets pour » enflammer l'huile; immédiatement » on voit s'élever de tous côtés une » énorme fumée et les nuages ne » tardent pas à se former ; cette opé- » ration est continuée jusqu'à ce que » le danger ait disparu, c'est-à-dire » jusqu'à ce que le soleil soit bien » levé ; à cet effet, les ouvriers munis » d'un arrosoir plein d'huile lourde » se promènent au milieu des godets

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» et les remplissent de nouveau au » fur et à mesure qu'ils se vident.

» L'expérience faite à Suresnes a » parfaitement réussi : un épais » nuage s'est formé, malgré le vent » qui souillait avec assez de force, » de telle sorte que la fumée ne s'é- » levait pas perpendiculairement.

» A quel prix peuvent revenir ces » nuages artificiels, et quels seront » les frais dont sera chargé chaque » hectare? Il est difficile de répondre » à cette question d'une façon caté- » gorique. Le propriétaire qui n'au- » rait que deux ou trois hectares à » traiter de cette façon dépenserait i> assez d'argent, parce qu'une partie » de la fumée qu'il produirait serait » perdue pour lui. Pour obtenir des » résultats t'conomiques, il faudrait » former un syndicat entre les viti- » culteurs d'une commune ou d'une » contrée, et combiner alors les cho- » ses de façon que. toute la fumée fût » utilisée ; les godets seraient achetés » en gros; il en serait de même pour » l'huile lourde, et les frais diminue- » raient sensiblement.

» M. Gaston Bazille, l'un des plus » intelligents viticulteurs de l'Hérault, » emploie ce moyen depuis long- » temps; il se sert de godets en terre » valant 10 cent, la pièce. Il nous » disait dans une longue conversa- » tion, que, pour trente cinq à qua- » raute hectares, les dépenses rela- » tives à chaque opération s'élève- » raient tout au plus de 60 à 70 fr., » suivant les saisons. Cette opération » est répétée deux ou trois fois au » plus, et par conséquent les frais ne » dépasseraient guère 200 à 300 fr., » ce qui dépend d'ailleurs du prix des » huiles.

» Un viticulteur intelligent ne doit » pas craindre de débourser cette » somme pour sauver tout ou partie » de sa récolte, car il ne faudrait pas » croire que le moyen est toujours » infaillible; on a toutes les chances » de réussir, mais il y a une foule de >> circonstances qui peuvent empê- » cher les résultats de se produire » d^une façon tout à fait efficace. Les » frais seraient encore moins consi- » dérables sj les viticulteurs formaient » des associations et combinaient

» leurs efforts pour produire des » nuages artificiels avec ensemble.

» Les cours des huiles grasses ne » sont pas fixes et varient suivant les » localités; on les payait 8 à 10 fr. » les 100 kil. il y a quelques mois, m aujourd'hui elles valent Ij fr., 20 fr.

» et même 23 fr.

» On a demandé, s'il ne serait pas » possible de faire usage du goudron » ou coaltar; celte matière est aussi » très-inflammable : elle donne beau- » coup de fumée, mais elle laisse un » résidu solide qui remplit peu à peu » le godet et qui rend l'opération très- » difficile, nous pouvons même dire » impossible.

» Les curieux étaient nombreux à » Suresnes ; il y avait bien certaine- » nement plusieurs milliers de per- » sonnes. M. le comte de Paris a » voulu témoigner par sa présence » debout l'intérêt qu'il porte à l'a- » gricullure; nous avons vu là aussi » de nombreux viticulteurs apparte- » nant au diverses régions de la » France. Les résultats ont été con- » cluanls, et par conséquent les pro- » priétaires de vignes feront bien de » se munir des godets et d'huiles » lourdes afin de former des nuages » artificiels au printemps, lorsque » les vignes sont menacées de la ge- » lée, c'est-à-dire lorsque le ciel est » clair, lorsque le temps est calme » et que le thermomètre est seule- » ment à cinq degrés au dessus de » zéro. »

« On produit donc les nuages préservateurs à l'aide de l'huile lourde de gaz qu'on met dans des godets en terre ou en tôle, dont le prix varie de 10 à 90 centimes la pièce; mais les godets en tôle peuvent servir dix ans.

» Pour remplacer les godets, dont la dépense doit être comptée pour quelque chose, un viticulteur de Touraine fait connaître ce procédé nouveau, qui a réussi. Prenez des mottes de tannerie, valant environ I centime pièce ; faites-les tremper pendant cinq minutes dans l'huile lourde, laissez-les êgoutter cinq minutes, puis placez-les par terre ou sur une ardoise. Vous obtiendrez deux heures de fumée épaisse. Deux

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kilogrammes d'huile suffisent pour saturer sept mottes.

» D'autre part, on propose un paquet de mousse fortement pressée avec des liens d'osier et servant d'éponge à l'huile lourde. La mousse ainsi liée n'aurait pas l'inconvénient, comme la motte de tannerie, de s'en aller par morceaux avant d'être allumée. »

Le Noir.

NUAGES (les) NATURELS {Théol.

mixt. scien. météorolog.) — Les nuages sont une des grandes harmonies de la nature terrestre. Les jeux de la lumière dans leurs éléments, les transformations que la chaleur leur fait subir, les pluies qu'ils nous donnent, les tonnerres et les éclairs qui en sortent, au-dessus de nos têtes, comme des voix et des gestes de Dieu, tout dans les nuages est d'une beauté grandiose que l'esprit humain ne se lassera jamais d'admirer.

La science les explique assez bien maintenant ainsi que la plupart des météores dont ils sont les réceptacles.

Leurs^ formations à des états d'intensité divers ne se comprenent pas mal par diverses causes. Que deux courants d'air de température diverse se rencontrent et se mélangent; la vapeur d'eau qu'ils contiennent se condensera ou se dilatera et deviendra plus ou moins visible, plus ou moins opaque, selon que la moyenne du refroidissement ou de réchauffement s'établira à un degré plus ou moins élevé. Qu'une masse d'air chargée de vapeur invisible parce que cette vapeur est trop dilatée, trop chaude, soit portée par le vent contre une montagne, elle s'élèvera vers des contrées plus froides comme une locomotive lancée sur des rails ascendants, et, quand elle atteindra ces régions plus froides, condensera les vapeurs qu'elle contient, les rendra visibles en les faisant passer à l'état de brouillard, et deviendra un nuage qui bientôt se résoudra en pluie si le refroidissement augmente encore.

En un mot, la formation des nuages trouve toujours son explication dans les abaissements de température provoqués par toute sorte de causes.

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Quant à leur suspension dans l'at mosphère, elle se comprend encore le nuage est composé d'une multitude de petites bulles ou ballons dont les parois sont d'eau comme les bulle; qui se forment sous la pluie, sui une surface liquide, mais dont l'intérieur est de l'air dilaté; c'est cel air dilaté qui les rend légères et qui fait qu'elles ne tombent pas, mais volent; la pluie résulte précisément de ce qu'elles crèvent, s'unissent entre elles en vertu de l'affinité qui fait que les molécules s'attirent, et forment des gouttes devenues trop lourdes pour ne point tomber; puis l'électricité et mille autres causes viennent joindre leurs influences. Il y a dans ces phénomènes tant de lois se faisant équilibre, que l'imagination s'y perd sans doute, mais que la raison n'en conçoit que mieux la science et l'industrie suprêmes de l'universel ouvrier.

Le Nom.

NUÉE. Dans l'Ecriture sainte, les nuées ou le ciel nébuleux désignent souvent un temps d'affliction et de calamité ; cette métaphore est aussi employée fréquemment par les auteurs profanes; il serait inutile d'en citer des exemples. Une nuée signifie quelquefois une armée ennemie qui couvrira la terre, comme les nuages couvrent le ciel, et le dérobent à nos yeux. Jerern., c. 4, j^ 13 ; Ezech., c. 30, f 18, ch. 38,^ 9. Les nuées, par leurlégèreté,sontle symbolede lavanité et de l'inconstance des choses de ce monde ; il est dit, II Pétri, c. 2, f 17, que les faux docteurs sont des nuées poussées par un vent impétueux ; et dans Vé- ■pitre de saint Jude, $ 12, que ce sont des nuées sans pluie. Elles représentent encore l'arrivée brusque et imprévue d'un événemnnt quelconque.

Isai., c. 19, j^ 1, dit que Dieu entrera en Egypte, porté sur une nuée légère.

Daniel, c. 7, f 13, vit arriver sur les nuées du ciel un personnage semblable au Fils de l'homme, qui fut porté devant le trône de l'Eternel, et auquel fut accordé l'empire sur l'univers entier; c'était évidemment le Messie, Jésus-Christ, Matth., c. 24, ^ 30, dit que l'on verra venir le Fils de l'homme

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sur les nuées du ciel, avec beaucoup de puissance et de majesté; et c. 26, ^ 64, il dit à ses juges : « Vous ver- » rez venir sur les nuées du ciel le » Fils de l'homme assis à la droite » de la puissance de Dieu, » Il annonçaitaiusih promptitude et la puissance avec laquelle il viendrait punir la nation juive. Plusieurs interprètes entendent dan? le même sens ces parole du psaume 17, $ 10 : « Il est » moulé sur les chérubins, il a volé » sur les ailes des vents, » parce qu'elles sont parallèles à celles du Fs. 103, f 3 : « Vous êtes montées » sur les nuées, vous marchez sur les » les ailes des vents. » Saint Paul, I Cor., c. 10, f 1, dit : « Nos pères » ont été tous sous la nuée, e"t ont » passé la mer; et ils ont tous été » baptisés par Moïse dans la nuée » et dans la mer. » Cela ne signilie point que le passage des Israélites au travers de la mer Rouge, et sous la nuée, ait été un vrai baptême, mais que ça été la ligure de ce que doit faire un chrétien. De même qu'après ce passage, les Hébreux: ont commencé une nouvelle manière de vivre dans le déserl sous les ordres de Dieu, ainsi le chrétien une fois baptisé doit mener une vie nouvelle sous la loi de Jésus-Christ. Voyez la Syncpse des critiques sur ce passage.

Bergieh.

NUÉE (colonne de). Il est dit dans l'histoire sainte, qu'à la sortie de l'Egypte, Dieu fit marcher à la tète des Israélites une colonne de nuée, qui était obscure pendant le jour et lumineuse pendant la nuit ; qu'elle leur servit de guide pour passer la mer Rouge et pour marcher dans le désert ; qu'elle s'arrêtait lorsqu'il fallait camper, qu'elle se mettait en mouvement lorsqu'il fallait partir, qu'elle couvrait le tabernacle, etc.

Toland a fait une dissertation, qu'il a intitulée llodcyos, le Guide, pour faire voir que ce phénomène n'avait rien de miraculeux ; selon lui, la prétendue colonne de nuée n'était qu'un pot à feu porté au bout d'une perche, qui donnait de la fumée pendant le jour, et une lueur pendant la nuit ; c'est un expédient dont plu-

sieurs généraux se sont servis pour diriger la marche d'une armée, et l'cfa s'en sert encore aujourd'hui pour voyager dans les déserts de l'Arabie. Les réflexions par lesquelles l'auteur a étayé cette imagination sont curieuses.

il commence par observer qu'en général le style des livres saints est emphatique et hyperbolique; tout ce qui est beau ou surprenant dans son genre est attribué à Dieu ; une armée nombreuse est une armée de Dieu, des montagnes fort hautes sont des montagnes de Dieu, etc. Voy, Nom de Dieu.

Dana les pays peuplés, habités, dont l'aspect est varié, la marche des armées est dirigée par des objets visibles, par les montagnes, les rivières, les forêts, les villes et les châteaux; dans de vastes campagnes et dans des déserts, il faut des signaux, surtout pendant la nuit : le signal le plus naturel et le plus commode est le feu.

Comme la flamme et la fumée montent en haut, on leur a donné le nom de colonne ; ainsi s'expriment, nonseulement les auteurs sacrés, mais les historiens profanes.

En sortant de l'Egypte, les Israélites marchaient en ordre de bataille, Num., c. 33, f 1, et le désert commençait à Etham, dans l'Egypte même, Exod,, c. 13,^. 18. Us avaient doue besoin d'un signal pour diriger leur route ; Moïse lit porter devant la première ligne de l'armée du feu au bout d'une perche, et il multiplia ces signaux selon le besoin. Quand le tabernacle fut fait, le signal fut pheé au haut de cette tente, où Dieu était censé présent par ses symboles et par ses ministres. Cet usage était connu des Perses ; Alexandre s'en servit suivant Quinte-Curce, liv. S, chap. 2.

Saint Clément d'Alexandrie, Strom. .

1,1, c. 24, édit. de Potter, p. 417 et 418, rapporte que Trasybule usa de ce stratagème pour conduire une troupe d'Athéniens pendant la nuit, et que l'on voyait encore à Munichia un autel duphosvhore pour monument de cette marche. Il alléguait ce fait pour rendre croyable aux Grecs ce que dit l'Ecriture de la colonne qui conduisait les Israélites ; il ne la regar-

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dait donc pas comme un miracle.

L'Ecriture dit que cette colonne, placée entre le camp des Egyptiens et celui des Israélites, était obscure d'un côté et lumineuse de l'autre ; mais c'était un stratagème semblable à celui dont il est parlé dans la Cyropédie de Xénophon, liv. 3. Puisque les Egyptiens ne furent |point étonnés de cette nuée, ils ne la regardèrent pas comme un pbénomène miraculeux. Lorsque l'Ecriture dit que» le Seigneur marchait devant les Israélites, Exod., c. 13, f 20, cela signifie qu'il y marchait par ses ministres. Les ordres de Moïse, d'Aaron de Josué et des autres chefs, sont toujours attribués à Dieu, monarque suprême des Israélites. Il est dit, Pfum., c. 10, f 13, que les Israélites partirent suivant le commandement du Seigneur, déclaré par Moïse ; cela montre assez que Moïse disposait de la nuée.

Entin l'ange du Seigneur, dont il est ici parlé, était Hobab, beau-frère de Moïse, qui était né et qui avait vécu dans le désert, qui, par conséquent, en connaissait toutes les routes. Dans le livre des Juges, c. 2, ■^ 1, l'ange du Seigneur dont il est fait mention était un prophète.

Aucun écrivain judicieux n'a fait le moindre cas de cette imagination de Toland ; les commentateurs anglais, dans la Bible de Citais, Exod., c. 13, f 21, n'ont pas seulement daigné la réfuter ; mais nos incrédules français en ont fait un trophée dans plusieurs de leurs ouvrages ; nous ne pouvons nous dispenser d'y opposer quelques observations.

1° Il est impossible que les Israélites aient été assez stupides pour regarder comme un miracle un brasier qui fumait pendant le jour et qui éclairait pendant la nuit ; il l'est qu'un feu porté dans un brasier ou élevé au bout d'une perche ait pu être aperçu par tout un peuple composé de plus de deux millions d'hommes ; il l'est enfin que la fumée d'un brasier ait pu former une nuée capable de couvrir dans sa marche une aussi grande multitude d'hommes ; or, Moïse atteste que la nuée du Seigneur couvrait les Israélites pendant

le jour, lorsqu'ils marchaient, Num., c. 10, ^ 3 ;cl4,^ 14. Voilà une circonstance qu'il ne fallait pas oublier. Il n'est pas moins impossible que Moïse ait été assez insensé pour vouloir en imposer sur ce sujet à une nation entière pendant quarante ans consécutifs ; c'est un fait que l'on pouvait vérifier à toutes les heures du jour et de la nuit ; et l'histoire nous apprend que la colonne de nuée pendant le jour, et de feu pendant la nuit, n'a jamais manqué, Exod., c.13, f 22. Moïse, à la quarantième année, prenait encore les Israélites à témoin de ce prodige toujours subsistant, Deut., c. 1, y 33 ; c.3 1 ,^ S. Autre circonstance qu'il ne fallait pas omettre.

2° Aucun des faits ni des réflexions allégués par Toland ne peut diminuer le poids de ces deux circonstances essentielles. Quand il serait vrai que les Israélites attribuaient à Dieu les phénomènes les plus naturels, cela ne suffirait pas pour justifier les expressions de Moïse ; nonseulement il appelle nuée de Dieu la colonne dont nous parlons, mais il dit que c'était Dieu lui-même qui marchait à la tète des Israélites, qui leur montrait le chemin par la colonne, qui les guidait pendant le jour et pendant la nuit, qui les couvrait par la nuée dans leur marche, etc.

Exod., c. 13, f 21 : Num., c. 14.

etc. L'imposteur le plus hardi n'aurait pas osé parler ainsi, s'il n'avait été question que d'un pot à feu planté au bout d'une perche.

3° Toland suppose faussement que le désert dans lequel les Israélites ont séjourné, était une vaste campagne dénuée de tout objet visible; il y avait des montagnes et desrochers, quelques arbres et des pâturages; l'histoire de Moïse en parle, et les voyageurs en déposent. Il était donc impossible que la fumée ou la flamme d'un brasier pût être aperçue par plus de deux millions d'hommes, soit lorsqu'ils étaient en marche, soit lorsqu'ils étaient campés. Les armées dont parlent les historiens profanes n'étaient que des poignées d'hommes en comparaison de la multitude des Israélites, dontsixeeni mille étaient en état de porter les armes.

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